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par sentence du Châlelct. Tel était le caractère de ce prince de ne pouvoir se contenir dans les bornes de la modération.
Le roi cependant se disposait à porter la guerre dans le Milanais pour venger la mort de Merveille , sou ambassadeur secret auprès du due de Milan, qui l'avait fait décapiter sous un faux prétexte , mais dans le vrai parla craiute qu'il avait de se reudre suspect à l'empereur. La même appréhension saisit le duc de Savoie, oncle du roi, et le porte a refuser le passage à notre armée commandée par l'amiral Chabot et le comte de Saint -Pol, qui devaient passer sur ses terres. Le monarque ordonne à ses généraux de forcer cet obstacle , et se rend à Lyon pour les appuyer. I/exécution de cet ordre éprouva peu de résistance. Nos troupes, dans la même campagne , soumirent toute la Savoie et presque entièrement le Piémont. Mais le duc de Milan étant mort dans ces entrefaites (le 24 octobre 1 535 ) , le roi fait revenir la plus grande partie de son armée , et ne garde de conquête que Turin , Fossano et Coni.
Il y eut un vide celte année dans le ministère de France , par la mort du chaticelier du Prat, archevêque de Sens , arrive'e Je tj juillet dans son château de Nanlouillet. Son corps fut transporte dans sa cathédrale , où il n'avait jamais mis le pied durant sa vie. Du Prat avait amasse des richesses immenses avec lesquelles il complaît acquérir la papauté. Aussitôt qu'il fut décède, le roi , voulant partager sa dépouille , fil un emprunt forcé de cent mille écus à ses héritiers. Ce fut à cette occasion que Ton lit l'allusion si connue : Sat prala biberunt (1).
La France vers ce tems vit paraître un nouvel hérésiarque dans la personne de Jean Calvin, itaiit le vrai nom était Chauvin, fré , l'an i5ocj, de Gérard Chauvin , tonnelier et procureur fiscal de l'évêque de Noyon , il avait à pciuc vingt-six ans, qu'il se mit à dogmatiser sur un plan qui ditférait de la doctrine de Luther, principalement en ce qu'il niait non-seulement, comme lui, la transsubstantiation, mais la présence réelle dans le sacrement de l'autel, abolissait la hiérarchie, et supprimait toutes les cérémonies de l'église comme des superstitions. Son livre
(1) Du Prat avait tait bàiir une salle a l' H Al ci- Dieu , qu'on nomme encore la salle du J^egat. Il faut qu'elle toit hieu grande , dit le roi, s'il veut y renier nier tous le* malheureux qu'il a faits.
Le titre des crus d'or au soleil (rn i5->q) était a <*?, carats, et leur taille de 71 lc an marc. Ainsi les deux million* d'écm d'or qu'on donna pour la lançon des ileux tiU de France font u8, io3 marcs 12 y q„i t à raison de -(J4 !. 1 s. C d. que vaut l'or a i3 carats aujourd'hui, produisent oa, 5i5, q/>5 I. i s.
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des Institutions Chrétiennes, qu?il publi » cinq ans après, et qu'il o*a dédier à François \** par une épitre regardée comme un chef-d'œuvre d'e'Ioqucncc , lui fit un grand nombre de prosélytes. Mais voyant les bûchers allumas en France pour les novateurs , il nassa en Italie auprès de la duchesse de Fcrrare , qu'il infecta ac ses erreurs. La protection de cette princesse ne le mit pas à l'abri des recherches. Oblige de s'évader, il repassa les Alpes, et vint s'établir à Genève, où il acquit une autorité à peu près égale à celle du pape dans Rome. Il y finit ses jours le 27 mai 1 5(i4 • à l'âge ^e cinquante-cinq ans , laissant un grand nom, dit un moderne, beaucoup d'admirateurs et encore plus d'ennemis. Ses sectateurs ont pris le nom de Reformés au lien de celui de Calvinistes que les Catholiques leur donnent. On a tort etfecti vcment de leur donner ce dernier nom ; car, excepte l'article de l'eucharistie dans lequel ils s'accordent à rejeter la présence re'elle avec Calvin , ils diffèrent presque entièrement de lui dans les autres points de controverse. Ils ne s'accordent
{>as mieux fcntre eux ; et l'on trouverait difficilement deux théoogiens de cette secte qui fassent unanimes dans la façon de penser sur les objets de la foi.
L'empereur et le roi de France étaient toujours vis-à-vis l'un de l'autre en état de guerre. L'an 15^6* « après des conférences inutiles pour la paix , le premier passe le Var , le 25 juillet, à la tête de soixante mille hommes, et vient mettre le siège devant Marseille sur la fin d'août; mais la vigoureuse défense des assiégés l'oblige, le 1 1 septembre , à le lever. Harcelé par les troupes françaises , il s'en retourne au-delà des Alpes , couvert de confusion, avec une armée délabrée et diminuée de plus de moitié. Peut-être n'eût-il tenu qu'au maréchal Anne de Montmorenci , généralissime de nos armées , de lui fermer entièrement le passage pour le retour. Plusieurs le crurent ainsi , et blâmèrent le maréchal de ne l'avoir point fait. Tandis que le roi courait an secours de la Provence , sur la nouvelle que l'empereur y était entré, la mort lui ravit, le 12 août, le dauphin , son fils, nommé comme lui , à l'âge de dix-neuf ans. Ce jeune prince était en route pour joindre le monarque , son père j et s'étant arrêté à Tournon, en Vivarais , au lieu de s'y reposer, il s'était mis a jouer a la paume. Par une autre imprudence , au sortir de cet exercice, il but deux grands verres d'eau fraîche, qui lui furent présentés par Sébastien Montécuculli , son échanson. La fièvre le saisit aussitôt et le conduisit , au bout de quatre jours , au tombeau. Montécuculli fut accusé de l'avoir empoisonné.Lc roi l'ayant frit arrêter et amener à Lyon, fit instruire son procès par son grandconseil , qui était redevenu ambulatoire. Montécuculli fut dé-
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claré convaincu du crime dout il était accusé, et condamne* eo conséquence à être tiré à quatre chevaux. Ce qu'il y eut de plus fort contre lui , c'est un livre manuscrit sur la manière de préparer les poisons , qui fut trouvé parmi ses papiers. La guerre se faisait dans le même tems en Picardie. Après s'être rendus mai» très de Guise, les Impériaux assiégèrent, au mois d'août, Péronne. Le maréchal de Fleuranges, enfermé dans la place , soutint deux assauts, dans lesquels il fit périr les meilleures troupes des ennemis. Cet échec les obligea de se retirer. Jacques V, roi d'Ecosse , passe la mer dans la même année avec des troupes , pour venir au secours de la France, sans même en avoir été prié. 11 est reçu à Paris avec de grands honneurs , et y épouse % le i janvier de l'anuée suivante, la princesse Madeleine, fille de ÎFrançois I,r.
L'an i537, les hostilités continuent avec une nouvelle ardeur entre les deux princes rivaux. Le roi s'étant mis en campagne an printems, se rend maître de Hesdin , de Saint-Pol , de Saint- Venant , et de quelques autres places. Les Impériaux reprennent une partie de ce que les Français leur avaient enlevé. Trêve de dix mois, conclue le to juillet pour la Picardie et les Pays-» Bas seulement. Le roi tourne ses armes du côté du Piémont. Le maréchal Anne de Montinorenci, qui le précédait , force le pas de Suze au mois d'octobre. Le 1 6 novembre, l'empereur consent à une trêve générale de trois mois , par la terreur qu'inspirait le fameux corsaire Uarberousse , avec qui François l*r avait fait un traité.
La charge de connétable était vacante depuis la mort, on plutôt depuis la désertion de Charles de Bourbon. Le maréchal Anne de Montmorenci en fut pourvu, l'an i538, par lettres données le 10 février à Moulins. L'empereur et François 1" s'étant rendus la même année , le premier à Villefranche , le second à Nice, deux villes .à la distance d'une lieue l'une de l'autre, concluent, le îSjuin, par la médiation du pape Paul III, saus néanmoins se voir , une trêve de dix ans. Ils se virent ensuite à Aigues-Mortcs , depuis le 14 jusqu'au 17 juillet , et se caressèrent comme s'ils u'avaient jamais eu de guerre ensemble.
On introduisit légalement eu France, l'an 155g, une nouveauté qui opéra la ruine du plus grand nombre des particuliers dont elle amorça la cupidité. Au mois de mai , le roi , étant à Chàtcau-Rcçnard, donna un édit par lequel il permit d'établir des loteries clans toutes les villes du royaume, et accorda au nommé Jean Laurent le privilège d'en faire à Paris autant qu'il voudrait, en payant au roi chaque année la somme de deux mille livres tournois. Cest le premier exemple de cette sorte de Jeu de ha-
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sard , autorisée par le souverain en France. Une ordonnance plus judicieuse fut celle de Villcrs-Colerets , du 10 août suivant p
portant que doresenavant tous arrêts soient prononcés ,
enregistrés et délivrés aux parties en langage maternel , français et non autrement. 11 ne faut pas croire nëanmoins qu'avant celte ordonnance, appelée Guillelmiue , du nouveau chancelier Guillaume Poyet , son auteur, tous les jugements aient été rendus en latin. On a des exemples contraires pour le parlement de Paris et pour les justices seigueuriales ; il est certain que longtems avant François Ier les actes et les sentences s'y dressaient en langue vulgaire. L'ordonnance dont nous parlons est encore remarquable par les limitations qu'elle met à la juridiction ecclésiastique (i). L'article 5i porte qu'il sera fait registre en forme de preuve de baptêmes , et qu'on y marquera le lems et Theure de la naissance des enfants. Une révolte, qui s'éleva la même année à Gand , exigeant , pour être réprimée , la présence de l'empereur, 11 fait demander au roi la permission de traverser la France pour s'y rendre. François Ier l'accorde (2); mais il lui fait en même tems promettre, par Granvelle , son chancelier, de donner l'investiture du Milanais à celui de ses enfants qu'il voudra. Sur cette parole , il envoie ses fils au devant de lui jusqu'à Bayonne , et va lui-même le recevoir à Chatelleraut.
L'empereur arrive , le 1 janvier i54o, à Paris, où il est reçu avec une pompe telle qu'on n'en avait point encore vue d'aussi magnifique à l'entrée solennelle de nos rois. Pendant son séjour, qui se passa en tournois , en danses , et en toutes sortes de divertissements , le roi fut vivement sollicité de profiter de l'occasion pour le contraindre à révoquer le traité de Madrid. Mais sa générosité ne lui permit pas de suivre ce conseil. Les princes ne furent pas si délicats. Le dauphin', le roi de Navarre et le duc de
(1) Cette ordonnance porta un conp morte! ans tribunaux ecclésiastiques, en bornant leur compétence aux matière* des sacrements et aux parements personnels des clercs promus aux ordres sacré». La révolution qu'elle opéra, fut telle* au rapport d'un célèbre jurisconsulte, qu'au lieu quitv avait auparavant jusqu'à trente procureurs bien employés dans Coffictalité de Sens , pendant quon nen comptait que cinq ou six au bailliage , quoiaue ce fdt une des justices royales tes plus étendues ; il ne se trouva ZtentMplus que cinq ou six procureurs morfondus à l officialité, et fon en vit plus de trente au bailliage (I oiseau, Traité des Offices)*
(3) A cette occasion Tri boulet , le fou de la cour , écrivit sur ses tablettes : Si r empereur s* expose à passer par la France, il est plus fou <fue moi. Mais, lui «lit l« rai, si je te laisse passer sans tw rien faire, que diras -lu? Cela est bien aisé, reprit Tr 1 boule t, f effacerai son nom , et fy mettrai le voue. A. la cour bien îles pcr>onnes sensées pensaient comme ce fou; mais lui seul avait le privilège de tout dire.
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Vendôme , formèrent le complot de l'arrêter en leur nom à Chantilli , où il s'était rendu pour voir son ami le connétable t et de l'y retenir prisonnier jusqu'à ce qu'il eût restitué au premier le duché de Miian, au second le royaume de Navarre , au troisième quelques seigneuries situées aux Pays-Bas. Le dauphin , à leur arrivée, s'étant ouvert à Montmorenci de cet important secret, « Monsieur, lui répondit-il, cette maison est à vous , et » vous y pouvez tout. Mais puisque vous me demander mon 3» avis , trouvez bon que je vous dise que l'on ne prend pas les » taureaux par les cornes , ni les rois par la violence. Le roi , > votre père, a donné sa parole à l'empereur, et ne souffrira » pas que personne dans son royaume le fasse passer dans l'Eu- » rope pour un prince infidèle et parjure. » Le dauphin resta confus et abandonna son projet. Charles , s'étant remis en route, le 8 janvier, pour les Pays-Bas , fut accompagné par le roi et toute sa cour jusqu'à Saint-Queutiu , et par les princes et le connétable jusqu'à Valcncicnnes.
Arrivé en Flandre , Charles-Quint est sommé par le roi de tenir sa parole pour le Milanais. Il répond hardiment qu'il n'a rien promis. Le roi voyant alors qu'il est dupe de sa crédulité , s'en prend au connétable qui lui avait conseillé de se fier âjla parole de l'empereur , et l'éloigné de la cour.
L'empereur donna au roi l'année suivante une preuve bien plus éclatante de sa mauvaise foi. Fregose et Rineon , deux ambassadeurs que François Ier envoyait , l'un à Venise , l'autre à la Porte , sont assassinés dans un bateau sur le Pô par ordre du marquis du Guast ; ce qui ne se fit certainement pas sans l'aveu de Charlet>-Quint. Le roi écrit dans toutes les cours pour se plaindre de cet attentat.
On faisait alors en France la recherche de ceux qui s'étaient enrichis aux dépens de l'état. L'amiral Philippe Chabot , sur une réponse trop fière qu'il fit au roi qui voulait l'intimidera ce sujet , est mis au nombre d«*s accusés. On établit une commission pour lui faire son procès. Le chancelier Poyet , homme vendu à la cour, qui de simple avocat était parvenu par degrés, l'an i558, à cette dignité, vient à bout do le trouver coupable. Le connétable, qui jusqu'alors avait été l'ami de Chabot, presse te jugement. Il est dépouillé de tontes ses chargesavec confiscation de ses bien* , et condamné au bannissement. Mais la duchesse d'Elampes , qui ne le haïssait pas , le fait rétablir par arrêt du pnrlemeut dans son honneur et ses biens , et par le* roi dans tes emplois. Lorsqu'il reparut à la cour , hc bien^ lui dit le roi, vanterez-vous encore voire innocence ? Sire, répondit humblement l'amiral foi trop appris que nul n est innocent devant son
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dieu ht devant son roi. Le chancelier ne tarda pas d'avoir sou tour. Il avait irrité contre lui la reine de Navarre et la duchesse d'Etampes , pour n'avoir pas voulu se prêter à leurs vues en des choses qu'il croyait injustes. Le roi , gagné par sa maîtresse , Tayaut fait arrêter le août de cette même année i54», nomma • des juges , tirés de différentes cours , pour instruire son procès qui dura près de quatre ans. Enfin après s'èlre défendu avec beaucoup de subtilité , mais peu de noblesse , il fut déclaré , par arrêt du i3 avril 1 045, atteint et convaincu de diverses malversations , en conséquence dégradé de sa charge et condamné à cent mille livres d'amende. Poyet mourut fort âgé au mois d'avril i548, dans le mépris, mais non pas dans la misère, comme plusieurs écrivains l'ont avancé , puisqu'il avail dix miîlo livres de rente outre deux abbayes. De quelques opprobres au reste qu'on ait chargé sa mémoire , il est certain que ta crédit de ses adversaires eut encore plus de part à sa disgrâce que ses malversations. CVtait lui qui avait été choisi par la mère du roi pour plaider et appuyer ses prétentions sur la succession de la maison de Bourbon , commission dont le succès lui valut la charge d'avocat-général.
François Ier faisait cependant ses préparatifs pour tirer vengeance de l'assassinat de ses deux ambassadeurs. Après avoir fait avec Gustave Vasa, roi de Suède, la première alliance que les rois de France aient faite avec les puissances du Nord, il attaque, l'an i54a, l'empereur eu même tems par deux cotés opposés. Le dauphin accompagné du maréchal d'Annchaut , entre dans le Roussillon , et investit, vers la mi-août, Perpignan dont il lève le siège sur la tin de septembre par ordre du roi qui était ▼cnu, le 25 de ce mois, à SaJlèles. Le duc d'Orléans, ayant oui dire qu'il y aurait une bataille eu Lvoussilloti , abandonne mal-à-propos les conquêtes qu'il faisait au Luxembourg , pour veuir preudrç part à cette action qui n'eut point lieu. Le roi part de Bé/.icrs le 21 octobre, pour aller châtier les Rochelais , qui s'étaient révoltés. Sa présence les fit reutrer dans le devoir: ils demandèrent pardon et l'obtinrent. Le 7 décembre étant à Cognac, le roi publie un édit qui a douné l'origine au bureau des trésoriers de France.
François Ier , l'an i54*> , voit croître le nombre de ses ennemis par les traités que l'empereur fait avec plusieurs princes d'Allemagne , et par l'alliance qu'il conclut avec le roi d'Angleterre maigre les sujets graves de mécontentement qu'ils s'étaient réciproquement donnés. La guerre se fait de toutes parts, dans le Luxembourg , en Brabant, en Picardie , dans le Piémont. Tour être en état de fournir aux frais d'une campagne si
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dispendieuse , le roi s'avise de cre'er et de mettre en vente de nouvelles charges de judicature. L'expédient n'était pas necf pour lui. Dès Tan i5i5 il l'avait mis en œuvre par le conseil du chancelier du Prat, malgré les remontrances du parlement. Martin du Bellai-Langei prend Landrccies , dont les habitant* s'étaient sauvés après y avoir mis le feu. Nos armes prospèrent dans les Pays-Bas. Le roi s'étant mis en campagne » y arrive dans le mois de juin , et ordonne que Laudrecies soit rep3re et fortifié. Le dauphin se rend maître du château d'Aimerie sur la Sambre , de Maubeuge et de Barlemont, sur la même rivière. L'empereur, après avoir soumis le duc de Clèves , qm s'était déclaré pour nous , vient assiéger Landrecies vers la miseptembre , et avec l'aide de dix mille anglais qui s'e*tai>uî venus joindre a lui, il forme trois camps autour de la ptace •défendue par le brave Lalande. Le roi vient au secours de$ assiégés, et sur la fin de novembre , l'empereur est obligé de se retirer, emportant la honte d'avoir échoué devant une bicoque avec des forces capables de subjuguer une grande province. Il se console quelques jours après ue cet affront par la prise de Cambrai dont il s'empare moitié par violence, moitié par persuasion. Mais cette conquête ne le dédommagea pas de la perte du Luxembourg , qu'il fit dans le même teins» Le duc d'Or* léans étant revenu dans ce duché pour réparer la faute de l'année précédente, le subjugua rapidement, ayant sous lui d'Annebaut , fait amiral le 5 février. Les succès du comte d'Enghien ne furent pas cette année aussi brillants en Piémont. Ayaui assiégé INice de concert avec le fameux turc Barberousse, il prit la ville , mais il fut contraint de lever le siège du château, c'était la feule place qui rcstaiX^eu Piémont au duc de Savoie. Le marquis du Guast reprit Marignan et quelques autres places. Le comte d'Enghien revient , l'an 1 544 » cn Piémont dans la résolution d'y faire une campague glorieuse. Ses espérances ne fureut point trompées. Il gagne, le 14 avril, sur du Guast, la célèbre bataille de Cérisoles , près de Carignan. ( Ce fut Gaspard de Tavannes , depuis maréchal de France, qui, sur les représentations de Biaise de Montluc , détermina l'action avant que les ennemis eussent le tems de se mettre en disposition de combattre. ) Plus de dix mille hommes des Impériaux y périrent , outre trois mille hommes prisonniers que les Français y firent , sans avoir perdu plus de deux cent* des leurs. Du Guast, plein de confiance, avait fait provisîou, pour les prisonniers qu'il comptait faire , de plus de quatre mille menotes qu'on trouva daus le bagage qui fut pris. Il avait de plus ordonné, en passant, à ceux d'Asti de lui f'rmcr porles , s'il ne reyeuait pas victorieux ; il fut mieux obéi qu'il
ne voulait, au retour. Le roi d'Angleterre , fidèle à l'alliance qu'il avait faite, l'année pre'ce'dente , avec l'empereur, descend à Calais , et vient mettre le sie'gc devant Boulogne. La place lui est rendue le 14 septembre, après avoir été défendue pendant 7 semaines par Jacques de Couci , seigneur de Vervins. ( On fit, sous le règne suivant, le procès à ce commandant, qu'on accusa d'avoir livré la place par trahison : sur la déposition des témoins, il fut condamné à perdre la tète au mois de juin, i54Q, ce qui fut exécuté.) François de Lorraine, alors appelé M. d Au m a le, depuis duc de Guise, étant venu au secours de la place , reçut en chargeant, une blessure des plus dangereuses, dont il ne guérit que par une espèce de miracle. Le 1er , loug d'un demi-pied , et deux doigts du bois de la lance dont il fut frappé entre le nez et l'œil droit , restèrent dans la plaie. 11 fallut , pour les arracher, que le chirurgien ( Ambroise Paré ) lui mit les pieds sur le visage ; opération, dit, M. du Bellai, témoin oculaire, qu'il soutint avec la même tranquillité que si on n'eût fait que lui arracher un cheveu . La cure fut si heureuse, qu'il ne lui en resta pas la moindre difformité.
L'empereur, après avoir pris Luxembourg, Ligni en Barrois, et Saiul-Dizier , et pénétré jusqu'à Soissous , fait la paix avec le foi , le 1 7 septembre , à Crépi , en Laonnais , pour être en état de faife face aux princes protestants d'Allemagne ligués contre lui. Le dauphin se déclare contre ce traité, prétendant que les intérêts de l'état y étaient sacrifiés en faveur du duc d'Orléans , son frère , que le roi voulait marier à une fille de l'empereur. Il y avait alors deux cabales à la cour, Tune appuyée par Diane de Poitiers , maîtresse du dauphin , l'autre par la duchesse d'Etampes , maîtresse du roi : deux sangsues de l'état.
Dans nos guerres avec les Anglais, nous ne nous étions pa» encore mesurés avec eux sur mer. L'an i545, l'amiral d'Anuebaut, s'étantmis à la tête d'une flotte, attaque, le 6 juillet, celle d'Angleterre, près de l'île de Wight, la met en fuite, s'empare de Tilc , et revient triomphant au Havre , dans le mois d'août. Le S septembre , le duc d'Orléans, deuxième fils du roi , meurt, dans sa vingt-quatrième année, à ForesUMouticr , de la peste qu'il avait été braver dans les maisons qui en étaient infectées. L'antipathie qui régnait entre lui et le dauphin, donna lieu do dire qu'il avait été empoisonné par les gens de ce prince.
En Provence , le faux zèle occasionne une scène des plus horribles. Armée d'un arrêt du parlement d'Aix, rendu le 18 novembre 1 54o , contre les Vaudois , une soldatesque effrénée livre aux flammes, cinq ans après, Mérindol , Cabrières , et vingt autres villages , où ces hérétiques vivaient paisiblement , passe
yi. ao
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les habitants au fil de l'épéc , et réduit ceux qui e'chappent à sa fureur à chercher un asile daus les bois et les rochers. Cette affaire fut recherchée depuis : le premier président d'Oppèdc, avec le baron de la Garde, furent mis en prisou ; mais ils obtinrent ensuite leur élargissement, et le seul Guériti , avocat du roi, fut puni, Tan rjS^, du dernier supplice, qu'il avait mérité pour d'autres crimes.
Le a5 février 1 5^6 est mis au nombre des jours funestes dans les fasies de la nation française. Ce fut l'époque de la mort tragique du comte d'Enghien. Etant à la Rochc-Guion, il y fut écrasé, à lage de vingt-six ans , par un coffre jeté d'une fenêtre, comme il se reposait au bas d'une maison qu'il venait de défendre contre le dauphin et les autres princes , qui en avaient fait le siège par manière de jeu. Il était frère du roi de Navarre et du prince de Coudé. Toute la France pleura la perte du vainqueur de Cérisoles , en qui les talents militaires étaient accompagnés de mille autres belles qualités, qui auraient fait de lui , avec le teins , le héros le plus accompli. Mais personne alors ne s'avisa de regarder cet événement comme un guet-à-pens , un assassinat concerté par le dauphiii et François de Lorraine, depuis d:;c de Guise. Celle accusation calomnieuse était réservée aux auteurs passionnés qui écrivirent au milieu des troubles arrivés sous les règnes de François II et de Charles IX. 11 est fteheux que MM. de Tliou et Hénaul aient préféré de pareilles autorités à celles de Martin du Bellai et de Jean du Tillel, qui ne donnent cet accident que pour l'effet d'une pure étourderie.
Ce point historique a été traité à fond par D. Poirier, dans son mémoire lu à l'académie des belles lettres , le 24 avril 1777.
Le 7 juin, la paix se fait près d'Ardrcs, entre la France et l'Angleterre. Heuri VIII promit de rendre Boulogne dans huit ans, moyennant huit cent mille écusj mais il mourut le 28 janvier 1547. Le roi fait faire, le 21 mars suivant, un service magnifique dans l'église de Notre-Dame à ce prince, suivant Tusage établi par Us rois, dit M. de Thou ; mais cet historien n'ajoute pas que le bruit courait alors , comme le prétend un moderne, que Henri s'était converti à la mort, et qu'il avait ordonné qu'on élevât son fils dans la religion catholique. François Ier le suivit de près au tombeau, étant décédé le 3i du même mois à Rambouillet, dans la cinquante-troisième année de sou âge, et la trente-troisième de son règne. Un ulcère dans les parties secrètes, fruit de son incontinence , fut la cause de sa mort. Son corps, dépose' pendant quelques jours dans l'abbaye de* Hautes-Bruyères , fut apporté à Saint-Cloud, dans la maison de révêque de Paris , où 1 on dressa la pompe funèbre* Lorsque
le convoi traversa Paris pour aller à Sa int- Denis , les» crieurs annonçaient à l'eutrce de chaque rue : Piiez Dieu pour Vdme de très-haut , très-puissant et très-magnanime François , par la grâce de Dieu , roi de France trés-chrétien... , prince clément, père des arts et des lettres. L'ëvêque de Mâcou, dans l'oraison funèbre de ce prince, ne laissa pas d'assurer que son âme était allée droit en paradis, sans passer .par le purgatoire , ce qui fit au prélat une querelle avec la Sorbonnc. François Ier avait épousé , le 18 mai 1 5 1 4 » à Sainl-Gerinain-en-Laye , Claude , fille ainée de Louis XII, qui lui avait été solennellement promise, comme on Ta dit, aux états de Tours, en i5o6. Elle était mal pourvue des grâces extérieures; mais uu excellent caractère, orné de dons surnaturels, surtout d'une charité compatissante pour les malheureux , lui avait concilié l'estime de son époux et le respect de la nation. Cette princesse, décédée à Blois, le 2o juillet i524 y à l'âge de vingt-cinq ans , eut, de son mariage, François, mort le 12 août i556"; Henri, qui suit; Charles, duc d'Orléans, mort le 8 septembre i545; Madeleine, femme de Jacques V, roi d'Ecosse; Marguerite, duchesse de Savoie; et deux autres filles, mortes jeunes. Eléonore d'Autriche, que François épousa eu secondes noces, finit ses jours, le 18 février i558, en Espagne, sans lui avoir donné d'enfants.
L'ambition des conquêtes et l'amour des plaisirs , deux passions qui paraissent inalliables, dominèrent presque également le cœur de François 1er dans sa jeunesse. Les faits ne prouvent que trop qu'avec la fureur de conquérir , il avait moins les qualités d'un conquérant que les vertus guerrières d'un chevalier, qui met toute sa gloire à chercher les périls, ou bien à les affronter, et traite de pusillanimité la prudence <jui sait les prévenir et les écarter. Il faut néanmoins lui rendre justice. Son règne, quoique marqué par de grands désastres, doit être regardé comme I un des plus illustres de notre monarchie, parce qu'il est l'époque de plusieurs révolutions heureuses qui se firent dans l'esprit et les mœurs des Français, et dont la plus remarquable est le rétablissement des lettres. Ce monarque se trouva précisément dans le teins, qu'échappées aux ravages de la Grèce, elles étaient venues chercher un asile en Occident. A l'exemple et à l'envi des Médicis, il les appela dans ses états, les y fixa par des établissements solides et des récompenses proportionnées au mérite de ceux qui les cultivaient. Les arts, et surtout l'architecture , reprirent, en France, sous son règne, une nouvelle naissance. Les palais de Fontainebleau, de Saint-Germain- cn-Laye , de Chambord ; les châteaux de Madrid , au bois de Boulogne , et de Villers-Coterets , et le commencement du Louvre, à Paris , sont
des monuments de sa magnificence et de son goût. Maigre' lei dépenses que ces ouvrages occasionnèrent , malgré les guerres presque continuelles qu'il eut à soutenir, et les dissipations qu'oit lui reproche , il laissa daus ses coffres, à sa mort, outre le quart de ses revenus, qui lui était dû, quatre cent mille e'eus d'or, qui font douze cent mille livres nume'riques, à trois livres l'écu a or, somme considérable pour ce tems-là. En effet , toutes les fortunes , dit l'auteur des mémoires de M. de Beauvais de JNangis , avaient toujours été médiocres jusqu'au règne de Fran» çois Ier j car les maisons a" Armagnac , de Foix , dAlbrei, de Rohan , de Laval , de Luxembourg , et autres grandes , quoiqu'elles eussent possédé de grandes charges , étaient mninteytues et élevées par les alliances , et non par les grands bienfaits des rois, parce que les rois ne levant pas de grands /mpôts sur leurs sujets . avaient assez de peine à subvenir aux charges du royaume, et ne pouvaient faite de grands biens à leurs favoris,
Bodin assure que, depuis i5i5 jusqu'en i %8, il se trouva en France plus d'or et d'argent qu'on en aurait pu recueillir en deux cents ans. L'industrie des artistes, l'activité des commerçants, l'établissement des renies constituées sur l'hôtel-de-ville, et celle d'une banque ouverte à Lyon, à huit pour cent, furent les principales causes de cette abondance.
Les lansquenets , ou bandes noires , ainsi nommées de la couleur de leurs étendards, qui formaient un corps de six mille hommes tirés d'Allemagne ,\ ayant été détruits à la bataille de Pavie, François 1er, pour réparer cette perte, forma, neuf ans après, sept légions, composées chacune de six mille hommes, et portant le nom d'une province. Mais bientôt après, il fut obligé d'en revenir aux anciens corps d'infanterie de six ou sept cents hommes. ( Galerie Philosoph.)
Depuis Louis le Jeune , les Français laissaient croître leurs cheveux et se rasaient la barbe. François Ier introduisit la mode contraire , de porter les cheveux courts et la barbe longue. L'occasion. de ce changement fut une blessure qu'il reçut a la tête, le surlendemain des Rois i5ai , à. Romorenlin , d'un tisou que lui jeta le capitaine de Lorges, sieur de Montgommeri , eu folâtrant avec ce prince. Les clercs néanmoins et les magistrats continuèrent de se raser la barbe , et ne la laissèrent croître que lorsque les courtisans commencèrent à se dégoûter de cette mode. François 1er changea aussi la manière de se vêtir; et à l'habit long , qui était en usage sous Louis XII , il substitua l'habit court , assez ressemblant, sur la fin de sou règne , à celui de nos coureurs, au manteau près qu'on mettait par-dessus ; ce qui
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dura jusqu'à Louis XIII. Avant le règne de François I'r, l'état de maréchal de France n'était qu'une commission , et il n'y en avait que deux , excepté sous Charles VU qu'on en voit quatre à la fois. François Ier les créa à vie , et en porta le nombre à quatre. Le nombre n'en fut plus fixé par la suite. Ils avaient chacun leur département. (Le Présid. Hénaut.)
Ce fut lui qui honora du titre de cousin les cardinaux et les maréchaux de France. Ce prince avait une façon singulière de témoigner son refroidissement. Aussitôt qu'il traitait quelqu'un de père , de fils, ou dW, ce mot était le précurseur de Ja disgrâce. La duchesse d'Uzès, qu'il avait appelée ma fille en causant avec elle , se mit à faire semblant de pleurer après son départ. On lui en demanda la raison. Hélas! j'ai grand peur , dit- elle , quil ne m* en fnssc comme à Semblanqai qu'il appelait tant son père, (Brantôme.)
François Ier avajt pour devise une salamandre dans le feu avec ces mois : Nutrisco et extinguo , dont on a donné diverses explications. On la voit sur tous les édifices qu'il a fait construire , et sur quelques-unes de ses monnaies , qu'on nomme pour cette raisou les écus à la salamandre. Paradin prétend que François Ier tenait ce symbole de Charles, comte d'Angoulème , son père , et dit avoir vu une médaille de ce prince , où la salamandre était représentée avec ces mots italiens : Nutrisco il buono , c spingo il reo. Je suis libéral envers les bons, et je punis les méchants.
L'union de la Bretagne à la couronne se fît en i53a, à la demande des états qui la jugèrent nécessaire pour la tranquillité de la province, malgré le désir qu'ils avaient d'avoir un duc chez eux.
Jusqu'à François Ier , depuis le commencement du XII* siècle , le sceau dans les actes tenait lieu de signature , et était d'autant plus nécessaire que la plus grande partie de la noblesse ne pouvait autoriser ses simples actes, faute de savoir écrire et signer, que par les sceaux sur lesquels étaient figurées leurs armoiries. Depuis i5i5 que la noblesse, et même le commun du peuple, ont cultivé davantage les sciences par la protection que les rois et les princes leur ont accordées , l'usage des sceaux a diminué , et présentement il est réduit aux provisions de charges , aux certificats , aux actes publics , et aux* simples cachets des lettres. Mais tous les autres actes , et particulièrement les acquits de guerre , qui étaient sans nombre aussi bien qu'à présent , et qui étaient tous scellés , ne sont plus autorisés que par des signatures. {Merc. de Fr. , 1720 , p. 8 et 9 ).
Sous le règne de François Ier , le baptême s'administrait encore en France par la triple immersion. Les statuts synodaux de Guillaume du Prat , évêque de Clermout , publie's en i557 , portent : Prima immersio fit cùm dicetur iw nomime Patris; sec un lia cùm dicetur et Filh: terlia cùm dicetur et Spimtus Sakcti. Un cbrotiologiste moderne a donc grand tort de dire que cet usage n'a subsiste' que peu de tenis en Occident.
« François 1er aimait si fort les lettres et les sciences qu'il « fit marcher à Toulouse le recteur de l'université' à son côté « preTc'rablemcnt à tous les autres ; et par ses lettres patentes « du mois d'août i535, il donna le droit de chevalier aux a professeurs de cette même université. L'un d'eux appelé' « Biaise d'Auriol , reçut ( quoique prêtre ) l'anneau d'or , I épée m et les c'perons dorés. Les professeurs se font encore enterrer « avec ces marques d'honneur ». ( Mèm. de M. de Bdvillc , Intend, )
Sous le même règne, il y avait des conseillers du roi languajreurs des pourceaux , dont l'exercice consistait à examiner les langues des cochons, pour vérifier s'ils n'étaient pas ladres. Les registres du parlement de Tan 1 544 en *°Dt
François Ier est l'auteur de la formule Car tel est notre bon plaisir y qui s'emploie dans la plupart des édits ou lettresroyaux.
Le marc d'or fut porté sous ce règne à i65 livres 7 sols 6den. et celui d'argent à 14 livres 10 sols.
Les tailles , sous ce règne , augmentèrent de plus de neuf millions , et les états ne furent jamais assemblés , preuve des progrès qu'avait faits l'autorité royale. On doit néanmoins dire à la décharge de François 1er que les conjonctures où il se trouva rendirent indispensables les impôts dont il surchargea ses peuples. Depuis l'accroissement prodigieux et subit de la maison d'Autriche , les dépenses nécessaires pour la sûreté de, l'état, s'étaient accrues du double et du triple. « Car au lieu « dcLmille cinq cents lances, et delà milice des francs archers •4 qui étaient aux frais des paroisses , ou de celle des aven- « turiers qu'on ne levait que pour trois ou quatre mois , « François avait entretenu jusqu'à trois mille lances , cinq ou « six mille hommes de cavalerie légère , cinquante mille d'in- « fanterie permanente , auxquels on joignait encore dans le « besoin douze à quinze mille, soit suisses, soit lansquenets. « La disproportion n'était pas moins forte par rapport aux « ambassades. Sous les règnes précédents on se contentait « d'envoyer six ou sept éyêques, abbés ou magistrats, résider
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« dans les principales cours de l'Europe, avec lesquelles on
• avait des iqtérêls à démêler : sous le règne de François 1er, « et lorsque Charles-Quint eut commencé à se rendre redou-
• table , on multiplia les ambassadeurs tant ordinaires qu'ex- « traordinaires , on en envoya pour la première fois à Cons- « tantinople, en Hongrie, en Danemarck, eu Suède , à presque « toutes les diètes de l'empire, et même dans les cours du second « ordre. »( M. l'abbé Garnier. )
U n'y avait avant François Ier dans tout le royaume qu'un grand-maitre des eaux, et forêts, dont Voffice fut supprime' en i5i5: on en créa en même tems six dont les charges furent suspendues en 1662 jusqu'en 1670, qu'elles furent établies sut le pied de l'édit de 1 5y:> ; il en fut créé dans la suite dix-huit qui curent chacun un département... D ins les dix-huit grandes maîtrises il y a cent quaraute-cinq maîtrises particulières et environ trente- six grueries.