CHTIONOI CCIE IIlSTOMQrE
jt-Uc la niccîîdtion de l't.mpirc , el fail évanouir les espérances de la paix. Le prince Charles , à la tête d'une nombreuse armée , suit les troupes françaises , marche vers le Rhin , et fait des tentatives inutiles pour passer ce fleuve. Le maréchal de Coigni, qui avait pris le commandement des troupes ramenées de liohêmr par le maréchal de Rroglie , chasse de l'île de Reignac un détachement de l'armée du prince Charles , qui s'y était établi la nuit du 5 au 4 septembre , à dessein do passer le Rhin. Vers le même tems , le marquis de Raliucour taille en pièces un autre détachement de trois mille hommes , qui avait passé ce fleuve près de Niflern ; presque aucun n'échappe, tous ayant été tués , ou noyés , ou faits prisonniers. Le 7 septembre , la garnison d'Egra est obligée de se rendre au comte de Collowrath, après s'être défendue jusqu'à la dernière extrémité. Sur le Mein , le 27 juin , l'année des Anglais , composée de quarante mille hommes , et commandée par le roi d Angleterre en personne , échappe au maréchal de ÎSoailles , qui l'avait enfermée entre Ascii ufl'emboorg et Eltingen sur la rive droite du Mein , de manière qn'ellc devait périr ou se rendre. Ce qui fit manquer le coup , fut la témérité d'un corps de nos troupes , lequel , ayant attaqué l'ennemi contre la défensè du général , fut repoussé vigourcusémeut , et par sa retraite ouvrit le passage d Ettiugen t qu'il était chargé de garder. En Corse , nouveaux mouvements. Les rebelles tiennent une assemblée géuéralc, dans laquelle ils se choisissent des chefs.
Le roi, l'an \rj/\\1 met quatre armées sur pied, une en Provence , deux en Flaudre , et une quatrième sur le Rhin ; la première est commandée par le prince de Conti -, la deuxième par le maréchal de Noaillcs y la troisième par le comte de Saxe , créé maréchal le 26 de celte année ; la quatrième par le maréchal de Coigni. Le 27 avril , la déclaration de guerre contre la reine de Hongrie , est publiée à Paris. Dans les Pays-Bas , le roi , étant
Farti de Versailles le '6 mai, pour aller commander en personne armée de Flandre, arrive le 12 à Lille. De-la il se rend au camp de Cisoing , où il fait, le i5, la revue de l'armée. Le 17, il retourne à Lille; Menin est investi par ses ordres le 18, et la tranchée ouverte le 28 en sa présence. Le 4 juin» les assiégés arborent le pavillon blanc , et le 7, le roi entre dans la place. On avait dit à ce prince , qu'en risquant une attaque , on pourrait prendre la ville quatre jours plutôt : Hé bien , dit-il , prenons-la quatre jours plus tara: j'aime mieux les perdre ces quatre jours y devant une place, qu'un seul de mes sujets. Le 17, il arrive au camp devant Yprcs , qui capitule le 27 ; le fort de Kenoque est pris de même le 29, et Fumes le 10 juillet. Le roi
DES ROIS DE FRANCE. ù/+J
quitte la Flandre le 5o , et prend la route de l'Alsace , pour aller ' s'opposer au prince Charles, qui avait passe' le Khin , comme ou Ta dit , à la tète d'une armée. Il arrive à Metz le 4 août, et y tombe dangereusement malade. Le 14* ce priuce est à l'extrémite\ Se croyant près de mourir , il dit au comte d'Argenson : Ecrivez de ma part au maréchal de Noailles que , pendant qu'on portait Louis Xïll au tombeau, le prince de Condé gagna une bataille. Toute la France cependant , apprenant l'accident de son roi , tombe dans une consternation qu'il est impossible d'exprimer. Ce fut alors que les Français , d'une commune voix , et comme de concert , donnèrent à Louis XV le surnom de Bien- AiMé. Le 1 5 du même mois d'août , jour consacré au triomphe de la vierge , il commence à donner quelque lueur d'espc'rance. Depuis cette heureuse époque la maladie du roi diminue , et le 19 , il est entièrement hors de danger. Le comte de Saxe , que le roi avait laissé en Flandre à la tète d'une armée fort inférieure en nombre à celle des ennemis, les arrête pendant toufela campagne, et les empêche de /aire aucune expédition. Cette campagne n'est pas moins glorieuse à ce grand capitaine que les suivantes , dans lesquelles il a,baltu tant de fois les ennemis , et forcé un si grand nombre de places. Sur le Rhin, le 29 juin , cinq cents hommes de l'armée du prince Charles , pandours et croates, passent le Rhin, elles deux jours suivants le reste de l'armée fait de même , par la négligence du comte de Scckcndorf , général de l'empereur. Le maréchal de Coigni , en étant informé, marche aux ennemis , qui déjà s'étaient emparés des lignes de Lauteren , de Laulerbourg , de Weissembourg , et du village d'Astaldt. Le 5, vers les cinq heures du soir, le maréchal les attaque dans ces trois postes , et les en chasse , avec perte de trois mille hommes de leur côté : le 7, il abandonne les lignes , et se retire à Ilagucnau , où il établit sou camp. Le i3 août , le duc d'Harcourt tombe sur un corps de dix à douze mille hommes autrichiens , qui s'étaient postés à Saverne , et les en chasse ; mais Bérenklaw étant veuu au secours de Nadasti, leur chef, avec toute l'aile droite de l'armée autrichienne, le duc d'Harcourt se retire. La jonction des troupes venues de Flandre, avec l'armée d'Alsace, engage le prince Charles à penser à la retraite. Le i5, à dix heures du soir, Bérenklaw abandonne Saverne , et le lendemain le duc d'Harcourt fait occuper cette place. Le 25 , les ennemis sont chassés de différents postes ; cutin , la nuit du 24, le prince Charles repasse le Rhin avec précipitation , sans autre fruit de sou entreprise , que d'avoir pille Saverne avec quelques villages , et perdu beaucoup de monde. Il vole au secours de la Bohême, attaquée par le roi de Prusse,
5 ^3 CHRONOLOGIE HISTOIUQL'E
en exécution d'un Iraite' fait avec l'empereur et le roi de Suéde; mais avant qu'il arrive, ce prince se rend mnitre de Prague »e io septembre , sprès six jours de tranchée ouverte et fait prisonnière la garnison , forte, de dix-huit mille hommes. Le roi de Prusse sVmpare ensuite de Pisscck , de Frawembcrg , de Budweiss , dc Tnbor, etc. Le prince Charles ne laisse pas de le fatiguer par ses mouvements et ses marches, et le force à la fin de retirer sa garnison de Prague le 27 novembre. L'empereur profite de la diversion que fait le roi de Prusse , pour recouvrer ses étals. A mesure que les Impériaux avancent dans la Bavière, les Autrichiens se retirent et évacuent les places ; enfin , l'empereur rentre , le 23 novembre, dans sa capitale. Le 19 septembre , le maréchal de Coigni investit Fribourg f et ouvre la tranchée le 5o. Le roi , se trouvant rétabli, part de Metx le 20 septembre, pour se rendre au camp devant Fribnurg, et y arrive le 10 octobre. Le 1 novembre, le gouverneur rend la ville par capitulation qui est signée chez le roi. Le 7, la ville est remise aux Français, avec l'artillerie et les munitions de guerre et de bouche Le lendemain de la reddition de Fribonrg, le roi part pour Paris , où il arrive le i5 novembre. Le 25 , les châteaux de Fribourg capitulent ; la garnison , s'érant rendue prisonnière de guerre , en sort le 28 , et les deux jours suivants. En Piémont , l'infant D. Philippe , après s'être emparé de la Savoie > joint les troupes françaises , commandées par le prince de Conti , et vient camper sur les bords du Var. Le 1 avril , il fait passer cette rivière à deux détachements. Le 2 , sept députés du parlement de Nice viennent assurer l'infant de leurs soumissions. Le 5. il reçoit , dans son camp, le serment du parlement et du corps-deville. Le 20, les ennemis perdent près de trois mille hommes à l'attaque générale dc leurs retranchements, et les abandonnent; le comte dc Suze et cinq régiments sont faits prisonniers. Le 21 , D. Philippe fait occuper les retranchements abandonnés, et marche vers Yillcfrnnche. Le 23 , on commence à battre le fort de Mouîalban , dont le gouverneur se rend prisonnier de guerre avec la garnison. Le 25 , la citadelle de Villefranehe cr.pilule. Après la conquête du com'é de Mco , les deux princes tournent vers Oneille , que les Pivmontais abandonnent; mais différentes circonstances les obligent a changer de plan , et à prendre la route de Briançon. Le 12 juillet, l'armée est rassemblée sous cette place. Le 18 et le 19 , les princes forcent les retranchements des vallées de Slure et du château Dauphin, t.îillent en pièces les troupes qui les défendaient , emportent le c liât eau Dauphin , et s'ouvrent un passage dans la plaine du Piémont. Le 19, le bailli de Givri force , en plein jour , uuc
gorge effroyable , bordée de canons , et défendue par deux mille hommes ; cinq bataillons ennemis y sont mis en pièces à la vue du roi de Sardaigne, et un sixième, envoyé à leur secours , est précipite' du haut des rochers ; mais le bailli de Givri reçoit , dans cette expédition , une blessure , dout il meurt quelque teins après. Le 16 août , le prince de Conti fait attaquer le fort de Demont. Cette place pouvait'Ae défetidre long-tems , mais le 1 7, un boulet rouge , ayant mis le feu à un magasin de mèches , donne une si grande alarme au gouverneur , qu'il se rend prisonnier de guerre , avec la garnison. La nuit du 1 7. au 1 3 septembre , la tranchée est ouverte devant Coni. Le roi de Sardaigne vient au secours de la place -y D. Philippe et le priuce de Conti marchent à sa renconlrc, lui livrent bataille le 5o , et le défont. Apres cette victoire, les princes reprennent les travaux du siège; mais la saison trop avancée les détermine à le lever : ils décampent le 22 octobre, et ramènent l'armée en Dauphine. Sur mer, l'amiral Mathews , commandant la f|otte anglaise , attaque , le 22 février, dans la Méditerranée, les flottes de France et d'Espagne, commandées par M. de Court et D. Navarro. Ces derniers eurent l'avantage , et maltraitèrent fort la Hotte ennemie. Après le combat néanmoins ils se plaignirent réciproquement l'un de l'autre.
A la tête des événements de l'an ijfôi se présente le mariage du dauphin et de Marie-Thérèse, infante d'Ksnague , célébré, le 25 janvier , à Versailles. La cour apprenti que , dans ce même mois , la reine de Hongrie , le roi d'Angleterre , le roi de Pologne, l'électeur de Saxe, et la Hollande, ont signé, à Varsovie , un traité d'union contre le roi de France et le roi de Prusse. L'ambassadeur de Hollande ayant rencontré le maréchalcomte de Saxe , dans la galerie de Versailles , lui demande ce qu'il pense de ce traité. Cela est fort indiffèrent à la France, répond le comte , mais si le roi , mon maître , veut me donner carte blanche , j'en irai lire , à la Haye , l 'original avant que Cannée soit passée. En Flandre , ce comte , nommé général de l'armée des Pays-Bas , arrive à demi-mort , et pouvant à peine se soutouir ( il était hydropique, ) Sa conduite ne se ressentit point de cet état de faiblesse. Il ouvre la campagne par le siège de Tournai , qu'il investit le 22 avril. Le roi part da Versailles, accompagné du dauphin, et arrive éu camp le 8 mai. Trois jours après , l'habileté du général lui fait gagner la bataille de Fontcnoi sur l'armée des alliés , commandée par le duc de Cumbcriand , dont le but était de faire lever le siège de Tournai. Les Anglais fireut à cette journée des prodiges de valeur y u.ic colonne impénétrable de leur infanterie rendit le
succès douteux pendant quelques heures , et ce ne fut qu'à, l'aide du canon que le roi fit amener, qu'on vint à bout de la renverser. La déroute de ce corps détermina la victoire la plus complète. Les ennemis abandonnèrent le champ de bataille , couvert de quinze mille de leurs morts et de leurs blessés , laissant au vainqueur une partie de leur canon. Le roi , frappé de l'a (Freux spectacle des morts et des blessés éteudus sur le champ de bataille : Qu'on ait soin, dit-il, des François blessés comrhe de mes enfants, qu'on aie même soin des ennemis. Les fatigues de cette journée , où la santé du général semblait devoir succomber , firent en lui au contraire une heureuse révolution. Il commença dès lors à se mieux porter. Le roi le félicitant depuis sur son rétablissement , M. le comte de Saxe , dit le maréchal de Noailles , qui était présent , est le premier général que la gloire ait désenflé. Le 22 , la ville Tournai se rend après !i5 jours de tranchée ; la garnison entre , le 24 » dans la citadelle , et capitule le 19 juin. Le 10 juillet, affaire de Méfie , où MM. du Chayla , de Graville et de Souvré , battent un corps de six mille hommes des alliés. Le 1 1 , le marquis du Chayla et le comte de Lowendal emportent G and l'épée à la main , et obligent la garnison à se retirer dans le château, où elle est faite, le i5, prisonnière de guerre. Le 18, le marquis de Souvré se présente devant Bruges , dont les portes lui sont ouvertes par les habitants. La nuit suivante , le comte de Lowendal ouvre la tranchée devant Oudenarde -, le 21 , les assiégés arborent pavillon blanc, et la garnison se rend prisonnière. Le 25, le roi part du camp de Bost , arrive à Oudenarde , voit défiler la garnison, et entre dans la ville. Le 1 1 août, le duc d'Harcourt assiège Deudermonde , qui capitule le 12. Ostende , qui avait autrefois soutenu un siège de trois ans contre les Espagnols, et un autre de près de six mois sous Louis XIV , se rend le 2 S août au comte de Lowendal , après cinq ou six jours seulement de tranchée j le roi y entre le 3 septembre , et revient à Paris , ou il fait son entrée triomphante le 7. Après la prise d'Os— tende, le comte de Lowendal assiège Nieuport , dont le gouverneur est fait prisonnier t avec la garnison , le 5 septembre. Le 8 octobre, Ath se rend au comte de Clermont-Galcrande. En Italie , au nmis de mai , la république de Gênes s'arrange avec les rois de France et d'Espagne , et s'engage à leur fournir un corps de dix mille hommes , avec un train considérable d'artillerie. L'infant don Philippe et le maréchal de Maillebois, après s'être rendus mai très de la vallée d'Oneille , arrivent, le 25 juin , à Final , et dc-là à Savonc. Le duc de 'Modène , à la tête de l'armée combiuée d'Espagne et de Naplcs , déloge de JVovi le comte de Schullcmbourg , général des Autrichiens . et fait
entrer, le 5 juillet, trois mille cinq cents hommes dans cette place : il prend Tortone le 14 août , et oMige le château, le 3 septembre, à capituler. Le 9 , le marquis de la Vieuville emporte la ville de Plaisance par escalade j la citadelle se rend trois jours après. Les Autrichiens, à cette nouvelle, évacuent Parme, et se retirent avet: précipitation. La nuit du ai au 22 , le duc de IVlodèue entre dans Pavic par un aqueduc , et s'en rend maître. Le 27 , le maréchal de Mailleboîs bat les Piémontais à Bassignana sur le bas Tanaro, et remporte une victoire complète. Le 10 octobre , le comte de Lautrec défait un détachement des ennemis , et s'empare de leur camp. Le 12 , la ville d'Alexandrie se rend à dou Philippe. Le 5o, la garnison de Valence évacue la place , après ouze jours de tranchée , et la bourgeoisie demande à capituler pour le château. Le 4 novembre , la garnison de Casai abandonne la ville à l'approche des Français et des Espagnols , et se retire dans le château , qui fait sa capitulation le 29. Le 8 décembre, M. de Chevert s'empare de la ville d'Asti ; le 17 , le château se rend. Le comte de Gages marche vers Milan , qui ouvre ses portes le 16 décembre. Le château est investi le même jour.
L'an 1746» le 19 juillet , madame la dauphine accouche à Versailles d'une princesse, et meurt le 22, des suites de cette couche. Dans les Pays-Has , le comte de Saxe investit, le îo janvier , Bruxelles , ou grand nombre d'officiers- généraux des ennemis étaient, avec une garnison de dix huit bataillons et de neuf escadrons. Le 7 février , la tranchée est ouverte; le 20 , la place se rend , et la garnison est faite prisonnière. On aurait peine à trouver dans l'histoire des exemples d'un projet aussi beau et aussi bien exécuté. Le 2 mai, le roi part de Versailles, et arrive le 4 à Bruxelles. Le 6, MM. de Lowcndal et d'Armentières marchent vers Louvaiu, que les ennemis venaient d'abandonner. Les Français s'emparent successivement de plusieurs postes entre Malincs et Anvers. Les magistrats de cette dernière place envoient, le 19, des députés, pour se soumettre au roi , qui , le 21 , fait partir un détachement pour prendre posle dans Anvers. La nuit du 25 au 26, Ja tranchée est ouverte devant la citadelle, qui capitule le 3i. Le 4 juin» 'e roi fait son entrée dans Anvers j le 10 , il part pour Versailles. Le prince de Conti, détaché de l'armée pour faire le siège de Mous, ouvre , la nuit du 24 au 25 juin , la tranchée devant cette place^ où il entre victorieux le 10 juillet. Le 16, il assiège Charleroi, et s'en rend maître , le 2 août , par composition. Saint-Guilain se rend dans le même tems au marquis de la Fare. Le maréchaf <le Saxe vieut trouver le prince de Conti, afin de couceneravec
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lui sur les moyens de déposter les ennemis du camp de Mazi , si fameux dans l'histoire. Voulant couper aux eunemis la communication des vivres par la Meuse , le maréchal détache M. de Lowendal pour s'emparer de Hui, où il entre le 21. Les ennemis, ayant été contraints de quitter les environs a*c JVamur , son altesse M. le comte de Germon! * chargé de faire le siège de cette importante place , l'investit le 5 septembre , ouvre la tranchée la uuit du 12 au i!> , prend la ville le 19, et le château le 5o : toutes les troupes de la garnison se rendent prisonnières. Le maréchal-com'e de Saxe termine cette glorieuse campagne par la défaite des ennemis à la bataille de Kaucoux, donnée le 11 octobre; les alliés y perdent douze mille hommes, tués ou blessés, et trois mille prisonniers , cinquante pièces de canon et neuf drapeaux. Si le jour n'eût manqué, la victoire était des plus complètes; mais la nuit qui survint, et des incidents singuliers , fixèrent les avantages des Français , et sauvèrent le reste de l'armée alliée, dont uue partie se retira dans le camp des Romaius, sur la montagne de Saiut-Pierre, et l'autre passa la Meuse dans la plus grande confusion. Les Anglais, les Ha- «ov riens , les Hcssois , les Hollandais et les Bavarois , arrives depuis doux jours à l'armée du prince Charles , furent les seuls sur qui tomba toute la perte. En Italie , la campagne est bien différente de celle de Flandre. Pendant que don Philippe fait le siège du château de Milan , le roi de Sardaigne marche vers Asti, qu'il investit le 5 mars. M. de Montai , qui y commandait , n'étant point secouru , est obligé de se rendre prisonnier avec la garnison. Ce revers engage don Philippe à sortir de Milan le 19 , pour se retirer à Pavie. Les armes autrichiennes commencent à reprendre le dessus. Le 27 du même mois , Guastalla se soumet au prince de Lichtenstein. Les Autrichiens se rendent ensuite maîtres de Casai , et assiègent Valence. Le général Brouun investit Parme , d'où le marquis de Caste! la r sort , la nuit du 19 au 20 avril , à la tète de cinq mille hommes , et, s'ouvrant un passage à travers les ennemis , il fait la plus belle retraite , et joint l'armée espagnole , commaudée par le comte de Gaçcs. Le 22 avril , Parme capitule. Le 2 mai , Valence se rend au général Leutrum. Le 16 juin , don Philippe attaque , près de Plaisance , les ennemis , qui l'obligent à se retirer. Après s'être emparés de Séravalle et de Gavi , les Autrichiens marchent vers Gênes, et forcent plusieurs défilés , ^etitr'autrcs celui de la Bochetta. Don Philippe tient, le 24 août, un conseil de guerre à Gênes , en conséquence duquel il prend la roule d'Antibes , et les troupes de France et d'Espagne dd~# filent vers Nice. Le 6 septembre , Gênes se rend au marquis de Botta, général de l'armée autrichienne. D'uu autre côté, le roi
tîe Sardaigne s'empare de Savonc et de Final avec ses châteaux : il investit la citadelle de Savonc , qui se de'fcud jusqu'au 1 de'cembre. Après ces expéditions , les troupes autrichiennes et piéraontaises , s'étant jointes , marchent vers le comte de Nice, où elles entrent le iG octobre. Don Philippe se retire de l'avis de ses lieutenants-généraux , laissant des garnisons dans la citadelle de Villcfranehe et dans le château de jVlontalbau 5 il fait repasser le Yar à son armée le 18 , et se rend à Antibes avec le duc de Modènc. Quelques jours après , le roi de Sardaigne arrive à Nice : un détachement de sept cents homme* passe le Var par ses ordres ; il est enveloppe' par le marquis de Crussol , et partie taille en pièces , partie fait prisonnier. Le 23, la garnison du château de Vintimillc est obligée de capituler , après une vigoureuse résistance; la citadelle de Villefranche éprouve le même sort. La nuit du 20, au 5o novembre, les ennemis passent le Var, entrent en Provence, s'avancent jusqu'à la ville de Grasse, brûleut le bourg de Saint-Laurent et deux autres villages , et vont camper , le 3 décembre , sous Antibes , dont ils fout le blocus. Le maréchal de Bellc-Isle , envoyé pour remplacer le maréchal de Maillchois , se rend , le
Sremier décembre, à l'armée de Provence ; il arrête les progrès es ennemis qui , malgré leur supériorité , ne peuvent s'établir en de-çà de l'Argens , ni s'emparer d'aucun poste important. /La révolution , arrivée à Gênes dans ces circonstances , fait une heureuse diversion. Les Génois , supportant impatiemment la pesanteur du joug des Allemands, se révoltent à l'occasion d'un coup de canne donné mal à propos , prennent les armes le \j décembre , font main-basse sur tous les Autrichiens qu'ils rencontrent, les chassent, le 10, de plusieurs postes , le i5 de celui de la Bochelta , et enfin se rendent tellement maîtres , que le calme est rétabli dans Gênes , et les boutiques y sont ouvertes le 16. Cette révolution coûta plus de cinq mille hommes aux Allemands. Sur mer, M. de la Dourdonnaie, gouverneur de l*i Se Bourbon , après avoir battu et dispersé la (lotte anglaise , fait une descente près la ville de Madras , dont il s'empare le 21 septembre, et convient avec le gouverneur d'un ranrounement montant a treize ou quatorze millions de notre monnaie. Le gouverneur de Pondichcri refuse de tenir cet^ convention » et garde la ville jusqu'à la paix. L'encadre de l'amiral Lestock mouille , le premier octobre , dans la baye de Poulduc, sur le*
côtes de Bretagne : M. de Saint-Clair , commandant les troupe s
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