E« DUCS DE MILAN
voya ses gens , qui reprirent cette ville le 20 mars , et le châ-» ieau , le u' juin suivant. Mais la place ne resta pas long-tems entre ses mains. Philippe des Arcelli , noble plaisantin , la lui enleva le *5 octobre 141 5. Philippe-Marie eut un habile général dans la personne de François Bussoni , dit Carmagnole, sofdat de fortune, qui le rendit maître de Bergamc en i4I9i de Crémone, Tannée suivante, ensuite, de Parme et de Brescia , et. enfin de Gênes, le 3 novembre 1421. Mais Carmagnole, ayant depuis été dépouillé du gouvernement de Gènes par une cabale de cour t quitta le service du duc , passa chez les Vénitiens , et forma une ligue puissante qui fil perdre à Philippe Marie tous les avantages qu'il avait remportés jusqu'alors. La mort délivra le duc de ce redoutable ennemi que les Vénitiens firent décapiter, le 5 mai i43a, sur des soupçons d'infidélité. Philippe-Marie eut encore un autre général aussi habile peut-être que Carmagnole , dont il était l'élève, dans la personne de Guido 11 Torelli, dit le Grand, qui, attaché au duc par les liens du sang, lui marqua toujours un dévouement inviolable. ( Voy. son art. aux comtes de Guastalle.) Philippe-Marie admit, dans la suite , à son service, un aussi grand homme de guerre , mais moins fidèle, François Sforce , qui, d'abord attaché au duc, le quitta, en 14&), pour s'attacher , de même que Carmagnole , au service de Venise. Philippe-Marie trouva moyen toutefois de le regagner, en lui faisant épouser, le a5 octobre 44* 1 Blanche , sa fille naturelle et son héritière ; mais , dès l'année suivante , le beau-père et le gendre se brouillèrent de nouveau. L'an i445 » Ie duc s'étant ligué avec le pape et le roi de Naples , envoie contre Sforce , ligué de son côté avec les Vénitiens, Nicolas Piccinino , fameux capitaine, dont Sforce triompha , ainsi que de François , son fils , qui le remplaça* L'an 1447 $ Philippe-Marie, se trouvant hors de mesuies, se réconcilie avec son gendre. 11 meurt , le i3 août de la même année , dans le château de Porta Zobbia ( Chron. di Rimini) 9 sans laisser d'enfants de ses deux femmes , Béat ni x , qu'il fit décapiter au mois d'août 14*8, sur un faux soupçon d'adultère commis, disait-on, avec un musicien nommé Orumbello , et Marie, fille d'Amédée VIII, duc de Savoie, qu'il épousa le a décembre 14^7. Mais le duc Philippe - Marie , eut une fille naturelle , Blanche - Marie , qu^il maria , comme on l'a dit , l'an i44 1 » »vec François Sforce. En mourant , il disposa de son duché en faveur d'Alfonse, roi de Naples, par la crainte que les Vénitiens ne se rendissent maîtres de sa succession. ( Murât. , Ann. dlial. , tom. IX. )
C'était une étrange politique , dit Muratori , que celle de Philippe-Marie YiscootL On ne pouvait faire aucun fond sur
sa parole ; ce qu'il promettait aujourd'hui , demain il le rétractait. Il n'était invariable que dans sc8 ressentiments. Quand l'esprit de vengeance s'était emparé de son cœur , il n'en sortait plus. Mais il savait le voiler des plus beaux semblans d'amitié. Il en imposa par-là aux • personnes qui n'étaient pas en garde contre sa mauvaise foi. Mais les ruses qu'il employa pour les tromper, retournèrent aussi quelquefois contre lui-même. À l'é ard de ses vertus guerrières, on ne peut disconvenir qu'elles ne fussent éminentes. Aussi habile général que soldat intrépide , il fut heureux dans les guerres qu'il entreprit, lorsque tics accidents, qu'il n'avait pu prévoir, ne croisèrent point ses vues. Ce même héros qui , dans les combats , affrontait hardiment les plus grands dangers , montrait dans sa vie privée la pusillanimité du plus faible mortel, jusqu'à s'aller cacher, au bruit du premier coup de tonnerre, dans un caveau le plus profond : tel était l'effet des remords dont son âme était agitée pour divers crimes qu'il ne pouvait se dissimuler, entre lesquels il faut mettre le supplice injuste de Béatrix , sa pre~ mière femme.