‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 31 sur 134 · Mort du grand-prêtre Simon IL Onias III lui succède · texte numérisé non relu

Mort du grand-prêtre Simon IL Onias III lui succède

186. Séleucus Philopator, roi de Syrie, mécontent de Ptoléniée-Epiphaties, profite de sa mort et de la minorité de Philométor, son successeur, pour reprendre la Célésyrie et la Palestine.

176. Sous le règne de Séleucus-Philopator, roi de Syrie, la Sainte cité jouissait d'une profonde paix. La piété et la fermeté du grand-prêtre Onias y faisaient observer les lois divines, et inspiraient aux rois même idolâtres un grand respect pour le temple du Seigneur. Ils l'honoraient de riches présens , et le roi Séleucus faisait fournir des revenus de son domaine tout ce qui était nécessaire pour le ministère des sacrifices. Mais la perfidie d'un juif, nommé Simon , de la tribu de Benjamin, jeta tout d'un coup toute la ville dans le trouble.- 11 commandait à la garde du temple, et abusant de l'autorité de sa charge , il faisait plusieurs entreprises injustes, qu'Onias se crut obligé de réprimer. Résolu de se venger, Simon fait dire à Séleucus qu'il y a dans le temple des sommes immenses et superflues qu'il peut s'approprier. Héliodore , ^premier ministre de Séleucus, est

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envoyé pour les enlever. En vàin le grand-prêtre lui représente que ce sont des dépôts et des sommes destinées à la nourriture des veuves et des orphelins, le ministre persiste dans la résolution d'exécuter sa commission. Tandis que tes prêtres et tous tes ordres de îa ville élèvent leurs cris vers le ciel, Héïiodorè, accompagné de ses gardes, entré dans* le tem*pie et se prépare à forcer' le trésor. Mais aussitôt sa troupe est renversée. Un cheval , monté par titi homme dont le regard est terrible, lui donne plusieurs coupi de pierfl; deurângés ëhsuite s'étant mis à ses deux côtés , le frappent sans relâche. Il tombe sans voix et Sans espérance de vie. Touché dé Compassion , le grand-prêtre offre on sacrifice pour lui, et Dieu lui rend la Vie ; if retoarrre auprès du roi son maître" , et publie les merveilles dont il a été le témoin ct> l'objet.

Simon Continue de calomnier le grand-prêtre à la cour de Syrie. Il met dans ses intérêts Apollonius, gouverneur de la Célésyrié* et de la Phénicte. Fort de cé* appui ,- il fait de nouvelles entreprises dans Jérusalem. La licence de ses partisans va jusqu'à commettre des meurtres dans la villes Onias ne pouvant arrêter les attentats de Simon , se rend à

Ordre d'envoyer Simon en exil.

î ?5. Bientôt après, Séfeucus-Ph itdpaf or meurt; son frère Àntiochus-Epiphanes lui succède.

Le commerce des Grecs corrompt les Juifs. Quelquestins d'entre ceux-ci proposent de faire alliance avec les Gentils, et d'adopter leurs exercices. Ce conseil âyànt paru» bon à la multitude, on fait pour cela une dé notation it Antio^chus, à la têle de laquelle on met Joshua ou Jésus, frère du grand-prêtre, lequel avait changé son nom en cehii de Jason pour plaire aux Grecs. Jason désnait passionnément la souveraine sacrificature. Il offre au roi quatre cent qujhrante talens pour l'obtenir; il en promet de plus cent cirnqUànte,si on lui accorde le pouvoir d'établir à Jérusalem une académie pour la jeunesse, et de faire les habitarrs de cette ville citoyens d'Antioche. Le roi , dont le trésor était épuisé par les sommes immenses que les Komains avaient tirées de ses prédécesseurs, accepte ces offres avec joie. H accorde à Jason tout ce qu'il demande et permet aux Juifs de vivre scion la coutume des Gentils; en méme-tettis û

*£ l'histoire saisît 95

F ù t expt'dicr un ordre à Ornas de venir résider à Antioche • précaution nécessaire pour assurer à son rival la jouissance tranquille de son usurpation. Jason , de retour à Jérusalem , fait prendre à ses concitoyens les mœurs et les coutumes des idolâtres ; il fait bâtir un lieu d'exercices publics sous la forteresse , et ne craint pas d'exposer en des lieux infâmes les )eunes gens les plus accomplis. Les Juifs accourent en foule aux spectacles profanes qu'on leur donne ; les prêtres euxmêmes négligent le service divin pour y assister. L'apostasie commence à devenir générale. Un grand nombre de juifs portent l'indignité jusqu'à effacer sur eux la marque de la circoncision.

174. Antiochus célèbre à Tyr les jeux olympiques. Jason voulant à tout prix captiver les bonnes grâces de ce prince, enyoie plusieurs de ses partisans à cette fête avec une somme pour être employée aux sacrifices d'Hercule.. Ces députés , moins irréligieux que Jason , la présentent pour servir au rétablissement de la marine. Antiochus visite la Célésyrie , la Phénicie et la Palestine sur la nouvelle qu'il reçoit que le roi d'Egypte veujt lui enlever ces provinces. Arrivé à Jérusalem , il y est reçu par Jason avec une magnificence proportionnée au prix qu'il mettait aux faveurs de ce monarque,

172. Jason députe Ménélaiïs, fils de Tobie , frère de Simon., préfet du temple, à la cour d'Antioche, pour y porter le tribut annuel, tylénélaus le trahit ; et par ses souplesses , ses ilaicru'S et ses offres , il obtint du roi la souveraine sacrificature. Jérusalem se partage entre ces deux usurpateurs. Le parti de Jason l'emporte , et oblige Ménélaiïs à retourner auprès du roi de Syrie avec ses principaux adhérons. Sur la promesse qu'ils font d'embrasser la religion grecque, Antiochus les renvoie en Judée avec des forces suffisantes pour forcer Jason à désemparer. Geluinii en effet obligé de fuir chez les Ammonites, laisse le champ libre à son antagoniste. Ce nouvel usurpateur du souverain sacerdoce débute par renoncer , suivant sa promesse, à la loi de Moïse. Mais il néglige de faire le paiement de la somme qui était le prix de son usurpation. Sostrate, gouverneur de la citadelle de Jérusalem, le pr.esse en vain de remplir son engagement. Le roi les soupçonnant d'intelligence, les fait venir l'un et l'autre à sa cour. Tandis qu'ils sont en route pour Antioche, une sédition appelle ce prince en Çiljcic. 11 laisse en parlant

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à Andronic les rênes du gouvernement. Ménélaiis présente ' à te ministre tout l'argent qu'il a pu ramasser. Mais comme cela ne suffisait pas pour l'acquit 1er envers le roi, et qu'il lui fallait d'autres sommes pour acheter la faveur des courtisans, il mande à son frère Lysimaque d'enlever du temple tous les vases précieux qu'il en pourra tirer, et de les envoyer vendre à Tyr. Le grandh-prêlre Onias, qui demeurait toujours à Antioche , lui fait des reproches de cet attentat sacrilège.

171. Ménélaiis presse Andronic de le défaire de ce censeur importun. Onias se sauve dans l'asile de Daphné. Mais Andronic l'ayant engagé d'en sortir par de belles promesses , le fait aussitôt mettre à mort dans la vingt-quatrième année de son pontificat. Toute la ville fait éclater l'horreur que lui inspire une si noire perfidie. Antiochus en est frappé lui-même à son retour. 11 ordonne qu'Andronic subisse la peine du talion dans l'endroit môme où le pontife Onias a été tué. Ménélaiis , encore plus coupable qu'Andronic , évite le supplice à la faveur des grandes sommes qu'il fait espérer au roi. Lysimaque, sur son ordre, n'épargne, ni violences ni sacrilèges pour se mettre en état de les fournir. Le peuple se soulève ; on en vient à une sédition où trois mille des satellites de Lysimaque sont massacrés; lui-même est poursuivi jusqu'au Temple , où il éprouve le même sort.

Antiochus étant venu à Tyr, trois députés du Sanhédrin des Juifs s'y rendent, pour justifier le meurtre de Lysimaque et accuser Ménélaiis comme l'auteur de tous les troubles. Ils plaident leur cause de manière que Ménélaiis se voit près de succomber. Pour parer le coup, il s'adresse à Ptolémée-Macron , le favori d Antiochus , et lui promet une somme considérable s'il veut parler en sa faveur. Ptolémée fait changer d'avis le l\oi , qui condamne à mort les trois députés, l^es Tyricus,*indignéA d'une injustice si criante, leur donnent une sépulture honorable.

Ménélaiis , lier de son infâme succès, revient triomphant à Jérusalem. Les Juifs, effrayes du tragique sort de leurs commissaires, baissent la tête devant cet impie, et n'osent plus lui résister. Tandis qu'ils gémissent en secret sur les malheurs présents, des signes extraordinaires leur en présagent de plus grands encore. On voit en l'air, à Jérusalem et dans les environs , pendant quarante jours , des hommes armés en grand nombre , qui se chargent les uns les autres , et font retentir

le était de leurs armes aux oreilles des spectateurs. Ce prodige remplit la ville d'etfroi. On ae tarda pas à ressentir ce qu il annonçait.

i no. Tandis qu'Antlochus est occupé à dire la conquête de 1 Egypte, un faux bruit se répand qu'il a été tué devant Alexandrie. A cette nouvelle, Jason quitte le pays des Ammonites où. il s'était retiré , et court à Jérusalem pour y rerendre sa première dignité, lly rentre accompagné-Je mille ommes, auxquels se joignent tous les ennemis de Ménclatis f iqui est obligé de se réfugier dans la citadelle. Maître au tertain , Jason exerce des cruautés inouïes contre tous ceux qu*il soupçonne être dans les intérêts de son rival. Mais apprenant qu'Antiochus vient contre lui, à la tête de sou armée victorieuse « il quitte en diligence la ville et le pays. ( Ja>on mena depuis une vie malheureuse. Après avoir erre ça et là , il arriva en Egypte ; mais ne s'y trouvant pas eu sûreté , il pa^sa à Lacédémone où il vécut dans un tel mépris, qu'après sa mort, on ne daigna pas lui accorder la sépulture).

Arrivé devant Jérusalem , Antiochus en trouve les portes fermées. C'était à quoi il devait s'attendre, dans le dessein où il était de pu nir les Juifs de la joie qu'ils avaient témoignée a la nouvelle de sa mort. Il fait le siège de cette ville, dont à la fin il se rend maître. Jérusalem est livrée au pillage durant trois jours. Quarante mille personnes de tout sexe é*t de tout âge y sont égorgées, autaïit réduites en captivité , puis vendues aux étrangers. Après avoir assouvi sa vengeance , Antiochus voulant satisfaire son avarice , se fait conduire par Ménélaus dans le Temple , d'où il emporte l'Autel des parfums , la Table des pains de proposition , le Chandelier du Sanctuaire, (le tout d'or) et plusieurs autres vases précieux, sa * s compter dix-huit cents talens qu'il tira du trésor. José phe ajoute qu il profana le lieu saint en faisant immoler des pourceaux sur l'autel des holocaustes, Enflé du succès de cette horrible expédition, il retourne à Antioche, aussi oairty dit l'auteur sacré , que s 'i/ aoait pu rendre là terre navigable , et faire sur la mer un chemin pour marcher. En partant il nomma pour gouverneur de Judée un Phrygien, nommé Philippe, homme a'une cruauté affreuse , et Andronic , d'un caractère semblable , pour gouverneur de Samarie. Menélaûs, le plus méchant des trois , resta en possession de la souveraine sacri-

ficature. *

«68. Antiochus étant passé en Egypte pour soumettre de IL ' i3

nouveau ce royaume , est arrêté par les i qui , de la part du sénat , le' somment de renoncer à sein. Outré de cet affront , il fait tomber tout le poids de s*colère sur la Judée. En traversant ce pays, il détache vingtdeux mille homme* sous le commandement d'Apollonius f , avec ordre de piller toutes les villes, de passer tous les hommes au 61 de 1'épée, et de vendre les femmes et les enfants. Apollonius choisit le jour du sabbat pour exécuter cette affreuse commission. Les habitants de Jérusalem se laissent massacrer sans la moindre résistance , par respect pour la sainteté du jour. La ville, après le massacre, est livrée au pillage. Les Syriens y mettentle feu en divers endroits, abbattent les plus belles maisons , renversent les murailles et emmènent en captivité cent mille personnes qui avaient échappé à la boucherie. Ce fut alors que le service du Temple fut entièrement interrompu. Des matériaux tirés des ruines de la ville , Appollouius lait construire une forteresse sur une éminence voisine delà (.il e de David. ( Pour distinguer cette forteresse de celle de Sion, nous la nommerons, avec les modernes, Acra , nom grec qui convient à toutes les tours élevées sur des hauteurs. ) Apollonius en fait une place d'armes, pour tenir la nation en bride , et aller fondre sur ceux qui viendront adorer Dieu dans son Temple. Les Juifs alors désertent Jérusalem.

167. Antiochus, résolu d'ajjolir la religion des Juifs, fait publier un décret portant ordre à tous les peuples soumis à sa domination d abandonner leurs dieux et d'adorer ceux du jroi. Les Samaritains ne font nulle difficulté de se conformer

qui

tasie des Samaritains.

Athénéas, ministre d'Antioch'us, arrive à Jérusalem, et débute par dédier le temple à Jupiter Olympien , dont il fait placer la statue sur l'autel des holocaustes. Dans le même tems , il fait dresser des autels et des statues dans toutes les villes de Judée. Tous ceux qui refusent d'adorer ces idoles , sont massacrés sur-le-champ. Même traitement envers ceux qui observent le sabbat , la loi de la circoncision , ou

âuelqu autre rit mosaïque , ou qui garJent quelques-uns es livres sacrés.

Plusieurs Juifs, fidèles à leur religion, quittent lours demeures , et se retirent dans des lieux déserts.

DE l' HISTOIRE SAINTE. •£

Ph)Uppe, gouverneur de Jérusalem, apprenant qu'un» troupe de ces Juifs s'est réfugiée dans une caverne voisine de cette ville , vient les y attaquer 4e jour du sabbat. Ils aiment mieux se laisser égorger que de violer, en se défendant , le repos de ce jour.

Antiochus arrive eu Judée , pour compléter son triomphe .sur les Juifs opposes à ses volontés. 1^ première victime qu'il immole à sa fureur est on docteur de la loi , âge de quatre vingt- dix ans, nommé Eléazar. Quelques personnes-, touchées d'une fausse compassion, exhortaient ce vieillatd à feindre au moins de manger de la chair de pourceau. hleazar rejette ce conseil indigne de son âge , et subit généreusement la mort, (i)

Sept frères sont ensuite amenés devant le tyran avec leur mère. Antiochus leur fait souffrir les supplices les plus recherchés , sans pouvoir ébranler leur constance. Ils meurent dans les tourmens. Leur mère qui n'avait cessé de les encourager dans leurs souffrances , reçoit après eux la couronne du martyre.

Vers ce même tems , Mathathias , prêtre de la famille de Joarib, arrière- petit- fils d'Asmonée, dont la famille prit le nom d'Asmonéenne , commence à donner des marques éclatantes de. zèle pour sa religion. Les scènes horribles qu'Apollonius et Les Juifs apostats donnaient à Jérusalem , l'avaient obligé de se retirer à Modin , sa patrie y avec ses cinq fils, tous gens de cœur et zélés comme lui pour la loi de Dieu. Leurs noms étaient Johanan , surnommé Cad dis ; Simon t qui avait le surnom de Thassi; Judas, surnommé Machabée ; Eléazar , qui avait le surnom d'Abaron , et Jonathan , surnommé Apphus. Apelle , officier du roi, vient en cette ville pour faire exécuter l'édit impie de ce prince. Ayant assemblé le peuple , il emploie les plus belles promesses pour séduire Mathathias et ses fils. « Quand tout ï Univers a* dit Mathathias, à haute voix , se conformerait à 1* volonté » du roi , mes fils -et moi nous resterons fidèles à Dieu,

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(i) Le supplice qu* on lui fit subir était la bastonnade* supplice ùsîté chez les Grecs , les Romains et les Juifs : saint Paul l'appelle T/mpanum, parce que le patient était frappé à coups de baguettes comme un tambour. On le faisait coucher sur le ventre , les pied» élevés en haut et attachés à un piquet j alors on le frappait partout • le corps.

m jusqu'au dernier soupir. » À peine a-t-il achevé ces mots^

qu un Juif s'avance pour sacrifier aux idoles. Saisi de douy» • leur à ce spectacle , Malhathias se jette sur l'apostat et le tue -aur l'autel môme où ii sacrifie.

Ses fds, animés du même zèle, mettent à mort l'officier, renversent l'autel , et , parcourant toute la ville , ils s'écrient : « Si quelqu'un a du zèle pour la loi y qu'il ait à nous suivre. » Ils sortent de la ville, et de toutes parts, il accourt des Juifs pour se joindre à eux sur les montagnes et dans les cavernes «m ils s'étaient retirés. Malhathias en ayant formé un corps «l'armée, fait de tout côté main-basse sur les Infidèles et -les prévaricateurs, renverse les autels des idoles et délivre les Juifs fidèles de la servitude des nations.

Parmi ceux qui vinrent se joindre a eux , les plus braves étaient les Assidéens. C'était une compagnie de Juifs qui avaient fait vœu d'observer la loi d'une manière plus exacte et plus rigide» que les autres, d'où leur venait leur dénomination. Sur quoi il est à remarquer qu'après le retour de ta captivité de Babylone, il se trouva dans l église judaïque, ■deux sortes de personnes parmi ceux qui la composaient. Les

1>remierft *e contentaient d'observer ce qui était écrit dans a loi de "Moïse ; on leur donnait le nom de Zaddikim ou de Justes. Les autres , outre la loi écrite , adoptaient les constitutions et les traditions des anciens , et d'autres observances rigides dont ils faisaient vœu de sorérogation volontaire. Ces derniers passant pour avoir atteint un degré de sainteté au— dessus des autres, avaient le titre de Chasidtm^ les dévots, ï)es premiers se formèrent les sectes des Samaritains , des £>adducéens, des Caraïtes ; et des derniers, celle des Pharisiens et des Esseniens, don ton a parlé ci-devant, (Prtdeaux* Jlist. des Juifs , L. XI. )

Au commencement de ces expéditions-, Malhathias apprend qu'une troupe de Juifs attachés à la loi , s'étant retirée dans le désert avec leur famille et leurs troupeaux , les officiera d'Antiochus étaient venus les attaquer le jour du sabbat , et les avaiens tous égorgés , au nombre de mille , sans qu'ils fissent- la moindre résistance. Marhatrriîî êt les siens H*ap^ prouvèrent point cette conduite de leurs frères. « Car, ai- » saient-ils, si nous faisons tous de même et q^ue nous ne * combattions pas en tout teros pour notre religion, contre » les étrangers , ils nous auront bientôt exterminés. » C'est jpourquoi ils résolurent de se défendre, en cas d'attaque i aiiêrae le jour du sabbat. Ayant fait ratifier ce décret pa*

tous les prêtres et les anciens qui se trouvèrent parmi eux» ils ea envoyèrent des copies à tous ceux qui demeuraient attachés à la loi , dans tous les endroits de la Judée où ils étaient dispersés. Ceux- ci le recurent et en firent une des règles de leur conduite dans toutes les guerres qu'ils eurent à soutenir.

166. Mathathias, sentant approcher sa fin , exhorte ses en fans à se montrer de vrais zélateurs de la loi. H leur rappelle la piété de leurs ancêtres, leur représente la faiblesse île leurs ennemis, leur prescrit de suivre les conseils de Simon, leur frère, et de prendre Judas Macchabée, pour chef de leurs expéditions. 11 meurt , et on l'inhume avec un grand deuil à Modin , dans le sépulcre de ses pères.

Judas, troisième fils de Mathathias, prend la place de son père. Le surnom de Machabée , qui lui fut donné (surnom dont l'origine n'est pas certaine) , devint commun , nonseulement à ses frères et a tous ceux qui combattirent sous ses étendards,, mais encore à tous les Juifs qui souffrirent pour la cause de Dieu , sous les rois de Syrie ou d'Egypte.

Des Juifs «fui s'étaient rassemblés autour de Judas , forment une armée de six mille hommes , à la tête desquels il parcourt la Judée , comme son père avait commencé de faire avant lut, détruisant partout l'idolâtrie , exterminant les idolâtres et les rénégats. Après avoir ainsi délivré du joug de l'oppression les sectateurs de la loi , il fait fortifier leurs villes , rebâtir leurs forteresses , et y met de bonnes garnisons pour les protéger et les défendre.

Apollonius, gou verneur de Samarte et de Judée, lève une armée nombreuse pour s'opposer aux progrès de Judas, et marche à sa rencontre. Judas l'attaque avec une poignée de monde, et remporte une victoire signalée. Apollonius demeure étendu sur le champ de bataille, avec un grand nombre des siens ; le reste est mis en déroute. Judas prend l'épée du général syrien , dont il se servit ensuite dans les guerres qu'il fit aux ennemis de sa nation.

Antiochus, à la nouvelle de cette défaite, jure d'exterminer tous les Juifs. Mais ses trésors étant épuisés par ses folles dépenses, il est obligé de différer sa vengeance jusqu'à ce ■« qu il se soit mis en état de la satisfaire. Cependant , Séron , commandant en Célésyrie, entreprend une nouvelle expédition contre les Juifs , dans L'espérance d'y acquérir une grande réputation. Ayant rassemblé toutes les troupes de/

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son département, il vient livrer bataille à Juda, près de Bethoron. Mais il a lemfrne sort qu'Apollonius, son armée est battue, et il |>érit dans le combat.

Antiochus, obligé de passer en Arménie pour dompter le roi Artaxias qui s'était révolté, laisse à Lysias, son parent et son ministre, la moitié de ses troupes, avec ordre de Élire partir cette armée sans délai pour la Judée. Lysias l'envoie sous les ordres de Nicanor et de Gorgias, pour être commandée en chef par Ptolémée-Macron , gouverneur de Phénicie et de Palestine. Elle arrive, et campe dans les plaines d'Emmaiïs. Nicanor, résolu de livrer bataille, et ne doutant point du succès^ fait publier dans toutes les villes et les ports qu'il donnera quatre-vingt-dix prisonniers juifs pour un talent. ( Il comptait par ce moyen amasser la somme de deux mille talens, dont Antiochus était redevable aux Romains.) Judas se prépare au combat par la prière t par le jeûne et par les autres exercices de religion. Il congédie, suivant la loi , tous les nouveaux mariés, tous ceux qui viennent de planter une vigne ou de bâtir une maison , et tous ceux qui ont peur. Son armée se trouve par- là. réduite à trois mille hommes* H tombe avec ce peu de troupes sur l'armée de Nicanor, pendant que Gorgias s'en est .détaché pour/venir le surprendre , lui taille en pièces trois, mille hommes, met le feu à ses tentes, et de- là marche à Gorgias , qui prend la fuite à la vue des flammes qui s'élèvent du camp de son collègue. .

Judas, après avoir poursuivi ce général, et taillé en pièces son détachement, fait le partage des dépouilles, nonseulement avec ses troupes, mais avec les veuves et les orphelins.

i65. Timothée et Bacchide, deux autres gouverneurs syriens, réunissent leurs forces dans la vue de venger cette défaite. Mais ils en essuient une nouvelle dans une bataille , où Judas leur tue vingt-mille hommes, et fait un butin considérable. *

Nicanor n'était plus alors en Judée. Après la déroute de son armée, il s'était sauvé à Antioche, déguisé en esclave, et aUéguait, pour se justifier, la puissance invincible du Dieu des Juifs.

1 64. Lysias voyant l'armée qu'il avait envoyée contre les Juifs annéanhe, en lève une autre qu'il amène lui-même en Judée* Plus forte que La précédente, elle était composée de soixante

de l'histoire saint»; îo3

mille. hommes clp pied , el de cinq mille chevaux. Judas n'a

3ue dix mille hommes à lui opposer. Mais plein de confiance ans le secours du ciel , il marche à l'ennemi campé sous Betsura , place importante à vingt milles de Jérusalem , sur la route d'Ucbroh. Le combat s'engage : Judas et ses frères ayant attaque les Syriens par cinq endroits différents, en tuent cinq mille; le reste épouvante s'enfuit, et laisse Judas maître du champ de bataille.

Après cette victoire, Judas monte, avec son armée, sur la montagne de Sion. Ils y trouvent les lieux saints désolés, l'autel profané, les portes brûlées, le parvis couvert d'épines et d arbrisseaux, les appartements des prêtres ruinés. A la vue de ces tristes objets, ils répandent des larmes, 9 ient de grands cris, et se rouvrent la tête de cendres. U de remettre les choses en état . purifient ce qui juié, et bâtissent un nouvel autel des Holocaustes à> de l'ancien qui était profané.

164. Tout étant réparé, le a5 e . jour dn neuvième mois (casleu), ils font une nouvelle dédicace du temple, le même jour qu'il avait été souillé trois ans auparavant par les Gentils. Cette solennité dura huit jours (1) ; et par une ordonnance dressée d'un consentement unanime, l'anniversaire en fut fixé au même jour sous le titre de Fêle des Dédicaces; c'est celle que saint Jean , dans son évangile, appelle Encomia ; elle tombait en hiver , et durait huit jours : ce qui s'observe encore aujourd'hui parmi les Juifs.

La forteresse d'Acra, bâtie sur une hauteur, vis-à-vis du temple qu'elle dominait, était toujours occupée par les Syriens. Judas, en attendant qu'il puisse les en déloger, fait fortifier la montagne de Sion pour mettre à l'abri de Içurs insultes ceux qui viendront dans la maison du Seigneur.

A la nouvelle du rétablissement du temple, toutes les nations voisines de la Judée font main-basse sur les Juifs qui

(1) Josephe (//»//>.. 1. XIII, c. 10.) rapporte que les Machabéea, après avoir purifie le temple, ayant cherché de l'huile pour allumer les lampes du sanctuaire , n'en trouvèrent qu'une petite caraffe cachetée du sceau du geand -prêtre ,'dans laquelle il n'y avait que la quantité suffisante pour un jour , mais que par miracle elle en dura huit , jusqu'à ce qu'on fût en état de s'en procurer de la nouvelle.,

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trouvent parmi elles. Judas et Simon , son frère, se pat-* il pour aller au, secôurs de leurs frères opprimés. Des i, où ces infortunés étaient renfermés, Judas surprend unes et emporte de force les autres ; il bat deux fois les troupes de Timothée; et ayant rassemblé lous les Israël îles du pays de Galaad , il eo compose une armée nombreuse f qu'il ramène dans le pays de Juda. Mais a son retour , il trouve un contre-poitls à ses victoires.

En partant de la Judée, 'il avait laissé, pour y comman-» der en son absence, Joseph et Azarias, avec ordre de rester sur la défensive sans rien entreprendre contre l'ennemi. Mais piqués de vaine gloire, ils s'avisèrent d'attaquer la forte place maritime de Jamnia, située entre Azolh et Joppé* Leur témérité subit la peine qu'elle méritait. Gorgias qui était dans la place , fit une sortie sur eux , leur tua Jeu* mille hommes, et mit le reste en fuite. Àntiochus Epiphanès était cependant en Perse. Chassé de Pcrsénoljs (vraisemblablement Pasargade) , dont il avait voulu piller le temple, il s'en retournait couvert de honte. Il apprend sur la route les victoires que les Juifs ont remportées sur ses troupes. Cette nouvelle met le comble à sa fureur. 11 jure de faire de Jérusalem le tombeau de tous le^ Juifs. Il hâte sa marche pour l'exécution de ce ci uel dessein. Mais dans sa course il fait une chute dont il a lè corps tout froissé. Dieu le frappe en même tems d'affreuses douleurs d'entrailles. Dans l'excès des maux qu'il endure , il reconnaît enfin la vengeance divine qui éclate sur lui. Alors , il s'humilie devant l'Etre suprême , confesse qu'il a injustement persécuté les Juifs , promet de réparer tous les maux qu'il leur a faits, et s'engage même à embrasser leur religion. Mais Dieu , dont ce scélérat implorela miséricorde, la lui refuse, parce quesa pénitence n'est poyit sincère. Enfin , après avoir recommandé aux Juifs son fils Antîochus-Eupator, il meurt à Tabès, sur les frontières de lâ Perse et de la Bahylonie ( i), l'an 149 de l'ère des Séleucides. il n'est point de fidèle éclairé qui ne reconnaisse dans Antiochus-Epiphanes f ce roi Aquilon qui fut repré-

(1) Suivant ce qu'on lit au premier livre de» Machabées, chapitre sixième , verset seizième. Josephe rapporte a usai cette mort à la même année de Tère des Sél eue ides. Voyei Antiqtméi judaïques, livre douzième , chapitre treizième ; ce qui revient à l'an 164 avant l'ère vulgaire.

DE l'bISTOIRS SAINTE. i ./>

sente à Daniel sous l'image d'une corne, laquelle avait tics yeux et une bouche d'où sortaient des paroles insolentes, qui faisant ta guerre contre les saints, avait l'avantage sur eux , qui se flattait de pouvoir changer les tems et les lois , qui s'élevait contre le chef de l'armée du ciel , lui ravissait son sacrifice perpétuel , et déshonorait le lieu de son sanctuaire. ( V. Daniel, ch. Vil , v. 7 , 8 , 21 , a5.)

Pendant la dernière maladie d'Epiphanes, les Juifs remportèrent de nouveaux avantages sur ses troupes. Timothée étant entré avec une armée plus forte que les précédentes en Judée , se Hâtait de réparer par une victoire éclatante, les échecs qu'il y avait reçus. Mais Judas et les siens, après s'être mis en prières devant l'autel , la cendre sur la \êMe et les reins couverts d'un cilice , s'avancèrent pleins de confiance vers l'ennemi , dès la pointe du jour. On vit combattre à leur tête cinq cavaliers envoyés du ciel. Vingt mille Syriens demeurèrent sur la place. Timofhée se sauva dans une place forte, appelée Gazara. Judas étant venu l'y assiéger , prit la place par escalade et fit main -basse sur tout ce qu'il rencontra ; Timothée fut du nombre des morts, et la garnison périt dans l'incendie des tours où elle s'était renfermée. Lysias apprenant ces nivelles , voulut faire un dernier effort pour réduire la Judée. Ayant, mis sur pied une nouvelle armée de quatre - vingt mille nommes d'infanterie 9 sans compter la cavalerie et un grand nombre d'éléphants, il traversa les parties méridionales de 'la Judée , et vint assiéger Bethsura , dont Judas avait fait augmenter les fortifications. Mais la petite armée juive, s'étant partagée en plusieurs corps , fondit par divers endroits sur les Syriens, dont elle tua plus d'onze mille hommes , et réduisit le reste , avec leur chef, a une fuite honteuse.

1 64- Ce fut à peu près dans ces entrefaites qu'Epi phanes mourut. Il fut remplacé par Antiochus-Eupator , son fils, jeune prince dont l'éducation, ainsi que la régence de l'état, fut usurpée par Lysias , son parent , sur Philippe , qu'Epiphanes , par son testament, avait nommé a ces emplois. ( Machab. I , c. 6. )

Lysias voyant par ses pertes que le ciel combat pour les Juifs , se détermine à s'accommoder avec eux. Il leur écrit , il engage Eupator à leur écrire à ce sujet. Les ambassadeurs romains, Q. Memmius et T. Manlius , qui se rencontraient a la cour de Syrie, en firent de même. La date de ces truis IL 14

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lettres est de Tan 148 de l'ère des Seleucides, commencée à l'automne de l'an 3i 1 (1) avant Jésus-Christ. Mais la pre- V mîère est du 24 du mois dioscorus , lequel ne se trouve dans aucun calendrier, les deux autres sont du mois xantique , qui répond à la fin de notre mois de mars.

Cette paix , qui ne paraît avoir été obtenue du jeune roi que par le crédit de Lysias, ne fut point observée par les autres généraux syriens. Les gouverneurs des pays voisins de la Judée , continuent d'inquiéter les Juifs , et les peuples secondent leur mauvaise volonté. Les habitants de Joppé ayant invité les Juifs d'entrer dans leurs barques avec leurs femmes et leurs enfants , en font périr environ deux cents. Judas venge cette noire trahison avec sévérité. Il met le feu à leur port pendant la nuit , brûle leurs vaisseaux , et tue ceux qui avaient échappé aux flammes. 11 prévient ceux de Jamnia , qui méditaient la même perfidie , et les traite comme ceux de Joppé.

i63. Judas passe le Jourdain pour aller àTimothée, général syrien , différent de celui dont nous venons de parler. L'ayant atteint , il lui tue trente mille hommes , et rnet le reste en fuite avec leur chef. Timothée en fuyant , tombe entre les mains de Dosithée et de S^i pâtre, deux officiers Juifs qui lui accordent la liberté , sousia promesse qu'il fait de la rendre à plusieurs Juifs qu'il retenait prisonniers. En revenant en Judée , le général des Juifs prend d'assaut Ephron qui lui avait refusé le passage ,.et y fait passer la garnison au fil de l'énée.

Judas , après avoir célébré la Pentecôte à Jérusalem , conduit son armée contre Gorgias , gouverneur de l'idumée. Gorgias a d'abord quelque avantage sur les Juifs ; mais il est battu et mis en fuite par les prières de Judas.

Judas vient avec ses gens à Odollam pour y célébrer le sabbat. Etant retournés le lendemain sur le champ de bataille pour ensevelir leurs frères qui étaient morts dans le combat, ils trouvent sous leurs habits des choses qui avaient été consacrées aux idoles de Jamnia , et que la loi défendait aux Juifs de prendre pour eux. Judas alors regardant leur mort comme une punition divine, fait faire une quête dont il envoie le produit à Jérusalem , afin d'y offrir des sacrifices expiatoires pour leurs péchés.

La citadelle de Jérusalem était toujours occupée par les

(1) Suivant l'auteur du second livre des Macbabée».

DE t'HISTOIRE SAINTE. 107

ennemis^ qui par là fermaient aux Juifs les avenues du temple , et leur nuisaient en mille autres manières. Judas prend le parti de l'assiéger. Tout le peuple se rend devant cette place. Les assiégés députent au roi pour le presser de venir I leur secours. Antiochus , accompagné de Lysias, son premier ministre , se met en marche avec cent dix mille hommes d'infanterie , vingt mille chevaux , trente - deux éléphants et trois cents chariots armés de faulx. MénélaUs était à sa Suite , espérant qu'il le rétablirait dans les fonctions de la souveraine sacrificature. Mais Lysias l'ayant représenté au roi comme la cause de tous les maux , ce prince le condamne à périr par le supplice de la cendre , qu il subit à Bérée , aujourd'hui Alep. Les Juifs ne gagnèrent pas beaucoup à la mort de cet impie. Antiochus confère la dignité de grandprêtre à Jacime ou Alcime, de la famille d'Aaron, au lieu de Ja donner, comme elle appartenait, à Onias, petite fils du grand - prêtre Onias , qu'Andronic avait tué dans. Antioche. Picqué de cette injustice , Onias se retire en Egypte , où il obtient du roi Philométor la permission de bâtir un temple semblable à celui de Jérusalem , et s'en assure la souveraine sacrificature pour lui et ses descendants. On appela ce temple Onion ; il subsista jusqu'à l'an 73 de Jésus - Christ , qu'il fut détruit par Paulin , gouverneur romain d'Egypte.

Antiochus, cependant, s'avance plein de fureur contre les Juifs. Ceux-ci , après avoir imploré le secours du ciel par le jeûne et la prière , marchent contre le roi , attaquent son caraç durant la nuit, y tuent quatre mille hommes, et y répendent le trouble et l'effroi. Malgré cet échec, Antiochus engage une bataille en règle le lendemain. Judas lui taille en pièces six cents hommes au premier choc. Eléazar perce sous le ventre un éléphant qu'il croit porter le roi. L'animal ea tombant l'écrase sous son poids, et Judas fait sonner la retraite. Antiochus le suit à Jérusalem, prend à composition Bethsura sur sa route et y met garnison.

162. Antiochus attaque les lieux saints; tandis que les Juifs les défendent aves le plus grand courage, Lysias apprend que Philippe veut s'emparer du gouvernement de Syrie. A cette nouvelle, il engage le roi à faire la paix avec les Juifs. Antiochus offre des sacrifices et fait des dons au temple , mais àson Répart, il viole la paix en ordonnant de détruire les murs àe la cité de Sion.

Démet H us Soter,<fils de Se le u eus , s'étant échappé de Rome où il était en otage, arrive en Syrie, fait tuer Antiochus Eupator et Lysias , et recouvre le trône qu'Antiochus Epi p ha nés, son oncle, avait usurpé sur lui.

Le faux grand-prêtre Àlcime irrite Démétrius contre Judas et les Juifs. Ce prince l'envoie en Judée , accompagné de Bacchide , gouverneur de Mésopotamie. Ils tâchent en vain de surprendre Judas qui se tient sur ses gardes. Bacchide , après avoir fait mourir plusieurs juifs, retourne vers le roi, lais~ sant à Alcime le gouvernement de la Judée.

Alcime fortifié des Juifs apostats qui se joignent à lui, fait tout le mal qu'il peut à sa nation. Mais réprimé par Judas, il va trouver le roi Démétrius pour lui demander du secours. Il offre une couronne d'or à ce prince, qui lui donne une armée commandée par Nicanor. Ce général, trouvant Judas préparé à le recevoir, n'ose l'attaquer à force ouverte. Il luir fait faire des propositions de paix qui sont acceptées. Judas et Nicanor vivent ensemble dans la plus grande intimité.

Alcime, jaloux de cette union, décrie les deux généraux dans l'esprit du roi. Nicanor reçoit ordre de prendre vif Judas et de l'envoyer lié et çarolté à Antiocne. Résolu de se conformer à cet ordre , il cherche par quel moyen il pourra l'exécuter. Judas s'aperçoit du changement .de Nicanor à son égard, et se retire. Nicanor marche contre Judas qui lui tue cinq mille hommes dans un combat livré près de Capharsalama et non loin de Jérusalem. Le reste se retire sur la montagne de Sion. Nicanor monte au temple où il est témoin des sacrifices qu'on y offre pour le roi , et n'en témoigne que du mépris. Il lève la main contre le temple, menaçant de le brûler, de le détruire jusqu'aux fondements, et d'édifier sur ses ruines un autre temple à Bacchus, si on ne lui livre Judas et son armée. Nicanor envoyé cinq cents hommes pour prendre le juif Kazias, vieillard respecté de toute la nation pour la pureté de ses mœurs et son attachement à la loi. Razias, assiégé chez lui et près de s'y voir forcé, se donne un coup d'épée , puis se précipite du haut de sa maison ; et enfin , s'étant relevé de sa chute , s'arrache les entrailles et les jette sur le peuple : action dont l'orgueil humain ou le désespoir avait été plutôt le mobile que l'inspiration divine.

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