‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens (volume 2)Chapitre 40 sur 103 · COMTES ET DES PRINCES DE CAPOUE · texte numérisé non relu

COMTES ET DES PRINCES DE CAPOUE

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LfAPOUB est le nom qu^on applioue à deux villes de la Oinipantè, en Italie, distantes, l'une de l'autre, d'environ deiumillet* La premier^, suivant le calcul de Yelleius Paierculus (1. i )^ l'un de ses citoyens, précède de quarante-^ept ans la fondatîonf de Rome. Sa position est entre le Vplturne et le Liteine , ou le Cianius. Ce turent les Etrusques ourles Toscans, et non le» Grecs, qui la bâtirent. La bonté de son territoire et la salubrité de Tair qu'on y respirait augmentèrent sa population, au point qu'après Rome et Carlhage , elle passait , environ quatre ou cinq siècles après sa fondation, pour la plus grande ville der l'univers/ Capoue , si l'on s'en rapporte à Camille Pellegrinv {DisserL 4 , art. 1 1 } , fut d'abord partagée , comme Athènet ^ en douze bour^p , qui ne furent réunis en une seule ville que^ l'ail 282 de la fondation dé Rome*. Les Toscans, avant celle de> Capoue, étaient ennemis des Cumains et déterminés à leur ruine. Ces dispositions passèrent aux Capouans., qui^ se trou*" vant en forces , vinrent tes attaquée sur leur territoire , et leur livrèrent une bataille où ils en taillèrent en pièces la plus grando^ partie et contraignirent, le reste à se retirer dans leurs murs.

de s'en rendre maîtres. L'animosité des Capouans ne se ter^ ibina point là; ils ruihèrent tous ses édifices, dépouillèrent ses habitants, s'adjugèrent leurs biens, mijceot les uns en prison^ liduislrenl les antres en servitude y et exercèrent toute la bac^

ïo8 ClHROIiOLOÇU BLSioaiqiuL

karie que îâ fureur peut Inspirer. Telle fut , l'an 4^6 avant l'crc chrétienne , la ruiné totale de la célèbre ville de Cumes , fondée i3i ans après la destruction de Troie, xo53 ans avant

<I(.çny$^ ïyoLÂ de-^yracusê , ayant besoin de troupes pour une expédrtîon qu'il méditait , invite les Capouans à venir se ranger sous ses drapeaux ; se défiant ensuite , comme ils étaient en xnsirche , de leur inconstance., il les congédia , après leur avoir fait des largesses propres à les dédommager amplement des frais de leur voyage; mais en s'en retournant ,., arrivés à Entella^ ville de Sicile , ils demandèrent aux habitants d'y être admis comme étrangers et locataires, qui ypulaienjt s'][ ét2d>Hr. I^ur demande accorctée , Us surprennent , durant la nuit , te peuple qui n'était point sur ses gardes , massacrent tous les mâles « violent les femmes , qu'ils épousent ensuite , et prennent ainsi possession de la place.

Les Sidicins y ou habitants de Teanuin (aujourd'hui , lySS , Tiano ), peuple autrefois considérable en Campanie , ayant été attaqués par les Samnitcs , sans autre motif , que parce (^ ceux-ci étaient les pli^s forts, furent poussés au point , que,.s(è voyant liors d'état de se défendre jpar eux-mêmes , \U eurani xecburs.aux ( apouans. Le $^cours qu'ils demandaient leur fut accordé : mais'les Capouans , amollis par une Ippgue paix, yi^* yaient dans l'opulence , le plaisir et l'oisiveté et avaient oublié leur ancienne valeur. Les troupes qu'ils, fournirent aux Sidipins» mal diseipUnéeï, ne purent tenir contre les Sam ni tes, beaucoup plus.aguerris^ battus par eux en différentes rencontres, les Si-, dicins transportèrent, en fuyant, le théâtre de la guer,re dans. le territoire de Ca|)oue. Les vainbjueurs, îe§^ ayant poursuivis, obligèrent tes Capouans à isè renfermer dan^ Içur/S murs^ privée délai fleur de sa jeunesse qu'elle avait peiçdiie ^n divjE^rs combats, cette ville ne trouva de ressource que d^ns l'assistance àes JSor 3nains % dont jnsqù'alorjs elle iavait été la rivale. Mais les Salinités étant alliés des Romains ; c'euxrci ne ppuyaiept, ^ns violer la foi quHIs leur avait jurée , sp déclarer pour leui;s eqnei^s*, Tout ce qu'ils crurent pouvoir Ç(ire en f^yeiii; dçs CappuapSt ce fut d'employer leurs bons ofÇces pour Ic^. réconcilier avec les Sananites. Telle est la substance ei^ pj-éçi^ de la réponse que. le consul fit de la part du sénat atjx dépi^iéis dé Ç^poue. Alors ceux-ci /v6yànt qu'on ne leur promettait que. 4^5 bons pfEces envers leurs ennemis , commencèrent i! déclarer liçs» ordres se-/ crets qu'ik avaient reçus de leurs commettants. « Puisqi^e vou9 p ne croyez pas, pères çonsçript5f,dey,Qiryoji^ia|çoK*'BPÙ^ p notre défense « vous serez du mpîqs^ 9blig^^6. pr^ndcee» » main vos propres intérêts; or, ^ès à Pféffy^j 5VHW«îi ^'

DES COMWS BX^ 9MS YftnKftS VÈ, CAPOtS. tog

a» pouvoirs dooH ii^iis sommes munis, nous mettons 6n votre » pouvçlr nos pQrspmi^s « la.vil^ dcCapoue, ses campagnes, M ses tçn|ipl<^9 et toutes les chose» divines et hunuilnes a» qui Ic^i 4pp9f tiennent , «n sorte que désormais tout ce j» qi^i noua arriveot, nous le souffriron» icomme tipus étant m con&qiua ay^p vous. «i.£n' disant cela, les députés, fondant en la^foe^, ^«i^illjirea^ les m^iiM vew le consul et se jetèrent dtva^ 1^ por^ du sénaa. Sensible à la situation des Capouans i et r^fléçhis^Sydt spr iea viîBS^itudeB • des elioses humaiites , considérant d'ailleurs le grand accroissement de territoire et de puissaocç ^ vev^egidrait à Rome, de la soumission volontaire 4'iui peuple .nombreux , ptcke el nagesmt dtins 'le. luxe -et les plaisica , le ^nat hésita entfe la fidélité qu'il devpiit à ses alliés , et la craîote de se manquer à lui-inême ainsi qu'à ceux qni avalent reçois, h lui , s'il n'employait pas tous ses soins poui* éçipéç^^ 1^ ruiue d'unq viUe qui s'Àait donnée volontairement ^ la république romaine : mais lorsque les Capouans, ^^^ ^^ boucha de leurs ambassadei|rs y eurent solenneHement prononcé l'acte par lequel il&se livrasent sans réserve au peuple^oroain ', alora b sai|3^e^é de l'aytance opntraètée avec le^ Sftihnites fût coo^Pt^ pour rien en cohnparaison des grands avafTtage$ qui résattf^ient pour Komed^Taequisition d'une ville la plus^rahdfè et ia pïuf .i^^fh^ de l'Italie, di'u^n Mrrite^re le olus fertile , voisin de la, mê^'t ^ pcopce à denrenir le grenier dé Kbpie; Etsi mq^puà portLuriy.mi^fKima^ dîa Floias, 1. 7,* cv ai, ûpukrêtissfwague îtaUœ^ yberriniiva^aser mwi^ufi profmquus ad poHeiqies attnbnœ horreum popMiU rçm4nifora ind^HmtÊir.,:*.^ La gbérre fiit en couséquêncé d^iarée auy Samnilies, appèsiqueles ambassadeurs romains, qui leur Aireut envoyés, les eurent en vain- exhortés à mettre fiti au;]ç hp$fiUté$ quils extr^ien» si»r le- territoire dé Capoue. Lej deux cQpsmlç, M. Y^érius Copvîniis et A. Coi^nelius Cossus Arvin^ ,. ^^éUiil mis en campagne , > chacun à fa tête d'une ar-mçe, le premier' «alra dans lii Campanie, et vint asseoir a^n çawp sur le mont Gaiyrus, aujourd'hui (1785) nommé Â|pfi!JUH$arbaro , près du lac Luçrin ; le second passa dans le Samnium, et alla, camper. â Saticola près du Volturne.. Les; Sanuiûies, furieux. de .voir tes Romains faisant ^ contre leurs intérêts ^i au mépris de l'ancienne alliance conclue avec eux ^ <;av»e commiine axrec les Capouans , rassemblèrent toutes leurs fpr€€»i pour faire faoe au consul Valérius. Le» deux armées ^ éi^^ em présence f en vinrei^t^ apr^s diÇKrentes escaimouches ^ à une grande bataille où l'on combattit de part et (f autre avec le phii gcand acharnement^. Le jour allait dtsparattré lorsquQ te$^ Sai^qit^., épuisés de lassitude, eommencerent à, prendre )a( ^iie, laissaiit sut le ct^mp de bat^itte le plus grand non^bré

XIO GHB(»K)IX)GIE BtfiTOlIQUS

jdfis leurs. Plusieurs des fuyards furent atteints par les vainP queurs , et le& autres , ne voyant plus de sûreté pour eux dan^ la Caœpanîe , abandonnèrent les logeoients <]ulls j avaient aux Romains ^ qui s'en emparèrent. Cornélius , l'autre consul ^ n'^eut pas un moindre succès contre l'autre corps d*année que les Samnites lui opposèrent avec la même valeur. Le bruit àé cette double victoire vola bien au-deU de l'Italie , et mérita aux deux consuls les honneurs du tri<miphe qu^ils obtinrent l'an 4ii de la fondation de.Rome. (T. liv., Decad. , i, 1. 7 »

. Ces revers n'abattirent pas néanmoins le courage des Samnites , au point de faire cesser leurs hostilités contre les Ca-' pouans. Les coursçs fréquentes qu'ils continuèrent de faire sur leur territoire,, obligèrent oeux>ci d'envoyer à Rome une députation pour solliciter de nouveaux secours. On leur envoya, comme ils le désiraient , une garnison pour hiverner chez eux $ mais ce fut à leur détriment. Les soldats romains, voyant la ville de Capoue incomparablement plus belle et plus spacieuse que Rome, pensèrent à s'en rendre les maîtres après en avoir chas^ Içs propriétaires. Ppurqnoit d«saient<-ils, laisserons* nous jouir de la plu« belle ville et du territoire le plus fertile àe ritalie , des hommes qui ne savent défendre ni leurs per-* sonnes ni leurs possessioBS ? Restei^ons-nous .sans récompensé,* après avoir répandu tant de sang pour chasser les Samnites qui s'obstinaient à les s^^uj||uer^? Est-il raisonnable que ces gens, bui se sont donnés k nous, jouissent de toutes les commodités qe la vie , tandis qu'on nous force d'bivemer tous les ans dan» des terres incultes et mal-saines aux environs de Rome? Ces imurmures, et autres semblables, avant qu^b fussent rendus publics , étant parvenus aux oreilles du consul C. Martius Rulitius, il laissa son collègue Q. S^vilius, k Rome, et se rendit en diligence è Capoue, où, d'après une information faite, il reconnut que. la discipline' militaire était entièrement corrompue dans la garnison ; . niais pour ne pas effaroucher 1er conjurés , il les leurra de l'espérance de revenir l'année suivante dans 'les mêmçs quartiers d'hiver. Les ayant calmés par là, il les fit entrer en campagne dès que la belle saison fut ouverte ; et alors il exécuta le dessein qu'il avait formé de purger l'arriiée de ces hommes turbulents ^ en congédiant les uns sous différents prétextes, chargeant les autres de divers emplois militaires pour des pays éloigné^, et les dupant tous par l'espoir d^un Qieilleur sort* '

Les Capouans persévérèrent long-tems dans l'association

Îu'ils avaient contractée avec Rome. L'an 4^^ de la fondation e cette ville, apr^ l'ignominieuse déiaite que les Samniter

bB» COMTEâ kT BfiS PRIlYCËS 1>È CAPOtJE. tti

firent essttyei" à son armée aux Fourches'-Caudines , ils ouvrir renl chez eux une retratle aux vaiitcus, et Démirent' aucun soin pour les consoler dans leur malheur. Mais Tan 538 de Kome, l'arrivée d'Ânniba^ en Camfpanie, après avoir -vaincur lesKpmains à la bataille de Cannes , changea les dispositions' its Capouans à leur égard : ce générai ''étant venu établir ses* ijnarXiers d'hiver à Gapoue et dans son territoire , y trouva les esprits préparés à subir la loi qu'il voudrait leur imposer. Lesr Romains ne leur pardonnèrent pas cette défection. Ceux-ci , Tan S40 de Rome , épouvantés des grands préparatifs de guerre ^ue les Romains faisaient contre eux , députèrent vers Annibal, qui campait alors dans la Fouille , pour l'engager à se rapprocher de leur ville menacée d'an s>^iége par les Romains. Ce gé-* néral accélère aussitôt sa marche , retourne à Tifate où il avait auparavant pris des logemens avec son armée ; ayant placé là une garnison de Numide» et d'Espagnols , une autre dans Ca-

Soue, il d^endit vers le lac d'Averne , d'où» sous prétexte e sacrifier aux dieux, il se proposait de déloger la garnison nombreuse que Fabius , peu ae tems auparavant , y avait mise jwr ordre du sénat. ( T,.Liv. Décad. 3, i. 4> c. 3.; Là, vint se joindre à lui, suivant Silius Italicus (1. 2) , une troupe consi-' libérable des plus distingués de Capoue, en la compagnie desouels il parcaurut ces lieux que la liature offre à l'œil étonné au spectateur, le lac Lucrin, le lac d'Averne, les collines de Baie, et ces merveilleuses et profondes cavernes par où les poètes ont imaginé une roule pour arriver aux eaux du Stvx.

Fabius , dès qu'il eut appris qu'Annibal était repassé d Arpi dans la Campanie, partit incontinent de Rome, et, marchant

qu'au promontoire de Misène; de là il envoya promptement ses troupes contre Pouzzole, dans le dessein de surprenare cette . place : elle était garnie de six mille hommes, et, par son assiette, il était difficile de la forcer. Après avoir essayé, mais en vain, de corrompre la garnison , il alla faire le dégât dans le terrîtoirr

, de Naples. Comme il s'approchait de* Noie , la populace ^ ennemie des Romains, lui fit tumultuaîipement une oéput^tion

' pour l'inviter à venir prendre possession de la' ville : mais le consul Marceltus , averti par la noblesse de Noie , le prévint ; et dans un seul jour étant arrivé à Calvi et à Suessula , il y fit entrer de nuit six mille hommes d'infanterie et trois cents dé cavalerie pour la défense du sénat. £tonné de cette diligence , Annibal commença à se repentir de son entreprise; mais il n'en lut pas quitte pour avoir manqué son coup ; il bilt^X «a

t,t% CSIIOROUOGIE HlffTOaiQUE

venir 9 pris de Noie , à une bataille où le consul lui fit perdre plus dtf deux mille honuaies et n'en perdit que quatre cents des siens, *•

Fabius» de son c^té, ne restait pis dans IHnaction. Ayant établi ton camp dans la plaine de Caaitin , il projetait de se rendre maître de la place ^ défendue par /({eux t&tlle capouàns^ et sept cents carthaginois | à la tête desquels était Stàtius Minitts»' envoyé par Cn. Maggiuh Atella, ç»iiveriieur de Capouë. Mais tandis qoMl en formait le siège. Minium armait le bas peuple et les esclaves pour donner Vassaot an camp des Romains. Fabius, instruit de cette manœuvre., ayertit Mardellus , qui était à Note,

3uHl avait besoin d'unti seconde armée pour s'opposer aux efforts es CapeuanSf tandis qu'il serrait la (ortere^e de Casilin. Sur cet avis, Marçelhis, laissant deux mille hommeâ â Noie, vient avec le neste de ses troupes joindre soif collègue,. Les Câpouans, lorsqu'ils le virent approcher, cessèrent de remuer, et restèrent spectateura des attaques que les deux artnëes consulaires livrèrent a|u ch&teau de Camion» Les Romains ne tro^rvèreAt'pas les facilités dont ils s'étaient flattés pour emporter la place. Ils éprouvèrent tant de pertes et reçurent tant de blessures dans cette entreprise^ que Fabius jugea qu'il valait mréux l'abandonner, attendu la medieîté de l'objet eomparè âyëe I^ diflicuDés et les dangers auxquels il s*expoëarit ^ et se tourner vers d'autres moins périlleux et d'une utilité plus itiarqtiéè. Mafcellus,aU contraire, plus sage que n'avait été Annibal daiis les expéditions de Cumes, de Pousnole, de Naples et de Noie, soutenait que les grands capitaines ne devaient , ni se charger de plusieurs entreprises à la fois , ni abandonner celles qu'ils avaient entamées , pour ne point noire à leur réputation , et relever , en se désistant , \tà courage de l'ennemi. On poursuivit donc le! siège; et les Capouans alors étant venus trouver Fabius, lût demandèrent la permission de retourner $ains et satifs dans leur patrie. Mais, tandis qu'on parlementait, le consul s'ètant adroitement rendu maître de la porte par où ils. étaient sortis, le massacre commença au dehors et au dedans. Les prisonniers capouans et carthaginois àue l'on fit, ayant été envoyés à Rome| y furent renfermée dans' des cachots et le reste des habitants distribués dans les villes du voisinaige. Fabius étant passé de là dans le Samniuih , en dévasta la campagne , et prît de force les villes de Cotnpulteriat, de Telesa, de Cossa, de Mêla, de Fiesoli et d'Orbitanio, de Blaiida dans la Ba^ilicate et d'Anca dàn$ la Fouille. On fait état de vingt-einq mille hoinmes que les vainqueurs n&irent à mort cm firent prisonniers dans ce pays, outre trois cent soixante et dix fuyards, qui, ayant été pris et envoyés à Roniei y furent précipités de la Roche Tarpéienne , après

DES COMTES St BBS 9R119CBS ftE CAPOVE. itS

•voir été battus de verges. ( T. Liv. f DecatL 3, 1. 4i c* ib. ) L*an 542 de Rome, tandJiPqu'Annibal est occupé ii faire 1b siège de Tarente, les deux consuls, Appios Claudius Piiloher4 et Q. Fulvius Ftaccus , forment le dessein d^assiéger Capoue» Etant arrivés ) chacun avec deux légions , danS' le Samnium^ ib jettent U terreur parmi les Capouans, qui, se trouvant dé^ pourvus de vivres , députent au général africain pour le pne# 06 leur procurer les moyens de subsister , attendu que tous leè chemins qui aboutissaient à leur ville étaieilt fermés par lei Romains. Aanibal ayant aussitôt fait ramasser tous les grains

3ui étaient dans la Calabre, chargea son lieuteviant Hanno'ii' e les faire transporter it Capboe. Celui-<ci s'acquitta fidèiemeniC de cet ordre. Mais son convoi ayant été renetHitrépar le consul Fabius, il y eut un si terrible combat entre les troupes qui Fescortaient et les Romaine , que ces derniers eurent besoin â^ toute Tardeur et la fermeté de leur conrage pouir obtenir là victoire : Vitii amnia perUnaoB i^irtus^ dit Tite Live; Le camp des Carthaginois fut emporté par les Romains, au toifieu d'uri eombat où ils mirent à mort plus de six mille hommes, entré, sept mille prisonniers qu'ils fireht. On recouvra aussi tiDUt 1^ butin qu'Hannon avait l^^it sur les amis du peuple roihaili. L^ Gapouads ne tardèrent pas à fai^e part de ce revers au général africain, qui s'obslinait au siège de Tarente, lui mandent eri même teros que les deux consuls étant retournés k Bénévent , qui n'est qu'à une journée de marche de leur ville ^ ils étai^t près de voir l'armée rpmaine sous leurs murs, et que, sans Urt prompt secours , Capoue tomberait au pouvoir de l'ennëiftii ^ en moins de tems qull n'en avait tnis à se rendre maître d'Arpi* Ce qu'ils avaient lieu de craindre ne tarda pas d'arriver. Le» deux consuls , après avoir lait de grands magasins à Oasilin et à l'embouchure du VollH^ne, commencèrient à s'approthet^ de Capoue pour en faire le siège. Annibal, cependant > availf ^ cœur de ne pas abandonner cette ville ni ses alliés. Mais , dans le même tems » il apprit que le préteur C-. Fulvius, qlii commandait une armée dans Ir Fouille , devenu insolent pour quelques petits avantages qu'il avait remportés sur les terre» qui obéissaient aux Carthaginois , ne gardait plus aucune disf«i> eipUne militaire. Sur cette nouvelle, il i«Jgea â propos dd' marcher , sans délai , contre une aritiée tumultueuse et vàga-> bonde, et parut subitement dans la l^ouille. Le préteur^ ^ son arrivée, plein de confiance , marche à sa rencontre^ et râttaâ'ue 3V€c tant de désordre , que toute son armée fut itiise en dé— route et taillée en pièces jusqu'au nombre dé dix^sept millehommes, deux mille ayant eu pei^iè à s'échapper après que le' général eut pris la fuite avec deux cents chevi^ùx. .

XVllL i5

tx4 CHRONOLOGIE mSTORIQUS

Ce succès releva les espérances des Capouans et ranima leur courage; maïs, d'un autre côté, le consul Appius Claudîus, étant retourné au camp de Capoue, après avoir donné ses ordres pour l'approvisionnement, y retrouva Q. Fulvius, son collègue , qui rassemblait toutes les machines nécessaires pour battre la place. Ils rappelèrent alors de Suessula , le prêteur Claudiùs Néron, qui vint promptement les joindre après avoir laissé une petite garnison dans la place. Capoue se vit donc environnée de trois camps et de trois armées. Réduits à se renfermer dans leurs murs, après avoir fait de vains efforts pour rompre les travaux des assiégeants , les Capouans députèrent une seconde fois au général atricain , pour le conjurer de venir incessamment à leur secours , dans une conjoncture où ils se voyaient, non-seulement bloqués, mais étroitement resserrés

5ar les assiégeants. Dans le même tems , arrivèrent de Rome es lettres du préteur Publius Cornélius aux consuls , par Ies-> quelles il les cnargeait d'avertir les Capouans qu'avant les ida (ou le i5) de mars , il serait libre à chacun d!entrer o« de sortir de la ville avec les effets quMl ju^rait à propos d'em* porter; mais que, passé ce terme, quiconque resterait k Capoue ou tenterait de s'échapper, serait également traité comme ennemi. Tite Live dit {Decad. 3,1. i3,c.i8) que les por* teurs de cette déclaration furent reçus à Capoue , non-seule* anent avec mépris, mais avec des injures et des menacesi De nouveaux députés, envoyés de Capoue au général africain, le trouvèrent en marché vers Brindes. Sa réponse à Texposé qu'ils firent de Tétat de leur ville, fut qu'auparavant il les avait délivrés d'un siège; mais que pour le présent, les ennemis ayant prévenu son arrivée, il n était pas en son^pouvoir de les secourir. Réfléchissant toutefois, après les avoir congédiés, aur la honte qui rejaillirait pour lui d'avoir abandonné une ville dont l'alliance lui avait procuré celles de toutes les villes de la Campanie , il se détermina à faire de nouveaux efforts çn faveur de Capoue : ayant donc laissé la plus grande partie de &ts bagages en Calahre , il choisit ce qu'il y avait, de plus leste dans ça cavalerie et son infanterie, et, s'étant mis en campagne , il dirigea sa route vers la Campanie. Arrivé au château de Galatia, il. s'en rendit le maître après ,en avoir chassé la garnison ; de là étant allé camper dans une v^ailée profonde, derrière les monts Tifata, il fit donner avis aui Capouans du tems dû il attaquerait les Romains, afin qu'aus* sitôt, dans upe sortie générale, ils vinssf,nt fondre sur eux de toutes parts ; ce qui fut exécuté. Tile Live dit que ce fut uue surprise, les RomafYis n'ayant point été prévenus de l'arrivée: d'Annibal (^uoi qu'il, en soit ^ ou combattit de part et, d'autre

BES COMTES ET DBS PRISCILS' DE GAPOUE. llS

^c nn grand acharnement. On fait état de huit mille, oarthai-^ ginais el. de trois milie campaniens qui périrent dans la mêlée ^ mais peu s^eii faihitr qu'Annihal ne se rendît maître du camp^ des Romains, donft il avait déjà emporté un Quartier. Mulle-^ ment abattu par la perte qu^il avait faite, il savisa ,. puisqu'il De pouvait sauver Capoue par la force, de transporter ,. pour £iire diversion , son armée dans le voisinage de Rome : c était ce qu'il aurait dû faire après la balaille de Garnie», et qu'il s% repentait de n'avoir pas fait ; mais il pensait qu'ea s'approchant subitement de Rome , la terreur qu il inspirerait par là y répandrait le trouble , ce qui lui faciliterait le moyen d'en levers au moins, quelques-uns de ses quartiers ; qu'alors ou les deux consuls 4 ou tout an moin» l'un d'eux ne manqueraient . pas. d'accourir au secours de Rome ; que leurs forces étant ainsi divines ^ il serait facile â lui-même ou aux Capoua^s de battra les Romains. D'après ce nlan, il s'avance vers Rome, et ayant assis son camp sur lesboras de PAnio'(au')oued'huUe Teverone)^ il Élit hardiment le tour de U ville pour observer sa* situation ^ et s'avance jusqu'au temple d'Hereule ; mais bientôt , repoussé par les Romains , il fut obligé de s'éloigner après deur orages,, qui d'u»)our à l'autre, empêchèrent les deux armées d'en venir aux mains. Le siège de Capoue, cependant, continuait tou-> jours, Ânnibal, au lieu de s'acheminer dans sa retraite pour le faire lever, dirige sa route vers la Calabre. Hannôn et Bostas^ qui commandaient la garnison carthaginoise à Capoue, plustouchés du danger qu'ils courraient que de celui de leurs alliés, écrivirent à leur général pour lui témoigner leur indignatioa> de voir qu'il les abandonnait dans la conjoncture terrible où ils* se trompaient. « Ce n'est pas seulement ,. lui mandaient - ils ^

* la ville de Capoue que vous abandonnez aux ennemis , mais^ > nous-mêmes et nos soldats , qui s'attendent à éprouver la- » plus criielle vengeance. Vous fuyez en Calabre , jpour éviter. » la hoDte de voir perdre, sous vos yeux , notre ville ; mais lei , » Romains n'en ont pas usé de la sorte; ils n'ont pas aban^. » donné le s^ége de Capoue lorsqu'ils jont vu leur propre ville » en danger.. Que si vous/ussiez retourné à Capoue et y eussiez ^ » porté te nerf de la guerre , les Capouans et nous-mêmes.

* étions préparés à faire une vigoureuse sortie. Aviez -» vous.

* donc francni'les Alpes pour faire la guerre à ceux de Tarente » et de Reggio? Ne oevies^vous pas vous présenter avec votre ^ armée partout où se rencontreraient les 4égions romaines ? J» Avez -vous donc oublié <|ue c'est ainsi, qiue nous fûmes vain« » queurs au lac de Xrasimène et à Cannes? » Ces lettres furent* confiées, avec promesse d'une grande récompense, à des Nu r. mides qui étaient exercés dans ^ ce genre de métier: s^élant.

il6 QBaONMJDCIS BiAosn^ini

ktinrpârtÀ ^ sdus prétexte de flc^eltîon, lians le e^mp éa$ homaàm&j ils y aUendaiei^l l*occasion de s'échapper, lorsque ]<i maîtresse de l\in d'entre eus trahit leur secret. Arrêtés dttssltât et lÉiîs à la question , ils furent contraints d'avouer la fraude, et , en ceniéquence , ils eurent , au nombre de scûxante et dtXf tes niaâns coupées , aptfèsaroirété battus de verge& A la> vue de «et affreux spectacte, les Capouans perdirent entière* Aent courage; Le pemple s'étant soulevé , contraignflt Lesius^ dief du sénat , à rassè«mler sa oompagnie pour aviser au moyen d'obtenir quelque composition des AosuarnSf en se rendant à ecix. Les avis des sénateurs furent partagés : celui de Yihius Virtus , Tuti des plus distingués d'entire eux, fut de se soustraire par u«ie inort volontaire, à la honte d'être obligé de se remettre è la discrétion des Romains. « NiMis avons assez vécu, dtt^il, il j^ ne nous reste plus que la tibevté-, <^'oa ne peul encore ^eus » ravir, de passer les eau» dé TAcnévon. Quiconque d'être ik vous voudra prendre ce parti, je lui e^rt cette nuit des » tables bieti iburnies de mets et de vins. Après s'être pleinej» mevit rassasié, quo dans l'engourjliswnient de qea ^ess il avale » du poÂôn , comme l'unique et souverain remMe à son mal- » hetp. » ( Silius Italicus, 1. 13.) Ce discours fat approuvé dé plusieurs, et mis le même nuit à exécution ; mais fe plus grand némhte, comptant sur la déiiienoe des Koiiiainâ, uont ils avaient donné des preuves en taiit d'occasions , jugea quHL était pluft à propos de nommer àfg députés pour leur parler les clefs de la ville* D«s le* lendemain ^ la porte de Capoue qui était via^à^is du camp, des Romains^ ayant été ouverte par ordre du procbtisul, le lieutenant C* Fulvius y entre i k tête d'une légion et de deux escadrons i^ et commence par aefmre app^tei^ toutes les armes oui étaient dans la place. 11 fit ensuit» poster ées gardes à toutes tes portas, afin q«e jpersoniie-ae pdt entrer ïii sortit* ; ^près quoi il fit prisonnière la garnison car^' thaginofse, avee ordre au général de transporter au oàmp lesénatyOtti, k soti «trivée, fut aussitôt chargé. de chaînes^ et obligé QtQ remettre', ieotre les mains des trésorier», tout l'or et l'argent dont il était pourvu. Vingt des sénateurs furent envo^sous bonhe garde à Calvi « et dix-huit autres à Teano. C'étaient ceux qu'on savait être ou les auteurs ou les instigateur& de la révolte de!» Capouans. Les proconsuls les ayant suivis de près, commencèrent à instriuire leur procès. Claudius- inclinait au

f»ardon , et Fulvius â la rigueur. Ce dernier avis prévalut , et es prisonniers , après avoir été batt^ de verges , eurent ia tête tranchée. Pendant ciette exécution, un capouan, iKMEnmé Ju-' bellius Taurea, qui n^était pas du nombre des condamnés;^' a'avaace vers le tribunal de Fulvius ^ et. lui adressant La parokr

SES COMTES ETrBBS niKC3S5 tlX CÂPOUB.' I17

mde 9 dit- il , tfueje sois aussi mis à mari* Fulvius refuse. Taurea reprend 2 Après fue j'ai perdu ma pairie ei mes amis^ d iué de ma propre mam mes' enfants ei ma femme ^ pour les pré^ server de t/uelffue indiemeni ignominieux de ooire pari ; puisçu *iè ne m'esi pas permis de finir par le mime genre de moiri que mes conciioyens , je inds châtier dans, mon courage la HAerté de me déHvier lie cette odieuse vie ,» ; et aussitôt , tirant un' poignard qa'il avaïit sous sa roi>e , il se Fenfonce dans le sein , et tombe tout ensanglanté devant le cruel général. Tite Live dit que Taarea ne vint pas de son propre mouv^nent à Calvi , et qu'il ne périt pas de sa propre matn ^ mais que , tandis qu'il était attaché au pien avec les autres condamnés , Fulvius , entendant certaines paroles qu'il proférait , ordonna qu'il fût le premier, frapoé de verges, et ensuite mis i mort. Mais Valertus. Maxime (L. o, éeForiiiud.) et Siiius Italicus ^ (I. 3) , attestent sa mort comme noils venons de le rapporter* Voici les vers du second :'

Jffh mfro» rirêms ( nec emm oeeuteisse proMnm

Spâçtaium pel in hoiie decut) çlamore feroçi ^

Taurea tune f inçuit ^ferro spoUaêis inulius

3)f mçjorem animam ? Etjusso lidore recisa

îpiapos cadet ante pedes foiiissima cerpix?

aaud ançuam Aoc nohis âeierit Deus ; inâe mfnaci

Oituiu iorpom eôntra ét/ortaU rênidenr \

Meiluierm elacer per peetoM fnnsigtt ensem, ^

Atella ^t Ci^tiavdoix villes deCampanie dépendantes de Capoue» autant rendues ensuite auK Komainsi les principaux de leurs citoyens furent égalemeiU punis du dernier supplice , de même que s^iiante-dix des premiers sénateurs de Capoue # Qoire trois cents autres nobles «]ui restèrent en prison. D autres furent dispersés en différentes villes alliées, des Romains , et une grande multitude des Capouans fut vendue ^ l'encan.

Après cela, il fut question de savoir ce qu^on ferait de Capoue et de son territoire* i>'avis de quelques-uns était de U détruire de fond en comble ; m<ûs celui des amateurs du bien public prévalut, et, sur leurs remontrances, il fut décidé que cette ville serait conservée en son entier , pour être habitée par des agriculteurs, attendu la fertilité et la beauté du territoire. D'après cette délibération , pour repeupler Capoue » on y fit passer une grande multitude d^affranchis , de laooureurs, d'ar« tisans ; mais tous ses champs et ses maisons furent confisqués au profit du peuple romain ; de plus, en conservant la ville de Capoue, il ne fut point permis d'habiter hors de ses murs, iH dy établir aucune corporation, aucun sénat, ni aucune autre magû^tEatore » dans la crainte qu'ayant un gouvernemeat

Il8 CHEOVOtOGIE HISTOBIQUS

qui lui fi&t propre , elle n^en prit occasion de se porter i di» nouvelles conspirations et de nouvelles reventes. Pour y rendre la justice entre le» habitants ^ il fut réclé que chaque année p»

. j enverrait de Rome un préfet : Prmfectum aàjur»reddenda^ dit Tite-^Live , ab Roma fuatannis nussuras. Telle fut donc 1». fin du siège de Capoue, qui avait commence Tan 542 de Rome, et fini au Dout de six mois , c'est-à-dire au mois de septembre de Tannée suivante : MstaUs ejus extremo quo Capua capta estf dit Tite-Live.

Annibal s'était , à la fin , rendu maUre de Tarenle ; mais la nouvelle qu'il reçut en même lems de la prise de Capoue, diminua beaucoup la joie que sa conquête devait lui causer. Pour se venger , il forma la résolution de saccager tout le territoire QuHl n avait pu défendre. Mais le ciel réservait aux Capouaos d'autres malheurs. J^e cruel Fulvius Flaccus, tout occupé à leur faire ressentir les effets de sa haine , commença à tnettre en vente les biens des principaux d'entre leurs citoyens , que le sénat avait confisqués. Dans liai crainte que son armée ne s'amollit et ne s'efféminât à Capoue , comme avait fait celle d'Annikal , il or-

V donna à ses soldats de bâtir , de leurs propres mains , les logements qu'ils devaient habiter, et de construire leurs cabanes sur les portes et les murs de la ville : ces cabanes furent couvertes les unes de planches et de claies, d'autres de joncs et de paille, Tite-Live dit que cent soixante*dia. capouans conspirèrent de mettre , en une nuit , le feu à ces ouvrages ; mais il fait entendre, en même tems, que c'était une imposture imaginée par Fulvius, pour avoir occasion d'exercer sa cruauté sur les Capouans : Ne deesset maiena in Capuanos samendi^ nooum in occuiios gUscens ptr indidum protractum estfadnus. ( Decad, 3, liv. 7 , c. 2. ) Sur cette prétendue découverte , on ferma les portes de la ville : les milices se mirent sous les armes ; on arrêta c^ux qu'on soupçonnait être les coupables ; et après avoir été sévèrement examinés, ils furent condamnés au dernier supplice, avec une récompense de dix mille sous pour leurs accu* sateurs. Fulvius comptait ne point borner U les «(Têts de sa • haine contre la ville de Capoue ; mais , Tan 544 de Rome , le consul M. Claudius, étant à Rome, le nomma dictateur dans un besoin pressant de la république. Alors , s'étant transporté ï Rome , il chargea C. Caipumius , qui commandait en Toscane , d'aller le remplacer à Capoue.

L'an 55 1 de Ronie, Annibal , après avoir fait la guerre pendant seize ans en Italie, est obligé de repasser en Afrique, pour* défendre sa patrie contre les armes victorieuses de Scipion. En partant , il emporta le regret d'avoir préféré , à la stérile conquête de Tareaie , le secours que son propre honneur et Tin-;

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