‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 13 sur 146 · LOUIS XI · texte numérisé non relu

LOUIS XI

i4f)î. Louis XI , né le 5 juillet ï4a5 , à Bourges , succéda , le 22 juillet 1461 , au roi Charles VII , son père. Avant de monter sur le trône, Louis s'était distingué par plusieurs expéditions. It

nvait fait diverses campagnes avec son père /et s'était trouvé à différents sièges. Mais le caractère inquiet, ambitieux, dissimule' de ce prince, donna beaucoup de chagrin à Charles VII , et avança le terme de ses jours. Nous avons parlé ci-dessus de ses révoltes. S'étant retiré, en i456, dans les états du duc de Bourgogne, il refusa opiniâtrement de revenir à la cour, malgré les vives et tendres sollicitations de son père. Ayant appris sa mort à Genap , en Brabant , il se rendit à Avesnçs , où il fit célébrer un service solennel des morts , auquel il assista, vêtu de noir. Mais d'abord après il se vêtit de pourpre , qui est la coxitume de France , dit Monstrelet , pource que sitôt comme le roi est mort y son fils plus prochain se vest de pourpre. Arrivé en France, Louis est sacré à Reims le i5 août \^6i , par 1 archevêque Juvcnal des Ursins. Au milieu de la cérémonie , le duc de Bourgogne s'étant jeté aux pieds du roi , le supplia de pardonner à ceux qui l'avaient offensé. Louis le promit ; mais il en excepta sept sans les nommer, se réservant ainsi le choix de ses victimes. Arrivé à Paris le 3r août, il commence par destir tuer tous les officiers du royaume. Le mécontentement général et les troubles que celte reforme excila , occasionnèrent des remontrances du parlement , sur lesquelles il décerna un édit , qui régla qu'à l'avenir nul état ne vaquerait , si ce riétait par mort , résignation et forfaiture. Jusqu'alors il fallait, a chaque changement de règne , que les officiers obtinssent du nouveau monarque des lettres de confirmation. Louis porta dans lemême lems les tailles jusqu'à trois millions, et punit sévèrement les séditions que cette augmentation excita. Le 27 novembre , les sollicitations du pape Pie II , et Tes intrigues de Jean Joufroi , cvêque d'Arras , rengagèrent à supprimer la Pragmatique-Sanction, que les gens de bien du roj aume, dît le grand Bossuet, reç ardaient comme le fondement de la discipliné de V église gai" licane. LVvêque d'Arras remit au pape , dans le mois de mars suivant , l'original de la Pragmatique, et reçut , dans la même audience , le chapeau de cardinal. Mais il oublia par affectation deux objets essentiels de sa mission , l'un d'engager le pape à favoriser les droits de René d'Anjou sur le royaume de Naples; l'autre de lui demander un légat en France , pour nommer aux bénéfices , afin d'empêcher l'argent de sortir du royaume : deux points que le pape avait fait espérer. Louis , voyant qu'il avait été trompé, ne se mit pas en peine de faire publier et enregistrer l'édit de révocation de la Pragmatique , de sorte que les choses restèrent à peu près dans le même état qu'elles étaient auparavant. Le 12 avril 1462, étant à Bordeaux, Louis prête une somme de 300 mille écus à Jean II , roi d'Aragon , usurpateur du royaume de Navajrc , pour l'aider à se maintenir

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contre les Navarrois , appuyés du roi de Castiîle. Jean lui céda pour cette somme le Roussillon et la Cerdagnc, en se réservant la faculté' du racnat. Au mois de juin suivant, Louis institua le parlement de Bordeaux par lettres données à Chinon. Ces lettres portent , tant <pî il plaira à notre volonté. JeanTudcrt, maître des requêtes , fut nomme premier président de cette cour souveraine.

^ L*an i/|65 . vers la fin d'avril , Louis a une entrevue sur U rivière de Bidassoa avec Henri IV , roi de Camille, qui l'avait pris pour arbitre de ses différent* avec le roi d'Aragon. Elle fut inutile ; les deux rois, au bout d'un quart-d'heure , se se'parè* rent mécontents l'un de l'autre. Louis avait choqué le castillan par son extérieur pins que négligé ; car il se me II oit si mal , dit Commincs , que pis ne pouvoit ; et Henri s'était attiré le mépris du monarque français par sa physionomie ignoble et son peu d espnt. De retour à Paris , Louis retire des mains du duc de Bourgogne , pour une somme de 400 mille écus d'or, les villes de Picardie qui lui avaient été cédées par le traité d'Arras.

L'an 1465 (N. S.) , le 4 janvier , mort de Charles , duc d'Or- Jeans , à Amboisc. -Elle fut occasionnée par les reproches sanglants que le roi lui avait faits quelques jours auparavant , dans une assemblée de seigneurs à. Tours , pour y avoir pris la défense du duc de Bretagne. Louis soupçonnait avec fondement ce dernier de tramer avec d'autres princes une conspiration contre lui. Elle éclata effectivement ta même année 1465 , et produisit la guerre du bien public, ainsi nommée , parce que le soulagement des peuples en était le prétexte. Les ducs de Cambre, de Bourbon, de Bretagne , celui deBcrrimême, Charles, frerc du roi , le duc de Nemours, les comtes de Charolais , de Danois , d'Armagnac, de Dammartin, et le maréchal de Lohéac.

autres seigneurs que Louis avait dépouillés de leurs emplois , furent les chefs de la ligue. Louis , apprenant à Poitiers qu'ils étaient en armes , se met à la tète d'environ quatorze mille hommes, entre dans le Bcrri, ramène à l'obéissance la plus grande partie de cette province , et soumet ensuite le Bourbonnais et l'Auvergne. De là il retourne en diticence vers Paris, pour empêcher la jonction du comte de Charolais et du duc de Bretagne. Peu de jours après son retour, on fît, par son ordre , un règlement utile pour la sûreté de la ville. Le mercredi* juillet , fut publié et fait savoir par les carrefours de Paris que en chascun hostel d[r celle ville y eut ( sur la fenêtre ) une lanterne et une chandelle ardente durant la nuit : que chascun ménage qui avoit chien y renfermas tan sa maison , et sur peiné 4e la hart, {Chron. Scand.) Depuis ce tems , chaque bourgeois.

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de Paris était oblige d'illuminer sa croisée , jusqu'à l'établissement des lanternes publiques. Le mardi 16 juillet , l'armc'e du comte de Charolais et celle du roi se rencontrent près de Montlhe'ri , et en viennent aux mains : le combat fut long et sanglant, et le succès douteux ; mais le cbainp de bataille resta aux Bourguignons. Dans le vrai, la victoire ne fut à personne, et cette jouruée ne décida de rien. L'effroi fut si grand parmi les fuyards de l'un et de l'autre partis t que , du côte de Louis , un oracier de marque s'enfuit jusqu'à Lusignan sans repaître , et du côte' «Je Charles , uu autre courut à bride abattue jusqu'au Qucsnoi- Ces deux , dit Commiues , n'eurent garde de se mordre. Les troupes des princes ligues se reunissent, pendant que le roi est occupé en Normandie à ramasser du secours. Elles s'avancent vers Paris au nombre de 5o mille hommes, parmi lesquels se trouvaient 5oo Suisses, que le duc de Calabre avait amenés. ( Ce sout les premiers qui soient passés en France. ) Le 17 août , les princes s emparent du pont de Charcnton. Le 24, Louis rentre dans Paris avec une si graude quantité de vivres , que , pendant un siège ou blocus d'environ trois mois que la ville eut è soutenir, elle ne manqua de rien. Traité de Conûans du 5 octobre , et de Saiut-Maur , du 29 , qui mirent fin' à la guerre du bien public. Par ces traités , dit Commiues, les princes butinèrent le monarque et le mirent au pillage. Comme le peuple y fut oublié , on appela la ligue des princes la ligue du mal pu* blic Le roi se conformant aux conseils de Sforce, duc de Milan, accorda, eu composant avec les rébelles , tout ce que l'on voulut, sauf à tenir ses engagements ou à les violer , selon l'état des affaires. 11 ne tarda point à se tirer des entraves qu'il s'était données. L'an i466*(N. S.) , aux mois de janvier et février, il reprend à main-année, en six semaines, la Normandie, qu'il n'avait cédée que malgré lui à son frère.

La cour de Rome pressait toujours la publication de PédiC qu'elle* avait obtenu du roi. J£n ce lems ( 1 466 ) , au mois de septembre , le roi bailla ses lettres à ùn légat venu de Rome* de pur le pape pour la rompture de la Pragmatique Sanction z lesquelles furent lues au Chastelet à Paris , sans y faire aucun contredit ou opposition. Et le premier octobre ensuivant , maître Jean de la Balue fut à la salle du Palais Royal à Paris , la cour du parlement vacant , pour illec aussi faire publier lesdites lettres , ou il trouva maistre Jean de Saint- Romain , procureur-général du roi nostre sire , qui formelle-' ment s'opposa à Veffet et exécution desdUes lettres , dont ledit Balue fut fort desplaisant} et pour cette cause , fit audit de Saint-Romain plusieurs menasses , en lui disant que le rof

n*en seroit point content, et quil le désapointeroit de son office : de quoi ledit Saint-Romain ne tint pas grand compte ; mais lui dit et respondit , que le roj' lui avoit baillé et donné ladite office, laquelle il tiendrohet exercer oit jusques au bon plaisir du rojr , et que quand son plaisir seroit de la lui oster , que faire le ppurroit ; mais quil estoit de tout délibéré et bien résolu de tout perdre avant de faire chose quifust contre son âme , ne dommage au royaume de France , et à In chose publique : et dit audit Balue qu'il dcvoit avoir grand' honte de poursuivre ladite expédition, ( ChroQ. de Louis XI , p. i36. )

Charles de France , lors de l'invasion faite de la Normandie par le roî , son frère , s'était retiré auprès du duc de Bretagne. Ce dernier, s'étant dévoué aux intérêts du jeune prince, fait irruption Tan 1467 , dans la Basse-Normandie, qu'il soumet toute entière , à l'exception de Saint-Lo , dont les habitants , excités par les exhortations et l'exemple d'une femme, firent la plus belle et la plus heureuse défense. Louis vole sur les lieux et chasse le duc de la plupart des places qu'il avait prises. Poui\ imposer silence à son frère , il assembla , l'au 1468, les étals généraux à Tours , au mois d'avril. Il y fut arrêté que la Normandie , étant inséparablement unie au domaine , ne pouvait en être séparée sous quelque prétexte que ce fût. Charles de Melun, seigneur de Nantouillcl, grand-maitre de France , était alors enfermé au Château-Gaillard , près d'Andeli , par ordre du roi, dont il avait été le favori. Le 20 août suivant, il eut la tête tranchée, par arrêt de la cour, pour crime de trahison et de lèse-majesté. Dans les aveux que lui arracha la torture , il avait beaucoup chargé le duc de Bretagne. Louis coutinuc d'agic contre ce prince , et l'oblige à faire la paix , qui fut signée le 10 septembre à Ancenis. Le traité qui eu renfermait les conditions , déplut fort au nouveau duc de Bourgogne , Charles, ci-devant comte de Charolais. Ce prince était déjà irrité contre le monarque , à l'occasion des traités de Conflans et de Saint-Maur , qu'il refusait d'exécuter. Louis, pour l'appaiser , se détermine , par Je conseil du cardinal Balue , son ministre , à l'aller trouver , * le 3 octobre , à Péronnc. Mais , à peine est-il arrivé , qu'on apprend , qu'à son instigation , les Liégeois se sont révoltés , ont surpris Tongres , arrêté leur évèquc, et commis de grandes cruautés. Le duc en fureur fait enfermer le roi vis-à-vis de cette même tour où Charles le Simple avait fini ses jours; il hésita même s'il ne porterait pas sa vengeance plus loin. Louis, pour se tirer de cette extrémité , sigue , le 14 , un traité, par lequel il s'engage à donner, la Champagne et la Brie à son frère. Le duc l'obligea de plus à se joindre à lui contre les Liégeois. Le

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dimanche 3o octobre, Liège est prise , abandonné an pillage, et réduite en cendres ; le tout à la vue du roi, qui a la bassesse d'applaudir au de'sastre de ses allies, et de donner les plus grandes louanges à la valeur du duc. Remis en liberté, Louis se rend à Senlis , où il mande le parlement et la chambre des comptes, pour leur faire part du traite' de Pe'ronne. A son retour dans la capitale , il entend tous les perroquets et autres oiseaux babillards, qui répètent, Péronne. ,Ce mot leur avait é!é appris par les Parisiens, dont le roi n'était pas aimé, pour se moquer du mauvais succès de ses finesses. Piquë de cette raillerie , il .croit s'en venger par l'ordonnance ridicule de faire mourir tous ces animaux. La France perd la même année le célèbre comte de Dunois , mort le 28 novembre, et enterre à Cleri. Sa postérité s'est conservée sous le nom de Longueville, jusqu'en 1672, e'poque de la mort du dernier duc de ce uom , tué au fameux passage du Rhin.

L'an 1469, Louis ouvre enfin les yeux sur les infidélités de deux prélats qui abusaient également de sa confiance, le cardinal Baluc, et Louis de Haraucourt, évèque de Verdun. Tous deux , arrêtés au commencement de mai , par ses ordres , sont convaincus de trahison. Le roi fit enfermer l'évêque à la Bastille, dans une cage longue et large de huit pieds , dont ce prélat était l'inventeur. Plusieurs , dit Commincs, Vont maudi depuis (de cette invention*) » et moi aussi en ai tdté. Le cardinal qui, dit un historien , réunissait tous les vices , excepté l'hypocrisie , fut transféré en diverses prisons , dont la dernière , suivant l'opinion commune , fut le château de Loches. Ils restèrent prisonniers , l'un, douze , l'autre quatorze ans. La division , qui était entretenue par ces deux hommes dangereux , cesse alors dans la famille royale, et Charles de France accepte la Guienue pour son apanage, au lieu de la Champagne et de la Brie qu'il avait demandées. Le premier août, Louis institue, dans le château d'\mboise, l'ordre ou chevalerie de Saint-Michel pour trente-six chevaliers , gentilshommes de nom et d'armes , sans reproche , dont nous serons l'un , dit le roi , chef et souverain en nostre vie , et après , nos successeurs rois de France ; et lesquels' frères et compagnons de l'ordre à Ventrée dice\uyy seront tenus de laisser tout autre ordre. La première promotion , faite en l'église des Cordeliers de cette ville , fut de quinze , au nombre desquels étaieu» Jeau et Louis de Bourbon , André et Louis de Laval , Georges de la Trémoille , Charles de Crus^ol , Antoine et Gilbert de Chabannes. Cet ordre, dit le P. Honoré de Sainte-Marie, fut célèbre sous quatTe rois ; mais étaul de-

venu vènaUet trop commun sous le règne de Henri II , les seigneurs ne voulurent plus y entrer.

La guerre, Pan 147 • » se rallume entre le roi et le duc de Bourgogne. Louis avait confisquë , dès l'année précédente , par «ne déclaration du 3 décembre, les terres du duc, en punition des mouvements qu'il se donnait pour exciter de nouveaux troubles. Cette guerre, dont le théâtre était en Picardie, ne fut qu'une guerre de chicane , et se termina par une trêve de trois mois , que le roi fit ensuite prolonger, en cédant quelques terres au duc.

L'an 1472 » le duc de Guienne termine ses jours à Bordeaux , le 28 mai. La plupart des modernes assurent qu'il mourut d'une pêche empoisonnée que lui présenta l'abbé de Sainl-Jcan-d'Angeli, son aumônier, et une partie d'entre eux ajoute que ce fut à l'instigation du roi. Mais on pourrait douter, dit le nouvel historien de Languedoc , s'il y avait alors des pêches en France. Quoi qu'il en soit, l'abbé fut arrêté comme coupable de la mort du prince, et mis dans les prisons de Nantes. On instruisit son procès y mais il fut trouvé mort la veille de son jugement ; ce qui confirma les soupçons du public, et contre le monarque et contre lui. Dès que Louis fut informé de la mort de son frère, il s'avança dans la Guienne qu'il réunit à la couronne. Ce fut alors qu'il rétablit à Bordeaux le parlement qVil avait transfère' à Poitiers , lorsqu'il céda la Guienne à son frère. De là , il passe avec cinquante mille hommes en Bretagne, pour détacher le duc de son alliance avec le duc de Bourgogne. Ce dernier , outré de colère, entre à main armée en Picardie, prend et brûle Kcsle , s'empare de Roye, et tente, le 27 juin, d'emporter d'emblée Beauvais j mais des femmes, à la tête desquelles était Jeanne Hachette , dont le vrai nom est Jeanne Laine , s'etant jointes à la garnison , obligèrent ce prince à lever le siège , le 10 juillet, après deux assauts. Louis, voulant reconnaître la valeur de ces amazones , ordonna qu'on ferait , à Beauvais , tous les ans, à pareil jour, une procession à laquelle les femmes auraient le pas sur les hommes, ainsi qu'à l'offertoire, et marcheraient immédiatement après le clergé , parce au en trèsgrande audace, constance et vertu de force largement , outre estimation de sexe féminin , elles mirent la main à la besogne, à V imitation des hommes , et leur furent en a) de. Le roi , de plus, maria Jeanne Lainé (elle était fille alors ) à Colin Pilou, et exempta de taille ses descendants; mais il ne paraîtrait point qu'elle en ait eu. Louis XI accorda aussi divers privilèges à la ville de Beauvais.

Pendant que ce monarque et le duc de Bourgogne continuent

de se faire la guerre en Normandie, en Champagne et en Bourgogne, le roi d'Aragon se rend maître de Perpignan et du comte' d'Armagnac, et s'empare de Lectçoirc, au moyen d'une trahison. Louis venait de conclure une trêve fort courte avec le duc de Bourgogne , lorsqu'il apprit ces nouvelles. Etant veuu à bout de la proroger, il fit partir, l'an 1473, le cardinal Joufroi , devenu cvêque d'Albi, afin d'assembler les milices des provinces méridionales , pour recouvrer l'importante place de Lcctourc. La ville est investie ; le comte d'Armagnac, qui s'y était enferme', permet au cardinal d'y entrer, pour traiter d'accommodement avec lui. On conclut un traité de paix avantageux au comte. Mais, le surlendemain, les troupes du roi e'tant entrées dans la ville, le comte, par ordre et en présence de Moutfaucon , l'un de leurs chefs , est poignarde' entre les bras dp sa femme; les habitants sont massacrés, la ville pillée et livrée aux flammes. Cet horrible événemeut est du 5 mars. L'armée française alla faire ensuite le siège de Perpignan. Louis s'y rendit en personne; mais la place fut si bien défendue par le roi d'Aragon , quoique â"é de soixante-seize ans , que les assiégeants furent obligés de se retirer. Les deux rois firent ensuite un accommodemeut; mais à peine est-il conclu, que les brouilleries de Louis et du duc de Bourgogne se renouvellent. Le roi prit alors un parti fort étrange : ce fut d'engager le légat André de Viterbe à fulminer, le i5 octobre, une bulle d'excommunication contre celui des deux princes qui refuserait la aix. Le parlement s'opposa fortement à l'enregistrement de cette ulle, en représentant les dangereuses conséquences qui résulteraient pour l'autorité du roi et les lois du royaume, de pareils moyens employés pour procurer la paix. Le 10 novembre, Louis ratifie, en présence des ambassadeurs d'Aragon, le traité de Perpignan : cet acte portait qu'il s'obligeait à rendre an roi d'Aragon le Roussillon et la Cerdagne , dès qu'il aurait reçu les sommes pour lesquelles ils avaient été engagés à la France. L'int"ntion de Louis n'était que de tromper le roi d'Aragon. Il faisait, dans le même tems qu'il traitait avec ce prince, des préparatifs secrets pour porter la guerre en Roussillon. Mais tandis qu'il est occnpé de ce dessein, il découvre une conspiration formée contre ses jours. Hardi, facteur d'Ithier, riche marchand , établi en Bourgogne , s'était chargé de l'empoisonner, moyennant une somme de cinquante mille écris, que son maître lui avait promise. Mais il fut déféré par deux fidèles domestiques de Louis, qu'il avait voulu mettre de la partie pour l'exécution de son crime. On l'arrêta, et il fut écartelé par arrêt du 'âo mars i474* Comme le salaire , dont l'appât l'avait séduit, excédait les facultés d'un particulier, on soupçonna le duc cîc Boi:r-

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go^ne d'être l'auteur de cette abominable intrigue. Mais on en demeura là.

Louis , environ quatre mois après la découverte de cette conspiration , fut informé, par le roi d'Ecosse, d'une autre , formée , le 25 juillet, par le roi d'Angleterre et le duc de Bourgogne, pour le détrôner. Sur cet avis , il travaille à se mettre en état de défense, et, pour tenir en échec le duc de Bourgogne, il conclut, le 26 octobre suivant, une alliance perpétuelle et une ligue offensive et défensive contre lui avec les huit cantons fuisses. (Ils n'étaient pas en plus grand nombre alors.) Ce traité a servi de base à tous ceux que les rois de France ont faits depuis avec les Suisses. Pour mieux duper néanmoins le duc, et lui inspirer plus de sécurité , le monarque français renferma dans lui-même la haine qu'il lui portait, durant l'armistice dont ils étaient convenus.

Les querelles interminables des Nominaux 'et des Réaux (les mêmes que celles des Thomistes et des Scotistcs ) faisaient alors un tel vacarme dans l'école de Paris , qu'elles dégénéraient presque en schisme. Louis, appréhendant cette extrémité, se déclara contre les premiers, et rendit, le premier mars ■ 4?5 (N. S. ), une ordonnance par laquelle il défendait la lecture de leurs écrits II fit plus ; afin d'assurer l'exécution de ce règlement, il fit clouer et enchainer dans les bibliothèques les écrits de ces subtils dialecticiens. Mais sept ans après (l'an 1481 ), il les fit déchaîner, et laissa le champ libre à la dispute.

Louis XI , dans le même teras , faisait filer des troupes dans le Roussillon . pour en chasser entièrement les Aragonais. Le i5 mars 1 4?5, Perpignan se rend aux Français, après s'être défendu jusqu'à l'extrémité. Les autres places de Roussillon se soumirent à l'exemple de la capitale. Louis, ayant appris celte nouvelle, fait savoir au cardinal d'Albi qu'il peut prendre pour lui les bénéfices de la province qui lui conviendront , lui recommandant de donner à des Français ceux qu'il ne prendra pas , et siljr a , ajoute t-il , quelque mauvais bénéfice par deçà , quil le promette (aux naturels du pays), et puis qu'il rien tienne rien, et qu'on laisse faire le roiy lequel jr remédiera bien,

La nouvelle trêve que Louis et le duc de Bourgogne avaient faite étant expirée, le roi s'avance en Picardie, et enlève au duc toutes les places qui lui appartiennent sur la Somme, tandis qu'il est occupé au siège de Nuits. De là, s'étant rendu à Rouen , il engage, le io juin, Guillaume de Chàlons, qui était alors son prisonnier, à lui céder la souveraineté d'Orange pour sa rançon, en relouant Us autres droits de cette principauté.

Le roi d'Angleterre n'avait pas oublié son alliance avec le duc de Bourgogne. Ayant fait débarquer ses troupes à Calais dans les mois de juin et de juillet, il vient se mettre à leur tète, et étale sur le rivage la plus belle armée que jamais les Anglais eussent fait passer en France. Mais le duc de Bourgogne, toujours occupé au siège de Nuits, lui ayant manque' de parole , il fait avec Louis, le 29 août, par ses députes, une trêve de neuf ans, moyennant la somme de soixante - douze mille écus, et une

Ï>cnsion de cinquante mille, que le roi de France s'engage à ni payer. Les deux rois se virent le même jour et conférèrent ensemble sur le pont de Péquigni , dans une loge partagée par de gros treillis de bois, dont les ouvertures étaient assez grandes pour passer le bras, comme Von fait, dit Commines, aux cages des lions. La Chronique Scandaleuse, faisant le récit de cette entrevue , dit que le monarque anglais mit trois fois le genou en terre cri abordant le roi de France , qui le fit béniçnement relever ; circonstance remarquable. Le duc de Bourgogne u'ayant plus d'espérance d'être soutenu des Anglais , songe alors à faire son accommodement avec le roi qui n'en était pas éloigné. Ces deux princes s'étant rendus à Soleure , en Luxembourg , y font un traité par lequel ils se sacrifient réciproquement et indifféremment leurs amis et leurs ennemis. Le connétable de S. Pol, odieux au roi depuis long-tems pour ses trahisons , devint une des victimes de ce traité. Il fut livré au monarque par le duc , auprès duquel il s'était réfugié. Maître de sa personue , Louis jura Pasques-Dieu (c'était son jurement) qu'il le ferait mourir, quoiqu'il en pût arriver , et il tint parole. Le connétable fut conduit à la Bastijlc le 27 novembre. On instruisit son procès ; et par arrêt du parlement il fut décapité le 19 de'cembre 1 47^» : digue punition d'une vie qui n'avait été qu'un tissu de fourberies et de noires intrigues, [f^oy. Louis, comte de Saint- Pol). Dans l'intervalle d'un an et un peu plus , la mort délivra Loîîis d'un ennemi bien plus puissant et plus dangereux que le connétable dont ii s'était défait. Nous voulons parter de Charles , duc de Bourgogne, tué le 5 janvier 1477 au siège de Nanci. Louis, à la nouvelle de cet événement, se met en devoir de s'emparer de toute la succession de ce prince. Il commence par le duché de Bourgogne. L'évêque de Langrcs et deux conseillers au parlement sont envoyés avec uue armée de sept cents lances, pour aller prendre possession de cette province en son nom. La chose souffrit peu de difficulté , parce que c'était une loi établie eu France depuis long-tems que les apanages étaient réversibles à la couronne, au défaut d'enfants mâles de ceux qui les possédaieut. (la Bourgogne erpeudant ne parait pas avoir été donnée sur ce pied a Philippe le Hardi. ) Ou douta scu-

IIO CHRONOLOGIE H1STOK1QLE

lement quelques jours en Bourgogne de la mort de Charles. Enfin, le janvier , les e'tafs assemble's promirent et jurèrent obéissance au roi. Louis cependant, à la tète d'une autre armée, faisait rentrer sous son obéissance les villes de Picardie qui avaient appartenu au dnc. Delà il s'avance dans l'Artois , que 1rs députés de Marie, fdle et héritière de Charles , lui avaient déjà cédé , sur l'espérance qu'il leur donna de marier cette

Srinccsse avec le dauphin. Etant à Arras, il établit, par lettres u 18 mars, un parlement dans les deux Bourgognes, dont les séances devaient être alternativement à Dijon, pour le duché', et à Dole, pour le comté. Mais les conjonctures firent suspendre l'exécution de ce prcjet jusqu'en 1480. Le roi Charles VU! réunit en 1 483 ce parlement à celui de Paris, et le rétablit en i486, à la demande des états. Mais, l'an 1 4S9 , après le traité fait avec l'archiduc Maximilien, il en restreignit le ressort au duché de Bourgogne.

Reprenons les guerres de Louis XI dans les Pays-Bas. Maître de l'Artois, il tourna vers Cambrai , qui lui ouvrit ses portes t tandis qu'Olivier le Daim , son barbier et sou favori , qu'il avait fait comte de Meulent , le mettait en possession de Tournai. Cette conquête fut l'effet d'une surprise concertée par le Daim avec les principaux bourgeois. Le Hainant subit ensuite les lois du monarque. Les Flamands , alarmés des progrès des armes françaises , cherchent les moyens de les arrêter. Ils appellent à leur secours Adolphe , duc de Gueldre , avec promesse de lui faire épouser leur souveraine . s'il peut chasser les Français de Tournai. Mais Adolphe ne fut pas heureux : il fut battu , et >érit dans un combat que Mouy , général français , lui livra le 28 uin. Deux jours après Mony gagne une nouvelle bataille sur es Flamands. La mort d'Adolphe toutefois ne favorisa pas les vues du roi de France. Ce fut au contraire un obstacle de moins pour le mariage projeté par l'empereur Frédéric III, entre son fils Maximilien , et l'héritière de Bourgogne. Louis fit d'inutiles efforts pour empêcher cette alliance. Eilc fut conclue maigre' lui , et MaximittVii épousa la duchesse Marie, le 18 août 1 477 » dans la ville de Gand. Louis, qnelqnes jours avant cet événement si funeste à la France, l'avait effrayée par un de ces exemples de sévérité que les circonstances peuvent rendre nécessaires, mais dont l'effet est toujours douloureux et terrible. Ce fut le supplice de Jacques d'Armagnac , duc de Némonrset comte de la M jrche , qu'il fit décapiter le 4 août , par arrêt du

Ï>arlement, comme coupable du crime de lèse-majesté ( Voyez es comtes de la Marche.).

Le mariage de Marie de Bourgogne ayant trompé la politique

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PFS KOÏS DE FRANCK*

de ce monarque , ne le déconcerta point. Pour donner une ajfyarencc de justice à l'usurpation qu'il avait faite d'une partie de l'héritage de cette princesse , et à celle qu'il se proposait d'en Taire encore par la suite, il fait commencer, le 11 mai 1478» des proce'dures juridiques contre L rne'moire du feu duc de Uourgogne , afin , qu'étant convaincu de félonie et de lèse-majesté , sa succession puisse être légitimement confisquée au profit de la couronne. Pendant le cours de cet étrange procès , il continue ses conquêtes en personne et par ses généraux. Mais bientôt il les interrompt , et s'en dessaisit même par une trêve d'un an , faite à Bouvines . dans le mois de juin, avec Maximilien. La guerre se rallume, au mois d'avril 1479 , entre ces deux princes. Chaumont d'Amboise , envoyé par Louis dans le comté de Bourgogne avec une armée , soumet toute la province dans une campagne. Maximilien , pour faire diversion , assiège vers la fin de juillet Téroucnne , a ta tête de vingt-huit mille hommes. Des Querdes , gouverneur de Picardie, marche au secours de la place. Les deux armées en viennent à une bataille , le 4 août, au pied de la montagne de Guinegâte. Des Querdes défait et poursuit la cavalerie flamande jusque sur les fossés d'Aire ; mais son infanterie , qu'il avait imprudemment abandonnée, fut attaquée dans le même tems, et mise en déroule par Maximilien. Ce prince ne put néanmoins continuer le siège de Téroucnue. L'an 1480, trêve conclue entre Louis et Maximilieu , pendant le cours de laquelle on tient à Arras cl à Lille des conférences pour la paix, où l'on cherche de part et d'autre à se tromper. Ils vous mentent bien , mandait Louis à ses plénipotentiaires , meniez bien aussi. Voici quelques autres événements remarquables de fa même année. Le dauphin étant tombé dangereusement malade au château d'Amboise , où il était élevé , Louis établit une poste sur la route de cette ville , pour avoir proinplemcnl et régulièremeut des nouvelles de son fils , et bientôt après il en établit sur toutes les grandes roules du royaume. Mais elles ne servirent, Jusqu'en i65o, que pour les affaires du roi et celles du pape. Depuis cette époque , chargées des lettre? des particuliers , elles sont devenues une des principales branches des revenus de la couronne , au lieu qu'auparavant elles étaient une charge pour l'état. Louis réunit, au mois d'octobre , le duché d'Anjou à la couronne. Il transféra de Dôle à Salins le parlement du comté de Bourgogne , et établit à Dijon un hôtel des monnaies- Le cardinal balue et l'évêque de Verdun étaient toujours en prison. Le légat Julien , neveu de Sixte IV, sut inspirer au roi des scrupules sur cette double détention. Le cardinal , quoique le plus coupable des deux, fut délivré aussitôt, et envoyé au pape , qui le reçut

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honorablement Mais l'évêquc r>'obtint sa liberté' que deux ans après, encore fut-ce à condition qu'il permuterait son évêcké contre celui de Vintimille. (Roussel , Hist. de L'Egl, de Verdun.}

Jusqu'en 1481 , Louis avait joui d'une bonne santé. Mais cette annëe, au retour d'un voyage de Normandie, il eut, à Plessislès-Tours , une attaque d'apoplexie (d'autres disent d'épilepsie), qui le jeta dans un état de langueur dont il ne put se bien rétablir. A mesure qu'il sentait diminuer ses forces , il devint ombrageux , craignant qu'on ne prit prétexte de l'affaiblissement de sa tête pour lui ôter le gouvernement. Il prouva néanmoins cette année qu'il était encore capable de suivre des affaires épineuses, par les conquêtes qu'il fit en Artois , et par l'adresse qu'il eut d'engager Charles III , comte de Provence et du Maine, à l'instituer son héritier universel. (Voyez les comtes de Provence et du Maine, )

Dans le tems qu'il tomba malade à Tours , du Bouchage et Commines avaient fait vœu pour lui d'aller en pèlerinage à Saint-Claude. L'an 1482, il se met en route pour acquitter l'engagement qu'ils avaient pris en son nom. Marie de Bourgogne, étant morte pendant ce voyage, les Gantais se saisissent de ]\Iarguerile et de Philippe , ses enfants , au mépris de Maximilien, leur père. Ayant contraint ce prince à négocier la paix avec la France, ils arrêtèrent avec les plénipotentiaires des deux puissances, le mariage de Marguerite, qui n'avait que trois ans, et du dauphin , qui en avait douze, par le traite d'Arras , signé le 23 décembre , et ratifié par Louis le 22 janvier suivant. Tous les princes et les grands du royaume scellèrent de leur sceau cet acte, avec un serment affreux , par, lequel ils s'engageaient à ne plus reconnaître l'autorité du souverain, et à cesser de lui obéir, s'il en violait les conditions Marguerite fut amenée en France , et fiancée au château d'Amboisc, le 25 j uin. Elle eut pour sa dot les comtés de Bourgogne, d'Artois, d'Auxerrois , de Maçonnais et de Charolois > le mariage toutefois , comme on le verra par la suite , n'eut pas hft. Louis, n'ayant rapporté de son pèlerinage aucun soulagement corporel , avait fait venir de Calabre un saint ermite, nommé François de Paule (1) , dans l'espérance de recouvrer la santé par ses prières. Arrivé , le 24

(0 François de Paule avait une soeur nommée Brigidc, dont le fils , André d' A les so , ne de son mariage avec .'moine d'Alo*o, gentilhomme catabrois, accompagna son onde en France où il » 'établit , et devint la tige des maisons d'Alt- >o . de ( haillon , d'Eauboune , d'Ormesson , de Cour celle», etc , uui ont tenics t i>' distinguées par de grondes charge*, surtout dans la robe. Flics font encore gloire aujourd'hui d appartenir a la maison de S. François de Taule.

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avril i/fôz » an château du Plessis-lès-Tours , où demeurait le roi, l'homme de Dieu mit son principal soin à l'exhorter de mettre ordre aux affaires de sa conscience. Louis profita peu des avis qnfii lui donna. Le dépérissemeut continuel de sa santé le rendait de plus en plus soupçonneux et défiant. Pour 5e rendre inaccessible , il fît poser des pieux de fer sur les murs et des grilles aux fenêtres du château ; mais en même tems , pour faire sentir sa pre'scnce à ses ennemis , ou à ceux qu'il jugeait tels # il fit planter à l'entour des gibets et des carcans , où il faisait at-

dc haine et de vengeance , et par les remords de sa conscience, il entremêlait ses ordres sanguinaires de prières adressées aux saints , dont il avait fait venir des reliques de toute part. Mais pourquoi les invoquait-il? Un jour son aumônier lui récitait une oraison par laquelle on demandait la saute' de l'àme et du corps» // ne faut pas, lui dit-il, demander tant de choses à la fois- Bornons-nou$tà la sauté du corps ; l'un viendra après Vautre* Voilà l'objet exclusif de ses prières. Tel était aussi celui des offrandes sans nombre qu'il envoyait dans toutes les ëglises ou il avait odi dire qu'on obtenait la guérison des maladies* Ayant obtenu du pape le Corporal sur leyuel chantait monseigneur saint Pierre, il lui céda eu reconnaissance les comtes de Die et de Valence , sur lesquels l'église romaine réclamait d'anciennes prétentions. ( Comnnres. ) Chose néanmoins remarquable, au milieu du trouble dont son àmc était agitée , il ne perdit point de vue les intérêts de l'état. Il prévit les désordres que pourrait occasionner la minorité de son successeur, et il y pourvut , autant qne la prudence humaine pouvait le permettre. Enfin , il mourut, le 3o àoùt 1483, dans la soixantième année de sou âge , et la vingt-troisième de son règne. Son corps , comme il l'avait désiré , fut transporté à Notre-Dame de Cléri. L'année qui précéda celle de sa mort , étant allé voir le dauphin , qu'il tenait éloigné de sa présence, et comme séquestré du commerce des hommes , au château d'Amboisc , il lui donna une ample instruction, écrite de sa main , sur les devoirs des princes. Pour la préserver de l'injure du tems, il eut soin de la faire en régis*» trer au parlement ; c'est presque la seule attention qu'il ait donnée à l'éducation de ce prince. « La nature , dit M. Ro~ » bertson , avait formé Louis pour être un tyran. En quelque 9 teins que le sort l'eût fait monter sur le trône , il eut signalé » son règne par des projets pour opprimer son peuple , et se » rendre absolu. Kusé, cruel, dépourvu 4c seusibililé, étranger

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