PREMIÈRE PARTIE
'Des différentes époques renfermées dans la Tablechronologique.
Les olympiades, les années de Jésus- Christ , Fère- julienne^ l'indiction , l'ère d'Atexandrie , l'ère mondaine d'Antioche f l'ère de Constantinople , l'ère des Séleucides ou des Grecs % l'ère césaréena* d'Antioche , l'ère d'Espagne, l'ère des Martyrs , l'ère de FHégire, le cycle pascal , le cycle de 19 ans, le cycle lunaire , les réguliers , les clefs des f<kes mobiles , le cycle solaire , les concurrents., les lettres dominicales , le terme pascal , les Pâques , les épactes , sont les différentes parties qui^ composent notre Table chronologique, et dont nous allons, traiter séparément.
Des Olympiades.
L'ère des olympiades, qui consiste dans une révolution de* quatre années , est la plus ancienne et la plus célèbre de tou&s*
celles dont les Grecs se sont servis. Les Latins l'adoptèrent , pour s'entendre avec eux , et pour assurer leurs propres supputations. Mous n'en rechercherons point ici l'origine : cette discussion appartient à l'histoire ancienne , qui n'est point du ressort de cet ouvrage. Ce qui nous importe , est de la faire quadrer avec les années de l'Incarnation , et de marquer le tems à-peuprès où l'usage en a cessé.
L'opinion commune des chronologistes fait concourir la première année de l'ère vulgaire de l'Incarnation avec la première de la ip,5 c . olympiade. Par conséquent, la cinquième année de Jésus-Christ répond à la première de la 196 e . olympiade , et ainsi des autres. H y a cependant une observation à faire , c'est que les années des olympiades commencent à la «pleine lune qui suit le solstice d'été , c'est-à-dire environ le 1 er . juillet, qui est le jour initial que les chronologistes sont convenus de leur assigner ; d'où il s'ensuit que les six premiers mois d'une année de l'Incarnation correspondent à une année des olympiades , et les six derniers à une autre. Par exemple , quand on dit que la première année de l'ère chrétienne se rencontre avec La première de la 195 e . olympiade , cela ne s'entend que des six derniers mois de celle-là : car les six premiers répondent à la dernière delà 194 e * olympiade. Ainsi la deuxième année delà 190 e . olympiade ne commence qu'au i er . juillet de la deuxième année de Jésus-Christ ; de mé*me pour les années suivantes- Chaque année olympique, marquée dans notre Table chronologique, commence donc au i cr . juillet de l'année de Jésus-Christ placée vis-à-vis, et finit au dernier juin de la suivante. Telle est la. règle ordinaire ; mais il y a des exceptions/
Ên effet , il se trouve des auteurs qui confondent l'année olympique avec l'année civile des Grecs , en les faisant partir l'une et, l'autre du septembre. C'est la méthode d'Eusebe dans sa chronique : c'est aussi celle dé* saint Jérôme , qui a, continué cet ouvrage jusqu'à la mort de l'empereur Vâlens, arrivée le 9 août de l'an de Jésus-Christ ôjti. Ce^Père compte à cette époque 1 1 55 années olympiques, quoique, selon la supputation ordinaire, il n'y en ait que 11 54, commencées depui* quarante jours seulement. Mais les dix mois dont il anticipait sur nous à cet égard , devaient opérer la différence d'une année entre son calcul et le nôtre. L'historien Socrate est encore de ceux qui s'écartent de l'usage commun dans la manière de supputer les olympiades. Calvisius et le P. Pétau l'accusent de ne garder aucune règle en cette partie, et de brouiller tout, jusqu'à se contredire souvent lui-même. Mais le P. Pagi fait voir que les endroits où la contradiction est réelle , sont corrompus , et qu'ailleurs cet historien suit fidèlement le calcul d'Eusebe
tte saint Jérôme. Le cardinal Noris (Cœnoiaph. Pis. Dissert.' II, ch. 6), prouve que l'usage des Syriens était de commencer l'année olympique avec leur année civile.
Une troisième manière de compter les olympiades est celle de Jules Africain , de Georges le vSyncelle et de quelques autre» anciens chronographes , qui en devancent l'époque vulgaire de deux années. Le premier , supposant que la Passion de Notrc- Seigneur arriva l'an 29 de l'ère chrétienne , sous le consulat de Geminus , rapporte en conséquence à la seconde année de la 202 e . olympiade , la fameuse éclipse dont parle Phlégon. Cependant au mois de mars de la 29 e . année de l'Incarnation « ce n'était que la quatrième année de la 201 e . olympiade qui courait. Il est vrai que dans un autre fragment , rapporté par le Syncelle (p. 323), il assigne cette éclipse tantôt à l'une, tantôt à l'autre de ces deux époques. Mais en cela , loin de tomber en contradiction avec lui-même r il montre qu'il possédait les deux manières de supputer; et il les emploie, l'une et l'autre, pour rendre la chose plus claire. 11 en est de même , lorsqu'il ajoute, tantôt que Jésus-Christ souffrit la i5 e . année de Tibère, tantôt qu'il souffrit l'année suivante. C'est pour s'accommoder aux différentes manières de commencer les années du règne de ce prince , soit avec l'année civile , soit avec le jour Je son inauguration , qu'il en use ainsi.
Georges le Syncelle suit plus uniformément son calcul des olympiades , et ne laisse apercevoir , dans sa façon de les supputer , aucune apparence de variation. On doit mettre dans sa. classe un ancien chroniqueur, dont l'ouvrage , rapporté dan* le second tome de Canisius , débute par la création. Cet ano^ nyme compte , jusqu'à la mort de l'empereur Alexandre , 253 olympiades, ou 10 12 ans : Sunt, dit- il, usque ad annum Mil Alexandri Cœsaris, olympiades CCL1II, quœ sunt anni MXIU Alexandre mourut en Tannée de Jésus-Christ 235, de son règne la i3 e . révolue, sous le consulat de Sévère et de Quinticn. Mais la 253 e . olympiade, suivant l'époque vulgaire, ne finit que Tan 237 de Jésus-Christ. C'est donc une anticipation de deux années dans notre anonyme, faite d'après Jules Africain et le Syncelle.
L'établissement de l'indiction donna , dit-on, l'exclusion aux olympiades dans les actes publics. Cependant Cédrénus atteste u'elles ne furent abolies que la 16 e . et dernière année de Théoose le Grand. Tune olympiorum , dit- il , desiit festivitas quarti
çujusque anni exitu solita celebrari- cœperuntque numerari in—
dictiones. Quo.i qu'il en soit, on voit encore, depuis Théodose, des auteurs particuliers qui font usage des olympiades. On, trouve même cette date, .par uoe singularité qui est peut-être unique , employée par notre roi Philippe 1 er . , dans un de ses,
diplômes, en faveur de l'église de Saint- Ambroise de Bourges J rapporté par le P. Labbe , dans son éloge de la ville de Bourges, p. 192. Institutio uutem , y est-il dit, isttus regiœ liberalitatis Domini régis Philippi fuit facta in solemnitaie S. Ambrosii , quœ ce— lebratur medianfe octobris , an. ab Incarn. Dont, millesimo centesùno secundo , indici. quintâ , olympiade trecentesimâ secundâ t epactâ XX, résidente in pontificali cathedrâ Leodcgario. 11 ne faut pas néanmoins toujours prendre à la lettre ce terme d'olympiade dans la lecture des écrivains du moyen âgé. Souvent ils ne l'emploient que pour marquer absolument une durée de quatre ans t sans aucun rapport à la suite des révolutions qu'il désigne. C'est en ce sens que Sidoine Appollinaire, répondant à Orose, qui lui avait demandé des vers*, . dit qu'il y a déjà trois olympiades j c'est-à-dire douze ans , qu'il a pris congé des Muses. Avant lui, le poète Ausone avait dit, en parlant de l'âge de son père, vndecies binas vixil olympiades, c'est-à-dire qu'il avait vécu 88 ans. Saint - Colomban , dans une pièce de vers adressée à Fédolus , déclare qu'il a déjà atteint la 18 e . olympiade : Nunc ad olympiadis ter senœ venimus annos ; ce qui signifie qu'il était alors dans sa 7a 0 . année. Quelques actes des huitième et neuvième siècles appliquent aussi , dans le même sens , la date des olympiades au règne des princes sous lesquels ils ont été passés. Ethelrède , roi d'Angleterre, souscrit ainsi une charte, rapportée dans Spelman : Consentons signa sanctœ Crucis subscripsi olympiade ir regni mei. Cette quatrième olympiade est la 10 e . année du règne d'Ethelrède. (N. Tr. de Diplom. T. IV, p. 703, et T. V, p. 7 56.)
Nous des ol
ce qui
les auteurs qui s'en sont servis au-delà de ce terme. Par exemple , nous avons sous les yeux une charte de Cluni f datée r Armo Do/71. Incarn. DCCCCLV1. anno autem secundo imperii LfOtarii
régis , extante indict. XV , primâ holimpiadis imminente jam
novissimâ ebdomadâ octobris mensis. L'olympiade , dont on marque ici la première année, doit être la 4*4* • commencée au mois de juillet 956.