‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 115 sur 277 · GUILLAUME IV · texte numérisé non relu

GUILLAUME IV

1207. Guillaume, (ils aîné de Boniface et son successeur au marquisat de Montferrat, épousa, Tan 121 1, Berthe, fille de Boniface, marquis de Gravesane , o^ui lui apporta en dot le lieu dit Montebarcherio , et une partie de Cortemiglia. Guillaume n'attendit pas la mort de son père, pour se distinguer par ses exploits militaires. Dès l'an nqi , il avait accompagne l'empereur Henri VI dans son expédition de Sicile. L'an ug4 9 il fit le siège de Gaè'te , avec Marquard, sénéchal de l'empereur , et Albert d'Olevano , podestat de Gênes. La place ne fit pas une longue résistance. Il eut aussi part au siège de Naples , qui suivit et fut commencé le a3 août de la même année. Après la prise de cette ville, qui ne tarda pas à se rendre, il fut envoyé par l'empereur contre Salerne, celle de toutes les villes rebelles qui avait le plus irrité ce monarque pour avoir livré sa femme à Tancrède. Le siège fut poussé si vivement et avec tant d'habileté , que la place fut réduite en peu de tems. Raoul deDiceto, qui écrivait en Angleterre, fait une peinture horrible du traitement que Guillaume fit subira cette malheureuse ville , après s'en être rendu maître. La plupart des habitants, selon lui, furent massacrés, d'autres mis à la question , d'autres bannis , sans parler des femmes qui furent violées impunément. Toutes les fortifications; ajoutet-il, furent détruites; en un mot Salerne, cette ville si belle et si opulente , perdit alors sa splendeur , qu'elle n'a jamais pu recouvrer. Mais il est bon de remarquer que les écrivains d'Italie gardent un profond silence sur ces horreurs, qu'ils n'auraient pas oubliées, s'il n'y avait pas d'exagération dans le récit de l'historien anglais.

L'an 1207, après la mort de son père, Guillaume passe en Thessalie avec on corps de troupes, pour affermir Démétrius, son frère, dans ce royaume, et assiste à son couronnement.

DES MARQUIS DE MONTtfRftBÀT, 3*3

Après avoir mis les affaires de ce prince en bon étatf il revint dans son marquisat pour mettre ordre aux siennes. Les villes d'Italie , jalouses les unes des autres , se faisaient alors la guerre entre elles. Les Milanais s'étaient ligués avec Thomas , comte de Savoie , contre les Pavesans , le marquis de Mont* ferrât prit parti pour ces derniers. Il s'en trouva mal ; les Milanais , supérieurs en forces , détruisirent, lan 121 5, son, château de Casal-Saint-Euvaise , à la prière des Verceillois, que celte place incommodait. L'an 1217, Pierre de Courtenai passant par l'Italie pour aller recevoir la couronne de l'empire grec à Rome, Guillaume l'accompagna, et fut présent à la cérémonie qui se fil , le 9 avril, dans l'église de Saint- Laurent, hors des murs. Avant que de prendre congé de ce prince, il en obtint la confirmation du royaume de Thessa Ionique pour Demelrius, son frère, avec la succession éventuelle pour lui même. Lette faveur, depuis ratifiée par Robert de < ourtenai , successeur de Pierre à l'empire , n empêcha pas Théodore l'Ange, prince d'Epire, d'enlever, l'an 1222, et non 1219, ce royaume a Démétrius, tandis qu'il était à Home. L'an 1224 9 le marquis, avec le secours du pape, lève une armée pour rétablir son frère. Mais l'argent lui manquant , il va trouver en Sicile l'empereur Frédéiic H , dont il obtient sept mille marcs d'argent, pour lesquels il lui engage, par acte passé , le 24 mars , a Catane , la moitié de ses terres. Avec cette somme , il fait ses préparatifs ; mais comme il est prêt à se mettre en route , il est retenu par une maladie pendant laquelle ses troupes se dissipèrent. Obligé, après* son ré-> tablissement , de faire de nouvelles levées, il se rendit, après les avoir complétées, à Brin des , où les approches de l'hiver lui firent suspendre son embarquement jusqu'au mois de mars de l'année suivante. Ce fut alors qu'ayant mis à la voile avec Démétrius , son frère, et son fils Boni face , il fit route vers le pays qu'il voulait reconquérir. A ses troupes, l'empereur Robert et plusieurs princes latins d'Orient, sollicités par le pape, joignirent, lorsqu'ils fut arrivé en Thessalie, des secours assez considérables. Les avantages qu'il remporta d'abord , étonnèrent l'usurpateur. Mais sa mort, survenue au mois de septembre delà même année, fit évanouir cette expédition. Benvenuto prétend qu'il fut empoisonné. De son mariage , il laissa le fils dont on vient de parler; Alix, première femme de Henri If roi de Chypre, morte en 120*3; et Béatrix, femme d'André, dauphin de Viennois. Beathe , femme de Guillaume , lui survécut au moins jusqu'à l'an 1233, comme on le voit par la donation qu'elle fit cette année, le a3 mars, de l'hôpital de

ûa4 ' CHRONOLOGIE HI.STÛtllQUfi

Saint-Jacques , à l'église de Sainlo- Marie de Montcenis. (Benvenuto di San-Giorgio, col. 36*2.)

BONIFACE III , dit LE GÉANT.

iaa5. Boniface, fils et successeur de Guillaume, était . d'une si haute taille, qu'il passait du cou et de la tête les hommes les plus grands ; c'est la raison du surnom de Géant qui lui fut donné. Après la mort de son père, qu'il avait accompagné , comme on l'a dit , en Thessalie , il ramena en Italie son armée, que la dysenterie avait diminuée de plus de moitié. Les officiers de l'empereur Frédéric II, qui avaient régi le Montferrat, durant son absence et celle de son père, lui remirent le gouvernement à son retour, et se retiicrent. Démet ri us, son oncle, était cependant resté en Thessalie : mais Théodore l'Àùge le contraignit bientôt dévider le pays et d'aller rejoindre son neveu. Ces revers ne lui firent pas néanmoins perdre l'envie ni l'espérance de recouvrer son royaume. L'an 1227 , l'empereur Frédéric II , tenant sa cour à Pavie , Démetrius vint le trouver pour le prier de l'aider dans la nouvelle expédition qu'il projetait de faire en Grèce. Frédéric lui promit des troupes. Mais comme il faisait ses préparatifs , la mort le surprit l'an 1227, ne lui ayant laissé cjue le tems de faire son testament , par lequel il instituait 1 empereur son héritier. Boniface, s'étant brouillé , l'an 12^1 , avec Thomas, comte de Savoie, lui déclara la guerre, et se rendit maître de Turin , qui fut repris, l'an 1234, par Amédée, fils et successeur de Thomas. L'an 1289, le 4 septembre, Guillaume Isambart, «t maître Guillaume des Vignes , juges de la cour impériale, tous deux nonces de l'empereur, remirent , au marquis Boniface , dans son château de Clavasio , lieu de sa résidence, les lettres de ce prince, par lesquelles il renonçait, tant à la succession deDémétrius, qu'aux droits que pouvait exercer Conrad, son fils, sur le marquisat de Montferrat, du chef d'Yolande, son aïeule maternelle, fille de Conrad, roi de Jérusalem. Ces lettres, scellées en or, et rapportées par Benvenuto (col. 385 , 386) , sont datées de Pizzighitone, le 3i août de cette année. Frédéric étant mort l'an i25o, le marquis Boniface fut un de ceux qui se déclarèrent le plus hautement en faveur du roi Conrad, son fils, que plusieurs villes de Lombard ie refusèrent de reconnaître pour leur souverain. Les Alexandrins , profitant des troubles , se jetèrent, sur le Montferrat , dont ils enlevèrent plusieurs châteaux et ravagèrent les campagnes, Boniface , pour les réprimer , fit alliance , au mois

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de décembre 1252, avec les Pavesans, et remporta sur eux divers avantages. Dans le même teins , ils furent mis au ban vie l'empire avec le marquis de Lanza , qu'ils avaient choisi pour leur capitaine. Menacés de voir fondre sur eux toutes Jes forces de l'Allemagne , ils consentirent à rendre au marquis de Montîerrat les places qu'ils lui avaient prises. Boniface , au mois de mai de Tannée suivante , reçut de Conrad une nouvelle investiture de ses états. Il n'en jouit pas long tems depuis, étant mort l'an 1254. Son corps tut inhumé dans L'église de Sainte- Marie de Loccedio. De Marguerite , son épouse , fille d'Amédée 111, comte de Savoie, il laissa un fils, qui suit, et Adélaïde, femme d'Albert le Grand, duc de Brunswick.

GUILLAUME V, dit LE GRAND et LONGUE-ÉPÉE.

1*54. Guillaume, à qui sa valeur et ses exploits firent donner le surnom de Grand, succéda au marquis Boniface, son père, dans le Mont ferrât, qu'il étendit par l'acquisition de Verceil et d'autres terres. Lan 1264, le 14 mai, il fit, avec les agents de Charles d'Anjou , comte de Provence , et depuis roi de Sicile, un traité d'alliance, portant que les ennemis de l'un en Lombardie seraient réputés les ennemis de l'autre t et qu'ils se prêteraient un secours mutuel pour défendre leurs domaines en ce pays-là. H faut remarquer que Charles possédait en Piémont les villes d'Albe et de Quiérasque, avec les terres de Cuneo , de Savillan et de Montevico , et que de plus il s'était rendu maître de Turin, en 1262, avec le secours de Guillaume. {Voy. Boniface, comte de Savoie. ) Guillaume avait épousé, par contrat du 28 mars i^Sy, Isabelle, fille de Uichard , comte de Glocester, frère du roi d'Angleterre, Devenu veuf au mois d'août 1271 , il se rendit en Espagne, ou il reçut la main de Béatrix , fille d'Alfonse l'Astrologue , roi de Castille. 11 conclut, dans le même tems, par traité du 18 octobre, le mariage de Marguerite, qu'il avait eu d'Isabelle, avec l'infant don Juan, fils de ce même Alfonse. Ce monarque prenait alors te titre d'empereur, et, en cette qualité, il établit son vicaire en Italie, par lettres du 20 novembre suivant, le marquis, son gendre, avec les pouvoirs les plus étendus. Mais ce titre s'évanouit, Tan 1273, par l'élection de Rodolphe de Habsbourg , roi des Romains. Cette année, le marquis de Montferrât conclut une ligue avec les Génois , les Astesans et 1rs Pavesans, pour arrêter les progrès du roi de Sicile, qui leur faisait la guerre dans la vue de subjuguer toute la Lombardie. Le pape Grégoire X, instruit de cette confédération , fulmine, i la sollicitation de Charles , une sentence d'excommi * XVJL 29

42$ CHRONOLOGIE HfSTOMQUE

contre le marquis et ses allies ; comme si c'eût été un crime à des princes et à des villes libres de se liguer ensemble pour s'opposer aux projeta àmbitieu-x d'un monarque étranger , qùt Cherchait à les opprimer. Cet abus visible de la puissance spirituelle ne produisit aucun effet. Le marquis ayant reçu des troupes du roi de Castille, son beau-père, vint assiéger , avec *es confédérés, la ville d'Alexandrie, qui s'était donnée au roi de Sicile, et la contraignit, par capitulation, de secouer le joug de ce prince pour se joindre é lui. Il attaqùa , avec le même succès, la plupart des autres villes du Piémont , qui appartenaient à Charles, et leur imposa la même condition. ■L'an 1278, les Milanais, battus par Cassoné délia Torré, chef des Torriani, qu'ils avaient chassés de leur ville, élisent , le 16 août, pour leur capitaine, le marquis de Montserrat , auquel ils décernent dix mille livres d'appointements pour chacune des cinq années que devait durer son commandement. Le marquis, au commencement 'de septembre suivant , les mène dans le Lodigian , dont la capitale servait de retraite aux Torriani i fait le dégât dans le pays, et s'empare sans peine de quelques châteaux mal fortifiés. Mais , apprenant que les Crémortois , les Parmesans, les Modénbis, et ceux de Reggio, venaient au secours des Torriaiii, il prit le parti de s'en retourner à Milan. En rentrant dans cette ville, il la troun divisée en deux partis, dont l'un voulait que l'on continuât la guerre, et l'autre désirait la pàix. Le premier ayant prévalu, Guillaume réfusa de ramener les Milanais en campagne, à Thoins qu'on ne lui donnât pouvoir de faire la paix comme la guerre , suivant qu'il le jugerait convenable. Ayant gagné ce point i il part* et va faire de nouvelles incursions dans le Lodigian. Cassoné et Raymond délia Torré , archevêque d'Aqiiilée , rendirent là pareille aux Milànàis , et prirent sur eux différentes place*. Le marquis , en vieux renard j dit MuratoH, nè se trouvant pas en forces vis-à-vis de ces deux chefs, eut recours à la ruse. 11 s'abouche secrètement avec eux , et vient à bout de les amener à un traité de paix , dont les conditions , arrêtées au mois de mars 1279, portaient que les prisonniers seraient rendus de part et d'autre, que les places enlevées aux Milanais seraient mises entre les mains de personnes neutres, et que les Torriani rentreraient en possession de leurs biens altodiaux. Croyant qu'on agissait avec eux de bonne foi i ceux-ci se hâtèrent de remplir leurs engagements. Mais le marquis, ayant obtenu ce qu'il souhaitait, et surtout là délivrance des prisonniers milanais, se moqua des Torriani , et ne tint compte des promesses qu'il leur avait laites. Ils se plaignirent hautement de celte perfidie dans un

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^nanifeste qu'ils envoyèrent au pape Nicolas III , au roi de Frapce, et à 4'autres princes. |is adressèrent leurs plainte* au marquis Jui-même, dont \$ repense fui qu'il avait bien le pouvoir de donner des paroles, mais quq c'était aux Milanais, à les exécuter. La guerre recommence, ef Godefroi délia Torré la fait avec succès. L'an 1281 , le marquis s'étant acheminé avec sa femme Béatrix , pour aller voir le roi de Çastille , son, beau-père , est arrêté et fait prisonnier en Savoie , par le comte Philippe I , son oncle maternel. Les conditions que ce prince^ lui imposa pour sa délivrance , furent de renoncer à ses pré-} tentions sur Turin et les autres plqces du Piémont, et de s'obliger , en donnant des otages , à lui payer six mille Lésants.

amenant avec lui cinq çenls cavaliers espagnols et cent arbalé-

duire toute l'Italie sous ses lois. Le u.5 mai de la même année, bataille saoelanle des Milanais, contre ics Torriani, sur le*

délia Torré, consterné de cet échec, prit le parti de s'en retourner dans son église d'Aquilée. Les Lodigians, craignant alors d'être écrasés par les Milanais, demandèrent la paix k l'archevêque Alton, qui l'accorda sans peine, à condition qu'ils renonceraient à la défense des Torriani. Lç marquis s'enorgueillit de ses succès , et de capitaine qu'il était, il voulut trancher du souverain à Milan. Ayant gagné les principaux citoyens, il oblint la permission de s'y dpnner un vicaire et (j'y nommer un podestat. Le prélat dissimula cette entreprise j mais il travailla sous main à la faire échouer. Sa partie fut si bien formée, que, le 27 décembre 1282 , profitante l'absence du marquis, que ses affaires avaient appelé à Verceil, il se rendit maître du palais public, d'où il chassa le vicaire du. marquis; après quoi il fit signifiera celui ci qu'il n'eût plus à remettre Us pieds à Milan. Ayant ainsi recouvré son autorité dans cette ville, il n'oublia rien pour s'y maintenir. Il conclut des ligues avec ses voisins; il écrivit même à l'empereur pour lui demander du secours contre le rriarquis; il s'accommoda avec les Torriani , auxquels il rendit leurs biens allodiaux, à condition qu'ils se retireraient à Ravcnne pour y fixer leur séjour : condition qu'ils remplirent mal , étant sortis de [\avenne après y être restés quelque tems , pour aller s'établir àAquilee.

L'an 1284, le marcmis donne en mariage sa fille Yolande à l'empereur grec Anaronic Paléologue , avec son royaume de Thessalonique pour dot; ce qui prouve que jusqu'alors les marquis de Montferrat avaient conservé quelques domaines en ce pays-là. Le gendre , en retour , donna plusieurs milliers de florins à son beau-père, et s'obligea de lui entretenir, par an , cinq cents cavaliers en Lombardie^ Les Grecs , suivant leur usage , changèrent le nom de la nouvelle impératrice en celui d'Irène. Le marquis, avec l'argent qu'il avait reçu d'Andronic, ourdit de nouvelles trames pour son agrandissement. S'étant fait , par ce moyen , un parti dans Tortone , il y entre un jour inopinément au lever de l'aurore, fait main -basse sur ceux des citoyens qui veulent le repousser , tue les uns , dépouille les autres, et les emmène prisonniers. Du nombre de ceux-ci fut l'évêque Melchior, qui s'était toujours opposé aux tentatives du marquis sur cette ville qui était sa patrie. On lui mit . pour condition de sa délivrance , qu'il irait , sous bonne garde, inviter les châtelains des différentes places du Tortonez, à se rendre. Mais, n'ayant pu y réussir, il fut massacré comme il s'en retournait; attentat que le marquis désavoua comme ayant été commis à son insu. Mais peu de personnes ajoutèrent foi a ses protestations.

L'an 1289, la guerre éclate entre le marquis et la ville de Pavie , l'une de celles qui s'étaient liguées contre lui avec Milan. Mais étant venu à bout d'attirer à lui la plupart des nobles pavesans, au moment de livrer bataille , il change les dispositions de la ville à son égard , de manière qu'y étant entré pacifiquement , il en est élu capitaine pour dix ans. L'an 1290 , pour se venger d'une incursion que les Milanais avaient faite dans le Novarrez , il entre sur leur territoire par représailles, et y fait le dégât. Toutes les villes liguées contre lui se mettent alors en mouvement. Obligé de se retirer, il tourne ses armes contre la ville d'Asti , qui lui avait donné des sujets de mécontentement. Les Astesans, pour n'être point écrasés, eurent recours à la ligue des Milanais; ils s'adressèrent aussi à Amédée, comte de Savoie , et reçurent des secours avec lesquels ils se mirent en état de se défendre et même d'attaquer. Ayant pris par trahison la place de Vignal au Montferrat, ils y firent un butin considérable, dont la principale pièce était le pavillon du marquis. C'était une machine si grande , qu'à peine dix paires de bœufs suffirent pour remporter. Maîtres de cette place au moyen de l'or avec lequel ils avaient corrompu la fidélité des habitants , ils employèrent le même expédient pour s'assurer de la personne même du marquis. Les Alexandrins furent ceux qui leur parurent les

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