‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens (volume 2)Chapitre 43 sur 103 · DUCS DE NAPLES · texte numérisé non relu

DUCS DE NAPLES

« Au commencement, <1U Giannone, le duché die Naplet » était resserré dans les limites étroites de la ville du même » nom et de ses dépendances ( c'est-à-dire de son territoire )• m Mais sous le règne de Maurice , empereur d^Orient , il acquit » considérablement. Ce prince ajouta pour toujours à son ter^* » ritoire les îles voisines d'Ischia, de Kicida et de Procida, » dans la possession desquelles il confirma les Napolitains, ainsi » que nous l'apprenons de saint Grégoire le Grand ( liv. 9 , » ép. 5!-^ ). On y joignit ensuite Cumes , Stabia, Sorrento et » Amalfi, ville qui , jusqu'au tems du pape Adrien et de Char- » lemagne , dépendit de ce duché de Naples , ainsi qu'on le

Naples s'intitulait duoi Campai province contenait plusieurs villes sur les bords de la mer,' « qui étaient soumises aux Napolitains, et très-souvént l'on » trouve dans les lettres du même saint Grégoire , episcopts » Neapolikmis. »

Le duché de Naples , dans son origine dépendant des exar^qoes de Ravenne , dut être créé par Longin , en 568. Toute la puissance des Lombards , des empereurs irançars et des empereurs allemands ne put jamais assujettir le duché de Naples. Ce devait être l'ouvrage des princes normands dans le douzième «iècle.

D'abord, les ducs de Naples étaient nommés indifféremment E^r les empereurs ou par les exarques i et les empereurs déco-;'

f]6 CMRONOLOGIB HISTORI^fUfi

raient ordinairement ceux quUls envoyaient de Constantinople du litre ou de mattres de la milice^ ou de consuls impériaux. Après Textinction de Texarchat , le peuple de Naptes acquit d,'abord le droit de nommer les ducs alterkiativement avec les empereurs , ensuite de les nommer seul. ( Saint-Marc. ) ' La liste des premiers ducs de Naples est fort obscure. Nous nous en tiendrons, pour cet article, à ce que M. de Saint-Marc a pu découvrir.

ScHOL ASTIQUE paraît avoir été fait duc dé Naples au tems de l'invasion des Lombards. De dire quand il a cessé de Tétre et ce qu'il y a &it , c^est ce qui nous est impossible..

GUDISCAL fut vraisemblablement successeur de Scbolastique au duché de Naples. Il n'en jouissait plus en 5g2 , lorsque les ducs de Spolette et de Bénévent projetèrent de faire la conquête de Naples. Saint Grégoire le Grand sollicita vivement Pexarque Romam de donner un duc à cette ville , qui , sans cela , serait infailliblement tombée au pouvoir des Lombards.

Maurence fut nommé duc par Texarque Romain ou par Tempereur Maurice , en $92 ou SgS. Phocas le révoqua eti

GONDOiiï , nommé duc de Naples par Phocas , cessa de vivre ou fut révoqué Tan 61 5.

Jean de Gonza ( en latin Joannes Compsinus ) usurpa le duché de Naples , peut-être en 616, au tems de la révolte de Ravenne et du meurtre de Texârque Lémigius. Comps , aujour* d'hui Conza dans TAbruzze , paraît avoir donné le nom è ce duc , qui vraisemblablement était un des principaux citoyens de cette ville. On a prétendu que l'empereur Héraclius l'avait envoyé de Constantinople pour commander à Naples ; mais il n'est pas à croire que , dans un tems de trouble , cet empereur fût assez mal habile pour confiere en Italie, des gouvernements de cette importance a des naturels du pays. Il est plus probable

Îue le duc Gondoin étant mort quelque tems après le meurtre e Lémigius , Jean profita du désordre que, la révolte de Ra-* venue occasionait dans cette partie de l'Italie, pour s'emparer de Naples qui se trouvait sans duc. Son intention était de s*y rendre souverain indépendant : mais dès l'année 61 7 ^ l'exarque Eleuthère , après avoir rétabli le calme dans Ravenne , marche. à Naples avec toutes ses forces , combat Jean qui vient à sa rencontre 9 et qui, défait | va s'enfermer dans NapLes. La ville

Ht emportée d'assâitt et riisî]r{>Meûr décapite; Mos dateurs modernes, dit Gîatinone, ont débité de» Cibles étOMiante* atr sujet de la rébellion de Jea» de Cônza. Us prétetidentqtf^pipèt ooe ce duc se fàî ^endu maître ab^ohi de K^ples , il soumit également U FouiKè^, la Callibi^ et dWers aetrts > lieux du royaume \ Quil s^n fit reconiiakre pour roi ,'allaii€'pveiAièrtt^ ment à Rari', où il fot couronné avec une couronne du fer^ eff ensuite à Naples avec une cooronnë d^or^ Maift ees-c6ivqàdtes,' ces deux couronnements^ cette coUrofifie de fer de Barl sbiif des chimères , dont il ne se trouve aucune ^ace daM lé» blâH toriens ni dans les monuments kiiitoriqfie# d4 tems- ô« véiiiM

du tems.

THéoooiis 1 fut bttss^ pour duc de Naoles p2^ f^«lfqu& ElsBthère. M. de Saint-i-Miarc présume. qu'iV Celait, «nipoiie ft' 646. SumiDontc croit que <)è fut lui qui fit, bâti» i Hofifiê Téglise de Sointt-Fiarre ^LdeiSaint-tPaùl. fiiMm^vIecomi)^ cette opinÎM, foadç su^ une , inacciption grecque^ «ni dsIA celte fondation d^l'indaciioaiv^ qui se rapporl«.| selon Wf« À l'an ^i^. Mais ce sawam l^omme.ae ftisak pasia^éiiik)!». ^pM riodictioa iv veinait tous les. quinze atn&, el ^u^joUe .Xomhk en 64!^. ' ■ i ■'.'..'.. i

Depuis 647 {osqu^ei^ j^Oi^ ou environ ^ Kaples en*, im». o«( trois ducfri dont les noms ne son^ point qonsflivé^' . . . i

JSA» II,- dit deCvii^fiS, é¥a(« due dte Napled en ys?, 4aMqoè Romuald 11, duc deBénévent^ s*empara du châleai^m Gutnesf tt ee ftit h la prière du pape Grégoire II que* Jean^ reppritjoo château. Mais on ne peut dire combien de tems îl coasenrii depuis le duché.

ExHtLAR ATS était due de Maples en 7^6 , et moumè àvca ton ib àkM la guerre ^'il fit iipx Romnim, aouie^ contre rempereur Léon risauvtei^

ETfEimE t était ^véoue et d«K: de Naples en 760; cW «e que «cas ap(>rekiM# de la lettre soîicaatième du pape Adrien f , pr laquelle il mande du roi Ciiar(emaa;ne, qu'Btiemie, é^è^a^ et duc de Naples, lui a donné avis de la mort de l'empereur Constaatjn (ou plu^t Léon IV i comme povuit; silre«ient leuxte original , que les copistes auront coirrompu en j aubstatuant le nom de Cpiistanlîn). Erieniie uvait été marié avant aoaépiscoi* W , et laissa i)pe fille nommée £upr|aie , qui épousa celui qui lui snccédi^

XVIH, a3

TflâePHaB 0M TfléppaYM€7]&t. Çendm et successeur de Vé- Téque.ei 4u€'£tie.nn4*y d9IlAJ$pn.4^ché,.fut honoré du titre de co»suL Ayant, vpulu donner un élraDgi»* pour évéqoe aux Napo- Vitaio^t il i/'rlta. par-là 1^ clergé.,. qpi ^souleva le peuple à son %QQr«;lai cpfifusiop. que cette .qiierellç ocçasiona , se; répandit dana ^ufi;Ie8 osrdr^s, de la vîUp. Les, p^us; sages* des citoyens^

5 oi^r. rétablir Jie qalme , étant veam trouveJT^EyPEAXLE ^ femme e Théophile, s'en rapportent ^ elie-mêine sur le choix du piiélat^ £Hle nqijimà ui^ la)ique.ve|L|f f nommé V^ult q^i ^^^M secdnd' évoque y,. 4^ Napleç., de sojn.nom, cç qui fut agcéé de Wms les Qcdires. Théophile était encore duc en 7$8. .

Anthym£ , après la mort de Théophile , parvint au duché de, Naples y "quil : administra fort {sagement* Il avait épddsé THÉoesiffAKDE, qui ne loi cédait pas len vertu.. Ils .fbndëfent «ineoible diss églises et des hôpitaux. Les- Sarrasins d* Afrique ^festant'ieg iles voisines de Pltalict, le patrice Grégoire , qui éoiBmavdait en Sicile , manda , Tan Bi3 , au duc de: Naplea de saMmbler tous ifis* voîsseaui? de loU' duché pour venir à son se- M«r9i< Atithym» ^'^cusâ ;- aous* dwërs prétextes , de déférer i sa ^fiMaitdeJiOeqK de Graëteet d^Amsdfi furentinoinstlifficîles; ils mirent en mer le peu de vaisseaux quHls avaient , pour donner kftbaMSib ate» bifidnes ;;mafs Us ne purent lèsemjpécner de.piller Tîle de Lampadousa^^et-de prendre sept navires epvoyés par Grégoire , pour observer leurs mouvements. Grégoire^ informé de ; œt ëvé«enR4)ol ,' paf tir aveb une flotte plus considérable ;. et 4yant'<àtteifi& celle aes Stair^sitis^ il fit; une telle. boucherie de eQux.qttilaf:mllnt]aient^ qu'il n'en resta pas un^eul en vie; c^ que^nous ine .sommes nullement: tenus de croire,: dit Muratori. Les Sarrasins, vers le ménie tems, sacç^èrent TiLe de Ponza et celle de Maggiore près de Naples ; ce qui obligea âiégèineà'faive^. avec eux', un traité de paix* pour dix ans. (Murât.) 'M;, de âaini-JMare place la snort du duc AnthyniQeii 8 II. Mais ce qui vient d'être rapporté i prouve * qu'il viyail encore en 8i3.

• Le». Natk>Utains lie pouvant s'acborder sur le anccessear d'Antbyipe,) dépntèurent a» ^^yerneur de Sicile , wai leur envoya le prptQspathaire THBOcriaTfi., qui knotirut pea oe tems après.

Théodors II f protospathsûre, succéda au.plut^t.^ l'an 8i3|. au duc Théoctiste. Les mpoUt;»in9, mécontents de son goiivei^ nement , le chassèrent bientôt après, et mirent en aa place :

*£ti£:nn£ II, dit LE JetjnSi petit-fils de réyé^gue et du(<

DES Dtcs Dr vkPtzs. ijg

Etienne. De son tems, c'est-à-dtre l'an-8i7* Sii i^tUf^t^Sicom prince de Bénévent , désirant de conquérir la ville de ^aples> vint &ire le dégât dan^ «es environs, sans néianmeids oser en faire le siège. Fergnànfr ensuite de véulbir fdire un traité de paix avec elle, ily envoya des députés chargés dis gagner les principaux des citoyens à prix d'or , en quoi ils réussirent; Etienne s élant présenté devant l'église de Sainle-Stéphame-j y fut massacré par des' Èon'jiirés; ce qu^n^e dut amver^ m pla*. tôt, suivant M. deSaînt^M'arc, qt^Vn^ae,^ ^

BoN^yPun des assassins du duc Etienne, 'lui Ait substilué. Le preniier usag^ qu'il fit de son aut^nté , fut. de faire* att»ét«r ses complices, dont il priva de la vue les uns , et envoya les iutres en exil. Le caractère de cfe duc, dit Muralbri , tie-ré^ pondit nullement h son nom. C^étail un scélértit Vjui 'fit main4 Basse snr les biens dé Tériise, et maltraita en 'toutes manières e clergé. L'évêque Tibère l'ayant menacé de la vengeance divine, il le fit arrêter et enfermer dans une du.re'pris^>n^ <Jù il le condamna au pain et à l'eau. Non content de ce traitement^ îl força les Napolitains, par prières et par menaceis, d^éliré'nn autre évêque. Le choix tomba sur le diacre Jean , qui s'écria t Tant que vwra mon êoiqwe ^ je n*umrpêraî pas sort siVJ^ft'Boit . commanda au'ôn allât tuer Tifcère,, et prononça là éo^E^â^Atioti de tous les biens de l'éviêché. Jean protesta' contre la vît>tèncé qu'on lui faisait, et s'y soumit, en exigeant du d6c qu'il lui permît de voir Tibère, et qu'il s'engageât par sei'njent de ne

5 oint attenter à h vie de ce prélat , de né loi faîreaûeun tort ans ses membres , et de ne point le transférer hors dfe l'évê-* ché. Jean, par ordre de Tibère, consentit ensuite- à- soti- élection, et sur*-le-champ il fut intronisé : mais on ne'put obtenit' de lui qu'il se laissât consacrer. Il ne le fût qu'après la mort de Tibère;'et tant que cet évêque fût en-vie, il né prit ;d%lrtré titre que cehit à'éçéque éli». Muratéfi, dit M. de S^nt^Marc^ que nous copions ici, prétend^ que. Boii ne fut d6c que*dix4]uit mois. Ce savant annaliste se trompe :.Bon fut duc, peur le plus tard, en 820, et le fut environ quinae dn». Siconvpi^ilce de Bénévent ,' ént presque toujours les armes à la main o^nlre lui ï ' son dessein était de lui enfever Naples pour l'uriir 4 sa princi*^ pauté. Etant venu faire le sîége de cette ville', il ouAipit-, avec ies machines de guerre , une grande brèche dans ses murs, da côté de la mer. Pour la sauver du. pillage , le duc Bâti demanda la paix , et donna en otage sa mère et ses deux sœurs ; mais* ses députés obtinrent que le prince de Bénévent n'entrerait que le ^ lendemain dans la place. Les Napolitains ne restèrent pas. oisiia

^8^ tpAOHOtiO^S «S3PO«QX7E

{i««d»it *hr nuit ; iU l'cna^Uv^rant i couvrir la biiche dW poUveau mur^s^sar lequel* 4 U pointe du jour, ils se firent voir, en armes,- et résp|us de se défeodre. lis envoyèrent cel^eadsot Urc6 » leur aou^el évalue y pour demsnder eacore U peti * mais evee de» fXkoditions .plus douces (]ue celles de la l'aille. Contre toute •p.b^rençe t $icon se laissa toucher aui prières du prélat; mais il ezî^a que le duc de Naples lui payât un trâbut annuel t ft <|ue la vdle lui fit présent du corps de Pé* véq'ue martyr, saint janvier p qu il ût trfuasporter à Bénévent.

. iiioH^ fil4 et s|ieeess0ur de Bpn, m garda que sb meiile ducbé de MapleSf e( fut chassé par son beau-père^ qui suit :

AK9RÉ, après l'expulsion 4e Xeon ^ son gendre, se mit ea possessicm du duché de Naples. L'ayant tiré de prison , presque aussitôt y il le cou&na, sous bonne garde , dans une cnambre voisine de T^glisie de Saint- Janvier. Vers le même tems , Sicard| prince de Bénévent , non moins ambitieux que Sicon^ son père, reoommenga la guerre , à son exemple , contre les Napolitaini. André ne se trouvant pas en ïForces pour lui résister , appela de Sicile une flotteconsidérable de Sarrasins, Alors, Sicardioti* midé , prêta ^oreille k un traité de paix » en rendant les prison* niersqu^il avait fai;U sur Aqdré, Mais les infidèles eurent k peine l'^B^g^^l^. Sicile, que Sicard rompit la paix et se mit àpersé*putor de uoavpau les Napplitains. L'anonyme de Salerneuit ^ue la rupture vint de ce que ceux-ci n^gligeaîent de payer aux premiers }e tfibpt dont on était convenu. Quoi qu'il en soit , picard vin^ au mois de^mai 836 mettre le siège devant Naples. La ville ét^nX alors dans la disette de vivres , députa au prince un mkune'de haute renommée, qui s'étant jeté à ses pieds, lui pri^ i^iswcarde, et lui pentiiada (j|ue ses concitoyens étaient disposés à se rendre. Sicasd att^adn par $eê prières , envoya KolTred,, wà iavori , à Naples ^ pour connaître les dispositions des babiUnto. Admis par leâ habitants, il remarqua dans U place une pie^te memlagne de grains , et demanda ce qu'elle signifiait, Qn l\ii Képondftâ que tous les greniers étant reiupl" "* blé ,'iQn.ên avail jeté Texcédent : mais ce monticv^le n'était que ilp sable , dont on avait recouvert la surface de blé. C'est ainsi que Koffred fut dupé. L'opinion commune fut néanmoins ^ue les ^Napolitains le régalèrent de quelques fiacons qui paraissaieni «être du vin , mais remplis de pièce d'or, qui firent, comme de oontume , un merveilleux eflfel. De retour auprès de son maître, EofFred ^ par le récit qu'il lui fit de l'abondance cpi'il avait observée à Naples, l'eogaga à se prêter k jme capi*

BE9 nues DE flAPLZS* |8|

t%làtîob '^î MQTa la libeHé de» NapoUtàina ^ sons lâ Cimditîon néantfioins de payer exacteraenrt \e tribut ordiikSiire au priace èe Bénévent. Ce traité, signé par Jean , évéque de Naples , et Andi'é, makre de la milice (c'est le même que le duc André), a été «publvé par le Pelle^rîni , dans son histoire des I^ombards. Mais û fiât de tourte durée ; car , dans la même anifée ^ Sicard l'eprit les «mes contre les Napoliuios. (Murât. Annai.^ t. IV^

Kg. 570-572. ) 11 tenait encore Naples assiégée lors^u'en 889 ^ mpereur Lothaire lui envoya un de ses barons nommé Con^ t^rd , tM^t le porter h se dâisber de cette entreprise. André retirft te l>anon k Naples, pour contenir la pélulaace 46s ci<« toyens , sous la promesse qu'il fit de lui donner en mariage Eupraicie , sa fille, veuve du duc Bon : mais le raariarge ne s'accomplit point. Coiitard, pour venger la mauvaise foi d^André, le tua die sa lïiain. Tan 843, dans le baptistère de Saint-Laure»t^ *piès quoi il s'empara du dudhé en épousant celU qui lui était promise. Le peuple ne laissa pas ce crime imfiunt , et trois fOQfs après-, ayant forcé la maison épiscopale où Contard de-* miiuFiak , il le passa au fil de Tépée^ lÉi, sa femme et tous ses amis qn'il avait ratoemUés. On prcteéda ensuite à Téiectioil d'uli ifotfvéiau àoc , <]ot tomba sur

S&11GIV8, personnafle des pius distin^^iésde Nâpks, comme ôfi lé voit dans la vie de saint Athatiase, évéqae de cette ville « publiée "par Muratori. (Rer, J/oi. , lom. H , par. II. ) 11 avait été et^^yé^ te four même de la mort du duc André , en jÉnbâssadd à Siconulfe, prince de Salerne, qui faisait alors le siège de Bénév«nt , et ^ fiât son fils ^'on lui dépdchb pour lui annoncer ion élection. Se^ius [ustifia, par sa conduite, lechèix que a^a o^Achoyens avaient £Mt d6 sa personne* Les Sarrasins étant ve- Rtii avec une gnande (lotie , Tan 845 , faire le siég^ de Vile dû ^onza, le vai^ant Sergiu», avec ses vaisseaux réunis à ceux â^Âmslfi, de Gaëte et de Sorrento, fondit sur eux, ^et, les <yânt tms fftt faite , reprit encore File de Licosa dont ils s'é- ^^Bt tdùitis maître». Lès Infidèles, de retour en Sicile, pro-* parafent , à Palertnd, un oowvèl armement:^ avec lequel ils s'emparèrent du château de Misène, d^où ils infestèrent les t^iti de ritalie. ( loan. Diae. , Vit. ^pùco^ Neap. ) Etant de là partis , {'srmiée stiiv»ite ^ ils entrèrent avec une Aotle redou* table dans ie Tybre, et pénétrèrent jusqu^aux portes dé Rofiie« ^'its trouvèlrent trop bien fortifiée pour oser en faire le siège* Maïs ils déchargèrent leur fureur sur la basilique de Saint*- I^ierre , qui alors était hors des murs. Après l'avoir pillée , ils tournèrent vers Fondi, qu'ils tirrèreiit aux flammes, et dont

l8l CflHOT!OLOGtB HIStOllIQUS

ils massacrèrent une partie des habitants , emmenant Tanfre en esclavage. Ils allèrent ensuite s'établir à Gaëte , en altea-iint de noureaux renforts -des lears. Ces funestes nouvelles «tant parvenues à Louis II, roi d'Italie, il donn» or^re aux Spblettains démarcher, avec toutes leurs forces, contre ces barbares. Jean Diacre raconte que l'empereur Lothaire, sous le nom duquel* Louis, son fils, agissait, fit partir une grosse armée, qui , ayant atteint les Sarrasins , les poursuivit jusqu'à Gaëte. Mais comme ceux-ci s'étaient mis en embuscade dans les défilés des montagnes , ils surprirent les Chrétiens , qui n'étaient point sur leurs gardes , les mirent en déroute , et ea tuèrent le plus grand nombre dans leur fuite. Ce qu'il y ei|t de piîre, c'est que Cësaire-, fik de Sergi us, étant accouru ayee des brigades de Napolitains et d'Amaliitains , pour arrêter les Sarrasins dans la poursuite , leur livra une bataille où il fut battu. Les vainqueurs ayapt pénétré jusqu'au Garillan , dans le .Voisinage du Mont^Cassin , à Tentréé de la nuit , s^arrétèrent

b, comptant faire'le lendemain nn riche butin dans cette maison. Mais le fleuve , dit Léon d'Ostie , qui était guéable , s'enfla tellement durant la nuit , qu'il s'étendit au-del& de son lit , ce que les Infidèles ayant vu à leur réveil , ce fut une; nécessité pour eux de retourner à leur camp sous Gaëte, dont ils avaient cominéncé le siégé. Ils le continuaient avec les plus grands efforts, lorsque Césaire,.fils du duc Sergius, ayant abordé au port de Gaëte avec des vaisseaux napolitains et aimal-r fitains, délivra la place par la terreur qu'il mspiraaux assiégeants.

Landon , prince de Capoue, étant devenu paralytique, Sergius, oubliant les traites qu'ils avaient faits ensemble, lui déclara la guerre, vers 8(io, assisté d'Adémar, prince de Salerne. Mai& Landon lé Jeune , qui avait pris les rênes du gou-* vernement pendant la maladie de son père, étant venu à la rencontre de Grégoire et de Césaire , hls de Sergiu^ , fondit sur eux comme un lion, au pont de Theodemond, et, les ayant mis en déroute, fit sur eux huit cents prisonniers, du nombre desquels fut Césaire lui-même. ( Erchembert. HisL ,

Le duc Sereius ne vivait plus en 86a. C'est tout ce qu'on peut dire de plus précis sur le tems de sa mort. 11 laissa plusieurs fils, dont Taîné, qui suit, lui succéda. Deux autres de. ses fils, Athanase et Etienne, furent évêques, le premier de Maples^ le second de Sorrento.

Grégqibe, fils aîné du duc Sergius , était son collègue long-

i>ES DUCS DB H AFLSa. 1 8.3

f«ms av^nt de lui succéder. Cétait un prince repipU de. sagesse et de valeur. Tant qu'il régfia, les afiaires du duché de Naples ^ dit Minraftèri y chemioèrest heureusement. Lorsqu'en 866, Tempereur Louis' H alla .prendre .les bains à.Pouzzoles, il était mécontent des Napolitains'et de leinrduc : mais- Grégoire em^ plbyaypMr l'apaiser ^ «on. frère Aihanase, évêque de Naples, H c^ prélat, respectable par U sainteté de sa vie^. obtint de Louis iq«'il ne ferait point d'hostilités, et qu'il ne viendrait pay mette à Nâples. •

Grégoire , à quelque tems de là, tomba malade, et , de l'avis de ses frères, il s'associa Sergius , son fils, auquel, dans sc^ derniers moments, il recommai^da fortement de suivre en tout les conseils d'^Athïinase , son oncle. M* de Saint-Marc met snf la fin de 866 la mort du d tic Grégoire; en qûôi'il nous semble préférable à Murât orî, qui noiis donhe Grégoire comme encore vivant en 916. (^Ànn. d'ItaL^ tom: VI, pag. a8o. ) GnSgbirei ouûH^'le fils quî suîtv en .laissa un second ,. nomrmë Ath^nase cotmine son oncle ^ qu'il rempli, sur. le siège de Naples , aprè^ sa mort «. anriv.ée le i3 juillet 872, niais dont il n'imita gu^rcf les vertus, 'Etienne ,. évéque ,4e Sprrento.^ fut jie, troisième j^^ de Grégoire, et Césaif^ spn quatripmç. (Murât.) . , .. .«,

'I '«ni

SERGiira II«. fils et successeur du duc Grégoire^ remplit . d'abord' les 'intentions de son p.ère , et gouverna sagement, tanf qu'il suînii lesf Conseil» d'Athanase, son oncle. Mais son épouse et" la nftère «de cAtte fem<ne , égaleii^eint ;OrgiieiUeuse ,ruîiÇ'.,ç^ l!auine , .œ . purent soiiffrir long-iems que Sergiuji (ût comme seuipifli àion:Oncle. Leurs icisÎQuations et les discours de qucU

SnesÂittknrs q«*elles Créant parier, livrèrepjt jûxt^qM^i ce jeunç UG à ses mauvais penchants , et le portèrent à. faire arrêter Aithenase- avec -ses: dt^x autres oncles,' £tiepnç, évéque de Âorhïnto^ et Cësaire. Le clergé grec et le çlçrgé Win., et lef moines avecf le peuple r^lanièrent leur évêque. ' Se;rgija$ prit dq (ien^Sf.nour déiibiérer,.ei.'sept jours après,, informé que le clengé raflait excomm^fiie.r et mettre les églises. en interdit, il se faâta'de relâcher se^ oncles; inais il fit garder Athanase à «vue dans ie palais épi3i;opal:, persécuta lest ecclésiastiques , <}pprima les veuves et les orphelins restés, ^ans protecteurs, et * unit plus ëlroiteinient ^U3^'$afra^ins dans le tenisque Tempereur Louis faisait contre eux (e siège de Bari. Cq prince, dont Athanase avait iknploré la protection ,. chargea Martin, duc d'Amalfi , de l'aller enlever à ses periséculeurs. l^artin exécuta cet ordre avec succès, et battit plusieurs, fois lea Sarrasins «v mer et sur tçrre*

i84 ctf noROLootfi butorkpje

AthsinMe élanl allé remercier Tempereur à Bénevent , de U se rendit auprès de Pévéque Ëtîeoae , soo frère, à Sorrenfo. U ne s'y trouva pas en sûreté : informé que la ftmmfi de Sergiw

Sentait à le faire empoisonner, il alla te réfugier à Rome auprès u pape Adrien II. Pendant son absence, Sergius pilU le trésot de Véglise de Naples ; ce qui lui attira une excomsauni^tion de la part du pape , qui , dans U ^lé^le tems , finappa d'interdit la vilte, parce que ses habitants^ avaient refuaé. de praodre U 4éfense de leur évéque, quoique vivement sollidtéa par if pontife.

De R(HPOie, Athaoas^ étant allé retrouver Vempereur ven lê mois it wn 817a, se retira emiiite à YeroU , près du Mont* Caaiia- V étant too^bé malade, il mourut en odçiiF de sainteté, le i5 (uiU^tSya, jour où Tégliae liouore sa xnémQ.ii^e. (Itfuralori| Saint-Marc.)

Les Sarrasins , que IVmpereiir t^ouis II Avait repoussés jiis« qu^i Tarente, voulurent se relever de leut^ pert'es sous Charles le Chauve, son successeur, en 875. Les Napolitains y les Aima* fitains , les Salemitains , alarmés et hors cTétat de résiater par eux-mêmes aux forces de ces barbares, et ne sadiant ^ qui s*adresser pour obtenir du secours, prirent le parti de leur demander la paix : mais elle ne leur nit accordée que aotis li Condition de joindre leurs armées â ceHes des Sarrasi^ns, pour tes porter contre le duché de Rome et contre cette svîUa même. Le pape Jean VIH , averti de cette convention, s'em<pressa dt recourir à Tempereur , qui envoya LaHi|>ert, duc de S{>olette , et Gui. frère de Lambert , à son secours. Le ppess imit lui-mQme k la tête de ses troupes, et lea conduiast ireif Naples. « Ce fut pour la première fois, dit Giannone, qu'on » vit un p^e général d'armée; certainement le motif en était » pluff que spécieux, puisque le pérH requérait de grands efforts » pour se défaire des Sarrasins , qui s'étaient proposés de bou« » leverser l'état de l'église eï le pontifioaf. 1^ pape. n'épargna » rien aussi' pour rompre la ligue qne les Sarrasins avaient faite » avec nos princes ; et il réussit oe manière auprès de Gaifrei » prince de Salerne, que, non-seulement il l'en détacha , mais » qu'il le détermina même & se joindre à lui contre les S^po** » fîtains , qui persistaient avec obstination dans leur premier 9 engagement m. Le pape, à la fin, vint à bout de gagner le doc Sergius , en sacrant , l'an S77 , évéque de Naples , son frère Athanase : mais en cela il lui rendit un fort mauvais service^ car Athanase , dévoré d'ambition , se saisit la même année de Sergius | à l'aide d'une faction qu'il avait ameutée, et lui ayant

DES DUCS DE ITAPLES. l8S

fait crever les yeux , l'envoya prisonnieir à i\ome, oà il termina mbérablement ses jours. .

Athanase II , évéque de Naples , s'empara du duché après le traitenkent barbare qu'il venait de faire au duc Sergius , son frère. La conjuration qui îivait fait périr ce prince ,.n était pas étrangère, à la cqur de Aome. Il est certain qu'elle fut l'enet de quelques-uns des ministres de Jean VIII. « On n'en saurait » douter y dit M. de $ainti-Marc, en voyant ce pape , dans une m lettre du mois de novembre 877 , dire à l'évéque Athanase ,

• devenu duc : Nous rendons d'innombrables actions de grâces 9 à votre grandeur qae Dieu chérit, et notre bouche apos- » tolique vous élève justement au-dessus de tous par des éloges j» que vous méritez en agissant selon la parole du Seigneur qui

• dit : Si votre œil vous scandalise, arrachez-le et jetez-le loin 9 de vous. Vous avez vu votre frère persécuter l'église en impie,

• et ne pas aller au Seigneur par 1q droit chemin ; oser téme- 9 rairement , comme un autre Holopherne, attaquer Théritage

• sacré de Jésus- Christ no|re Dieu; déchirer d^u ne maniera 9 sacrilège la succession de vos pères. Arinsi^.le jugeant indigne 9 de posséder une aussi gfande dignité, vous avez eu soin de

• le frapper des traits de la vengeance divine ; et vous n^avez

• pas épargné votre propre sang pour obéir au Seigneur, qui

• dit : Quiconque aime son père , sa mère , son frère plus que 9 moi , n'est pas digne de moi. C'est ce qui nous fait connaître 9 que vous serez en tout digne de Dieu, puisque votre sainteté , 9 par un dévouement fidèle, n'a pas craint cle retrancher et de 9 rejeter loin de votre corps un membre que la gangrène infec- 9 tait depuis long>tems. C'est car là qiie le juste jugement de 9 Dieu s est exécuté sur ceux qui, gouvernant Naples jusqu'ici 9 parleur propre esprit, et non suivant l'esprit de Dieu, causaient » au dehors et au dedans une infinité de scandales, mettaient 9 le trouble partout , commettaient ties homicides , faisaient I» arracher les yeux. C'est parla que l'injustice cesse de dominer, 9 que le pèche prend fin , et qu'un homme de la maison de 9 Dieu va prendre, avecla crainte de Dieu devant les yeux,

• connaissance de tout, et gouverner comme un digne pasteur » le peuple de Jésus-Christ , en toute justice et sainteté, en 9 toute vérité et mansuéitide, et non comme un mercenaire, » l'abandonner et le perdre »» ( JuL César. Capactio, Hîst, Napol. , liv. I.) Croira- t-on que les louanges ^u p^pese con* vertirent depuis en anaihèmes ? Guidé par soa avarice , Athanase renouvela l'alliance avec les Sarrasins, leur accorda près de Naples une habitation , et oe se fit pas scrupule de partager

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