‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 39 sur 146 · VI · texte numérisé non relu

VI

56a CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Anglais , attaque et leur enlève le fort de la Nécessité ; mais loin de faire subir aux assièges la peine du talion , qu'ils méritaient pour la mort de son frère, il se contente d'exiger qu'ils rendent les trente prisonniers qu'ils avaient faits en le massacrant; condition qui , toute modérée et équitable qu'elle était, fut très- mal exécutée. En France, madame la dauphinemet au monde, le i3 août, à Versailles , le duc de Berri. Le 2 septembre , le roi donne une déclaration célèbre , qui impose un silence absolu sur les dis— utes qui troublent l'église de France , et charge ses parlements 'y tenir la main. I*e 4 > celui de Paris est rétabli daus ses fonctions, et, le lendemain , il enregistre la déclaration.

Cette loi ne calma point la fermentation qui agitait le clergé. L'an 1755, le 28 mai, il ouvrit sa grande assemblée, daus laquelle on discuta principalement trois questions relatives aux troubles présents de l'église , le dégré de respect dû à la bulle, la notoriété du droit et du fait , et la compétence en matière de sacrements. Les prélats de l'assemblée sont divisés , seize coutre dix-sept, sur ces trois points. Ne pouvant s'accorder, ils conviennent d'écrire une lettre eu commun au pape , pour avoir son sentiment. Le 17 novembre , madame la dauphine accouche, à Versailles, d'un prince que le roi nomme comte de Provence. En Amérique, l'amiral Boscawen , à la téte de treize vaisseaux de guerre anglais , s'empare, au mois de juin , de deux vaisseaux français qu'il rencontre sur le banc de Terre-Neuve. Cet acte d'hostilité tient lieu aux Anglais d'une déclaration de guerre. Le roi de France, en étant instruit, rappelle de Londres, son ambassadeur ; il ordonne en même tems ac faire tous les préparatifs nécessaires pour avoir raison de cette insulte faite à son

Ïiavillon et à sa couronne. Le g juillet, combat sur l'Oyo, près e fort du Quesnc , entre les Français et les Anglais. Ceux-ci furent complètement battus ; Braddok , leur général , périt avec presque tous les ofliciérs dans l'action. On trouva parmi ses papiers le projet formé par le ministère anglais d'enlever aux Français la plus grande partie de leurs possessions en Amérique. Le i€r septembre, nouvel échec pour les Anglais; un corps de mille cinq cents hommes de leurs troupes, commandé par le colonel Williams , est défait près du lac Georges , en Canada , par M. Dieskau, qui tombe entre les mains des cunenus en les poursuivant.

Le roi, déterminé à mettre en œuvre toutes ses forces de terre et de mer contre les Anglais , donne ordre , au mois de janvier 1 7 5t>, d'armer trois fortes escadres , dont l'uue est destinée pour l'A- Ciéiique, et les deux autres doivent rester dans les rades de

Brest et de Toulon , prêtes à se porter où le besoin exigera. Sa majesté nomme, dans le même mois, le maréchal de Beite-lsle généralissime des côtes de l'Océan , et le maréchal de Richelieu généralissime des côles de la Méditerranée. Le 1 2 avril , ce dernier part des îles d'Hièrcs , à la tête de douze mille hommes, sur une escadre conduite par M. de la Galissonnière. La conquête de Tile de Minorque était l'objet de cet armement. Le 17, l'escadre aborde à l'ile , et le débarquement se fait sans obstacle. Deux jours après, le maréchal de Richelieu se rend maître de la ville de Ciutadella; de là, il marche à la ville de Port-Malion, dont il trouve les portes ouvertes. Les Anglais l'avaient abandonnée pour se retirer dans le fort Saint- Phi lippe , 011 ils avaient rassemblé toutes leurs forces. Cette place, par l'avantage de son assiette et la bonté de ses fortifications, était regardée en Angleterre comme imprenable. M. de Richelieu n'en jugea pas de même : le 8 mai , il commence à l'attaquer avec sou artillerie, qu'il avait placée sur le mont des Signaux. Le 20, M. de la Galissonnière, qui couvrait le siège avec son escadre , livre bataille à l'escadre anglaise, (jui venait, sous les ordres de l'amiral Bing, porter du secours aux assiégés. Il remporte sur elle une pleine victoire , quoique inférieure en nombre de vaisseaux, et l'oblige à se réfugier en désordre à Gibraltar, sans avoir pu remplir son objet. Le malheureux Bing, de retour en Angleterre , paya de sa tête cet échec l'année suivante. Le siège cependant allait lentement , par l'impossibilité où l'on était de faire des tranchées, faute de terre. Enlin, la nuit du 27 au 28 juin, M. de Richelieu ayant fait faire une attaque générale dos cinq forts qui soutenaient la place, eu emporte trois, et effraie tellement les assiégés par cette entreprise, également heureuse et hardie, qu'il les détermine à capituler. On leur accorde les honneurs de la guerre , avec promesse d'être conduits à Gibraltar, et, le aq, ils remettent les forts. Le général victorieux s'embarque , le è juillet, pour retourner en France, laissant le comte de Lannion pour gouverneur de l'ile, avec une forte garnison. La guerre était alors déclarée en forme par le roi de France, dès le 20 juin, à l'Angleterre; et, le ier mai précédent, ce monarque avait fait un traite mémorable d'alliance avec l'impératrice reine de Hongrie. Au mois d'octobre, sa majesté, instruite de l'invasion de, la Saxe faite par le roi de Prusse , et de l'entrée de ce prince dans la Bohême, donne ordre de faire marcher vers l'Allemagne une armée de vingt -quatre mille hommes, sous le commandement du prince de Soubise; c'était le secours stipulé, avec la reine de Hongrie, par le traité du Ier mai. Le 17 novembre, le parlement supprime le bref de S. P. le pape, du 16 octobre, en réponse aux éveques de

564 CHRONOLOGIE HISTORÎOrR

France. Les troubles continuant toujours à l'occasion de la nulle, le roi donne , le 10 décembre, une déclaration par laquelle sa majesté ordonne que tons ses sujets aient , pour ladite constitution , le respect et la soumissioà qui lui ëont dus , sans néanmoins qu'on puisse lui attribuer la dénomination , le caractère, ni les effets de règle de foi , prescrit ée nouveau le silence sur cette matière , renvoie aux juges ecclésiastiques la connaissance du refus des sacrements , permet cependant aux magistrats de punir les auteurs de ces refus, et accorde une amnistie générale pour le passé. Le i3 « sa majesté s'etaut rendue au parlement, y tient uu lit de justice, dans lequel elle fait enregistrer cette déclaration, avec une autre sur la police du parlement, et un édit portant suppression des deux chambres et des présidents des enquêtes. Ce coup d'autorité met la consternation dans le parlement. Les présidents et conseillers des enquêtes et requêtes , croyant leur état changé et altéré par la deuxième déclaration, prennent le parti, avec plusieurs conseillers de la grand'chainbre , de donner à M. le chancelier la démission de leurs charges. ÏEVi Canada, le marquis de Montcalm, arrivé de France au mois de mai, avec un renfort considérable, enlevé aux Anglais, le i5 août, le fort Ontario, situé près du lac de ce nom , et, le lendemam , ceux de Chouagen et de Georges. Dans ces trois places, qàc les Anglais avaient élevées sur un terrain par eux usurpé durant la paix , le vainqueur fit mille six cents prisonniers, s'empara d'environ deux cents grosses pièces d'artillerie, et d'nne grande quantité de boulets et de munitions de toutes espèces Cette conquête, qui ne coûta que cinq ou six hommes à M. de Montcalm, déconcerta les projets des Anglais sur uos colonies du Canada et de la Louisiane. Les trois forts, aussitôt après leur prise, furent démolis pur les Français.

Le 5 janvier 1757 , est un de ces jours funestes dont nul bon français ne peut se rappeler le souvenir sans horreur. Le roi , sur les six heures du soir, montant en carrosse pour aller souper a Trianon , est frappé d'un coup de couteau an côte; droit cutre les côtes, par un forcené de la lie du peuple, nomme Robert-François Damiens , que la justice poursuivait àlnrs pour crime de vol. Heureusement la blessure de sa majesté ne fut point mortelle. Le scélérat fut arrêté sur-le-champ. Les magistrats , qui étaient restés à la grand'chambre, assistés des princes et des pairs , le condamnèrent, le 26 mars f à la peine des régicides , et le 28 il fut exécuté. Le q janvier, mort de Bernard le Bovier de Fontenelle , le Nestor des gens de lettres. Il était âgé de cent ans moins un mojs. Le 1 septembre, sa majesté rétablit le parlemeut de Paris dans ses fonctions , après avoir danué

ordre au chancelier de rendre les démissions aux membres de celle compagnie, qui les avaient donne'cs. Elle remet en méwpm tems airx gens du roi une déclaration , interprétative de l'édit du mois de décembre dernier, laquelle fut enregistrée le lendemain à l'assemblée des chambres. Le 9 octobre , madame la daupliine inetau monde un fils que le roi nomme comte d'Artois. Les ét.its d Artois députent à sa majesté pour la remercier de riiouurur qu elle a fait à leur province de donner son nom au jeune prince. Rappel des évêques exiles pour cause de refus des sacrements. Le 25oclobre, mort de dora Augustin Calmet, abbé de Seiiones , célèbre par le nombre et le mérite de ses ouvrages dout le plus considérable est son Commentaire littéral sur toute l'Ecrilure Sainte (1). En Allemagne , le roi ne jugeant point su/usant le sccours.-de vingt-quatre mille hommes qu'il avait envoyé, l'automne précédent , sur les frontières d'Allemagne, pour faire un. diversion en faveur de l'impératrice-reine et du roi de Pologne, fait partir, au commencement du printems de cette année, une armée de cent mille hommes pour la Wcstphalie. M. le prince de Soubise prend le commandement de cette armée jusqu'à l'arrivée du maréchal d'Estrées, que le roi en avait nommé général. Le D avril , un détachement des troupes de la reine de Hongrie , qui s'étaient jointes aux nôtres, enlève au roi de Prusse la ville de Clèves. Le 8 , un autre détachement des mêmes troupes prend Wesel; et dans l'espace de huit jours, le roi de Prusse est dépouillé de ses états de Clèves et deGueldre, à l'exception de la ville de Gueldrc, qu'on se contenta d'investir, et qui se rendit ensuite sans coup-férir. Le 17 avril, Lipstadt est pris par le comte de Saint-Germain. Toutes ces expéditions se firent par le* ordres du prince de Soubise , qui remit le commandement de

(0 Dom Fange, son neveu et son successeur, a Sénone* , ayant demandé de* vers pour <?trc mis au bas de sou portrait a M» de Voltaire , en reçut lo réponse suivante : ■ Il serait difficile, Monsieur, de faire une inscription dipne >» de l'oncle et du neveu; au défaut de talents, je vous offre ce que me dicte » luoti zèle. »

Oes oracle* sacrés que Dieu daigne nous rendre,

Son travail assidu perça l'obscurité;

Il fit plus, il les crut avec simplicité ,

lit fut par se, vertu* digne de les enteudre.

«< Il me semble au moins que je rends justice a la science, I la foi . h la mo- *» destie. à la vertu de feu D. Calmet ; mai* je ne pourrai jamais célébrer, ainsi >> que je le voudrais, sa mémoire, qui me sera infiniment chère. »

Cet hommage, rendu à la religion et a la vertu, est remarquable sous la plnme d'un homme tjQÎ a si souvent outragé l'une et l'autre de vive voix et par écrit.

l'armée an maréchal d'Estrées , arrivé 4 Wesel sur la fin d'avril. Les premières opérations du maréchal se tournèrent contre le duc de Cumberland , qui était campé à Bielcfeld avec Tannée anglaise. Par ses différentes marches et contre-marches, il 1 mx— quiète de manière que , craignant d'être enfermé dans son camp , il l'abandonne et repasse le Weser pour défendre l'électoral d'Hanovre. Le 5 juillet, le marquis d'Auvct s'empre dEmbdeo ei del'Oost-Frise; cette province appartenait au roi de Prusse depuis 1744 qu'il en était devenu maître par l'extinction de la maison d'Oosî-Frise. Le 26, bataille d'Hastembeek, près d'Hamelcu, gagnée par le maréchal d'Estrées , contre le duc de Cumberland qui bientôt est obligé d'abandonner aux Français l'électoral d'Hanovre avec tous les états de la maison de Bruuswick. ^ ers le même tems le maréchal de Richelieu , qui commandait sur le Rhin, reçoit ordre d'aller joindre l'armée de Westphalie ; il arrive le 3 août au quartier général d'Oldendorff; et , comme l'ancien du maréchal d'Estrées , il prend le commandement de 1 armée. Le nouveau général poursuit le duc de Cumberland; ce prince au lieu de diriger sa retraite par la droite pour se rapprocher du coté de Magdebourg et donner la main au roi de Prusse, prend par la gauche, et entre par le duché de Werden. Il n'y resta pas long-tems. Le maréchal de Richelieu , toujours à ses trousses , l'oblige à se retirer auprès de Stade. Là il se trouve tellement acculépar l'armée française , qu'il ne peut éviter de s»e rendre prisonnier de guerre avec toute son armée, ou de subir telle autre loi que le vainqueur voudra lui imposer. Dans cette extrémité , il emploie la médiation du roi de Danemarck pour obtenir un armistice , avec la liberté d'évacuer le pays. La médiation est acceptée , et en conséquence, le 10 septembre, on fait la fameuse convention du camp de Closter-Severn , par laquelle, sous la garantie de S. M. danoise, le prince anglais s'engage à renvoyer ses troupes auxiliaires , à passer l'Elbe avec la partie de son armée qu'il* ne pourra placer dans la ville de Stade ni aux environs , à ne point permettre à la garnison de cette ville de faire aucun acte d'hostilité, ni de franchir les limites qui lui seront marquées , et enfin à laisser les troupes françaises en possession de firemen et de Werden jusqu'à la paix. Rien ne fut moins solide, comme on pouvait s'v attendre, que ce traité. Le duc de Cumberland- ayant été rappelé en Angleterre , la cour de Londres se crut affranchie des engagements qu'il avait pris. Celte infidélité fut le salut du roi de Prusse, sur qui allait retomber, sans cela , tout le poids de la guerre en Allemagne. Le 25 décembre , le maréchal de Richelieu k ayant repassé l'Aller, oblige les Hanov riens, qui avaient repris les armes malgré la

convention de Closter-Scvern , à se retirer à Lunébourg , avec perte de cinq à six cents hommes. Dans les Indes orientales , le 24 mars, les Anglais enlèvent à la compagnie française des Indes le comptoir de Chandernagor, à l'embouchure du Gange. En Canada , les Français remportent sur les Anglais divers avantages, dont le principal est la prise du fort Georges, ou Guillaume-Henri, sur le lac du Saint-Sacrement, que M. de Montcalm leur enleva le 9 août.

Jusqu'en iy58, il n'y avait eu en France aucuue règle fixe pour la promotion des ofliciers dans les rc'giments. Souvent, au sortir du collège, un écolier, tout-à-coup, se trouvait à la tête d'une compagnie, et souvent un lieutenant, après un an de service,

Eassait au grade de colonel. Frappé d'un abus si contraire à la onne discipline, le roi, le 29 mars de cette année , y remédia pfr un règlement solennel qui porte qu'à l'avenir aucun ollicier ne sera pourvu d'un régiment qu'il n ait auparavant servi pendant sept ans, dont cinq en qualité de capitaine, et qu'on ne pourra pareillement être reçu capitaine sans avoir également été deux ans cornette, enseigne, ou lieutenant. (Journal de Louis XV. ) Sur les côtes de France, une Hotte anglaise ayant mouillé, le 5 juin, à la baie de Cancalc, près de Saint-Malo , y débarque le lendemain quatorze à quinze mille hommes, qui marchent vers celte ville pour en faire le siège. Mais apprenant qu'on accourt de toutes paris pour les repousser, ils retournent en grande hâte à leurs vaisseaux , dans lesquels ils se rembarquent les 11, 12 et i5 du même mois. Le 7 août, deuxième descente des Anglais sur les côtes de France. Ils entrent dans lavillc de Cherbourg, en Basse-Normandie, dont ils emportent les cloches avec quelques canons , et se rembarquent, le i5, avec précipitation. Le 4 septembre , ils font une troisième descente , au nombre de treize mille hommes , à Saint-Bricux: eu Bretagne. Le duc d'Aiguillon marche contre eux en diligence, les atteint à Saint-Cast, et les force à regagner, en désordre, leurs vaisseaux. Dans celte déroute, ils perdirent plus de trois mille hommes, tant tués que noyés, outre sept cents prisonniers qu'on leur lit. En IVestphalic , les Hanovriens s'étant mis en marche pour s'emparer de Brémen , et, par-là, couper la communication de notre armée avec l'Oost-Frise , le duc de Broglic, par ordre du maréchal de Richelieu , les prévient, entre, le 16 janvier, dans Brémen, et s'y établit au uom de sa majesté impériale. Le 14 mars, le prince Ferdinand de Brunswick se rend maitre de Minden , après huit jours de tranchée ouverte. Le 23 juin , ce prince attaque, à (^rewcldt sur le llhm, l'armée française , commaudéc par son altesse le comle

CIIKO.NÔLOOIE HISTORIOt E

de Clermont II n'y eut que notre aile gauche nui combattit sou; les ordres du comte de Saint-Germain : elle le fit avec beaucoup de valeur; et, après avoir résisté vigoureusement à l'ennemi, elle se replia en bon ordre sur Nuits, où le reste de l'armée s'était porté. Le comte de Gisors , fils du maréchal de Bellc-]jle, jeune officier qui donnait les plus belles espérances, périt dans celte affaire. Le a3 juillet, combat de 6underhausen près de Casse 1. Le duc de Uroglie , à la tète de sept mille hommes de l'armée du prince de Soubise, y défait huit mille Hanovriens, çommaudés par le prince d'isernbourg, qui courut risque d'être pris en fuyant. Le 24 août, le marquis de Coulades, à qui le comte de Clermont avait remis, le 8 juillet, le commandement de l'armée de Westphalie, reçoit le b$lon de maréchal de France. Le 10 octobre , le prince de Snubise gagne la bataille de LuUtl berg , au pays de Cassel , sur l'année des cinglais, Hanovrieu* et Hcssois; le bâton de maréchal de «France, dont le roi l'honora le ic), fut le prix de cette victoire. En Canada, le 6 juillet, le marquis de Moutcalm, à la tète de trois nulle deux cent cinquante français, remporte une victoire complète sur l'armée des Anglais, composée d'environ vingt mille hommes, sous le» ordres du général Abercrombi ; près de quatre mille des ennemis périrent dans l'action. Cet échec ne les empêcha pas de nom enlever Louisbourg le 27 du même mois.

L'ordre militaire de Saint-Louis n'admettant que des catholiques, les officiers protestauts de nos troupes s'en trouvaient exclus, et ricu n'y suppléait pour annoncer, par une marque distinct ive, la durée et la bonté de leur service. Pour 1rs indemniser, Louis XV institua en leur faveur, le 1 1 juillet iffyi l'ordr* du Mérite, dont la marque de distinction est une cron d'or, sur l'un des côtés de laquelle il y a une e'pée en pal avec ces mots : Pro virtute bçllicd , et , sur le revers» une couroow de laurier avec cette légende : Ludovicus XV instituit ifo. En Wesiphalie ,1e 1 3 avril, le prince Ferdinand de Brunswick, à la tête de quarante niijle hommes , attaque le village de Rergfren, à deux lieues de Francfort, dans lequel il y avait plusieurs brigades de notre infanterie, sous les ordres de M. de Brogh>i il est repoussé trois fois, ef, eufin, forcé de se retirer, aprà avoir fait nue perte de près de dix mille hommes , du nomhrt desquels était le prince d'isernbourg. Le 9 juillet, le duc dr Broglic prend , l'épée à la main , la ville de Minden, sur le We ser; la troupe de Fischer fit des prodiges de valeur en cette occasion , et ce fut elle qui emporta l'ouvrage qui couvrait la têt' «in pont de M ni de n. Le 1" août, bataille de Minden, ^afneV Dar le prince Ferdinand de Brunswick , contre Je maréchal àt Coutaues, qui est oblige de se retirer à Cassel. En Amériquff

DES ROIS DE FRANCE. 5bg

lf s Anglais fcnîèvcnt aux Français , le a mai , l'île de la Guadeloupe. Le iv> septembre, ils se rendent maîtres de Québec, après un sie'gc de soixante-quatre jours. Sur mer, combat naval à la côte de Lagos, le 17 août, entre quatorze vaisseaux anglais et sept vaisseaux français, commandés par M. de la Cluc, qui en perd cinq, et se retire avec les deux autres. Le 10 septembre, l'escadre anglaise, sous les ordres de l'amiral Pokok , attaque , à la hauteur du Coromandcl , l'escadre française, commandée par M. d'Aché. Après un combat de deux heures, les ngresseurs sont obliges de se retirer, et l'escadre française va mouiller le i5 à Pondichéri, avec le secours de troupes et de munitions de guerre qu'elle y portait. Le 20 novembre , combat à la hauteur de Belle-Ile , entre l'escadre française , compose'e de 21 vaisseaux de ligne et de 6 frégates, sous les ordres du maréchal de Conflans , et l'escadre de l'amiral Hawcke , renforce'e de tous les vaisseaux que les Anglais avaient à la côte de Bretagne. Nous fumes battus , et nos vaisseaux qui étaient en beaucoup moindre nombre que ceux de l'escadre ennemie , furent dispersés.

M. le duc de Broglie, créé maréchal de France le 18 décembre 1 7 59, répondit à cet honneur le 1 o juillet 1 760 , par le gain de la bataille de Corback, enVétéravic, contre le prince héréditaire de Brunswick qui était à la tètede3oooo hanovriens. Le prince y reçut un coup de feu dans les rcius, et le champ de bataille nous resta. Le 2 octobre , un corps de 3ooo hanovriens s'empare du château de Clèves , et fait prisonnière la garnison qui ne consistait qu'en un bataillon de milice. Le 16 octobre , combat près de Khinberg , sur le Bas-Bhin, où i5ooo hanovriens, commandes par le prince héréditaire de Brunswick , sont mis en fuite par un détachement de l'armée française, sous les ordres du marquis de Castrics qui , la veille , avait emporté Rhinberg l'epée à la main. En Canada , le 8 septembre, les Anglais se rendent maîtres de Montréal et de tout le Canada.

La mort du duc de Bourgogne , arrivée le 12 mars 1 761 , dans 5a dixième année , couvrit de deuil la cour. Ce jeune prince était un fruit précoce , il avait une maturité de jugement , des sentiments, et des connaissances au-dessus de sou âge. Le 8 avril , les Anglais font une descente à Belle-Ile, et sont repoussé.s. Ils y reviennent au commencement de juin , et malgré la belle défense de M. le chevalier de Sainte-Croix , ils se rendent maîtres , le 7 juin, de la citadelle, dont la garnison sort libre et avec les honneurs de la guerre. Le i5 août, traité, ou pacte de famille , conclu entre le roi de France et le roi d'Espagne , tant pour eux que pour le roi des Deux-Siciles cl l'infant duc de Parme, par

Page 1