GIACOMO
12+4- Giacobo, ou Giacomo, avait le cerveau dérangé , comme nous le confirme Muratori (3). À la prise de Ferrare ,
(1) Bcatus Taurellus, eut gentile cognomen , ut in Torelli â génie et aliis non rarà usupenit , idem ac nomen fuit , anno Erœ pulgaris ci jccii , oppido satis nobili ad Arnum sito et Clusentinat profincia* facilè principe, parent ibus antiquitate generis et glorià majorumy et sud pirtute Jlorentibus t natus est. ( V. Jacob. Bellogradus, de vitâ B. Torelli Puppiensis Vallisifmbrosœ comment arius. ) ( Trattatu apolog, in cui si dimostra S. Torcllo da Poppi Eremita es s ère stato delV ordine di Vallombrosa.) {Opéra di D. Fedele Soldant da Poppi , pag. 1 et 2 ; et plusieurs autres vies de ce saint , patron de la ville de Forli. Il est en grande vénération dans toute la Toscane. )
(2) Porto Dominas Salinguerra solitus erat dicere : Coelum cœli domino 1 terram aulem dédit filiis hominum , quasi per hoc païens gtoriari qùod poteas esset in terris , et tamen in aquis Venetiarum mortuus est ; et cùm esset sapiens filium habuit stultum..,.hic dictus est Jacob us Tord l us ^ ( Voy . Chronica Vaticana. ) Le Tassoni , au chant IV de la Secchia rapita , stance 3g , nous peint la puissance de Salinguerra dans ces deux vers :
Di Salinguerra il poderoso io dieo Che tenue gi à Ferrara e Francolino.
(3) Jacobus Torellus quoque ejus unicus fil i us fàm in attate factus + amicis erat marrori \ gaudio inimicis , ut potè fatuus et delirus. Hœ canditiones rerum eu m virum reddiderunt inglorium , etc. ( Voy. Chronica parw\ Fcrrar, Jler. Jtal. , tome VHI , page 4&4- )
388 chronologie historique
Azzon.et les chefs de Tannée , ne le croyant pas dangereux, lui permirent do se retirer où il voudrait ; et il choisit la cour d'Iizzelin , son aïeul maternel. (Voyez Pigna Star, dei Principi (PEst^ lib. Il, pag. 189.) Le parti des Gibelins voulut le rappeler à Ferrare ; mais sa nullité ne lui permit pas d'en profiter. L'empereur Frédéric 11 l'investit , en 1245 , des mêmes fiefs, provenants de la comtesse Mathildc , qu'il avait donnés à Salinguerra , son père, vers l'an 1210, et qu'Innocent III lui avait confirmes en 121b. ( Voyez Trist. Calch Istoria di Miiano , lib. 111.) Ces mêmes fiefs fuient donnés, depuis, par l'empereur Charles IV aux Gonzagues , vers i36o, ainsi que lai testent l'ossevino , Islor. dei Gvnzoghi , lib. IV, fol. 325 ; et Maria Equicola, Stor. di Mantuua\ lib. 11, p. 95. Giacomo épousa Marie Morosini, petite-fille , à ce qu'on croit, de Dominique Morosini, doge de Venise en 1 1 4^- Outre une fille , dont on ignore le nom , il eut encore de ce mariage un fils, Salinguerra, qui lui succéda.
SALINGUERRA III.
1270. Samngtjerra , troisième du nom, surnommé Gics- T1NELLI pour avoir été conduit à Ferrai e, en 1261 , par un seigneur de cette famille, fut héritier, non de la folie de Giacomo, son père, mais du courage et des talents de Salinguerra 11 , son aïeul, et se distingua, dès sa jeunesse, par une grande valeur. {Carlo de Lellis Jamigl. nob. , t. I , part. I» pag. 217.) Il fut créé, l'an i3oi , cbef de la ligue formée par les villes de Bologne, Forli et Imola, vint, à la trie de son armée , assiéger Faënza , le 27 avril de la même année , et s'en empara le 2. mai. {Voyez, Sigismond Marchesi , Storia di Forli) Ayant épousé, vers Tan i3o6 , le ressentiment de François d'Est contre son frère Azzon VIII, il enlève à ce seigneur Melara, Fighuarola et Je fort de la Stellata. Profitant ensuite du trouble arrivé à la mort d'Azzon en i3o8, Salinguerra Torelli se ménagea , par ses amis et ses richesses, un parti dans Ferrare, où il s'introduisit, et s'en fit proclamer souverain par le peuple. Mais le cardinal Pelagrù, légat du saint siège, et les marquis François Renaud et Obizzon d'Est ayant réuni,. L'an i3io, leurs efforts, ne lui permirent pas de s'y maintenir. En se retirant , Ramberto Ramberti et François Menalvi , qui avaient suivi et secondé Salinguerra, ravagèrent Ferrare, son territoire , livrèrent au pillage et aux, flammes les palais du marquis. (Muratori, Annal. d'Ilal.', tora. VIH't Pigna, ibid. lib. IV.) Salinguerra fit de nouveau, diverses tentatives pour rentrer dans les anciens états de ses pères^ mai*
DES SEIGNEURS DE FF.RRARFi 38;}
elles furent infructueuses, et il fut obligé d'y renoncer entièrement. Depuis ce tems, la seigneurie de Ferrare resta à la maison d'Est seule.
Salinguerra Torelli recueillit l'héritage des biens de Pierre Traversaria, seigneur de Ravenne, du chef dTlingilda, femme de Ludolphe de Saxe, sa cinquième aïeule. Il avait épousé, en 128+ , Jeanne", fille du, fameux Albert Pallavicini , seigneur de Milan, Brescia, Crémone, Plaisance, Tortone et Alexandrie {Voyez Sansovino , FamigL illust. d'Iial., pag. 385), et eut de cette union deux filles, Marguerite et Amia. On voit qu'il donna, en i3o4, sa procuration pour les marier à Renaud et Obizzon d'Est , tous deux fils du marquis Aldovrandin. De son épouse , Salinguerra eut aussi deux enfants mâles , Giacomo, qui se relira à Forli , où il fut la souche des marciuis Torelli qui existent encore aujourd'hui (iy85) dans celte ville; et Botacino, marié à Béatrix Malespina. Ce dernier fut trisaïeul de Guido II Torelli, dit le Grand) premier comte de Guastalie. (Voyez la suite des descendants de celte maison à l'article des comtes de Guastalie et de Montechiarugolo.)