HENRI III
1572. Henri III , fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, prend le titre de roi de Navarre après la mort de la reine Jeanne , sa mère. Il était né à Pau, le i3 décembre i555, et fut d'abord nommé le comte de Vîane. Son aïeul, Henri II, le voyant naître , dit : Voilà mon vengeur. Il emporta l'enfant dans sa robe , se chargea de son éducation , et ordonna qu'il fût traité comme les autres enfants du pays, d'une manière dure, pour lui affermir le tempérament. Le jeune prince suça le venin de l'hérésie avec le lait , par les soins de sa mère , qui lui donna pour gouverneur le baron de Bcauvais, zélé calviniste, qui fut tué aux matines de Paris ; et pour précepteurs , la Gaucherie , puis Florent Chrétien , tous deux également huguenots. Henri, sous ce dernier, traduisit les commentaires de César. Casaubon assure avoir vu cette traduction écrite de la main de ce prince , et il ajoute que Henri , devenu roi de France , lui avait dit qu'il avait aussi travaillé à des commentaires de ses propres actions,
5l8 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
et qu'il les achèverait quand il en aurait le loisir. Henri apprit le métier de la guerre sous le prince de Condé , et l'amiral de Coligni. Deux mois, ou un peu plus, après son avènement au trône de Navarre , il épousa ( le 18 août) , à Paris, Marguerite, sœur de Henri J II , roi de France. Cette même année il embrassa forcement la religion catholique après la journée de Saint-BartheJerni , et fit publiquement, le a septembre, abjuration du Calvinisme. L'an 1574 » est arrête* par ordre de Charles IX % et conduit au château de Vincennes, à cause du complot ou il e'tait entre', d'enlever le duc d'AIençoo , frère du roi. L'an 1576, au mois de feVrier , il retourne à l'hére'sie , et se retire en Guienne, lassë de la persécution de la reine-mère, et de la haine qu'elle témoignait pour les Bourbons. L'an i58q, Henri monte sur le trône de France sous le nom de Henri IV. (Voy. les rois de France. ) Ce monarque , après avoir refuse' long-tems de réunir son patrimoine h la couronne de France , y consentit enfin par son édit de juillet 1607. (Voy. les ducs de Vendôme.}