‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens (volume 2)Chapitre 51 sur 103 · DES COMTES DE SICILF · texte numérisé non relu

DES COMTES DE SICILF

Honoré 11 et toute sa cour en furent vivement alarmés , tant parce qu'ils prélendaient.qoe la Fouille était nù firf dévolu au saint siège , que par la crainte de Tagrandissement d'un prince

3ui , joignant k la Sicile la Fouille et la Calabre , serait en état e £iire la loi à Rome. Pour^arréter ses progrès, Honoré passe à Bénévent, et de là à Troja, dont les habitants lui font ser-znent d'obéissance. Le comte Hoger Tavait prévenu par une ambassade chargée de riches présents , pour lui demander Pinvestiture du duché de Fouille et de Calabre. Mais le pontife la refusa^ comptant mettre tout le duché sous le domaine immédiat du saint siège , ou plutôt en investir Boémond II y prince de Tarente et d'Antioche , qui , comme neveu de Robert Guiscard , y avait plus de droit que Roger. Celui-ci , voyant qu'il ne pouvait rien gagner sur l'esprit d'Honoré , donne ordre à ses ûîRciers de commencer les hostilités contre Bénévent. Le pape s'y étant transporté , fulmine une excommunication contre le comte ; ce qui détache de son parti Rainulfe , comte d' Alife , qui se jette aans celui du pape. Une seconde ambassade , en-* voyée par Roger au pape , pour l'eilgager à lui accorder le dujr chéy ayant été aussi inutile que la première, il passe de Sa*

les se

trouvant à Capoue , engage plusieurs seigneurs qui s'y étaient rendus , à se liguer contre le comte Roger en faveur de l'église romaine. Ce prince, au mois de mars, repasse le détroit avec une puissante armée , prend Tarente ^ Otrante ^ Brindes , et vient se posCer sur les bords du fleuve Brendano, en présence de l'armée pontificale , qui , n'osant ^attaquer , se dissipe peu à peu par les désertions. Le pape alors , cherchant à mjBttre son nonneur k couvert , fait proposer secrètement au comté de lui donner l'investiture qu'il désirait : mais il exige qu'il vienne la recevoir à Bénévent. Roger , qui était dans la défiance , veut qu'elle lui soit donnée hors de la ville, dont il s'approche, pour cet effet, aivec un bon corps de troupes. Le pape veut bien user de condescendance, et, étant sorti de Bénévent le âa août, il a, sur le pont* avec Roger une entrevue, dans la~< quelle il lui donne l'investiture du duché de Fouille et de Ca* labre et de celui de Naplés.

Roger, l'an 1129, oblige Robert II, prince de Capoue, à te reconnatlre son vassal. L'année suivante , il embrasse le parti de l'antipape Anaclet , son beau-^frère. Celui-ci, par une bulle du 27 septembre, lui donne le titre de roi de Sicile ^ avec la suzeraineté sur la principauté de Capoue et le duché de Naples. A Noël de la même année, Roger se fait couronner dans Pa»

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lerme , quHt avait choisie pour capitale de ses élats. Ce prince ; non content du titre de roi de Sicile,' prit encore celui de roi' d'Italie , conyme on le voit par des chartes datées. de ii^et de^ iiiiy, qui commencent ainsi : JSgo Hogenus I>. G* ^cHiœ eu Italiœ rex. Sergius, duc de Naples, Tan ii3x, informé du don qu'Anaclet avait fait à Roger de la souveraineté de son duché, vient, de lui-même, Im faire hommage à Salerne, dans la crainte d'y être forcé par \a voie dés armes. Roger, ia même année, établit dans ses états la dignité d'archimandrite, c'est- /i-dire d'abbé général , et réserve à lui seul et à ses successeurs le droit de confirmer l'élection que les moines en feraient avec sa permission. L'an ii3a, il fait la conquête de Bari , dont il envoie le- prince Grimoald prisonnier en Sicile. Il va faire ensuite le siège de Nocéra : mais le prince de Càpoue , avec lequel il s'était brouillé , étant venu au secours de la place, lui livre bataillé et le met en déroute le 24 piitl^t, sur les bords du Sarno. Cet échec ranime le courage de ses ennemis

aui rej^rennent les armes contre lui. Mais, sans se déconcerter, va faire le dégât sur le territoire de Bénévetit; aiprès quoi, il passe le détroit au mois de décembre, pour rassembler de nou-

pereur Lothaire avaient engagés à se révolter. Après avoir forcé iVainulfe, comte d'Alife , à veqir lui demander la paix , il entre, l'an 1x34, dans la principauté de.Capoue. Les habitants de la capitale, voyant qu'il s'approchait de leurs murs , sortent en procession au-devant de lui , le conduisent h la cathédrale , en chantant des hymnes et des cantiques , et lui jurent fidélité.

Roger, l'an 11 34, est attaqué en Sicile d'une maladie dangereuse qui fit craindre pour ses jours. £lle durait encore l'année suivante, lorsque la reine Aloerle, sa femme, princesse pieuse et charitable , tomba malade elle-même et fut emportée en peu de jours. Le chagrin que causa cette perte à son é()oux fut tel , qu'il s'enferma pendant assez long-tems , sans se laisser voir qu'à ses plus intimes amis : le bruit courut qu'il n'existait plus , et que , par politique , on cachait sa mort. Dès que la nouvelle en arrive à Pise, le prince de Capoue obtient de cette republique huit mille hommes et vingt navires, avec lesquels il arrive à.Naples au mois d'avril. Le duc Sergius et les Napolitains arborent aussitôt l'étendard de la révolte. Le comte Rainulfe en fait de même , et son exemple entraîne la ville d'Averse, qui rappelle aussitôt son ancien comtes, le prince de Capoue, quoique plusieurs assurassent que Roger était en vie. Les Pisaas étaient disposés à marcher tout de suite à Capoue ^ dans l'espé*

BBS COMTES DE SICILE: ^OJ

tance d'en faire aisément la conquête, sMls n'eussent appris qnô Warin , chancelier du roi , commandait une forte garnison dans cette ville. Warin , lm-*méme , après avoir envoyé soua^ bonne garde à Salerne ceux dont les intentions lui étaient sus?* pectesy se met en marche pour aller au-devant des ennemis , et campo sur les bords du Chiano. Comme il n'arrivait absolu-* ment personne de Sicile, on n'en n'élait que plus persuadé de la mort du roi, lorsque, le 5 juin , on le voit, avec le plus grand étonnement , rdébarquer à Salerne , et donner ses ordre» pour rassembler ses forces. Le premier objet de sa vengeance fut la ville d'Averse dont les habitants, à son approche , s enfuirent à Naples avec le comte Rainulfe. Roger abandonne la ville au pillage et la brûle , après quoi , il ravage les environs de Naples, tandis que Warin , envoyé dans les terres du comte Rainulfe ^ se rend maître d'Alife et de «San-Angelo. La résistance que (ont Sain te- Agathe et Gajàzza^ oblige Roger de les assiéger , et la réduction en fut aisée. Etant retourné de là , faire des host^ lilités sur le territoire de Naples , il ne croit p^s cependant de-< voir se fatiguer à faire le siège de cette ville qui lui paraît trop difficile à prendre, et se retire après avoir .ordonné de rebâtii^ Averse et Cucolo dont les garnisons seraient propres à inquiéter les Napolitains. Sollicités vivement par le pape Innocent U, qui s'était retiré chez eux , les Pisans.iont partir vingt vaisseaux chargés de gens de guerre pour arrêter les priogrè^ de Roger. Amalfi se trouvait aliors sans troupes , parce que Roger en avait employé, la jeunesse , jjartie sur ses vaisseaux , partie dans son armée de terre. Ce fut un motif pour les Pisans d*altaquer un matin c^te ville, qu'ils emportèrent d'emblée, et d'oi^ ilsem«« portèrent un butin considérable qu'ils chargèrent sur leurs ▼aisseaux (i). Ils font le même traitement à la Scala et à d'au-

(i) « On a long-tems soutenu y dît M. Pfeffel , que le fameux d^ » geste, qu'on voit aujourd'hui à Florence, avaif fait partie du butin » que les Pisans rapportèrent de cette etpédition,' et qu'il fallut dater » de là rintroduction du droit romain dans les écoles de jurisprudence. » Mais il est aujourd'hui démontré que cette prétendue découverre » des Pandectes à Amalfi , n'est qu'une fable ; et que , bien loin quo » le droit romain ait commencé sous Lothaire II ^ se répandre, noiu » savons , par les fastes de l'université de BoVogne , que la comtesse » Mathilde l'avait déjà fait enseigner publiquement ; que le pape Ni- » colas II rapporte des passages entiers des lois de Justinien , dans le » Decreium , pour expliquer la manière de compter les degrés de pa- » rente ; que l'empereur Oltott III a cilé les instituts dans deux dç ses » chartes , et que Charlemagne a permis aux Italiens de yivr* U^è

ftûS citàotKoLOGt& HistoniqtiE

très places. Le roi , qu^on infonne de ce ravage ^ âccOuft d^ A verse , et trouvant que les ennemis assiègent la Fratta, il les attaque et les met en fuite après leur avoir tué quinte cents hommes^ au nombre desquels était un consul. Ceux qui échap-

{>ent se sauvent , emportant tout leur butin. Roger s'étant a« il transporté à Bénévent , y investit , par l'étendard , son troi->* sième fils, Anfuse ou Alfonse, de la principauté de Capoue^ et déclare comte de Matera , son gendre Adam, il met ordre «ux affaires de la Fouille , crée chevaliers, le jour de Noël, sou fils aîné Roger, duc de Fouille , et son second fils Tancrède^ prince de Bari , puis se rembarque Tan i i36 , pour la SicilCé ( Saint-Marc. )

L'empereur Lothaire , étant passé, Fan i tSy, dans la Fouille^ enlève à Roger une partie de ce duché, dont Henri, duc de

Salerne. Le iS juillet , les confédérés commencent le siège de cette ville.. Les assiégés se défendent vigoureusement : mais le pape et Fempereur, étant survenus , entament un traité avec la Saternitains , qui leur accordent Fentrée et la seigneurie di leur ville. La garnison se retire dans la citadelle, ou tour ma-* jeure, qui ne tut point prise , par la mésintelligence des confé' dérés. Le pape etVempereur, après avoir passé la fête de TAs^^ somptionè Salerne, sejrendeut à Avellino, où, dans le mois de septembre , ils investissent du duché de la Fouille , Rai** Dulfe , comte d'Alife , qui avait montré le plus de valeur et d'intelligence dans cette euerre. On vit , dans la cérémonie , \é pontife et Fempereur tenir chacun d'une main l'étenddrd', seul expédient qu'on imagina pour conserver le droit que chacun prétendait avoir de donner cette investiture. (Otto Frising.f 6'AroR. , 1; VU, c. ao. ) Le roi Roger était cependant en Si-' cile, occupé à rassembler des troupes, et attendant , pour re* couvrer ce qu'il avait perdu , ïe départ de l'empereur et de sa formidable armée , au il prévoyait sagement ne devoir pas être éloigné. Sa prévoyance ne fut pas vaine. Lothaire quitte la Fouille pour se rendre à Rome , et de U retourner en Alle« magne. Roger aussitôt passe la mer avec son armée , et re^ prend Salerne , Capoue et plusieurs autres places , avec autant de facilité qu'elles lui avaient été enlevées. Sergius, duc de Kaples, voyant cette révolution , ne tarda pas è venir lui demander pardon. Roger l'oblige k combattre sous ses drapeaui« 11 n'en fut pas de même du nouveau duc de la Fouille. Résolu de mourir .plutôt que de céder au roi, son ennemi i il compose, des troupes que l'empereur lui avaient laissées et de ceUcf

Arpftts, «ne aitnéie crmsidérablë , dv^ Ut|aell^ it^ dlriipec' ^ présence (le ftoger. Saint Efèrbani s^otremei poo^fén^el^ fàh entre les deux princes : H <?choue dam sa: hégotht.mn/et^ §e retire. La halaHle se livre prè^ de Ra^anô, te, ôo octobre ^' aeeuttéa dfè shmHs mensà 9f:Mth, Roger est bât Ija*, et ne dpit flon sataf qo^ la trtesse dé éon cheval. Ibihulftf prôflt'e d^ 8# Wcfoité potfr ^'emparer de diverses phdes^ ht tôl dtf Siciîfe i" étant fevem», lanné^ suivante*, avec de rtbtryelfesf fbrct»?:, arrtt# les progrès' dfe Vbtitulfé^, ei réH^f^ dlaids uike partie d^s phice#

ebacun k lar tére d^uite atmAe , conff miènt de snéixierrre h»^ V|I1ei^ •ebettes, et ^etVcment diêvanf quehjurs-ttoes; ké nap*^ fnnorentî' <t(H avait' exeonimipiifé le père au corncUe^ ()e iLattati; s'ét^nf lendu, avf« quelques troupe» \ 9aii-^9efniafnn^ Itf* th] de 9i-^ éHe s^approclîe de loi I sbn'if«yita;inii, ef- hi eovoîè- des atû^' bas^deôn pôtir traiter de la parr. On n^ésocie f^-dVs^trs pendant ktiU'JAurs, Mats; <ionifne'ft^n6cerit:v(i^bit%ft9àf lisent qi/Àh'té-^ taUtf (e prince Robert dàds Capoiie', el^. que le* ft)t se téfhsàit àb9olument> cette dhmandé., oh se ièpara sanf rien conclùiie,' et les hostîKtëa récoromencèrenr lieWpr,' nese voyant pa# ^ sèreté h San-Qefmacro., sert de.nrtt^viHe pour sf retirer ev^ an lien pHiasûr; mais il tombe avec sa.stiite, le ai,Cd^«utreiifiy ientif loVjajHei i iS(), d^ns, a ne embuscade que feN»Offédiit' Rager lui avait tendue. Ses trouf^es ^Ot' bat tues er cherchent teuc îdni daiis là fuite. Le^ap^t ^^^ prisonnier «; se voit exposé »f inépris et aux railferie^ dq solî^at vainqueur- O'nti* conduttîli au* tq\ avec Aimeri, son chancelier, un çrand nmnbre dé; cardinai^i eë é^aQtres penonnes de inarqiie. Ser nches équipages Airen t. ptUés^ et sa caisse mîlita{j(« , bien fournie, ne f\itpôî^t épatâ;ttée; ,ei^ ap motOe seul* Robeit,, prlhce de Capote ^ eut fe bboheor d*échâpper en fi^nt. « VojH , dit €riatinone , k qn^tes fi4 « cbeosés situations les papes se sont exposés foutes les fbi^ « quHh ont vo^ki prendre lés armes contre nos princes ; et tel il est le fruit amerqn^ils ont toujours relire , lorsque, sortant » de leur place, ils ont voulu , cqmnte princes dii monde , s^ » donner en spectacle à la tête des armé'es , aei eonvrif d*ui|

• casque au lien d^une ti^re t et: endosser . la cuirassé en plaç^

• de rétole et du rocbet ï^ Normands, maîtres d<p b per«^

a tonne d*Itinocent , ne se montrèrent pas moios religieux en-?*

• veri le saîn^ si<i(^ qu^ls le fnrei^t lorsmi'ils arrêtèrent le papa

• Léon IX'. Ruj^i* eût p^i se prévaloir des^droits. que donne la ■) victoire 9 et traiter ce pape en prisonnier. V ainsi qu'il Paurait A^ bit à* IVgard de tout frioce sèuiHer; nais ne connaiisaiit

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