CLAUDE L
4i, TiBERius Claudius Nero Drusus , fils de Drusus et 'd'Antonia , né à Lyon le i août de l'an 744 (et non 742) de Rome, dix ans avant la naissance de J. C, le même jour que son père fit à Lyon la dédicace du temple d'Auguste et de Home, parvint à l'empire le 2.S janvier de l'an 41 de notre ère. Il ne «'était nullement attendu à une pareille fortune, et ne devait pas s'y attendre. Ce n'était qu'un homme ébauché , disait sa mère. Méprisé de CaUgula,son neveu, dont sa stupidité l'avait rendu le jouet , il avait été se cacher, après l'assassinat de ce .
UÎS EMPEREURS ROMArNS. ryi!^
prince, clans un coin du palais, de peur d'être enveloppé dans son malheur. Cependant le sénat s'était assemblé pour établir une nouvelle forme de gouvernement. Tandis qu'il délibère , quelques soldats entrent dans le palais pour le piller. Ils y trouvent Claude tremblant de frayeur, et le saluent empereur lorsf[.u'il leur demande la vie. L'ayant mis aussitôt dans une litière, ils le portent au camp des gardes prétoriennes, où il reçoit le serment des troupes. Le peuple approuva ce choix , et le sénat se vit réduit à céder à la force. Claude , reconnu de la sorte empereur, prit les noms de César et d'Auguste, quoiqu'il ne fût point de la maison de César et d'Auguste, ni par la nais-r sance, ne leur étant parent que parles femmes, ni par adoption,comme ses prédécesseurs. Son exemple, en cela, fut suivi de ses successeurs , qui prirent tous ces mêmes noms. Celui de César devint le titre de l'héritier présomptif de l'empire , et celui d'Auguste la marque de la puissance suprême et absolue. Claude mourut de poison, ou plutôt d'un excèsde champignons^ le i3 octobre de l'an 54 de J. C. , dans la 64^ année de son âge, après avoir régné treize ans, huit mois et dix-huit jours. On rap-r poi le qu'en mourant il disait ce vers : Boleil lethi causa fuere niei. Le règne de Claude fut celui de ses affranchis. Il en était moins le prince que le ministre. Les deux principaux furent Narcisse et Pallas. lis changaient souvent ce qu'il avait jugé ; ils mettaient tout à prix , et obtenaient de sa faiblesse les choses les plus absurdes; car ils lui faisaient quelquefois de fausses
f)eurs pour en tirer ce qu'ils voulaient. Ils s'étaient rendus parà si redoutables , que beaucoup de personnes , priées à souperpar Claude et par l'un de ces affranchis , laissaient là , sous quelque prétexte, l'empereur, et allaient chez l'affranchi. Ils pillaient le trésor impérial avec si peu de retenue, que l'empereur se plaignant lui-même de manquer d'argent , un plaisant lui dit qu'il en aurait en abondance , si Narcisse et Pallas voulaient le mettre de société avec eux. Les citoyens riches étaient sur-tout exposés à l'avidité de ces valets souverains. On compte trente-cinq sénatem'S et plus de trois cents chevaliers qui furent les victimes de la stupide facilité de Claude. Ce prince ne man-> quait cependant pas de connaissances ; il savait l'histoire , et composait lui-même ses l^aî'augues ; mais du reste il était dépourvu de jugement au point de brouiller tout ce qu'on lui disait; et s'il hasardait de parler d'après sa propre pensée , il luiéchappaltquelque ineptie, llavait épousé cinq femmes, ^'\Emilia: Lepida , Urounaulla, mère de Drusus et de Claudja, AElia. Petina, mère d'Anlonia, Valeria Messalina, qui lui donna Britannicus et Octavia , et qu'il fit , ou plutôt que Narcisse , ai s,on insu, fit mourir pour ses débauches outrées, Tan 48;.et en.-^-
iBo .CHR0>'0L0G1E HISTORIQUE
finAcRiPPiNE qui joignit aux imeurs d'une prostituée la cruauté il'un tyran. Elle était fille île l'illustre Germanlcus , frère de Claude ; et c'est le premier exemple à Rome d'une nièce qui épousa son oncle. Claude fit une loi pour autoriser ces sortes <le mariages, mais elle ne prit point faveur; et ce ne fut que par complaisance pour l'empereur qu'un chevalier romain , quelque lems après, s'y conforma. Lors même que l'usage permit à l'oncle d'épouser sa nièce, cela fut restreint à la fille du frère, et l'on exclut la fdle de la sœur. Nunc autem , dit Ulpien, jurisconsulte du tems d'Alexandre Sévère , ex tertio gradu licet uxorem hcihere ^ sed taiitîim fratrls Jilîam ^ non ettam soron's,
<f Claude acheva, dit le président de Montesquieu, de per— 3> dre les anciens ordres, en donnant à ses officiers le droit de » rendre la justice.... Auguste avait établi les procurateurs , i) mais ils n'avalent point de juridiction : et quand on ne leur •3> obéissait pas , il fallait qu'ils recourussent à l'autorité du 3> gouverneur de la province , ou du préteur. Mais , sous 3> Claude, ils eurent la juridiction ordinaire, comme lieute^ 3> liants de la province. Ils jugèrent encore des affaires fiscales : ■» ce qui mit la fortune de tout le monde entre leurs mains. » ( Grand, et décud des Rom. , p. 1 74. ) Claude , élevé comme on l'a vu , par les soldats à l'empire , fut le premier qui leur fit des largesses. Il leur donna à chacun quina dcna H, S. 2700 livres. (Suétone. )
Claude accorda , l'an 4^ '^^ Jésus-Christ aux plus anciens des nouveaux sénateurs et aux citoyens les plus illustres de Rome , la qualité de patriciens. La raison qu'en allègue Tacite, est la destruction de la plupart des maisons patriciennes, non seulement de celles qui avalent été élevées à ce rang par Romulus , par Tarquin l'Ancien et par la république , mais même de celles qu'avaient créées César et Auguste. (M. Perreciot. )