MS ES-IPEREURS D'OCCIDENT
Vges," et y établit une garnison qui mil le comble aux Hiaujj qu'elle avait soufferts pendant le siège. Majoricn était toujours 4 Bavenne. Il en part au mois de novembre, franchit les Alpes malgré les glaces et les neiges qui les couvraient , et arrive dans les Gaules où sa présence était nécessaire pour contenir les bar-r bares. Sidoine Apollinaire, gendre d'Avitus, et par cette raison ennemi jusqu'alors de Majorien, vient le trouver, fait sa paix et celle des Lyonnais avec lui , et peu après lui donne un gage éclatant de son retour, en prononçant son panégyrique en vers, quç -nous avons encore. Majorien cependant méditait une descente en Afrique, et dans cette vue rassemblait de tous les ports le plus «le vaisseaux qu'il était possible. Procope Çde bello Vandcil,, llv. i , chap. 7), raconte que, pour mieux connaître les forces de ses ennemis., il se rendit sur les lieux après s'être déguisé, et alla trouver Genséric , en qualité d'ambassadeur ^ sous prétexte de lui proposer un traité de paix. Le barbare, ajout e-t-il, le reçut favorablement , lui montra son palais , son arsenal , et fit passer en revue devant lui son armée. Mais cette anecdote , dont nul autre écrivain ancien ne fait mention , paraît, fort suspecte. Quoiqu'il en soit, l'an 4^0, Majorien, ayant réuni sa flotte au port de Carlhagène , se mit en route au mois de mai pour aller eu prendre le commartdement et la conduire en Afrique. Mais les Vandales, aveitis par des Iraitres, suivant Idace et Marins d'Avencbes , vinrent fondre inopinément sur elle, prirent le plus, grand nombre de ses bâtiments qu'ils emmenèrent en Afrique , et dissipèrent le reste. Ce revers fit manquer l'expédition de Majorien , et n'empêcba pas néanmoins Genséric de lui envoyer clés ambassadeurs pour traiter de la paix; ce qui prouve la peur quje l'armement de Majorien lui avait causée. Le traité conclu, Ma^ jorien quitta l'Espagne, et revint en Italie par les Gaules. L'application qu'il continua de donner aux affaires de l'état, l'habileté avec laquelle il les fnanîait , et les lois sages qu'il publia pour la réformation des abus, le faisaient regarder comme le restaurateur de l'empire, et donnaient lieu d'espérer qu'il le i'étaiili-= rait dans son ancienne splendeur. Mais l'éclat de la répuiation qu'il s'acquérait, blessa les yeux jaloux de Ricimer. Ce perûd*ayant conjuré sa perte, le surprit par ses fourberies , le déposa de l'empire à Tortone, le 'j. août 4<3i , et k fit tner à YogWr'a; cinq jours après. Majorien n'avait régné que quatre ans et uïjt four.
SÉVÈRE IIL
461. LiBius Severus, surnommé Serpentinus,^ îucanîen ,. homme sans réputation comme sans mérite , fut élevé à, l'euv- Çire par Ricimei: agrès la mort de Majorien ,. et prQcl^crwyh
ftiSè - CHRONOLOGIE HISTORIQUE
empereur à Ravenne,le icj novembre de l'an 4^1- lî en porta le titre environ qnatre ans, jusqu'en 465, qu'il mourut à Home dans son palais, le i5 août, empoisonné, à ce qu'on pretenil, par Ricimer. L'Occident fut sans empereur jusqu'au mois d'avril 467.
ANTHEME.
4f>''. Pbocopius Atsthemius, fils (lu patrice Frocope, gendre de Marcien , était général d'armi e dai.s l'empire d'Orient^ lorsqu'il fut choisi par le sénat, Tannée et le peuple romain pour empereur d'Occident. On fit une députation à Léon , successeur de Marcien, qui agréa ce choix. Anthème partit de Constant inople après avoir été déclaré césar par Léon , vint en Italie avec une grande armée , et fut prodarné auguste auprès de Rome . le 12 avril 467. Pour s'attacher Riclmer, qui se faisait un jeu de donner des maîtres à l'empire et de les faii'^ périr, U lui donna sa fille en mariage. Mais celte alliance ne produisit pas l'effet (ju'il en espérait. Ricimer s'élant relire de la cour, après s'être brouillé avec son beau-père, assembla une armée à IViilan pour lui faire la guerre. Anthème, de son côté, leva îles troupes pour aller à sa rencontre. Saint Epiphane , éveque de Pavie , s'étant rendu médiateur, réussit à leur faire conduis la paix avant qu'ils en vinssent aux mains. Mais cette réconciliation fut de courte durée. L'année suivante, Ricimer s'étant révolté de nouveau , vint assiéger Rome ; et 1 ayant forcée, par la misère ou il la réduisit, de lui ouvrir ses portes, il fit assdssiner Anthème ; après quoi il livra la ville au pillage et à la fureur de ses soldats. Ainsi périt Anthème par la cruauté de son gendre qui ne lui survécut que trois mois , le 1 1 juillet 472 , après un règne d'environ cinq ans. De Flavia Euphfmi a, sa femme, fille de l'empereur Marcien, il eut quatie enfan's , Marcien , qui épousa Léoiitia , fille de l'empereur Léon ; Ro— mulus, Procope, et la femme de Ricimer,
OLYBRIUS.
472. Anicius Olybrius, retiré à Constantînople depuis!» prise de Rome par Genséric , et envoyé de là par l'empereur Léon pour secourir Anthème contre l^«icimer, fut proclimé lui-m-^me empereur en Italie par ce traître, avec lequ- 1 il était d'in:fliigence , sur la fin de mars 472. H mourut le 2^ octobre sui\ant, trois mois et quelques jours après celui qu'il avait supplanté. Olybrius avait épousé, l'an 455, Flacidie, fiile de Valentinicn lll, dont il eut une fiile nommée Julienne, qui énousa le patrice Aréobinde : celui-ci refusa Tempire
DES EMPEREURS D'OCCIDEîïT. 26 1
d'Orient que le peuple de Constantinople, soulevé contre l'empereur Anastase , voulait lui déférer.
GLYCERE.
473. Flavius Glycerius prit de lui-même le litre d'empereur à Ravenne le 5 mars 473, et ne le porta qu'un an c» un peu plus. L empereur f.éon, mécontent de ce qu'il avait pris la pourpre sans sa participation , reconnut empereur d'Occident INépos, parent de sa femme Véri ne. ISépos , arrivé en Italie, surprit Glycère dans le port de Rome, le 24 juin 474 > l'obligea, avant que d'en sortir, de renoncer à l'empire, lui fit couper les cheveux, et le fit ordonner évèque de Salone, en Dalmaiie. Sidoine Apollinaire fait un grand éloge de Glycère dans une lettre écrite à Castalius Innocentius Audax , que ce prince avait fait préfet de Rome.