‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens (volume 2)Chapitre 29 sur 103 · ET WELPHE/SON ÉPOUX · texte numérisé non relu

ET WELPHE/SON ÉPOUX

1076. MATHiitOfi, appelée la Gaande Comtesse, filU

de Bonibee et de Béâtrix^ née vers Tan 10469 «tait épckurf, S9U du vîvani de son. père ^ soit peu après sa mort , Godefroi le B<is6u, ducxie Lorraine, dont elle demeura venve dans le mois de ftvrier 1076 : deox mois après, elle succède à Béalrix, sa ipère. On connaît le zèle avec lequel Ittathilde soutint les intérêts des papes Grégoire Vil^ Urbain li et Pascal U^ contre l'empereur Henri IV , dant elle était cousine. L'an X077 , Grégoire étant pckursoÎTi par ce prince , MatbiMe lui procura un asile dans son château de (>anosse. Ce fut alors qu'elle fk , mais en secret , donation de leus ses biens au saint siôge, Il esl à propos de remar<|uer , avec M. Pfeifel, que cette donation comprenait non - seulement les terre» patrimoniales qui appartenaient à Mathilde, en frânc-alleu, et dont elle pouvait librement disposer, mai» aussi les (tefs qn^elle possédait sous la directe de la couronne d'Italie. Les papes ne firent point cette distinction , et s'arrogèrent également les uns et les autres, tant en souveraineté qu'en propriété. De Içur cèté, les empereurs s'opposèrent de tout leur pouvoir à une usur-«

Î nation si manifestemem contraire aux droits de Kempire ; et es cruels différents qu'elle excita, ne finirent qu'après une révolution de deux siècles. Mathilde, Tan loÉio, envoie des troupes pour chasser de Ravenne , Fantipape Guibert : elles sont battues par celles de Henri, à la Yolta, dans le Man-« touan, le §5 octobre, c'est-à-dire le jour même de la bataille d.^ Wolkhein , où Bodolfe , compétiteur de Henri , perdit la vie« Lai ville de Florence fut constamment attachée à ta princesse Mathilde et au pape Grégoire VII. L empereur, excité par les Scbisn^atiques , entreprit de lui enlever cette ville, d4>nt il forma le sié^e , qui dura, selon les écrivains du psyty depuis le mois d'avril io8k ', iusqu'au mois de juillet suivant : mais Villani le dit terminé sa&s succès, dans le même mois Qfà il fut cooEitoencé.. Ce qui est certain , cVst que , vers U Pentecôte de cette année, Henri parut sous les murs de Romé^ avec son antipape. ( Cardin, ds Aragon» Vit, Oregor. VIL ) Henri revint encore l'année suivante en Toscane , et fit ;^lii dégât dans le pays, sans pouvoir emporter aucune place.

L'anaoj^4r l^armée de Biathilde surprend et met en fuite, au mois de juillet , celle de Henri , qui faisait le siège du château de Sorbara* dans ta Modénoit, sous les ordres du marquis O^bert. Mathilde, l'an 1089, après avoir refusé b main de Robert , fils aine de Guillaume le Conquérant , roi d'Angleterre, épouse en secondes noces, è la persuasion du pape Urbain H, WfiLPHS, fils de Welphe 1 du nom, duc de Bavière IV , ( dans la généalogie de sa maison) , et petitfib d'^bert*Az2oa ou Attou, kuarquie d^Ësl. JLi'aa «091 > re^-

«fis ttt$ « Iff ABQUIS , etc. , pS TOSCANE. 6t

nerfor, le n avriU jour du vendredi-saint, enlève à Mfôthilde, la ville de MaViioue^ qu'il tenait bloquée depuis le mois^ de juillet de l^année précédente. Celte conquête fut suivie de celle de toutes tes terres qui appartenaient à Mathilde au-delà du Pô. iJeinpereur surprend^^ Van 1092, les troupes de la comtesse , qui étaient campées près du village de Tracontaï , tue beaucoup de monde, fait un grand nombre de prisonniers , et met le reste en fuite. Hu^ue^ JI, marquis d'£st, qui corn*mandait ces troupes, fut des premiers à fuir; sur quoi les historiens du tems, faccusent de trahison. (Cet Hugues est U même nue les Manceaux avaient appelé deux fois d'Italie , pour être leur comte, comme on Ta dit ailleurs. ) Henri, après cette victoire, étendît ses conquête^ dans les terres de ilathilde. Les vassaux de la comtesse, voyant le mauvais succès de ses armes , se réunirent alors , pour Texhorter à la paix que remp<?reur lui proposait : mais encouragée par un abbé moins éclairé que pieux,, elle rejeta tout accommodement. L'empereur, étant parti la même année pour retourner en Allemagne, avait laissé le commandement de son armée i son ijls Conrad pour continuer la guerre en Italie. Mathilde et son époux , ne se font point de scrupule de corrompre la fidé-> lilé de ce jeune prince, et de l'engager à se révolter ouvertement contre son pcre. La Eusse dévotion va souvent plfv loin dans le crime que le libertinage , parce qu^elle s'y porte avec plus d'ôrdeur et de sécurité* (^oj« Henri IV, empereur.) Welphe , dégoûté de Mathilde, qui le méprisait, surtout depuis que les affaires de L'empereur avaient commencé à prendre une mauvaise face , se détermine , Pan ioi)5 , à la quitter pour retourner en Bavière. On soupçonne qu'une dee principales causes de ce divorce , fut la connaissance que Welphe eut alors de la donation que Mathilde avait faite de tous ses biens, au saint aiége ; par où se voyant frustré de Tespérance qu^il avait, en épousant cette princesse, de re«cueillir son immense sucee^ion, il crut n'avoir plus rien ii ménager avec elle.. Qaoi qu^il en soit , Mathilde le vit partir sans regret. Welphe et le duc, son père, abandonnèrent de^ dépit te parti du pape, et rentrèrent dans celui de l'empereur, lu vinrent en Italie, pour faire la guerre à Mathilde; mais ce fut sans succès^ L'an iioi, dans l'automne, elle marche, k la tc^le de ses troupes, pour réduire Ferrare , qui, plusieurs années auparavant, s'était révoltée contre elle. Les Ferrarais, à la vue de cette armée, et des vaisseaux que les Vénitiens et les Kavcnnates amenaient i Mathildi: , pour ap«* puyer par mer le siège de la ville ^ ne fireni aucune diffi* cahé de ^e rendre. L'an 1102^ le pape Pascal II, feignant

6a CURONOLOGIE HISTORtQITE

ffue Tacte de la donation faite par Mathilde j en fO'jj , i 1 église romaine, s^était égaré pendant les derniers troubles^' charge le cardinal Bernard, abbé de Yollombreuse, qui résidait en qualité de nonce auprès de la comtesse , de lai demander le renouvellement de cet acte. Mathilde , sans se faire prier , lui accorde un nouveau diplôme, confi^rmatif du précédent ^ en date du 17 novembre 1102, au château de Canosse.

Le cardinal Bernard étant à Parme Tan 11049 y ^^^f ^^ F^^ de r Assomption 9 pendant tes saints mystères, un sermon, dans lequel il parle de l'empereur Henri IV avec beaucoup* de mépris, parce qu^il était excommunié. Grand nombre des assistants , extrêmement aficctionnés à ce prince , aussitôt aprè^ le sermon, mettent Pépée à la main, et s^avançant'vers le' prélat, le prennent et le conduisent en prison, après quoi ils pillent sa chapelle. Mathilde était alors à Modène : intormée' presque sur-le-champ de ce désordre, elle rassemble ce qu^elle peut die troupes, avec lesquelles elle marche le troisième jour à Parme. Les Parmesans épouvantés a'avaient pas attendu son arrivée ; ils avaient remis entre les mains des vassaux nobles de la comtesse le cardinal et toute sa chapelle ; et Mathilde , dit Donizon , à la prière de Bernard , leur pardonne.

Mathilde , qui s'était brouillée avec Henri V comme avec le ptre de ce prince , dès qu'il Tavait été lui-même avec le pape ^ consent enfin aux propositions de paix qu'il lui fait faire après son couronnement impérial. Pour consommer raccommodement, elle se rend de Canosse à Biapcllo, où elle reçoit , le 6 mai 1 1 1 1 , l'empereur , qui passe trois jours avec elle. Donizon remarque , dans la vie de Mathilde , que , dans les entre*' tiens qu'elle eut avec Pempereur, elle parla toujours allemand. Enchanté des honneurs qu elle lui fit rendre , Henri l'appelait sa mère ; et pour lui prouver l'estime qu'il faisait de sa rare

trudence, il la déclara vice-régente ou vice-reine de Lom-* ardie :

Cui Liguris Rcgni regimem dédit in çice Régis, Noxine çuam matris ferais claris çocitavH,

L'an iii4ï Malhilde se met en devoir de faire rentrer la ville de Mantoue sous sa domination. Mais, dans le tems qu'elle se préparait à faire le siège de cette ville , étant tombée malade à Mont-Baran/on , dans leModénois, et le bruit de sa mort ayant couru, les Manlouans, qui se croyaient délivrés de la crainte de ses armes, vont mettre le siège devant son château de hipalta , qu'ils prennent et livrent aux flamCnes. La comtesse, étant relevée de sa maladie, donne ses premiers soins à tirer vengeance de l'insolence des Mantouans. Ils n'attendi-'

DES BUCS, MABQUIS, elc.^ DE TOSCANE. €3

Tent pas l'effet de ses menaces^ et la ville se rendit sur la tn d'octobre. Malhilde meurt, le :&4 juillet iiiS (1116 sui-

insigne

porté, l'an i635 , dans la basilique du Vatican , par les soins du pape Urbain VIII , qui lui fit ériger un supei;De xpausolée. ( Voyez l'empereur Henri IV, )

La succession de cette princesse , 4it Muratori , Jut une source t2f nouvelles querelles entre les papes et les empereurs ; et nous la trouQons di^utée entre eux pendant un grand nombre d ^années , jusqu^à ce gu 'enfin le tems , médecin de beaucoup de maladies polidtjues , mîtjin à leurs contestations. On sut bientôt ^ en Germa-nie , la nouvelle de la mort de cette fameuse princesse ; et l'abbé d'Usperg dit : « Comme personne , dans notre tems > ne fut » plus riche et plus célèbre que cette dame, de même per- » sonne de profession laïque ne fut plus illustre par ses vertus et » sa réligidn». L'empereur Henri V fut excité par ses ministres, et même invité , par les lettres de ses partisants y ï venir prendre possession de tous les biens de Mathilde. « On ne voit » pas bien clairement , dit Muratorî , i quel titre. Tant qu'il » n'y prétendit que les biens régaliens et féodaux, comme la » Marche de Toscane , Mantoue et d'autres villes , on conçoit » qu'ail avait raison : mais il prétendit aussi les biens allodiau^c » et patrimoniaux, dont on le verra se mettre en possession. » Probablement les princes dPEst, de la branche allemande, » c'est-à-dire Welphe V et Heniî le Noir, son frère , duc de » Bavière , ne durent pas , dans cette conjoncture , garder le » silence, puisque, par les conventions matrimoniales de ce » même Welphe avec Mathilde , il devait hériter de tous les » biens de cette comtesse/ Il est certain que, sous Tempire de » Frédéric I , il leur fut rendu justice sur ce point. Or, l'em- » pereur Henri , très-empressé de recueillir cette riche succès- » sion, se tint prêt à passer en Italie aussitôt que l'état de ses » affaire^ le permettrait a.

Après la mort de Mathilde , la Toscane cessa pour un tems d'avoir des ducs , parce que la ville de Lucques , suivant la remarque de M. de Saint-Marc, commença dès-lors àsegpu- 'verner par elle-même, et que c'était proprement à celte ville * qu'appartenait le titre de comté-duché. Celle de Pise se rendit pareillement indépendante. Durant les dix -huit, années qui' suivirent la mort de Mathilde, c'est-à-dire pendant le reste du, r^ne de Henri V et une partie de celui de Lothaire II , son ikuccesseur, on ne voit, que des gO|iverneurs amovibles de la loscaae , sous les titrer de présidents et marquis.

64 CHROT^OLOQIE HISTORIQÛI

Ratbo1> ^t le premier de ces gouverneurs que l*on connaisse. 11 ne Tétatt plus en 1 1 19.

Conrad, doc deRà^iénfre , tut fait président et marquis de Toscane, par l'empereur Henri V, en 1 1 19. De son tems conSmcncèrent ces fameuses guerres que la rivalité fit naître enlrt les Pisans et les Géfiois, et qui se renouvelèrent durant plusieurs siècles. (Voy. l'art, de Gênes,) Conrad mourut ou C£ssé de gouverner la Toscane, en ii5i , au plus tard.

Ramprett se montre avec les titres àe président et marguis de Toscane, en ii3i. Il doit être mort vers la fin de mai liox

HENRi LE SUPERBE.

L'an 1 133 , Hettbi le Su^eube , duc de Bavière , fut îniresti du comté de Toscane et du ductié Je Spolelte , par Tempereur Lothaire U i son beau^père , à qui le pape Innocent il tes avait cédés , comme relevants de l'église romaine , moyennant un tribut annuel de cent livres aargent. ^1 était de la ligne d'Est en Allemagne ; et ce fut apparemment en considération des droits que cette ligne avait sur la succession de la comtesse Mathilde , que Tempercur lui conféra ces dignités. L'an ii34 (ii35 suivant le calcul pisan) , le concile, tenu à Pise par le pape Innocent II , investit de la Toscane le marquis Ingetberty c'est à- dire qu'il le nomma vicaire du duc Henrif en Toscane. Mais les Lucquois, ne voulant personne qui les conmiandât , rejetèrent ce marquis , lui firent la guerre et le chassèrent , quoique soutenu des Pisans. L'empereur vint., Tan ii3'y, au secours d'ingelbert et le rétablit. Henri mourut en Allemagne, (f^oy. Henri YIII , duc de Ba^flère.^

ULDÉRIC.

1139. Uldérig, ou Ulric, comte de Lenzbourfi|'^ fut créé marquis de Toscane par l'eaipereur Conrad après la mort ^e Henri le Superbe. Sous son gouvernement , les guerres des Lucquois, oes Pisans et des Génois causèrent de giands désordres en Toscane. Le nécrotoge du chapitre d^^ ,Mujïster , en Argow;^ place sa mort au 8 octobre,

WELPHE.

II 53. WelMe, ou Guelfe, d'Est, sixième du nom dans U suite de sa majson ^ frère de Henri le Superbe ^ rejut g

ws oues ; xAftQms, etc. , m wscank; 6S

en ttSSf de aon irtreu Frédéric BdrbiroiiMe , rot des Aomàins, «t depuis empereuri rinvestiture de la Marche de Toâcane, et en même tems celle des bieos alladinux de Màthilde et dd duché de Spoleite^ IL viât ea Italie , l'aiv c i S4 f et fut . reça arec de miida houneurs par toiM in peuples de. Toscane , même par les Lttcdûois et les:Ksans. diiau iiS^^ il »da reiiit)erettr à réduire iavine de Crème, l|un s'était ifévoltee* 11 reroRrna, lanaée soiVaate^ : eà AileiBa§nft, laissant Wdphe Vil^ soli fils^ pont ^urefftier la Tbacane en son absence* -Le jeune Welàhe se cofnpoMa^ de maniète à< iiiériter raffiection des peaptea* €e prtkioe ëtaal mort en tib^^ Welphe, son pèvcy qai se voyait sHus «afaats , instiru»sdn nérkier âenri Je idùH » sion aeveu ) à la charge dé loiipayer^isiie ccrtaône somme (t). Mais Hinri ^ iié|^îgeunt. d'ac^juiHër celle distae ^ ' Welphe changea .de disposi ûons.à aoe igâcd-; • et « . poar le) pfinir doeom sngcàtikudë^y il eéda^ ou engagea. Tan t^tSc^y^ tous soshiettr à Femperqur Frédéric^ Fietiri le Lhn réclama cependant! Vexe*, eeiioa de b» donation ^ue Welphe kii an^âif^te; 'ei,imalgré ses fnalheors ^ il ne fovlut jaonais entebdre à aAcua accommo^ dément avee l'emperëué à cet é^arfl^ Welphe Vf moiiri^t en Allemagne ; ^'^^ < ^9^« daps ni» âge tDèt^4ivantfiél . Ia vépuÙiipip de Lacoues conservé dans .sevaro^ife^'Ottinpnuiiiei^t.précieiiK de. ialinraUtè;èW iiri>jprv^ri4iége )^^ lai accOfdow

dins mie éteiidae .de six milles 4 iaiAHdicûonr^fj^ lui apgari tfcaait dvns cette- TÎUd et'^seb einitronS', coaisRe'ipuar4uis^d^4'o^

cane. -: • /•' i " f ^ •. ' •' :'.:•••:••; • :..".::*

Page 1