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que V agresseur naît la téie cassée dès la première. Charles prît a la vérité Fossano le 6 juillet , après un mois de sîc'ge. Mais ayant en la témérité d'entrer en Provence contre f avis «le son conseil , les échecs multipliés qu'il y re£ut , lui apprirent que la route de Paris n'était pas si aplanie pour lui qu'il se l'était imaginé Bref , il fnt obligé de rebrousser chemin avec les débris de son armée, que le sage Montmorenci avait trouvé moyen de ruiner sans engager aucune bataille. (Voy. les empereurs.) Charles » avec For et l'argent qu'il tirait du nouveau monde > est obligé de grever ses peuples pour fournir à l'entretien de ses troupes. L'an i558 (et non lôSt), comme le marque Robertson), ayant assemblé a Tolède les Cortes ou états-généraux de Castille et de Léon , il sollicite avec instance leur consentement pour établir un impôt sur les comestibles. La noblesse s'y oppose , alléguant ses pnvi-. léges qui l'exemptent de payer aucune taxe. Charles congédia les états , le cœur plein d'indignation. Depuis cette époque , ni les nobles > ni les prélats , n'ont plus été appelés à ces assemblées , comme leur étant étrangères par leur objet principal qui est le règlement des impôts , et les seuls représentants des villes y ont étej admis. Les autres états de Charles n'étaient pas plus disposés, que l'Espagne a lui accorder de nouveaux subsides. L'ao i53p a les Gantois se révoltent coutre Marie , reine-douairière de Hongrie et gouvernante des Pays-Bas , à l'o.ccasion des taxes «qu'elle Bvait mises sur les villes de Flandre. Charles s'étant rendu sur les lieux, après avoir traversé la France,. le 24 février i5/fO , châtie les rebelles par un ^grosse amende , et change la forme de leur gouvernement municipal.
Les corsaires d'Afrique infestaient les côtes d'Italie et d*Eaaa~ gne, qu'ils tenaient dans de continuelles alarmes. Charles , Pan 1 541 , fait armer une flotte considérable pour leur donner (a chasse. Le fameux pirate Dragut ayant fait une descente en Corse, est pris avec tous les gens de sa suite par Jannctin Doria, neveu du fameux André. Celui-ci, accompagné de Ferdinand Gonzague, s'étant rendu avec ses galères aux côtes de Barbarie , y soumet plusieurs places. L'empereur, encouragé par ces succès , entreprend , contre l'avis d'André Doria et du marquis du Guast , le siège d'Alger qu'il commence en personne le ai octobre , et qu'il est obligé d'abandonner sur la fin de novembre , après y avoir perdu beaucoup de monde. André Doria, là terreur des corsaires , éprouva lui-même , quelques années après , la vicissitude du sort des armes. L'an i552, il est battu , pour la pre-: mière fois , devant Naples , par Dragut qui , après avoir ravagé la Sicile , menaçait d'assiéger cette ville par mer. Un faux avis engagea le vainqueur à renoncer à son dessein, et délivra Naples, de sa frayeur*
DES ROTS d'eSPAONE (cASTtLLE ET ARAGON.) 5g5
T,a foule innombrable des occupations qui résultaient de la multitude des différents e'tats que Charles avait à gouverner f tenait ce priucc continuellement en haleine. L'an 1 555 » use' par les fatignes avant l'âge de la vieillesse, il songé à se procurer du repos par la retraite. Dans ce dessein, ayant fait venir à Bruxelles Philippe , son fiïs , qu'il avait marie* , l'année prëcédcnte , en secondes noces, a Marie, reine d'Angleterre, il lui remet solennellement ses états héréditaires des Pays-Bas, le a5 octobre , en présence de Marre , rcine-dounirière de Hongrie, sa sœur , et d'un grand cortège de grands d'Espagne et des princes de l'empire. Toute l'assemblée fondit en larmes au discours que Charïes tint à son fils en celte occasion. ' f .'année suivante Charles abdique pareillement la couronne d'Espagne eu faveur de ce prince. L'acte d'abdication , rapporté par Sandoval , est daté du 1 6 janvier; mais Charles, selon Muratori, ne le rendit public quelle 5 février suivant. Philippe ne fut proclamé roi de Castil le , rte. que le 24 mars de la même année , et jusqu'alors il s'abstint d'en prendre le titre. Le 7 septembre suivant, Charles envoie à Ferdinand, son frère. , les ornements impériaux, avec sa renonciation à l'empire. Il s'embarque à Flessingue , dix jours après ,
Ï»our l'Espagne, accompagné de ses sœurs , Marie, douairière de Jongric, et Eléonore de France. Pour dire au monde un plein adieu , le 24 février i55y il se relire au mouastère de Sâiut-Just» dans l'Eslramadoure , ue retenant auprès de lui que douze domestiques. Ce fut là qu'il goûta les délices de la vie privée, partageant son loisir entre les exercices du cloître, la culture d'un jardin dont il avait tracé lui-même le plan , et des expériences de mécanique. On prétend néanmoins que la \ariété de ces occupations paisibles ne le garantit pas toujours de l'ennui , et <jue plus d'une fois il marqua du regret d'avoir quitte le tronc. Quoi qu'il en soit, il finit son rôle par une scène bien singulière. Résolu de célébrer ses propres obsèques avant sa mort , il fit dresser uu catafalque dans l'église , et s'y rendit en procession funéraire, enveloppé d'un linceul et suivi de ses domestiques portant des cierges noirs. On l'étcndit ensuite dans labierrc, après quoi l'on chanta l'office des morts , lui-même joignant sa voix au chant du clergé, et mêlant ses larmes à celles que répandaient les assistants, comme s'ils avaient célébré de véritables funérailles. Après l'absoute et l'eau bénite jetée sur le cercueil , il retourna dans son appartement. Une fièvre violente, qui le saisit la nuit suivante , 1 emporta au bout de quelques jours , le 21 septembre: 1 55S, à l'âge de cinquante-neuf ans, six mois et vingtaepl jours , dans la quarante- unième année de sou règne en Espagne. Charles avait épousé , le 10 janvier 026, Ei.isibetii, liile d'kmm uiuel ♦ roi de Portugal (uée le 4 octobre i5o3 , morte le premier mai
5g6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
1559), dont il eut Philippe II , son successeur , et deux princesses , Mnric, femme de l'archiduc Maximilien , depuis empereur , et Jeanne , mariée à Jean , prince de Portugal , morte en 1578: il avait eu de Marguerite de Vangest, une de ses maîtresses, Marguerite d'Autriche , marie'e , i°, l'an i555, à Alexandre de Médicis , duc d'Urbin , ensuite à Octave Farnèse , duc de Parme cl de Plaisance. Il eut encore , Tan 1 54^ , d'une autre maîtresse , le célèbre D. Juan d'Autriche. Charles V est le premier roi d'Espagne qui ait été quali/ic de majesté' , encore ne Jut-ce qu'après' qu'il eut été élevé à l'empire. ( Voy. Charlcs- ÇJuint , entpei eur. )