TITE
7g. Titus Flav. Sabinus VESPASIA^^us , fils de Vespasien , né le 3o décembre de l'an 4^ , élevé avec Britannicns , fils de Claude , fit paraître dès l'enfance d'excellentes qualitc»
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de coeur et d'esprit. Dès la fin de Tan 69 , il fut créé césar psr le sénat, et devint proprement le rollégne de son père, auquel il succéda le 24 juin de l'an 79. Tite avait été laissé en Judée par Vespasien en 69, pour continuer la guerre conli-e les Juifs. Il prêta sa main à Dieu , comme il le reconnaissait lui-même , pour punir les crimes de cette nation , en ruinant Jérusalem , qu'il prit le 8 septembre de l'an 70. Le i novembre de l'an 79 commença l'horrible éruption du Mont-Vésuve, qui engloutit Herculanum, Pompeia et d'autres villes , et où périt le célèbre naturaliste Pline le Vieux. Les cendres volèrent en Afrique , en E,gypte et en Syrie ; le ciel en fut couvert à Rorne, et le soleil obscurci pendant plusieurs jours. Tite se transporta , l'année suivante , en Campanie pour réparer les dommages que ce désastre y avait causés. Pendant son absence, un incendie , qui dura trois jours, consuma le Capitole , le Panthéon, la bibliothèque d'Auguste, le théâtre de Pompée et quantité d'autres édifices. Tite, à son retour, donna ses ordres pour tout rétablir à ses dépens , sans vouloir rien prendre des particuliers , ni même accepter les sommes que des rois offraient de lui prêter. Ce malheur fut suivi d'une peste si cruelle qu'on n'en avait jamais vu de semblable. C'est la même , suivant toute apparence , qui est rapportée dans Eusébe , par une transposition de date, à l'an 77. Tite, dans ce nouveau désastre, se comporta comme un père tendre, donnant des secours aux uns , consolant les autres , veillant sur tous. La bienfaisance faisait le caractère de ce prince ; elle se montrait dans tous ses règlements, et l'empire attendait ses ordres comme des bienfaits. Personne n'ignore cette parole qu'il dit un jour qu'il n'avait rien donné ; Mes amis , voi/à un four fjue j'ai perdu. Mais ses libéralités étaient le fruit d'une sage économie , et non d'une prodigalité onéreuse à ses peuples. Loin d'augmenter les impôts ni même de les maintenir sur le pied où sou père les avait établis, il les diminua considérablement , et refusa jusqu'aux présents que l'usage autorisait. La vie des citoyens lui était si chère , qu'il ne se souilla jamais de leur sang , quoiqu'il ne manquât point de justes sujets de vengeance. S aimerais mieux périr moi-même^ que de causer la perte (Tautrui. C'est ce qu'il dit à roccasion de deux sénateurs convaincus d'avoir conspiré contre lui. Non content de leur pardonner , il les admit à sa table le soir même de la découverte de leur abominable complot, après les avoir avertis de prendre des sentiments plus équitables pour lui. Tite acheva le fameux amphithéâtre, dont on voit encore aujourd'hui , dans Rome , les ruines superbes ( c'était son père qui l'avait commence )•, et à l'occasion de la dédicace qu'il en fit , il donna
DES EMPEREURS ROMAINS. l8g
ries spectacles mae;nifiques , entr'autres un combat naval dans Vancienne Naumacbie. On s'aperçut qu'à la fin de ces jeux il était triste et poussait des soupirs par un certain pressentiment de quelque malheur qui le menaçait. Pour dissiper la mélancolie où il était tdmbé, il voulut aller prendre l'air à Rléti dans la maison où son père était né. La fièvre le prit en chemin. Arrivé dans la maison paternelle, il y mourut, le i3 septembre de l'an 8i , à l'âge de quarante et un ans , après un règne de deux ans, denxmoisetvingt jours. On préjuge aisément les regrets qu'excita la perte d'un prince qui fut appelle de son vivant les délices du genre humain ; titre qui n'a jamais été donné à aucun autre souverain. Il avait aimé , dit-on, avant la mort de son père, Bérénice, fille d'Agrippa, dernier roi des Juifs , et l'avait logée dans le palais , comptant en faire son épouse. Mais au commencement de son règne il la renvoya de peur de se rendre odieux aux Romains en épousant une étrangère. ( Cette histoire néanmoins , comme on l'a déjà remarqué n'est guère probable. ) Les deux romaines , qui furent successivement les femmes de Tite , sont Arricidia Tutelta et Marcia Furmilla. U eut de celle-ci une fille nommée Julie, dont la conduite le déshonora. Tite avait une facilité merveilleuse pour faire des vers sur le champ. Il était ce que les Italiens nomment un improdsatore. Il avait aussi le talent de contrefaire toute sorte d'écriture , et il disait qu'il n'avait tenu qu'à lui d'être un insigne faussaire.