‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 78 sur 134 · Quelque tems après son retour, il perdit Arsinoë, sa · texte numérisé non relu

Quelque tems après son retour, il perdit Arsinoë, sa

sœur et lâ plus chérie de ses femmes , dont il donna le nom à neuf villes qu'il fit bâtir. IL la suivit deux ans après au tombeau, dans là soixante-quatrième année de son âge, et la trente- neuvième de son règne.

. Ce fut par ordre de ce prince que furent traduits en grec, par soixante-douze juifs, les livres de Moïse, sur un exemplaire qui lui fut envoyé de Jérusalem par le grand-prêtre. C'est ce qu'on nomme la version des Septante , qui est en core en usage dans les églises d'Orient. ( V. Pridcaux, hist. des Juifs , 1. IX. ) On vit aussi paraître sous le règne de Philadelphe une histoire de l'Egypte, composée et dédiée à ce prince par Manéthon , prêtre d'Héliopolis. C'est encore au règne de Philadelphe qu'on rapporte la construction de la célèbre tour de Pharos, qui passa pour une des sept merveilles de l'ancien monde. Bâtie la première année du règne de ce prince dans une île, à sept stades d'Alexandrie, elle servait de fanal par les feux qu'on allumait sur son sommet toutes les nuits pour les vaisseaux qui faisaient route vers cette capitale. Une chaussée, par la suite, joignit l'île à la Terre-Ferme. ( F rideaux y ibiê, )

PTOLÉMÉE III EVERGÈJTE.

246. Ptolemee III, fils de Ptolémée-Philadelphe et de Bérénice , sa première femme, monta sur le trône d'Egypte, après la mort de son père, qui se l'était associé dix ans auparavant. Antiochus le Dieu , roi de Syrie , dès qu'il eût appris la mort de Philadelphe son beau-père, rompit le traité qu'il avait fait avec l'Egypte, et reprit Laodice, sa première femme, après avoir répudié Bérénice. Mais Laodice se défiant de la légèreté de son époux,* le fit périr par le poison. Bérénice menacée du même sort , courut se rerifer— mer dans l'asile de Daphné. Elle y fut poursuivie par sa rivale. Après s'être défendue en héroïne, elle succomba sous les traits de la perfidie, et s'étant laissé persuader sous les plus belles promesses, de sortir de son asyle , elle fut mise à mort avec son fils et les Egyptiens qui l'avaient suivie, par les gardes qu'on avait feint de lui donner pour sa sûreté. Le roi d'Egypte ne tarda pas à se mettre en campagne pour venger la 4 mort de sa sœur. Tout se soumit devant lut dès qu'il parut dans le royaume de Syrie.* Parvenu jusqu'au Tigre, il était près d'achever la conquête du pays ennemi , lorsqu'une révolte l'appela dans ses états. Parmi les richesses immenses

*5a CRROHOLOGIE EISTOtIQTJK

qu'il remporta de son expédition , furent compris deux mille cinq cens simulacres de divinités., que> Cambysc avait enlevés des temples de l'Egypte, lorsqu'il la réduisit sous ses lois. Ravis du retour des objets de leur culte, les Egyptiens donnèrent par reconnaissance à leur souverain le surnom d*Ever~ gèle ou de Bienfaisant . La sédition apnaisée, il se rendit à Jérusalem pour remercir le Dieu du ciel des prospérités qu'il lui avait accordées. ( José plie , 1. Il, eontr. Apion, c. 2.) C'étaient apparemment les Juifs d'Alexandrie qui lui avaient montré qu'elles avaient été prédites près de trois siècles auparavant par le prophète Daniel ( c XI , to, 6\ )

Lorsque Ptolémee partit pour son expédition de Syrie ,* Bérénice , son épouse , avait feu vœu de consacrer ses cheveux s'il en revenait sans accident. Le voyant de retour sain et sauf et couvert de gloire , elle s'acquitta de sa promesse en se les faisant couper , et les envoya dans le temple que Ptolémee Pbiladelphe avait fait bâtir en l'honneur de sa femme Arsinoë, sur le promontoire de Zéphirion , en Chypre. Ces cheveux s étant perdus peu de tems après, un mathématicien célèbre d'Alexandrie nommé Conon , s'avisa de dire par flatterie qu'ils avaient été transportés au ciel t et montra sept étoiles près de la queue du lion , qui jusquelà n'avaient fait partie d'aucune constellation, et dit que c'était la chevelure de Bérénice. D'autres astronomes ayant adopté cette fiction, la constellation à continué d'être appelée la Chevelure de Bérénice , nous avons là-dessus un poème de Catulle de Comâ Bérénices , traduit du grec «le Callimaque.

245. vSelbucus , fils et successeur d'Antiochns le Dieu ; ayant aussi promptement recouvré les états de son père t qu'ils avaient été conquis, déclare la guerre, peur se venger, au roi d'Egypte. Mais Evergète L'ayant mis en déroute , l'obligea de fuir jusque dans sa capitale. Déterminé à se relever de ce revers, Séleucus engagea son frère, Antiocbus Hiérax à lui amener le plus de troupes qru'il pourrait rassembler dans son gouvernement des provinces voisines du mont Tau rus. Evergète , voyant deux corps d'armée prôts à fondre sur l'Egypte , prit le parti de conclure une trêve pour dix ans avec le roi de Syrie (24^.) Le repos qu'elle lui procura ne fut point oisif. Amateur des sciences et des arts, sa principale occupation fut de les' faire fleurir en Egypte. La bibliothèque publique , fondée par Soter pf. enrichie

DES ROIS d'égypte. 253

Î>ar Philadelphe , fut augmentée par ses soins et confiée 4 a garde d'Eratostbène , cyrénéen de naissance , qu'il avait appelle d'Athènes 011 il s'était établi. C'était un savant universel. Il composa une histoire des rois égyptiens de Thèbes , pour servir de supplément à celle de Manéthon. Parmi les autres savans de Grèce que les libéralités d'Evergète attirèrent dans ses états, les plus distingués furent Lycophron, Callimaque , né comme Erathosthène, son/maître, à Cyrène, et dont Suidas dit qu'il laissa plus de quatre-vingt volumes qui ont été la^ proie du tems , et Tnéocrite , qui célébra Ptolémée dans quelques-unes de ses idylles.

233. La trêve que Philadelphe avait conclue avec le roi de Syrie , étant expirée , fut convertie en un traité de pair. Libre alors de suivre d'autres projets de conquêtes, il porta ses armes en Arabie , et soumit avec d'autant plus de facilité tout ce qui s'étendait des deux côtés de la mer Rouge , jusqu'en Ethiopie , qu'on n'était nullement préparé k cette invasion. Il remporta de son expédition un immense butin qu'il eut la générosité de partager avec les troupes qui l'avaient accompagné.

A son retour, il envoya du secours à Cléomène, roi de Sparte, contre Antigone, roi de Macédoine, protecteur des Achéens, qui avaient secoué le joug des Spartiates. Mais Cléomène ayant été défait dans la bataille de Sélasie , se vit obligé daller chercher un asyle en Egypte. Ptolémée le reçut avec de grandes marques d'affection et d'estime , lui assigna une pension de vingt-quatre talens , et s'engagea de le replacer sur le trône. Mais avant qu'il fût en état de remplir sa promesse , la mort l'enleva dans la vingt-septième année de sorr règne, à compter deux ans avant la mort de son père , qui T'avait alors associé à la royauté. C'est le dernier de sa race qui ait montré quelque vertu sur le trône. Un célèbre monument , publié sous le titre de Monnmentum adulitanum, à Rome, en i63i , par Léo Al/ùh'us n \e qualifie souverain d'Egypte , de Lybie, de Syrie, de Phénicic , de

Chypre , de Carie et des Cyclades.

PTOLÉMÉE IV, PHïLOPATOR,

221. Ptolémée, parvint au trône d'Egypte après ta morl d'Evergète, son père. Le surnom de PhilOPatoïi , si l'on en çroit Justin (1. XXIX c. 1.) lui fut donné par antiphrase »

parce qu'il était accusé d'avoir avancé, par le poison, Ta mort de son père. Mais quelle apparence, si cela était, qu'on eût osé le qualifier ainsi .sur les médailles frappées de son vivant. Sa vie offre bien d'autres crimes , dont la réalité ne peut être révoquée en doute. En général , ce ne fut quSjn tissu d'extravagances et d'horreurs. Livré au vin , aux femmes et aux plus sales obscénités, il ne connaissait aucune décence et ne respectait aucune règle de pudeur. Magas, son frère, lui étant devenu suspect, il le fit mettre à mort contre l'avis de Cléomène, roi de Sparte, qui était toujours à sa cour. Sa mère ayant désapprouvé ce parricide, il lui fit le même traitement par le conseil de Sosibius , son ministre. Il voulut se défaire aussi du roi Cléomène, et commença par le faire enfermer. Mais les Spartiates qui avaient suivi ce prince , au nombre de plus de trois mille en Egypte , s'armèrent pour sa délivrance et y réussirent. Ils n'eurent pas cependant le même succès pour exciter le peuple d'Alexandrie à la révolte. Voyant que la crainte enchaînait tous les esprits, et qu'ils ne pourraient résister à la supériorité des forces que Sosibius amenait contre eux , ils résolurent tous de se donner réciproquement la mort , et cette résolution eut son effet. Tout cela s'exécuta dans l'absence de Philopator. Apprenant à son retour ce qui s'était passé, il fit mettre en croix le cadavre de Cléomène ; cela ne suffisant point à sa vengeance , il exerça sa fureur sur la mère de Cléomène et les autres femmes de sa suite, qui furent égorgées par ses ordres.

Antiochus 111, roi de Syrie, regrettant la perte de la Célésyrie, dont Evergète s était rendu maître, lia des intelligences avec Théodote , gouverneur de cette province, mécontent de Philopator , pour se la faire livrer. Théodote, homme de cceur, rougissant de servir un maître aussi in» Cime que Philopator, consentit sans peine à se donner au roi de Syrie. L'ayant donc invité à se rendre en son gouvernement , il lui remit, dès qu'il le vit paraître, les villes de Tyr et de Ptplémaïde, dont l'acquisition lui facilita la conquête de toute la Célésyrie, qu'il n'acheva néanmoins qu'en plusieurs campagnes. (

Philopator avait un général nommé "Nicolaiis, qui, bien que compatriote de Théodote, ne suivit point son exemple, et demeura constamment attaché au roi d'Egypte. Etant venu en Célésyrie avec une puissante armée, il obligea Théodote à se renfermer dans Ptolémaïde , dont il pressa vive-

DES ROIS D'ÉCYPÎE. 1 55

ttieftt le siège avec son infanterie légère , tandis que ses troupes, pesamment armées , assiégeaient la forteresse de Broch, située sur le passage le long du lac. L'arrivée d'Antiochus , qui venait de prendre possession de ïyr et de Piolémaïde, l'obligea de décamper. Ce prince eut ensuite la pensée de conduire sou armée en Egypte. Mais apprenant qu'on s'y préparait à le bien recevoir, il changea d'avis , et s'attacha à réduire les places de la Célésyrie. Agathocle et Sosibius, tous deux ministres d'Egypte, faisaient cependant filer des troupes sous le commandement de Nicolaiis vers la Phénicie, tandis qu'ils envoyaient une flotte sur les côtes de cette province. Les deux armées ennemies de terre s'étant rencontrées près du mont Liban, en vinrent à une bataille, dont les premiers succès furent pour Nicolaiis. Mais Théodote ayant enfoncé ceux qui étaient sur la montagne, Nicolaiis prit la fuite, laissant sur la "place quatre mille hommes tant tués que blessés. La flotte égyptienne, dont Périgène était amiral, n'eût pas un meilleur succès. Le vainqueur poussa ses conquêtes jusqu'au-delà du Jourdain , et senrendit maître de la province de Samarie.

Furieux de ces revers, Philopator voulut commander en personne dans la campagne suivante. Etant parti d'Alexandrie avec Arsinoë , sa femme et sa sœur , à la tête de soixantedix mille hommes de pied , de cinq mille chevaux et de soixante-treize éléphants, il arriva dans les plaines de Raphia, la première ville qu'on rencontre après avoir passé Kinocolure. Antiochus qui l'avait prévenu, y avait assis son camp. Les deux armées restèrent cinq jours en présence , après quoi, s'étant ébranlées, elles en vinrent à une bataille san-. glante , dont Antiochus eût recueilli le fruit , s'il eût su modérer son impétuosité. Mais s'étant mis à la poursuite de l'aile gauche des Egyptiens, après l'avoir rompue , son éloignement ranima le courage de l'aile droite, qui lit un grand carnage des Syriens , et leur arracha la victoire. Le roi de < Syrie , de retour en sa capitale , par une prompte fuite , envoya proposer au vainqueur une trêve, qui ayant été acceptée, fut convertie en un traité de paix. ( Polybe, 1. V.) f'W»^

* 217. Philopator, après la victoire qu'il avait remportée, passa trois mois sur les lieux, pour mettre ordre à sa conquête. Ce fut pendant ce séjour, que s'étant transporté à Jérusalem, il eut la curiosité de vouloir pénétrer dans le sanctuaire du temple, malgré la réclamation des Juifs. On

a56 CHRONOLOGIE «ISTOHIQUÉ

a vii dans la chronologie historique de ce peuple, le châtiment que Dieu exerça contre ce profanateur , et^ la fureur avec laquelle celui-ci se vengea de cet affront. Hendu en Egypte, Philopator reprit le cours de ses débauchçs, abandonnant à ses favoris le soin de l'état. Son indolence occasionna par là plusieurs révoltes, que ses ministres eurent

Seine à étouffer. Arsinoë, sa femme, quoique devenue mère 'un fils, n'eut pas plus de part à ses faveurs. Mécontente de se voir négligée et méprisée , elle éclata en 'murmures. Sosibius, ce vieux ministre accrédité, fut chargé par le roi de mettre fin à ses plaintes. Philammon, autre compagnon des débauches du roi , accepta la commission de faire mourir la reine ; elle est assassinée. Apres la mort de celte princesse, personne ne fût moins roi en Egypte, dit Justin, que le roi lui-même. Ses femmes et ses favoris disposaient de tous les emplois civils et militaires, et le prince ne s'occupait que des plaisirs honteux ; son corps,, quoique robuste, et dans la fleur de l'âge , y succomba. Il mourut avant l'âge de quarante ans, dans la dix-septième année de son règne. Athénée dit qu'il aimait les sciences, que lorsqu'il était à jeun il s'entretenait avec un philosophe , nommé Sepher ; qu'il consacra un temple à Homère, et fit placer autour de la statue de ce poè'te, les figures des différentes villes qui s'attribuaient l'honneur de lui avoir donné le jour.

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