‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens (volume 2)Chapitre 41 sur 103 · DES COMTES ET D£S'9AINC£S DB CKVOVE. I · texte numérisé non relu

DES COMTES ET D£S'9AINC£S DB CKVOVE. I

lirét de Carihage robligealent de porter à la ville de Capoue. hcs Romains xontinuèrenl de la traiter avec la même rigueur ^u^ils avaient fait, après Tavoir réduite. Uan 56 1 de Rome, sons le consulat de Q. Lucius Corn. Merula et de Q. Minulius Thermus , la Campanie , ainsi que le territoire de Rome , fut agitée par de grands tremblements de terres , dont Capoue se ressentit plus que les autres villes de cette contrée^ Un grand nombre^ de personnes ayant péri dans ce désastre , on envoya de Rome une colonie pour le réparer , ce qui fut répété plusieurs ibis dans la suite. Le sort de Capoue commença dès-lors a s'adoucir; mais elle resta toujours dans Pétat de préfecture, entièrement soumise aux lois romaines j et obligée de se conformer aux ordres qui lui venaient du sénat. Nous ne suivrons pas les petites vicissitudes que cette ville éprouva dans la suite des tems, sous l'empire romain.

. L'Italie étant tomoée, dans le cinquième siècle, sous la puissance des Ostrogoths , et au suivant, sous celle des Lombards , Capoue fut attribuée , par ses derniers , au ducbé de Bénévent , et y resta soumise jusqu'à la mort du duc Sicard, arrivée Tan 840 de Jésus-Christ. Alors, un seigneur y nommé Landulfe, voulant se soustraire à l'obéissance des ducs de Bénévent, se retrancha avec sa famille dans sa forteresse de Sîcopoli , où nombre de capouans s'étaient déjà réfugiés , pour n'être point enveloppés dans les ravages et les incendies que les Sarrasins exerçaient dans leur patrie. Le duc Radelgise, occupé alors à faire la guerre à Siconulfe , prince de j>alerne , chargea ses

Îastaldes ou préfets , Ratelgaire et Agenard , d'aller assiéger la )rteresse de Sicopoli, à la tête des Sarrasiils qui étaient à son service. Le gouvernement de Capoue devait être la récompense de ces gastaldes, s'ils réussissaient dans leur expédition. Mais Landulfe, supérieur aux efforts de ses ennemis, vint à l)0ut de battre les gastaldes et leurs troupes , et non-seulement de les chasser des envirorvs de Sicopoli , mais de l'ancienne Capoue , que Giannone , d'après l'Ammirate , par une erreur manifeste, confond avec Sicopoli. (Ottavio Rinaldo, Mém, ntoiiche délia citià deCapua^ tom. I, liv. S, c. i3). Landulfe termina ses jours l'an 842 , laissant de N...», son épouse, iiUe de hoffrit , .l'un des premiers nobles de Bénévent, quatre fils, Landoh , JPandon , Landenulfe et I^andulfe.

Lakooiï , surnommé le Vieux, prit, après la mort de Landulfe, son père , les rênes du gouvernement de Capoue et de toutes les terres qui en dépendaient. Ses frères et lui , fidèles aux derniers avis que leur avait donné Landulfe en mourant, mirent kur application à fomenter la discorde entre les princes de

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Bénévent , persuadés qu'il n'y arait pas d'autre itioyert cfe se maintenir dans l'indépendance. Mais les Sarrasins de Bari, profitant de la désunion qui régnait entre les princes chrétiens, ne cessaient de dévaster le pays par les brigandages ^ les incendies et toutes les atrocités qu'ils se croyaieot permises dans les con'* trées qui étaient ouvertes k leur fureur. Les Bénéventains et les Capouans j pour les repousser , se virent obligés d'appeler à leur secours | non-seulement les princes , leurs voisins , mais

son successeur , pour le prier de se transporter en personne , avec une bonne armée, sur les lieux. Louis, touche de l'état déplorable de ces contrées, ne tarda pas à se ihettre en route pour l'Italie , et dirigea sa marche droit à Bari. S'il ne put em-

es princes divisés, et partagea la principauté de Bénévent en deux parties égales, laissant la première à R;adelgise, et confira mant Vautre, dont Salerne était la capitale , à Siconulfe. Ces dtsux princes jurèrent fidélité à Louis , qu'ils reconnurent ^our leur libérateur et leur souverain. Louis , après avoir si glorieu^' sèment terminé son expédition , repassa lès Alpes. Entre les gastaldes, au'il avait attribués à la principauté de Salerne, était compris celui de Capoue ; mais Landon et ses frères n'étaient nullement disposés à reconnaître pour leur seigneur aucun prince, depuis H mort de Siconulfe, prince de Salerne, et celle de Radelgise , prince de Bénévent : ils en vinrent ménie au point , qu'ayant secoué toute subordination , ils se compor-^ tèrent en despotes dans leurs départements , mettant en pnson leurs sujets, et les condamnant à divers supplices : ils eràployèrent de plus divers artifices contre un nommé Pandolfe, leur pa-rent; de manière qu'ils réussirent à lui enlever Soessuola, dont il était gastalde ; et , non contents de' l'avoir chassé de cette seigneurie y ils exereèrênt leur barbarie sur quatre de ses fils , dont fun eut la téie tranchée par leurs mains , un autre fut brâlé par leur ordre , et deux furent envoyés en exil , où ils pénrep< misérablement. Mais Dieu se servit des Sarrasins pour ma^ /^ leur férocité. Ces infidèles , que la valeur du roi Louis II avait tenus renfermés dans Bari , dèa qu'ils virent ce prince hors d'Italie, recommencèrent ik se mettre en campagne. Après avoir saccagé la Fouille et la Calabre, ils passèrent- dans les princi'* pautés de Bénévent et de Salerne ^ ou ils commirent lesmêmes' îiorreurs ainsi que dans le duché de Naples, Les peuples de ce»

êotitrëes, poussés à bout f furent obligés d'implorer de nôureâtt le secours du roi Louis : pour Tobtenir , ils lui députèrent, vers la fin de l*an 862, Tabbé Bassace , vicaire de Saint^Benoît , et Jacques, abbé de Saint-^ Vincent. Le prince n'hésita point à se rendre à leurs voeux ; mais de retour en ilalie , il fut étonné de voir qu'au lieu d'accourir pour-ée rendre à lui , les peiiples se tenaient renfermés dans leurs murs^ n'ajanl envoyé que Landulfe ^ évéqûe de Câpoue , fi^re de Landon 4 pour le compli-* menter. Soupçonnant alors de la mauvaise JPoi dans ceux qui l'avaient appelé, il était dans la disposition de s'en retourner ; mais l*intérêt de la religion le retint et le détermina à pour^ suivre son expédition.

Entre les crimes qû^on reproche à Landon et à ses frères^ celui qui eut de plus flSicbeuses conséquences , ce fut la gilerrtf

Ja'ils nreat à Magennife de Teano , neveu des Saduti ^ qu'ils laissaient morteltement i chà3sè , par eux , de cette ville où il dominait , il éfiercha les moyens de se venger» Peu de tem» après arriva {^incendie de la nouvelle ville de Sîcopoli ^ fondée' lan 826 , événement dont l'auteur est, jusqu'à présent^ tffnoré» Erkempert^ l'anonyme du Mont-Cassin,et Léon (POstie rattri-^ buent aux Capouans. L'abbé Triolt, d'après une ancienne chfro-^ nique ^ charge de ce crime les Napolitains et Sergius H , leu^ doc; mais la chronique de Gapoue, oubliée nouvellement paf M« Pratttli ^ . le met sur le compte de Magèmilfé ^ aidé vrai-* semblablement par ks Grecs, qui étaient alors en grand nombre à Naples. Cet incendie, arrivé Vên 856 , suivant Léon d'Ostîei' fat SI terrible , qn^il ronsuma toutes les maisons de la ville ' l'exception de celle de l'évêqùe. -

Pour réparer te désastre , Landon et ses frères pensèrent à eonstruire une nouvelle ville. Mais ils ne s'accordaient point sur le lieu où ils devaient la placer. Landon était d'avis de la bâtir sur Pemplacement même de Sicopoli^ disant qué| siloée sur les collines escarpées de Palombera^ elle servirait . d'asile dans les tems difficiles où l'on se trouvait. A quoi ses frères répondaient que cette habitation convenait plutôt â des chèvres. Landenulfe , enfin , et l'évéque Landulfe , son frère , l'emportèrent par voie de fait , et étant descendus dans la plaine^ ils commencèrent à élever les murailles de la nouvelle ville, le long du Vjiltiirne, près dntpont vulgairement appelé de Casilin» C'était^ dit la chronique des comtes de Capoue, un terrain Il marécageux, qu'on lui donna te nom de Pantana t Ipse Coh-^ linum tium frainbus suis jnoltri fecit in Pàntana. Les voisina se moquèrent de la nouvelle ville et rappelèrent, par dérision, la nouvelle Rome; mais Landon observant que le Volt Urne 'embrassât une frrande partie de son enceinte ^ et rendait, par là* XViiU lii

lû% CHBOKOtOOIE HtSTOBIQUB

ton site d'autant plus respectable, il mit toute la diligence et Tactivité possibles pour conduire ^ouvrage à sa -perfection; en sorte que la nouvelle Capoue fut habitée dès Tannée même 856 y ' où elle commença d*étre édifiée

Adémar, prince de Saler ne, ne vit pas, sans jalousie, s^éléver la nouvelle Capoue. £tant venu trouver Gui, duc de Spolette, il vint à bout de rengager à tenter la ruine de celte place , afin d^pbli^er Landon et ses frères à se reconnaître vassaux de la principauté de Salerne. Le duc , en conséquence , vint avec se^ troupes se présenter devant Capoue, pour en. Ifaire le siège, {^apdon était déjà disposé à faire un accoraonodement; mais Landenulfe et Tévéque Landulfe protestèrent hautement que; jamais ils ne s'avoueraient hommes liges du prince de Saleme. Sur cette déclaration , le siégie de la place fut commencé avec une telle fureur, que, non content de hattre les m^cs, on brûb tous les blés de la campagne ; ce qui réduisit les assiégés k promettre au prince de Salerne le serment de. fidélité quHl exigeait. Le seul Landenulfe refusa d'entrer dans> aucune composition ; ce qui lui fit perdre le gastaldat de Sora , dont il était pourvu : on lui enleva, de plus, les villes d'Arpino, de Yicaloo et d'Atino , qui furent adjugées au duc de SpoUtte , suivant le traité fait entre lui et le prince de Salerne. Ces pertes <uiusèrent à Landenulfe un chagrin si vif, qu'une mort préraa-. turée Tenleva Tan 859. Landon , après cela , s'étant transporté à Naples, pour rendre visite au duc ^ergius,y rencontre Gaifre, iqui depuis long-tems était banni de Salerne. Celui-ci s'étant adreisé à Sergius, le pria d'interposer s|on crédit pour lui faire obtenir une des filles de Landon. Mais Sergius ayant négligé cette afûiire, il eut le courage de s'adresser à Landon 4uimême. Sa demande fut si favorablement accueillie , que Landon lui ofirit celle de ses filles qu'il voudrait choisir. 11 donna la préférence à Landelaja, sans égard pour certains défauts corporels qu'elle 'cachait par une grande prudence. . Aux noces qui suivirent cette alliance, assista un certain Montula, qui. jouis«» sait de la familiarité du prince de Salerne. Landon l'ayant prié d'employer son crédit pour obtenir à son gendre le. retour aans * sa patrie, Montula s^eii excusa d^abord sur la difficulté qu'il y < aurait d'obtenir une pareille grâce; mais enfin vaincu par les instances réitérées du comte , il consentit à ce qu'on lui de- • mandait , et réussit à fàiire lever le ban de Gaifre,. qui revint avec sa femme à Naples, chargé des^présents de son beau-père» {^Ajfon* Saiem. f c. 89.) •

Cependant Fandon, frère de Lançon, ne discontinuait pas de faire la guerre au prince Adémar , pour se venger de rou* ^ trage qu'il avait fait au fils de Marin , comte d'AmalfiiSotJi

DEiS COMTES ET DES PRIKCBS 0B CAVOVt^ 12$

parent, en le faisant emprisonner et le livrant ensuite à Sergius^ duc de Naples, qui tenait lui-même en prison le père de Marin. Depuis la mort de Landènulfe^ le comte Landbn était attaqua d*one paralysie, qui le retint sur le grabat Pespace d'un an^i Le duc Sergius profita de cette infirmité , au mépris de l'alliance quHl avait contractée avec Landon , pour lui déclarer la guerre avec le secours du prince Adémar. Landon leur opposa le jeune Landon , son fils , avec lin corps de troupes. Ce dernier, plein de valeur, apprenant que Grégoire et Êésar, fils de Sergius^ et Landolfe de Suessola , son gendre, venaient avec une armée de Napolitains et d'Amalfitains, montant à sept mille homtoes^ pour taire le siège de Capoue , marche à leur rencontre avec tant de précipitation , que les ayant atteints après qu'ib eurent

Sassé le Clanio , H se jeta au milieu d'eux comme un lion ^ issipà une aile de leur armée, fit prisonnier César, fils du duc , avec huit cents hommes qui raccompagnaient , et mit le reste en fiiite. Cette Victoire, dans la chronique des comtes, de Capoue , porte la date du 7 mai de Tan 860. La maladie de Laindon le Vieux empirait toujours. Se voyant près de sa fin , il appela ses frères Pandon et Pévéque Landulfe , et leur recommanda le jeune Landon', son fils, sans^s'apercevoir , dit Muratori, qu'il recommandait un mouton à aes loups. 11 mourut ensuite dans le mois de février de l'an 86 1. DAloaba, sa femme , il laissait quatre fils , dont Paîné , qu'on vient . de nommer, fut son successeur; Landulfe, surnommé, Suessola , qui fut gendre du duc Sergius; Landulfe et Pandon ; avec deux filles , I^ndelaja , dont on a déjà parlé , et une autre dont !& nom est ignoré.

Liki9D0N I4E Jeune , surnommé Cthrutu , c^estsâ-dire lb CaÈPU , successeur de Landon le Vieux , son père , était disposé à vi\Te en paix avec ses voisins. Mais Pandon , son oncle ^ dévoré d'amoition , continua d'exercer de$ hostilités contre le prince Adémar. A sa persuasion et à celle dé Landulfe , soa frère,- Gaifre s'étant saisi d' Adémar, le fit mettre en prison. Pandon, non content de cette perfidie , le fit aveugler, Fan ^66 ^ suivant Muratori, {^Aimal d'Stal.^ tora'. V, pag. 70)*, et mettre ^ sa place Gaifre. (^Voy, les princes de Salerne.\ Mais' à peine ce nouveau prince était^il sur be tr^e, que les deux nrère» violèrent le serment de fidélité qu'ils lui avaient ftit, et touriièrent leurs armes contre lui : ils ii'e furent pa$ moins perfides envers leurs propres neveux. Voulant s'emparer du gastaldat de Capoue^ ils chassèrent de. cette ville le comte Landon^ Celui-ci se jeta à son tour- sur la ville de. Caj>|zzo et niît en prison Aj^oaltle,^. à qui ses^. oncles; es aident confié la, garde ;^

lai CHftONOLOGl£ HISTOEIQVE ,

▼ers le m^m^ tems, Landulfe iê Jeune ^ son fr^re, envahit la ville de Caaeite; mais Pandon étant survenu peu de tems aprt'S, reprît la place où il fit prisonnier Landulfe , avec quarante des plus nobles citadins I>es enfants du comte Landon se voyant alors sans ressource^ se retirèrent à Suessola, où ils furent Lien accueillis par Tév^que J^ndulfe. Pandon étant venu le^ y atia-« .

Îuer, ils se défendirent avec le secours que Gaîfre leur fournit, andon reçut, peu de teins après, le juste salaire àe ses usur« pations dans un combat où il fut percé d*un coup de lance, Don fils Pandonulfe y reçut aussi une blessure considérable , et toute sa troupe, mise en déroute, y fut faite ou prisonnière ou obligée de prendre la fuite, (hrkempert, n. 28 et 3o.) •Pandon laissa en mourant trois fils ; Landulfe , Pandonulfe, et Landonulfe.

LAX9l)ULf£, le dernier des fils de Landulfe, premier comte de Capoue, s^étant emparé par violence de l'évéché de Capoue, après la mort de Tévéque saint Paulin , arrivée le 10 octobre 840, se comporta dans ce siège, d'une manière conforme à son eiitréeV Après la inort de PanJpn , il vint à bout , jpar son iatrîgue, de lui faire donner pour successeur son fils randonulfe, ie même qui avait été blesse à la bataille où périt son père; mais parce que celui ci était ami de Maion , parent de Daufer, dont il redoutait rhabileté, il voulut insinuera t'andoQuUe de séparer ses intérêts de ceux de Daufer , et de l'engager à transporter ailleurs son don^cile. Pandonulfe, au lieu de suivre ce conseil , s'unit k Daufer et k ses deux frères , ' Landulfe et Landonulfe, avec lesquels il se retira dans le château de Potenza, Pandonulfe , après cela , se rendit maître de Suessola', Landulfe de Caserte,^ et Landon ulfe , du château de Caj.azzo^ Les frères s'étant ainsi partagé la meilleure partie du Capouan , commencèrent k dévaster le pays , tandis que Landulfe restait maître du comté de Capoue. Landulfe , aior^ , ayant rappelé ses neveux , fib de Pandon , son frère , qu'il av^ic depuis long«*teiDS bannis, après les avoir privés du droit de succéder au çofoté, se joignit à eux pour fiiire le pillage dans le voisinage des villes que leurs cousins s'étaient appropriées. Feignai^t ensuite d^étre ému de compassion pour le déplorable état de a^ vassaux, il , invita les fils de Panoon k venir s'établir k Capoue , avec leurs cousins , lear fils de Landon ; mais Pandonulfe démêlant les mauvaises intentions de son oncle , loin de se rendre à cette invitation , ent recours k lempereur Louis II , pour lui faire connaître le tort que lui avait fait s<>n oncle 9 eu le privant du comté de Capoue ^ et le mal qu'il causait à tout ce pays , ^n souffrant que les Sarrasins U rav^assent impunément. Louis

DES COMTES £T UtS PRINCES BE CAFOUE. 1»5

frétant rendu , au mois de juin 866 , au Mont-Cassin , y reçut les députés des différentes contrées , qui lui apportaient leurs

Jlaintes sur les malheurs que les Infidèles leur faisaient éprouver. >ouis s^étant mis aussitôt en marche , pour la troisième fois , va ûire le siège de Capoue, quHl oblige, au bout de trois mois, en septembre 866 , à se rendre* Réginon dit que les mur^ de cette place étant bâtis de gt'osses pierres carrées, cet avantage avait enhardi ses défenseurs à faire tête à l'empereur , qui Payant emportée, fit détruire ces murs, et nomma pour gou« verneur du pays , le comte Lambert. I^ndulfe par ià perdit , en septembre 866 , la seigneurie de Capoue. Louis étant parti de là au mois de novembre suivant, pour compléter son expédition, entra au mois de décembre, dans Bénévent, pour aller attaquer les Sarrasins de Bari. Il en fut mal reçu d'abord ; mais après avoir été repoussé vigoureusement , il réussit à les battre, et à les forcer de se renfermer dans leurs forteresses d^ Bari et de Tarénte , tandis qu'il mit aun flammes la ville et la cam« pagne de Matei^ dont ils s'étaient rendus maîtres. Etant retourné, dans le mois d'août 867 ^ à Bénévent , il fit partir de là

emportée au mois de février 87 1 . Le soudan Seodam , qui avai( exercé tant de cruautés envers les Chrétiens , y fut fait prisonnier , et toute sa troupe passée au fil de l'épée,

il restait à prendre Tarente, pour chasser entl^rementd'Italie ces barbares. La bonne intelligence qui régnait entte tous les princes du pays^ semblait assurer le succès de cette entreprise pour laquelle Louis faisait ses 'préparatifs ; mais la conquite insolente des Français logés à Bénévent envers leurs hôtes , fit évanouir les belles espérances dont on se flattait, les Bénéventains irrités de leurs mauvais traitements, se soulevèrent; el leur prince Adelgîse, regardant l'empereur comme la piemière cause de ces désordres, par sa faiblesse, se saisit de sa personne pendant qu'il &isait la méridienne et le retint prisonmer, après quoi il força les Français de vider le pays. Mais sur la nouvelle qui se répaiidit que les Sarrasins avaient débarqué près de Salerne, Adelgîse remit l'empereur en liberté, après.avoir fait jurer l'impératrice Angelberge, sa femme, et sa fille Ermengarde, que Toutrage qu^on lui avait ûit resterait impuni* ( Erkemp. HisL , c. 34. )

L'empereur partit de Capone pour repasser les monts, VafiJdj^t

12^ CBBONOLOGIE HISTORIQVE

serment de fidélité , le fit arrêter , et ne le rel&cba quelques jours après, qu'en Tobligeant de lui remettre en otage les fils de Landon , ses parents , que l'impératrice fit conduire prisoopiers à Ravenne; aprèsquoi elle partit pour aller rejoindre son époux. Ce prince étant mort dans la même année , les enfoots de Landon furent remis en liberté.

• Landulfe termina ses jours au mois de mars 879 , plus méchant évêquc que mauvais comte. On a cependant plusieurs lettres qui lui furent adressées par le pape Jean VIII , dans lesquelles il fait Téloge de sa prudence et de son habileté dans les affaires. Mais il y a loin de là aux vertus chrétiennes et même à l'exacte probité.

Apr^s la mort de Landulfe, ses neveux partagèrent entre eux le comté qu'il laissait vacant. Pa«donvlf£, nls de Pandou, eut pour sa part Teano et Caserte. A Landon le Jeune, fils de Landon le Vieux , déjà comte de Capoue, échurent les villes de Suessa et de Berelai. Un autre Landon, fils de Landenulfe, obtint la ville de Cajazzo et Carinola. Mais le gouvernement de Capoue fut confié à Pandonulfe , qui en fut proclamé comte et ^astalde. 11 fut, de plus, convenu entre ces copartageants, que chacun d'eux pourrait établir sa demeure à Capoue. La même année, Landulfe, fils de Landon le Jeune ^ fut élu évéque de cette ville. Mais la négligence de son père , très- paresseux de aa nature, fit différer sa consécration. Ce partage fait le 11 mars entre ces parents, ne dura cependant que jusqu'au 8 mai suivant. Le comte Pandonulfe , voyant d'un œil jaloux qu'Atenulfe, son cousin , fils de Landulfe l'Ancien , gastalde de Teano, élevait une forteresse dans Calvi , se joienit à ses frères pour détruire cet ouvrage. Mais les assauts qu'ils lui donnèrent ayant été, vains, Pandonulfe tourna ses armes contre les fils de landon, auxquels il enleva Suessa. Il employa depuis tant de stratagèmes, qu'il vint à bout de mettre en prison Alenulfe et Landenulfe, deux des trois fils de Landenulfe le Vieua^ et de leur enlever •la ville de Cajazzo. Il se mit ensuite à persécuter l'évéque Landulfe , fils de Landon le Jeune , et l'obligea de transporter sod siège dans la vieille Capoue. Mais Pandonulfe, profitant de son éloignement , fit mettre à sa place Landonulfe, son frère, quoiqu'il fût déjà marié.

Les fils de Landon ulfe et de Landon , pour se mettre à Tabri des vexations de Pandonulfe, eurent recours à Gaifre, prince de Salerne, qui les accueillit favorablement et les prit sous sa protection. Gaifre ne tarda pas à se mettre en campagne pour venir à leur secours. Le pape Jean VIII, qui se repentait d'avoir. négligé d'interposer, son autorité pour rétablir lavpsix entre les dissidents 1 se rendit aussi sur les lieux, et, s'étaot

DES COMTES ET DES PBINCES nt^CkVOVE* 1^7

logé dân^ un lieu nommé Antignàno , îl fut témom des cliver» combats que se livrèrent les frères et les cousins. Il vit, d^ua côté^ Athanase, éréque deNaples, avec ses gens, combattre pour Pandonulfe , et de Pantre , les princes de Salerne et de Bénévent , qui , aspirant â la possession de Capoue , lui donnaient souvent de sanglants spectacles ; à quoi ne pouvant re-^ médier , il s'en retourna le coeur plein d'amertume .j sans rap-« porter aucun fruit de son voyage. Gaifre était cependant occupé Haire le. siège de Capoue.. Mais il le leva, Tannée suivante » après avoir tenté inutilement de réconcilier Pandonulfe avec ses frères et ses cousins. Les Sarrasins, à la faveur d& ces dis-* cordes , recommencèrent à faire dans le Bénéventain des biswses funestes qu'ils étendirent, jusqu'à la campagne de Rome. Le pape Jean Yiil, pénétré des nouvelles qu'il recevait des ravages que ces barbares exerçaient, voulut, pour la seconde fois, TanSàiy se reiqettre en route, pour tâcher de ramener à des sentiment» de concorde les prioces désunis^ Etant arrivé à Gapoue , il par* tagea eui deux diocèses l'église de Capoue , et ^ ayant Conféré la consécration épiscopale à Landulfe , qui avait été le premier élu, il. lui assigna l'église de la vieille Capoue et adjugea ceUa . de la nouvelle Capoue à Landonulfe. Mais ce partage déplut au. perfide comte; et, s'étant concerté avec les Sarrasins et les'gens del'évéqne Athanase, il fit mettre le feu à l'église de Saint-Pierre , .où l'évéque Laodulfe avait été sacré.

.Les mariages: des princes réunissent 'souvent les intérêts des princes divisés et mettent fin à leurs longues inimitiés. Le prkice Gaiderise , l'un des plus grands adversaires de Pando-» nulfe, donna, vers, ce tems, sa fille au fils de ce dernier, et^, en conséquence.,, se retira de l'alliance de Landon. Mais celui^ ci , sans perdre courace , trouva le moyen de faire emprisonner Gaiderise par ses soldats, et de faire proclamer à. sa .place Ra^ delgise , fils i'Adelgise , que les Bénéyentains chassèrent après trois ans de règne , pour. mettre à sa place, IW 894 * ^Aion^ ion fils.. Gaiderise , après sa déposition , fut. consigné' entre les mains des Français- Mais , ^'étant échappé , il s'enfuit à Bari chez les Grecs , qui l'envoyèrent à Constant inople, où Vem-r pereur Basile le reçut généreusement et lui doofina ,• outcé plu-^ sieurs présents considérables, la vill-e d'Oria , dans la Fouille.

Panaonulfe faisait .cependant sa cour au pape Jean VIII ,* dont il se reconnut l'homme -lige. L'ayant gagné parla, il ob^ tint de lui la ville de Gaëte, qui était alors soumise ^u s^int siéee. Mais lorsqu'il en eut pris possession^ il comij^ença à maltraiter les Gaétans, au point de les. ejïi pêcher de sortir de la ville. Ëlléavait pour capitaine un certain Doçibile, qui, né pouvant supporter unie telle insolence , fit veqir les Sarrasins

ui demeuraSenI dans Agropoli, et se mit avec ttn I &îre lé égât dans le pays. Le pape , commençant alors à se repentir' de son excessive indulgence pour le comte, lui écrivit, ainsi qu'aux Gaétans , des lettres pressantes pour les détacher de Talliance des Infidèles. Docibiie se rendit aux instances du pontife , et , s'étant tourné contre les Sarrasins , leur déclara laf guerre. Il y eut alors un sanglant combat où plusieurs gaétani perdirent la vie et un plus grand nombre la liberté. Mais la perte fut encore plus grande du côté dès Sarrasins. Ceux-ci ayant à la fin demande la paix , elle leur fut accordée avec pef* mission de sVtaUir le long du Garillan , où ils demeurèrent l'espace de quarante ans, pendant lesquels ils ne cessèrent dt faire du mal aux Chrétiens. {Léo Ôst. • liv. i , c. 43-)

L'évéque Athanase, dans le même tems, las des procédét violents de PandonuUe à son égard , se détacha de lai pour entrer dans la ligue de Landon et des fils de LandonuMe. Mais le bon évéque, dit Rainaldo-, qui s'ennuyait du mal que fai* saient les autres , et ne cherchait néanmoins qu'il les surpasser en méchanceté , fttit à son service les Sarrasins qui habitaient au pied du Mont-^-Vésuve. Cette perfidie lui réussit mal. lien fut puni par ces-mémes Infidèles, qui déchargèrent principale ment leur fureur sur le territoire ae Naples. Pour se délivrer de cette engeance funeste , il eut recours à Gaimar P, prince de Salerne, aux Capouans et k toutes les communautés des villa et places voisines , à l'aide desquels il les obligea , l'an Mi i d'aller se confiner dans Agropoli. Mais h peine eut- il dissipé cet orage , que , s'étant associé les fils de f.andon et de Lan«* donulfe , il vint faire irruption sur le territoire de Cepoue dont il entreprit le siège. Pour tirer Pandonulfe de presse , l^adelgise, prince de Bénévent, son parent, et son fils Aion, accoururent avec leurs troupes et pénétrèrent dans la place à travers l'armée ennemie. Ayant par \k relevé le courage des Ca*' pouans 9 ils firent avec eux une sortie qui- n'eut aucun snccès« Les fils de Landon et de Landonulfe, par le conseil de Tévéque ilthanasè , feignirent alors de vouloir Taire la paix avec Pando" nulfe. Le comte ayant donné dans le panneau , ils entrèrent dans la ville avec leur suite. Mais aussitôt s*étant rendus maîtres de sa personne , ils le firent prisonnier, et le déclarèrfînt^ fiu ipois de novembre 88a , déchu de son comté.

LaVDON , dit LE PARESSE17X ET LB StuUDE , fut mis 11 U

la place du comte Pandonulfe, après son emprisonnement* L'évéque Atlianase fut assez méchant pour lui conseiller d€ se défaire de ses frères et de ses cousins , afin de régner avec plu9 d« sûreté daù^ Capoue. Mais Laodon rejeta c^t avis avec

J>ES tOUffa Çî »JfS ^gfiÇîgÇ? ;^ CAPOtJE- .f^

mains du sang de ses proches. Athân^e^ sft vpya^t.^jinfi rf^i^ié^ ne perdit pas courage. Ayant obtenu des Grecs une troupe àe f/ois fitiofs m\éê\^ »- A *i»*dii |e J#m?, de^ yçf»4pn8(9f .. fît , lors-

fa^ii^ qu'ils ^(a^eai i9iig¥(f^ À èl^m i^m féç9lt^ » ^ pa 4^ W^ iraad D9iPo})re pri«M^i^iP^

FiBBdoqûlfe «yaii^ trouvé HMHjreil , Fa» M^f 4<k «'^cbamitr de la prtsoh^ , Ai» ^ néfe^ier à Nipl^â auprès de Vévéqam Albarase^ tt mit dans ses kitérétf les Crnecs âa pa3ri , a?ei! ieaq«6is ïl |e mît à piller Ifiis environs clé4^apMe. nvjtv lea «epouaier^' ^f?^*' ivM^ f évéqne de cafte ^lle , 'eiie ciomte LandSia ^ i^adbriossè^ reut à <i>ai, duie (te Spolette^^ut )4Mjr amaîia «un cov^ps^ de troupes avét ieqiifli il entrar dana €apoue, qti^U podnrutde viyres. Mais tiiii ayant 4tê appelé ^ur «ineafiatre à Slôi|ie^ kyiile de Capouemta entre les mains de Tëvéque Lan4ulfei parée qne Landon ^taii en marc^ «ontve leaGreos ei las Mâ^ |elitains , ^ui «'étaient fentifiés sur lé mt^ni- Saiat^-f^'asîiiet nndonnlfe, 4e «en côté» Vêtait posté, avec otwc ^le aon paiai ^ 4 Sicopoli , Soé il lalsâit des courses sur le teripiteire de >C9l* ffw. Ateiiutfe , fils du ci-devant eomte Landulfis , sparte- sel vues aioTS «ur le coitité de'CapeUf. S'Àant rend»* dans ce deaf sein à Spolet^e avec une t>ohne bourse , il y e^iréU en- notahrif^ de français. Mab ses troupe 9e voyant pas ^on enrrc^rttfe'àu^ fabâe q^'it l^ayak fait espérer 1 Fajbandonnèrent et tetournè^ent à Spet^etie. €e réveil ne 4éeoncerta peint f ambitieux Aiénuil^i Ayant député son parent Sadi à l'Wqfue Athannse ,' il en r«çai la promesse d'èmplc^ék' tput son peuvoir pour eeqonder-^es vues. Maie i^les lurent décou<i%r^s nar Landon qui, 4ent éi sa sature^ négligea iû nouvelle de «1 riîvolaiiôn'âont il était menacé. Tanms qu'elle se préparait, ii se vit attaqué ^mm violente fièvre, è laqudlle specéda un état de langueur qui Icà fit prendre lelparti de se ret4rer jà Tèano. Ce fut le teitne d0 son gouvernement , qui avait, duré dej^s le i-^'^. viovembrfr Ma, jusqu'au i*'. septembre 88&y suivant la chronique dea comtes deCapoue. '*

LAifDENi^i^E es% dppnp powr ^uccenj^ç^r à JUîi^o» j 90tk (rère , par le l>eUe|;rin!* M.a#s At^wlfe # yoy4ftt U gwy^ne-. çxent de Capote entre leç mams 4(S i:d«i-p>» ^ bita é'^Wfit, trouver ^ Naples Tévéque A|.hanase, ppiir s'^ibpM/cbf^r ^v^cJui sur le pj^^i au'ii avait à prendre. U ne peraM oas q^'il en rapporta une réponse bien satisfi|isanl#. Cep^end^nt il garda le S9PM4 de^ Capoiy^ l^sg^ce 4e m^ ff P.i* 9 i^puU le .rooia de. XYIII^ 17 * /

rSo CHEOKOLOGfEHtSTOBlQUE ^

teptembre .885 jusque 6 janvier 887. (Pellegrint, Tabula €SppansB Corn. Cap. n. 6.)

Atekui^fb f à la fin f réussit & 9e iatre reconnaître cômfe de Capoue. L'un de ses premiers soins fut d^envoyer des députa mu pape Etienne Y, pour lui faire hommage à titre de vassal; offrant de lui rendre la ville de Gaëte dont ils'^était rendtt maïtrt di^ùis c[uel^ue tems. Athaoase, évéque de Naples, tQujours dévoré d^oiibition, ne. put voir sans jjtlousie XtenulJfei

3u*il avait favorisé, jutqu^alors , paisible poss(esseur du comté e Capouè. Ayant rassemblé une multitude de grecs, de na- Îiolitains- etxle sarrasins, il vint à leur tête, Tan 888 ,. pour aire irruption dans leCapooan. Atenulfe , avec un renfprjt quHl reçut d'Aïoni, duc de Bénévent, et une troupe de saix^insqui se joignit à ie$ troupes , ne craignit pas d'aller à U rçnqoqtre de Tenaeini» Les . deux années , s'étant rencontrée» vrh da Clanioi le livrèrent une bataifUe dont les Sarrasins, des deui partis II restèrent spectateurs sans, faire aucun mouvement. La victoire se dédara pour Ateoulfe , et fût teUe , qu^ Athanase se vit contrainl de demander la paie. Elle kit fut accordée pour un an, moyennant dix mille sous d'or qu*il paya et que^ues {ilaces qi\Ul rendit* M^lis à. peine douze jours furent écoulés qo-elle fui rompue. Les gens d'Athanase et ceux d'Atenulh reciMnmeQcèrent ii piller les campagnes à r«nvi« Mais les Ca« poitfûad i devenus les plus forts k 1 aide des Sarrasins avec les^* i|Qels ils sViaient alliés , rendirent avec usure à^ leuics ennemU le mal qu'ils en avaient reçu«

. Aïon.f prince de Bénévent -^ se voyant assiégé dans Bari, par les Grecs t sous les ordres du patrice Constantin. , Sollicite A te? pulfe^.par des lettres pressantes, de venir à son secojKs. Atesulfe, au lieu de se rendre à ses prières, fit, par ses ambassadeurs , avec le patrice , un traité par lequel il était convenu qu-il accorderait la paix au prince de Béj:\évent>; à condiiioB que celui-ci. reodrdit Bari. Aïon se soumit ayec un grand regret è cette clause, et s'en retourna, Tan 888,. le ooeur plein da dépit, à Bénévent. (Muratori, Annali^ tom. Yl, pag. 18S.) Atenulfe avait dès-lors des vues sur la principauté de Bénévent. Elles s^effectuèrent , Tan 900, par une suite du gouvernement ftible du prince Radelgise et de^ violences qu'exerçait, sous •on nom , Vinalde , soii ministre. Plusieurs familles nobler u'il avait bannies , s'étanf retirées à Capoue , y furent reçuet u Comte avec une générosité qui les enchanta. Les Bénévent tains V instruits par la renommée de ce bon accueil , s'emjpressè-' rent de se rendre è Capoue.' Dans les cpnversatiods que \% principaux d^entre eux eurent avec ^ui ^ ib \^k ioÂnuèrent quHW/

DES COMTES. ET VJ!fi PUT^CES BS.CAPOIÏE. ^ iti

avaient un grand . désir de le voir lélevé à la princjpaujté do Béojéveot. Atenulfe , d^abor J , Tegarda ce discours comme un vain compliment. Cependant il cherchait à procurer un ma» riage honorable à son fils Landulfe , ttt , dans ce dessein , il osa qemander pour lui à Gaiiiîar , prince de Saleme , éa fiUe, promettant de lui rendre les' devoirs d'un vassal , comme avaient' fait sies prédécesseurs. Maïs sa demande fut rejetée par le conseil de ses frères Landulfe et Landon, qui , chassés par lui^ s'étàiçnt réfugiés à Salerne. Iota, femme de Gaîmar, fut c,elte qui sVpjposa le plus à cette alliance, disant qu^l ne convenait pas ^e mêler un sang royal avec celui d^un vassal. Atenulfe , ainsi rebuté, fit époùsëi' à son fils Genuâaa^ nièce dé févéque Atba-* Base.

. LesBériéventains, se dégoûtant de plus en pliis de RadéW gise, leur seigneur, redoublaient, par lettres, leurs instance».» auDrès de leurs concitoyens exiléis à Canoue, pour l'es engager , à aéterminer lé comte à se rendre à leurs vœux. Atenulfe^ cependant , hésitait dans la crainte que'l^ntreprîse ne réussît pas; mais enfin, isur lés assurances qu'ils lui donnèrent, il.se mit en marché avec les exilés', suivi d%jn assez petit nombre de capouans. Etant arrivés de nuit à Bénévént , ils enfoncèrent les portes de la ville , où dès qults furent entrés , leurs corres^ pondants s*étant joints à eux ^ ils allèrent droit au palais dét ^adelgise , quMls firent jprisonnier sans éprouver presque au-«

(Anonym, Saietn. ^ c. iSy, 'i58, et CHron. Caoehsê»^

Atenulfe, après avoir mis ordre aux affaires de Bénéyent,. en confia le gouvernement à Pierre , évoque de la ville , aprè» quoi il reprit la route de Capone : mais , peu de teins aprèst soa retour , il fut informé que Te prélart , son lieutenant , s entendait avec quelques factieux pour se rendre mahre de la. principauté. A cette nouvelle , il' revient k Bénévent, d'oà il* chasse Tévêque, qui ^ s'étant retiré à Saterne, y est favorablement reçu du prince Gaiknar. Les- complices du prélat furent; en même tems arrêtés et punis de leur félbnie par la prison^ Atenulfe ne divisa point ses états,, et'y établit partout la même police.

celte villq,* et que le vulgaii'e lô leur ait accordé ; maïs pêventains persévérèrent loiig-temis à donner le titce tle

prins les Béprincct..

jélétirbatné I Âtejfiiilfe èl i sbri suècésséiir. t^peûâiûî tè^

ncku

rbpb , . , - ,

I s*iélévér ati-âéssus des aiiirës v!liâî . et ce fiil siots que le

'afflùekitè des

, , . - .,. j r -i avoir afténàî

totdré et ja paik 3ahs sesékafs, TofiBia tëdè^seiii d^éki cbasse^ les Sarrasins ainsi que dés prdTihcès voisines. Ayant c'omniiH nî^u'é ses yïies S Grégoire , duc dé Naplés ^ il â'éut pas dé pêihé à l*y l'aire entrer. Lés Amalfitâiîis s'etâni aussi )6itits & lui. il -fit construire su^ le détroit un pont de bateaux, sur lequri il ailla provoquer ies înËdëles et teis Gaétans ^ f éurs alliés , retranchés à Getréy lieu Iforlifié 6ar la nature et pà\r Tàn. Mables s^ntikietlés de soiicaitip s^efànl lâisiséés surprendre, il fut <5bligé dé repasser le pûiit en diligence; néanihoi'di âiyani ensuite rallié ses tirbupes, il mit ^ son lodr réniiénti en fiiile. ( /4puJ Praiil. tïist, Lah^obàr,^ lom, IV. jprfc. 407. ) Aiehuife termina sa carrière aii mois aàvm qio, (fans lé

. . gl(

StiRELGAlT^ , sa femme , ii laiîsà àeùx ÎÀs . qui S'Uiveat , entré lesquels il établît une si grande àiiiîlié qu^ils vécureat Ibuiours dans une parfaite iiiiioB.

ânglià ^

. IniBdèlies du Bénéventaln , surtout du Gârillan. t^icingU, nOiQm^e'prù(

Soamiission -, commença par travaillée .— — .— - es Sarrasins, Grégaire , due de Naples, et Jèàci, dlK:deGaëte, çn leur présentant. , de la part de son riiaitre , lés Honneurs du patrictat ; en iquoi il réussit. Ensuite s^étant joint aux princes de Bénéveat , et à Gaimar tl , prince dé, Saierné , U alla se jiosier avec we amiée nombreuse en deçà du Garîllan , en pr^ «eiicc des SarrasinS^ Le pape Jean X né Vonju^ pas jiWir oisif ilaid^

^ DES COMTÉS tir i^Es ran^CËS èÎÊ (Papoue. iii

«eîtè-^cVre. Ayairit eng.^gë lé màeqùîs ^e 'ï'ôscariéeï les ^polettâîni à venir le féhtottet , il forma une seconcte armée avec ISiquèlië îl vînt èdifi|)ëi* ite l'aulre côté dû fleuve ; en sorte que les Barbare^ se VireAt' assaillie dé toute part^pendant Tèspàce Se trois itiofSy et réduits â la ûltis grande détresse. Enfin, pressés par la faii& éi siir le pdîht <rétré accablés pai^ les Chrétiens , its mirent I^ feu à leurs logéiàents par lë conseil des ducs Grégoire et Jeiti , et par une irruption subite , ils se sauvèrent par les monfagnês et lés Ibréts comme ils purent ; mais poursui\'is par lés Chrétiens, ils furent tous passés au fil de lépée. Ceci arriva aans lé mois d^août 916, suivant Léon d'Ostîe (ïiv. I , c. 5i)| et nbii Paiinëé suivante , comme le marqué Loup Protoépàta suivi par le P. Pagil £ri inémoire de ce glorieux événement ^ Landulfe fit élever , sur les bords du Ganllan j une tour avec tétVe iascriptioft s

Nàne çttondam ierram rasiapji gens Agarena , Scandèns hune fluçium : jfieri ne postea ■pàssUy Princéps %anà tàrrim Pahialfus éèriâikit fÊërds , irt m i^ûtvi^ ékètiJ éi Memûraèife Wo^èilt.

( GaUtthi à'siàr, Ca^m,f tbifi. ï jp^fj-i

- Afennlfe II n^imitait pas la èondiiitésageet prddentè de Lan^^ dirUe, s&à frère, à l'éfiàrd de ses vassaux» Ses mamères hàutaipêa et ses procédés vîelenb À leur égard les ayant souleyés^ vers l^ari ^33, ifts Tobligèrem d^abandonhér lë pays. 8¥fant refis j^té auprès de Gaitnair il, ptrince de Salehie ^ son gendre 4 il obliirt dé lut la seigneurie de Cotisa. Méis ses nouveaux sujets , qu'il maltraitait ccnome les pretnifrs^ le cha^èrent k Texempte de ceui-^i ^ après qïjoi il alla s'établir à Na{>les<

Landulfe ne se prévalut point de la disgrÀce <|ue sdn frère s'était attirée peur rexchire efltièremeqt de la principauté de Bénévent. S'il ne put lui en .conserver l'exercice , il voulut du xhoihs que le hdm d^Ateiiûlfé fût toujours dans ses diplânies avec le Sjien.

. L'Italie jouissait d'un calme profond , lorsqu'elle se vit toiiti-coajp inondée d'une multitude de Barbares dont elle n'avait jamais ouï parler. C'étaient les Hongrois , qui , s'étint d'a^ Wd jetés sur lé Capouan , y mirent tout à feu et à sarig ; de Ih ils passèrent dans le Ééhëventain où ils commirent de grands ravM;es^ ainsi que dans le pays voisin. Cette irruption est datée

ipporte

Les Italiens , revenuis de leur étonnement , leur dressèrent de» embûches en divers endroits ^ et lés ayant surprb | ils foJidireia

&34 . CHRONOLOGIE.^ RISISOaiQVB

sur eux avec tant de valeur qu^îTs tes tailtèrent en pièces ^ et recouvrèrent Tor Targent et les bestiaux qu^ils avaient enlevés ;. ce qui put échapper reprit , comme il put, la route de sonp^ys. Le prince Landutfe avait associé , lan 933 , son fib At£« nuLFE m à sa principauté. Il lui joignit encore , Tan g4o » son autre fils Lai^dulfe , que nous nommerons le secona Ces deux collègues régnèrent avec lui jusqu'au lo avril q^'6 qui fui Tépoque de sa mort. Il avait épousé Gemma. , fille d^A-thanase , évêqiie de Naples , qui survécut à son époux jusqu'en 961. De ce niariage, il eut sept fils , dont les quatre premiers moururent fort jeunes ; deux autres qu'il associa , comme on vient de le dîre^ dans sa principauté; et Landulfe , le dernier ,. qui fut d'abord comte de Sessa et ensuite d'Isernia.

Landulfe II , dit le Roux, et Ateiïulfe III f> surnommé d» CarinolAi continuèrent de gouverner en commun la principauté '"" ' ' " ----- y^^^ père.

Atenulfe IIl, lassé pour raison a'înconduîte. Landulfe II , ran95(), se donna pour collègue son fils Pandolfe itl , surnommé ^Tête de fer, avec lequel il régna jusqu'au 27 mai 961 , époque de sa mort* La chronique des comtes de Capoue donne à Landplfe H , pour femme , Waivzia , et ajoute qu'il eut plusieurs guerres avec lès Sarrasins. Le Pellegrini lui donne six enfants « nés tle son mariage ; Pandolfe, qu'on vient de nommer ; Landulfe III » qui fut son collègue ; Landon , comte de Cajazzo ; Jean , qui aevint le premier archevêque de Capoue; Romuald, dont fait mention Tahonymede Salerne ; et Gemma , religieuse de Sainte- Marie de Capoue»

Pandolfe Tété de fer et Landulfe III, après avoir été associés à Landulfe II , leur père , devinrent ses successeurs dans la principauté de Bénévent et le comté de Capoue* Ce fut alors que l'empire d'Occident passa aux rois de Germanie. Les Italiens , irrités de la tyrannie dîie Bérenger , qui l'avait usurpé, appelèrent à leur secours Otton I , roi de Saxe et d'Allenoiagne, avec promesse de le reconnaître pour leur souverain, s'il voulait descendre chez eux avec une bonne armée. Otton se rendit avec joie à rinvitation, et après avoir fait couronner roi de Germanie , à Aix-la-Chapelle, son fib Otton, âgé pour lors de sept ^ns, il se met en marche avec le plus de troupes qu'il ut rassembler. Adâlbcrt , fils dé Bérenger, se mit en devoir 'aller à sa rencontre avec une armée de sois^ante mille com«

AES COMTES ET DES FKINCES DE CALQUE» l3S

ballants. Maissles barons du pays lui déclarèrent que ne pouvant vivre sous le gouvernement de son père , ils liaient disposés ^ se donner à une puissance étrangère , à moins qu^il ne sedémî^ en sa fitveitr du pouvoir souverain. Bérenger ne paraissait pas opposé à leur juste déçir ; iixais sa femme Payant fait changer de dispositions , les baroas , trompés dans leurs espérances , abandonnèrent unanimement Adalbert, et ouvrirent, par là, au roi de Germanie , la libre entrée de leur pays. Bientôt après , Otton ayant fait prisonnier Bérenger , dans le château de Saint- Léon , se vit maître de toute ritalie. ( Jjéo, Osl, , !• i « c. ult ; Anonym Salern» c. 162, ; Luiiprand, j 1. 6, c. 6. ).Valpert, arn chevêque de Milan, ayant assemblé, Tan 961 , yiî concile, dé^ dara publiquement Bérenger et son fils déchus du royaume d^Italie , et proclama en leur place Otton , quHl conduisit in-7 continent -à régUse de Saint-Ambrpise, où il le sacra et lui imposa la couronne de fer. Otton , de là , s^étant rendu à Pavie , passa ensuite avec la reine Adélaïde, sa femme, à Ronie , où il fut présenté par rarcliëvéque Valpert au pape Jean XII , qui lui ceignit te diadème impérial, lé a février 96^. Otton, après son couronnement , étant retourné à Pavie., y rétablit lef atEaiires.de Tltalie dans un jnellleur ordre; après quoi il dirigea isa route , Tan 968'', vers lé duché de Bénéyent, et lé comté d« Capoue , où il fut reçu avec de grands honneurs par les princes Pandoîfe ! et liandulfe III , son frère. ( Aaonym- Salem» c. i63. ) .

Ni^céphorc Phocas, étant monté vers le tnéme tems sur I^ trône d'Orient , souffrit impatiemment la grande autorité qu^Otton ' s'était acquise en Italie. Dans la crainte qu'il ny étendit encore plus loin son autorité, il eut soin de taire réparer les forteresses de la Calabre et de la Poùillé, >juHl savait être déjà menacées d'une invasion parce priqce. Luitprand, évéque de Crémone , et ami intime d'Otton, voyant quM était près d'entrer en guerre avec Nicéphore, lui conseilla d^essayer^ avant que d'en venir à des hostilités dont le succès était in-certain , un moyen plus doux et moins hasardeux pour obtenir ce qu'il ambitionnait : c'était de proposer à Nicépnore le ma-^ riage de son fils, Ottoa II , et a'Anne^ fille de !Nicéphore, avec la Pouille et la Calabre , pour dot de la princesse* Le prélat étant parti à la tête d'une mag^iifîque ambassade pour aller faire cette demande , éprouva de grandes difficultés de la part de l'empereur grec : une des principales fut de vouloir qu'on fît rentrer sous son obéissance, les princes de Bénévent et de Capoue , qu'il appelait des sujets rebelles. Le mariage y néanmoins , fut accordé» Mais^les ^troupes d'Otton étant entrées dans la Calabre pour recevoir Pépouse promjse à leur

|36 CHEOTOLOGtE RISTQBIQVE

maître y donnèrent dans une embuscade aue les Çreçs leof avaient dressée, et plusieurs allemands faits prisonniers furent conduits à Constantinople. Otton ayant appris la nouvelle dé cette perfidie , en Allemagne , se remit promptemeht en marché pour en tirer vengeance, fl était dans le yoisiinage (\e Câpouel le i8 janvier 067, copime on le voit par ^ne de ses lettres rapportée par Baronius ^ sous cette? daté XV KaL Fehruaiii fa tkmpaniâ fuxût Cûpuam, Dp Capoue il p^arçhe vers la Çalabre^ où les p;*inces de B^énévent né tardèrent pas à yeiiir le joindr^ à la tête de leurs troupes. Pan4iilfe Tét^ de fer le suivit dfai^ la guerre qi^ 'il porta contre les Grecs et les Sâr^açins qu^ib avaient appelés à leur recours. Gisi^lfe , princç 4e âalerne: qubique sofipçonné d'intelligence avec les Grecs , ^ét^rit remis nouvelléfùent sous la vassalité d'Ottpn . vçulut être ai^si de cette expédition.

On cooibattit avec ardeur et sucp^ès contre les Grecs et les Infidèles; mais au milieu de ce^ prospérités^ Paçdulfe re^ut la nouvelle de' la mort de L^ndulfe, arrlyée après huit ans de son rèenc à Bénévent. I^ndulfe laissa pour héptier Panbu^fE| que nous appellerons le second de son nom. Mais ici qous croyons devoir avertir , pour Téclaircissenienjt de rhlstpire ^ que Pandulfe , plusieurs années auparavant , avait partagé ht& étatr avec son frère, auquel il avait UisséW Bénév^n^in pour so]| lot, en lui assi^naqt Bénévent pour^ résidence. Pour 19e pas^ iiéanmoins , être inférieur à son frère, Pandulfe ,soi( de rao- Iprité de Tempcxeur , soit de. la siepne propre , 4ri|;ea^n principauté , ie' comté'd^ Capouê , que le papie Jean Xtil avait dé[^ élevé, fan j^66, à If dignité d^iichevécbé. (Murât., Ann. t.Ylj^ pag. 41. ^

avait Pandulfe

place LA^DiitFE, son propre fils', que nous nommerons le quatrième de' son nom. Landulfe III , outre ce fils, en laissa deux autres» dont l^un^ appelé Roffred, vivait encore en 972, et Tautre nommé Landulfe , dont pous aurons oçcasiçn de parler ci -après.

L'empereur Otton , ét^nl retourné, Tan 968, en Allen^agne, Pandulfe 7V/^<2^yêr lui demanda, l'année suivante, dessccpurs, pour faire la conquête de la Pouille, et poursuivre la guerre

3u'il avait entreprise contre les Gre;çs. Ayant obtenii ce qu'il ésirait , il entra dans la Pouille et alla camper dans le territoire de Bovino. Les Grecs ne furenjt pas lents à venir se pré- 9enter devant lui. On en vint à une bataille ^ où ils furent battus I mis en fuite et poursuivi» jusqu'aux portes de la rille«

DES COMtfeS Et lîfe tillïîCîrS BE tAPOUE. l3) '

On vît aWs sbrtrr uïi fejrefc d*tihe ^tadurfe et d'une force extraordinaires , notntué iLcdnce , "qui s^'éta rit présenté à Pan^ dulft, îûi dëthargea Snr la .té^te utl Coup d'bDrsrmaçon , qnî le renversa par terre; cfc'qtrè Ics <3ît*ecs ayarit' ^^n ,'ils reprirent courage et rèviiirfeht '^r œ cfhamp de'bdtatllé; Îjc prince is'étanï remis en sellé , eut :l)ietit6t iaprèrs , son dhevâTlrté soiis liii. 'Vit de ses soldâfts lui présente "aussit fer le sien ; tnats à peine l'a-t-îl monté, que 'Ses geins ayant pris la fuite, fl Sfe ion ass^fi pai^ lin vigoureux grec, qui fl^ùn ccfup , le démonte de nouveau 1^ èf rayant fafit pri^oitnler, l'amène an p«trîceKugfewe.<(i*Wiiijr'Wii l$tf/i?r»., c. i€4^. tfn gt^fl nombre de îm spitç ïtit laiHé èii J)ièces, plilsîè'urs furetit f^ils prrsontn^rs , ëi ceux qui puren'i réchapper /reprirent en diligence la rinru te dé feur.pays. 'Gisulfc;; j)rince de Saîertie, '^hvoyaftt' cependant un corps Me troupes au secours du prince de ^Bërtévent, ^ous la conduite de l.andom^ son gastalâe ; tai^is 'céfifi -ci ayaift arpprîs ce qui venait d'arriver à J^aïidùfte, Jl-eljrôussa au&^ïtftt cH(»mia, et revînt â Baîêrnè. • ' '

Eugène , ayatit.ehvdyé ^uh 'botjne gardé , scfn prtsofnriier 2 tônstarifihoplé, 'fit;t>a&et ^n'rtîiêtnelems, une artnée dans lé Bénévehiaîh, bftéÙe' surprît 'A>vëllino,'et'fit pHsqnnier le gai^ talde Siconulfe , avec' une grande multitude d^hômmés'et di femmes. Delà, il Courût ,; en traversant et ravageant fes campagnes, jù^û'à CapduCj dbnt il'foi^ma le siège ,. s'iihagînaut qu^il |a rédtfirbit auSsi fecileiîlerit qu' A VelUno ; .lîiaîs après élré resté Tcspace dequaraiite jouris, pu ^eion d'biitrès^^deirx taôxi; devant e'etre place, f| *n'èrah pas plus àvsincé tjtii^ Je fr€ài\4t jour. Dans TèiUbaYras dk iljse trbnvdit , Marin, qui cômrnaudaît en qtiâlhé du duc de Wples, Survint avet les ^Grêcs d'e son âuché, qui s'étant joirffs 'à IfUfs 'cdtupdirîotcs, bhulér^tit £t ^accag^reiit les erivirb'n's'fle ^Capoue. S'apercêv^dt -néartmôtUi que 'la phîce était déféhd^e^par des honjtn^s déteiFfÉrînes ^t .pourvue âe vivres pour dix ans, il rteréussiVait point àl'etU-

^alerne àiîprès du ^^rînce ^Ghulfe i , dont il fut bîen rcçii. 'Gisulfe s'était rfetoiirrté du côté des 'Grécff, après avoir/servi elfe 'ses troupes contre eux, Pâttdaffe jïV/^ Se fér, Ife patrice 'Eucène, aV^rit qiiîfté Sâlet^ne, aiii *ri[* joindre ^oh armée dans là rouille, rfîais peu dfe joiirs s'étai(?nt écdulés depuis son'départ, lorsqu'on vît afrivier i Capôufe une multifude de Saxons , de 'Spolettains 'et d'Allemands, 'fiy ayant point rencontre les Grecs, ih'tournèreilt du côté de Naples, où les Capouans s'ê- *tânl joirits'à 'eux , ib'firieat un butin imuiensfe <dûins \es cnvi*.

xvm. i8

"138* CHR0190L0GIE HISTORIQUE

rons de cette ville, et lui causèrent d^autres pertes considé- ' râbles. Etant passés ensuite à Bénévent , ils y participèrent aux saints mystères pendant la messe de Tarchevêque Landulfe, après quoi ils s'acheminèrent vers la Pogillé. Le patrice Eugène n y. était plus alors , ayant été déposé et rappelé à Constantinople pour ses crijautés. Un nommé Abdila , que Tempereur Nicéphore lui avait substitué , ne tarda point à se mettre en campagne pour attaquer les Allemands qu il rencontra près aAscoli. Colocuneo, comte de ceux-ci, trouvant Toccasioii favorable, ton^ba vigoureusement sur les Grecs, quMl n'eut pas de peine k rompre et à mettre en fuite. S'étant mis à la poursuite d'Abdila , comme il vit que la vitesse de son cheval , ne permettait pas de le saisir, il lui lança son javelot', dont il lui fit une blessure dangereuse , avec laquelle il eut peine à gagner Ascoli. Un autre Romuald, qu'Âbdila avait chargé d'attaquer^ par derrière, les Allemands et les Français, fut rencontré par âiccon , comte de Spqlette, qui l'ayant défait avec sa troupe , le fit prisonnier lui-même» Dans l'armée des confédérés, il n'y eut de blessés qu'un spolettain ; .mais la perte fut de quinze cents hommes dans celles des Grecs. Après cette victoire , les alliés reprirent joyeusement la route d'Ayellino , chargés de dépouilles.

[ A peine cette guerre était finie, au grand désavantage des Grecs , que l'empereur Otton I parut , van 970 , dans le pays de Naples , à la tête d'une armée formidable , qui fit main-basse sur tout le bétail qu'elle y trouva. Tandis qu'il séjournait dans Un lieu du Capouan, nommé Selicé, Aloare^ femme du prince Pandulfe T//tf d^ fer^ vint l'y trouver, le 23 mai dç la même ^nnée, avec Landulfe, son fils, et lui recommanda , avec d'instîntes prières ^ son époux , qui était toujours prisonnier a Constantinopler.Pour la satisfaire, Otton marcha vers la Fouille, et alla camper près de Bovino, dont, ayant formé le siège, il commença par en livrer tous les faubourgs aux flammes. Il s'ârréta-U , sur I^ nouvelle quHl reçut de la mort de ï^enipereur Kicéphorc Phocas , causée par les intrigues abominables de sa femme. Jean Zimisquès , qui remplaça ce méchant prince , ne Voulant avoir* rien ii démêler, avec Otton,. se hâta de 'mettre "en liberté Pandulie, et de le renvoyer en Italie, après lui avoir fait promettre qu'il engagerait .l'empereur d'Occident à cesser toute hostilité contre Tempire d'Orient : c'est ce qu'exécuta Pandulfe avec succès dès quHl fut de retour en Italie : mais se ressouvenant des torts que lui avait injustement causés Marin , duc de Naples. il leva, pour en tirer vengeance, une armée, avec laquelle il le vint assiéger dans sa capitale. Marin, qui avait prévu le coup ^ s'occupait ^^ors ^ jour et nuit ^ à iaijre. réparer Uik

BB^ COMtSâ ET DES flUVCESt^K *CAPOUE. ,x30

mars de Naples. Un jour , les assiégés firent une sortie sur k» , Bénéventains-, qui les reçurent avec une valeur égale à celle qu'ils faisaient paraître. On combattit, de part et d'autre, avec t^t dachamement , depuis le matin jusqu'au soir , que la victoire resta long-tems incertaine ; mais, à La fin , les- Napoli<-» tains, après avoir perdu plus de morts et reçu plus de oiessures que leurs ennemis , furent contraints de renirer dans leursmurs* Pandulfe voyant quHl ne pourrait réussir par la seule* force , eut recours à la ruse. H feignit de vouloir décamper au commencement de la nuit , espérant de retrouver , par un. retour inopiné , les assiégés plongés dans le sommeil. Mais le^ duc Marin , qui se tenait sur ses gardes , avait pourvu soigneu-*. sèment à ce oue personne n'abandonnât son poste. Pandulfet B-^étant approché des portes, commença une 'escalade; mais les^. portes s'étant ouvertes subitement , Marin ,. avec sa garnison ^tomha sur les ennemis avec tant de violence qu^il les obligea de reculer avec la plus, grande précipitation. Tous ceux c[ui avaient déjà grimpé sur les murs, tombèrent avec plus de vitesse dans le fossé qu*ils n'y étaient montés. Après cet événement ,. arrivél'an 973 , Panaulfe , voyant qu'il perdait son teni& devant Naples^ se détermine à reprendre la route de Capoue.

di

Spoletti

Otton II, successeur de Tempereur Otton 1, son père, en 978

souffrit, avec impatience, que la Calabre et la Fouille fussent

au pouvoir des Grées. Ayant* rassemblé, pour enlever ces deux

provinces, une armée puissante, il descendit, l'an 980, en

Italie , yint à Capoue , puis à Tarente ; et de U , étant entré-

980, et Léo Ostiensis , lib. II , c. 9. ) Pandulfe cessa de vivre Tan

981, et laissa,, .en mourant, d'ALOAHDE , sa femme, fille d'ua comte nommé Pierre , six fils , savoir : Landulfe , . qui suit; Pandulfe , que Gisulfe I , prince de Salerne , adopta ; Landenulfe et Laidulfe» qui se succédèrent dans la principauté de Capoue, comme on le verra dans peu ; Gisulfe, comte de Téano , dont. parle.Léon d'Ostie (liv. 11 , c. i3 ); et Atenulfe, comte et marquis, connu par une charte des archives de Saint- Laurent d'A^ versa, rapportée par le Pellegrini ( ad pàrU 7 anonym, Saîcrn,) Quoique Pandulfe Tête de fer eût été libéral envers les églises , le bruit courut qu'il était damné , parce que, le jour de sa mort^ le Mont-Vésuve vomit mne grande quantité de fumée et de flammes. Car telle était Topinion du vulgaire, que chaque

éruption du "Vc^uve annonçait quc^ qii«L(|iie ridM et pâisMDlr: scélérat venait 4e^ descendre aux eiifffs*

; L AtCD VLrfi IV,. dît X9 Habdi, (lls^ainé de PbnrKiKe Titt âêjerj associé, par son pare, ao gouvéïtiteincnt dès Fan 96&1 cbm^ men^a, l'an 98 1, à régner seuL Lorsque Tempereur Otton II vint, Tan 980 y ea Italie, il l'accompagna, dans son expédition contre les Grecs et les Sarrasins, avec Aienulfe, son frère, hi G^ffonique des comtes de Capoue raconte c^e , dans u^ grande haitaiUe qpHl leur livra « il reçut uqo blessure qui ne l'empdclia pas de remporter la victoire; et que, dans une nouvelle affaire qu^il eut avec eux en Calabre , il périt avec ioa frère Atenulfe et ses neveux Ingulfe, Vadibert et Gui de Sessa ; ce queXéon d'Ostie ( kiv. Il , a*9 \ rapporte à Tan 983 : mais d'autres écri- >uîns, cités par le Pellefjnni, daieut cette bataille du m<Â% de juillet 982. Le P. Pagi , de son eôté^ pnoduit des autorité» qui x^ontrént que Landulfe vivait encore au ^mois de septembre 982 ; et dom Gattub, dani ses notes sur le cartubûre du Mont- Cassin , rapporte une note d'an ai^e dressé sous le r^gn« de Landulfe IV, avec ces caractères âhponelogiquAs. : Do/. ^ aw>. quarto derîmo principaiiàs efus ^ moise nioaemhti^ IrMtiionéunde^ €4ma , aetam in ciçùatê Kûpuana* Or , l'iadictaon XI coromençi au mois de septembre 983.

Otton II, en repassant 4 Capoue après son expédition , confirma dans cette principauté la veiive de Pandulfe Tête de fer, et Laî^oulfe ou Lanbeni^lfb, son fils. 1^ mère terminasses jours au mois de janvier 998 ; et son fils f^ndenulfe la suivît au tombeau quatre mois après, de la maaière qui suit. C'était la coutume t Capoue se

y assistât aux saints mystères. Ce fut l'apchevéque Aion qiû célébra cette année-ci. Le prince, .au sortir ae l'égKse, p^r retourner à son palais , est attaqué par une bande de conjurés , qui, l'ayant massacré et dépouillé dis ses habits, le laissèrent nu sur la place. Les moines de Saint - Benoît vinrent lévet le cadavre, et l'inhunnèrent dans leur église. L'archevêque, épouvanté par cet assassinat , et craignant pour lui-même , se sauva dans le monastère ; mais il n'évita point le malheur quHl appréhendait.' Malgré ses précautions, les conjurés trouvèrent le moyen de lui ôter la vie par le poison. L'empereur Otton III, instruit de l'assassinat de Landulfe, chargea Hugues le Grand , marquis de Toscane, d^en tirer vengeance j ce quHl exécuta. (Voyez les marquis de Toscan^. )

Laidulfp, dit ]«p Rusi, frère de Landenulfe, fut saasuc^

DES COHTSS B9 M» PRIKGES ta CAPOUi: f4l

eesÂHir t)aiisi2^ princiça^u^é ^e Cap^nt . On le soupçonna d^oir élé dlQleiligfncè avec les i^eurtriers de son frère. La chronique des comtes de Capou^ donne la chose pour certaine*. L'empeiear CHV>n Jil sVtaiit rendu su^r les lieux en 999 ^ tint un plaid) d^ns le(|iMfl il dVpossi L^dnlfe comme coupante du crime dont on Vaccus^it, envoya $es complices en estit, et plaça sur le trftiie de< C^poiie ^OF.aiAtR^, proche parent de la princesse Aloave t diHtt il él^it chéri 1 çt élevé par le clerc Balsamo à la cour impériale. (,Ghron» Cççense ad ann. 999*) Ce fut le dernier prince de la race d^Aloarde ; mais il ne jouit que bien peu de tems de la. lihétaHlé de Tempéreur. i.es citoyens de Capoue^ mécontents de son gouvernei^^nt , le chassèrent au bout de quatre itiois ^ à l'inéligatlon de leur archevâqye , et mirent en sa place L.ANnuLF£ V, dit de SaiiUe-Agoift^ ^ fils de Landulfe 111 , prince de Bénéveat. Le gouvernement de Landulfe Y fut de huit ans 9 el finit par sa mort, le aji ou le ^4 jviillct de Tan 1007.

Pakm^lke }I ^ fils de Landulfe Y, fui san successevr dans la principauté de Capoue. Celuiioi n^ai p^s été connu de 1^ plupart des écriyiîns ,, f^nsi que ses suocesseu^-s , ce qui j/ette une grande confusion dans Tfaistoire. Le^prioce de Capoue dont nous, ]^arkosy s'associa, Tan 1009, à Pàndulfe Ul» son pqcle, prince. deBéaéveni, et régna avec lui jusquVv 1 3 août iQ(4, qui ("1 le terme de ses jours. Deux ans après, Tautre P^n(JUlK lU , prince de Bénéveût , se donna pour collègue 9 ra,n 10.16.1 Paih- WLBlL 1 Y, fils du prince de Capoue* ^

te fut l'an 1016 , sous le gouvernement de ce Fan^dulfe II et de Pandi^Ke 111 , quW vit arriver, à Salerne , des cavaliers normands, gens diË^ belle figUre , de haute laiUe, et maîtres dans IWt de la guerre, au nombre de quarante, ou , selon d'autres, 46 ceat. On n'est pas a^uré de l'occasion de l'arrivée de ces Nonaands ; les uns disent qu'ils allaient en dévotion à Sainl^ Michel du Mont-.Gargan ; ks autres, qu'ils revenaient de la T^^vre-Sainte. £.es braves ayant été accueillis avec distinction dans la ville, s'y arrêtèrent pour se reposer, et, voyant qu'elle était jpressée par le siège qu'en faisaient les Sarrasins, ils prièrent le piînce Gaimar de leur fournir des armes. Ayant fait une sortie sur les Sarrasins , qui ne s^'attendaient à rien moins qu'à cette s^ttaque^ ils réussirent de manière que les Infidèles furent mis en déroute, ;.vec perte de tout le butin qu'ils avaient fait sur les Salernitains. Frappé d^une action si généreuse, le prince, après leur avoir fait de grands rçmercîments, les pria de rester à sa cour , en leur promettant de les enrichir , et de les élever ^x première^ dignités de Vétat. Mais ils proteslèrent que nul

>4^ OBROKOLOGIE' HISTORIQUE

motif d'intérêt ne les avait fait agir, et qa'ils ne voulaient point d*autre récompense- que le plaisir qu'ils ressentaient d'avoir satisfait leur généreux hôte. Apr^s avoir témoigné au prince combien ils étaient sensiMes aux caresses dont il les comblait , ils voulurent partir, en promettant de revenir eux-mêmes, ou d'envoyer d'aalres jeunes gens de leur pays qui ne leur céderaient point en valeur. Après leur départ , Gaimar ne manqua point d^envoyer, en Normandie, des ambassadeurs , chargés ues pilus beaux fruits du climat, oranges, citron», ^^c.,, et outre cela menant avec eux de beaux chevaux avec toute sorte dWmes ; présents bien propres à donner dans la vue d'une nation qui aimait par-dessus tout la gloire.

Un événement qui troubla la cour de Robert, duc de Normandie, accéléra l'arrivée de ces braves gens en Italie. Un sentiU homme, nommé Guillaume Repostel, s'était vanté publiquement d'avoir eu commerce avec U fille d'un autre seigneur appelé Osmond Drengot. Outré d'un tel affront^, celui-ci résolut d en tirer vengeance. L'occasion d'exécuter son dessein ne tarda pas à se présenter. Ayant rencontré l'ennemi dans une forêt, il l'attaque , le perce de sa lance, et le renverse mort k terre. Le duc Robert, dont Repostel était un des favoris, jura4]u'il lui ferait expier ce meurtre de sa tête. Osmond, pour se soustraire à la vengeance de son souverain, se sauva d'abord en Angleterre. Mais ensuite, apprenant l'arrivée des ambassadeurs de Salerne en Normandie , et la recherche quMls faisaient de braves gens pour les emmener dans leur pays, il vint trouver ses frères Rainulfe- Ascillitin et Rodolfe , et , s'étant joint aux ambassadeurs , ils prirent avec eux la route de l'Italie. Arrivés à Capoue, ils y rencontrèrent un seigneur appelé Mélo, citoyen de Bari , qui se trouvait à la cour du prince Landulfe de Sainte* Agathe. Les habitants de la Fouille, dont Mélo était nn des plus illustres par sa noblesse et sa valeur, las du joug des Grecs, qui les avaient soumis sur la (in du règne de l'empereur Otton le Grand , avec Faide des Russes et des Danois , s'étaient mis sous la protection de Mélo et d'un autre seigneur , son parent , pommé Datto. Mais n^étant pas en force pour faire face à l'armée que l'empereur grec avait envoyée aans le pays , Mélo et Datto , après avoir fait quelques tantatives infructueuses pour remettre en liberté leurs compatriotes, prirent le parti de se retirer d'abord à Bénévcnt, puis à Salerne, ensuite â Capoue, roulant toujours dans leurs têtes le dessein de délivrer leur patrie de la tyrannie des Grecs. Ce. qui acheva de les irriter t ce fut la capture de Maralda , femme de Mélo et d'Argire, son fils, que le commandant grec de Bari envoya prisonniers à Conslantinoplc. Ce malheur était récent , lorsque Mélo fit.

DES COMTES ET DES PBtNCES DE CAPOUF. li^

à la G)ur de Capoue, la rencontre deno^s braves Normands. A peine les eut-il connus, qu'il commença de former avec eux une fraternité d'armes , suivant les lois de la chevalerie. Les •ayant engagés k le suivre à Salerne et à Bénévent, il y rassembla , sous ses enseignes , des troupes nombreuses de gens , partie attachés déjà à son service ,. partie nourrissant dans leur cœur ^Mt haine invétérée contre les Grecs. Muni dé ce renfort, il porta incontinent la guerre dans les pays soumis à l'empire de Constantinople. Vainqueur en tit»is batailles, il reprit sur les Grecs les villes et les terres de la Fouille , qu'ils av^ent usurpées. Mais, dans une quatrième donnée, l'an 1019, près de Cannes, lieu célèbre par la défaite des Romains , il tomba dans une embuscade que lui dressa le catapan de Bojanus , et courut risque d'y perdre tout ce que ses armes lui avaient acquis. L'on prétend que de deux cents cinquante normands qu'il avait avec lui , il n"'en conserva que dix ; mais que la perte fut innom- Irable du côté des Grecs. Alors , Mélo se ^^oyant abandonné de ses compatriotes, emmena ce qui lui restait de Normands à la cour des princes de Salerne , Gaimar et Pandulfe , où il leur procura des postes avantageux. {Léo Ostiens. y liv. II, c. 3^.) l)e là, étant passé en Allemagne , il alla trouver l'empereur Benri II , pour le presser de Venir eb Italie i et de l'aider "à chasser les Grecs de la Fouille. Ce premier voyage n'ayant point réussi, il en eatreprit un second ^ dans lequel il 'mourut avant ,^ue. d'arriver au termfi. , '

Geoffroi Malaterra ( liv. I , ç. 37 ) , et Çtiillaume de la PouiUe (liv. I), observent que les Normands , apprenant lès dissensions qui régnaient entre les princes de Salerne et ceux de Capoué , se flattèrent d'en tirer jparti pour avaàcer leurs a^ faires. Dans cette espérance , Ils olnirent leurs services au prince de Capoue. Mais , dans le même lems , ils firent une grande perte par la mort dé Mélo. Cependant , ils ne' irestèrent pas sans occupation. Atenulfe, abbé du Mont-Cassin , fr^re âii pnnce Fandulfe IV, mit à profit leur valeur pour défendre les biens de son monastère côntrie les violences des conitels de Venàfro et d'Aquino, qui' le pillaient comtne s'ib avaient eu droit de vivre à ses dépens. Les Normands , postés dans un bourg Qommé Pinlatario, surent les contenir, dfe ii^anière que l'abbé, tant qu'il vécut, n'eut rien à craiudre de la part de ses ennemis.

comme s'il eût été vivant.

l44 CHRONOLOGIE ItlSTORIQUll

Paldulfe V, fils de Pandolfe II , prince tlft Bt^néveaf , fut le successeur de Pandulfe IV , son cousin , dans la principauté «le Capoue. Dans le même tems quil y parvint , Datto fût char^ par le pape Benoît YUl de (a garde d'une tour , qui , ayant èit oâtie suf le Garillan , l'an 872 9 par Jean ,' patrice .de f^aëte, pour arrêter les courses desSkrrasms y était tombée depuis soie la puissance de Téglise roniaine. La yailcur de Datto né Tavaft pas rendu -moins odieux ^ux Grecs qu^aùx Infidèles. Pandulfe, au contraire f uni d^Rtérêt avec les premiers , entretenait dei correspondances secrètes avec Tempereur Basile il : pour gasè de sa fadclité , il avait fait fabriquer en or les clefs de la villb de Capoue., quMl lui avait envoyées par 3on neveu Pandonutfe, chargé de lui déclarer que tout ce qu^il possédait il le tenait de l'empereur grec. Le catapan Bojanus , instruit de cet acte de soumission , lui fit passer une grande somme d'or , en lUî mandant que, sHl était aussi 'sihcèremefnt soumis àVempereiir., son maître , quMl le témoignait, il ne pouvait rien faire qui lui fût plus agréable que de lui livrer Datto entre les mains, lit prince le promit ; et étant venu inopinément attaquer avec ses troupes la tour ou Datto comtnandait 1 il s'en rèodit le maîtit. au bout de dçuzjours. LeslSormands, qui étaient avecDatto^, furent relâchés, mais pour lui, le cruel catapan le jeta dans ta mer, cousu dans un sac comme, uii parricide; ce qui arriva Fan loaa , suivant Léon d'O'stie. (lîv. il,' c.'W.)

L'empereur Henri H , instruit de la perfidie .du prince ie Capoue et de la cruauté du catapan , se hâta ^^en tirer ven-

conduite dç l'archevêque, fqppôh , ràvîlger Ta province dès Marsés, et vingt autres mille commandés par'Ptlgnin, arche- T^que de Cologne , pour î^tler se saisir d'Alenuife , ibbë (hi Mont-Cassin,, accusé cl'avôir eu p^rt à la m^^if't de I>aittô. 1/abbé »e voyant pas cdmment il. pouvait faire tête à Pempereur, malgré les secours qae lui promettaient les comtes des Marses et d'autres seigneurs*, prit le parti d'aller' trouver Pempereur grée

gn ni met "521 mort au a,z juin io2;2.

L'archevêque tilgrim, cependant s'avançait en dîligedce vers Capoue , dans la crainte que le prince ne lui échappât. IJàyànt assiégé dans cette ville , il recul de lui une députation , par laquelle il lui mandait , qu'étant innocent de la 'mort dé Datto 1

tas iàOBttEé £1? BÊI$ ^AtNdEâ Dfi CAPOUÊ. i4&

Il était disposé h subir le jugement de Tempereur ; et pour !e froui'er, ïl vint quelques moments après se mettre entré les" mains du prélat , qui renvoya Soiis bonne garde à remjiefeur , occupé alors à faire le siège de Troja , ville nouvellement for* lifiée par les Grecs. L*empêreur reçut avec joie ce présent , eé ayant assemblé un grand parlement de seigneur;^ italiens et'uttra-^ toontaim, il y déclara Fâldulfe digne de mort. Ce jugement •Hait s'exécuter lorsque l'archevêque Pilgrim , ayant humbletoent représenté & l'empereur qu'il Verrait avec te plus vif regret cofidtiire 4 la ttfort un prince qui s'était remis sous sa borine foi, obtint parr là Sd grâce. Henri néanmoins , après la^ prise de Troja , emmena prisonnier Paldulfe en Allemagne ^ etj etr passant par Capoue^ il lui donna un successeur,

FAiimj<.9£ ^ eomte de Téano , tut célol que Fempeteitf subs-* titBfii au prince PalduHe ^ en lui dotmant son fils IeaN poui* coHégire. Là chronique difi Mont-^Cassin fait Téldgé de la piété àt Pandulfe et de sa libéralité envers ce monastère: Il rcgnappaisibleiiienf tirnt que Védut l'empereur Hf^ft H. Mais \i mort ayant enlevé ce monârâue^ au mois de juillet tosL^^ (ejcbose^ thanfgèrent à l'égard de Pandulfe. Conrad H, successetif de Henri dans l'eirtpire (r), gagné par Gutmâr, prince rfe Scflèfne» tira dé prison PaWnlfe et le fit reconduire enr ftâfre. Ayëùt renoué dans ce pays ses atliâ^nces avec les seigrtetirs' de Ta Pooille^ les cèoites des Hlânrses et le cartapan Bojanus , Fafdulfe rasrsem-» Ma un corps de trdtfpes , aivec lequel il vint , au moitf âe septembre loaiS , se présenter devatnt Capoue^ dont il ie renoit tnaàre atf odors de marr de Tannée Suivante, après^ hiiit mois dé »iége, ( Anenjrt». Cousin. ) Le malheureux PanJulfe rfe Téanor se vit alors obligé de se sauver à Nâples avec son fil's Jean ; et son rival ayant encore réussi, Tannée suivante, â subjuguer eettô ville, ainsi qu'on le verrat ci-après, il alla se confiner; ct)mmé ifans un gerpétitel exil , à Rome où' iî finit sey jours. ( Leà, Oilferw. ,.fiv» II, c. &7 , et Chron. Cape, ùà ann, 1026. ) Aprèi sa nïorl , le comté de Téano fut dWisé entre ses fils Piandulfe , Gisulfe ^ Pierre et Jean. Depuis ce partage, le comté de 'Jféano commença de s'appeler la Une des fils de Pàndutfe 9 et ce fut d'eux que tirèrent leur origine les' seigneurs de Cajanelto, de Martana , de Presen^ano et de Koccaromana , toutes familles

Ïai fiirent comptées pfarmi le^ploiTancieninres'et les plus illustrei e lar principauté de Capoue.

H^I^M^I • I (mmàmi^mmmÊim^^^^^^mi^^m^m*,^iMmti^^m,mt^0rmmmlttimmtÈ^àt^

(i) Baînaldo se trompe en le disant (ils de son prédécesseur. Sofi pcre était un autre Henri ^ duc de Fraiiconie.

XVllL 19

l46 CHaONOLOGIE HlStoaiQVE

Paldulfe, non content d'avoir recouvré le Capouan, porta Ses vues sur le duché de Naples ; et Tan 10:17. , avec les secours que lui fournirent ses alliés , il vint mett^rc le siège devant cette ville sur Pinvitation des habitants mêmes. Sergius , qui en était duc y n'ajant qu'une faible garnison , en sortit pour aller cher-' cher ailleurs du secours ; mais ce fut en vain. La place fut contrainte d'ouvrir ses portes, aux assiégeants , . et^ Paldulfe y entra victorieux le i5 septembre 1027. Naples devint, parla, tributaire de Capoue ; mais ce ne fut pas pour long-tems. Paldulfe , à/orce d extorsions , de rapines et ^e cruautés , irrita les Napolitains , et facilita par là le retour du duc Sergius. Celuici, ayant obtenu des Grecs un petit corps de troupes, et ayant pris à sa solde le comte ^ainulfe avec quelques Normands , vint à bout , après deux ans et sept mois , de chasser Paldulfe de Naples. Pour se mettre désormais à couvert d'un malheur semblable à celui qui lui était arrivé , il fit bâtir à huit milles de Naples la ville d^ Aversa , qu'il peupla de nouveaux habitants t auxquels il donna pour seigneur ce même Rainulfe dont on vient de parler , et mit en garnison dans la place un nombre

dont il se rendit tellement le maître , que Tabbé, suivant Léon d'Ostie, n'était en quelque sorte que son procureur. L'état d'oppression où il tenait ce monastère dura jusqu'à l'an io36. Cette année, l'empereur Conrad étant descendu eh Italie, les xnoines du Mont-Cassin viennent le trouver à Milan et lui exposent avec larmes le malheur de leur situation. Conrad delà s'étant rendu à Rome, y t,int un conseil des plus sages de sa suite , dont l'avis fut d'envoyer des ambassadeurs au prince de Capoue pour Fencager à restituer au Mont-Cassin les terres qu il lui avait ravies, et à remettre en liberté le& prisonniers qu'il y avait faits. Paldulfe n'ayant tenu compte de cçtte députation , Conrad dirigea sa marche yers Capoue , où il arriva la veille de la Pentecôte , i4 mai io38. Paldulfe ne l'y avait pas attendu 9 mais s^était retiré avec l'abbé Basile, sa créature , dans le château de Sainte-Agathe , qu'il fortifia le mieux qu'il lui fut possible. Mais bientôt saisi de frayeur , il envoya une dér

otage. Cependant à peine i'emperei accepté ces souniissions , que Paldulfe se repentit de les avoir faites. Conrad s^étant aperçu de Ces dispositions , consulta la iidl>lesse de Capoue , dont l'avis fut de déposer Paldulfe ; ce

DES COMTES ET DES PRINCES DE CAPOUE. l^J

qui fut exécuté. Gaimar IV, prince de Salerne, fut celui que renipereur nomma pour remplacer Paldulfe.

Gaimar IV , prince de Salerne^ quoique fils dé Gaitelgrime ,' sœur de Paldulfe, n'en était pa$ 'moins opposé à ce dernier^ dont il détestait la méchanceté. L'empereur , après l'avoir nommé à la principauté de Capoue, confirma, par une bulle d or , à Tabbaye du Mont-Cassiii la possession de ses terres et de ses droits. Sous le gouvernement de ce prince , les Normands firent des progrès qui tenaient du prodige. Il avait envoyé À Maniacès , capitaine grec, une troupe de Normands commandés

Sar Guillaume, Drogon et Umfroi , à l'aide desquels il retira es mains des Sarrasins une grande partie de la Sicile. Mais l'orgueilleuse témérité des Grecs leur fit perdre ensuite tout ce qui leur restait en Italie, et voici à quelle occasion. Un cheva^ lier lombard , nommé Hardouin, ayant tué de sa main, dans la guerre de Sicile, un sarrasin , se saisit d'un beau cheval qu'il montait. Maniacès ayant désiré cette monture, Hardouin, sur le refus qu'il fit de la céder, se la vit enlever de force. Déterminé à se venger de cet affront, il att^dit en patience l'occasion favorable pour satisfaire son ressentiment. Comme elle tardait à se présenter, il feignit avoir dessein de se rendre à Rome pour acquitter un vœu qu'il avait fait. Arrivé dans la ville d' A versa ^ il fait part au comte Rainulfe.du véritable objet de son voyage^, et l'engage à se joindre à lui pour faire la conquête de la Pouillc Rainuite aussitôt choisit douze de ses plus oraves capitaines , qui convinrent de partager, également entre eux tout ce qn^iU jpourraient enlever aux Grecs , proniettant néanmoins au comtela moitié du tout pour la tenir de lui en suzeraineté. Ces con-^ ditions ayant été confirmées par le serment , Hardouin , l'ai» ]o4i , se met à la tête de trois cents soldats-, et les ayant con^ duits à Melfi dans la Basilicate , il se rend maître dé la place avec leur secours. De là il passe à Yenose qu'il soumet avec la même facilité , ce qui fut suivi rapidement de Ih conquête d'Ascoli et de Labello. Duclien , capitaine grels , ayant instruit la cour de Constantinople de ces revers, on lui fait passer une nombreuse armée, qui trouva Pennemi prêt à la- recevoir. Ort en vint à une bataille , dont le ^ccès fut tet pour les Normands qu'il n'en échappa que très^peu de grecs» L'empereur , à qui ûucKen manda sa défaite, lui envoie une nouvelle armée , qui

Procura une nouvelle. victoire aux Normands sur les bords de OHante , où elle en vint aux mains avec ceux de l'empereur grec. Après cette victoire suivie! d'une troisième-, les Normands vont trouver le prince Gaimar^ etl'iavitent à venir avec ]a

a48 CHAONOLOGlfi HISTORIQUE

coin te Riiînulfe k Melû pour faire avec eux Je partage du piys qu'ils avaient conquis. (^Leo Ost c. 67.)

I^ schisme qui régfiait entre trois concurrents pour la papauté, ayant appelé, Tan 1046, à Aome, Fempereur Henri 111, ce inonarque , après avoir terminé cette grande affaire , se rendit i CapQue où ou le voit, le 3 février, suivant cettenote chrono* logique d^un de ^es diplômes, rapportée par D. Gattula(tom. 111, pag. 149) Data tertio nonas Feàmuirii\ anno.Dominkœ Incarn, MXhVn, Indk, XV, anno autem Dom. HenHd tenn\ ordîna" Uoms ejus decimo octaoo , regnantU quiêem octiwo , sed imperantis primo, Actum Capuœ in Dei nomùie félicita» Là , le priuce Gaimar étant venu le saluer, renonça entre ses mains à la principauté de Capoue , après en avoir joui l'espace de neuf ans. 2j empereur laremit à Paldulfe,auquel il as9ociason fils Pandulfe, après en avoir tiré , dit Léon d'Ostie, une somme d'or exhorbiiante^ Henri confirma, dans le même tems, ii Drogon, le comté de la Fouille, età fiainulfe celui d'A versa* Mais ce ne fut point f;ratuitement ; car non-seulement il se fit paver en monnaie ces grâces ,. mais il exigea de plus que les meilleurs et les plus beaux chevaux du pays lui fussent livrés par reconnaissance. Henri s'étant rendu ensuite à Bénévent, y fut très- mal reçu 4e8 habitants qui ne voulurent en aucune sorte le reconnaître

i>our leur souverain. Pour se venger, il les fit excommunier par e pape Cléaient il , qu'il avait fait élire, et , de son autorité impériale , il adjugea le Béoéventain aux Normands , après quoi il reprit la - route de PAllemagne , emmenant avec lui son pape.

. PA^DULtEt rétabli ppur la troisième fois sur le trAne de Ca-^ ,poue , y teroiina. paisiblemi^nt sjbs ^urs au mois de février, soit de Tan 104^9 .sî l Qn veut prendre ce mois pour le dernier do Vannée, comme faisaient les Lombards» soit de Tan loSo, sui^ jfditxi Tu^ge 4es peuples d'Occident. GeofFroi Malaterra ( liv. 1, c. 6 )^ ù taxe d'i^ne avarice sordide qui fut sans doute la cause principaia des revers qu'il épvojova.

Pandulfe YI, fib de Paldulfe , fut son successeur après avoir été son cdHégue» En prenant les rênes de la principauté de Capane, il s'associa son fils Landulfe V. Le pape Léon IX était Mora très T mécontent des usurpations que les Normands faisaient eu Italie , et sollicitait les secours des princes de Capoue, de Salernè et de Bénévent pour les chasser de ce pays. Après un voyage fait,, en loSo, au Mont-Cassin , il vint, pour la aeconck fois, VaooéQ suivante i Capoue » et de là étaa^ passé i

DES COMTES ET BE5 PRINCES DE CAPOUE. l49

Bénétent ^ il en déclaca les habitants absous des censures dont son prédécesseur Clément II les avait frappés^ Léon crut avoir mis par là dans ses intérêts les Bénéventains. 11 se fliatta pareillement d'avoir gagné les Salernitains dans un voyage qu'il fit ensuite chez eux ; après quoi , plein de belles espérances , il alla trouver l'empereur en Allemagne. Etant revenu avec une armée nombreuse, il la renforça encore des troupes du pays ; après quoi il dîHgea sa marche^ Tan io53, vers la PouilLe pour faire la guerre aux Normands. On en vin taux mai nsla même an née, et la victoire se déclara pour ceux-ci : mais loin de s'enorgueillir de cet avantage , ils prirent part au malheur du pontife ; et Humphroi , leur capitaine , l'étant venu trouver, le reçut prisonnier sur sa parole. Le pontife étant arrivé avec lui à Béné-> vent, le 2'^ juin^ y tomba malade et demanda d'être conduit à Capoue , d'où , après un séjour de douze jours, il se fit trans-^ porter à Rome. Ce fut le terme de ses voyages et de ses disgrâces. Il mourut en cette ville le 19 avril io54. (Léo Osiiens.f nv«»II, c. 83 et 86. )

Camille Pellegrini pense que Richard , comte d'A versa , fut créé prince de Capoue, l'an ioS8, avec son fils Jourdain. ll\ est bien certain à ta vérité, dit Muratori, que le pape Nicolas H lui accorda, l'année suivante , l'investiture de cette principailté. Mais il ne paraît pas qu'alors il en ait pris possession , du moins pour la totalité. Léon d'Ostie (liv. 111 , e. 16), rapporte au contraire que Richard voulant en faire (a conquête , vint mettre le siège devant la ville de Capoue , au tour de lacpielle il fit élever trois bastions ; mais que le prince Pandulfe VI , qui était dans la place , vint i bout , en lui offrant sept mille écus d'or , de l'engager à se retirer. Pandulfe étant mort ensuite (on ignore en quelle année ) , eut pour successeur son fils Landulfe V.. Alors Richard étant vienu se . présenter de nouyeau devant la place, la serra si étroitemeat, l'an io6a, qu'il l'obligea d'en venir ^ une capitulation , dans laquelle il fut convemi que les citoyens resleraient Biaîtres des tours et des portes de la ville. Richard dissimula cet article pour le moment ; mais ayant fait, dans le cours de troia laoiSf la conquête de toutes les villes et de tous les châteaux de la principauté , il commença pour lors à signifier aux Capouans. qu'ils eussent à lui remettre 'les tours et les portes de la ville; et sur leur refus, il en reprit le siège pour la Aroisièmc^ fois. Dans cette détresse ^ les Capouans dépu« tèrent è l'empereur leur archevêque pour obtenir du secours; mais ee prélat n'ayant rapporté que de belles paroles, les assiégés te virent contraints, par la £aiim, de subir la loi de Richard : •^fino Domimcœ Incornaiionis MLXIl ; quum jam per decem àrçU^ maorum çwrieula Normanmi viniker répugnassent , dit

iSo CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Léon d'Ostie , Itv. III , c. 6. Ainsi, quoiqu'on ait des diplômes par lesquels il conste que, dès Pan ioS8 où 10S9, Richard prenait le titre de prince de Capoue , néanmoins il est certaia que ce ne fut qu'en 1062 qu'il acquit la libre et pleine possession de cette principauté. Ce fut donc alors que cessa de régner la race des Lombaras, et que Von vit s'élever sur leurs ruines la

Suissance des Normands. Peu de tems après ^ le feu, par ua essein vraisemblablement prémédité , ayant pris durant la nuit à la vâlle de Téano , Richard y accourut de grand matin ^ et profita de la fuite de ses comtes pour s'en rendre maître. Komuald de Salerne , dans sa chronique , dit que la même année , Richard étant entré dans la Campanie , assiégea Cèpe-* rano , et pénétra , en saccageant tout sur sa route , jusq l'à Sora. La petite chronique d'Amalfi nous apprend que Godefroi s'avança, Tan 1066 , vers Rome pour réprimer l'insolence de Richard et de ses Normands qui menaçaient Rome, et qui, n'osant l'attendre , prirent le parti de se retirer. ( Voyez les ducs de Toscane, )

Robert Guiscard, duc de la Fouille, ayant dessein de chasser de la Campanie les Lombards, engagea Richard à se joindre à lui, pour enlever Salerne au prince Gisulfe II. La place, as« siégée par leurs troupes combinées, fut contrainte, par famine, à se rendre Tan 1075. ( Léo Ost , 1. m, c. 44* ) Gisulfe, alors, s'étant retiré auprès du pape Grégoire VII, reçut du pontife, en dédommagement , une petite terre dans la campagne de Borne, avec rhonneur d'être inscrit dans la matricule des seigneur^ romains. {GuilleL Puglien.^ 1. m.)

Richard et Robert Guiscard étendirent ensuite leurs conquêtes dans la Campanie , et par-là donnèrent l'alarme au pape Grégoire VII , qui , ne pouvant les arrêter, les sépara l'un et l'autre de sa communion. Alors s'étant retirés tous les deux à Capoue , ils y concertèrent de nouvelles entreprises qu'ils partagèrent entre eux. Robert alla faire le siège de Bénévent , tandis que Richard était en marche pour faire celui de Naples. Mais ni l'une ni l'autre expédition ne réussit. Richard , lan Jis qu'il poussait 4e siège de Naples avec la plus grande ardeur, fut attaqué d'une maladie qui l'emporta le S avril de l'an 1078. Il avait eu deux femmes, dont la première, nommée Faédesine, était sœur de Drogon, comte de la Fouille : te fut la mère de Jourdain. Le nom de l'autre femme n'est point connu,

Jourdain fut à peine en possession de la printipauté de Capoue, qu'il prit querelle avec Robert Guiscard. A l'appât de

auatre mille cinq cents besants qu'il reçut des Bénéventains, ont la ville était toujours assiégée par Robert , il détruisit toua

DES C0MTÉ5 ET DES FHINCES DB CAPOÛB. iiî

les ouvrages- que celui-ci avait formés autour de ta place. S^ëtank ensuite confédéré avec les comtes de la Fouille, il trama une conspiration pour lui enlever ce duché. Robert, qui était alors en Calabre, instruit de ce dessein, part à la tête de quarantesix mille combattants pour retourner à Bénévent ; et après avoir emporté de. force les villes d^Ascoli et d^Ariano, il vint , en longeant le fleuve de Sarna , se poster vis-à-vis du camp du prince Jourdain. Ce fut alors que Didier, abbé du Mont-Cassin , vint trouver le duc de la PouiUe pour [^engager à faiire la pais avec le prince de Capoue. Robert, après avoir montré beaucoup de répugnance , consentit à la fin à s^accommoder avec Jourdain. Celui-ci > vers le même tems, voulant à tout événement pour* voir k ses intérêts , vient trouver Tempereur ou roi de Germanie , Henri IV, qui était alors en Italie, pour recevoir de ses mains l'investiture de sa principauté, il l'obtient moy^nant une grosse somme d'argent. Mais Henri en avait distrait le monastère duk Mont-Cassiù, comme devant être du domaine des empereurs et sous leur protection. ( Saint-Marc. ) .

Le même abbé Didier, dont on vient de parler, ayant suc* cédé, l'an 1086 , è Grégoire Yil sous le nom de Victor Ul , le prince Jourdain lui montra le même attachement qu'il avait témoigné h son prédécesseur, sans négliger toutefois ses proprts intérêts. Désirant d'ajouter la campagne de Rome à ses élats f il Tavait déjà presque entièrement envahie ,. lorsque la mort mil fin kses conquêtes et à ses usurpations , dans la ville de Piperno^ le 19 ou le 20 de décembre de l'an 10919 et non 1090, comme le marque Pellegrini d'après Loup Protospata. (Mur. , Annal, , tome VI , page do4*) Son corps, transporté au Mont-Cassin, dont il était un insigne bienfaiteur, y fut inhumé près de l'église de Saint-Pierre. Il avait épousé Gaitelgrime , sœur de Gisulfe II, prince de Salerne, qui lui avait apporté en dot Noie, Marigliano , Palma , Sarno et d'autres lieux voisins. De ce ma^ riage sortirent deux fil», RicViard et Robert.

Richard II, fils aîné du prince Jourdain, associé, par ion père, en 1080, à la principauté de Capoue dès l'âge le plus tendre, lui succéda l'an loqi. Mais les Lombards de Capoue , considérant sa jeunesse , le chassèrent presque aussitôt, et mirent en sa place Lanuon de la race des comtes de Téano. Richard, obligé de se retirer avec sa mère dans la ville d' A versa', y resta dans l'exil jusqu'en 1098. Alors, réfléchissant sur les torts que ses ennemis lui avaient causés, et résolu de s'en veni oncl tavoyî

l.^i CrtttOCOLOGÎE ÈitSTOIilQlTÈ

même objet , oRrirent , de la part de leur maître , de se l'endfé homme- lige de ce duc, chose que Robert Guîscard n'avait jamais pu ootenif de Jourdain , ni par caressas ni pac-menacesi Le duc Aoger était alors occupé à raire le siège de Troja. Aprb avoir terminé heureusement cette expédition , il pensa à réta<' blir le pritice Richard dans ses états. Dans ce dessein, il fit partir Adèle, sa femme, pour aller prier le comte Roger de venir promptement à son appui. L'ambassadrice, par ses discourt flatteurs, obtint ce quelle demandait, c'est-à-dire un boa ébrps de troupes, ajouté à celui que Roger avait déjà fait partir au commencement d'avril de la même année 1098. Lui-même, peu de tems après , ayant passé le Phare de Messine , vint se joindre au duc. Mais, avant d'en venir aux actes d'hostilité contre les Capouans , il leur envoya des ambassadeurs pour les engager à rentrer sous l'obéissance de leur légitime souverain , ôf&ant de s'en rapporter à des juges choisis de part et d'antre pour décider entre Richard et I^ndon , son coïnpétiteur. Mais ces rebelles , gagnés par *ce dernier , refusèrent de se rendre i cette invitation. Le comte , voyant fenr obstination , partit de Bénévent, où il était alors, et fit si grande diligence, que, di grand matin , il parut inopinément au milieu de Gapoue , à la tête ide mille cavaliers qui firent un grand nombre de prison^ niers. S'étant retiré ensuite poui* rejoindre son armée, il forma, le lendemain , le siège de la place et tira des lignes de circon^ vallation aboutissant au Volturne. Le duc et le prince se postèrent de Tautre côté du fleuve ; et pour ouvrir la communication de leurs armées respectives , ils construisirent sur le fleuve un pont de bois, ce^qui ferma l'entrée et la sortie de la place.. Le

ape Urbain , cependant , ne désirant que la paix , se rend sut es lieux avec saint Anselme , archevêque de Cantorbery, réfugié pour lors en îtalie; et s'étant abouché avec Les trois ^rrinces, il les fait convenir de s'en rapporter à son jugement et à celui du prélat , pourvu que les assiégés veuillent y consentir. Làdessus , le pontife étant entré dans la ville , y trouva les Lombards entièrement opposés à ses vues. Alors , plein d^ indignation , il exhorte le c<^mte à poursuivre son expédition , et part pour se rendre à Bénévent.

Tandis que le comte , sur lequel, comme le plus ancien et le plus expérimenté, roulaient toutes les opérations du siège, n'épargnait ni soinà ni veilles pour accélérer la prise de la place, il courut un grand danger de sa personne par la perfidie d'un grec qu'il avait pris à sa solde. Ce traître, ayant pris langue avec Landon , s'était engagé , moyennant une bonne somme d'or, à surprendre de nuit le comte. Mais Roger, prévenu dans im songe, par saint Bruno, du coup qui le menaçait, dit l'auteur

DES C0MTB5' HT.» aiœ P>AlffeBd I>XI PAPOUE. l$3c

àt la né dé ce saint, siit>le parer et ne poussa U HégecfvJuvecy plus li^ardeur. Les Lombards^' voyant -^eaiiiaohiciesMquê \]oiv ju^parail poun battre ia piace, coaunencèrent par- se moquer' îles travaux des assié^ants. Voyant néaaiiMnns , ensuke*^ gu^'^uî) approchait de leurs mprsy il^ offriiîent'au «omte de^se retrére/ à condition que < la place .Tesicrak Kairé ses* maisisi t>4i 'oelt^ii dvt' duc Roger. Le oomte ; ayant rejeté cetie^ offre i exigea qu'il»' retitrassem-seos la domînàiiifAide-Kiohalrdy 1^^ aîipiari souiie-^T rain. C'est à quoi ils se virent' nsduits,.iê rçV jtini 11098'^ après} un sîége qui avait froQunêncé ait preif îer mai 'pMBf:édeifr/La< comte eut la générosité de leur paroonnert et f l^^^rdiit .spnt entrée trfbinj^liantè à .'Cappoe^ après aval r iisiii lQs<pl\it'«MicèreÀ> et les plus teqdresredidrdfmnnc^ au' comte et' au duâ.'Uusufpa-t teor Landon^ de dépit > se fit .moine, et monnH 90^ ne ^it^en* quelle ^n née* • .•.:.•;• ■.:.".:•. i .j t . *

A l'égaFd>d)j prîncelMchafd^taprès aon entpfe dans Gapop»/: il obtint , dek habitants y in' fertevesMaqU'iàs avaipatéÂ' tanli^k: peine à liil céAer ; aprèa qttosdMni sacré âuvvaiU rancten »Mge.' OeoiFroi MalaCerra (1. lil, c 3)1 par aversion^ peur Ins (^^ pouansy l'appelle totnoorâ pdnœùl^Aversav comme aua^Jonr-^ daio.i, soi| père, et ^icha^pd,. i^ son aiïeuL Ottaviè Ainald» meC sa mort au mois d'è janvier 1106, et remaroue len s|éme tems^' (jue , daps lei supplément ajoulé par. Muratofi. à U; cbréuiqu^ de la tava , cet événement est rapporté sous l'an iioS x do^qoi vi^i-^ serablabieaient vient de la diffàreiiie manière de comfne^noeif l'année; . c. .'..,' - '

Robert I, frère du prince Richard, après avoir goqvern^ Capoue en qualité dé son ptociireup, sVianr révolté contre lui ^ et le voyant près de mourir, étpit entré par force dans Capoue et Tarait livrée aux flammes. C'est par ce trait de cruauté qu^^t se mit en possession de la principauté, i/an iio^^ il reçut dans sa capitale le pape f^ascal 11 , qui s'y était rendu pour çon* sacrer Téglise de Saint-Benoît, t^e pontile y étant revenu l'an tuo, y rassembla plusieurs princes et seigneurs, au nonfbre desquels étaient Robert, tous'les comtes de la Pouille et de la Calabre et grande quantité do barons, avec lesquels il tint une espèce de concile contre his investitures que l'empereur Henri V \ voulait lui extorquer. ))e retour à Rome , Pascal engagea , sous I la foi du serment, l:es barons romains à le défendre contre c^ même empjereur f qui s'avançait* en diligence avec une armée Considérable vers l'Italie. Ce prince, au mois de février 1 1 1 1 , ^Unt près de^ Rome, Pascal lui envoya demander, pour sûreté de sa pei^sonne, des otages; «ce qui ayant été accordé^ l'empereur fut reçu dans la ville au milieu des acclamations. On en vint XVUI. ao

\Si ^ CERONOLOGIE RISTOaiQCT

eniiiiie à une conférence où commencèrent les débats. Henri; ne pouvant obtenir du pape la couronne iinpériale de la même manière que Chariemagne et ses successeurs Favatent obtenue^ cjest-à-dire sans aucune condition « l'arrêta prisonnier et fit main-basse sur les en&nts et les clercs qui étaient ven<js au* devant de lui avec des fleura et des palmes : plusieurs furent dépouillés et d'autres frappés de verges. Ces traitements irritèrent le peuple ^ < oui , touché surtout de compassion pour le pape, se jeta sur les Allemands et les chassa de la vAle. On n'épargna pas même la personne de Tempereur , qui , se voyant frappé au visage, s'écria : Me ççmZ'^Hms mourir ^ mes brades soldais , sam penâer à me défendre ? Ces paroles furent suivies d'un rude combat, où les Romains perdirent beaucoup de monde; ne qui n'empâcha pas néanmoins H^iri de prendre la fuite^ et d emmener aveclui le pape qu'il tint soixante jours en prisoD. Le prince de Gapoue crut ae son devoir de venir au secours do pontifie si indignement maltraité. S^étant rendu à Patenariav il envoya de là trois cents soldats au-seconn des Romains. Mail étant arrivés k Ferentino, ik y rencontrèrent Tolomeo et d'autres seignenrs romains du parti de Henri, qui s'opposèrent i leur marche. Henri, de son côté, quoiqu'il eût déjà passé le Tibre, n'ayant pu raitrer è Rome, les Caqpouans repnrenth loute de leur pays. {ÇUaç. Riaui*^ tome 11 , paoe si5.) ■ Dans cet état des choses arriva la mort du duc Roeer, qui fut de près suivie de celle dé Boémond , son frère ; doimle événement qui mit la consternation parmi les Normands et acaat l'orgueil des Lombards et des Allemands. Ceuz-U, redoutant les approchés de Hemri « choisirent les lieiix les plus propres par l^ur assiette è les défendre , et y élevèrent à la hâte des forteresses. Mai^ le prince Robert , ,par le conseil des siens , jugea idus convenable pour lui de demander la paix au monarque, et 'obtint par le moyen des ambassadeurs qu^il lui envoya. ^ Après la mort de Pascal II, arrivée au mois de janvier iiiSf Gélaie II lui ayant s.uccédé , le prince Robert' et Guillaume i duc de la Fouille , se réunissent pour aller è G^te rendre leurs hommages au nouveau pape , et lui prêter serment de fidélité. De là ils l'amenèrent à Capoue, où il tint un concile dans lequel il excommunia l'empereur et son antipape Burdin, Gélase célébra dans cette même ville la fête de Pâques, ayant sur sa tête, pendant les saints mystères, la couronne impériale. Aobert ivoulut accompagner le pontife à son départ. Mais apprenaot au Mont-Cassin que l'empereur faisait le siège de Turricohfil n'alla pas plus loin et revint à Capoue. (Petr. Diae. , 1. IV, cGQ XaC pnnce Robert termina ses jours le 3 juin iiao, suivaiH F^QU de Bénéyeat ^^ laissant un fils qui suit^

DES COMTBS £T BIS PRINCES M CAPOPB. x55

il fut sacre par l'archevêque de cette vîtle, âaas une §^nde semblée de prélats et de seigneurs da pays. Mais la mort ayant enlevé Robert huit |ours a^rès, Rkhara le suivit au tomoeaa le surlendemain.

JouHDMN H y. oncle du prince Richard If I , devînt son successeur, et fui sacré le 7 de juillet ii^o, suivant Falcon de Bénévent. Sous le gouvernement de ce prince , il s'ékeva- pla<sieurs contestations pour des droits lemporek entre Ita moinw du Mont-Cassin et d autres monastères, rapportées par tUnaldo^ mais , à notre. avis, trop peu importantes pour être mises sous les yeux de nos lecteurs. Son règne fut d environ sept ans. H mourut, suivant Panonyme du Mont- Cassin et Pierre Diacie ( L IV, c. 96 ), le i3 décembre iia-j,

Robert II , fils de Jourdain II , fut son suecesseur dans la principauté de Capoue. Le 28 décembre 1 127 , arriva , de Bé« névent k Capoue, le pape Honoré II, que le prince reçut avec les plus grands honneurs. Ce pontife avaitsjinvité d'avance un grand nombre d'évéques et d'abbés k se trouver au sacre de Robert. La cérémonie se fit par les mains de Tarchevéque de Capoue , dans le mois de janvier iiaS, avec la plus ^frande solennité. Robert y reçut Tinvestiture du pape, apra lui avoir iait serment de fidélité. Honoré étant ensuite monté en chaire, y détailla ses griefs contre Roger, comte de Sicile, par rap*

Fort à la guerre quHl faisait aux Béoéventains , et touchant usurpation qu'il avait faite de plusieurs places de la Fouille , qui appartenaient au saint siège. Impatient de les recouvrer, il exhorta les assistants à s'armer pour sa défense, et pour les y déterminer, il ne fit pas difficulté d'accorder inaulgence plénière à tous ceux qui mourraient dans cette expédition ; moyen étrange, dit Murât ori, qui commença pour lors k .devenir à la mode, pour appuyer des intérêts temporels. Le prince Robert, Rainulfe, comte d'Alife; Grimoald, ligueur de Bari , Tancrède de Conversano, comte de Brindes; Roger ^ comte d'Orîa , et d'autres seigneurs et -barons se déclarèrent alors , avec des promesses magnifiques , les vengeurs des droits du saint siège, et se préparèrent k marcher contre Roger. Le pape, avant de partir y. confirma l'excommunication dont il l'avait frappé , ce qu'il renouvela à Troja , oà de là il s'était rendu. Le prince Rooert et le comte Ramulfe se montrèrent les plus ardents pour la défense d^Honoré. Ce pontife les chargea

£â>Ue^i^ à la tèu de. deux o!kilb l^éfiévenUîns, faire le stcgê dn ' ch^V^au.^ '}a .Pelons^ ^ qu^Us pooiiAencèrent le 29 janvier. Maïs oUjéjçliibuàf«ii»<t devant celte ()labe( ce qui fcausa un tel clépit aU ^ap^i .^Bi-^Uafers/i Mcmte^nebM) ^ qu'il en partit pour laU^r J^o^-U 'duché de Aoxiie«

V . Le coipAie. Roger ;n|s 4éineUrait pas cepQndanl: oî»îf eh Sicile. Il y assemblait une armée avec la quelle il passa le détroit ab printemps, et s'empara de Tarente, d'Otrante et d'autres .places appârtènaàiès à Bbéinond , prince d'Antioche. Effrajé •4e ces conquêtes, le pape s'en retoutn^ à Békiévent^ À^où il Qilvoi^ trois cents cavaliers au prince de Capaue et au comte d'^life , .pour s'opposer aux progrès des armes de Roger. Mais ileàcbékurs de l'été ne permettant poitit à Robert de tenir U campagne , il reprit la route de Capoue , et sa retraite entratna ;la deseriton de ses troupes. Maïs Honoré ne Tt^yant que déshour meuret pertes pour lot en luttant contre Roger ^ lui envoya Ccncio Frangipani , pour lui: offrir l'investiture du duché de la Fouille , avec promesse de la lui conférer dans la ville de Bénéil^nti^oger ne demandant pas autlre chose, s'accorda facilement, avec le pape. Tandis qu'Honoré se k-eikd'à Bénévent jpeiiT cet:^ fonction), Rojgert qui le suit de près aVec va bon corpa de troupei^ arrive au Mont-'Saint^Fétix , près du itendez- •V0US9* et prétend que c'rst là où le pa^ doit l'investir. Honoré soutient afi contraire que c'est dans la ville méftne qtte cette cérémonie doit se faire. Mais le rusé sicilien , qiJtt se défiait da pape , persiste à dire t}ue cVst hors de Bénévent» et non au .dedalis^ 'qn'il- doit recevoir Titovestîtijrei On s'àceorde enfin.

été avecaon fils^ Les ))àrons^t les vines qai tenaient le pai*ii da

Kpe, ae plaignirent beaucoup de cet acconMAodcoient fait sans tir pairttcipation , "parte 'qu'il les mettait à la discrétii^n de Roger.

Après avoir assim de 4a sorte ses droits et ses prétentions ^ lioQôré s'en revint à Route. Il n'y était pas encore arrivé^ iorsou'une partie des Bénéventains s'étant jeté sur GuiHaumCi, que le pap6 a\tiit nommé gouverneur de leur ville , le massacra cruellement. Irrité de ce traitement, Honoré s'exhala en me* nau^es, et envoya le cardinal Gérard pour remplacer Guillaume. Mais Gérard , à son arrivée , trouva que les Bénéventains s'étaient, érigés en coxmxHine^sans tioutefois renoncer à l'obéissance du pape.

Le prince Robert , voyant la puissance de Roger s'àccrDÎtrê «u point que tous les grands et les seigneurs du pays s^empre»^

DtS COMXBS ET DBS.ramCBS •£ CAPOUE. i^

«aient de venir Lui rendre hommage, iabî deci'atrite comme eux Y voulut aussi se r^hdre soa homme^lige. Rogeir voyant alor^ un prince devenu »an vbssal 9 dédaigna les titres de comte ttde diic-, et ambilidnjtia cehii de roi^ Le saint siège était alors disputé entre lé pape Irnlocent et Tantisape Aaaclèt. Roger sVtant attaché au dernier, obtint de lui , 1 an i lâo, un diplôme daté du 26 septembre, en vertu duquel, le jour de Noël suivant, il fut couronné da^s la cathédrale ae I^lerme. Les ministres de cette fonction furent Philippe , archevêque de Capbue ; Roger , afchevéque de Bénévent , et Jean ^ archevêque aé Saleme. Ce fut leprmce Robert qui lui imposa la couronne royale^ service dont il fiit bien mal récompensé, comme on va le voir.

Au milieu de ses conquêtes , Roger s^était vanté qu'il dépouillerait de leurs . états et le prince Robert ^ et Rainulfe , comte d*Ariola et d'AVellibo^ quoiqu^il fût soti parent et mari^ de Mathilde , sa sœur. Mais ce qui devait form<^l^ le lien d'une étroite amitié entre Roger et le comte, fut la cause de leur désunion. Rainulfe s'étant brouillé avec sa femme ^ là traita avec une extrême dureté. Roger ^ dont elle était tendrement aimée , informé de œ tl*aiteknent , P^ppela auprès de lui , et Tayaut coiuplée le mieux qu^il put , Penvoya en Sicile avec soh fils. Ce fut alors qu'il prit les armes contre Rainulfe , auqael il enleva promptemcnt Avellifioet Mercogliano. Rainulfe avait un frère nommé Richard , qui s'était attiré la haine de Roger p(»ar des propoâ hardis, qu'il tenait s«r son compte. L'ayant en. son pouvoir^ il lui iit crever les yeux et -cou^r le nez. Kainulfè , ayant appris à Rome où il s'était retiré., ce malheur^ vint trouver le prince Robert pour le déplorer avec lui. L'un et l'autre ayant rassemblé trois miUe cavaliers et quarante mille ûntassins, se mirent en.eamtpagne pour £aire la guerre à Rogef, et vinrent camper à Monte-Sàrchio Roger, apprenant à Béné- "vent , ou il séjournait alors , ces mouvements , leur envoya demander , par des députés , pourquoi ils avaient pris les artnes contre lui. Robert, dans une audience publique, leur répondit ep des termes : Dues à ^atre maître ^ue nous ne ferons fû pmx m trèoe w^ec itd fuH nmt rendu an àomte Hamni/e sa femme ^av^c ht ^lle d^A^^eHiao et le dtàUau de Merôùgiiano^ yu'il teum inju^etnent enievés. Les ayant ainsi congédiés, il se mit prompt etnent vn ordre de bataille , pour n'être pas surprrs par l'ennemi. Roiger n'ayai^t pu mettre le* Rénéventains dails ses intérêts ) se replia <, comme en fuyant , vers le Pont-Saint^ ^alentin, où, pendant huit jours, il mit totite la r>ontrée à feu et à sang. Robert et le comte Rainulfe, apprenant le départ du roi ^ firent marcher à sapoursuite un corps de leurs troupes j qui^ Tayant atteint , lui livrèrent, le 24 juillet i iSs,

l58 CnONOLOOIB HIFrOâlQITI

ne grande bataille, dont le succès ne répondît pas i la valeur xtraordinaire quMl y fit paraître. Tandis qu'il retourne e« acilc pour fiiire de nouveUes levées , l'empereur Lothaire

une ^

extraordii

Sicile pour fiiire de' nouvelles levées , l'empereur

arrive avec le pape Innocent à Rome. Le pnnce et le comte

d'AIife viennent les y trouVer pour demander du secours- contre

Eoger ; mais ils ne rempoi^lèrent que de belles promesses r qw

furent sans effet.

Roger, de refour de Sicile, Van ii33y avec une année nombreuse de Siciliens et de Sarrasins, soumet la Pouilfe avec une rapidité qui fait craindre au prince Robert qu'il ne Un enlève ses états. N'espérant point oe secours de Lotbaîre m des Allemands, il s'embarque pour aller en solliciter à Pis^ Les Pisans , ligués alors avec les Génois et les Vénitiens , lui fournirent une flotte de cent vaisseaux, avec laquelle il vint aborder, dans le mois de mars ii34, à Naples. De là il passe en dilifi«nce dans la ville d'Aversa , dont les habitanU se rendent à lui sans hésiter. Sergi us , duc de Naples y et le comte Rainulfe , apprenant cpie, par le traité qu'il avait fe«^^fvec les Pisans, Robert s'étai ' " '

d'argent , se hâtèrent Capoue, pour acqui partir du port de Saleme les soixante galères qull avait amenées de Sicile , pour aller se présenter devant Naples. Lui*

dédommage en ravageant après quoi il retourne à Saleme chargé de dépouilles. Les nouvelles conquêtes qu'il fil ensuite d'un grand nombre de terres et de châteaux , remplirent de terreur Naples , Bénévent et toute la principauté de Capoue. Le comte Rainulfe ne cessait d'exciter les barons du pays à se joindre à lui pour arrêter les

Î>rogrès de ce héros. Mais bientôt après il apprit qu'il avait eu 'adresse de les corrompre. Le prince Robert , se trouvant -hors d'état de lui résister avec ses seules forces, passa d'abord à Naples , d'où il revint une seconde fois â Pise. Le comte Rainulfe, se voyant ainsi abandonné , prit le parti de la soumis-^ sion , et vint demander humblement la paix au roi qui le reçut avec affabilité. I..es autres barons imitèrent cet exemple , en sorte ou'il ne restait plus que le prince Robert à dompter. La ville de Capoue, sur laquelle Roger tomba, l'an ii35, se rendit â la première sommation. Roger part ensuite pour Sa* lernc, d'où il passa en Sicile. Il y tomba dangereusement malade; et le bruit de sa mort s'étant répandu ^ on y ajouta d'autant plus foi y qu'ayant perdu , dans cette conjoncture, Albizie , sa femme , il était resté plusieurs jour^ renfermé pour

MS COHTCS ET D£S PKIKCES BE CAPOUF. tSg

^ livrer lealièremeot k ses regrets. Le prince Eobert et le comte Rainulfe, trompés par la renommée , se croient délivrés du roi Roger, et , dans cette ^^nion , ils se disposent à reprendre les armes. Robert était alors revenu de Pise avec un Aon «orps de troapes à Naples , où il se concerta avec le duc Sergins et 4e txmite Rainulfe , pour recouvrer les terres qui leur avait été enlevées, ils débutèrent par investir la ville dm Capoue. Mais Cansolin ^ k qui Roger avait confié la garde de cette place avec ime bonne garnison ^ C|ît échouer cette en-^ ^Ir^rise. Le duc et le comte , en se retirant, emmènent une

frande- quantité de bestiautr qu'ils avaient pris | capture qui leur Jt d'autant plus facile^ que les Capouans, ne se défiant d'aucune hostilité 9 avaient mené ces animaux pakre sur leur ter- FÎtoire. CanseUn, outre cela, voyant armés de nouveau le

5 rince «t le comte , renforça de garnisons les villes de Capoue, e Maddalojii , de Cicala , de Nocera , ainsi que les châteaux des environs. Apprenant que la ville d' A versa cbaoiielait^ il s'y transporta pour la raffermir dans sa fidélité envers le roi. Mais, senobstant cette précaution^ le prince Robert vint è bout d'attirer «dans son parti les Aversans; ce qui a]^nt relevé le courage du ^uc Seisgius et du comte Rainulfe , il se laissa euffager far ses confédérés ii se mettre en mar<iieavec huit piiïle pisàns pour faire le siège de. Capoue. Mieux instruit néanmoins qii%ux de la force de Ja place et de la garnison qui la défendait, il juigea plus k propos de «^arrêter sur les bords du Clanio , dans un lieu dit le Pont-ckiTCaillou , PonU à SeUce^ dans l'espérance que ses partisans feraient quelque révolution pour le remettre en possession de la place. Mais le rusé Can* solin , prévoyant ce qui pourrait arriver <, s'assura des personnes qui lui étaient suspectes, et les ayant fait arrêter, ks envoya sous bonne garde k Safeme. Robert alors chaneea la position de son camp, sans néanmoins s'<éloigner du Clanio. Peu de tems après arriva l'amiral Jean, à la tête de l'armée royale , et s'étant posté sur l'autre bord du fleuve, il empêcha Robert de porter aucun ^judice aux terres de son maître. Ce fut en vain que le comte Rainulfe tenta de déloger l'amiral de son poste. Robert et le duc Sergius prirent alors le parti de se retirer k Naples , tandis que le comte Rainulfe allait se ren*fermer dans Aversa. Le roi Roger étant révenu en santé, passe dans ces entrefaites le détroit, et, de Salerne, où il aborda , reparut inopinément devant Aversa, dont les habitants, saisis de frayeur, abandonnèrent la place et se sauvèrent pour la plupart k Naples. Roger, usant de sa férocité ordinaire, fit mam basse sur la plus grande partie des citoyens quHl y trouva, abattit les murailles et mit le feu aux maisons , de manière

lB9 CHR0N0t4)GIE HlSTORTQtnS'

que la ville fut entièrdment détruite. H alla ensuite faire le siège de Naples. Mais la maladie s^étqnt mise d^os son armée,

il reprit la* rouie d^ A versa , dans l6 dessein dû la rebâtir. Le prince Hobert ne restai t. pas cependant o»if. Avec le

flu n courut a 1 ennemi, et I ayantattoiat avant qti on i attendit/ il le mit en fuite , (it sur lui quinze cents puisonniers ^ parmi lesquels feirent compris deux des, trois- consuls qui coiiduisai^nC l'armée ds Robert , Le troisième aysot été tiié dans le cpmbat.

Après cette victoire, Roger. étant v^uàGipoiie, en nomma' prince sdn troisième fils 'Ànfuse, du cdiisentement de la no-^ blesse , en lui remettant un étendard entre Ves mains , cérë-^ monie qui se fit le t^', octobre ii3S« Anfnse ne fut poini; sacré comme ses prédécesseurs ni ses successeurs , parce que cette cérémonie fut réservée aux seuls -rots. (Oif^p. Rinaid.)

AvFtJSB ou AuronsE , déclaré prince de^Capoue pav b roi Roger, son père, fut reconnu en cette qualité' sans aucune opposittoih* A ,son entrée solennelle, les barons et les citoyens de la ville lui firent hommage et serment de fidélité ; après auoi il chargea du gouvernement mi Ht ai re^ Aimon d'Argenzia^' a'une ûimitle illustre ^ qui- s'éltc^i^it dans le siècle dernier. £lanl venu- ensuite à Saleme , il passa de là en Sicile. Robert , cependant y était de nouveau* réfugié â Pisé , où il avait trouvé àj son arrivée lé pape IniHïcent il. Par'^le conseil de c^ pontife et du cardinal Gérard de Sainte^ Croix, il seTendit avec Richard , frère du comte Rainulfe , auprès de l'etnpereur Lothaire , pour demander son^as^sianine contre le oru^l i^oeei», qui les avait entièpem#fit dépouillés, f .othâtrè , dont ils furent très-bien ac-» cueilli», . (promu de venir l'aifrnée suivante en Italie, pour éteindre le schisme et délivrer le pays du tyran qui le désolait* 11 tint ptaffole^ et , 1 an 1 13^ , au mois de mars , suivant Falcon de Bénéverit , ayant passé (es monts avec une bonne armée, il envoya devant lui' le prince Henri, son gernlre , pivec trois mille chevaux , pour entrer par la'Romagne dans le royaume de Roger, et dirigea sa marche vers TAbruzze. Cependant le duc Sergius étant étroitement ^siégé dans Naples par les gens de Roger, avait couru à Pise pour y obtenir du secours. Sat la nouvelle de ^arrivée de l'empereur, il reviiat en diligence à Naples pour ranimer le courage des citoyens , et , peu de tems après , il fut joint par le prince Robert, qui lui amenait cinq vaisseaux chargés de vivres. Robert ne fit que parahre à Naples, et courut incontinent au-devant de JLothaire / avec lequel il

DES COMTES ET DES PB1KCE5 DE CAPOUE. l6t

passa la fête de Pâques k Pescara. L'empereur de là s'avança ilans l'Abhizze, où il soumit Termoli et d'autres places; puis entra dans la Pouille, où il prit Sîponte et Bari , dont les Romains se soumirent k lui.

Le pape Innocent arriva , de son côté, à San-Germano , d'où étant venu à Capoue , il replaça 9 au mois de mai , Robert dans sa principauté, ^empereur étant ensuite venu joindre le pon-> tife , ib marchèrent avec le comte Rainulfe et le prince Robert ?ers Saleme , qui , ne se trouvant pas en état de soutenir un siège , leur ouvrit ses portes. De là s'étant rendus k Béoévent , ils y traitèrent de Téleotion dfun nouveau duc de la Fouille. 11 y eut alors contestation , pendant un mois entier , entre le pape et l'empereur , pour décider à qui ce droit d'élire devait appartenir. Enfin , ik s accordèrent k nommer ensemble le comte Rainulfe qu'ils investirent duc de la PouiHe , en lui reinettant chacun l'étendard ducal; après quoi l'impératrice fit une entrée pompeose dans la ville. L'empereur , étant revenu avec le pape l Rome, quitta cette ville après un court séjour, pour retour^ ner à Bénévent.

C'était ce qu'attendait le roi Roger pour reprendre ce qu'oii lui avait enlevé. Dès quHl fut informé du départ de Lothàire, il aborda de Sicile à Saleme avec une armée qui le remit en

la première cause de la venue de Lothaire en Italie. L'ayant emportée de force 9 il y déchargea sa fureur sur les édifices et sur les habitants , n'épargnant pas même les vierges sacrées qu^il abandonna k la briitauté du soldat, C^est ce qui arriva dans le mois d'octobre 1187. Effrayé du progrès de ses armes, le duc Sergius, que les Pisans avaient abandonné, se vit contraint de rentrer sous sa domination. Le malheureux prince Robert errait cependant avec le pape , qui , ayant «appris la mort du comte Rainulfe et les conquêtes dé Roger , était sorti de Rome avec mille chevaux et un plus grand nombre de gens de pied , et s^étail retiré k San-Germano. Roger apprenant l'arrivée du pontife en celte ville, crut qu'il était de son intérêt de faire la naix avec lui. Une députation qu'il lui fit k ce sujet ayant été Djen accueillie, il quitta le siège de Troja, qu'il disait alors , et vint lui- même s'aboucher avec le pontife. Le premier projet d'Innocent avait été d'exiger avant tout le rétablissement de Robert , si injustement dépouillé. Mais Roger n'ayant point voulu y consentir , on se sépara au bout de huit jours sans avoir rien conclu. Le roi poursuivit ses conquêtes, et étant passé avec son armén sur les terres des enfants de Borcllo , il en pti( XVlll. ai

l^a CUA0T70L0GIE UISTOBIQUE

de force la plus grande partie quHl réunit à son domaine.' Il en fut de même du château de Calvi qu^il attaqua ensuite. ( Falco, Benti^nU ad an* ii38. ) Innocent , de son cÔté, fit le siège du château de Galluccio dont il ravagea les environs. Mais hoger étant survenu à Timproviste , mit en fuite le pape avec le ))rînce Robert. Innocent n^en fut pas quitte pour ce revers; étant tombé, comme il fuyait, dans une embuscade que lui avait dressé Roger , fils du roi , il y fiit fait prisonnier et conduit au monarque avec le chancelier Aimeri , plusieurs cardinaux et d'autres personnes de marque. Tous ses équipages furent pillé» ^vcc sa caisse militaire qui n'était pas médiocre. Ce ne fut qu'avec une grande peine que Robert et plusieurs barons romains purent s'échapper. Ceci arriva le lo juillet ii3q, suivant Faicon de Bénévent. Le roi Roger , après cette victoire , fit montre de religion , et fit demander au pape la permission de venir lui baiser les pieds. Innocent ne voulut point Tadmettre à moins que la paix ne fût conclue. Le roi lui ayant envoyé de nouveaux ambassadeurs , le bon pape , se voyant sans forces , est contraint de lui accorder le pardon qu'il demandait humblement , et de consentir â la paix. Le roi étant donc venu avec son fils se jeter aux pieds du pontife , jura sur l'évangile de lui être fidèle et à ses successeurs. Innocent alors lui remit entre les mains un étendard, avec lequel il l'investit du royaume de Sicile , et en même teros créa duc de la Pouille son fils Roger, et son autre fils fut prince de Capoue. Tout cela se fit le 7 août ii3^, suivant Faicon de Bénévent. Régi verb RogeriOf dit cet historien , staûm Siciiiœ regnum per vescUlum donai^il : 0jus ducijilio dueatum Apuliœ^ prmcîpialteriJiUQ ejus principatum Capuanum largiius est.

L'année suivante ii4o, le roi Roger envoya son fils Anfuse au-delà de Pescara, pour reprendre dans 1 Abruzze ce qu'il prétendait lui avoir été enlevé. Le jeune prince s'acquitta de sa commission avec cruauté, brûlant et s'accageant tout. Son frère, le duc Roger, étant venu, le joindre, ils achevèrent la conquête du pays.

Le gouvernement du prince Anfuse dura jusqu'à sa mort, arrivée au mois de mars ii44* H ci>t pour successeur Guiir LAUME « son autre frère. Ce nouveau prince assista , la même année, à une erande assemblée que le roi , son père , tint à Capoue , touchant les affaires du gouvernement. Le prince Rooert II menait* alors une vie privée à Sorrento, où le roi Roger lui avait tacitement permis de venir à la prière du pape, (^est de là que lui vint le surnomi de Sorrento , qui a trompé quelques auteurs, en le prenant pour un autre Robert, oiûg!- «aire de celte ville.

DES COMTES ET DES PRII7CES DE CAPOUE. l63

La mort du roi Roger , arrivée l'an 1 1 54 » releva le courage <le Robert ainsi que de tous ceux qu'il avait dépouillés. S'étant mis en campagne, il réussît à recouvrer sa principauté de Ca.poue^ l'an ii55. Mais Guillaume, successeur de Roger, son père , étant venu de Sicile , l'an 1 156, au royaume de Naples ^ le contraignit, ainsi que les autres rebelles , de prendre la tuite. S^étant retiré k Benévent , et n'y trouvant point sa sûreté, il voulut aller plus loin. Mais , au passage du Garillan , il tomba dans une embuscade que lui dressa Richard d'Aquila, comte de Fondi. Maître de sa personne , Richard le remit entre le& mains de Guillaume , qui l'envoya prisonnier à Palerme , où il fut privé de la vue , et peu de tems après , périt misérablement. 11 avait épousé Sabia , dont il est fait mention dans un de ses diplômes, en ces terme: quoniam per intetventum Sabim nosirœ karissimœ uxoris ' et Odoaidi nostri C^merariL ..... hatum Capuœ , mense Mariii per iQdictione décima , anno do^ nuA. Incam»! 182 , et «fuinto anno prîncipatus, ( Gatula , t. III , pag. 224.) .£n mourant, il laissa plusieurs fils, dont l'urv, nommé Jourdain , s'étant retiré à la cour de l'empereur Manuel , y fut honoré du titre de sébaste , et fut député ^l'an 1 1 6G^ au pape Alexandre 111.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

DES

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