‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 109 sur 146 · ROIS D'ARAGON · texte numérisé non relu

ROIS D'ARAGON

D. RAMIRE I, I«r roi d'Aragon.

io55. Ramire I*r, quatrième fils de Sanche UT, dit le Grand, roi de Na\arre, a pour son partage l' Aragon, avec le titre de roi. L'an io56, il épouse Gisberge , fille de Bernard Roger, cora'e en partie de Carcassonne et de Foix , puis comte de Bigorre, et de la comtesse de Gersendc. L'an io58 , Ramire réunit les états de son frère Gonçalez , par le choix des peuples de Sobrarve et de Ribagorce. Ramire, l'an 1042, s'étant allie* avec les rois maures de Saragosse , de Huesca et de Tudela , fait une irruption subite daus la Navarre; mais il e3t battu et obligé de se retirer. L'an io6!>, s'étant brouillé avec le roi de Saragossc , il entre à main armée dans ses états ; mais il perd la vie, le 8 mai, dans une bataille que lui livrent, à Graos , le roi raahométan et Sanche, infant de Castillc et de Léon, qui, tandis que le roi Ferdinand, son père, faisait la guerre aux iniidèles , possesseurs de Séville, s'était armé pour la défense de ce prince, également infidèle, sous prétexte qu'il était tributaire de la Castille. Une chronique faite en France , vers le commen-

DES HOIS D* ESPAGNE (àRàGON.) 5lQ

cernent du douzième siècle , dit que Ram ire , qu'elle nomme MiloQ, fût ccorché vif par les infidèles; mais Ferreras le aie, fonde* sur le silence des écrivains espaguols du tems.

SANCHE-RAMIREZ, I" du nom, noi d'Aragow.

L'an i o65 , immédiatement après la mort de Ramire , Sjnciie , son fils, est proclame' roi. Héritier de la valeur de son père, il attaque, Fan io6*5, les Mabome'tans de son voisinage avec une bonne armée, qui fut grossie de quelques troupes françaises sous la conduite du duc d'Aquitaine, de celles de Hugues I«p, duc de Bourgogne, et de celles d'Ermengaud III , comte d'Urgel. Après avoir pris quelques châteaux, il va mettre le siège devant Balbastro. Les Musulmans viennent au secours de la place , eC sont repoussés. Ils reviennent à la charge , et livrent un nouveau combat , où le comte d'Urgel perd la vie. Malgré cet échec» le roi D. Sanche se rend maître de Balbastro. L'un de ses premiers soins fut d'en purifier la principale mosquée, après quoi il y transféra le siège épiscopal de Kliode. L'an 1076, Sanche s'empare du royaume de Navarre, qu'il réunit à l'Aragon, sans égard pour le droit des enfants de Sancbe IV. L'an 1080, il porte la guerre chez les Mabométans, et la fait avec succès cette année et les suivantes. Ce prince meurt, l'an 1094, le premier, ou selon d'autres , le 4 juin , d'un coup de flèche reçu devant Huesca , dont il faisait le siège. En mourant, il fit promettre à D. Pèdre , son fils , de ne point abandonner ce siège. Les Arabes mettent sa mort en l'année suivante , 488 de l'Hégire. De Fklicis , sa première épouse, fille d'Hilduin, comte de Rouci , qu'il avait épousée l'an io65, morte, suivant Surita , le i4 avril 1086, il laissa D. Pèdre, D. Alfbnse et D. Ramire. Ce dernier avait pris l'habit de bénédictin dans le monastère de Saint-Pons de Thomières. Sanche-Ramirez avait épousé en deuxièmes noces, vers l'an 1086, Philippe, fille de Guillaume IV, comte de Toulouse, dont il n'eut point d'enfants. Quelques auteurs disent qu'il abolit, en Aragon, les lois gothiques, et leur substitua les lois romaines.

D. PEDRE F'.

1094* D. PcbHe I", ou Pibbrb-S ancre , est proclamé roi dans le camp , aussitôt après la mort de Sanche , son père.* L'an 1095, assisté de Centule, comte de Bigorre, et d'autres seigneurs gascons, il emporte, le 5 avril, sur les Maures, I» ville d'Exisa, oà il fonde un monastère en conséquence d'un» vœu qu'il avait fait, pendant ce siège, à saint Géraud , abbé de

la Sauve-Majour en Guienne. (Martenne, Thés., anecd. T. I. col. 264-2G6. ) L'an 1096, il reprend le siège d'Huesca , défait, le 18 novembre, une nombreuse arme'e de Mahoinétans , auxquels sVtait joint le roi de Castille, dont ils étaient tributaires, et se rend muilre de la place le a5. Le pape y rétablit l'évêchc qui avait été transféré à Jacca. L'an 1100, D. Pedre, le 17 octobre , fait la conquête de Balbastro , avantage qui est suivi de la réduction de plusieurs places des environs. Les historiens espagnols disent que ce prince , dans un combat, abattit la tête à quatre rois maures, et de là vienuent , ajoutent-ils, les quatre tètes noires qu'on voit dans les armoiries d'Aragon. D. Pédre mourut le 28 septembre de Tan 11 04, ayant perdu peu auparavant D. Pedre, son fils, qu'il avait eu d'YoNÈs , ou Agnès, fille de Guillaume VI, comte de Poitiers, et d'Hildcgarde de Bourgogne , suivant la chronique de Maillezais. Le roi* D. Pedre avait aboli l'humiliante cérémonie du serment que les rois d'Aragon étaient obligés de prêter, tête nue , aux

Îneds du grand-justicier , qui , pendant qu'ils le prononçaient . eur tenait une épée nue appliquée contre la poitrine. D. Pedre aurait mieux fait d'abolir la charge même de grand-justicier, dont les prérogatives étaient telles qu'il pouvait rejeter les édils du roi, le citer lui-même devant les états -géueraux , et le faire déposer s'il touchait aux privilèges de la nation.

ALFONSE I", dit LE BATAILLEUR.

1104. Aifonse I«r, fils de Sanche et de la reine Félicie, succède à D. Pedre, son frère. Le grand nombre de combats livrés aux infidèles, et de victoires remportées sur eux par ce prince, lui ont fait donner le nom de Batailleur. L'an i 109, il épouse Uaraque, fille d' Aifonse VI, roi de Léon et de Castille, veuve de Raymond de Bourgogne, comte de Galice. La même année, après la mort de son beau-père, il se met en possession des états de ce prince .au nom de sa femme. L'an un, il ga^ne , à Cainpo de Espina, le 26 octobre, une bataille sur les partisans de la reine Urraque, qu'il avait répudiée à cause de sa hauteur et de sa mauvaise conduite. L'an 1114, au mois de janvier, il entreprend le siège de Saragosse avec le secours do plusieurs seigneurs français , du nombre desquels était Rotrou II , comte du Perche, qui le rendit maître de Tudela sur la fin d'août, et facilita par là le transport des vivres au camp de* assiégeants. Malgré cet avantage, Aifonse fut obligé d'abaudonuer son entreprise, et de la remettre à un autre lems. Il la reprit l'an 1118, et, après une graude victoire remportée le 18 décembre de cette aimée, près de Daroca, sur les ùifidèles,

t)E8 ROIS d'es^cne (àragon)* 5a I

il cuira victorieux dans Saragosse, qui lui ouvrit ses portes au hout de huit mois de siège. L'an 11 19, il établit sa cour dans cette ville, dont il distribua diii'erenls quartiers aux principaux seigneurs français et espagnols qui l'avaient accompagne' dan* son expédition. Alfonsc continue ses conquêtes sur les Maho— inrljns pendant le cours de celte campagne et de la suivante; mais d'un autre cote, il perd la plupart des places qui lui restaient en Castillc. L'an m5i , se voyant sans enfants, il lègue, par son tcsîamcut , ses royaumes aux deux ordres militaires de Saint-Jean de Jérusalem el du Temple : disposition qu'il confirma l'an 1 1 33. Ce testament n'eut cependant point lieu. (Voy. les Grands- Ma tires du Temple , art. «/'Hugues des Païens.) L'an 11 54, Alfonse, qui avait battu tant de fois les infidèles , est battu par eux, à sou tour, le 17 juillet, devant Fraga , dont il faisait le siège, et en meurt de chagrin le 7 septembre suivant. Les Aragonais et les Navarrois ne pouvant se réunir dans le choix d'un même souverain , en élurent chacun un, ce qui occasionna la désunion des deux royaumes, et de grandes guerres dans la suite. >

RAMIRE II, dit LE MOINE, roi d'Aragon.

1 134* Ramire II , troisième (ils de Sanchc-Ramirez , et frère d'Alfonsc le Batailleur , est élu roi par les Aragonais , qui le tirent de son monastère de Saint- Pons de Thomieres, dans le diocèse de Narbonue où il était prêtre et moine , et le placent sur le troue. On lit dans Mariana et dans le père d'Orléans cra'il avait aussi été abbé de Sahagun , puis évêque de Burgos , et de là transfère successivement sur les sièges de Pampelune et de Balbastro. Mais ce sont des faussetés , dit M. d'Hermilli, d'après le père Pagi, qui doivent être retranchées de l'histoire. Elles ont été néanmoins conservées , ajoute-t-il , par un auteur plus récent, comme de précieuses anecdotes. Il y en a encore bien d'autres de même aloi dans son indigeste compilation. Ramire épousa ensuite par dispense, à.ce qu'on prétend, d'Innocent II, ou plutôt d'Anaclet son rival , Agnès, fille de Guillaume IX , duc d'Aquitaine , dont il eut une fille , nommée Pétronille , en faveur de laquelle il abdiqua la couronne l'an 1 137. Richard de Cluni lui donne aussi un fils qui mourut , dit-il , en Poitou ; mais ce fils n'a point été connu des auteurs espagnols. Ramire, après son abdication, retourna dana son monastère , où il mourut le 16 août 1147. (Gesta Corn. Barcin. Roderic Tolet.) D'autres disent qu'il se retira parmi les clercs de Saint-Pierre d'Huesca. L'église deTarraçoue, se trouvant sans pasteur , Tan 1 1 37 , par la mort d'Oldcgaire, sou évêque, dans le teins que Ramire mé-

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