BÉATRIX ET GODEFROI LE BARBU
io55. Béatrix, après la mort de Frédéric, son fils, est reconnue propriétaire usufruitière de la Toscane et de tous les biens de son premier époux, contre la loi des fiefs, lesquels, au défaut d'hoirs mâles, étaient réversibles au suzerain. M. de Saint-Marc présume que cette prérogative extraordinaire était une clause du mariage de Béatrix avec Boniface î
SES DUCS, MARQxns, etc. 9 DE toscake; 5gf
clause qui dut avoir été aatômée parVenipercHr Henri 111 ^ pour donner quelque satisfaction à Frédéric , père de Béatrix , qui avait de^. prétentions sur le royaume de la haute Bour-* gogne. Béatrix était cependant toujours retenue en Allemagne* Uan loSy , après la mort de Henri, l'impératrice douairière la rendit au cTuc, Godefroi, son époux. Béatrix, de retour en Toscane, administra ce duché conjointement avec Godefroi, et comme propriétaire usufruitière , et comme tutrice de Mar thilde, sa fille.
L'an 1066 , IVmpereup Hem-i IV , ayant entrepris le voyage d'Italie , dans la vue de retirer des mains des Normands les terres du saint siège , qu'ils avaient envafai.es , et de se faire^ couronner par le pape Grégoire VII , arrive jusqu'à la ville d'Aoste. C'était l'usage , lorsque le- chef de l'empire passait les monts, que le marquis de Toscane vint au-devant die lui : nais Godefroi le Barbu , qui possédait alors ce marquisat , ne l'étant point présenté, ni personne de sa part, Henri, choqué de ce manquement, et se défiant de la fidélité du marquis, abandonne son expédition et retourne en Allemagne. Godefroi, néanmoins, pouvait être excusé, parce qu'il était alors avec son armée , dans la campagne de Rome , occupé à réprimer les entreprises de Richard, prince de Capoue, qui voulait enva-^ hir les terres du saint siège. Telle était la réputation de Gode-* froi et telles étaient ses K>rces, qu'à son arrivée ^ Richard avec ses troupes, abandonna la campaene de Rome; mais Jourdain, son fils, s'étant retiré dans la viîle d'Aquino^, s'y fortifia pourfaire tête à Fennemi. Godefroi le suivit de près , accompagné du pape et des cardinaux, et resta campé pendant dix-huit jours devant Àquino. Dans cet espace de toms, il y eut plusieurs faits d'arme, de part et d'autre, plus Ih iUants que décisifs; mais, par la médiation de Guillaume Têtê-hardie^ comte de Bourgoigne, on en vint à un pourparler, entre Godefroi et Bichard, près du pont de Saint-Ange de Todici, où Richard, au moyen d'une grosse somme offerte à Godefroi, lui persuada^ de plier ses tentes et de retourner en Toscane. (Murat% AnnaU 1. VI, page 211.)
L^an 1070, Béatrix devint veuve, par la mort de son époux,' arrivée la nuit du 24 au aS septembre. L'an 1076 (et noi^ 1069), ^^ meurt le 28 avril,, sans laisser d'autres enfants , que Mathilde. £lle est inhumée dans la cathédrale de Pise.
MATHILDE, appelés LA GRANDE COMTESSE, ^