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DES ROIS DE FflÀKCt. 535
comme tiniés. En conséquence , le 4 août, déclaration da roi qui ordonne l'observation et J'.e*écution de la bulle Unigenitus ,avec défense d'en appeler. EHe est enregistrée , le 25 septembre , au grand conseil , en présence du régent. Le 4 décembre, le parleraient , séant à Pontoise , l'enregistre pareillement , mais avec des modifications. Il est rappelé le 16 décembre , et reprend ses séances le 21 . L'accommodement ne fut point du goût des quatre évéqnes appelants; pour le contredire, ils renouvelèrent, la 10 septembre, leur appel. Cet exemple fut suivi de plusieurs ecclésiastiques du. deuxième ordre. Affaires do finances. La 5 janvier, le sieur Law est nommé contrôleur- général , après avoir fait abjuration de la religion protestante entre les mains de l'abbé de Tcncin , depuis archevêque et cardinal. Le 21 mai» édit pour la réduction graduelle , de mois en mois , des billets de banque et des actions de la compagnie des Indes. Ce foi l'époque de la chute du système de Law. En vain on révoqua ce* édit six jours après, sur la réclamation générale de la nation et les remontrances du parlement : les actions et les billets perdirent la confiance du public sans retour. Chargé de leur masse entière , le gouvernement se retrouva par là au premier pas , et , semblable, dit un homme d'esprit, à un voyageur <jui s égare, et revient, après une longue fatigue , au point d'où il était parti. Le 29 mai , fe conseil donne un arrêt qui remet en circulation les espèces d'or et d'argent. Le So juillet, édit qui porte le marc d'argent à cent vingt livres , et celui d'or à dix-huit cents livres. Cette augmentation ne dura que jusqu'au 1 septembre , et depuis ce jour jusqu'au 16 octobre , les espèces diminuèrent d'un, hui^ tième de quinzaine en quinzaiue. Le 10 décembre, le sieur Law sort de Paris , où il n'était pas en sûreté, et se retire à Bruxelles , d'où il passe à Venise où il mourut le 21 mars 1729, avec les faibles débris d'une fortune immense.
L'année 1721 n'offre point d'autre événement remarquable que l'ambassade de Mehemet Efifendi , envoyé par le sultan Achmet 111, pour féliciter le roi sur son avènement à la cou* ronne. Il fut admis , le 21 mars , à l'audience de sa majesté, et prit congé d'elle le 1 2 juillet suivant.
On vit arriver à Paris, le 29 janvier 1722, Marie- Anne-Victoire, infante d'Espagne , née le 5i mars 1718 , dont le mariage avec le roi avait été conclu l'année précédente. Le roi , qui faisait sa résidence à Paris depuis le mois de décembre 1715, en part le 1 5 juillet pour aller demeurer à Versailles. Le 22 août Dubois, fait cardinal en 1721 , est nommé premier ministre. Le 25 octobre , le roi est sacré à Reims par l'archevêque , Armandiules de Rouan- Guwo«o*'e.
Le roi étant parvenu à sa quatorzième année , le t5 février 1723, vieut à Paris le 20» et lient, le 22, son lit de justice au parlement, pour la déclaration de sa majorité'. Le 10 août, mort du cardinal Dubois. Le 2 décembre, Philippe, duc d'Orléans, et ci-devant régent de France, meurt subitement à Versailles dans la cinquantième année de son âge.
On avait indique' à Cambrai, dès le mois de juillet 1720 un congrès dont Pobjef principal e'tait de terminer les différents de Pcmpcreur et de l'Angleterre avec l'Espagne. 11 ne s'ouvrît que le 26 janvier 1724.
L'aimée suivante (i72.5) le roi jugeant, par l'avis de son conseil, qu'il est du bien de l'état de se procurer incessamment des successeurs, fait reconduire l'infante en Espagne, à raison de sa trop grande jeunesse. La princesse étant partie de Versailles le 5 avril , est remise le 17 mai , à Saint-Jean-Pied-de-Port , entre les mains des personnes chargées de la recevoir par la cour d'fcspagne ( Bile a épousé depuis le roi de Portugal ) Le roi d'Espagne, mécontent de ce procédé, rappelle de ('ambrai sou plénipotentiaire. Le congrès par là fut rompu. Le 5o , la reine Louisc- Eiisabeth d'Orléans , veuve de Louis 1er , roi d'Espagne , arrive à Vincennes , où elle est reçue avec les honneurs dûs à une tète couronnée ; elle fixa sa demeure en France , et ne retourna plus en Espagne. Le 27 du même mois , le roi déclare son raanage avec MAnis-CiiARLOTTE-SoFUiF.-FKLiciTji Leczinska , née le a3 juin 1703, fille unique lors de son mariage, de e^icolas-Slauislas Leczinski , élu roi de Pologne le 12 juillet 1704, et de Catherine, comtesse de Bniu-Opalin*ka. Le 1 5 août, M. le duc d'Orléans épouse la princesse à Strasbourg , au nom du roi. La cérémonie se fait par le cardinal de Rohan. Le 4 septembre suivant, le roi et la reine reçoivent, à Fontainebleau, la bénédiction nuptiale du même cardinal.
11 y eut dans les monnaies y. en 1726, un changement considérable qui fait époque dans notre histoire. Le 26 mai , par arrêt du conseil , le louis d'or fut porté de vingt livres à vingt-quatre livres, et l'écu de cinq livres à six livres. Par un autre arrêt du j5 juin suivant, le prix du marc d'or fin fut fixé à sept cent quarante livres neuf sous un denier, et celui^de l'argent fin à cinquante une livre trois sous trois deniers. C'est depuis cette fixation que les monnaies sout stables en France. Néanmoins il a é!é depuis ajouté successivement au prix des matières une attribution jusqu'à huit deuicrs pour livre en sus de leur valeur; au moyeu de quoi . saiia qu'il paraisse qu'il y ait eu de changement à la loi , le roi fait payer aujourd'hui (1 788), dans les hôtels des monnaies, le marc d'or fin sept cent soixante-cinq livres deux scus
sept deniers trois-cinquièmes, et le marc d'argent fin cinquante* deux livres dix-sept sons quatre deniers un cinquième. Le roi voulant gouverner par lui-même , supprime, le 1 1 juin , le titre de premier ministre. Sa majesté fait en même tems principal ministre d'état M. de Fleuri, ancien évèquc de Frëjus. Le 11 , septembre , ce prélat est élevé au cardinalat sur la nomination du roi.
L'an 1*27 , le 3i mai, les préliminaires de la paix générale sont signes à Paris. Le 14 août , la reine accouche de deux princesses , Louise-Elisabeth , depuis duchesse de Parme , et Annc-IIenriette. Le 16 du même mois, ouverture du concile d'Embrun. Treize éveques , ayant à leur tète Louis Guérin de Tenciii, archevêque d'Embrun, y condamnent, le 20 septembre, Jean Soanen, évèque de Séncz , et le suspendent de ses fonctions, à cause de ses sentiments opposés au formulaire et à la bulle Unigenitus. L'évêque de Séncz appelle de ce jugement, le 22 septembre, au futur concile général. Le 11 octobre, il est relégué , par ordre du roi , à l'abbaye de la Chaise-Dieu , où il est mort le 20 décembre 1740, âgé de quatre-vingt-quatorze ans. Le 5o octobre , consultation de cinquante avocats de Paris , contre le jugement du concile d'Embrun; elle fut supprimée , le 3 juillet de l'année suivante , par arrêt du conseil.
Le cardinal de Noailles et onze éveques , auxquels se joignirent un grand nombre d'eccle'siastiques , prennent hautement la défense de l'évêque de Sénez en 1728; et par une lettre écrite au roi le 17 mars, ces prélats se plaiguent avec force du jugement de l'assemblée d'Embrun. Ce fut un des derniers actes du cardinal. Il mourut le l\ mai suivant , à l'âge de soixante-dix-huit ans. La destruction de Port-Royal, qui semblait devoir Lui attacher irrévocablement les Jésuites, fut, par un singulier effet de la Providence , l'époque des persécutions qu'ils lui suscitèrent durant toute la suite de son épiscopat. A ces ennemis déclarés se joignirent des traîtres qui abusèrent de sa confiance pour traverser les mesures qu'il prenait pour le rétablissement de la paix. Malgré ces contradictions , jamais le clergé de Paris ne fut plus florissant que sous son gouvernement. Affaires potiliyues. Le 14 juin, ouverture du congrès de Soissons touchant les différents qui étaient entre les souverains'de l'Europe. On se sépare, au mois de juin.de l'année suivante, sans avoir rien conclu. Le 19 juillet, M. de Grandpré arrive , avec une escadre, devant Tripoli, qu'il bombarde, sur le refus que fait la régence de donner satisfaction au roi des infractions des traités, commises par les Tripolitains. Une partie de la ville fut ruinée par les bombes. L'année suivante les Tripolitains envoyèrent demander par-
don au roi. Au mois d'octobre 1728, le roi est attaque' de la petite vérole, qui u'eut point de suite fâcheuse (1).
La France , après la naissance de plusieurs filles de Louis XV, attendait avec impatience celle d'un dauphin , et redoublait ses vœux pour l'obtenir. Enfin, le 4 septembre 172$, la reine met au monde ce ftls si désire , et comble par là le royaume d'une joie inexprimable. Les réjouissances finies, le cardinal de Fleuri, de'terminé à faire accepter la constitution Unigenilus par la faculte' de théologie de Paris, fait assembler les docteurs le 24 octobre , et , à la pluralité des voix , obtient un de'cret qui enjoint la signature de la bulle à tous les membres de cette compagnie. Cent docteurs , qui s'opposent à ce de'cret , en sont exclus , et présentent vainement une requête au parlement pour se faire rétablir. Le i5 décembre suivant , nouveau décret de la faculté pour faire signer la bulle à tous les candidats*
Le cardinal , encouragé par ce succès , fait rendre, le 24 mars 1750 , une déclaration au roi , qui renouvelle l'exécution de la signature pure et simple du formulaire , et ordonne que la constitution soit regardée comme loi de l'église et de l'état. S. M. , s'étant rendue le 3 avril au parlement, y fait enregistrer cette loi. Dans le même mois commença le soulèvement des habitants de file de Corse , contre la république de Gèues , à l'occasion des impôts dont on les chargeait, et de la préférence qu'on donnait aux étrangers sur les naturels du pays , pour les charges et les emplois. Cette affaire , comme on le verra par la suite, n'est pas étrangère à la France.
Le roi, l'an 173?., ayant réglé, par une déclaration du 18 août, la manière dont il veut que les affaires publiques soient désormais traitées au parlement , la fait enregistrer, le 5 septembre suivant, dans un lit de justice tenu à Versailles. Elle ordonne , entr'autres choses , que les appels comme d'abus seront portés à la grand'chambre seule, et non aux chambres assemblées. Le lendemain, protestation contre cet enregistrement, suivie, le 7 du même mois , des exils des magistrats des enquêtes et des requêtes. Le 28 novembre suivant, rappel des exilés.
La guerre s'allume de nouveau, l'an 1733, entre l'empereur
(1) Dan* le cours de cette maladie, le cooricr de France ayant manqué un jour en I spagne, Philippe V supposa que le roi, son neveu , était mort. Dan* ce préjugé, il fit aussitôt assembler la junte, et déclara qu'il allait passer en France, avec le second de ses fils, laissant la couronne a Espagne uu prince des Astnries, qui fit, dans la chapelle, sa renonciation en forme a celle de France. Ses ordre» étaient donnés pour partir le lendemain; mais le courier apporta la nouvelle de la convalescence.
ROIS DE DES FRANCE» OSÇp
Charles VI et le roi de France , à l'occasion de la couronne de Pologne. Elle avait e'té déférée au roi Stanislas , après la mort d'Auguste II, par une élection libre et unanime , faite le 12 septembre. L'empereur, ayant forme' un parti en Pologne, fit faire une nouvelle élection en faveur de l'électeur de Saxe. Le roi de France se met en devoir de venger, sur l'empereur, l'injustice faite à son beau-père ; il envoie deux armées , Tune en Allemagne , sous la conduite du maréchal de Barwick, l'autre en Italie , qui devait être commandée parle maréchal de Villars , sous les ordres du roi de Sardaignc. Le 23 juin, le village de Pardines , en Auvergne , fut englouti par la terre ; les habitants eurent le bonheur de se sauver. En Hollande , le marquis de Fénélon , ambassadeur de France , détermine les états-généraux à signera la Haye , le 24 novembre . un traité de neutralité pendant la présente guerre. Ce traité a été regardé comme un chef-d'œuvre de politique. En Allemagne , l'armée française passe le Rhin le 12 octobre. Le 19, la tranchée est ouverte devant le fort de Kcll, qui se rend le 28. Les Français , après s'être assurés des troi» passages du Rhin, au fort de Kell, à l'île du Marauisat , et au pont d'Huningue, commencent, le i3 novembre, a. repasser ce fleuve. En Italie , les troupes du roi ayant franchi les Alpes au mois d'octobre , s'assemblent sous Verceil , M ortare et Alexandrie, avec celles du roi de Sardaignc. Ce prince part de Turin , le 29 du même mois # pour se mettre à leur tête. Il passe le Tésin sans obstacle , reçoit les clefs de la ville et du château de Pavic , où il entre le 4 novembre. Lodi et plusieurs autres places sans défense ouvrent leurs portes. Gcrra-d'Adda est reçue à capitulation, sous la condition quePizzighitonc se rendra le 9 décembre. Le roi de Sardaigne y étant entré au jour marqué, fait ensuite avancer l'armée vers Milan , pour faire le siège du château qui capitule le 3o ; le comte Visconti , gouverneur de la place , sort %vec les honneurs de la guerre , £t se retire à Mantoue.
Les marquis de Maillebois et de Coigni secondaient parfaite* ment les vues du maréchal de Villars en Italie. L'an 17341 le premier s'empare, le 5 janvier, du château de Scravalle , sur les frontières de Gênes , et fait la garnison prisonnière. La nuit du 5 au 6 du même mois, la tranchée est ouverte , par le second , devant Novarre qui capitule le 7. M. de Maillebois investit, le 2C, Tortone , la dernière place du Milanez qtii restait à prendre ; la ville se rend le 28 , et le château capitule le 5 février. Le maréchal de Villars , dont le grand âge n'était plus propre à soutenir les fatigues d'une campagne, quitte l'armée le 27 mai, et reprend la route de France : mais une maladie l'arrête à Turin , et il y meurt le 27 juin, dans sa quatre-vingt-troisième année. C'est
54o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
«ne faute, dans la dernière édition de le Ragots , d'avoir mis cet événement au 6 juin. Le prince Eugène , en apprenant la mort de ce général , dit : La France vient de faire une grande perle, qu'elle ne réparera pas de long-tems. Villars disait souvent qu'il n'avait eu que deux plaisirs bien vifs en sa vie, celui de remporter un prix au collège, et celui de çagner une bataille. Le 29 juin, ]W. de Coigni remporte la victoire à Parme sur les Impe'riaux, qui perdent près de neuf mille hommes , avec leur général Merci. Le 19 septembre , le roi deSardaignc défait l'année des Impe'riaux à (îuaslalla : les maréchaux de Coigni et de Broglie eurent beaucoup de part à celte journée. Du côte' des Français, la perte fut de douze cents hommes, outre plus de doux mille blesse's. Les ennemis laissèrent sur le champ de bataille plus de deux mille morts, du nombre desquels furent les princes de Wurtemberg , de Saxe-Gotha , et plusieurs autres officiers de distinction , sept milles blesses, une partie de leur canon, avec plusieurs timbales et étendards. En Allemagne , l'armée, commandée par le maréchal de Banvick, se met en mouvement le 8 avril. Le comte de Belle- Isle passe la Sarre à la tête d'un corps de troupes , s'empare de Trêves, et met l'électorat à contribution. Le 2 mai , le fort de Taërback se rend par capitulation , après huit jours de tranchée : le4> l'armée passe le Rhin; le même jour, le duc de Roailles chasse les ennemis de leurs lignes d'Kilingen : le 2.5 , I le marquis d'Asfeld investit Philisbourg ; le 5 juin, il ouvre la tranchée; elle est bientôt inondée : le soldat y marche daus l'eau plus qu'à mi-corps. Un très-jeune officier, à qui son âge ne permettait pas d'y marcher de même , s'y faisait porter de main en main. Un grenadier le présentait à son camarade, afin qu'il le prit dans ses bras : Mets-le sur mon dos , dit celui-ci j du moins s'ilyauu coup de fusil à recevoir je le lui épargnerai. Le 12 juin , le maréchal de Banvick. est tué à ce siège d'un coup de canon: le 14, le duc de Noajllcs et le marquis d'Asfeld sont faits maréchaux de France. Le 18 juillet, le commandant de Philisbourg rend la place par capitulation. Le prince Eugène, général des Impériaux, dont le nom est si célèbre par tant de belles campagnes, a le chagrin de voir dans celle-ci prendre la plus importante place de l'empire, sans pouvoir la secourir, quoiqu'a la tète d'une nombreuse armée. Néanmoins cette campagne , la dernière de ce grand géuéral , ne laisse pas d'être une des plus glorieuses qu'il ait faites.
La guerre , qui continuait faiblement en Italie et en Allemagne, est suspendue l'au 1755 par des négociations de paix entre la France et l'empire. Les préliminaires , conçus en septarticles , sont signés à Vicuuc, le 5 octobre, entre le roi et l'empereur»
Par le premier article , le roi Stanislas abdique la couronne de Pologne en faveur du roi Auguste , et conserve seulement Ic3 . titres et honneurs de roi de Pologne et de grand-duc de Lilhuanie : le» biens de ce prince et ceux de la reine , son e'pousc, lui sont restitues. Le roi de France consent que le roi, sxm beaupère , soit mis en possession des duchés de Bar et de Lorraine , avec leurs dépendances; lesquels duchés , après la mort du roi Stanislas, seront remis en pleine souveraineté , et pour toujours , à la couronne de France; par le deuxième article, la maison oe Lorraine doit posséder le grand duché' de Toscane , pour l'indemniser des duchés de Bar et de Lorraine ; le troisième article maintient D. Carlos en possession des royaumes de Naples et de Sicile; le quatrième réunit, aux c'tats du roi de Sardaigne , suivant le choix de ce prince , ou le Novarrez et le Vigevanasc , ou le Novarrez et le Tortonez, ou le Tortonez et le Vigevanasc ; par le cinquième , tous les autres états, que l'empereur possédait eu Italie avant la présente guerre, lui sont rendus , et les duchés de Parme et de Plaisance lui sont cédés en toute propriété ; par le sixième, le roi s'engagea garantir la pragmatique-sanction de l'empereur pour la succession de ses biens héréditaires ; le septième ordonne , qu'il sera nommé des commissaires pour régler les limites de l'Alsace et des Payj-Bas.
Les articles préliminaires de la paix ayant été proposés aux puissances intéressées , ensuite communiqués au roi d'Angleterre et aux états- généraux des Provinces-Unies, sont universellement approuvés l'an 1^36, et tout est réglé sur la fin d'août. Les troubles cependant continuent en Corse. Le baron de Neuhoff, allemand de nation , mais élevé en France, vient y attiser le feu de la révolte. Il aborde dans l'île vers le i5 mars, sur un vaisseau anglais parti de Tunis , avec un secours considérable d'armes et de munitions qu'il avait obtenu des Tunisiens. Les rebelles le reçoivent avec empressement; il se met à leur tête, et par ses largesses , ses belles promesses et sa bonne mine , il les charme au point, qu'ils le proclament roi le i5 avril , sous le nom de Théo dore I. Les Corses sont aussitôt rétablis dans leurs privilèges, par le nouveau roi , les sujets de la république proscrits , et leuis biens confisqués. Pour donner une iaée de sa valeur, Théodore va mettre le siège devant la Bastie, d'où il fut repoussé; mais il fut dédommagé de cet échec, par divers avantages qu'il remporta» Les fonds cependant étant venus à lui manquer, il imagine une ressource pour en faire : ce fut d'aller former en Hollande une compagnie de marchands , qui serait intéressée à sa royauté. Le i4 novembre , il part de Corse pour l'exécution de son projet, Tous les chefs, en le conduisant au port , promirent de lui être fidèles durant son absence.
L'an 1737,1e 5 janvier, l'échange des actes de cession et de garantie que l'empereur, le roi d'Espagne et le roi des Deux- Siciles , doivent se remettra réciproquement , est fait par les deux commissaires, le comte de Mariani et le baron de Wachtendonck. Le 8 février, le baron de Mechec prend possession du duché de Bar au nom du roi de Pologne , et le même jour M. de la Galaizière en prend possession éventuelle au nom du roi de France. Le 21 mars, le baron de Mechec prend possession du duché de Lorraine.
Ces préliminaires exécutés, le traité de paix définitif entre l'empereur et la France semblait ne devoir plus souffrir de difficultés. Il ne fut néanmoins signé à Vienne que le 18 novembre 1738. Ce fut cette année que la France commença à prendre part aux a naires de Corse. Les Génois, occupés, depuis huit ans à vouloir réduire les rebelles de cette île, ont recours au roi de France, et lui demandent du secours. S. M. ayant égard anx prières de la république, fait partir, sons les ordres de M. de Boissieux, six bataillons, qui débarquent, le 5 février, en Corse. La présence des troupes françaises impose aux rebelles. Le 18 mars , ils députent à M. de Boissieux , pour l'assurer qu'ils sont disposés à se soumettre à tout ce qu'il plaira au roi d'ordonner, persuadés qu'il n'exigera rien de contraire à leurs privilèges. Le 24 mai , ils acceptent les articles d'accommodement proposés ^ar ce commandant. Le baron de Neuhoff avait cependant réussi a former en Hollande une compagnie de négociants pour le soutenir. Il arrive en Corse, au port de Sorracco le i3 septembre , avec des armes et des munitions : mais il était trop tard j les dispositions des Corses étaient changées à son égard. Il se retire à JVaples, où le gouvernement le fait arrêter le 3 décembre, et mettre en prison; mais peu de tems après il fut élargi. Les hostilités n'étaient toutefois que suspendues en Corse , et l'on attendait, pour les terminer absolument, le projet de pacification que la France avait promis. Ce projet arrive dans le mois de novembre ; une partie des rebelles y acquiesce , l'autre le rejette, et se déclare de nouveau pour Théodore I.
La faculté des arts de Paris persistait toujours dans son appel interjeté l'an 1717 de la bulle Uttigeniius. L'an 17^9 l'abbé de Ventadour ayant été, à l'âge de dix-huit ans, élu recteur de l'université, tient, le 11 mai, une assemblée générale des quatre nations, où Ton dresse, à la pluralité des voix, un décret portant révocation de l'appel de la faculté , et acceptation de la bulle. Le syndic (Balthazar Gibert) , qui s'était opposé à cet acte , avec le célèbre Rollin et près de cent suppôts , hit exilé. Le 23 mai , statut de la même faculté, qui ordonne l'adhésion an décret
du i î , pour être immatriculé. En Corse, le i février, M. de Boissieux meurt à la Bastie. Le marquis de Maillcbois arrive , le 20 mars , pour le remplacer. 11 aiompta les rebelles en détail ^ mais ce fut 1 ouvrage de dix-huit mois. Le baron de Drost, neveu de Théodore ,»qui était à la tête des partisans de son oncle, se defeudit avec une valeur, ou si l'on veut, une opiniâtreté dont il y a peu d'exemples. Enfin, n'ayant plus d'espérance de continuer les troubles, il sortit de file vers le mois d'octobre 1740, et se rendit à Livourne. (M. de Brequigni , Revol. de Gènes).
La mort de l'empereur Charles VI, arrivée le 20 octobre 1740, produisit une révolution générale dans l'Europe. L'archiduchesse Marie-Thérèse , sa fille aînée , se porte pour son héritière universelle, en vertu de la pragmatique-sanction de cepriuce. Plusieurs souverains , et spécialement l'électeur de Bavière , Charles- Albert, prétendent à cette succession ; ce qui rallume le feu de la guerre.
Le roi s'éfant déclaré pour l'électeur de Bavière , lui envoie l'an 1741 une armée de quarante mille hommes, dont il le nomme généralissime , par lettres-patentes du 20 août. (L'archiduchesse avait déjà pris possession de l'Autriche , et s'était fait couronner reine de Hongrie le ?5 juin). Les troupes auxiliaires de France passent le Rhin sur la fin d'août, et se rendent à Donawert , d'où elles s'embarquent sur le Danube, pour se rendre à Passaw, dont l'électeur s'était emparé le 5i août. Au commencement de novembre , le duc de Bavière , à la tête d'une parue des troupes françaises et bavaroises , passe le Danube, entre en Bohême, et marche vers Prague. Le 19, il arrive au camp indiqué près de celte ville : il y est joint par le reste de l'armée, et par les troupes du roi de Prusse; ce prince avait commencé la guerre contre la reine de Hongrie, et venait d'achever la conquête de la Silësie , le 3t octobre, par la réduction de Neiss. Le a5 novembre , la tranchée est ouverte devant Prague. Le grand duc arrive le même jour à cinq lieues de la place, et le lendemain il apprend qu'elle a été emportée d'assaut pendant la nuit. Ce fut le fameux Chcvert, alors lieutenant-colonel du régiment de Bcaucc , l'homme de toute l'armée le plus capable d'exécuter un coup de main, qui fut chargé de conduire les troupes. Ecoule bien y dit-il à un sergent qu'il envoyait tenter le premier l'escalade, tu monteras par là (l'angle rentrant d'un bastion); en approchant, du haut du rempart on te criera : Qui vive? tu ne répondras rien. On te criera la même chose une seconde fois , tu ne répondras rien encore , non plus qu'au troisième cri. On. tirera sur toi, on te manquera ; tu égorgeras la sentinelle , et j'arrive là pour t<3 secourir. Tout fut ponctuellement exécute' , et
la ville fut prise. L'électeur de Bavière entre dans Prague le même jour, et le 19 décembre , il est reconuu roi de Bohème par les e'tats du royaume, ddnt il reçoit l'hommage. Il retourne à Munich, laissant le commandement de Tannée au maréchal de Broglie. Le 3i décembre , le comte de Kévenhiïller, commandant un corps de troupes autrichiennes , entre dans la Haute- Autriche, et oblige les troupes françaises , répandues sur la rivière d\Ens , à se retirer dans Lintz
Le comte de Ségur , assiégé dans cette place , est oblige' de capituler le 25 janvier 1742* Le lendemain delà capitulation, le duc de Bavière est élu empereur. Le 26, le comte de Révenhuller détache un corps de troupes, qui s'empare de la ville de Passaw. Le 27, le château capitule; le comte se rend maître ensuite de Braunaw et de Munich. Le 2 avril , le comte de Saxe assiège la ville d'Egra , bloquée depuis le mois de septembre de l'année précédente , et la force de capituler le 19. Le roi de Prusse , après avoir fait des progrès considérables , laut daus la Moravie que dans la Bohême , fait tout-à-coup sa paix avec la reine de Hongrie, et s*engage à garder, la neutralité par deux traités signés , l'un à Breslaw, le 1 1 juin , et l'autre à Berlin , le n8 juillet. Les rois d'Angleterre, de Pologue, de Danemarck , la czarine et les Hollandais , sont compris dans ces traités : ainsi tout le poids de la guerre tombe sur les Français. Le maréchal de Broglie, se voyant abandonné, pense à sauver l'armée française, et y réussit par la sagesse de sa conduite et la valeur de ses troupes. Il gagne une marche sur les ennemis , retourne dans son camp de Pisscck , d'où il se retire ensuite sous le canon de Prague , à la vue d'une armée fort supérieure à la sienne ; et en6n il entre dans la ville, où il est bientôt assiégé avec le maréchal de Bclle-lsle. Ces deux habiles généraux prennent de concert lc$ mesures nécessaires pour se défendre , et rendent , par leur belle résistance, le siège de Prague l'un des plus mémorables dont l'histoire fasse meution. Le prince Charles fait ouvrir la tranchée la nuit du 16 au 17 août , et après cinquante-huit jours de siège, et la perte de plus de quinze mille hommes , tués devant la place, il abandonne son entreprise le i3 septembre , pour aller disputer au maréchal de Maiilebois l'entrée de la Bohème. Ce maréchal passe le Danube vers Statamhofl' le 7 novembre et les jours suivants, ayant laissé quatre mille hommes près de Ratisbonne, pour v attendre le maréchal de Broglie, qui s'y rend le 16, et joint 1 armée , dont il prend le commandement. Le 9 décembre, M. de Broglie arrive au secours de Braunaw, dont le baron de Bércnklaw faisait le siège, qu'il est obligé de lever. La nuit du
DES ROIS DE FJlArsCE. 545
»6 au 17 décembre , le maréchal de Belle - Isle sort de Prague avec l'armée française , et se rend à Egra , le 26, par une des plus belles retraites , malgré la rigueur de la saison , et les attaques continuelles des hussards ennemis. Le 16 juin , mort de la reine douairière d'Espagne , au palais de Luxembourg , à lage de trente-deux ans.
Celle du cardinal de Fleuri , principal minisire , arriva le 2q jativier 1743, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans et sept mois. H montra , jusqu'à ses derniers moments , une tète saine , libre et capable d'affaires. Son désintéressement lui a mérité des éloges ; l'économie qu'il mit dans l'administration publique , et la réunion qu il fit, ou prépara , de la Lorraine à la France , sont les traits le plus remarquables de son ministère. « S'il accorda une pro- » tection trop marquée aux financiers , dit un écrivain qui se » pique d'impartialité , s'il fit trop d'attention aux querelles du i> Jansénisme, on doit moins s'en prendre à lui qu'à quelques » personnes qui l'approchaient. 11 n'était pas porté de lui-même » a faire de la peine j il n'aimait pas à troubler la tranquillité des » autres ni qu on troublât la sienne ». Mais une faute énorme qu'on ne peut lui pardonner, c'est d'avoir négligé notre marine qui se trouva réduite , lorsqu'il mourut , à trente-cinq vaisseaux de ligne , tandis que les Anglais couvraient des leurs l'Océan et la Méditerranée. En Allemagne , le a janvier, la garnison française, que M. de Belle-Isle avait laissée dans Prague , en sort par une capitulation honorable. La reine de Hongrie se rend dans cétte ville , el s'y fait couronner le 1 1 m û. Les Autrichiens font une nouvelle invasion en Bavière , s^emparent de toutes les places, et entrent, pour la troisième fois, au cornmeucement de juin, dans Munich , sous la conduite de Bérenklaw. Dans ces conjonctures , l'empereur convient d'une suspension d'armes avec la reine de Hongrie. En conséquence , le roi doune ordre aux troupes françaises d'évacuer la Bavière et lç Haut-Palatinat, et de retourner vers le Rhin. Le 26 juillet, M. de la Noue, ministre de sa majesté, notifie à la diète de l'empire que le roi, étant informé de la resolution où étaieut les étals d'Allemagne d'employer leur médiation pour faire cesser la guerre , et des négociations de l'empereur avec la reine de Hongrie, avait donné ordre aux troupes françaises de se retirer sur les frontières de son royaume , attendu qu'elles n'étaient entrées eu Allemagne qu'à titre d'auxiliaires , et comme étant appelées par le chef de l'empire. Le maréchal de Broglie obéissant aux ordres du roi , ramène l'armée française en-deçà du Rhin. Mais la reine de Hongrie, fière du succès de ses armes dans la Bavière ; el s'en promettant ençore de plus grands , re-»