Pygmalion monta sur le trône anrès la mort de son
père , à l'âge de seize ans ( quelques-uns disent de neuf ans. ) L'avarice étouffa en lui les sentiments de la nature et de la religion. Elise, sa sœur aînée, plus connue sous le nom de Bidon, avait épousé «Sichée ou Sicharbas, son oncle, prêtre d'Hercule , dont les richesses étaient immenses. Pygmalion , résolu de s'emparer de ses trésors, l'assassina, suivant Virgile , au pied de l'Intel , où il sacrifiait. Didon , qui devina le motif de cet attentat, couvrit sa douleur d'une profonde dissimulation. Elle continua de vivre en bonne intelligence avec son frère , feignant d'ignorer l'endroit où Sichée avait caché ses trésors , et ne témoignant nul empressement pour les posséder. Quelque tems après, elle lui demanda permission d'aller s'établir à Chartica (865) , petite ville entre Tyr . et Sidon , avec Barca, son frère, et Anne, sa sœur. Pygmalion y consentit d'autant plus volontiers, qu'il espérait avoir, après sa retraite , toute liberté de rechercher les richesses que Sichée avait enfouies. Didon obtint de lui des vaisseaux pour transporter ses effets. Elle y fit porter de nuit ses trésors, et partit à son insu avec un nombre de T) riens qui s'étaient attachés à sa fortune. Pygmalion se Voyant joué, fit courir après elle , mais inutilement. Elle arriva , sans qu'on eût pu l'atteindre, en l'île de Chypre. De là, ayant fait voile vers l'Afrique , elle débarqua à tJtique , colonie tyrienne ; qui la reçut, elle et tout son équipage, avec toute sorte d'humanité. Peu de tems après, elle choisit un terrain où elle fonda Carthage. Revenons à Pygmalion. Ses ancêtres avaient fait des conquêtes en Chypre, et Etienne de Bizance » «lit qu'il bâtit la ville de Carpasie. Gadès, aujourd'hui Cadix^ tlans la Bétique, province d' Espagne, était une autre C0I07
, JJES ROIS J)E TYR. a83
pie des Tyriens. Pygmalion y envoya un présent magnifique pour être placé dans ie temple d'Hercule. C elait une figure d'olivier, dont le tronc , les branches et les feuilles étaient d'or , et les fruits des émeraudes qui imitaient parfaitement La nature. (83a) Josephe donne à Pygmalion quarante-sept ans de règne. Il laissa un fils nommé Paphos , qui le remplaça sur le trône , et qui était maître de l'île de Chypre , comme lavait été son père , y fonda une ville de son nom. Les noms de ceux qui lui succédèrent pendant le cours d'un siècle , sont restés dans l'oublil
726. Elulee, contemporain de la Salmanasar, roi d'Assyrie, est le premier roi de ïyr qui se montre dans l'histoire, ^ après Pygmalion. C'est Ménandre, dans Josephe, qui nous le fait connaître. Les Cittiens s étant révoltés , dit cet auteur, Elulée alla contre eux avec une flotte , pour les faire rentrer sous son obéissance* La plupart des modernes croient que les rebelles dont il s'agit ici, sont les habitants de Geth , au pays des Philistins. Mais celte ville n'était point maritime et les Tyriens n'avaient pas besoin d'une flotte , pour Palier attaquer. Nous pensons, avec Alphonse des Vignoles, que ce sont plutôt les habitants de Ciltium , patrie du philosophe Zenon, en Chypre. Les Cittiens, dans leur détresse, firent une députation à Salmanasar, roi d'Assyrie f pour le prier de venir à leur secours*
717. Ce prince, en effet , vint en Phénicie à la tête d'une armée, aûn de faire une diversion en faveur de ceux qui Pavaient appelé. Mais Elulée s'étant accommodé avec lui , Pengagea à s'en retourner. Peu de tems après cette expédition 9 dit Ménandre, la ville d'Acé (depuis nommée ptolemaïde) f eclh de Sidon , l'ancienne Tyr et plusieurs autres secouèrent le joug, pour se donner au* roi d'Assyrie. Comme les Tyriens (de la nouvelle ville ) furent le s seuls qui ne voulurent point se soumettre à lui , il marcha contre eux et envoya soixante vaisseaux , que les Phéniciens avaient équipés et dans lesquels tl y avait huit cents rameurs. Mais les Tyriens ayant été à la rencontre de cette flotte avec douze navires , la dissipèrent , firent cinq cents prisonniers ' et acquirent , par cette victoire , une grande réputation. Le roi d* Assyrie reprit lu route de son pays; mais il laissa quantité de troupes le long du fleuve (qui traversait la ville du continent ) % tt des aquedacs (qui conduisaient de Peau à l'autre ville ) % pour les empêcher de profiter de ces secours y ce qui ayant cm-
*84 CIIRONOLOGJE niSTOR^UB
tinué pendant cinq ans , Us Jurent obligés de creuser des pvilsi Ou \oit encore une partie de ces aujueducs et les citernes d'où ils partaient , qui font l'admiration des voyageurs.
712. Ta mort de Salmanasar mit fin au blocus de Tyr, et rappela se* troupes dans leur pays. Depuis cet événement on trouve un vide de cent vingt années dans l'histoire de Tyr. Dans cet intervalle, le mole qui formait la communication entre les deux villes de Tyr, fut emporte par les flots, ce qui rendit à celle du continent , une partie de ses habitants, qui quittèrent l'île pour venir s'établir en terreferme. Ils s'y livrèrent au commerce avec une nouvelle ardeur , et portèrent cette ville au plus haut point de prospérité. Tjr, suivant l'expression d'Èzcchicl, était regardée comme la reine des villes, et ses négociants allaient de pair avec les princes par leur opulence et leur faste. Leurs vaisseaux portaient dans toutes les places maritimes, les aliments de la molesse et du luxe. C'est ainsi que Tyr cor-* rompait les mœurs simples et frugales des contrées où s'étendait son commerce, en fournissant des amorces aux passions ; car son commerce ne se bornait pas. aux choses de première nécessité. Les étoffes les plus riches travaillées dans* le meilleur goût , les meubles rares, les bijoux, les parfums et d'autres superfluités, voilà ce qu'elle donnait en échange «les denrées que son terroir lui refusait; et des matières précieuses qu'elle recevait pour les mettre en oeuvre.
591. Ithobal H paraît sur le trône de Tyr, dans le que Nabuchodonosor régnait à Babylone. Ce dernier, après avoir subjugué la Judée , voulut se rendre maître de la Phénicie. àidon et la plupart des autres places de cette contrée, cédèrent en peu detems à l'effort deses armes. (585.) Mais Tyr qu'il assiégea ensuite, lui opposa la plus vigoureuse et la plus opiniâtre résistance. Il fut l'espace de treize ans devant cette place , n'épargnant ni stratagèmes , ni travaux pour la réduire, en sorte que dans son armée , suivant l'expression d'Ezéchiel, toute épaule en devint pelée , et toute tête en devint chauve. A la fin les assiégés réduits aux abois , chargèrent leurs meilleurs effets sur des vaisseaux, et se retirèrent dans l'île. Nabuchodonosor, en entrant dans Tyr, se vit cruellement trompé dans son attente. Furieux de la trouver presque déserte et dénuée de ces grandes richesses, qu'il
avait promis de partager avec le soldat, pour le récompenser de ses fatigues, il passa au fil de l'épée ce qui restait d'ha-* bitànts, et fît raser ensuite la ville jusqu'aux fondements* Telle fut la déplorable fin de la superbe Tyr; et c'est ainsi que furent accomplies les menaçantes prédictions qui annonçaient sa destruction. Voyez dans tes chapitres XXVI et XX. VII d'Ezéchiel , la description de cette ville, qui n'avait noint d'égale , et les malheurs que Dieu lui annonce par la pouche de ce prophète.
H paraît qu'lthobal périt durant ce siège. C'était, suivant le portrait qu'Ëzcchiel en fait , un prince fier , insolent et assis sur un trône d'or, que la fortune avait enivré, qui couvert de pierreries, n'était occupé qu'à s'admirer , qui, préfendait savoir tous les secrets, être aussi sage que Daniel, et mériter même d'être mis au rang des dieux : arrogance qui lui attira cette sévère condamnation : parce que votre cœur s 'est élevée comme si c 'était celui d 'un dieu , je ferai venir contre 0ous des étrangers les plus puissants aV entre les peuples , et ils viendront l'épée à la muin exterminer votre sagesse.... , ils vous tueront et .vous précipiteront du tréne. (Ezéchiel , c. XX VI II.) Retirés dans leur île, les Tyriens changèrent la forme du gouvernement , et au lieu de rois , ils établirent des suffetes ou juges.
572. Bàaï. fut le premier suffete de la nouvelle Tyr. Durant son gouvernement qui fut de dix ans , il n'oublia rien pour fortifier son île, l'embellir et la rendre semblable à l'ancienne Tyr. Mais pour lui éviter le sort de celle-ci , il la rendit titulaire du roi d'Assyrie , ce qui lui assura une longue paix et une entière liberté pour le commerce.
562. Ecnibal , Chelbis , Abbare , Mytgon et Gérastrate furent les suffetes qui succédèrent à Baal , l'un après l'autre, à l'exception des deux derniers qui furent collègues. Ceux-ci régnèrent pendant six ans , et les trois précédents, quinze mois en tout. On revint ensuite à la royauté.
554. Balator fut créé roi de Tyr, du consentement des Assyriens. Mais il n'occupa le trône que l'espace d'un an.
553. Merbal , Babylonien , fut choisi par les Tyriens, chez qui apparemment il s'était établi , pour remplacer le roi Balator. Son règne fut de quatre ans.
à86 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
549* Irom fut le successeur de Merbal. Ce fut la quatorzième année de son règne f suivant les Annales phéni- - ciennes, que Cyrus monta sur le trône de Perse, parla mort de Cambyse, son j>ère. Ces mêmes Annales donnent a Jrom vingt ans de Tègne.
52g. Mapen, fils et successeur d'Irom, servit sur la flotte de Xercès, roi de Perse , et fut un de ceux qui conseillèrent à ce prince d'attaquer la flotte grecque à Salamine : conseil funeste dont Xercès ne dut pas lui savoir gré, après l'événement. Mapen était alors dans la 49 e - année de son règne. Il paraît qu'à son retour àTyr, il y périt dans la révolution suivante. Les esclaves qui étaient alors en grand nombre dans celte ville, avant formé une conspiration contre leurs maîtres, les égorgèrent tous pendant une nuit, à l'exception de Straton , à qui le sien, par affection , conserva secrètement la vie. Ayant ensuite délibéré de se donner un roi pris d'entre eux , ils prorogèrent l'assemblée au lendemain, et convinrent que celui qui le premier aperceverait les rayons du soleil, serait reconnu roi. L'esclave de Straton* conseillé par son maître, remplit la condition, en tournant le dos à l'orient , et regardant à l'occident le faîte des maisons. Sommé de dire qui lui avait appris ce secret, il nomme Straton. On court chercher ce sage citoyen , non pour l'immoler , mais pour le couronner. C'est ainsi que Straton devint roi. Il immortalisa son nom en le donnant à une tour qu'il fit construire sur le bord de la mer , et autour de laquelle Hérode le Grand bâtit dans la suite une ville qu'il nomma Césarée, en l'honneur de l'empereur Auguste. C'est le seul trait que l'on sache du gouvernement de Straton.
Après sa mort son fils, dont on ignore le nom, fut placé sur le trône, et le sceptre passa de main en main à leurs descendants jusqu'à Azelmic, qui fut lcdernierroi connu de Tyr. Celui-ci était contemporain d'Alexandre le Grand. Lorsque le cours des conquêtes de ce prince l'eût amené en Phénicie , Azelmic envoya au-devant de lui des ambassadeurs * parmi lesquels était son fils , avec des présents pour lui et des provisions pour son armée. Alexandre reçut favorablement le tout. Mais ayant demandé à entrer dans Tyr, sous prétexte d'y offrir un sacrifice à Hercule , il essuya un refus qui l'irrita au point , qu'il résolut de prendre la ville d'assaut (33a). Ces menaces n'effrayèrent point les Tyriens* Nulle place n'était é aussi bien fortifiée que Tyr, dont les
DES ROIS DE TYR. ^Sf
murs hauts de cent cinquante pieds et baignés de tout côté par la mer, la ville s'ctendant sur foui le terrain de Tile, ne laissait aucun lieu aux approches, ni à-la surprise. La place était d'ailleurs pourvue de toute sorte de machines de guerre , et de vivres pour long-tems. Les Carthaginois de plus, maitres alors de la mer, avaient promis aux Tyriens de venir à leurs secours. Alexandre sentit les difficultés qui s'opposaient à son dessein, et n'en fut que plus anime a te suivre. Apprenant qu'une chaussée avait autrefois joint l'île au continent, il entreprit de renouveler cet ouvrage , pour lequel il employa les matériaux de l'an* . cienne Tyr et les bras des peuples voisins qu'il avait subjugués. L'entreprise était déjà fort avancée , lorsqu'une tempête emporta tout ce qui était fait. Alexandre ne perdit point courage , et recommença sur de nouveaux frais. Les Tyriens voyant les progrès de l'ouvrage dont ils s'étaient d'abord moqués , songèrent sérieusement à l'arrêter. Montés sur leurs vaisseaux, ils, harcelaient continuellement les tra-* vailleurs , que les. soldats étaient assee occupés à défendre* Alexandre cependant faisait venir sa «flotte de Grèce. Lorsqu'elle fut arrivée et la chaussée finie, il commença à battre la place et par mer et par terre. Il est incroyable avec quelle ardeur, quels efforts et quelle obstination les attaques furent livrées^ avec quelle vigueur, quelle industrie et quelle constance elles furent rç poussées. Vingt fois Alexandre se repentit d'avoir tenté ce siège, et fut sur le point de l'abandonner* Il y eût été infailliblement contraint, si les Carthaginois avaient fourni aux Tyriens les secours qu'ils leur avaient promis. Mais les troubles domestiques qui les agitaient, ne leur permirent pas de tenir parole. A la lin Tyr , après avoir perdu ses plus habiles ingénieurs et ses meilleurs combattants , après avoir vu tomber une partie de ses murs, fut emportée dans un dernier assaut, au bout de sept mois de siège. Le vainqueur ne la traita point avec la modération que sa brave défense semblait mériter. Huit mille de ses habitants furent passés au fil de l'épée, deux mille crucifiés, trente mille vendus à l'encan, et la ville brûlée et rasée jusqu'aux fondements. Alexandre, cependant , lit grâce aux descendants de Straton. Le roi Azelmic s'était réfugié dans le temple d'Hercule. L'ayant tiré de cet asile, non-seulement jl lui accorda la vie , mais il lui remit la couronne sur la tête , voulant qu'il continuât de régner dans Tyr , qu'il fit rebâtir et repeupler. Mais cette ville ne recouvra point
son ancienne splendeur , et il n'en est plus fait mention dans l'histoire jusqu'au tems d'Hérode le Grand , où Ton voit qu'elle était alors gouvernée par un prince, nommé Marion, qui prit le parti d'Antigone contre Hérode. Marion fui battu avec son allié , et le vainqueur , dit l'historien des Juifs, en usa envers les Tyriensavec une générosité qui lui concilia leur affection.
Depuis que l'ancienne Tyr eût été détruite par Nabuchodonosor , Sidon , qui s'était volontairement soumise à ce prince , passa de la dom nation des Chaldéens , sous celle des Perses, et fut gouvernée par les satrapes qu ils envoyaient pour commander en Phénicie.
Les Sidoniens mécontents de celui qu'Artaxercès- Ochus avait chargé de ce département, traitèrent secrètement avec Nectanèbe , roi d'Egypte , après quoi s'étant donné un roi , nommé Tennès, Us se révoltèrent hautement contre les Perses. Le satrape entreprit de les réduire. Mais s'étant saisi de sa personne , ils le traînèrent ignominieusement au supplice. Leur fureur.n'en demeura point là ; ils coupèrent les arbres du jardin que le roi de Perse avait près de Sidon, et mirent* le feu au fourrage destiné à nourrir ses chevaux * Les gouverneurs de Syrie et de Cilicie accoururent pour étouffer le mal dans sa naissance. Mais Tennès ayant marché contre eux, les mit eu fuite. Artaxercès à la nouvelle de cet échec vint lui-même en personne ) , avec une armée de trois cent mille hommes de pied et trente mille chevaux , ayant de plus une flotte de trois cents vaisseaux de guerre et cinq cents navires chargés de provisions, pour attaquer Sidon par mer et par terre. Les Sidoniens avaient de leur côté une Hotte considérable et de bonnes troupes qu'ils avaient rassemblées de toute part. Munis de la sorte, ils étaient en état et dans la résolution de se bien défendre. Mais après quelques jours de siège, leur roi Tennès cl son lieutenant s'étant laissé corrompre par les Perses > les trahirent et livrèrent la ville à l'ennemi. Le seul parti qu ils * eurent alors à prendre, fut de recourir à la clémence. d'Ar-* taxercès. Ils lui députèrent , pour le fléchir , cinq cents hommes portant à la main des branches d'olivier. Mais le roi de Perse , loin de les écouter , ordonna de tirer sur eux -et les fit percer de coups de flèches. Réduits au désespoir, les Sidoniens s'enfermèrent dans leurs maisons aveç^ leurs femmes et leurs enfants , y mirent le feu "et périrent ainsi , au nombre de quarante mille personnes. Ainsi furent accom-
plies les menaces des prophètes contre cette ville qui , de même que Tyr , outrageait le Seigneur par son impiété , et corrompait par son luxe et ses mœurs dépravées les autres nations avec qui elle commerçait. Sidon renaquit aussi de ses cendres. Lorsqu'Alexandre vint en Phénicie, elle se soumit volontairement à ce conquérant , et lui fournit même des troupes pour l'aider a subjuguer la ville de Tyr. Mais au sac de celle-ci , les Sidoniens , se souvenant de leur ancienne fraternité avec les Tyriens , en sauvèrent secrètement le plus grand nombre qu'il leur fut possible.
Sur l'invention de l 'écriture.
Au commencement de l'article deTTyr, on attribue l'invention de l'écriture aux Phéniciens ; c est cette opinion qui a fait dire à Lucain , dans la Pharsale :
Phenices primi , fa ma* si creéitur , ausi Mansuram tudibus pocem signare Jiguris.
Vers que Brcbeuf a traduits ou imités par les deux vers sui-« vants:
C'est de lui (i) que nous vient cet art ingénieux
De peindre la parole et de parler aux yeux.
(i) Cadmns, dis d'Agénor, originaire de PhcTiicie, apporta; dit-on , en Grèce , la connaissance des lettres.