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5ï4 CHRONOLOGIE II JSVCRtQLE
< )s(eude , Menin , Atb , etc. } enfin nous reculâmes jusqu'à Lille. En Allemagne , nos armes sont plus heureuses. Le i mai, Je maréchal de Villars fait lever le blocus du Fort-Louis au
Ê rince de Bade , après l'avoir chasse' de ses retranchements de Irusenhctm. Le io, M> du Perri se rend maître dUagucnau , dont il fait la garnison prisonnière ; elle était de deux mille cinq cents hommes. M. de Villars va camper à Spire , met tout le Falatinat à contribution , et s'empare , le 20 juillet , de l'île du Marquisat , vis-à-vis du Fort-Louis. Il eût fait davantage, s'il
roilord Gallowai , général des troupes portugaises , prend Alcantara par la lâcheté du gouverneur Gasco , maréchal de camp , qui n'attendit pas même qu'il y eût brèche à la place pour la rendre. ITAvngni l'accuse de l'avoir vendue à l'ennemi avec la garnison. M. de Barwick , qui était alors à quatn^eues d'Alcanlara, ne le charge point de ce crime. (Mém. T. I,pr3i4) Le 12 mai , Philippe V, avant sous ses ordres le maréchal de Tessé, lève le siège de Barcelonne , après trente-sept jours de tranchée , sur une terreur panique que l'amiral Leake répandit parmi les assiégeants en abordant avec sa flotte dans le port de cette ville. Ne pouvant regagner la Castille par l'Aragon qui s'était révolté , Philippe est obligé de passer par le Roussillon , et défaire le tour des Pyrénées pour se rendre en Navarre. Le 16 juin , le lord Gallowai / et le marquis de Las-Minas entrent sans résistance dans Madrid , où ils font proclamer l'archiduc Charles roi d'Espagne ; la plus grande partie du peuple criant néanmoins : Vive Philippe notre roi légitime. L'armée des alliés abandonne les environs de Madrid le 1 août ; elle est jointe ie 6 à Guadalaxara par l'archiduc. Philippe s'étant mis à la tète des troupes du maréchal de Barwick, et ayant reçu celles qui lui venaient de France , marche aux ennemis qui évitent toujours la bataille. Le 4 octobre il entre dans Madrid. Le 18 ,du même mois (GrifTet), Carthagène, dont les alliés s'étaient emparés le r3 juin , se rend à M. de Barwick. Le i5 décembre le marquis de Bay reprend Alcantara par escalade. La garnison portugaise , qui était nombreuse , fut en partie passée au fil de répée. Sur mery le comte de Chavagnac fait , le 21 février, une descente dans l'ilc de Saint-Christophe, et la pille jusqu'au a mars. (GrifTet.) Le 1 avril il fait une autre descente avec M. d'Iberville , dans Pile de Nieves, appartenante aux Anglais, et s'empare de vin^t-deux navires , taut de guerre que marchands.
La fortune en 1707 nous donna plusieurs gages de son retour.
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En Espagne, bataille d'Almanza dans la nouvelle Castille , pleinement gagnée le a5 avril par M. de Barwick , contre les alliés , commandes par milord Gallowai. On vit alors nne singularité* dont il n'y avait pas d'exemple ; les Anglais , sous les ordres d'un gênerai français , battus par un général anglais à la tète d'une armée française. Cette victoire enleva les royaumes de Valence et d'Aragon aux alliés, comme celles d'Hochstcdt, de Kamillies et de Turin , leur avaient donné la Bavière, la Flandre et le Milanez. Réqucna se rendit le 5 mai , Valence le S , Saragosse le 24» et Serpa, en Portugal, le 26 , Alcita le 18 juin , Mequinença le 7 juillet, Monçon le 7 août, Puycerda le 12 septembre , Ciudad-Rodrigo le 1 4 octobre. La ville de Lérida fut prise le i3 octobre par le duc d'Orléans; et le château, devant lequel avaient échoué nos plus grands capitaines , le 1 1 du mois suivant. Mo relia , enfin , subit le même sort le 12 décembre. En Italie , les troupes françaises et espagnoles , par capitulation du i5 mars, remettent aux alliés les places qui leur restaient en Lombardie , et évacuent ce pays. Les Napolitains se déclarent pour l'empereur le 7 juillet j Gaëtc est prise , par intelligence , le 3o septembre, Suze se rend au duc de Savoie le 3 ontobre. En Allemagnh , le 22 mai, le maréchal de Villars s'empare des lignes de Bibel, ou de âtolhoffen, regardées comme le rempart de 1 Allemagne ; il y trouve cent soixante pièces de canon , et quantité de munitions et de provisions de bouche : il pousse ses progrès plus loin , lève des contributions dans le Wurtemberg, dans la Franconie, etc. , enfin il chasse les Impériaux de poste en poste, et remporte différents avantages sur eux, pendant les mois de juin et de juillet. En Provence, le duc de Savoie passe le Var, le 11 juillet, à la tète d'une nombreuse armée, soumet quelques petites villes de Provence (i), et entreprend , avec le prince Eugène , le siège de Toulon par terre , tandis que les flottes anglaise et hollandaise la côtoient pour seconder ses opérations; mais la sage conduite du maréchal de Tessé fait avorter les projets du duc , qui décampe le 22 août , et part la nuit à petit bruit avec le ge'néral de l'empereur pour retourner en Piémont ; la flotte ennemie servit à transporter
(1) Du nombre de ce» Tilles était Fréjus. Le dnc prososa h Hercule de Fleuri, qui en était évèqoe, de lui prêter «erment de fidélité. V otre altesse royale , répond le prélat , est bien persuader que je ne manquerai jamais a ce que je dois à Louis le Grand , mon légitime et unique souverain. IXtitlleu/s ce i.e serait pas la peine du reconnais*: votre altesse pour ie peu de tenu qu'elle a à séjourner en Provence. Ce trait d'attachement présenté adroitement h Louis XIV, fut le mobile de la haute fortune i laquelle m»'w v ci l'on» ricuri parvenir dam la suite.
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environ quatre mille hommes , tant blessés que malades : ce fut tout le fruit que les allies remportèrent de leur expédition. Sur mer , le 5 janvier , le comte de Villars reprend l'île de Minorque et la ville de Mahon. Le i5 mai, le chevalier de Forbin, avec huit frégates , enlève aux Anglais deux vaisseanx de guerre et vingt navires marchands qu'il conduit à Dunkerque. Au mois de juillet , il s'empare de quarante vaisseaux des flottes anglaise et hollandaise. Affaires particulières. Le 8 janvier , la duchesse de Bourgogne accouche d'un prince qui est nommé par le roi duc de Bretagne. Le 3o mars, mort de Sebastien le Prestre de Vauban , maréchal de France depuis le 4 janvier 1705. L'art des fortifications et des sièges lui doit sa perfection. Il avait travaille* a trois cents places anciennes, en avait construit trentetrois nouvelles, et s'était trouvé à cenr quarante actions de vigueur. La duchesse de Nemours étant morte le 16 juin, plusieurs
Î)rinces . à* la tête desquels était le roi de France , se disputent a principauté de Neuchàtel , qu'elle laissait vacante. La régence de Neuchàtel l'adjuge au roi de Prusse , l'un des prétendants , et l'en investit le 3 novembre. fefte possession fut confirmée par la paix d'Utrecht. (Voy. les lires de Neuchàtel). A Paris , le 27 décembre, mort de dom Jean Mabillon , bénédictin de S. Waur , à l'âge de 76 ans. La modestie allait de pair en lui avec la profonde érudition.
Le Dauphiné étant menacé par le duc de Savoie, le maréchal de Villars fitleuvové, l'an 170b, pour y commander. L'habile général rompit toutes les mesures du duc , et fit échouer tous ses desseins, il faut, dit un jour ce prince, aue le maréchal de Villars soit sorcier pour savoir tout ce aue je dois faire* Jamais homme ne ma donné plus de peine ni plus de chagrin. Dans les Pays-Bas , M. le duc de Bourgogne commande Tartinée , ayant sous ses ordres le duc de Vendôme. Mais ce dernier, toujours contrarié par les courtisans qui entouraient le prince , fit des fautes qu'il eût évitées s'il eût conduit en pleine liberté les opérations de la campagne. Le 5 juillet, les Français surprennent Gand ; Bruges se reud le jour même. Le 1 1 , le prince Eugène et Marlborough ont l'avantage sur les Français à la bataille d'Oudenarde , qui ne fut terminée que par la nuit. La retraite fut plus fatale que le combat où il n'y eut qu'une tète de uos troupes qui donna. L'épouvante fit ce que le carnage n'avait point fait. Nos régiments allaient où ils pouvaient , sans recevoir aucun ordre. Il y eut même quatre mille hommes qui furent pris en chemin par les ennemis, à quelques milles du champ de bataille. Le 1 7. août , Lille est investi pir les alliés ; la ville Se rend le ?3 octobre, et la citadelle le $ décembre, Tune et l'autre par une
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capitulation honorable. Le maréchal deBoufflers, qui commandait dans Lille , mérita , par sa belle et sage défense , l'estime des ennemis , les cœurs des citoyens et les récompenses du roi. Le prince Eugène lut dit après la capitulation : Je suis fort glorieux d'avoir pris Lille ; mais j'aimerais encore mieux l'avoir défendue comme vous. Pendant ce siège le comte delaMotlie est battu, le 28 septembre, à Wynendalc, à deux lieues de Dixmude , en voulant couper un convoi qui venait aux assiégeants j le 5a décembre, Gand est rendu par le même aux alliés. Il ne reste plus à l'Espagne dans les Pays-Bas que Nieuport , Mon§ et Luxembourg. En Espagne , le 1 1 juillet , la ville et le château de Tortose ouvrent leurs portes au duc d'Orléans : le 1a novembre , Dénia est emporté d'assaut par le chevalier d'Asfeld , qui prend le château cinq jours après , et oblige, le 5 décembre, la ville d'AIicanie de capituler. Sur mer , le roi fait armer, au mois de mars > une nombreuse flotte pour mener le prétendant eu Ecosse ; mais les vents contraires et l'activité des Anglais font échouer celle entreprise ; le chevalier de Forbin eut besoin de toute son habileté pour ramener notre flotte , sans autre perte que celle d'un vaissean. Au mois d'août , l'amiral Leake fait une descente dans la Surduigne , «t la soumet au parti autrichien. Le 29 septembre, les Anglais se rendent maîtres de Port-Manon. En Italie, l'empereur traite l'état de l'église en pays de conquête, afin de contraindre le pape à reconnaître l'archiduc pour roi d'Espagne.
La mémoire du grand hiver de 1709 se conservera longtems en France. Il commença le 5 janvier, fit périr presque tous les fruits de la terre , et produisit une famine et une désolation universelles. Le 22 février , mort de François-Louis de Bourbon, prince, de Conti , Surnommé le Grand; titre qu'il mérita par l'étendue de son génie, la grandeur de son courage , la bonté de son cœur et son extrême libéralité. Il était dans sa quarante-cinquième année, étant né le 3o avril 1664. Vans les Pays-Bas, les divisions du duc de Dourgogne et du duc de Vendôme ayant eu des suites très-fâcheuses pour la France , le commandement est confié au seul maréchal de Villars. Sa femme veut le dissuader de se charger d'un fardeau si pesant. Villars rejette ce conseil timide. Si fat le malheur, dit-il , d'être battu, f aurai cela de commun avec les généraux oui ont commandé ayant moi en Flandre. Si je reviens vainqueur , ce sera une gloire que je ne partagerai avec personne. Tournai investi par \e prince Eugène et Marlborough le 97 juin, se rend par capitulation le 39 juillet, et la citadelle, le 5 septembre ; M. de- Beauvau, évèque de Tournai, refuse de faire chanter le TeDeum.
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Les vainqueurs marchent ensuite pour investir Mons. Villai* «'avance pour les en empêcher j il avait avec lui le maréchal de Boufllers , qui , par un rare exemple de générosité' , lui déféra t quoique son ancien , le commandement. Les deux armées se rencontrent, le 9 septembre , près du bois de filangies et du village de Malplaquct , entre Mons et Bavai. On en vient aux mains le 11. Les Anglais portent les premiers coups , et sont vigoureusement repoussés par les Français qui jettent gaiement , pour se battre , le pain qu'ils viennent de recevoir , et dont ils ont manqué pendant un jour entier. Nulle bataille n'a été, dans cette guerre , plus longue et plus meurtrière. M. de Villars y reçut une blessure au geuou , qui Je mit hor6 de combat (1) : ce fut un contre-tems fâcheux. Notre centre ayant été enfoncé , et nos deux ailes coupées , nous nous retirâmes en bou ordre T laissant aux ennemis le champ de bataille, couvert de quinze mille des leurs, tant tués que blessés. Le 25 septembre , les alliés fout le siège de Mons, qui se rend le 7.0 octobre , par une capitulation honorable. En Allemagne , le comte du Bourg, depuis maréchal, défait, le 26 août, près de Rumcrsheim en Alsace, un corps de neuf mille allemands , commande par le général Merci , qui se proposait d'aller joindre le duc de Savoie pour entrer eu Bourgogne avec lui. En Espagne , le château d'Ahcante , bloqué depuis Tannée précédente, se rend, le 17 avril, au chevalier d'Asfeld , qui eut la gloire d'enlever aux ennemis la dernière place qui leur restait dans le royaume de Valence ; il eu fut récompensé par la permission que lui donna le roi de mettre les armes de Valence dans son écusson. Le 7 mai, le marquis de Bay défait milord Gallowai , général de l'armée portugaise, sur îc bord de ra Caya , dans la campagne de la Gudiua ; et le 1 juin, il prend auxPorlugais le château d* Alconchel. Le 7 août, le duc de Noaillcs défait entièrement deux régiments des ennemis qui sortaient de Figuièrcs. Sur mer* le 17 mars, M. du Guai-Trouin enlève cinq navires aux ennemis. Le 29, M. Cassart, commandant le vaisseau l'Eclatant , se défend contre quinze vaisseaux de guerre anglais , et se retire après en avoir démâté deux, et fort maltraité plusienrs autres. Le 2 juillet, le capitaine l'Aigle» commandant le Phénix , attaqué par trois vaisseaux anglais , les prend l'un après l'autre. Celte année lo pape Clément XI fait, îe
(1) On rapporte que la blessure de M. de Villars, s'e'tant trouree asset dangereuse pour exiger l'administration des dernier* sacrements, on lui proposa de (aire la cérémonie en secret. IVon , dit-il , puisque l'armer, n'a pu voir mourir ? Mars en brute, il est bon qu'elle le voie mourir en chrétien.
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1 5 janvier, son accommodement avec l'empereur, et consent à reconnaître pour roi d'Espagne l'archiduc Charles. Affaires ecctèsiastiaues. Le 20 janvier, mort du jésuite François de la Chaise , depuis trente-cinq ans confesseur du roi, sur l'esprit duquel , en ce qui coneerne la religion, il avait acquis le môme pouvoir que ce monarque exerçait dans les matières civiles et politiques (1). Il e'tait à la veille de voir accompli le souhait qu'il avait fait de ne point mourir qu'il n'eût vu Port-Royal-des- Champs détruit. Michel le Tellier, son confrère et son successeur (2) , eut la satisfaction de voir cette œuvre consommée le 1 1 juillet de la même année , par le décret du cardinal de Noailles, archevêque de Paris , qui supprimait ce monastère et le réunissait à Port-Royal de Paris.
Toutes nos ressources semblaient être épuisées en 1710 (5) , et les ministres se trouvaient dans le plus grand embarras pour fournir aux frais de la guerre. La générosité des commerçants de Saint- Malo vint au secours de Pétat par le prêt d'une somme de trente-trois millions. Elle servit à supporter les nouveaux revers
(i> k Le P. la Chaise, dit nn écrivain qui se pique d'impartialité , aimait » )e luxe et les plaisirs plus qu'il ne convenait à un religieux, et surtout au » confesseur du toi. Les mécontents (pi reprochèrent souvent ses maisons do » campagne, ses équipages, ses repas, les richesses qu'il répandait sur sa famille. m Madame de Main ictfOn , peu amie des Jésuites . quoi qu'ennemie des Jansé- » ni* tes , lui attribua long-ietus la tiédeur de Louis XIV. Celte dame le trouvait » faux et beaucoup trop familier. » Ha (dit-elle dans une lettre au cardinal do Noaillcs ) plus de talent pour le mal que pour le bien. Cela peut-il être autrement, quand les intentions ne sont pas droites ? ... Il fait de grandes doléances au roi..... Il surprend sa bonté par de tels discours. Et dans une autre lettre : Le P. de la Chaise , dit-elle , m'est venu voir, il était gai , libre à sa manière; U visite avait plus l'air d'une insulte que d'une honnêteté.
(a) Le P. le Tellier , suivant le même écrivain, « était un homme de moeurs » pures et sévères; mais ardent, inflexible, couvrant ses violences sous un » flegme apparent, aussi attentif à cacher ses menées qu'a les faire réussir. U » fut long-tcuu le dénonciateur des Jansénistes en attendant qu'il en devint io » persécuteur. C'est à lui qu'on attribue la première idée de la fonrberie du » Dotai, si ressemblante à une perfidie. Devenu confesseur du rot, il Ht, » ajoute-t-il, tout le mal qu'il pouvait taire dans cette place, où il est trop . » aisé h un homme vindicatif, 00 faussement zélé, d'inspirer ce qu'il veut et » de perdre ses ennemis ».
(3) « Dès le commencement de la guerre on eut recours à des expédients » momentanés qui mettent bientôt dans la nécessité d'en chercher d'autres, et n dans l'impuissance d'en trouver , sans se ruiner de plus en plus. On avait » remis la capitation : on donna des édits bursaux , on les multiplia. C'était m presque tous les jours des créations d'offices, de rentes, de nouveaux gages, etc. » On ht une réforme des monnaies, et le marc d'argent , qui, en 1700 , était m a 3i livres 10 sous, fut porté a 34 livres 4 tous en 1702. Enfin on imagina
que uoas essayâmes cette année. Dans les Pays-Bas , le prince Eugène , à la tète des alliés , passe ta Scarpe la nuit de Pâques (ao avril). Un oflicier, transporté de joie, lui dit : Monseigneur, je compte que dans peu nous serons à Bayonne. Oui, monsieur, répondit le prince, il n'y a seulement qu'à demander un passeport pour aller et pour revenir. Deux jours après, les allîe's in* vestissent Douai. M. Albcrgotti défend la plaee avec toute la valeur et l'intelligence qu'on pouvait désirer. Mais le maréchal de Villars ayant en vain tenté de forcer les retranchements des ennemis pour lui porter du secours , il est contraint de se rendre le a5 juin , après cinquante-deux jours de tranchée ouverte. Le a5 juillet , fin des conférences de Gertruidenberg , près de Bréda , pour la paix. Elles s'étaient ouvertes au mois de mars. Le maréchal d'Uxclles et l'abbé de Polignac , plénipotentiaires de France, y poussèrent l'humiliation jusqu'à promettre que le roi donnerait de l'argent pour détrôner Philippe Y. Ils ne lurent point écoutés. On exigea que le roi se chargeât lui-même d'oter la couronne à son petit-fils par la voie des armes , et cela dans deux mois. Cette demande absurde fit dire au roi : Puisqu'il faut que je fasse la guerre , j'aime mieux la faire à mes ennemis qu'à mes enfants. Les conférences alors furent rompues, et la guerre continua. C'est ce que désiraient le prince Eugène , Marlborough et le pensionnaire Hcinsius , mal^c le besoin que les puissances
m nn moyen qui pouvait àlte d*nne grande ressource h l'état obéré , ai on en » usait avec modération *, mais il devait achever la raine des finances si on en » abusait, et on en abusa bientôt. On introduisit des brllcts pour suppléer »> dans le commerce an défaut de l'espèce. Il furent d'abord reçus sans aucune » défiance de la part du public. Il importait d'entretenir celte confiance. Il » fallnit donc les répandre avec mesure , et, les proportionnant à une somme » qu'on aurait mise a part, se trouver toujours en état d'en rembourser une »> grande partie. Mais il parut si commode de payer en biUeis, el de fournir à » toutes les dép«u*es avec du papier, que le gouvernement n'obtcrva point m colle proportion. Il y eut bientôt beaucoup de billets dans le commerce , m et poiut d'arpent dans la caisse. Les papiers perdirent leur crédit , le gou- » vernement bt banqueroute , et les nuances tombèrent dans le plus grand »> désordre. Ajoutons à ces abus , les varia liou* continuelles des monnaies. 11 •> y eut une nouvelle réforme en 1704* On baissa les espèces successivement en » 1705, en 1706, en 1708 et au commencement de 1709; et, dans celte » dernière année, on les haussa tout a-coup , en sorte que le marc d'argent » fui porté à qaaraute livres. » (Condillac*) C'était a Michel de Chamiflard qu'on imputait principalement nos malheurs. De conseiller au parlement, créé, malgré la conviction où il était de sa faiblesse et de son incapacité, contrdleorçénéral en 1690, et ministre de la guerre en 1707 , un seul de ces emplois éiait capable de l'écraser, elles deux, réunis sur sa wîte, mirent le royaume à deux doigts de sa perte. Les cris du public le firent destituer du premier en 1708, et il se démit du second l'année suivante-, honnête homme d'ailleurs, et qui n'eût point eu d'égal avec tes talents de Colbcrt el de Loùvois.
belligérantes avaient également de la paix. Le 26 août, les allies *c rendent maîtres de Béthnne par capitulation , après trentedeux jours de siège. Le 19 septembre , M. de Havignan de'fait ua corps considérable des alliés, qui conduisait un convoi sur la. Lys; le comte d'A.tlone, qui commandait le convoi, est fait prisonnier avec neuf cents hommes. Les alliés prennent , le 59 septembre, Saint-Venant. M. de Guébriant rend la ville d'Aire le 9 novembre, et le cinquante-unième jour de siège. En 'Espagne , le 27 juillet, combat d'Alménara ; les alliés, commandés par £>tanhopc , y eurent l'avantage sur l'armée espagnole qui se retira en bon ordre. i5 août , les ennemis, avant attaque à Penalva l'arrière-garde du roi , sont repoussés. Le 7.0 août , le comte de Starcmberg gagne la bataille de Saragosse contre le marquis de Bayf ce qui oblige la cour de quitter Madrid , le 5 septembre, pour se retirer à Valladolid : l'archiduc Charles est reçu dans Madrid , où il essuie tous les dégoûts imaginables (1). Personne ne veut le voir ; les habitants s'enferment dans leurs maisons ; on ne daigne pas ramasser l'argent qu'il fait jeter dans les rues. Ayant fait dire au marquis de Maucera , président du conseil de Castille , vieillard plus que centenaire, de venir lui baiser la main , il reçoit pour réponse : « Je n'ai qu'une foi et un roi qui est Phi- » lippe V, auquel j'ai prêté serment de fidélité. Je reconnais » l'archiduc pour un grand prince, mais non pour mon souve- » rain. J'ai vécu cent ans suis avoir rien lait contre mes devoirs. m Pour le peu de jours qui me restent à vivre , je ne veux pas w me déshonorer «. L archiduc irrité veut livrer la ville au pillage. Le généreux Slanhope s'oppose à cette vengeance aussi cruelle que peu politique. « Eh bien, dit Charles, puisque nous » ne pouvons la piller, abandonnons-la «. L'approche du duc de Vendôme rendait celte retraite nécessaire. Ce grand général , depuis ses démêlés avec le duc de Bourgogne , était resté daus l'iuacliou et la disgrâce. Il eu fut tiré après la journée de Sara-
(1) Les sacrilège» énormes dont les hérétique* qui accompagnaient l*archiduc, souillaient sa marche, étaient ce qui Mtu'cvait le plus le» Kspagnolt contre lui. Dans le coin d'une maison où ils avaient logé « on trouva, dit lo » marquis de Saint-Philippe \ un lin^o dans lequel ils avaient enveloppé » quelques hostie* qui marquèrent de *uig Ce linge eu six endroi s, et y lais— » serent la forme de six hosties très-bien enq>r< in les. Ce linge, quoique lave » plusieurs tois, n'a pas laissé de cons< r*cr re;te impression. iNou> l'axons vu, n ajoute cel auteur, el baisé respectueusement de nos propre» lèpres. Depuis, » il a été vu «le mc'inc de plusieurs qui retournèrent en Ca> tille a««c le roi; et » le duc de Montellano le (il laver onze fois e«t sa présence, sans qu*<l peidit » jnmars la vive impression «le ce sang divin. Ltt témoins, j ré* ni* a l'ou- » verturc <le ce liugc, ont attesté avec serment qu'ils en virent couler ce sang » <1« unis en itiui. » (Aitm. du marquis de Saint-Philippe , T. Il , p. 3^6. )