‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 14 sur 146 · VI. i · texte numérisé non relu

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Il4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

» à tout priucïpc de justice, sans aucune idée de décence , il p dédaignait tontes les contraintes que le sentiment de l'hon- » nenr, ou le désir de la gloire impose même aux hommei » ambitieux. Habile eu même teins à démêler son véritable « intérêt , et n'étant guide que par ce seul objet, il était capable » de le poursuivre avec une ardeur opiniâtre , et de s'y attacher * avec un esprit systématique que rien ne pouvait distraire f » qu'aucun péri) uc pouvait arrêter. » 11 faut néanmoins lui rendre la justice de dire qu'il avait d'excellentes vues politiques. Il est en effet le premier de nos rois T depuis Cbarlemagne , qui ait jugé le commerce et l'industrie dignes de son attention. "Voyant que les manufactures étrangères attiraient l'argent du royaume sans retour , il appela des ouvriers de Grèce et d'Italie en France, pour y fabriquer des étoffes précieuses ; et pour les y fixer et les encourager au travail , il les exempta de tous droits et impôts , ainsi que les Français qui se formèrent sous eux. Il assura la tranquillité publique par la sévérité avec laquelle il punit les voleurs et les brigands. En humiliant les grands , il tira le peuple de l'esclavage où ils le tenaient , et se délivra luimême des entraves que leurs ancêtres avaient données à ses prédécesseurs ; ce qui a fait dire qu'il avait mis les rois hors . de pages. II avait pris pour devise cette maxime de l'empereur Tibère : Qui neseil dissimulare , nescit regnare. Il l'avait souvent à la bouche , et il ne voulait pas que l'on apprit à son fils d'autre latin que ces cinq mots. Mais à force de la répéter, comme le marque Duclos , il pouvait en perdre le fruit. On rapporte de lui une autre maxime plus honnête , qu'on peut dire précieuse, et que les particuliers, ainsi que les rois , ne doivent jamais oublier. Quand orgueil, disait-il , chemine devant y honte et dommage suivent de près. Quoiqu'il ne fit pas grand cas de l'érudition , les lettres néanmoins ne lui étaient nullement étrangères. Il est même assez généralement regardé comme l'auteur de deux ouvrages , qui ont eu dans leur tems une célébrité qu'ils n'ont pas entièrement perdue dans le nôtre. Le premier ; qu'il composa étant dauphin , pendant sa retraite aux Pays-Bas, est un recueil de contes, intitulé : Les Cent Nouvelles Nouvelles , fait à l'imitation du Décaméron de Bocace , et plu» sieurs fois réimprimé^ sur quoi nous renvoyons à la Bibliothèque des Romans , juillet 1775. Le second est le Rosier des Guerres, ouvrage composé en 1470 , et divisé en deux parties, dont ou

ficut voir une notice aussi agréable qu'instructive dans le voumc E , pp. 22 et 25 , des Mélanges tirés d'une grande Bibliothèque. Louis XI avait épousé , i°. le 24 juin 14^6, Marguerite , fille de Jacques , roi d'Ecosse, morte sans enfants , It 16 août i/j !4, princesse digne d'un meilleur époux. 11 la

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rendît si malheureuse , qu'à l'âge de vingt-six ans , déjà lasse de vivre, elle dit en mourant : Fi de la vie, qu'on ne m* en parle plus. Son corps fut découvert à Thouars, en 1775, dans l'église de l'abbaye de Saiut-Laon , enfermé dans un cercueil de plomb ; 2*. Louis se remaria en mars i45i , avec Charlotte, fille de Louis, duc de Savoie, dont il eut trois fils et trois filles j Charles, qui suit; Anne, mariée à Pierre de Bourbon , sire de Beaujcu ; et Jeanne , femme de Louis , duc d'Orléans , depuis roi de France , sont les seuls qui lui survécurent. La reine Charlotte , leur mère , décéda le premier décembre 1 433 , au château d'Araboise, à l'âge do trente-huit ans , et fut inhumée à Notre-Dame de Cléri.

Quoique plusieurs rois de France , prédécesseurs de Louis XI, eussent été appelés du nom de Très-Chrétien par les papes et le clergé de France, c'est néanmoins dans la personne de ce prince , et sous le pontificat de Paul II , comme on l'a dit à l'article de ce pape, que le titre de Très-Chrétien est devenu une expression de formule dans les lettres apostoliques , et la qualification propre de nos rois. Ce fut aussi du tems de Louis Xi que Yon commença à donner aux rois le titre de majesté, peu connu jusqu'alors. Ce prince avait une superstition singulière : il ne voulait pas prêter serment sur la croix de Sainl-Lô d'Angers , parce que oc son tems, suivant une vieille croyance, ceux qui violaient ce serment, mouraient misérablement dans Tannée. Ses ennemis profitèrent plus d'une fois de la bizarrerie de cette opinion , et découvrirent par là ce qu'il avait de plus caché dans l'âme. On n'avait qu'à exiger de lui qu'il jurât par la croix de Saint-Lô ; s'il le refusait , ses propositions et ses offres n'étaient pas sincères. Au commencement de son règne , les hommes , dit Monstrelet , se prindrent à se vêtir plus court quils n'eurent onc fait, tellement qne Von véoit la façon de leurs corps..,, et si faisoient les manches fendre de leurs robes et de leurs pourpoints , pour montrer leurs chemises déliées , larges et blanches; portaient aussi leurs cheveux si longs , qu'ils leur cachotent le visage , et sur leurs têtes portoient bonnets de drap hauts et longs d'un quartier ou plus.... et qui étoit hui court vêtu , il êtoit le lendemain vêtu jusqu'à terre.

L'imprimerie s'établit en France sous le règne de Louis XT. Ver* l'an 1470, Ulric Gering, Martin Rrantz et Michel Friburger, imprimeurs de Mayence, vinrent exercer leur art à Paris , attirés par Guillaume Ficher et Jean de la Pierre , docteurs en théologie. Ils se logèrent dans le collège de Sorbonne , où ils formèrent leur premier établissement. Les livres étaient si rares alors, que , Louis XI , empruntant de la faculté de médecine

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CHRONOLOGIE HfSTOMQ&fc

à Paris, tes oeuvres de Rasés , médecin arabe , non seulement déposa en gage une quantité* considérable de vaisselle d'arpent , mais encore fut oblige de nommer pour caution un seigneur p dans l'acte par lequel il s'engageait à rendre ce livre à la faculté.

C'est aussi sous le règne de ce prince qu'on vit les premières manufactures de soieries en France. Elles furent établies à Tour» l'an i/|7o, sous la conduite de quelques ouvriers qu'on appela 4c Venise , de Gênes et de Florence.

Louis XI , en 1472 , ordonna qu'on sonnât tous les jours la cloche à midi , qu'alors tout le monde mit uu genou en terre et récitât trois fois VAve Maria.

Le marc d'argent était sous <cc règne à dix livres.

Jusqu'au règne de Louis XI , l'art d'extraire du corps humain la pierre qui s'engendre dans les reins, était inconnu en France, quoiqu'on ait des preuves qu'au dixième siècle il était pratiqué dans les Pays-Bas, comme nous le ferons voir à l'article d'Arnoul le Mauvais, comte de Flandre. «L'an i474» un archer » originaire de Mcudou , travaillé de celte maladie , fut con- » damné pour plusieurs vols à être pendu au gibet de Mont- » faucon. Les médecins cl les chirurgiens de Paris représentèrent » au roi qu'un grand nombre de personnes de tous états , et » spécialement M. du Bouchage, étant tourmentés de la même » maladie que cet archer, il serait expédient de tenter sur un, » homme déjà condamné à mort, une expérience qui tournerait » au profit de la société. Le roi accorda là requête j l'opération, 9 fut si heureuse, qu'au bout de quinze jours l'archer se trouva » parfaitement guéri. Le roi lui accorda non seulement sa grâce, » ruais il lui donna une gratification». ( M. l'abbé Garuicr, Hti** toii e de France. )

année, pour appaiserleduc d'Orléans, elle lui fait expédier d'An> boise, où la cour resta cuviron six semaines, des lettres-patentes de gouverneur etucuAejuwlgénéral de Paris t de Plia de France»

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