‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 34 sur 146 · VI · texte numérisé non relu

VI

5i2 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

gosse ♦ et envoyé au secours de Philippe V. Ayant joint ce prince, il le ramène à Madrid , où il entre, le 5 décembre, aux acclamations de tout le peuple. L'ennemi se relire vers le Portugal. Le duc le poursuit , passe le Tagc à la nage , fait prisonnier le 9, dans Brihucga , le général Stanhope avec cinq mille anglais , atteint le n^ème jour le général Slarcmherg à Villaviciosa , et le lendemain lui livre la bataille qui porte le nom de ce lieu. Philippe V, qui n'avait pas encore combattu avec ses autres généraux , se met à la tète de l'aile droite de nuire armée, dont le duc de Vendôme prend la gauche. Il remporte une victoire complète sur le çéuéial ennemi, qui fit une très-belltfretraitc. On prétend qu'après la bataille, le roi n'ayant poiut de lit , le duc Je Vendôme lui dit: Je vais vous faire le plus beau lit sur lequel ja-nais souverain ail couché ; et il lit faire un matelas des étendards et des drapeaux pris sur les ennemis- Cette victoire eut les plus heureuses suites , et affermit pour toujours la couronne d'Espagne sur la tôle de Philippe V (1). Sur mery les Anglais descendent, le 25 juillet, au port de Celte, dans le Languedoc, et sont chasses le 3o par le duc de Nouilles , qui était au Boulou , sur le Tech , en Roussillon , avec son armée, lorsqu'il apprit cette nouvelle. Le peuple de Paris , lui manda madame de Maintenon , dit que si vous êtes arrivé le jour au on marque , le diahle vous a porté.

Que la Providence sait bien se jouer, lorsqu'il lui plait, de* systèmes politiques les mieux combiués I Celui qu'avaient formé les alliés et pour lequel ils ne cessaient de combattre depuis dix an%, s'évanouit par la mort de l'empereur Joseph, arrive'e le 17 avril 1711. Dès-lors il ne fut plus de leur intérêt ni de celui de l'Europe entière, dont ils prétendaient maintenir l'équilibre, de contribuer à mettre la couronne d'Espagne sur la tète de l'archiduc Charles, depuis qu'il était devenu l'héritier et le successeur de l'empereur Joseph , sou frère. N'eût-cc pas été eu effet détruire la balance et faire revivre la puissance énorme de Charlea-Quint, que de réunir toute la succession dejec prince dans la main d'un seul? Mais la vieille haine coutre le nom de Louis XIV, prévalut sur ces considérations , et fut l'unique motif qui fit continuer la guerre. En Espagne, le 4 janvier, Philippe V entre triomphant dansSaragosse , que Slarembcrg avait abandonnée quelques jours

(1) Vendôme eut, pour prix de ses victoire*, les honneurs de prince du rang. Philippe lui dit : Je vous dois la couronne. Vendôme, qui avait des jaloui, quoiqu'il ne le fut de personne, répondit : Votre majesté a vaincu ses ennemis ; fai vaincu les miens. Louis XIV , a la nouvelle de cette victoire, s'écria: V oilà ce que c'est qu'un homme de plus , luisant allusion à ce qu'une grande princesse avait dit avec dédain eu voyant Vendôme partir pour 1 Espagne: C' sera un homme de plus.

auparavant. Plusieurs autres villes lui envoient leurs clefs, /.e duc de Noailles (depuis maréchal en 1734), prend d'assaut la ville basse de Girouue le 2D janvier, et la ville haute se rend le 25 par capitulation : le gouverneur, n'ayant point e'te' secouru , évacue les forts de la montagne des Capucins le 5i. La prise de cette ville obligea les habitants de la viguerie de Vie, par où avait commencé la révolte en Catalogne , à donner des quartiers de rafraîchissement aux troupes françaises. Le a5 février, les alliés abandonnent Balaguer, sur la Scgre , à l'approche d'un détachement de l'armée espagnole. Le marquis d'Arpajon achève la conquête de l'Aragon le 16 septembre, par la prise du château de Vénasque. Le comte de Muret emporte la ville de Cardonc le 17 novembre , et attaque ensuite le château dont il lève le siège le 24 décembre. Dans les Pays-Bas , le 28 mai, le comte de Villars ruine les écluses de Harlcbek, sur la Lys. Le 12 juillet, le comte de Gassion défait un corps considérable des ennemis cutre Arleux et Douai. Le 25 , le maréchal de Montesquiou emporte d'assaut, eu six heures, le fort d'Arleux. Le i3 septembre , les alliés s'emparent de Houchain ; Marlborough termine , par ecttp conquête , sa dernière campagne. (11 fut rappelé par la cour d'Angleterre , dout les vues se rapprochaient autant de la paix que les siennes en étaient éloignées). Pendant le siège de Bouchain le maréchal de Villars harcela les ennemis , remporta divers avantages sur eux par les détachements qu'il envoya, et leur enleva trois généraux , le général d'Erbach, le major-général Bork, et le major Vassenaer. Il ne se passa rien de considérable cette année eu Allemagne , ni du côté de la Savoie. Sur mcrt M. Saus enlève aux Anglais , le 16 janvier, presque tonte la flotte de Virginie. Au mois de septembre» M. du Guai-Trouîn fait une descente à Rio- Janeiro, dans le Brésil; appartenant au,x Portugais ; il s'empare de la ville et des forts le *j5 septembre, après onze jours de sie'ge , et oblige le gouverneur de lui payer six cent dix mille crusades pour racheter la ville. Cette expédition coûta vingt-cinq millions anx Portugais. La mort de plusieurs grands couvrit de deuil , cette année , toutes les cours , mais surtout celle de France , par la perle qu'elle fit de M. le dauphin. Ce prince , dont le caractère excellent était perfectionné par la réforme qu'il avait faite depuis quelques années dans sa conduite, mourut de la petite-vérole à Mcudon , le 14 avril , et le quatorzième jour de sa maladie , dans sa cinquantième année, laissant de Marie Anne de Bavière , son épouse , trois princes , M. I#dnc de Bourgogne, Philippe V, roi d'Espagne, et M. le duc de Boni. L'aîné de ces enfants prit, après la mort de son père, la qualité de dauphin de France au lieu de celle de dauphin de Yicuuois , que ses prédécesseurs avaient eue.

3^4 CBR0N0L0C1E HlSTOrtlQCE

Il n'en îouit pas long-tcrns. L'an 1712, une même maladie? (la rougeole) après lui avoir enlevé' la daupliinc , son épouse, le 12 février , le mît lui-même au tombenu le 18 de ce mois , et ravit / le 8 de mars suivant , le duc de Bretagne , leur fils, à l'âge de cinq ans. La vie de leur autre fils, Louis, ducd'Anjon , fut aussi pour lors en danger. Louis XIV , familiarise depuis plusieurs années avec l'adversité*, soutint ces pertes avec sa grande.ur d'Ame ordinaire. Un remarque que chaque jour qu'elles arriveront , il ne manqua pas d'aller à la chasse pour dissiper le chagrin qu'elles lui causaient. La mort, tandis qu'elle moissonne la famille royale , emporte, le 25 fe'vrier, le maréchal de Câlinât , dans sa soixante-quatorzième année , à sa terre de S. Gratien , où il vivait retire deruis 1702. On a dit de lui qu'il eût e'te bon ministre, bon chancelier, comme il e'tait bon général. C'était un génie universel sous un extérieur très-simple (1). Des jours sereins commencèrent à briller sur la France après Ja longue tempête qu'elle avait essuyée. Dès l'année précédente elle entretenait avec l'Angleterre une correspondance secrète qui rapprochait insensiblement ces deux pni*stnces , et prépara des conférences pour la paix générale , qui s'ouvrirent à Utrecht le 29 janvier 1712. Mais elles ne suspendirent pas les hostilités. Le 2 mars , les ennemis s'emparcut d'un faubourg d'Arras, cl en sont chassés. Le 3o, le comte de Broglie t envoyé par le maréchal de Montesquion , se rend maître du poste de l'Ecluse , sur la Sensée , près d Arlcux. Le 4 juillet , les ennemis prennent le Quesnoi. Le 17 , le duc d'Ornioud, général des Anglais, f-c sépare de l'armée des alliés , et fait publier une suspension d'armes avec la France, pour deux mois. Le 19, la ville et les forts de Dunkerque sont consignés aux Anglais, eotif irmémenl au traité lait avec la reine Anne Le 24, M. de Villars, ayant fait prendre le change au prince Eugène , tombe inopinément sur dix-sept bataillons retranchés à Dénaiu. A pciue

(1) Il < tait bi modeste et si désintéressé, qu'il n'employa jamat** l'intrigue pour parvenir aux récompeiiire* qu'il obtint. Le roi, l'ayant compri* dau» U promotion qu'il fii de maréchaux de France en i6qJ, du, en lUum *on nom tlnus la liste qVoti lui apporta ; C'est bien la Ve>tu couronnée. 1 atinal était »U»r» «n fit mont- Etant venu eiiMiiie a la cour, il y rendit compte au roi tU% opération» de sa campagne cl de se** projet*» pour la suivante. 'est a s tes, me parier dentés ojjai es% lui dit le monarque après l'a\oir long-lents cotcoflu-, comment sont Us vôlies? Fort ùi>n, àtte, répond -il; grâce aux toutes de voue rno/esié. /'o'/ii, s'écria le roi eu se tournant vet» le» conrttsaos, /e prunier homme qui m'ait tenu ce langaçr.. Ln i-oj , le roi le n ont tua pour ctfc de ses ordres; in lis il re<usa cet liouii':ur. Ses p .reut-» s'ttant p'aiiu* amèrement a lui de ce refus \ Eh ùieny leur dil-il, effacez-moi de vobe #é~ ncaloçic*

i?chappc-l-il quatre cents hommes de cette attaque ; tout le reste fut pris , tue ou noyé ; le comte d'Albemar fut du nombre des prisonniers, et le comte de Dhona périt dans PEscaut. Le prince Eugène arrive à la fin du combat , perd quatre bataillons à l'attaque de la redoute qui couvrait le pont de Prouvi , et se voit oblige' de renoncer à cette entreprise qui aurait fait périr le reste de son armée. Les suites de l'heureuse affaire de De'nain , que le chevalier Folard appelle Vornement et la couronne du maréchal do Villars , furent la prise de Mortagne et de S. Arnaud par le comte Albergotti , le 26 juillet ; celle de Marchienues , où étaient les magasins des ennemis , le 3o , la levée du siège de Landrecies, que le prince Eugène fut obligé d'abandonner le 2 août. M. de Villars , continuant de profiter de sa victoire , investit Douai au commencement d'août ; il se rend maître , le ?6 du iort de Scarpe , et du corps de la place , le b" septembre. Le 4 octobre , il oblige la garnison du Quesnoi de se rendre à discrétion ; enfin, il termine par la prise de Bouchain , le 19 octobre , sa glorieuse campagne , qui fit perdre aux alliés tous les avantages qu'ils avaient remportés les six années précé-> dentés. Les Hollandais, voyant par ces succès de la France leurs espérances dissipées , reconnaissent enfiu qu'ils ne peuvent soutenir la guerre sans le secours de la Graude-liretagne. Ils veulent renouer avec la France les conférences qu'ifs avaieut interrompues depuis long - teins , et leurs plénipotentiaires viennent supplier ceux de Ja. reine Anne d'employer leurs bons offices à cet effet. Aous prenons la figure qu'avaient à Gertruidcmherg les Hollandais , et ils prennent la nôtre, écrivait l'abbé de Polignac , c'est une pleine revanche. Le comte de Senzendorjf sent bien vivement sa décadence: En Allemagne, il ne se passe rien de considérable. En Espagne , la mort enlève au roi Philippe un de ses plus grands appuis , Louis- Joseph, duc de Vendôme. Ce prince mourut d'une indigestion ; le 1 1 juin, à Yignaros, dans le royaume de Valence, à l'Age de cinquante-huit ans. Arrière- petit- fils de Henri IV , il se montra digue de son origine par ses talents éminents pour la guerre , par son courage , et par la bopté de son cœur. Malgré cri l e perte, le roi Philippe V conserve sa supériorité sur le parti de son rival , qui s'affaiblit de jour en jour. Le 5 novembre , il signe un acte de renonciation à la couronne de France , pour lui et pour ses descendants. Par cet acte , et au défaut d'cntanU maies dans la maison de Bourbon, celle de Savoie est appelée au troue d'Espagne.

Enfin, l'an 171b, la France conclut sa paix, par différents traités signés à Utrecht, le 11 avril; i° avec la Grande Bretagne, ù trois heures après midi; 2e avec le duc de Savoie, à

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quatre heures ; 5° avec le roi de Portugal , à huit heures ; 4* »*ee le roi de Prusse, à minuit; 5° avec les états-généraux , à une heure et un quart Chacun de ces traités renfermait des conditions particulières. L'empereur, et quelques princes de l'empire, ayant refuse d'accepter le plan général de la pacification , la guerre continue en Allemagne. Le maréchal de Villars commande l'armée de France, et le prince Eugène celle de l'empereur. Le 22 juin , le maréchal de Bezons investit Landau , et ouvre la tranchée la nuit du 24 au 2$ ; la place, défendue par le duc de Wurtemherg, se rend le 20 août. Le 20 septembre, le général Vaubonnc est forcé dans ses retranchements , par le maréchal de Villars , qui forme ensuite l'investissement de F ribourg : la ville est prise à discrétion le premier novembre 5 le château et les trois forls se rendent le 16 du même mois. En Espagne, l'impératrice sort de Barcelonnc, et s'embarque, \e 18 mars, pour venir en Allemagne. Le io juillet, le comte de Staremberg , avec le reste des troupes allemandes, quitte l'Espagne : ainsi le roi Philippe n'a plus de concurrent qui lui dispute sa couronne, et il demeure maître de son royaume, malgré les efforts qu'on avait faits pour le lui enlever : mais les Barcelonais, qui s'étaient soulevés en sa faveur contre l'impératrice, dans le tems même qu'elle était encore à Barcelonue, se soulèvent contre lui , après le départ de celte princesse et celui du comte de iJtarembVrg , et déclarent la guerre à la France et au roi Philippe. Affaires. ecclésiastiques. Le roi , sollicité, pressé par son confesseur, demande au pape Clément XI, une bulle pour flétrir le livre des Réflexions morales sur te Nouveau Testa— ment ; ouvrage muni de l'approbation du cardinal de Noaillcs , dans les différentes éditions qui en avaient paru. Clément , admirateur, dit on , de ce livre, avant son pontificat, en petisiit depuis comme les Jésuites, et l'avait même déjà prosent en 1708, par un décret que le parlement supprima. Craignant potir la nouvelle bulle, qu'on lui demandait , un semblable accueil , il hésita quelque tems à l'accorder. Mais sur l'assura nue que le roi lui donna d'employer toute son autorité pour faire exécuter son jugement , il publia , le 8 septembre , la fameuse constitution l'nigenitus , par laquelle il condamne cent et une propositions tirées du livre dont il s'agit , avec vingt qualifications indéterminées. Un courrier Tayaut apportée en France le 24 du même mois, sa majesté assemble, le 16 octobre suivant, les évêques qui se trouvaient à Paris, au nombre de quarante , pour la faire recevoir. Les séances de l'assemblée durèrent jusqu au 5 février suivant. Il en résulta une acceptation , accompagnée d'une instruction qui renferme, des explications : c'est ce qu'on nomme l'instruction des XL. Le cardinal de Nouilles , présideui

de l'assemblée , et huit évoques , refusèrent de prendre part à cette délibération. Leur avis était de prier le pape d'expliquer lui-même sa bulle avant que de la recevoir. Sa majesté leur ordonna de se retirer dans leurs diocèses.

Le roi , déterminé à subjuguer tous les opposants à la bulle Unigenitus, donne, Tan 1714» des lettres*patentes pour la faire accepter dans tout le royaume. Elles sont enregistrées le i5 février, avec des modifications pour Us propositions qui regardent la matière de l'excommunication. Ce fut alors que le père leTellier déploya toute l'impétuosité' de son caractère , pour faire exécuter les volontés qu'il avait inspirées au roi. Pourvu de la feuille des bénéfices , et muni de lettres de cachet iju'il avait ii discrétion, il grossit aisément son parti, pir l'&fjÉjt des récompenses et la terreur des châtiments. Les réfracfflres furent punis par l'exil ou l'emprisonnement, et le nombre en devint considérable. La France perd, le 4 ma* de cette aimée, un de ses princes , Charges, duc de Berri , qui meurt dans la vingthuitième année de son âge. Le 2 août, le roi fait enregistrer, du parlement , un édit par lequel le duc du Maine et le comte de Toulouse, ses fils légitimés, et leurs descendants, sont appelés à la couronne de Frauce, en cas que tous les princes légitimes viennent à manquer. Le même jour , à la sollicitation de ces priuces et d'autres personnes accréditées, qui redoutaient le duc d'Orléans, le roi fait son testament, et l'envoie cacheté au parlement , avec un édit portant défense de l'ouvrir avant sa mort. L'édit est enregistré le 29 août , et le testament déposé au greffe. Le roi n'y faisait pas grand fonds. On a voulu abso-* lument que je le fisse , dit-il à la reine d'Angleterre , qui était venue lui en faire compliment , mais dès que je serai mort , il n'en sera ni plus ni moins. (Mèm. de Barwick,T. II, p. 244.) Pour remplacer le port de Dunkerque, que le roi, par le traité d'Utrecht , s'était obligé de démolir, on en faisait construire un autre à Mardick. L'ambassadeur d'Angleterre fait à ce sujet au roi des plaintes , accompagnées de menaces, dans une audience particulière qu'il avait obteuue. Monsieur l 'ambassadeur t lui répond, à ce qu'on prétend, le monarque, après l'avoir écouté tranquillement, foi toujours été le maître chez moi , quelquefois chez les autres ; ne m'en faites pas souvenir. En Allemagne , le traité de paix entre le roi et l'empereur, est signé le 6 mars à llastadt, par M. de Villars (1) et le prince Eugène, ensuite à

(1) Villar* dit au priuce Eugène, dan» leur premier «-ntretien : Monsieur, nous ne sommes pas ennemis. Vos ennemis sont à Vienne , et les miens à Va tailles. 11 avait autrefois dit au roi quelque chose de semblable eu pariant

Bade, en Suisse , le 7 septembre ; et la paix publiée a Paris te 0 novembre. En Espagne , la re'volte continue en Catalogne , et les rebelles font beaucoup de ravages- On ne vit jamais- de plus grands efforts que ceux que firent les Barcelonnais pour se défendre; mais enfin, après un long siège, et la plus opiniâtre résistance , se voyant forces dans tous leurs postes, ils se rendent à discrétion, le 12 septembre , au maréchal de Barwick. Il ne reste plus de rebelles a soumettre que les Majorquius; ils furent domptés , Tannée suivante, par le chevalier d'Asfeld- Ce

Î général , ayant débarqué à l'île le 16 juin , acheva de la réduire e 2 juillet 1715, par la prise de Palma , la capitale.

On vit ajriver en France, Pan,, 1715, un ambassadeur du roî de Persejlsjpi eut son audience du roi le 19 février. L'alliance avec les cantons catholiques de Puisse , et le Vallais , fut renouvelée , le 9 mai suivant. La santé du roi commençait deslors à se déranger, et ses forces, diminuant de jour en jour, annonçaient une fin prochaine. Elle arriva le premier septembre, au château de Versailles ; ce monarque étant âgé de soixantedix-sepl ans moins trois jours. Ce prince montra dans ses derniers- moments beaucoup de grandeur d'àmc et de résignation . et donna de très-bons conseils à l'héritier du trône. Mais il est fâcheux qu'il ail suivi jusqu'au tombeau ceux du père le Tellier, et que, par déférence pour ce fougueux directeur , il ait refusé t contre sa propre inclination , de voir son archevêque , le cardinal de IVoailies, qu'il tenait éloigné de la cour (1).

N'osant entreprendre le portrait de ce monarque , nous nous bornerons à cette esquisse légère. La nature semblait avoir formé Louis XIV pour le trône , et s'être plue à lui prodiguer les qualités qui constituent le grand roi. C'était l'un des plus beaux hommes de sou royaume , et celui dont le port étalait plus de majesté. Pour le distinguer parmi la foule des courtisans qui l'environnaient, un étranger n'avait pas besoin qu'il lui fût indiqué. Tout annonçait le roi dans sa personne au premier coup-

potir l'armée : Site , je vais cotnt>allre vos ennemis , vt je vous laisse au milieu des m ens l'ius le mérite a d'éclat, plus il doit se couvrir du voile de U modestie, pour ne pas blesser la vue laible de* jaloux.

(1) u Ce monarque, si adoré vivant, fui presque abandonné dans sa dernière « maladie, des 411 elle Put jugée mr<rtelle- Le H. le Tellier même le livra au m curé, lorsque ce jésuite n'eut pins rien à prétendre pour lui et sa société, « après «'être fait nommer conicsseur et sous -précepteur du roi futur. Il eu « vr.ii que Louis XIV avait refusé de nommer aux bénéfices vacants sur la liste « que Je Tellier le pi essai t de nommer avant sa mort. »

( Pièces Intérêts-, i» 1 , p. 91. )

DES ROIS DE FRANCE. Znj

«l'œil. La prëeminciice qu'il avait sur «ses sujets, par la figure, e'tait soutenue par d'autres talents plus rc'cls. Personne ne le surpassait en adresse pour les exercices du corps , et u'y de?— ployait plus de grâces. Dans le commerce , il était l'homme le plus poli de sa co.ur, celui qui parlait le pjus à propos et le plus correctement. On a dit de lui qu'il m? pouvait pas plus souffrir un mot hors de sa place , qu'un soldat hors de son rang. Knnemi de la raillerie, qu'il regardait comme un poison daus la bouche d'un roi , il ne se la permit jamais dans ses discours, qu'il assaisonnait d'ailleurs de là plus fine urbanité. Sans e'ludc , il avait le goût sûr pour les arts libe'raux, cl ne confondait jamais le grotesque avec l'imitation de la belle nature. Qu'on ni ôle ces magots , dit-il un jour en voyant une tapisserie de Teniers , qu'on avait mise en son absence dans son appartement. A la tète du conseil , son avis e'tait ordinairement le plus judicieux et celui qui entraînait les autres, moins par déférence que par conviction. Rarement il fut trompe' dans le choix de ses ministres et de ses généraux. Qu'y avait-il dmc à désirer en Iti , depuis qu'il était revenu des écarts de la jeunesse, pour eu Faire nu monarque accompli? moins d'amour pour le faste et la vaine gloire, moins de hauteur envers ses voisins, plus de tendresse pour ses peuples , une confiance moins aveugle en des hommes intrigants , qui se paraient faussement du zèle de la religion , pour jeter le trouble dans l'église et l'état. On a donné sou nom au siècle où il a rëgnë ; distinction bien mërite'e par les progrès étonnants que les sciences, les arts et le commerce firent tous la protection qu'il leur accorda. Il eut de la reine, son épouse, trois princes et trois princesses, auxquels il survécut; Louis, dauphin de France, né le premier novembre 1661, mort le 14 avril 1711 ; Philippe de France , duc d'Anjou, no Je 2 août 1668, mort le 18 juillet ib>i ; Louis-François de France, duc d'Anjou, né le 14 juin 1^72 , mort le 4 novembre suivant; Anne-Elisabeth de France, née le 10 novembre 1662 , morte le 3o décembre suivant; Marie- A nue de France , née le iG novembre 1664 , morte le 26 décembre suivant ; Marie* Thérèse de France, née le 2 janvier 1667 , morte le premier mars 1672. Louis XIV fut père de plusieurs enfants naturels, dont les principaux sont Louis, comte de Vermaudois , mort en 168*) ; Marie- Anne, dite mademoiselle de Blois, mariée au prince de Conti, et morte en 1709. (Cesdeuxenfanis eurent pour mère la duchesse de la \ allière,qui se fit carmélite eu 1670 et mourut en 1710.) Louis- Auguste , duc du Maiiie* mort en 173(1; Louis- César , comte de Vexin , abbé de Saint-Denis et de Saint- Germain-des-Prés , mcTt en i6vS5; LoiuV Alexandre , comte do Toulouse, utort

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