SÉVÈRE
190. L. Septimius Severus, né, le ii avril i45, à Lcpte, en Afrique, de Septimi\is Géta, sénateur, fut proclamé empereur par l'armée qu'il commandait en lUyrie , non le i3aoùt comme le marque Spartien , mais en avril ou en mai, Fan ig3. Le 2 juin suivant , après qu'on eut coupé la télé à Julien , il s'approche de Rome , casse les prétoriens qui étaient venus au-devant de lui sans armes , et fait son entrée dans celte ville, où il est reconnu solennellement par le sénat. 11 fil ensuite l'apothéose de Pertinax , ordonna la recherche de ses meurtriers, et forma un nouveau corps de prétoriens. Vainqueur de Niger en 190, et d'Albin le 19 février 197 , il régna seul depuis cette dernière époque. Sévère était le plus grand homme de guerre de son tems : mais il souilla la gloire de ses armes par d'excessiyes cruautés. Apres la mort d'Albin , il fit jeter dans
îe Rhône sa femme et ses enfants , et extermina sans pitié sa fiimille et ses amis. Il n'épargna pas même les principaux seigneurs des Gaules et de la Grande-Bretagne , pour avoir leurs biens ; ce qui le mit en état d'enrichir ses soldats et de se les attacher encore davantage. ( Voy. à l'art, de Niger le traitement qu'il fit à' Bysance. ) il méditait en même-tems la plus terrible vengeance contre Rome , où il savait qu'Albin avait eu un puissant parti. Etant revenu en cette ville , il invectiva dans le sénat , contre la mémoire d'Albin , condamna à mort plusieurs personnages illustres pour avoir leurs biens, et associa ses fds à l'empire. L'an ifj'S, il marcha contre les Parîhes. Après les avoir vaincus il retourna , l'an :io3 , à Rome ; et l'année suivante il y célébra les jeux séculaires. Ce prince ne souffrait pas qu'on le trompât Impunément. L'an 2.0^ ou 2o5 , il fit exécuter à mort, le 22 janvier, Plautien , son ministre favori et son beau-frère , qui avait abusé de sa confiance , comme Séjan avait fait de celle de '1 ibère. L'âge et les infirmités n'affaiblissaient point dans Sévère la vigueur de l'esprit , ni l'ambition de se signaler par les armes. L'an 208, il porta la guerre , quoique goûteux , dans la Grande-Bretagne , et y fit construire, l'an 210, une grande muraille pour séparer ses conquêtes du reste de l'ile. Quelques-uns prétendent néanmoins qu'il ne fit que réparer le rempart de terre qu'Adrien avait fait élever depuis Newcastle jusqu'à Carlisle : ce fut sa dernière expédition. L'an 211, il mourut, le 4 février, à Yorck , du chagrin que lui causa la méchanceté de son fils aîné, qui avait voulu attenter à sa vie dans une marche où il le suivait à la tête de l'armée. Sévère alors était âeé desoixante- Cinq ans, neut mois et vingt-cinq jours , et son règne avait ete de dix-sept ans , huit mois et trois jours. Ses cendres furent rapportées à Rome dans une urne d'argent. ( Spartien ) Il avait épousé, 1". Martia, dont on ignore la naissance, 2**. JuLlA DoMNA, fille de Julius Bassianus, prêtre du soleil à Emèse, en Phénicle, dont il eut les deux empereurs qui -suivent après Albin. Julie, princesse également belle, spirituelle et voluptueuse , captiva son époux par ses charmes , le servit par ses conseils et le déshonora par ses débauches. S'étant retirée à Antioche , tandis que son fils aîné faisait la guerre en Orient , elle s'y laissa mourir de faim, l'an 217, après la mort de ce prince , sur l'ordre que l'empereur Macrin , qui craignait son esprit , lui avait donné d'en sortir. L'an 202 commença , par un édit de Sévère, la cinquième persécution contre les Chrétiens : elle dura le reste de son règne, et non pas deux ans seulement , comme le prétend Dodwell. On compte dix-neuf mille martyrs qu'elle fit dans la seule ville de Lyon. Sévère IV. 26
Citait un mélange de bonnes et de mauvaises qualités. Ac iif , vigilant , laborieux , faux , cruel , avare, sans probité, sans foi, il porta dans ses entreprises la bardicsse, la confiance, la promptitude; sacrifia tout à ses intérêts, et ne connut point de bornes dans ses haines et ses vengeances.