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lequel ils promettent de se garantir mutuellement leurs états, et Je les de? fendre envers et contre tous. Par ce même traité, les sujets «le l'une de ces puissances qui passeront dans les états de l'autre , doivent v jouir des mêmes droits que les nationaux. Les» 1 8 et 19 octobre, les cérémonies du baptême sont suppléées au duc de Bcrri , au comte de Provence , au comte d'Artois et à Madame. Le dauphin, leur père, s'était fait apporter le registre baptistairc: Voyez , leur dit-il , votre nom placé à la suite de celui du pauvre et de /' indigent: la religion et la nature mettent tous frs hommes de niveau ; la vertu seule met entre eu e quelque différence , et peut-être que celui qui vous précède sera plus grand aux yeux de Dieu, que vous ne le serez jamais aux yeux des peuples. En Allemagne , le i5 février, le prince Ferdinand fait une irruption subite dans la Hesse , dont il assiège la capitale» ap»sès avoir remporté divers avantages sur les Français. Le ai mars , le maréchal de Broglie met en déroule, près de Gnmberg , un corps de troupes , commandé par le prince héréditaire de Brunswick, fait prisonniers 2000 hommes des ennemis, et leur enlève treize pièces de canon, avec dix-nenf drapeaux. Le comte de Stainville, sous les ordres duquel le combat s'est donné, les poursuivit dans leur retraite , qu'ils firent en désordre , et où iU essuyèrent de nouvelles pertes. Les suites de celte a t Va ire furent la levée du siège de Cassel et l'évacuation de la Hesse. Le i5 juillet , le maréchal de Broglie ayant été joint aux environs de Socàt par le prince de Soubise , arrive du Bas-Rhin avec l'armée qu'il y commandait , attaque , sans succès , les alliés , commandes
Î>ar le prince Ferdinand de Brunswick. Le combat recommença e lendemain près du village de Filingshansen , où les Français avaient passé In nuit , et finit par la retraite du maréchal de Broche. Nous perdîmes dans cette affaire 2400 hommes, du nombre desquels furent le duc d'Havre, et le marquis de Rouge. Le marquis de Vérac, gendre du duc d'IIavré, eut le bras cassé du même coup de canon qui blessa mortellement son beau père et le marquis de Ilougé avec lesquels il se trouvait réuni pour le moment. "Le 25 septembre , c marquis de Conflans, détaché de l'armée du prince de Soubise , qui s'était séparée, vers la mi-août , de celle du maréchal de Broglie , s'empare d'Embdcn occupée par les Anglais, et fait la garnison prisonnière de guerre. Vers le même teins , le marquis de Viomérnl , avec uu détachement de la même armée , fait la conquête du comté de Oiéphold. Le 3 octobre, le prince de Coudé, pareillement détaché de Tannée de Soubise , s'empare de la ville de Meppcn , après quatre jours de tranchée ouverte, et fait prisonnière de guerre la garnison- Le 10 , le comte de Lusace, à la tète d'un corps de saxoos , se rend maître de la ville de W olffenbuttcl , dont la garnison
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éprouve le même traitement. Dans les Indes , îe 1 5 janvier , la ville de Pondichéri, que les Anglais tenaient bloquée par mer depuis neuf mois , et par terre depuis le mois de novembre , se rend enfin faute de subsistances. Le 10 février, un détachement de la compagnie anglaise des Indes, enlève à celle de France, le comptoir de Mahé, sur la côte de Malabar, u4 flaires ecclésiastiques . Cette année commença la grande affaire de la destruction des Jésuites en France. Le 17 avril , M. l'abbé Chauvclin , conseiller-clerc du parlement de Paris , dénonce aux chambres assemble'es les constitutions de la société' , comme renfermant plusieurs choses contraires au bon ordre , à la discipline de 1 église et aux maximes du royaume. Le même jour, arrêt qui ordonne aux Jésuites d'apporter, dans trois jours, au greffe civil de la cour, un exemplaire imprime de leurs consliititiousj ce qui, le lendemain, est exécute'. Le 8 juillet, d'après le compte rendu par les gens du roi , de l'examen par eux fait des constitutions nés Jésuites, arrêt qui ordonne qu'il sera nomme' des commissaires pour examiner tant lesdiles constitutions , que le contenu audit compte rendu. Cet arrêt est immédiatement suivi d'un nouveau discours de M. l'abbé Chauvclin , par lequel il dénonce à la cour les opinions pernicieuses, dans le dogme de la morale, de plusieurs théologiens jésuites, l.int anciens que modernes, d'où il résulte, selon lui, que tel est l'enseignement constant et non interrompu de la société. Le roi cependant avait nommé de son côté des commissaires du conseil , pour examiner les constitutions des Jésuites. Sur leur rapport , le 2 août , sa majesté rend uuc déclaration, par laquelle il est enjoint aux supérieurs de chaque maison de la société, de remettre, dans six mois, au greffe du conseil , les titres de leur établissement en France. Le 6 , elle est enregistrée au parlement, lequel , par arrêt du même jour , reçoit le procureur-général appelant comme d'abus de plusieurs bulles , ou brefs concernant le régime de la société. Autre arrêt du même jour, qui condamne au feu divers ouvrages de ladite société , et pour statuer définitivement sur ce qui regarde lesdits livres , et du récit fait à la cour , le 8 juillet , au sujet de renseignement constant et non interrompu de ladite doctrine dans ladite société , ainsi que de F inutilité de toutes déclarations , désaveux et rétractations faites à ce sujet... . joint la délihération à rappel comme d'abus , interjeté par le procureur-général... . et cependant , par provision , fait défenses à tous sujets du roi.... d? entrer dans ladite société , et aux membres dficeUe de les recevoir , et de continuer leurs leçons publiques. Le 10 octobre, sur la demande des commissaire? du conseil, chargés de rendre compte au roi des consti-
tu lions des Jésuites , sa majesté' convoque une assemblée d'évêqucs , pour avoir leur avis sur les quatre points suivants : i° «Je quelle utilité peuvent être les Jésuites en France, et les avantages ou inconvénients qui peuvent résulter des différentes fonctions qui leur Bont confiées ; a# de quelle manière les Jésuites se comportent dans renseignement et dans leur conduite sur les opinions contraires à la sûreté de la personne des souverains, les opinions ullramontaines > les libertés gallicanes et les quatre fameux articles du clergé ; 3° quelle est leur couduite sur la subordination qui est due aux évêques , et s'ils n'entreprennent rien sur les droits et fonctions des pasteurs ; 4° quelle tempérament on pourrait apporter en France à l'autorité du général des Jésuites , telle qu'elle s'y exerce. L'assemblée des évêques s'ouvre, le 3o novembre, chez M. le cardinal deLuynes, et continue ses séances pendant tout le mois suivant. Elle n'était d'abord composée que de trente*-sept prélats; mais à la dernière séance , qui se tint le 5o décembre , il s'en trouva cinquante et un , dont quarante-cinq furent entièrement favorables aux Jésuites, et les six autres furent d'un avis contraire.
L'Angleterre, dans le mois de janvier 176:2, ayant déclare la guerre à l'Espagne , celle-ci , de concert avec la France , la déclara le 20 juin suivant au Portugal pour empêcher les Anglais de pénétrer par ce royaume dans ses terres. En F tance , Te b août, arrêt du parlement de Paris, qui juge l'appel comme d'abus des bulles, brefs, constitutions et règlements de la société des Jésuites ; déclare qu'il y a abus , dissout cette société; fait défenses aux jésuites d'en porter l'habit, de vivre sous l'obéissance du général et des autres supérieurs, d'entretenir aucune corres- • pondanec , directe, ou indirecte, avec eux; leur ordonne de vider les maisons dépendantes de la société , avec défenses de vivre en commun entre eux ; les déclare incapables de posséder aucuns bénéfices , d'exercer aucuns emplois ecclésiastiques , ou municipaux, qu'ils n'aient préalablement prêté le serment porié audit arrêt; réserve de procurera chacuu d'eux , sur leur requête, la pension alimentaire dout ils auront besoin. Les autres parlements du royaume, à l'exception de deux, prononcèrent de même, dans le cours de cette année et de la suivante , la dissolution du corps des Jésuites dans l'étendue de leurs ressorts ; mais aucun ne le fit avec la même unanimité que celui de Paris. Le 5o août, le parlement de Dombes enregistre la déclaration du roi, portant union de la principauté de Dombes à la couronne. Le comte d'Eu avait cédé à sa majesté , le 28 mars , ectre principauté, et avait reçu en échange le comté de Gisors , avec d'aulres terres. En Allemagne , le 24 juin, les maréchaux d'Estrées et de Soubise , ayant quitté leur camp de Grébcustein pour
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se rapprocher de Cassel , dont les ennemis voulaient s'emparer, furent attaques dans leur marche par les Anglais : plusieurs corps de r armée française furent maltraités; mais elle arriva au terme et empêcha l'ennemi de s'emparer de Cassel. Le 3o août, bataille de Johaunesberg , près de Fricdbcrg, gagnée par les maréchaux d'Estrées et de Soubise sur le prince héréditaire de Brunswick. Le prince de Conde eut grande part à cette victoire. Le aa septembre, le château d'Araencbourg, attaqué par les troupes du roi , se rend par capitulation. La garnison , composée d anglais et d'hanovriens , est faite prisonnière de guerre. Le t novembre , les alliés forcent Cassel a capituler ; la garnison sort libre et avec les honneurs de la guerre. La paix cependant se négociait depuis environ six semaines. Le 10 septembre , le duc de Belfort était arrivé à Paris en qualité de plénipotentiaire de la cour de Londres , et le duc de Nivernais s'était rendu le ta à Londres, avec le même titre , de la part du roi de France. Enfin , le 5 novembre , les articles préliminaires de la paix, entre la France, l'Espagne et l'Angleterre, sont signés a Fontainebleau, par le duc de Praslin , le duc de Belfort et le marquis de Grimaldi. Ils sont compris en vingt-six articles, dont voici les principaux. Le roi de France cède à l'Angleterre l'Acadie, le Canada, le cap Breton, la Grenade et les Grenadins, et consent au partage des lies neutres; savoir * Sainte-Lucie pour la France, Saint- Vincent, Saint- Dominique et Tabago pour l'Angleterre. Cette dernière puissance confirme à la France la pêche et la sécherie de la morue sur les côtes de Terre-Neuve, et même dans le golfe de Saint- Laurent : elle lui restitue la Guadeloupe, Marie-Galante , la Désirade , la Martinique, avec les îles de Saint-Pierre et de Miquelon, pour servir d'abri aux pêcheurs français, l'île de Gorée en Afrique, et Belle- Ile. La France cède le Sénégal à l'Angleterre, lui rend l'ile de M inorque, et restitue à l'électeur d'Hanovre et au landgrave de liesse, toutes les places qu'elle leur avait enlevées. Les deux puissauces se restituent mutuellement toutes les conquêtes qu elles avaient faites Tune sur l'autre dans les Indes orientales. Le même jour que la paix est signée à Fontainebleau , la France conclut avec l'Espagne un traité , par lequel elle lui cède la Louisiane.
Ce rut en 1765 que l'ouvrage de la pacification générale des puissances fut conduit à sa perfection et reçut le caractère d'authenticité. Les mêmes ministres qui avaient arrêté les articles préliminaires du traité de paix définitif entre la France , l'Espagne et l'Angleterre, le signèrent le 10 février à Paris, sans y rien changer. Le roi de Portugal y accéda le même jour par un traité particulier signé de don Mello , son ambassadeur et plénipotentiaire. Le 1 5 du même mois, les plénipotentiaires de la reine de
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Hongrie e! ceux du roi de Prusse, signent pareillement leur traite? à Hubersbourg, eu Saxe ; et le même jour , le roi de Pologne , électeur de Saxe , signe le sien avec le roî de Prusse. Le calmé est par là rétabli dans l'Europe entière. Les affaires des Jésuites allaient cependant toujours en décadence. Le 5 février , le parlement de Taris enregistre, i° un édit, par lequel sa majesté' a >umet aux ordinaires , pour le spirituel, les collèges ci-devant possédés par les Jésuites , et pour le temporel , aux cours des j iges des lieux ; 20 des lettres-patentes pour l'administration des biens ecclésiastiques , possédés ci-devant par les Jésuites; 5a des lettres-patentes pour l'abréviation des procédures dans la discussion des biens de ladite société.
L'an i7C>4t le if> juin , la compagnie des Indes rétrocède au roi le port de Loricut, les côtes d'Afrique et les îles de France et de Bourbon. De sa part , le roi lui remet toutes les actions et les billets d'emprunt , dont il était possesseur, et lui laisse pleine liberté de prendre tels arrangements qu'elle jugera convenables pour le rétablissement de son commerce. Par là devenue libre , ♦•lie nomme des syndics, et arrête le plan d'administration qu'elle entend suivre (Journ. de Louis XV). Le 6 septembre , le roi pose la première pierre de la nouvelle église Sainte-Geneviève. Au mois de novembre , édit envoyé à tous les parlements , qui supprime la société des Jésuites dans toute l'étendue du royaume, permettant néanmoins à ceux qui la composaient , de vivre en particuliers daus les états du roi, en se conformant aux lois du royaume. Cet édit est enregistré au parlement de Paris le i décembre , mais avec la restriction que les ci-devant jésuites ne pourront approcher de la ville de Paris de dix lieues. Le 17 décembre, enregistrement au parlement d'un édit fort ample , du même mois, pour la libération des dettes de l'état.
Rome avait jusque-là gardé le silence sur la conduite qu'on tenait en France envers la société. Clément Xill , la voyant le'qalcment abolie dans ce royaume , fit effort pour la relever, et donna dans ce dessein une constitution par laquelle de sa pleine puissance et autorité suprême, il confirmait l'institut des Jésuites. Celte bulle, datée du 7 des ides de janvier 1 764» suivant le style florentin (ce qui revient au 7 janvier de notre année 1765), fut supprimée par le parlement de Paris, le 11 février suivant. La santé du dauphin commença dans l'automne de cette année à dépérir. Les alarmes et les vœux des bons Français pour son rétablissement redoublèrent à mesure qu'on vit le mal empirer. Il y succomba enfin à l'âge de 56 ans , le 20 décembre , au château de [Fontainebleau, par une mort très -édifiante, etfut inhumé le 29, comme il l'avait désiré, dans l'église cathédrale de S»ns. La piété constante de ce prince , ses talculs et ses lu-
mières lui ont mérité les vifs regrets de toute la France. 11 a laisse' de ÎVIaiue-Josephf. de Saxe , sa deuxième femme , trois princes, Louis-Auguste , duc de Berri ( depuis Louis XVI), Louis- Sfanislas-Xavier , comte de Provence (aujourd'hui sa majesté Louis XVIII), et Charles-Philippe, comte d'Artois , ( vovez l'article de ce prince à la fin de cette chronologie) , avec deux princesses, madame Marie-Adélaïde-Clotilde-Xavière , née le 2> septembre 1757, mariée, le 21 août 177$, au prince de Piémont, ( depuis Charles-Emmanuel IV, roi de Sardaigne. ) Elle est morte en 180?. ; et madame Elisabeth-Philippine- Ma rie- Hélène , née le 5 mai 1764 , morte victime du tribunal révolutionnaire, le 10 mai 1794.
Depuis trois ans la discorde agitait la république de Genève et soulevait la bourgeoisie contre le magistrat, à l'occasion de quelques articles de leur loi fondamentale , qu'on interprétait différemment de part et d'autre. Les parties lasses de contester en pure perte, supplièrent, l'an 176(1 , le roi de France, par une députation, et les cantons de Berne et de Zurich par une autre , d'interposer leur médiation pour les accorder. Sa majesté , eu conséquence , nomme le chevalier de Beautevillc son ministre plénipotentiaire auprès de la république. Le 24 mars , ce seigneur a son audience publique dans le conseil de Genève , on il prononce un discours éloquent et pathétique sur l'objet de sa mission. Mais son habileté et celle des plénipotentiaires de Berne et de Zurich, avec lesquels il travailla de concert, échouent contre l'obstination des Genevois. Le i5 décembre , le plan de pacification qu'ils avaient dressé , est rejeté par le conseil-gé- " 51 le la république , après avoir été approuvé du grand et du mscils.
ime la dauphine , après avoir altéré sa santé auprès de son auguste époux par l'assiduité de ses soins pendant la longue maladie de ce prince, acheva de la détruire par les larmes qu'elle ne cessa de verser après l'avoir perdu. Le i5 mars 1767 , elle alla le rejoindre en l'autre vie, dans sa trenle-sixème année, étant venue au monde le 4 novembre 1 7^1 . Elle lui fut aussi réunie le a5 mars dans le même tombeau. Lei5 mai, traité de la république de Gènes avec le roi de France , par lequel elle cède à ce monarque la Corse, eu nantisssement des dépenses que la France a faites et doit" faire pour la réduction de celte ile (Voyez Gènes ).
L'an 1768, le grand-conseil , dont les membres avaient donné leurs démissions le 29 avril 1 76 j , et qui depuis ce teins élait vacant, rentre le 4 janvier, en vertu des lettres-patcnles que le roi lui avait adressées le 2 de ce mois. Le même jour, il enregistre un édit portant règlement pour la police et la discipline iulc-
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rieures de la compagnie , et ordonnant entra litres dispositions , que !a justice y sera rendue gratruitement , comme elle l'est au conseil de sa majesté. Le 26 février , arrêt du parlement de Paris, qui supprime les lettres, en forme de bref, du pape Clément XIII , rendues au mois de janvier précédent , par lesquelles sa sainteté casse et annulle certains édits de l'infant duc de Parme, comme contraires aux libertés , immunités et juridiction ecclésiastiques (Voy. D. Ferdinand , duc de Parme). Au mois de mars , édit , par lequel sa majesté ordonne , qui compter du 1 avril 1769, aucun de ses sujets ne pourra s'en- Çaçer par la profession monastique ou régulière , s'il n'a atteint, a l'égard des nommes, l'âge de vingt et un ans accomplis . et à l'égard des femmes , celui de dix-huit ans aussi accomplis ; sa mnjesté se réservant, après le terme de dix années, d'expliquer de nouveau ses intentions à cet é^ard. Parle même édit , il est défendu d'admettre à la profession aucun étranger non-naturalisé, ni de l'agréger ou affilier à aucun ordre , à aucune maison religieuse, dans le royaume. Le 11 mars, les troubles de Genève sont enfin pacifiés, par un plan d'arrangement et de conciliation, qui fut concerté par le grand et le petit conseils , et accepté par le conseil général de la république. Le i3 mai, le parlement enregistre un édit du même mois, lequel porte, qu'à commencer du 1 janvier 1769, la portion congrue des curés sera fixée à perpétuité à la valeur en argent de vingt setiers de froment, mesure de Paris, et celle des vicaires à la valeur en argent de dix setiers j lesquelles valeurs sa majesté fixe, pour le présent, à cinq cents livres pour les curés , et à deux cents livres pour les vicaires. Les novales, par le même edit, sont adjugées aux gros décimateurs. Le q juin, anrt$f*fltL parlement de Provence, par lequel la ville d'Avignon €0e comtat Vénaissin sont déclarés réunis au domaine de la couronne. Deux huissiers de la même cour viennent signifier cet arrêt, le 1 1 , aux consuls d'Avignon , tandis que le marquis de Rochechouart, commandant de Provence, entre dans celte ville, à la tête d'un détachement de cent dragons , pour notifier à M- Vincentini , vice-légat, l'ordre qu'il a reçu du roi, de prendre
Possession d'Avignon , et du comtat, au nom de sa majesté'. ,c premier président, avec les commissaires du parlement, arrive une demi-heure après, et ayant fait publier l'arrêt à son de trompe, il enjoint aux habitants de reconnaître le roi pour leur souverain ; ce qui est accepté avec de grandes acclamations. Le ^4 juin , la reine meurt à Versailles , âgée de soixante-cinq ans et un jour , étant née le 25 juin 1703. Peu de princesses ont mieux connu qu'elle la vanité des grandeurs humaines , et ont honoré le trône par une vertu plus soutenue et plus sincère. Elle avait eu de son mariage avec le roi deux princes et huit nnn-
cesse , entr'autres mesdames Adélaïde, "Victoire et Louise, décidées dans l'émigration. Le 29 juin , mort d'Hélène de Courlenai , veuve du marquis de Bautremont , la dernière du. nom et de la branche de l'illustre maison de Courtcnai. Le dernier prince ,de cette maison était mort le 7 mai Au. mois d'août, lettres patentes en forme d'edit , qui accordent la noblesse aux officiers du Chàtelel, après quarante ans de service. Le 17 septembre, M. de Lamoignon , chancelier de France . et M* de Maupcou , vice-chancelier et garde des sceaux , ayant donne leurs démissions, le roi nomme chancelier et garde des sceaux M de Maupcou , fils du vice-chancelier, et premier président du parlement de Paris. Cette dernière place esl donnée à M . le président d'Alice Lu 24 octobre, sa majesté reçoit à FVuîainebleau le roi de Danemarck, qui voyageait sous !e nom de comte de Travendaih. Ce monarque , après avoir visité dans Paris tout ce qu'il y avait de plus rare, après y avoir été splendidement traité par les princes , pi surtout par le duc d'Orléans . le prince de Coudé et le priucc de Soubise, quitte cette capitale le 9 décembre pour retourner en ses états, laissant la cour et la villo dans l'admiration de ses grandes qualités.
Pascal Paoli, chef des rébelles de Corse , voyant son parti diminuer de jour en jour, abandonne cette ile le i5 juin 1769, avec ses compagnons j sa retraite achevé la réduction de la Corse. (V. Gènes») Le 2?. août, lettres-patentes du roi, portant confirmation de la convention faite entre sa majesté et 1 impératrice-don lirierc, qui règle les limites des possessions respectives de ces deux puissances au Pays* Bas.
Les affaires de la compagnie des Indes étant dans une décadence à ne pouvoir se relever . le roi , par son arrêt du 8 avril 1770 1 accepte la cession qu'elle lui fait des biens et des droits à elle appartenants , se charge de payer ses rentes , et d'acquitter ses dettes -, la compagnie par-là demeure éteinte. Madame Louise, dernière fille du roi , déterminée depuis long-lems à se consacrer à Dieu par la profession religieuse, se rend, le 1 1 avril, aux Carmélites de Saint-Dçuis en France, avec la permission de sa majesté. Cette éclatante et généreuse démarche est un sujet de joie pour l'église, d'édification pour les fidèles et de triomphe contre les ennemis de la religion. Le 16 niai monseigneur lé dauphiu épouse à Versailles l'archiduchesse Marie-Àntoinette- Josephe-Jeannc , née le 2 novembre 1765 , sœur de l'empereur Joseph It , fille du feu empereur François l, de Lorraine, et de Marie -Thérèse d'Autriche , impératrice- douairière , reine de Hongrie et de Bohême.