‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 68 sur 277 · DES SUISSES ET DE LEURS ALLIÉS · texte numérisé non relu

DES SUISSES ET DE LEURS ALLIÉS

bert, héritier du ressentiment de son père , s'élant mis en devoir de réduire les rebelles, fut mis en déroute, le i5 novembre 1315, avec une armée de neuf mille hommes, près de Morgarten, montagne de Schwitz, par un corps de treize cents hommes des trois cantons qu'on vient de nommer. Ce fut après cet événement que les vainqueurs, qui ne s'étaient unis que pour dix ans, rendirent leur confédération perpétuelle. « Elle était absolu lument défensive contre ceux qui entreprendraient de dépouil-

• 1er ces peuples de leurs privilèges, sans qu'il y soit fait mention » du projet de. l'empereur Albert 1 , de réunir ces pays, avec » une grande partie de l'Helvétie , aux fiefs et domaines de sa » maison. Comme l'objet de leur confédération était de se main- »» tenir dans la prérogative de relever directement de l'empire, » l'obéissance envers l'empire et son chef fut expressément » réservée , et spécialement encore tous les droiis que des sei- » gneurs particuliers possédaient à titres légitimes dans l'en- 9 ceinte des trois pays, sauf le cas où ces seigneurs se trouve- » raient en guerre avec les communautés générales de ces pays. » Pour prévenir leur désunion, ils se lièrent à n'entrer ni en

* engagement par serment , ni même en négociation avec » d'autres que d'un consentement général, et à ne reconnaître » aucun maître, c'est-à-dire aucun chef de l'empire, que d'un

» accord unanime * Cette première ligue est appelée Pai~

Uance des trois IValdstett, ou cantons frontières. (Tscharner t Dklion. delà Suisse, dise, prélim., pag. 3-4-)

L'exemple et les premiers succès des confédérés éveilla parmi leurs voisins l'amour si naturel de l'indépendance. Ceux de Lucerne souffraient impatiemment le joug des Autrichiens qui leur avait été imposé contre leur gré. Soumis auparavant , pour la juridiction et la haute police, à l'abbaye, de Murbach en Alsace, et relevant d'ailleurs nuemeut de l'empire, ils comptaient sur la foi d'un traité fait avec l'abbé, qu'il n'aliénerait jamais ses droits sur eux sans leur consentement. Mais le prélat avait ensuite eu la faiblesse de traiter, à leur insu, d« ces mêmes droits avec l'empereur Rodolphe, qui cherchait \ faire, à ses fils, un patrimoine digne du rang où il se voyait élevé. Apres la mort de ce prince, las des hostilités auxquelles les exposait la rupture ouverte entre les pays ligués et le parti autrichien , ils conclurent avec les premiers une trêve, au grand déplaisir de leurs maîtres. Ceux-ci crurent devoir prévenir les suites de cette association. Mais les mesures qu'ils prirent sourdement pour y réussir ayant été découvertes, les Lucernois, après s'être saisis des portes, congédièrent le gouverneur, obligèrent ses partisans à vider le pays , et entrèrent dans la ligue perpétuelle des trois cantons \ ce qui arriva l'an i33a. Mais au

lieu d'adopter le gouvernement démocratique, établi chez leurs confédérés, ils préférèrent l'aristocratie avec quelques modifications. Ce furent les Lucernois qui, s'étant emparés, Tan i352f du château de Habsbourg, le détruisirent presque entièrement y et réunirent le comté auquel il donnait le nom à leur canton.

ZURICH, après l'extinction de la maison de Zéringen, à qui cette ville avait appartenu depuis Tan 1097 jusqu'en 1218, avait fait de grands pas vers l'indépendance. L'empereur Frédéric II lui assura , par un acte exprès, le droit de n'être jamais ni aliénée, ni hypothéquée. Son conseil aristo-dcmocratique était composé de quatre nobles et de huit principaux bourgeois, qui alternaient avec d'autres. « En i336, cette forme fut changée, j> et on y substitua celle qui existe encore aujourd'hui. Il résulta » de grands troubles de ce changement. En i35o, on découvrit » une conjuration, formée contre ce gouvernement, qui alluma » une guerre contre la maison d'Autriche et les comtes de Rap- » perschweil , et engagea Zurich à entrer, en i35 1 , dans la con- » fédération helvétique. Les trois anciens cantons lui cédèrent » le premier rang ». (Tscharner.) Le pays de Zurich est le pagus Tigurinus dont il est fait mention dans les historiens romains.

ZUG ( en latin Tugium), que M. Tscharner donne pour une des anciennes villes de Suisse , et dont la Martinière dit néanmoins quelle ne se trouve marquée en aucun lieu avant cinq cents ans , est la capitale d'un canton d'environ quatre lieues en longueur sur autant en largeur , borné a l'est et au nord par celui de Zurich , au midi par celui de Schwitz , et à l'ouest par le canton de Lucerne et par les bailliages qu'on nomme libres. Après avoir fait par.îe, avec ses environs, du duché d'AUemanie , elle tomba , dans le onzième siècle , sous la puissance des comtes de I entzbourg, à l'extinction desquels elle passa aux comtes de Habsbourg , qui la transmirent à la maison d'Autriche, dont elle réserva les droits, lorsqu'en i35a, subjuguée par les Suisses , elle entra , avec ses dépendances , dans leur grande confédération. Quoiqu'un peu moins ancienne dans le corps que G laris, on lui a néanmoins adjugé le pas sur ce canton, en comptant celui de Zug pour le septième. Le gouvernement de Zutf est démocratique et la religion catholique* Le lac près duquel Zug est bâtie , long de trois lieues sur une de large , abonde en poissons. Cette ville est proprement bâtie , et son territoire fertile et agréable.

GLARIS , ou GLARUS (en latin Glarona) , après avoir été loog-tems, avec son canton , du domaine de l'abbaye des filles

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de Seckingén , était tombé sous la puissance de la maison d'Autriche , dont les ducs , nommés capitaines de ce pays par I'uIh* besse, avaient converti le titre qu'ils avaient reçu d'elle en fief héréditaire, et en exerçaient les droits avec la plus grande rigueur. Les Glaronais , voyant alors foulés aux pieds les privilèges qu'ils avaient obtenus sous la première domination, eurent recours aux cantons suisses , déjà confédérés , pour se tirer de l'oppression. Celui de Schwitz se montra le plus empressé à les secourir. Etant entré à main armée dans leur pays, l'an i35i, il y rétablit l'ancienne forme de l'administrât ion publique ainsi que les droits du peuple, et se fit de ses voisins affranchis des, alliés reconnaissants et utiles. « Cette première » alliance des Glaroiiais avec les cantons renfermait des çon- » dilions inégales ; ils ne pouvaient ni s'allier ni entrer en » guerre sans l'aveu des confédérés. Par les services rendus à la m ligue, ils méritèrent, qu'en i45o, cette inégalité fût levée : » pour en effacer même la trace, et pour donner à la préro- » gative naturelle une force rétroactive, le second traité fut » mis sous la date du premier. » ( Tscharner. ) « . . ... r

BERNE, capitale d'un pays qui tient le second rang parmi les treize cantons helvétiques , et qui en égale à-peu-près le tiers par son étendue et ses richesses , doit sa fondation , dont la date est de 1191, à Berthold V , duc de Zéringen et recteur de la Bourgogne transjurane. Ce fut dans une péninsule , formée par la rivière d'Aar , qu'il la bâtit presque au milieu du canton , à vingt lieues sud de Bâle , autant sud-ouest de Zurich et trente nord-est de Genève. Berthold V, après avoir dotinéà sa ville naissante des lois et des libertés qu'il fit confirmer par l'empereur Henri VI , mourut, l'an 1218, sans postérité mâle, les fils qu'il avait eus ayant été empoisonnés, si l'on en croit Josias Simler , par la noblesse du pays, dont il avait encouru la haine. Berne alors étant rentré sous la dépendance immédiate de l'empire , Frédéric 11 y établit préfet Otton de Kavensberg, qu'il révoqua, quelques années après , pour laisser les Bernois en pleine jouissance de leur liberté. Le désir d'étendre leur territoire ne tarda pas à les compromettre avec leurs voisins. Hartman, comte de Kibourg , s'offensa d'un pont qu'ils avaient construit sur l'Aar, pour passer de là sur un terrain qu'ils avaient acquis près de Burgdorff , dont il était seigneur. Ayant fait une ligue avec la ville $e Fribourg, il entreprit de détruire cet ouvrage. Les Fribourgeois étaient d'autant plus blâmables de s'être alliés contre Berne, avec ce comte , cjue Berthold, leur fondateur, avait recommandé à Tune et à l autre ville de s vivre toujours en bonne intelligence pour assurer leur trau- XVU.

ouillité. Les Bernois trouvèrent un défenseur dans le comte de Savoie , dont ils se reconnurent vassaux. Sa protection avant imposé à leurs ennemis, ils étendirent sans obstacle Fenceiote de leur ville qu'ils fortifièrent par de nouveaux murs. Dans la guerre qui s'éleva depuis entre la Bourgogne et la Savoie , le comte ayant besoin , à son tour, du secours des Bernois T leur promit tout ce qu'ils lui demanderaient , s'ils le servaient avio le zèle qu'il attendait de leur fidélité. L'ayant rendu victorieux, ils le prièrent de les rétablir dans leur première liberté ; ce qu'il accorda sans peine. Mais la jalousie ne permit pas à leurs voisins de les laisser en paix. Pour se maintenir dans l'indépendance , et s'assurer la possession des terres qu'ils acquéraient successivement , ils eurent presque continuellement les armes 4 la main. Godefroi de Habsbourg, les ayant attaqués, l'an 12^1 , avec des forces supérieures , remporta sur eux une victoire qui fut suivie du siège de Berne , où il échoua jusqu'à deux fois. Albert , fils de Rodolphe et depuis empereur comme son père , étant venu sur les terres des Bernois , on ne dit pas «en quelle année, leur fit essuyer un autre échec dans un combat ouHl leur livra sous les murs de leur ville. Une ligue plus tormidable, composée des comtes de Savoie, de Neubourg, de Gruyères, de l'évéque de Lausanne, dn soigneur de Tarre et de la noblesse de plusieurs cantons, se forma , Tan 1291 , contre Berne. Mais • s'étant munis de l'alliance des comtes de Kibourg et d'Arberg et de la ville île Soleure , les Bernois T sous la conduite d'Uiric , seigneur d'Erlac, baUireul les confédérés, qui se retirèrent avec une perte considérable. Ce succès ayant relevé leur ardeur, ils entreprirent , dans les années suivantes , diverses conquêtes qui reculèrent a une longue distance les bornes de leur pays. Pour arrêter les progrès de leurs armes, plusieurs comtes, avec grand nombre de nobles, ras-» semblèrent une armée, qu'on fait monter, pour le moins, a seize mille hommes de pied , et trois mille cinq cents cavaliers, avec laquelle ils vinrent assiéger la petite ville de Laupen T appartenante aux Bernois. Ceux-ci, renforcés par les troupes que les cantons d'Uri , de Schwitz et d'Undcrwald , leur fournirent -, ayant mis à leur téte Rodolphe d'iirlac, engagèrent, devant la place, le ai juin une bataille où le plus grand

nombre des ennemis perdirent la vie. On compte parmi ceuxci les comtes de Nidau , d'Arberg et de Wellensted , quatrevingts gentilshommes des meilleures maisons, quinze cents cavaliers et plus de trois mille hommes de pied. Les vainqueurs marchèrent de là contre les Fribourgeois , qui s'étaient rendus vassaux du duc d'Autriche y et les ayant défaits ores de Schonenberg , ils s'approchèrent dé Fi ibourg, dont ils brûlèrent les

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faubourgs; après quoi ils ravagèrent Signau, L*gnaur Arber^, Nidau , Burçdorff et d'autres lieux, dont une partie fut réunie a leur domaine. I^s progrès de leurs armes furent arrêtés f Fan i343, par une trêve qu Agnès d'Autriche, veuve d'André III, roi de Hongrie , avait eu l'adresse de ménager. ( Josias Simler, de Rep. helvet..r liv. I.) Mais l'antipathie des Bernois et des partisans de 1» maison d'Autriche fit bientôt revivre le» hostilités. Elfes tournèrent presque toujours à l'avantage des premiers., qui , Tan i353, prirent Le parti d'accéder à la confédération helvétique, dont ils firent le huitième canton,, qui est en même tems le second dans le rang d'honneur (j). « On « distingue encore de nos jours, dit- M. de Watteviîle, les » huit anciens cantons, comme on les appelle, des Suisses eh- » général, parée que, pendant cent vingt-cinq ans ( M. Tschar- » ner dk i3o), ils composaient seuls te corps helvétique » (a). Dans cet intervalle de tems, il bien des événements

relatifs a- là Suisse, dont il est important de toucher, au moins rapidement, les- plu*, remarquables.

Albert ^ duc d Autriche, après avoir mis, le i5 juillet 1 35a >\ le siège dcvantZurich, désespérant du succès de son entreprise, a'éiait f>rété à un accommoaement ménagé par le margrave de Brandebourg. Le traité portait que lè duc reconnaîtrait 1 alliancev

fi) * La république de Berne, dit M. le comte d*Àlbon, a de » {grandes possessions, des revenus considérables , et un trésor dont les » épargnes de- chaque année augmentent les fonds. Elle a placé. en. » Angleterre et en Hollande pjua.de huit millions; et l'on assure que » re n'est & tout au plus que la sixième partie: de la somme totale » qu'elle tient en -réserve. Tous les autres cantons, sans en excepter* » même- les -Protestants f. craignent cette république, ou la jalousent, » et croient de leur intérêt de la voir moins riche,, moins puissante,». » se rapprocher de leur médiocrité, et perdre cette énorme dispro- » portion qui se trouve en tr elle et les autres membre* du. corps hel- > vélique. »

(a) L'an *4tSr. dans le. tems que les huit anciens cantons s'empare-, sent du comté" de Bade, dont nous parlerons ci-aprèa, sept de ces mêmes cantons se rendirent maîtres de la Turgovie ^province d'une assez grande étendue, des Frey-Amhter, ou Francs-Bailliages qui n'ont qu'un petit" territoire ,„ pays peu considérable , et de Rhin thaï , qui. • étend le long du Rhin, depuis le comté de Werdenberg jusqu'au lac Je Constance. Ces conquêtes furent toutes des. démembrements des états possédés par la maison d'Autriche. Sargans, comté d'un revents médiocre, fut acquis, peu de tems après, à prix d'argent par ces mêmes cantons. La ville de Rapperschweil , sur le lac de Zurich ,. fut frise en i458, far les cantons d/Urt^de Schvritz , d'Underwald et <U

de Giaris et de Zug avec les Suisses ; que cependant il serait maintenu dans la jouissance des rentes et des droitures qu'iLy possédait ; et enfin que les Zuricois remettraient en liberté le comte de Habsbourg , qu'ils avaient fait prisonnier, la veille de saint Maihias i35o ( v. st. ), dans une expédition nocturne, où il était sur le point d'escalader leur ville, à la tête de plusieurs autres comtes et d'autres nobles (Simler, Çhronol. HeheL') Mais on s'aperçut bientôt que cette paix n'était que simulée 'de la part des Autrichiens. Albert , ayant mis dans ses intérêts l'empereur Charles IV et plusieurs villes impériales , recommença les hostilités le 18 juillet i354t et dix jours après, il vint mettre de nouveau le siège devant Zurich. L'empereur le joignit, le 20 août suivant , avec les troupes de plusieurs villes de l'empire. Mais fléchi par les remontrances des Zuricois , .et voyant d'ailleurs ceux qui l'avaient suivi prêts à se débander, il prit le parti de la retraite. Albert, peu de tems après, fit de même sur la nouvelle qu'il reçut d'un gros parti des confédérés , qui venait au secours de la place. (Suicer, Watteville, pag. i5oY)

BIENNE (en latin Bienna, Bicllum , Bipennis) , ville située à l'extrémité d'un lac auquel elle donne son nom, s'était presque entièrement tirée de la dépendance de Tévêque de Bâle , qui en avait fait l'acquisition, lorsqu'en i352 , elle fit une alliance

Ï)erpétuelle avec la ville de Berne, dont elle est éloignée de sept icues nord-ouest. En 10*67, ^ean évêque de Bâle, s'en étant rendu maître par surprise , fit main-basse sur une partie des habitants , et livra aux flammes les maisons. Les troupes de Berne et de Soleure, également alliées a Bienne, accoururent assez tôt pour dégager les principaux bourgeois détenus dans le château, qu'elles détruisirent à leur tour par le feu ; après quoi elles allèrent faire le ravage sur les terres de l'évêché. Bienne ,( en 149K» fit alliance .avec Je corps helvétique, et, depuis ce tems , elle envoie un député aux diètes de la nation. (Tscharner , Suicer.)

L'ARGËU, ou L'ARGOVIE(^o«VcP^i«), est une petite province, dont la république de Berne est redevable à l'excommunication prononcée par le concile de Constance contre Frédéric , duc d'Autriche, protecteur du pape Jean XXU1. « On » le partage tmi haut et has Argeu, dont la petite ville d'Ar- » bourg fait à-peu- près le point de séparation. On y compte >» dix bailliages et quatre villes principales, Zoffingen , Ara u., » Lentzbourg et Brouc. » ( Tsctiarner. ) C'est un pays fertile en grains , en vins et en fourrages.

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Le pays de VAUD ( Vauâum) , qui s'étend depuis le lac de Genève jusqu'à ceux de Morat et d'Yverdun , sur un espace carré d'environ vingt lieues, est encore une possession de la république de Berne. On le croit le même à-peu -près que le Pagus Urbiçenus , dont parle César, et dont la ville d'Orbe (Urba)9 à deux lieues du Mont-Jura, était la capitale. Il faisait partie du royaume de Bourgogne, après l'extinction duquel il tomba sous la puissance des empereurs d'Allemagne , qui l'inféodèrent aux ducs de Zéringen. Cette maison ayant cessé d'exister en 1218 , les comtes de Savoie profitèrent des troubles de l'empire pour s'en emparer; et Amédée V, l'un de ces comtes , donna , Tan 1285 , le pays de Vaud à Louis, son frère puîné, dont la postérité l'a conservé jusqu'en i35g , époque de son extinction. L'évêque de Lausanne était seigneur de sa capitale , ainsi que des paroisses de la Vaux, d'Avenche (l'ancien Aventicum) et de Vevay. Les cantons de Berne et de Fribourg y possédaient eh fommun plusieurs bailliages; le reste appartenait au comte de Savoie. C'est à Moudon que s'assemblaient les étals du pays, lis contenaient quatorze villes, ou bourgs , dont, les principaux étaient Moudon, Yverdun, Morges, Noyon, Payerne et Romont. Les Bernois n'ayant pu engager, par leurs remontrances, le duc de Savoie à laisser à la ville de Genève le libre exercice de la nouvelle religion qu'elle avait embrassée , entrèrent en armes, Tan i536, dans le pays de Vaud , dont ils sont restés maîtres jusqu'à nos jours. C'est la contrée la plus fertile , la plus riante et la plus riche de cette, république.

GRUYERES , petite ville à six lieues ouest de Fribourg , était autrefois la capitale d'un comté qui s'étendait des frontières du Valais et de la source de la Sane , jusqu'à deux lieues , ou environ, de Fribourg. Michel, son dernier comte, se voyant accablé de dettes , abandonna tous ses biens , qui furent discutés par l'arbitrage des cantons d'Uri , de Schwitz, de Glaris , de Soleure et de SchafThouse. Les villes de Berne et de Fribourg s'emtarèrent de ses terres en 1004, seize ans avant sa mort , arrivée an 1570, et cela pour la somme de quatre-vingt-un mille richdales , à quoi se montaient , tant leurs prétentions , que celles des villes de Baie et de Strasbourg , qu'elles avaient achetées., et d'autres paiements faits à divers créanciers. En conséquence, ces deux villes firent , en 1 555 , le partage du comté de Gruyères. Berne eut deux des quatre barrières, en quoi il était partagé, savoir, Gessenay et Château-d'Oeux , ou la province an-dessus de la Bocke , et Fribourg eut les deux autres, c'est-à-dire, Gruyères et Monisalven y ou la province au-dessous de la Bocke.

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On sari la réputation qu'ont en France les fromager de Gruyères,, qui font la principale richesse du paya»

A nous reste encore à parler de l'une des possessions lès plus* fin portantes du canton de Berne , que nous aurions peut-êtredû nommer avant l'acquisition de Gruyères. C'est la vitte de LAUSANNE , la plus grande du pays de Vaud , nommée dans TitinéraÎTe d'Antonin, Lousanna. Quoique sujette en partie à son évêque , elle jouissait cependant de privilèges considérables que les empereurs lui avaient accordés. Ses lois furent rédigéesen code , Tan 1268 , sous le nom de Placitum gênerait- Elle conclut , en i-3 *5 , une alliance avec Berne et Fribourg; et, Pan. i£36 , elle se soumit au canton de Berne , qui , non content de lui confirmer ses anciens privilèges , lui céda plusieurs biensecclésiastiques considérables qu'il avait confisqués après l'introduction de la prétendue réforme, I/évêque de Lausanne réside aujourd'hui à Fribourg. Son premier siège était Ave nche rAver* ticum* l'une, à ce qull parait , des douze villes que les Helvétieos ruinèrent lorsqu'ils eutreprient leur mallieiireuse expédition dans les Gaules, Ce fut de cette ville que l'évêque Maciu* transporta son siège , l'an 602 , à- Lausanne.

Un nouveau péage que le duc Lèopold d'Autriche établit,, en- «385 , à Rotheobourg, souleva les Lucernois , auxquels il éiait fort onéreux. Le peuple en foreur, s'étant attroupé à i'insu du magistrat , marcha contre Rothenbourg., démolit le château et abbatit les murs de la ville, sans toucher ni aux biens ni à la vie des particuliers. (Watteville, pag. 180.) Ce fut le signal drune nouvelle rupture avec la maison d'Autriche» Les Lucernois, s'étant présentés successivement devant les villes de Sempach et de Kiche risée , les reçurent à composition avec te pajs d'Entlebuch , qui , las de la domination tyran nique èe Pierre de Thorberg , son seigneur , tes prévint en se mettant sons leur protection. Les Autrichiens ayant pris d'assaut, l'an i386, Kichensée sur le lac de BaJdeek, dont la garnison était trop faible pour leur résister , y exercèrent la plus cruelle vengeance, en égorgeant une partie des habitants, précipitant les autres dans le lac, et détruisant jusqu'aux fondements tous les édifices de la place. Après avoir me^ nacé plusieurs autres villes , ils arrivent, le 9 juillet i386 (Suicer), devant Sempach, sur le lac de Sursée, ou le duc Léopold d'Autriche vient se mettre à leur tète le même jour. Ce fut aussi celui de l'arrivée des troupes envoyées au secours de la place, par tous les confédérés, à l'exception des Bernois, qui s'excusèrent, sous différents prétextes, de prendre |>art à cette expédition. L'armée autrichienne était forte de

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