‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 38 sur 146 · VI · texte numérisé non relu

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hommes $ le 3 , il «'empare du bourg de Guidel ; le 4 , il s'approche de Lo rient , et envoie sommer la ville de se rendre ; le 7 au soir, il se retire après avoir attaqué, tout le jour, la ville avec un feu très-vif; le $, saisi d'une terreur panique , il se rembarque avec précipitation , sans remporter d'autre fruit de cette descente , que le ridicule d'une entreprise vaine et mal concertée.

Il fallait au dauphin une nouvelle femme après la mort de la première , pour continuer la suite des héritiers de la couronue. Le <j février 1747» Marie- Josephe , fille du roi de Pologne, électeur de Saxe , arrive à Versailles, et il l'épouse le même

1*our. En Provence, les Autrichiens et Piémoutais , qui semdaient vouloir envahir toute la Provence et le Dauphiné , sont chassés l'épée à la main de poste en poste , et enfin obligés , le 5 février , de repasser le Var avec précipitation. Le 25 mai , le comte de Belle-Isle , frère du maréchal , se rend maître du fort Saint-Iionorat, el le 26 de celui de Sainte-Marguerite. Le 3 juin, le maréchal de Belle-Isle passe le Var : le 4 » il fait ouvrir la tranchée devant Montalban , dont la garnison se rend prisonnière Je 5. Villcfranche capitule le 11. Le 19 juillet, le comte de Belle-Isle attaque les retranchements que le roi de Sardaigne avait fait construire sur le plateau du col de l'Àssiète , pour couvrir Exiles et Fénestrelles. Ces retranchements étaient profonds , palissadés , garnis d'artillerie et défendus par vingt et un bataillons. Le comte gravit pour y arriver,avec vingt-huit bataillons , à travers un feu plongeant de mousqueleric et de canon et une grêle de grosses pierres. Trois fois repoussé avec une perle considérable , trois fois il revient à la charge. A la fin il tombe percé fie vingt blessures à coté de quatre mille morts et de deux mille blessés. Ceux-ci , ramenés à Briatiçon , éprouvèrent la générosité de M. d'Audiffret, lieutenant de roi, et de son épouse. .Le mari vendit sa vaisselle u'argent pour les secourir, et la dame, près d'accoucher prit elle-même le soin de panser leurs blessures de ses mains. Elle mourut en s'acquittant de ce pieux office , dont sou état actuel semblait la dispenser. Le 18 octobre, l'infant D. Philippe fait attaquer divers postes des environs de \ii> timille , occupés par les ennemis ; ils eu sont chassés en trois

i'ours avec uiCe perle considérable. A Gènes* le marquis de Jotta , au désespoir de son expulsion de Gênes , fait différentes tentatives pour y reutrer , sans autres succès que de perdre beaucoup de monde. Il est ensuite rappelé. Le comte de Schul- ^embourg , qui le remplace, est attaqué, le 14 avril, dans le

Eosle de la montagne du Diamant , dont il s'était emparé , et attu par les Génois, secondés par les troupes auxiliaires de

fronce et d'Espagne j ce grand général a la jambe cassée d'une chute de cheval dans l'action. Le i mai, le duc de Bou 171ers arrive à Gênes pour y commander les troupes destinées au se* cours de la république : après s'être signalé en diffère nies occasions, et avoir remporté de grands avantages sur les Autrichiens, il tombe malade de la petite vérole > et meurt le 2 juillet , âgé de quarante-deux ans , {généralement regretté de la noblesse et du peuple. £11 reconnaissance des services qu'il a rendus à Gênes , le grand-conseil a inscrit sa famille parmi celles de la première noblesse de la. république. Le comte de Schullembourg voyant son armée extrêmement aflaiblie et diminuée par tant de tentatives inutiles sur Gênes , lève le blocus et se retire entièrement le 6. Le 9, les Génois font chanter le Te Deum en actions de grâces , et établissent à perpétuité une procession générale pour le jour de la Conception de la Sainte- Vierge. Le i5, le marquis de Bissi arrive à Gènes avec un nouveau convoi, et prend le commandement de l'armée. Il est remplacé , sur la fia de septembre, parle duc de Richelieu, qui a son audience publique du doge le 2 octobre j et le 1 5 du même mois, il se met à la tète des troupes de la république. Cette puissance , par délibération d'un grand couseil , tenu le 18 octobre 1748, a accordé au duc de Richelieu les mêmes honneurs qu'à M. de Boufilcrs , en inscrivant son nom et celui du duc de Fronsac , son fils , dans le Livre d'Or , les déclarant nobles génois , eux et leurs descendants ; dans le même tems le duc de Richelieu a été honoré du bâton de maréchal de France par le roi (Voy. Gènes ). Dans les Pays-Bas , le maréchal de Saxe arrive à ttruxelles le 3i mars 1747 » et règle les dispositions des sièges qui doivent ouvrir cette campagne , dont le but était la conquête de la Flandre hollandaise. Le 17 avril, le régiment de la IVlorlière s'empare des deux redoutes de Boucautaveu et de Znvdick. Le 22 , M. de Loweudal se rend maître du fort de l'Ecluse, et le 24 d'Islcndick. Le fort de la Perle se soumet le même jour, et celui de Lieffeenshocck. le 25. La nuit du So avril au 1 mai , ]a garnison du Sas-de-Gand est forcée de se rendre prisonnière. Le 6 mai , le commandant du fort Philippine capitule , Hulst se rend le 11 ; Axel ouvre ses portes le 16. Pendant l'espace d'un mois , tout ce qui est entre l'Escaut et la mer se trouve réduit sons l'obéissance du roi , et la conquête de la Flandre hollandaise est achevée parMM.de Lowendal et de Contades, quoiqu'il y eût plusieurs places qui n'avaient point été attaquée* dans la guerre dernière , étaut jugées imprenables, et d'autres qui avaient vu échouer devant elles la science du plus grand iugénieur qu'ait eu la France. La prise de l'Ecluse ayant jeté l'alarme dans la Zélande , cette province nomme de son chef iv

prince d'Orange stadiioudcr ; démarche qui est suivie par les autres provinces, de sorte que le 4 mai ce prince est reconnu , en cette qualité, par les états-généraux, lesquels déclarent le Nadhouderat héréditaire, non seulement en faveur des maies , comme on l'avait fak en 1674 > mais même en faveur des princesses de la maison d'Orange. Ce qui cause le plus d'inquiétude à la province de Zélande , c'est un amas de deux cents bâtiments plats suffisants pour le transport de vingt mille hommes rassemblés au Sas-de-Gand , sous la direction de M. de Lage , officier de grande re'putation. Le 20, mai , le roi part de Versailles , et arrive le 3i à Bruxelles , d'où il se rend , le 22 juin , à l'abbaye du Parc. Le 2 juillet, le roi ayant sous son commandement le maréchal-comte de Saxe , gagne , sur les allies , la bataille de Lavvfeldt ; vingt-neuf pièces de canon, deux paires de timbales, neuf drapeaux , sept étendards pris sur les ennemis , près de dix mille hommes d'élite de troupes anglaises , hanovriennes et licftsoises, tues , huit cents prisonniers, dont plusieurs de distinction , entr'autres M. Ligonier, gênerai; enfin la retraite des ennemis au-delà de la Meuse, caractérisent assez leur défaite et la victoire des Français qui perdirent de leur côte' six nulle hommes , tant tués que blessés ; le comte de Bavière fut du nombre des premiers. Le comte de Clerinout , et tous les ofHcicrs-gcnéraux et particuliers se signalèrent par des actions au-dessus de tout éloge. Le roi s'étant rendu sur le champ de bataille, ne put retenir ses larmes en le voyant jonché de morts et de mourants. Sire, lui dit le maréchal de Saxe, tant de carnage ne vous donnera pas un pouce de terre ; il nous faudra décamper demain. Après cette victoire, le siège de Berg-op-Zooni est résolu. M. de Lowendal , chargé de cette périlleuse entre- • prise , y arrive le 12 juillet , ouvre la tranchée la nuit du 14 au i5, et emporte d'assaut, le i5 septembre, an grand impunément de toute l'Europe, et surtout des Hollandais, une place soutenue d'une puissante armée, et ravitaillée sans cesse eu tout genre , par merci par terre; place devant laquelle auraient autrefois échoué les plus grands généraux, le duc de Parme en i5B8, et le marquis de Spinola eu 1622. Après la prise de la ville , tous les forts capitulent , et les garnisons se rendent prisonnières. Cette journée coûte plus de quatre mille hommes aux alliés. On ne put empêcher le pillage , parce que la place fut prise de nuit. Les troupes firent un butin considérable. On trouva dans le port dix sept bâtiments chargés de provisions , avec cette inscription sur chaque barque : À l'invincible garnison de Berg-op- Zoom. Le roi apprend la nouvelle de la prise de Berg op.Zoom le 17 , et nomme sur-le-champ M. de Lowendal maréchal de I rance, La campagne paraissant finie par ce dernier siège , le roi

fixe son départ au 25, et se rend à Versailles le 26. Sa majesté avait nomme' , sur le point de partir, M. le maréchal de Saxe commandant-général des Pays-Bas. La nuit du 28 au 39, la tranchée est ouverte devant le fort Frédérik, qui capitule le 1 octobre : Lillo se rend le 12, et ensuite lê fort de la Croix. L. armée se sépare le 23 jusqu'au 26 , et le 1 novembre , toutes les troupes destinées à hiverner dans les Pays-Bas sont rendues dans leurs quartiers. Tel fut pour la France le succès d'une campagne dans laquelle les ennemis , fiers des avantages qu'ils avaient remportés dans l'Italie l'année précédente , semblaient devoir tout envahir , et se flattaient de nous réduire à la défensive. Sur mer, nous n'eûmes pas les mûmes succès. Le 14 jum» l'escadre du marquis de Jonquières , composée de quatre vaisseaux et de cinq frégates , est enlevée , près du cap Finistère , pur la (lotte anglaise de l'amiral Anson , forte de seize vaisseaux de ligne. Le u5 octobre , combat, à la hauteur du même cap , entre l'escadre française de M. l'£tcnduèrc , consistant en huit vaisseaux , cl la flotte anglaise de vingt vaisseaux de la première force, commandée par le vice-amiral Hawcku. Ces deux combats, Irès-inégaux , daus le dernier desquels il n'échappa que deux vaisseaux français , achevèrent de détruire notre marine , qui avait été fort négligée depuis la mort de Louis le Grand.

L'année ij/fi,en Flandre, le 12 avril, Maastricht est investi par la plus belle manœuvre de guerre qui ait été faite depuis longtems. Elle avait été concertée par le maréchal de Saxe , qui J'exécuta, et par deux hommes peut-être uniques chacun en leur genre, M. de Camille, maréchal-dcs-logis de l'armée, et M. du Verne v , aussi célèbre dans l'art des subsistances que le premier dans 1 ordonnance des marches. Cette manœuvre était telle que les ennemis également inquiets pour Luxembourg, Maastricht et Brcda , divisèrent leurs troupes , et facilitèrent ainsi l'inves- • tissement de Maastricht. On ouvrit la tranchée le i5 devant la place. Le maréchal l'avait souvent dit : La pair est dans Maëstricht ; et l'événement vérifia celle espèce de prédiction. Les alliés alarmés de voir les Français déjà maîtres d'une partie de leurs barrières, près de forcer les autres et d'envahir la Hollande, sont enfin obligés d'avoir recours à la négociation , et de demander eux-mêmes la paix , après l'avoir refusée tant de fois. Le roi, par une générosité plus grande que celle qu'on a tant admirée dans Scipionà l'égard d'Antiochus le Grand, roi de Syrie, veut bien accorder la paix à ses ennemis vaincus , aux mêmes conditions qu'il la leur avait offerte avant que de battre leurs armées et de forcer leurs barrières. Le 6 mai , le gouverneur de Maèstricht arbore le pivillou blanc } le 7 , la capitulation est signée j

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le 10, la garnisou sort avec les honneurs de la guerre. Le rf ou même mois, la cessation des actes d'hostilité est publiée âV Bruxelles et dans les deux arme'es. Enfin le traité définitif de paix est signé à Aix la-Chapelle le 1 8 octobre , par les plénipotentiaires des rois de France , d'Espagne et d'Angleterre , de la reine de Hongrie, du roi de Sa r daigne , des états généraux r dit duc de Modèno et de la république de Gènes. Ce traité de paix est sans exemple , et sera à jamais mémorable , par la modération' d'un roi victorieux qui s'arrête au milieu de ses victoires, et par le désintéressement avec lequel il sacrifie ses conquêtes, tandis qu'il peut, faire la loi à des ennemis vaincus , et contraints d'implorer sa clémence Dans les Indes orientales , les anglais ignorant ) armistice publié en Europe , font une descente , sons la conduite des amiraux Roscatfen et GrifEn, au port de Gondoulou , à cinq lieues de Pondicliéri ; et , le 28 août , ils mettent le siège devant cette ville, pour lequel ils avaient fait des préparatifs formidables. La place est défendue par M* Duplcix avec toute la valeur et l'intelligence qu'on pouvait désirer. Le siège est levé le 17 octobre.

La paix reçut le sceau de l'aullienticité par la publication qui s'en fit le ta février 1749 a Paris. La multiplicité des degrés ù\e juridiction fut diminuée au mois d'avril par l'édit qui réunit tes' prévôtés et vicomtes aux bailliages et sénéchaussées. Le 23 Juillet» les Anglais, en conséquence du traité d'Aix-la-Chapelle, évacuent l'ile Royale, ou Cap- Breton, et le fort de Louisbourg , qu'ils remettent aux troupes du roi. Cependant ils ne cessaient, depuis la paix , d'inquiéter nos colonies , voisines de l'Acadie , ou nouvelle Ecosse, dont ils cherchaient à étendre les limites aux dépens du Canada. La cour de France , dès le mois de juin, en avait porté ses plaintes à celte de Londres, et lui avait proposé de nommer, départ et d autre , des commissaires pour régler à l'amiable les limites des colonies anglaises et françaises. En conséquence le rot d'Angleterre chargea MM. Shirlai et Mildmai , de traiter cette affaire a Paris avec Mi\l. de la Galissonière et de Silhouette , que le roi de France avait nommés de son côte. Au mois d'août, édit portant défenses à tous gens de main-morte d'acquérir, ou de recevoir aucuns fonds , rentes „ ou maisons , saos avoir obtenu des lettres-patentes , lesquelles ue seront enregistrées qu'après «nie information faite d!c futilité et de l'incommodité. Dans les Indes orientales, le 3 août, les Français, établis à Poïidichéri f remportent, sur le prince d'Arcate.une grande victoire qui leur procura la cession de nouvelles terres avec la ville de Aiasulipatau.

Les commissaires des cours de Versailles et de Londres

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s'occupaient cependant à déterminer les limites qui séparent l'Acadie du Canada. Ayant achevé leur travail , ils se remettent leurs me'moircs respectifs le 2t septembre 1750. MM. de la Gatissonnière et de Silhouette prétendent dans le leur que l'Acadie, telle qu'elle a ete' céde'e aux Anglais par le traité d'Utrecht, c'est-à-dire, suivant ses anciennes limites , commence à l'extrémité de la baie française, depuis le cap Sainte-Marie, ou le cap Fourchu, qu'elle s'étend le long des côtes, et se termine au cap Canscau. MM. Shirlai et Mildmai soutiennent, au contraire, qu'elle s'étend depuis la rivière de Kinebeki jusqu'au golfe de Saint- Laurent, et du fleuve Saint- Laurent, par le nord , jusqu'à l'Océan ) ce qui allait à rendre les Anglais maîtres de la rive gauche du fleuve Saint-Laurent, depuis Québec jusqu'à son embouchure , et de toutes les côtes , depuis le cap des Rosiers jusqu'à l'Isthme : par-là se trouvait coupée la communication du Canada avec la Louisiane. Jl y eut des réponses et des répliques qui exercèrent les commissaires pendant plus de quatre ans, et où l'on prodigua l'érudition en pure perte. Rien ne fut décidé ; les Anglais voulaient la guerre, et les hostilités continuèrent du côté de l'Acadie et de l'Oyo. Le i«r novembre , édit pour l'établissement d'une noblesse militaire. Jusqu'alors , la profession des armes n'avait point la vertu d'anoblir, même dans les premiers grades , en sorte qu'un officier de fortune rentrait dans la classe des roturiers en se retirant du service , quelque gloire qu'il y eût acquise. Le roi, par son édit, accorde les droits et privilèges de la noblesse , pour eux et leurs descendants , à tous ceux qui le serviront dans ses troupes , au moins en qualité de capitaines, et dont le père et l'aïeul l'auront servi dans la même qualité (1). Le 27 novembre, M. d'Aguesaeau remet entre les maius du roi la dignité de chancelier dont il était pourvu depuis le 2 février 1717, et les sceaux. Sa majesté nomme chancelier M. de Lamoignon de Blanc-Mcsnil , premier président de la cour des aides , et donne les sceaux à

(1) Moi» Louis XVÏ, par son édit du 1» mii 1781 , a révoqué cette décision, noii~sculerncm en déclarant inhabile pour la suite à devenir capitaine tout officier qui ne acr* pas noble de quatre génération*, mai» encore en interdisant les grades militant* à tous les officiers roturiers. Les UU des chevaliers de S. Louis sont exceptés, h la vérité, de celte exclusion; mais cette faveur c»t nécessairement bien limitée, car plusieurs des officiers d'aujourd'hui , nonnobles, peuvent mourir capitaine» , »ans avoir obtenu la croix A Lheu ne plaise, au reste, que nous prétendions blâmer ce nouvel édit. Nous souscrivons »u contraire de ire» bon coeur à l'apologie victorieuse qu'en a, faite un homme <4« génie contre certains frondeurs enthousiastes cl absolus.

( Vov. Annales Polit. 1781 , i5 sept. pp. 71-81.)

chronologie histokjçite

M. de Machault, contrôleiir-çéneral des fuiHUces. Le 5o, M. \c mare'chal comte de Saxe meurt au château de Chambord , â»ô de cinquaQte-qiiatre ans; son corps, porté à Strasbourg, y a été' inhume' dans le temple luthérien de Saint-Thomas , ou le roi lui a fait ériger un superbe mausolée, pour servir de monument aux services inestimables que ce grand homme a rendus à la France (i).

La noblesse indigente manquait de ressources pour faire élever ses enfants d une manière conforme à leur naissance et Utile à l'état Le roi , Tan , pourvut à cet inconvénient , en fondant, au mois de janvier, une école militaire. Cet établissement, imagine par M. d'Argcnson, l'emporte incomparablement sur celui de Sauit-Cyr, fondé , par Louis XIV, pour deux cent cinquante demoiselles. Le 9 février, mort du chancelier d'/Vuesseau. Si les lois eussent éii: perdues, on les eût retrouvées ans la mémoire de cet illustre chef de la magistrature. Il n'était étranger dans aucune faculté des sciences; mais il possédait parfaitement la jurisprudence et les belles-lettres : ses vertus répondaient à ses talents. Le i5 septembre, madame la dauphinc accouche, à Versailles , d'un fils-^ue le- roi nomme duc de Bourgogue. Cette naissance cause des transports de joie dans toute ia France. Sa majesté donne ordre à l'hôtel-de-ville d'employer, à marier six cents filles, les sommes qu'il destinait à être employées, à celte occasion , en fêles et en réjouissances publiques. Cet exemple eut des imitateurs à la cour et en province.

La France perd, l'an 17J2, un grand modèle de vertu dans la personne de M. le duc d'Orléans, mort, le 4 février, à Sainte-Geneviève de Paris. Depuis plusieurs années, il était retiré dans cette maison, uniquement occupé de l'étude des livres saints , où il fit de grands progrès , et de la pratique des vertus chrétiennes, dout il devint un excellent modèle. Le 10, madame Henriette de France meurt à l'âge de vingt-quatre ans. Elle emporta dans le tombeau l'amour, l'estime et les regrets de la cour, qu'elle avait mérités par sa douceur et sa piété. Le 18 avril, arrêt du parlement, en forme de règlement, portant défense de faire aucuns actes tendants au schisme , et aucun refus de sacrements , sous prétexte de défaut de représentation de billets de confession et do non - accepta lion de la bulle

(1) Deux grenadiers, visitant un jour ce temple, s'arrêtent an tombeau dn mnréchal, le regardent en sileuco, puis tirant leurs »l>res, le* passent sur ce nionuuicut, comme pour en aiguiser le tranchant , aprè* quoi ils »e retirent , l'oeil fixé sur la terre, wms proiérer un seul mot. Que d'doQuencc dans cet «ïo"c muet !

DBS ROIS Ûfc FftÀNCE. 36 1

XÎnigbwjTus. Ces refus étaient devenus communs depuis quelques années à Paris et ailleurs. L'arrêt ne Les fit point cesser» Les prélats qui les autorisaient > contestèrent au parlement sa compétence, en ce qui concerne l'administration, même publique, des sacrements. Le parlement soutint son arrêt, et sévit contre les contrevenants. Erfit du mois d'.ioût , qni fixe le nombre des maîtres des requêtes à quatre-vingts. (En i5oa, lorsque Philippe le Bol rcudit |e parlement sédentaire, ils n'étaient que six , dont deux suivaient ie roi, et les quatre autres furent attachés au parlement. De là vient que les mattres des requêtes ne peuvent y aroir voix qu'au nombre de quatre. Ils y ont rang et séance après les présidents à mortiers.)

La contradiction paraissant augmenter le nombre des refus de sacrements, loin de le diminuer, le roi, par lettres-patentes du 22 février 1753, enjoint au parlement de surseoir à toutes poursuites et procédure concernant cette matière, jusqu'à ce qu'elle en ait autrement ordonné. Le parlement arrête qu'il sera fait des remontrances sur ces lettres. Sa majesté, instruite des objets de ces remontrances , refuse de les recevoir. Le 5 mai, nouvelles lettres-patentes en forme de jussion , pour l'enregistrement de celles du 22 février. Le 7 , arrêté du parlement , par lequel il déclare ne pouvoir, sans manquer à ton devoir et à son serment, obtempérer aux dites lettres en forme de jussion. Le <), les magistrats qui composent les enquêtes et les requêtes sont exilés en différentes villes du ressort, et quatre d entre eux «institués prisonniers. Le 1 1 , la grand'chambre est transférée à Pontoise. Le 8 septembre , madame la dauphipe accouebe d'un prince à qui le roi donne le nom de duc d'Aquitaine : ce prince mourut le 22 février suivant. Le 7 et le 0 novembre, Ja grand'chambre est exilée à Soissons. Le 1 1 , lettres -patentes pour l'établissement d'une chambre royale à Paris , destinée à rendre la justice à la place du parlement. M. le chancelier fait l'ouverture de ce tribunal , le i3 , aux Grands-Augustin s.

Les Anglais qui depuis le dernier traité de paix méditaient une pouvclle guerre contre nous, se déclarèrent e afin, l'an 1.754» par la construction qu'ils font d'un fort en Amérique , sur nos terres voisines de l'Acadie. IU. de Contrecçeur , commandant du Canada, leur députe M. de Jumonville , chargé d'une lettre nar laquelle ils étaient invités à ne point troubler la paix , et a se retirer des terres appartenantes à la France. Le député est indignement assassiné, le 24 mai , par ceux à qui la lettre était adressée, .et son escorte, composée de trente hommes, faite prisonnière. Le 5 juillet , M. de Villiers, frère de M. de Jumonville , pour venger cette perfidie , marche , par ordre du commandant , contre 1«*

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