Nicanor mène une armée de trente-cinq mille
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hommes contre Judas , et va camper à Bethoron dans la Samarie. Judas,qui n'en a que trois mille, taille en pièces son année, et Nicanor périt un des premiers. Cette victoire remportée le 16 du mois adar, un jour de sabbat , est consacrée par une fête annuelle qui s'est toujours observée sous le nom de Journée de Nicanâr. Le corps de ce général ayant été trouvé le lendemain, Judas lui fait couper la téte et la main droite , expose la tête au haut de la citadelle , attache la main vis-à-vis du temple, et donne la langue hachée en morceaux à manger aux oiseaux du ciel. Les Juifs demeurent alors maîtres de la cité sainte.
Judas envoie des ambassadeurs à Rome pouf faire alliance avec les Romains. L'alliance est conclue , on en grave le traité sur des tables d'airain , et le sénat écrit à Démétrius , pour l'avertir de cesser de tourmenter les Juifs, attendu que la république les a pris sous sa protection.
Dans l'intervalle du départ et du retour des ambassadeurs, Démétrius 9 résolu de venger la mort de Nicanor, envoie de nouveau Bacchide et Alcime en Judée, avec la meilleure partie de ses troupes. Ils s'approchent de Jérusalem, et de là ils vont à Belhel, où Judas est campé avec trois mille hommes, pour l'y attaquer. Judas accepte le combat. Mais ses gens effrayés à la vue de l'armée nombreuse des ennemis , l'abandonnent pour la plupart , de manière qu'il ne reste auprès de lui que huit cents hommes. Judas, avec ce petit nombre , ne laisse pas d'enfoncer l'aile droite des ennemis et la poursuivit jusqu'au mont Azot ; mais enveloppé par l'aile gauche, il est tué après avoir vendu chèrement sa vie. Ainsi mourut l'invincible Judas Machabée, six ans après Mathathias , son père. Tout Israël pleura ce héros amèrement. Ses frères ayant enlevé son corps , l'ensevelirent à JVJodin, dans le sépulcre de ses ancêtres.
Les Juifs n'ayant plus de chef, Bacchide les contraint presque tous de le reconnaître pour leur gouverneur. Il recherche les amis de Judas, et les persécute à outrance. Ceux-ci poussés à bout , engagent Jonathas , frère de Judas, à se mettre à leur tête. Bacchide tâche de surprendre Jonathas qui s'enfuit avec son armée dans le désert de Tékra.
Jonathas, informé que Bacchide marche à lui, charge Jean, son frère, de transporter les bagages de ses gens chez les Nabathéens , ses alliés. Jean est tue sur la route par les lambriens, tribu d'Arabes , qui demeuraient à Médaba, ville autrefois de la tribu de Ruben. Jonathas venge la mort de
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son frère, et se retire vers le Jourdain. Bacchide vient attaquer, un jour de sabbat, Jonalhas, dont l'armée, trop faible pour résister à l'ennemi, se sauve en passant le Jourdain à la> nage, après lui avoir tué mille hommes. Bacchide ramène son armée à Jérusalem , et s'applique à fortifier les. places les plus propres à tenir les Juits en respect.
160. Alcime, se voyant maître de Jérusalem, fait démolir la muraille du temple qui sépare le parvis des prêtres de celui du peuple. Mais à peine a-t-on mis la main à l'ouvrage que Dieu le Frappe d'une paralysie qui lui ôte l'usage de la» parole. Il meurt sans pouvoir proférer un seul mot.
Bacchide ayant subjugué toute la Judée, reprend la route d'Antioche ; après quoi les Juifs et les Païens vivent en paix l'espace d environ deux ans. Jonalhas et son parti profitent de cet intervalle pour se fortifier.
1 58. Le roi Démétrius , à la sollicitation des Juifs apostats r renvoie Bacchide en Judée avec une puissante armée, pour surprendre Jonalhas. A son approche, Jonalhas se retire âv Betbessen , dans le désert de Jéricho. Bacchide vient l'assiéger dans cette place qu'il avait, eu soin de fortifier. Jona? thas et Simon , son frère, font des sorties très-heureuses, sur l'armée des assiégeants , dont ils brûlent les machines. L'ayant attaquçe ensuite, l'un à droite et l'autre à gauche , ils la mettent en déroute, et l'obligent à lever le siège. Bacchide désespéré , fait mourir ceux qui l'avaient rappelé en Judée. Il fait la paix avec Jonalhas , et s'en retourne pour ne plus revenir. Jonathas établit sa demeure à Macmas, et gouverne la Judée à la manière des anciens juges d'Israël.
i53. Démétrius Soter, attaqué par Alexandre Bala , qui lui dispute la couronne, écrit à Jonathas pour le mettre dans ses intérêts. 11 lui donne pouvoir de lever une armée , et lui remet toutes les places qu'il avait en Judée. Jonathas transporte son domicile à Jérusalem, dont il répare les ruines et augmente les fortifications.
i5^. Alexandre Bala, jaloux d'avoir aussi de son côtelés Juifs, écrit à Jonalhas, l'établit grand-prêtre et lui envoie une robe de pourpre avec une couronne d'or. Jonathas ^ sensible à ces marques de faveur, se revêt des habits sacer-* dotaux à la fête des tabernacles, la neuvième année de soa
de l'histoire sainte; III
gouvernement , et U cent soixantième de l'empire des Grecs après s'être néanmoins fait élire grand-prêtre par les suffrages de la nation. ( On a remarqué plus haut qu'il était de la famille de Joarib, et par conséquent de la première classe de la race d'Aaron.)
Nouvelle lettre et nouvelles offres de Démétrius à Jonatnàs , pour l'attirer dans son parti. Jonathas préfère celui d'Alexandre Bala , et lui demeure constamment attaché. La défaite et la mort de Démétrius , arrivées peu de tems après, justifient cette préférence.
i5o. Jonathas se rend avec une nombreuse suite à Ptolémaïde , pour assister aux noces d'Alexandre Bala , qui l'y avait invité. Ce prince ajoute au caractère de généralissime de la Judée, qu'il lui avait conféré, d'autres titres d'honneur.
Quelques juifs mal-intentionnés accusent Jonathas auprès d'Alexandre et ne sont point écoutés.
Onias, fils du grand-prêtre, troisième de ce nom, ayant manqué la souveraine sacrificature après la mort de Ménélaus , son oncle , s'était retiré à la cour d'Alexandrie , où par sa valeur et ses talens politiques, il avait acquis la faveur du roi Ptolémée Philométor. Voulant absolument exercer la charge de son père, il obtient du monarque la permission de bâtir,, au vrai Dieu , dans la province d'Hélinpolis , un temple sur le modèle de celui de Jérusalem. Les Samaritains s'opposent a ce^te entreprise , prétendant que le mont Garizim est le seul où il soit permis de sacrifier au Seigneur. Mais leurs défenseurs ayant échoué dans les moyens qu'ils alléguèrent , sont condamnés à mort, et le temple % dont la grande sacrificature fut réservée à Onias et à sa postérité, étant achevé, on bâtit à l'entour une ville qui fut nommée Onion. Cet édifice, comme on Ta déjà dit, subsista jusqu'au règne de Vespasien , qui le fit détruire. (Josephe de bello Jud. , 1. 7 , c. 3o , et ant. 1. 1 3 , c. 6. )
148. Démétrius Nicator , fils <ïe Démétrius Soter, arrive de Crète, en Cilicie, dans le dessein de recouvrer le trône de ses pères. Il nomme Apollonius, gouverneur de la Célcsyrie, qui s'était déclaré pour lui , général de ses troupes. Jonathas, sollicité ^d'abandonner Alexandre, lui demeure fidèle. Apollonius s'avance contre lui jusqu'à Jamnia. Jonathas vient à sa rencontre , prend, à la vue de l'ennemi la ville de Joppé , qui lui avait .fermé ses portes; attaque
lia ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE
ensuite l'armée d'Apollonius, la met en fuite, brûle Azot et le temple de Dagon , où plusieurs des fuyards s'étaient retires , fait éprouver le même sort aux villes voisines , à l'exception d'Accaron , et revient à Jérusalem, couvert de gloire et chargé de butin. >
i45. La forteresse d'Acra ♦ située vis-à-vis du temple, était toujours occupée par les Syriens. Jonathas en forme le siège. Cité pour ce sujet devant le roi Nicator , maître alors du trône de Syrie, il vient le trouver a Ptolémaïde, et se justifie de manière que le roi le confirme dans la dignité de souverain pontife , et affranchit de toute taxe , non-seulement la Judée, mais les toparchies de Lydda , d'Apharema ou Aphara et de Ramalha , réunies depuis quelque tems à la Judée. > '
Révolte de la *ille d'Antioche contre Démétrius Nicalor. Jonathas envoie à ce prince trois mille fuifs, qui tuent cent mille des rebelles et apaisent la sédition* »
i44. Déméfcius Nicator change de dispositions «avers les Juife, Mais peu de tems après, il est chassé <le son royaume par Antiochus, fils d'Alexandre Bala. Jonathas et Simon * son frère, se déclarent pour Antiochus , qui les met à la tète de ses forces. Ils soumettent les villes d'au-delà, du Jourdain , qui tenaient pour Démétrius. Jonat has étant revenu en Galilée, que les troupes de Démet rius ravageaient f marche contre les ennemis, les met en fuite et Us poursuit jusqu'à leur camp. ..«.f* «il "■»'
Jonathas renouvelle, par ses ambassadeurs, l'alliance avec les Romains et les Lacédémonien*. L'armée 4e Démétrius veut*le surprendre. Il s'avance contre elle, la met en fuite par sa seule présence , la poursuit sans pouvoir l'at teindre et tourne ses armes contre les trUms d'Arabes , ijui tenaient pour Démétrius, tandis que Simon, son frère, éteirçl ses conquêtes du côté de Joppé.
Jonathas , deiretour à Jérusalem , y est rejoint par Simon. Ils relèvent tes murs ide la cité de Sioo, et obligent la garnison syrienne d'évacuer la forteresse d'Acra. • — /
i44* Tryphon , gouverneur d'Antkiohe , dans le dessein où il est de renverser du i trône Antiochus, pour se mettre à sa place, dresse des embûches à Jonathas , l'un des plus fermes appuis de ce prince, Sous f rétexte de le mettre en
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Î>ossession de Ptolémaule, il l'attire en cette ville, après 'avoir engagé à congédier une partie de ses trbupes. Mais â peine y est-il entré avec mille hommes de sa suite, qu on en ferme les portes; il se voit arrêté prisonnier , et tout son cortège est massacré. A la nouvelle de ce malheur, les Juifs nomment Simon leur général , à la place de Jouathas , son frère.
Tryphon entre avec une armée puissante en Judée et marene vers Jérusalem; mais à la vue de celle que Simon lui oppose, il fait dire à ce général, qu'il n'a retenu son frère que pour se procurer le paiement de cent talents qu'il devait au roi , et qu'il le lui rendra , s'il veut lui payer cette somme, et lui envoyer les deux fds de Jonathas en otage. Simon d'abord hésite sur cette proposition, puis il y consent , pour n'avoir pas la mort de son frère à se reprocher. Mais le perfide Tryphon , ayant entre ses mains la somme et les enfants , avec le père , se joue de la crédulité de Simon , et retient tout. Il rentre eu Judée avec une armée plus forte qu'auparavant , et se propose de mettre tout à feu et à sang. Simon le côtoie de si près dans toutes ses marches et contre-marches , qu'il prévient tous ses desseins.
Tryphon, de retour à son quartier d'hiver de Bascama , dans le pays de Galaad , fait égorger Jonathas et ses deux fils. Toute la Judée prend le deuil pour la mort de Jonathas. Simon envoie prendre ses os à Bascama où il était inhumé, et les aiant fait transporter à Modin , dans le sépulcre de ses pères , il y fit bâtir dans la suite un superbe monument de marbre blanc , auprès duquel il plaça sept pyramides, et renferma le tout d'un portique soutenu par des colonnes de marbre d'une seule pièce. Cet ouvrage qu'on voyait de fort loin dans la mer, parce qu'il était sur une éminence , subsistait encore du tems d'Kusèbe , c'est-à-dire au commencement Hu quatrième siècle de l'ère chrétienne.
i43. Simon répare les places de la Judée et relève les murs de Jérusalem. Il s'allie avec Démétrius contreTryphon, qui avait usurpé le trône de Syrie après s'être défait d'Antiochus. La Judée est déchargée de tout impôt par Démétrius , et les Juifs, se voyant enfin délivrés du joug des Gentils, commencent à mettre cette inscription sur l s tables et dans les registres publics : La première année sous Simon , grandpontife , chef et prince des Juifs*
Il4 ABRÈGE CHROWOlOGIQm
142. Retour des ambassadeurs envoyés à Home par Simon, Le sénat lesavait reçus avec honneur r et après avoir témoigné son regret de la mort de Jonathas, il avait ap*» plaudi ai» choix qu'on avait fait de Simon pour lui suc céder. Simon s'applique à agrandir et fortifier Joppé i ville maritime, pour en faire le grand port de Jérusalem et de la Judée.
Il restait encore à prendre la citadelle de Jérusalem, toujours occupée par les Syriens ; Simon l'avait fait envi^ ronner d'une muraille qui dtait à> la garnison toute cooh snunication avec la ville; la disette force enfin la garnison de rendre la place et de sortir du pays ; Simon fait raser non-seulement la citadelle i mais aplanir aussi l'émi-* nence sur laquelle elle était assise y parce que cette émi«* nence dominait la montagne du temple.
Simon donne le commandement des troupes de Judée à Jeart Hyrcan , son fils, et l'envoie résider à Gazara f près de Joppé*
141. Assemblée générale des Juifs 5 Jérusalem, où l'on déclare l'autorité souveraine et la grande sarrifieature héré* ditaires dans la famille fie Simon ; l'acte en fut dressé dans lea formes, on le fit graver sur des plaques de cuivre, qu'on sus*
£endit dans le sanctuaire, et l'original en fût déposé dans îs archives du temple; il a pour date le iB d'elul de ïa eent soixante-douzième année de l'ère des Séleucides t ( 1 8 septembre de l'an 14 1 avant Jésus -Christ ) la troisième année du pontificat de Simon.
Alors Simon prend .l'état d'un souverain; il se fait onç cour brillante; orne sa table de vaisselle d'or et d'argent , et prend un grand nombre d'officiers pour le servir.
140. Antiochds SidétÈs , après la captivité de Démétrius, son frère, dispute à Tryphoo la couronne de Syriej il écrit de Hhodes à Simon une lettre remplie de proi» messes magnifiques, pour le mettre dans ses intérêts.
i3o,. Nouvelle ambassade envoyée par Simon aux Romanis, et chargée de riches présents, pour renouveler l'alliance avec eux; le sénat, flatté surtout d'un bouclier d'or que les ambassadeurs lui présentèrent, écrit à tous les princes d'Orient, alliés de la république, en faveur des Juifs î mais la lettre au roi de Syrie est adressée à Démétrius, parce que le sénat ne reconnaissait ni Antiochus , ni Tryphon.
DE L'ilISTOIRE SAINTE. 1 1 S
Antiochus , qui tenait pour lors Tryphon enfermé dans Apamée , s'offense de la lettre des Romains, s'en prend à Simon, rejeta* les secours et les présents que celui-ci lui avait envoyés, et révoque toutes les promesses qu'il lui avait faites. Cendebée , gouverneur des côtes de Palestine, fait, par ordre d'Antiochus, des courses fréquente! dans la Judée, où il tue , pille et ravage tout avec la plus grande inhumanité ; Simon lève une armée pour arrêter ces incursions; mais, trop cassé pour être en état de supporter les fatigues de la guerre, il en donne le commandement à ses deux fils. Judas et Jean.
Bataille entre les Juifs et les Syriens. Cendebée, défait a*c< perte de deux mille hommes, est obligé de prendre la fuite; Judas ne peut le suivre, parce qu'il avait été blessé dans l'action ; mais Jean poursuit les fuyards jusqu'à Azot , et ayant emporté leurs tours et leurs forts, il y met le feu. Les deux frères, après cette expédition, reviennent triomphants a Jérusalem.
Jéie Au mois Je sabat (janvier), Simon faisant la visite des villes de Judée , avec ses deux (ils , Judas et Mathathias , arrive à Jéricho, dont Ptolémée , filsd'Abobi, qui avait épousé une de ses filles, était gouverneur; le gendre invite son beau-père et ses deux beaux-frères , Mathathias et Judas , à un repas dans un château voisin ; ils s'y rendent sans aucune défiance; mais, au milieu du festin, Ptolémée les fait égorger tous trois par des gens apostes j dans la vue de plaire au roi Antiochus , et de s'emparer du gouvernemeTjk de la Judée. Après une action -si détestable, se croyant déjà maître de tout le pays, il détache un parti pour aller tuer Jean Hyrcan, à Gazara. IJyrçan, déjà informé de ce qui s'était passé avant l'arrivée de ces assassins, les attaque lorsqu'ils sont près 3e la place , et n'en laisse échapper aucun ; de là , s'étant rendu à Jérusalem en diligence , il s'assure de la ville et de la montagne du temple, et prévient ceux que le traître avait envoyés pour s'en saisir. Hyrcan , après avoir été étalai dans ta charge de grand sacrificateur, assiège Ptolémée îdans. Dagon , forteresse qui est au-dessus de Jéricho; mais sa tendresse pour sa mère et ses deux frères, que Ptolémée tenait en son pouvoir, et menaçait de faire mourir s'il dormait l'assaut, l'empêche de prendre la place". Ce siège tira en longueur; PtcuVmée, ainsi dérobé a la yen-
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geance d'Hyrcan , et délivré de crainte , tua la mère et lés deux frères du prince juif, et se retira auprès de Zénon-Cotila, tyran de Philadelphie. Depuis ce tems, il n'est plus fait mention de lui dans l'histoire. -, ;
Antiochus Sidétès, sur la nouvelle de la mort de Simon et de ses deux fils, volait cependant avec une armée considérable en Judée pour réduire ce pays sous ses lois , et le réunir au royaume de Syrie. Siège de Jérusalem, formé par ce prince, qui, ayant divisé son armée en sept corps autour de cette ville, la serre étroitement par des lignes de circonvàllation et de contrevallation. La fête des tabernacles étant arrivée pendant ce siège, Jean Hyrcan, successeur d'Hyrcan , son père , demande et obtient une suspension d armes pour ta célébrer ; Antiochus envoie même des victimes au temple ; touché de cette générosité , Hyrcan demande une entrevue pour entrer en négociation ; Antiochus l'accorde; on entame un traité, le prince juif consent que les fortifications de Jérusalem soient rasées, se soumet à un tribut pour Joppé et les autres places que les Juifs possèdent hors de la Judée , et promet cinq cents talents en équivalent de la citadelle qu 'Antiochus voulait rebâtir à Jérusalem.
La paix est conclue à ces conditions , et le siège levé neuf mois après la mort de Simon.
i32. La trente-huitième (i) année du règne de Ptolémée Phiscon, roi d'Egypte, Jésus, fils de Sirach, vient de Jérusalem s'établir dans ce pays, et y traduit en grec le livre de l'Ecclésiastique , mie Jésus ,*apo aïeul , avait composé en hébreu. Les Juifs étaient ajbrs en grand nombre et en grand crédit dans l'Egypte et le^s pays qui en dépendaient. Yoici comme Sirabon en parle dans Josephe. ( Antiq. 1. 14, c. 7.) « La ville de Çyrèjne est habitée par des citoyens
nés dans son, sein, par des laboureurs, par des étrangers » et par des Juifs. On trouve de ces derniers dans toutes » les villes, et il n'est presqu'aucune contrée qui ne les 3* ait reçus. Cyrène et l'Egypte qui obéissent depuis long- » tems aux mômes maîtres, et plusieurs autres peuples ont » fait un si grand cas des hommes de cette nation, qu'ils » ont adopté leurs coutumes : ils en nourrissent un grand » nombre dans leur sein : accoutumés ainsi à vivre avec
(i) A compter Je l'an onzième durègne de Philométor. (Prideaux.)
DE L'HISTOIRE SAINTES 117
» eux , ils en sont venus jusqu'à observer les mêmes loi*. m Les juifs ont en Egypte de très-grands établissements , » outre un grand quartier de la ville d'Alexandrie qu'ils » occupent seuls, et où ils vivent en leur particulier : ils y » ont un Ethnarque qui les gouverne ; il juge leurs dif- » férents, prend soin au commerce, donne des ordres et les » fait exécuter, comme le ferait le chef d'une république so- » lidement établie ».
\'6ï. Jean Hyrcan accompagne le roi Antiochus dans son expédition contre les Parthes. Il attaque les Hyrcanicns qui faisaient partie de cette nation , et c'est de la victoire qu'il remporta sur eux que lui vint le surnom de Hyrcan que nous lui avons jusqu'ici donné par anticipation.
Antiocbus ayant péri dans cette expédition , les Juifs secouent entièrement le joug des Syriens et font même sur eux des conquêtes.
1*9. Jean Hyrcan prend Sichem, capital des Samaritains, et met lè feu à leur temple de Garizim, bâti, çomme on l'a vu deux cents, ans auparavant. Cependant ils continuèrent d'avoir une autel sur cette montagne , et il y en a encore an aujourd'hui sur lequel ils offrent des sacrifices suivant la loi de Moïse.
Hyrcan fait ensuite la conquête de l'Idumée, dont il incorpore les habitans avec la nation juive, après leur avoir fait embrasser la loi de Moïse et recevoir la circoncision.
128. Ambassade envoyée par Jean Hyrcan aux Romains, pour renouveler le traité fait avec Simon , son père. Elle est favorablement reçue par le sénat, <\m abroge tout cè qui avait clé fait par Antiochus Sidétès au préjudice de ce traité, annuité toutes les conditions onéreuses que la nécessité des conjonctures avait arrachées au prince des Juifs dans le dernier traité de paix faft à Jérusalem, et condamne les Syriens à dédommager les' Juifs de toutes les pertes qu'ils leur avaient causées, l.e décret du sénat eut sa pleine exécution.
Hyrcan, pour marquer au sénat sa reconnaissance, fit partir, l'année suivante, une nouvelle ambassade chargée de magnifiques présents. Le sénat fit à cette occasion un second décret qui confirmait le premier. Celui-là est rapporté tout au long dans Josephe; mais il y est transposé, et de
Il8 ABRÉGÉ CffftOSOJLOGIQUB
la manière dont il s'y trouve aujourd'hui , il semble qu'U ait été dressé sous Hyrcan M. { V. Prideaux , histoire des Juif* sur Tan «27» )
Tandis que l'Egypte et la Syrie sont déchirées par des guerres intestines, Jean Hyican, à la faveur de la paix qui règne en Judée , croît en richesses et en puissance.
110. Samarie n'était point encore soumise à ses lots. U enl reprend de la réduire , et charge deux de ses fils, Aristotale et Antigone , d'en faire le siège. A m iochus le Cyeicenieo, roi de Damas, appelé par les Samaritains, trient au secours de la place. Les deux frères sortent de leurs lignes pour aller au-devant de lui. Bataille près de Scytopodis où ce prince, battu et poursuivi parles Juifs , a beaucoup de peine à se sauver. Les deux frères, victorieux, reviennent devant Samarie et la pressent si vivement qu'elle est obligée d'implorer une seconde fois le seconrs du roi de fiamas. An hoc bus, n'ayant pas assez de troupes pour contraindre les Juifs à lever le siège , en demande à Ptolémée Lathyre , roi d'Egypte. Ce prince lui accorda six mille hommes contre l'avis de Cléopâlre , sa mère ; qui ne vent point indisposer les Juifs. Cléopâtre suivait en ccl* moins les vues de; la politique que lés mouvements de son affection pour cette nation, étant gouvernée elle-même par deux juifs, sesmi^ nistres et ses /généraux, Cbelcias et Ananias, tous deux f fils d'Onias, qui avait bâti le temple d'Egypte. Malgré ces secours, Antiochus n'ose tenter dé forcer les assiégeants dans leur camp. Il se borne à faire des courses en Judée, pour faire une diversion et les engager à venir défendre leur pays. Mais il n'y réussit pas. tlyrran, s'obstina nt à suivre son entreprise, détache un corps de troupes qui dissine quelques-uns des part^d; Antiochus; d'autres sont, affadis par Ja désertion ou par d autres accidents. Lç roi, voyant le a^p périssement de son armée, se retire à Tripoli. Des (Jeuxgë-* neraux qu'il laisse en, Judée, Callimandré et Çpicrate, le premier périt dans une entreprise téméraire ; le second iraile secrètement avec Ilyrcan , et lui vend Scytopolis , a vec toutes les places que les Syriens possédaient en Palestine. / ». y. ."' "
109. Enfin Samarie, après un an de siège, est obligée de se rendre. H y rca n la^faitTaser jusqu'aux fondements. (Jo~ sephc^ntfç. I. XII, c. XVII.) (Hérode, comme noua te r
DI 1? tnSTÛftïtef SAINTE* 11^
V er rons dans la suirie , la fit rebâtir et lui donna la no a de
Sëbaste. (i)
Maître de foule la Judée , de la Galilée , de la Sa ma rie et de plusieurs places frontières , Hyrcan devint par- la respectable à tous ses voisins, dont aucun n'ose l'attaquer* Mais te repos dont il jouissait au dehors, fut troublé par des mouvements qui s'élevèrent au dedans de l'état. Les Pharisiens , dans la secte desquels liyrcan , avait é>é élevé , les excitèrent, et Eleazar, l'un d'entr'eux eut l'audace de dira en face, contre toute vérité, qu'il était né d'une femme captive. C'était le déclarer exclus de la grande sacriûcature aux termes de la loi. Hyrcan , outré de cette calomnieuse infnre, se tourne du côté des Sadducéens. Mais il y a liou de douter s'il embrassa leurs erreurs sur l'immortalité de l'àme et sur la résurrection. M. Prideaux doute môme avec fondement qu'ils les eussent dès-lors imaginés , et peut-être faut-il croire que les Sadducéens ne différaient encore des Pharisiens que nar le mépris qu'ils témoignaient des pratiques traditionnelles de ces derniers.
Hyrcan ne survécu! pas long-tems à cette boorawroe. H mourut vers la vingt- neuvième année de son pontificat , laissant cinq bis , Ari*tobale qui suit , Ariligpne . Alextadrc, un quatrième qui n'est point r ou. me, et Ainalon. Jean Hyrcan avait fait bâtir sur la montagne du temple la forteresse de Baris , qui fut sa demeure et celle de» Asmoueens , aes successeurs, tant qu'ils conservèrent la souveraineté. Hérod* l'augmenta depuis*, et lut donna k nom d'
^ ' ARÎSTOBŒLE < • " :
i 07 1 ' 'À^hî^Bb itj fiïs aî n£ ifc 'Jp/n Hyrcan , Yuî succéda dans (a grandie "sacrifical u ré et' dans le gouvernement de l'état. £a mère entreprit de lui dismilWce dernier point en
vertu du testament dè son époux. Aristobule Tayant fait
w • IM ; mtn »?n t iq l, T»n M onn •tnu . » J >»
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(1) Geui-ïa s* trompent \. qui pensentque ce fut en liaine de la secte des Samaritains, si odieuse aux Juifs, qu'Hyrcan traita celle ville avec tant de sévérité. H n r y avait, à Samarie. que des P.iyens depuU qu'Aletamdre le Grand en avait chassé les Samaritains de raligion ; et ceux-ci , «étant retirés à Siçhem, «n firant toujours dep uis la ville principale de "
arrêter, la confina dans une prison où il la fit mourir de faim. Trois de ses frères furent renfermés de même par ses ordres. Antigone fut le seul qu'il épargna ; il le chérit même au point qu'il partagea les soins de l'administration publique avec lui. %
Aristobule voyant son autorité bien affermie, ceint le diadème , et prend le titre de roi , qu'aucun de ceux qui avaient gouverné la Judée avant lui depuis la captivité , n'avait porté. »
106. Aristobule va faire la guerre en Ithurée, dont il soumet la plus grande partie , c'est-à-dire celle qui était renfermée dans la Célésyrie, et qu'on nommait quelquefois l'Auronite. 11 propose aux vaincus l'alternative ou d'embrasser la loi de Moïse , ou d'abandonner le pays. ( Celle pratique fut toujours une des maximes fondamentales des Asmonéens. ) Lès llhurécns ayant préféré le premier parti, sont en conséquence réunis au peuple juif. Une maladie ne permettant pas à Aristobule d'achever par lui-même sa conquête, il en laisse le soin à Antigone, et va se faire traiter à Jérusalem.
Antigone répond parfaitement aux vues de son frère , et réduit ce qui restait de l'ithurée à subjuguer. Cependant la reine Sulomé, sa belle-sœur, jalouse de sa faveur, s'appliquait à le noircir dans l'esprit de son époux. Antigone arrive à Jérusalem, et va tout armé rendre grâces à Dieu dans son temple. La reine persuade à Aristobule qu'An! igone doit venir de là pour l'assassiner. Aristobule envoie dire à son frère de mettre bas ses armes avant d'entrer dans le palais , et donne ordre èn même tems à ses gardes de le mettre à mort s'il n'obéit pas. Le messager corrompu par la reine , va rendre l'ordre du prince dans un sens contraire , invitant Antigone de la part de son frère à venir étaler son armure devant lui. Le jeune prince en conséquence s'achemine vers le palais dans l'état où il est entré dans le temple. Les ■ gardes aussitôt qu'il paraît, le massacrent. Aristobule ne tar da pas à reconnaître l'énormité de son crime , et le joignant au meurtre de sa mère, il conçoit du tout de si violens remords , qu'il en meurt de désespoir au bout d'un an, après avoir vomi une partie de son sang. L'affection régulière qu'il avait pour les Grecs , le lit surnommer l'HlLHEUiBN. Après *a mort, Salomé fit élargir. les trois frères de ce prince, qui
de l'histoibe sainte. Iai
étaient toujours restés jusqu'alors en prison. (Josephe Antia., L XIII, c. 19.)