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autre en son nom, ne pourra exercer aucune juridiction à ces heures , mais seulement les citoyens qui auront alors toute juridiction , pur et mixte empire; que les citoyens, bourgeois, et jurés de la ville, pourront créer, toutes les années, quatre syndiis ou procureurs de la ville, à qui seront donnés pleins pouvoirs pour les affaires de la communauté. (Spon , t. I , pp. 70-7 1.) v Cependant les comtes de Savoie , pour cap- » tiver la bienveillance du peuple et prendre pied insensible- » ment dans la ville , s'adressaient tantôt à 1 évêque , tantôt » aux syndics, et quelquefois à tous les deux ensemble, pour » demander permission de séjourner dans Genève , avec leur » conseil , un certain nombre de jours limités , et au bout de » ce tems-là , ils demandaient prolongation pour quelques » autres jours, et en donnaient ordinairement des déclarations » (portant) qu'ils ne prétendaient pas tirer ces permissions m à aucune conséquence ; ni préjudicier en rien à la juridic- » tton et liberté de la ville. Quelquefois aussi ils demandaient >» territoire dans la ville, pour rendre justice à leurs sujets » qui s'y rencontreraient pendant leur séjour. On voit dans » les archives une douzaine de tels actes , depuis Tan 1390 » jusqu'à l'an i5i3. Le comte (Amédée VII) fit, déplus, un » acte authentique, daté du 26 avril i3o,i , par lequel il dé- » clare que , pour l'exercice de juridiction qu'ont tait et fe- » ront Louis de Cossonai et son conseil résidant à Genève, » jusqu'au ier. septembre suivant, par la libérale concession » de l'évoque et ae la ville, il n'entend, ni ne peut déroger » aucunement à leur juridictiou , ni que pour cet exercice il j» lui soit acquis aucun droit »• (Ibid. , pp. 71-72.)
Guillaume de Lornai remplaça l'évoque Ademar Fabri , mort cette année, ou sur la fin de la précédente. Pendant son épiscopat , mourut , sans laisser aucun enfant , Pierre , comte de Génevois, peu de jours après son testament, fait le 24 mars 1394. Par cet acte, il institua, pour son héritier, Humbert de Villars , son neveu , fils de Marie de Génevois , sa sœur
» faut rappoiter l'origine et l'allusion de la devise Post tenebras lux t
» qui accompagne les armes de la ville de Genève. On en a donné,
» ajoute-t-il, diverses interprétations plus ou moins forcées, et la
» plupart inintelligibles. Quelques protestants, amateurs du merveil-
» leux , disent que jadis elle portait ces mots : Post tenebras spero
i> tue cm ; et nue, depuis fa réformation, on Ta changée en ceux-ci :
» Post tenebras lux. Des sceaux authentiques détruisent cette fausse
» vision, en prouvant que, long-tems avant la réformation , la devise
» était la même qu'elle est aujourd'hui. 1» ( Tome I , page a5c). )
DES ÉVÊQUES ET PRINCES DE 'GENEVE. I ij
aînée, a la charge , par celui-ci , d'instituer, à son tour, en cas de prédécès, Odon de Villars, son oncle. Marguerite de Joinville , veuve du comte Pierre , épousa , en troisièmes noces (i), Ferri de Lorraine, à qui elle apporta le comté de Vauderaont. Robert de Genevois, placé alors sur le saint siège sous le nom, comme on l'a dit, de Clément VII, ne se vit pas impunément privé de la succession de Pierre , son frère. Jl voulut se mettre en possession du Genevois. L'évêque de Genève et le comte de Savoie, formaient, sur cette succession, chacun de son côté, des prétentions que le respect pour le chef de l'église universelle, suspendit jusqu'à sa mort , arrivée le 16 septembre i3o,4» Mais, après cet événement, le prélat voulut se mettre en possession du comté de Gé ne vois , par droit de confiscation , attendu que ni Pierre , ni son frère, qui Pavaient précédé , n'avaient rempli le premier devoir de la vassalité envers l'église de Genève, en lui faisant hommage et le serment de fidélité pour ce fief qu'ils tenaient d'elle. Le comte de Savoie, d'autre part, soutenait que le comté de Génevois, dont il tenait déjà une partie entre ses mains, devait lui revenir en entier comme descendant de ceux qui l'avaient anciennement possédé. Dans le cours de cette contestation , mourut , en 1400, Humbert de Villars , sans laisser d'enfants mâles. Odon de Villars, son oncle, qu'il avait nommé son héritier par son testament , et que le comte avait , de plus , substitué à Humbert, en cas que celui-ci le précédât au tombeau , et qu'il mourût , comme il arriva , sans postérité masculine, voulut d'abord se mettre en devoir de lui succéder. Mais, après de plus mûres réflexions , la crainte de se compromettre avec le comte de Savoie , fit qu'il prit le parti de traiter amiablement avec ce prince. En conséquence , par acte passé entre eux, le 5 août 1401 , à Paris, en présence du prince Jean , fils du roi Charles VI, Odon céda tous ses droits sur le comté de Génevois, au comte de Savoie, qui lui transporta, en échange, Château - Neuf avec toutes ses dépendances, situées dans, le Val-Romei , et de plus, lui paya, en deniers comptans , la somme de 45,ooo francs d'or (2). Restait à satis-
(1) Et non en secondes noces, comme porte l'édition des Bénédictins. Elle avait épousé, en premières noces, Jean de Bourgogne , duc de Monlogu.
(a) Us étaient d'or fin, et chacun du poids de 73 grains un septième ; ainsi 45,ooo pesaient 714 marcs 2 onces 2 gros et 20 grains quatre septièmes; et, à raison de 828 livres 12 sous le marc, produisent de . notre monnaie actuelle 591,857 livres 2 sous 10 deniers deux septièmes.
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faire l'église de Genève , par rapport au même objet. Le comte Amédée en vint à bout , au moyen d'une transaction qu'il fit , le ier. octobre i4o5 , avec l'évêque et son chapitre, par laquelle il reconnut tenir d'eux, en mouvance, le comté de Genevois , et promit de s'acquitter fidèlement des devoirs de vassal à leur égard. (Spon, tom. II, n°. xlvii.) C'est ainsi que ce fief tomba dans la maison de Savoie , pour n'en plus sortir.
L'évêque Guillaume de Lornai étant mort l'an 1408, le chapitre de la cathédrale lui donna pour successeur Jean Ber- TRANDI , l'un de ses membres et des plus savants hommes de son siècle. Le nouveau prélat, à son installation , qui se fit le 10 janvier i4°9» jura, sur l'autel de Sai nt- Pierre , à l'exemple de ses prédécesseurs , de maintenir et observer les anciennes libertés et coutumes de l'église et de la cité. (Spon, t. II, n°. xlviii.) Le comte de Savoie , se fondant sur sa qualité de vicaire de l'empire, voulut exiger de lui un pareil serment pour le temporel de révèché. Mais l'empereur Sigismond, instruit de cette exaction, déclara, par un rescrit du 20 novembre 141-9 adressé au comte lui-même, qu'à lui seul, comme chef de l'empire, appartenait le droit d'investir l'évêque de Genève des régales de son église. (Spon, ibt'd. n°. xnx.) Le comte Amédée se soumit , et , par une déclaration du 29 août 1414 > il reconnut qu'il tenait de l'évêque la permission de résider à Genève avec son conseil , et d'y exercer la juridiction sur ses propres sujets (et non sur d'autres) qui se rencontreraient en cette ville. Le prélat s'étant rendu à Aixla-Chapelle , y assista , le 8 novembre suivant , au couronnement de l'empereur, qu'il accompagna ensuite au concile de Constance , et de là en Espagne.
Martin V, nouveau pape, revenant de Constance, où son élection s'était faite le 11 novembre i4*7* arriva, le 11 juin 1418, à Genève, accompagné de quinze cardinaux et d'Amédée, créé duc de Savoie par 1 empereur, le 16 février ï4!7' Pendant le séjour qu'il fit en cette ville, il transféra Pévêque Bcrirandi à l'archevêché de Tarentaise , et nomma, en consistoire, Jean de Pierre-Cise , ou de Roche-Taillée, pour remplir le siège de Genève. Le nouveau prélat eut à se défendre contre les artifices du duc de Savoie , qui , dans un mémoire présenté au pape, demandait la moitié du domaine, par indivis, de Genève, en échange des droits qu'il avait en cette ville, et de quelques places qu'il possédait aux environs. L'affaire, poussée vivement par les instances du duc , échoua par la prudence et la fermeté de Jean de Pierre-Cise , appuyé de tous les ordres de la ville qu'il avait assemblés plusieurs fois à ce