T ac nos ayant succédé à Nectanebys, vit l'Egypte
^menacée oVune nouvelle attaque des Perses. Pour se meUrp en état de défense , il eut recours aux Lacédémoniens , avec
.promesse de nommer général de son armée , le commandan t des troupes qu'ils fui fourniraient. Agesilas , leur roi, qui lui ai no ua le si cours qu'il demandait, avait un met 1 te
/réel et rare , mais sans aucune des qualités extérieures propres à UaUer les regards «l'un monarque vivant dans le faste et le luxe. ( . ' Lui un vieillard d'une figure très-commune,
.et accoutumé à la yie simple et frugale 4es.§pa,rtia^es.Xa(}hQS, 11. 01
a4l CHRONOLOGIE HISTORIQUE
Sur ces apparences, le jugeant peu digne du poste qu'il lut avait promis, se contenta de le mettre à la tête dé ses troupes auxiliaires , donna le commandement de sa (lotte à Cha- * trias l'Athénien , et se réserva l'autorité suprême par mer et par terre. L'avis d'Agésilas était que Tachos n'étant pas encore bien affermi sur le trône , attendît l'ennemi dans son pays , pour contenir par sa présence les esprits disposés a la révolte. Tachos fit le contraire , en portant la guerre en Phénicie. Il arriva ce qu'A gési las avait prévu. Pendant l'absence du roi, les Egyptiens s'étant soulevés, placèrent sur le trône Nectanebys, qu'Agésilas reconnut lui-marne , pour se venger du mépris que Tachos lui avait marqué. Celui-ci s'étant sauvé à travers les déserts d'Arabie , alla se jeter entre les bras du roi de Perse.
Nectanebys II fut à peine sur le trône, qu'un mendésien , nommé Muthis , soutenu de cent mille hommes , entreprit de l'en faire descendre pour s'y placer lui-même. 11 fallait , et c'était l'avis d'Agésilas , attaquer l'ennemi avant que ses troupes formassent un corps régulier et discipliné. Nectanebys se défiant du Spartiate, depuis qu'il avait abandonné Tachos , resta spectateur oisif du mouvement de son compétiteur. Il arriva ce qu'il aurai* dû prévoir. Poursuivi pâr Muthis , il fut obligé d'aller se renfermer dans une de ses vrîlès, que l'ennemi vient aussitôt investir. Mais avant que la circonvallation fût achevée, Nectanebys, par le conseil d'Agésilas, fait une sortie sur les assiégeans qu'il met en déroute. Devenu maître de la personne de son rival dans un autre combat , il reste paisible possesseur de l'Egypte. • Les Phéniciens et les Sidoniens s'étant révoltés contre les •Perses, Nectanebys entre dans leur alliance (360 1 ) , et les aide à s'affranchir du joug de leurs oppresseurs. Le roi de Perse , Darius-Ochus, cherche à se venger de l'Egypte; mais apprenant que les généraux qu'il y avait envoyés traînaient la guerre en longueur, il s'y transporte lui-même (35o), à l'a tête de plus de trois cents mille nommes, qu'il divise en trois corps, sous les ordres de Lacharis le Thébain, de Ni— costrate et de Mentor , le rhodien. Nectanebys n'ayant que cent mille Hommes à lui opposer , se tint sur la défensive. Clinius de Cos , son général , veut arrêter Nicostrate , qui remontait le Nil avec une escadre. Après différentes escarmouches, on en vient à une bataille, où Clinius perd la vie avec la plupart de ses gens. Nectanebys quitte alors les
postes qu'il défendait , et se réfugie à Memphis. Les Perses trouvant les passages ouverts, répandent fa consternation dans toute l'Egypte. Les gouverneurs des places s'emprfcsscnt de venir faire leurs soumissions au vainqueur. Nectanebys se voyant par-là privé de son royaume , s'enfuit avec ses trésors en Ethiopie, d'où il ne revint point. C'est ainsi -*ie s'accomplit la prophétie d'Ezéchiel (c. XXX, v. i3.)
état
tion de cette monarchie, dans la personne de Darius-Codomanus. Alors un transfuge macédonien , nommé Amyntas , qui avait passé au service de Darius , vint à bout , par adresse, de se rendre* maître de Peluse. Ce succès l'enhardit à tenter la conquête de toute l'Egypte. Mais après une bataille qu'il gagna sur les Perses, s'étant laissé surprendre, il fut taillé en pièces avec son armée, près de Memphis. Sur ces entrefaites , Alexandre le Grand arrive de Gaza , dont il venait de faire la conquête, à Peluse, où le satrape Mazare lui fait hommage au nom de toute l'Egypte, et lui offre en même tems une somme de huit cents talents. Après avoir parcouru Je* Delta , il visite Memphis, regardée alors comme la métropole du pays. De là, Use rendit, en dix jours de marche, à travers des sables brûlans, au temple de Jupiter Ammon , situé à l'extrémité de l'Egypte méridionale. Tout le fruit qu'il remporta de ce périlleux voyage , se réduisit à l'honneur d'être reconnu 'fils de Jupiter, par les prêtres qui desservaient le temple, et cela à la honte d'Olympias , sa mère , qui en témoigna hautement son dépit. La forme de l'idole, à laquelle on avait donné une tête de bélier, était aussi ridicule que le culte qu'on lui rendait.
33 1. A sonretour, Alexandre choisit un terrain de>quatrevingts stades, entre la Méditerranée et les palus Méotides , pour y bâtir une ville de son nom , afin de laisser en fegypte un monument durable de sa puissance. Ce fut luimême qui en traça le plan , et qui désigna l'emplacement des temples et des autres édifices publics, dont Alexandrie devait être décorée. Avant de quitter l'Egypte, il pourvut à la sûreté de sa conquête, en la distribuant à différents gouverneurs , qui tous devaient ressortir directement à lui. Ces dispositions faites , il se remet en route pour aller compléter la ruine de la monarchie persane. Mais sept ans après lavoir réunie à ses autres états , la mort l'enleva dans
là trente-trôisièmé année de son âge (324 avant J.-C.) au milieu de sa plus grande prospérité. Ce prince n ayant point laissé de postérité légitime , les chefs de son armée, après de ▼ifs, longs et sanglants débats, partagèrent entre eux sa ' succession. ( V. les rois de Macédoine. )
PTOLÉMÉE ï SOTER.
PtolÉmeeI à qui l'Egypte échut pour son lot, était fiîs d'Arsinoè", que Philippe, père d'Alexandre, après l'avoir eue pour concubine, fit épouser àLagus macédonien obscur» Mais la naissance de cet enfant ayant prévenu le terme qu'exigeait le mariage, Lagus ne voulut point d'abord s'en reconnaître le père. Bientôt , néanmoins , l'autorité de Philippe le contraignit d'accorder à ce fils équivoque la légitimité. Ptolémée, dès ses premières années, prouva qu'il la méritait. Aussitôt qu'il fut en âge de porter les armes f Alexandre le mit au nombre de ses cardes. Ayant ensuite accompagné ce prince à la conquête Je la monarchie persane , il devint un de ses généraux, et se distingua dans toutes les rencontres par des actes de prudence e^de valeur, Après la mort d'Alexandre, il ne se nâta point de prendre le titre de roi dans son département , et se contenta dè celui de gouverneur jusqu'à ce que son autorité 'fut pleinement affermie en Egypte. Ce fut par lui que s'ouvrit là dynastie des Lagides , qui régnèrent dans ce pays l'espace île deux cent quatre-vingt-douze ans , c'est-à-dire jusqu'à la mort de Cléopâ tre ; après quoi l'Egypte fut réduite par Auguste eh province romaine.
3a2. Une des premières opérations de Ptolémée dans son gouvernement, fut de travailler à se procurer le corps d'Alexandre le Grand. Plusieurs gouverneurs se disputaient ce précieux dépôt , sur ce qu'un certain astrologue avait prédit que la terre où il serait placé, jouirait d'un bonheur parfait. Ptolémée ayant obtenu la préférence , fit transporter le corps, d'abord à Memphis, et ensuite dans la ville dont ce héros était le fondateur et à laquelle il avait donné son nom. Rien n'égala la pompe et la magnificence de ce convoi. Ptolémée fit bâtir dans Alexandrie un temple, et institua des jeux en l'honneur d'Alexandre.
La douceur avec laquelle Ptolémée exerça sa domination t engagea un grand nombre d'officiers à venir s'engagér sous , ses drapeaux. Ce fut en vain que Perdiccas , régent dû
DES ROIS d'ÉOYPTE. ^45
royaume de Macédoine , entreprit de le supplanter. Etant arrivé, dans ce dessein, avec une armée considérable en Egypte, il fut battu devant la forteresse nommée la muraille du Chameau. Delà , s'étant avancé jusqu'à Memphis , il fut massacré par ses troupes qu'il voulait contraindre à passer un bras du fleuve, à gué, pour entrer dans le Delta. Antipatér , substitué à Perditcas dans la régence , au refus de Ptolémée, usa de ménagement envers lui. Son intérêt l'exigeait; occupé, comme il Tétait, a contenir les différents gouverneurs de l'Asie, divisés entre eux et prêts k se révolter. Ptolémée profita dé ces troubles pour ajouter à son domaine ta Phénicîe et la basse* Syrie , après avoir fait prisonnier Léomédon qui en avait le gouvernement. On à parlé ci-dessus du stratagème dont il usa pour se rendre maître de Jérusalem.
3t 5. Selèucus , gouverneur de Babylone, poussé à bout
S" ar l'ambition cruelle d'Àntigone, s'élant réfugié auprès e ftolërriëc, son ami , en fut reçu avec l'accueil qu'il avait lieu d'esjpérer. S'étant tous deux ligués avec Cassandre , gouverneur de Macédoine et Lysimaque , gouverneur dé Thraee , contre cet ennemi comrnun , ils firent leurs efforts pour arrêter ses progrès. Antigone, malgré l'armée formidable qu'ils lui opposèrent, se rendit maître, l'année suivante, des meilleurs postes de la Phénicie; il vint à bbut de prendre aussi Tyr , apjrès un siège de quinze mois , et de sùbjuguér, en moins dé Tems, Tes villes de Gaza et de Jonpé. Ptoloméè, cependant de son côté, réussit à rétablir Selèucus à Babylonc , avec les troupes qu'il lui fournit.
3ii. Dértiétnus, fnYd'Arttigone, s'étant fortifié dans Gaza, Ptolémée vient l'y assiéger; dans une Sortie que celui-ci fait, il le bat et l'oblige de fuir avec perte de grand nombre des siens. Le vainqueur lui envoie sans rançon, avec ses bagages , tous les prisonniers qu'il avàit faits. Sa victoire le remit en possession de la kyrie et de la Phénicie ; mais ce fut pour peu de tems. I)émétriûs, étant revenu avec de nouvelles forces, fait prisonniers un grand nombre d'Egyptiens, avec le général qui les commandait, et remporte un riche butin , ce qui le met en état de rendre à Ptolémée la générosité dont il avait usé à son égard. Antigone étant venu se joindre à son fils, ne tarde pas a faire rentrer la Phénicie, la Judée et la Célésyrie sous ses lois. Les chefs des deux*
rartis en viennent enfin à un traité de paix , qui conserve chacun, cè qui lui était acquis par concession ou par droi*
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de conquête. Mais le flambeau de la discorde s'étant bientôt rallumé, consuma tous les restes de la famille d'Alexandre r qui furent tous égorgés. N'ayant plus alors de maîtres légitimes à respecter, tous les chefs se croyent égaux entre eux, et travaillent à empiéter les uns sur les autres.
3o6. Ptolémée s'étant rendu maître de l'île de Chypre t ' Démétrius fait voile vers Salamine, capitale de l'île, bat devant cette place JVlénélaiïs, frère de Ptolémée, qui lui en» avait donné le commandement, et bientôt fait essuyer à ce dernier , qui était accouru en personne dans l'île , une défaite totale. Ce fut alorstqu 1 Antigone et son fils se firent décerner en Syrie les honneurs de la royauté, que Ptolémée <le son côté obtint en Egypte.
L'île de Rhodes était soumise à Ptolémée. Démétrius étant Tenu l'assiéger, elle fait une longue et vigoureuse résistance qui oblige à la fin Démétrius à se retirer. Ce fut à cette occasion qu en reconnaissance des secours que^tolémée leur* avait fournis, en 3o4» les Rhodiens lui donnèrent le titre de soter, sauveur, et lui élevèrent un temple sous le nom de Ptoléméon. (Pausan. , 1. 1 , c. VI. )
3oi. Bataille d'Ipsus , en Phrygie , où tous les rois de 1» terre, suivant l'expression de Plutarque , c'est-àdire, le» successeurs d'Alexandre , se disputèrent les vastes élats de ce prince. Quatre d'entre eux , Ptolémée , Séleucus , Lysiroaque et Cassandre s'étant confédérés, y combattirent contre Antigone et Démétrius, son fils. Le père y perd la vie après avoir fait des prodiges de valeur, et Démétrius, consterné de cette perte , se retire à Ephèse avec les débris de l'armée. Les confédérés partagèrent le royaume d' Antigone entre eux. C'est à l'époque de cette bataille que l'empire d'Alexandre est divisé en quatre royaumes fixes, et la prophétie de Daniel exactement accomplie. Quoique les successeurs d'Alexandre eussent déjà pris le titre de roi , ce n'était jusqu'à ce jour qu'un titre précaire que chacun s'était donné de sa propre autorité et qui n'était pas reconnu par les autres. Mais après la bataille d'Ipsus , un traité solennel , fait par les quatre confédérés , assigne à chacun ses états a titre de royaume et les reconnaît souverains et indépendants de toute autre autorité supérieure. Ces quatre rois sont Ptolémée, Séleucus r Cassandre et Lysimaque. Ptolémée obtient l'Egypte $ la Lybie> la Cyrénaïque, l'Arabie, la Palestine et la Célésyrie*
D^s qu'il se vit en possession de ses états , il donna tous ses soins pour y faire goûter les délices de la paix.
Démétrius, force lui-même de consentir aux arrangements pris entre les rois vainqueurs, avait envoyé le célèbre Pyrrhus , son beau- frère , en Egypte pour y rester en qualité cFotage. Pyrrhus ne tarda point à captiver l'amitié de Ptolémée, qui lui fît épouser, l'an.3oo, Antigone, que Bérénice , la plus chérie de ses femmes , avait eue de Philippe le Macédonien , son premier époiix ; il s'engagea , de plus , à le rétablir dans le royaume d Epire, dont il était déchu , et lui tint parole.
287. La reconnaissance attacha Pyrrhus aux intérêts de son beau-père. Démétrius faisant des efforts pour rentrer dans les états de son père , il entre dans l'alliance que Ptolémée venait de renouveler avec Lysimaque et Seleucus contre le premier, maître alors de la Macédoine. H eut la plus grande part à la victoire qu'ils remportèrent sur celui ci qui, jouet perpétuel de la fortune , se vit obligé de fuir en Grèce sous l'habit d'un simple soldat.
Ptolémée n'ayant plus de guerre à soutenir, consacra son repos au bien de ses états. Mais Alexandrie où il avait établi sa cour , fut le principal objet de ses soins. Il y fit bâtir dans un des faubourgs , nommé Racotis , à l'honneur de Sérapis , un temple magnifique, nommé Sérapeon, qui subsista jusqu'au règne de Théodose le Grand, par ordre duquel il fut détruit à la demande 'du patriarche Théophile. A côté de ce temple, il fonda le fameux muséum , où il ouvrit la plus riche bibliothèque de l'univers à tous les savants qui furent à portée de la consulter.
Parvenu à l'âge de quatre-vingt-quatre ans , Ptolémée s'occupa du choix de son successeur. Il avait deux fils de son nom, dont l'aîné portait le surnom de Céraunus ou de foudre , à cause de la violence de son caractère , et le second fut distingué depuis par le surnom de Philadelphe. Le célèbre orateur Démétrius de Phalère, obligé de quitter Athènes, après y avoir dominé près de dix ans, était alors à la cour d'Egypte. Voyant le roi balancer entre ces deux enfants, il employa, mais vainement , son éloquence ponr le décider en faveur du premier, et le second prévalut. Philadelphe, dès qu'il iut sur le trône, se vengea du conseil qu'avait donné Démétrius à son père, en lë jetant dans une prison, où il mourut de la piqûre d'un aspic. ( Cicero pro Rabirio. ) Ptolûmâe
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Soter, après avoir fait couronner Philadelphie, descend du trône et se met au rang des gardes du nouveau monarque. 11 mourut dans cet état, regretté de ses peuples, qu'il avait gouvernés avec beaucoup de modération et défendus avec une égale valeur. Les lettres lui durent aussi des larmes, tant à raison des services importais qu'il leur avait rendus, que pour les fruits de son génie, dont il les avait enrichies, et que Tinjure des tems leur a ravis. Parmi ces productions, on vantait surtout une vie d'Alexandre le Grand. Soter conserva sur le trône l'amour de la simplicité et Téloignement du faste , persuadé que la véritable grandeur d'uu roi n'est pas d'être riche lui même, mais d'enrichir ses sujets.
PTOLÉMÉE 11 PH1LADELPHE.
284. Ptolémee II, deuxième fils de Ptolémée Soter, justifia par la manière dont il gouverna, la préférence que son père lui avait donnée sur son aîné, pour remplir le trùne. Son avènement à la couronne fut célébré $ar une fête aussi magnifiqne et aussi somptueuse qu'il soit possible d'imaginer. C'est la plus superbe dont il soit parlé dans l'antiquité. D. Montfaucon la rapporte dans ses antiquités. C'était une bacchanale , où toute la vie de JBacchus, son culte et ses orgies étaient représentés séparément. Ou peut juger de la perfection des ouvrages qui ornaient cette pompe, par ce vase célèbre d'agathe orientale, que l'on voit .dans le trésor de Saint-Denis. On croit qu'il vient de Philad^lphe, et on prétend qu'il vaut lui seul tout le trésor. Céraunus se voyant supplanté par son frère , se retira en Macédoine , dont il se rendit maître après avoir assassiné Seleucus. (a8o.) Pour se maintquir dans celte usurpation , il implora le - secours de pto.léméeson frère , qui en le lui promettant , pri£ Je surnom de Pu il ADELPHE. ( a.79. ) ( Voy. Séleucus , roi dç Syrie.) Céraunus ayant été tué daus une bataille donnée contre les Gaulois, Tannée suivante, eut pour successeur Méléagre , un de ses frère, qui bientôt fut obligé d'abanr donner le pays , pour se retirer en Chypre. Il n'y resta point tranquille. Philadelphe, instruit d'un complot qu'ij avait formé con tre Lui-même , avec Argée un autre de ses frères, les condamne à la mort IVn et l'autre, comme .criminels d'état. Ce prince bientôt après se vit sur le -point d çtre la victime d'une seconde conspiration tramée par Arsinoë «on épouse, fille de L$ slmaque ; plus h umain envers elle ,
DES BOIS D'ÉGYPTE. a4g
i\ se "flfchcnta de la reléguer dans l'île de Coptos , en Thébaïîe.
Ptolémée avait une soeur nommée comme sa première femme, Arsinoë ; suivant un usage incestueux autorisé parmi les Perses depuis le règne de Cambyse , mais détesté parmi les Grecs , il ne se fit point scrupule de l'épouser. Le gouvernement de son père fut un modèle qu'il se proposa d imiter, il réussit comme lui à se faire chérir de ses sujets et redouter de ses ennemis. Voyant Pyrrhus , son beau-frère , puni de ses entreprises téméraires par le consul Curius- Dentatus , il rechercha l'alliance des Romains ( 274. ) Le sénat flatté de la députation qu'il lui fit à ce sujet, y répondit en lui envoyant quatre de ses membres pour conclure le traité qu'il demandait. Quatre couronnes qu'il leur distribua à la fin d'un repas , où il les traita splendidtment , firent autant d'honneur à leur désintéressement généreux et éclairé qu'à sa libéralité. Au lieu de les garder pour eux mêmes, ils allèrent les placer sur quatre statues de ce prince. Flatté de cette noble courtoisie, il leur fit d'autres présens qu'ils remportèrent à Rome pour les remettre au sénat. Leur conduite a leur tour fut universellement applaudie , et le prix des présens qu'ils rapportaient leur fut décerné par le jugement du peuple romain. {Valcr. Max,)
a65. Magas, frère utérin de Philadelphe, avait obtenu de lui le gouvernement de la Lybie et de la Cyrénaïque. Loin de reconnaître cette faveur , qui le retenait dans la dépendance, il voulut s'ériger en roi. 11 fit plus, il entreprit de détrôner son bienfaiteur» Déjà il approchait de l'Egypte à la tête des Cyrénéens, pour exécuter son dessein , lorsqu'une révolte subite des Marmarides, peuple de Lybie, le rappela dans ce pays. Philadelphe , qui était déjà en marche pour le repousser, fut obligé lui-même de revenir sur ses pas pour s'opposer à la rébellion de quatre mille Gaulois qu'il avait à sa solde. Ayant eu l'adresse de les conduire , sous quelque prétexte, dans une île formée par le Nil, il les détruisit le* uns par les autres, en semant parmi eux la discorde. Magas,
alliance, en ravageant les provinces maritimes de la Syrie f ce qui retint Antiochus dans ses états pour les défendre. Magas voyant cet allié dans l'impuissance de le défendre 9 IL 3a
a5« CHROIfOLOÛÎÉ HISTORIQUE
prit le parti de s'accommoder avec son frère ;> donnant sa fille Bérénice au fils aîné de ce dernier, avec Fas^ surance de sa succession.
Philadelphe n'ayant plus de guerres à soutenir pour la défense de l'Egypte, entra dans une ligue formée par les Athéniens et les Spartiates contre Antigonus-Gonatas , roi de Macédoine, qui se disposait à envahir la Grèce. Mais Patrocle , amiral de la flotte qu'il envoya aux confédérés , n'ayant point été secondé par Areus , roi de Sparte , fut obligé de remettre à la voile pour l'Egypte.
254. l*a passion que Philadelphe avait pour les beaux-arts, lui Gt rechercher les ouvrages de ceux qui s'y distinguaient en Grèce. Aratus de Sicyone , instruit de son goût , lui fit parvenir ce qu'il avait pu amasser de plus parfait dans les divers genres de peinture et de sculpture. Mais un dessein plus utile que Philadelphe roulait dans sa tcle , c'était de faire fleurir le commerce en Egypte et d'y attirer les richesses de l'Europe et de l'Orient. Pour y réussir, il fit bâtir deux villes maritimes, l'une en Phénicie , qu'il nomma Ptolémaïde , l'autre sur la côte occidentale de la mer Rouge , à laquelle il /lontta le nom de Bérénice , sa mère. Mais à ce dernier port on substitua depuis celui de Mvos-Hormos, qui n'en était pas éloigné. C'était là que venaient aborder Les marchandises que fournissaient l'Arabie, l'Ethiopie, la Perse et l'Inde; et pour en faciliter le transport , on creusa, par ses ordres, un canal, depuis le Nil jusqu'à Myos-Hormos, sur les bords duquel on bâtit des hôtelleries pour les voyageurs et les • bête* de somme. Ces villes devinrent bientôt les magasins , des richesses de l'Univers connu. Deux flottes protégeaient ce commerce, Tune sur la Méditerranée, l'autre sur là mer Rouge. L'Egypte a joui de l'opulence que Philadelphe lui avait procurée jusqu'en 1497» tems auquel les Portugais trouvèrent la route des Indes orientales par le cap de Bonne- Espérance.
249. Antiochus le Dieu voyant la prospérité dont jouissaient les états de Philadelphie , rechercha son amitié, qu'il obtint par un traité , au moyen duquel le roi de Syrie répudia Laodice , sa femme et sa sœur , pour épouser Bérénice , fille du roi d'Egypte. Philadelphe, malgré son âge avancé et ses infirmités causées par l'incontinence , conduisit luimême sa fille en Syrie.