DES LVÊQUES ET PRINCES DE GENEVE
sujet. Ce vigoareux pasteur fut enlevé à l'église de Genève , le 3 février 1422, par les Anglais, qui dominaient alors en France, pour être placé sur le siège de Rouen ; il passa ensuite à Besançon, et parvint au cardinalat. Jean de Courte-Cuisse, confesseur du roi Charles VI , dépouillé de l'évêché de Paris par les Anglais , devint évêque de Genève , par élection , le 22 octobre 1422. Mais au bout d'un an, il/ut remplacé par
Jean de Brognier , chanoine de Genève , à qui son mérite avait déjà procuré, successivement, l'évêché de Viviers, l'archevêché d'Arles, la place de chancelier de l'église romaine, et le cardinalat. C'était lui aussi, qui, Tan 1417, avait présidé au concile de Constance, pendant la vacance du saint siège. H ne parut point de son vivant à Genève ; mais , après sa mort, arrivée le 16 février 1426, il y fut transporté de Home , et inhumé dans la chapelle des Machabécs, où il avait fondé une communauté de treize prêtres. François de Mies, neveu de Jean de Brognier , fut son successeur à l'évêché de Genève, et devint ensuite cardinal. L'an 1428, le 23 juin, à l'exemple de ses prédécesseurs, il fit le serment solennel de maintenir les libertés , franchises et coutumes de sa cité. Pendant son épiscopat, il fut témoin de quelques événements singuliers, qui l'affectèrent diversement. L'an i43o, le feu consuma sa cathédrale , au rétablissement de laquelle le duc de Savoie contribua par une générosité dont il n'est pas facile d'expliquer le motif. Ce prince n'en demeura point là. Pour donner un nouveau lustre au chapitre de cette église, il obtint du pape Martin V, que nul ne pourrait y être admis qu'il ne fût noble d'extraction ou docteur en théologie.
L'an i434 9 ce prélat vit le duc Amédée se métamorphoser en ermite pour en mener la vie , avec six compagnons , dans le prieuré de Ripaille , pr^ès de Thonon , sans abdiquer ses états. Il vit ce même duc, en i44<> 9 élevé au souverain pontificat , et en reçut diverses marques de bienveillance pour lui et pour son église. {Voy. Amédée VIII, duc de Savoie.) Le duc Louis, fils de ce pontife, loin d'attenter aux droits de l'église de Genève, eut la déférence pour le même prélat, de lui écrire pour avoir la permission de s'établir en cette ville , pour quelque tems , avec sa cour et son conseil. François de Mies finit ses jours au mois de mars i444» Après sa mort, le pape Félix V, ce même Amédée VIII , ci-devant duc de Savoie, retint, pour lui, Pévêché de Genève, qu'il fit administrer avec le soin qu'on pouvait attendre de lui. Sa résidence était J Lausanne, Il écrivit de là aux syndics et habitants de Genève,
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pour leur demander du secours contre les Fribourgeois , qui inquiétaient cette ville par leurs incursions. On lui fit passer, au commencement de Tan i44$i un corps de troupes dont il remercia les Genevois , comme d'une assistance volontaire , par son rescrit du 16 février de la même année.
Félix n'était point reconnu pour légitime pape en plusieurs états catholiques, et surtout en France, où Ton tenait pour Nicolas V. On assembla , Pan 1 449 « un concile à Lausanne, pour terminer ce schisme. Félix y ayant donné son abdication, le 9 avril , la paix fut par là rendue à l'église. Il paraît qu'il retourna ensuite à Ripaille, où il mourut, le ifr. janvier i45i. (M. Lévrier, t. II, p. 34.)
Pierre de SAvoiB,petit-nlsduduc Amédée VIII (Félix V), fut élu , à l'âge de huit ans , pour lui succéder dans l'évêclié de Genève, et eut pour vicaire- général , au temporel et au spirituel , Thomas de Sur , archevêque de Tarentaise. De son tems , le nombre des conseillers qui composaient le sénat avec les syndics, fut porté de douze à vingt -cinq, tel qu'il est encore'aujourd'hui. L'évêque Pierre de Savoie mourut le 21 octobre i458, à 1 âge de 18 ans.
Jean-Louis de Savoie , frère puîné de Pierre de Savoie , fut son successeur dans l'évêché de Genève. Il était déjà pourvu de l'évêché de Maurienne et de l'archevêché de Tarentaise, outre quatre à cinq abbayes qu'on avait accumulées sur sa tête. C'était son père qui avait décidé de sa vocation , qui n'était nullement conforme à son caractère, 11 n'avait que des inclinations martiales et nulles des vertus ecclésiastiques. On lui donna pour admi nistrateur- général , Philippe de Compois, et ensuite Antoine de Malvenda. Guidé par leurs conseils , il soutint avec fermeté les droits de son église , et ne souffrit pas que ceux même de sa maison y donnassent atteinte. Janus, son frère, ayant voulu prendre le titre de comte de Genève, il l'obligea de le quitter et de s'en tenir à celui de Genevois, que son père lui avait donné. On ne peut néanmoins l'excuser de s'être concerté avec Charles, duc de Bourgogne, et le comte de Romont , pour faire enlever Philibert, son neveu , duc de Savoie, avec Yolande , sa mère rafin de rendre Charles maître du pays. Il est vrai que le coup n'ayant réussi qu'en partie , par l'évasion de Philibert , ce prélat se hâta de faire sa paix avec le roi Louis XI , frère d'Yolande , en lui remettant les châteaux de Chambéri et de Montmeillan , dont il s'était emparé. (J'oyez
DLS ÉYÊQUtS ET PRINCES DE GENEVE. loi
Philibert, duc de Savoie. ) MM. de Sainte-Marthe placent sa mort au n juillet 14^2.
Le chapitre et les citoyens de Genève ne pouvant s'accorder pour l'élection d'un nouvel évêque, le pape Sixte IV nomma, d'autorité , le cardinal Dominique de la Rovère , son parent ; mais celui-ci , rencontrant de l'opposition dans les deux partis, céda sa nomination à Jean de Compojs , chancelier de Savoie. Celui-ci eut , pour concurrent , Urbain de Chivron ; et tous deux, par arrangement fait entre eux , après avoir disputé quelque tems le terrain , se démirent , l'an i4^4> en faveur de François de Savoie , frère des deux évoques précédents , Pierre et Jean- Louis de Savoie; ce qui fut agréé du chapitre, et de la ville de Genève. Ce prélat , de mœurs très-peu réglées , fut néanmoins jaloux du maintien , des droits et libertés de son église et de la ville. Le sénat de Çhambéri y ayant donné atteinte par un de ses arrêts , il le fit casser et révoquer par le duc Charles, le 14 décembre 1489. (Citadin, p. 277.) François de Savoie termina ses jours le 3 septembre 1490, et, selon d'autres, su mois de mai de l'année suivante. En mourant , il laissa un fils naturel , Jean-François , que nous verrons au nombre de «s successeurs.
Le chapitre de la cathédrale de Genève, ayant donné à François de Savoie , pour successeur , Charles de Seissël , le pape refusa des provisions, et, à la recommandation de la duchesse régnante , nomma , pour remplir le siège de Genève , Antoine de Champion , évêmic de Mondovi , et chancelier de Savoie. Les deux compétiteurs ayant pris les armes avec leurs partisans , pour se mettre en possession , il y eut entre eux, au pont de Chanci , un combat où Champion , vainqueur, obligea Seissel de lui céder la crosse, après quoi il entra triomphant à Genève , comme dans une ville qu'il aurait prise d'assaut. La conduite qu'il tint dans l'épiscopat, couvrit l'irrégularité de son entrée. Frappé des désordres qui régnaient dans le clergé de son diocèse, il tint, l'an i493, un synode pour le réformer. Il résulta , des opérations de cette assemblée , un recueil des ordonnances des évêques précédents de Genève , revues et corrigées , qui fut imprimé ta même année. ( Spon, 1. 1, p. 100.) Ce prélat mourut le 19 juillet i4$5*
Philippe de Savoie , fils de Philippe , comte de Bresse ^ fut donné , dans le mois de juillet par Ie crédit de son
père , à l'âge de cinq à six ans , pour successeur à l'évéque Antoine de Champion. Le pape Alexandre VI , en confirmant son élection, lui donna pour administrateur, Amé de Montfaucon,
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*vëque de Lausanne. Le jeune Philippe ne persévéra pas dan* l'état ecclésiastique. Ayant quitté celte profession pour embrasser celle des armes, il fut pourvu du comté de Génevoisf après quoi il suivit le roi Louis Xll en Italie, et combattit pour lui en 1609, à la journée d'Agnadel. Lorsque Charles- Quint fut élevé à l'empire, il passa au service de ce prince. Mais le roi François 1er. l'ayant attiré en France , lui donna , le 22 novembre i5a8, le duché de Nemours, dont il prit le titre. Il fut du nombre des grands qui accompagnèrent ce monarque dans l'entrevue qu'il eut avec le pape Clément VII, à Marseille. Mais il y mourut avant qu'elle fdt terminée, le s5 novembre i533. Son corps fut porté dans l'église d'Ànneci, pour y être inhumé. Il avait épousé, le 22 novembre i52tt, Charlotte, fille de Louis d'Orléans, 1er. du nom, duc de Longueville (morte à Dijon le 8 septembre 1S49) , dont il eut Jacques , son successeur au duché de Nemours , et Jeanne f mariée , en i555 , à Nicolas de Lorraine , comte de Vaudemont ; alliance dont sortit Philippe-Emmanuel de Lorraine , duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne, mort en 1602. (Anselme, t. 111, p. S12. ) La branche de Savoie-Nemours finit dans la personne de Charles-Amédée , tué en duel, le 3o juillet 1662, à Paris, Il était le petit-fils du duc Philippe.
Charles de SeisSEL, dont nous avons vu la nomination faite, en i49°? P*1" ^e chapitre de Genève, rejetéc parle pape Innocent VIII , succéda, le 22 février i5io , par la résignation de Philippe de Savoie, dans l'évêché de Genève, que ce prince avait en quelque sorte abandonné depuis plusieurs années , sans cesser d'en percevoir les revenus. Mais , avant d'aller plus loin T il est à propos de rapporter certains faits antérieurs à cette époque.
Le duc Philibert avait un frère, nommé René, qui avait acquis un grand empire sur son esprit. Philibert ayant obtenu d'Aimon de Montfaucon , administrateur de l'évêché de Genève, la permission d'y venir séjourner avec son conseil, y arriva , pour la première fois , le S mars 1 4q8 , accompagné de René. Celui-ci , ayant demandé aux chefs du sénat de Genève communication de leurs archives, essuya un refus dont il fut extrêmement piqué. 11 s'en prit à Pierre Lévrier, citoyen noble, seigneur de Florimond , sénateur et conseiller-d'état , qu'il fit emprisonner, par un ordre surpris au duc, dans le château de l'île du Rhône. Le duc , sur les plaintes que les syndics lui portèrent de cette attentat inoui , fit relâcher le prisonnier. Mais le sénat ayant fait punir de mort un savoyard, faux monnayeur,
bES ÉVÊQUES Vt MUKCES DE GEÎflvB. l$3
{rrita de nouveau René par cette exécution , qui se fif sous ses yeux. Celui-ci, pour se venger , accusa un gentilhomme genevois i nommé d Eyria , d'avoir corrompu le médecin du duc , pour l'empoisonner. Le médecin , appliqué à la torture , ayant avoué, quoiqu'innocent , le crime qu'on lui imputait , fut mit à mort. Le même sort menaçait d'Eyria qu'on venait d* arrêter f s'il n'eût pas eu l'adresse de s'évader. Philibert , instruit par lai duchesse et par d'autres personnes, ouvrit enfin les yeux sur cette attrocité. Il chassa René de ses états , et fit confisquer ses terres par arrêt du sénat de *Chambéri. La cour de France >' où il se retira , le dédommagea , par diverses faveurs , des disgrâces que ses perfidies lui avaient attirées. Charles 111 ayant succédé, l'an i5o4, au duc Philibert, ne tarda point à se brouiller avec Genève. Ayant à se venger des incursions faite» x par les Valesans sur ses terres , il demanda du secours aux Génevois. On lui envoya deux mille hommes. Mais il lui fallait encore du canon. Sur la nouvelle demande qu'il en fit, la ville, qui n'en avait que six pièces, les refusa, disant qu'elle en avait besoin pour sa propre sûreté. Ce refus, dont Pierre. Lévrier, chef alors de la république , était l'auteur , irrita le duc , qui chercha dès-lors à perdre ce magistrat . A son instigation, les grands-vicaires font mettre en prison 'Lévrier. Mais sur les représentations des Fribourgeois , avec lesquels Genève était en alliance , il est délivré. ,
L'évêque Charles de Seissel étant mort le 1 3 avril 1 5 1 3 f le chapitre lui donna , pour successeur , Amé de Giugin , l'un de ses membres. Mais le courrier de cette compagnie , envoyé à Home pour demander la confirmation de l'élection , ayant été prévenu par celui du duc de Savoie , le pape Léon X nomma Jean-François de Savoie, fils naturel de l'évêque Français, dont on a parlé ci-dessus, et cette nomination prévalut. Peur de tems après , le président de Villeneuve , ambassadeur de France auprès de la diète des ligues suisses , passant par Genève, y fut arrêté et enlevé de force, le 29 novembre, à la demande des cantons de Berne et de F ri bourg , mécontents de ce ministre. Conduit en Suisse , il y subit la question ; après quoi il fut relâché par accommodement. »■ »
Les Génevois, se voyant trahis par leur évoque , et menacés ar le duc, prennent le parti de s'allier par un traité de corn— ourgeoisie avec le canton de Fri bourg. L'alliance est conclue au commencement de l'an i5io,. Le duc, cependant , rassemblait des troupes pour se rendre maître, par force , de Genève. H y arrive le i5 avril i5io, , suivi d'une armée de dix mille * hommes de pied sans compter la cavalerie) fait occuper par ses XVII. ao
troupes tous les postes de la ville, et s'établit lui-même k l'hôtel-de-ville. Fribourg députe à ce prince pour lui notifier son alliance avec Genève. 11 reçoit avec hauteur le député. Mais, apprenant qu'un corps d'environ sept mille fii bourgeois est entré dans le pays de Vaud , il commence à négocier. Le résultat des pourparlers fut que Genève renoncerait à l'alliance de Fribourg , et que le duc retirerait ses troupes. Ce prince ne reconça cependant pas à ses desseins sur Genève, et attendait une occasion plus favorable pour les mettre à exécution. •
L'évêtnie de Genève , entièrement livré au duc de Savoie , s'était laissé engager par ce prince à lui céder tous ses droit» sur la ville de Genève. Mais le pape » sur les représentations 4u conclave , avait refusé de ratifier le traité. Le peuple de Genève , excité par un clerc nommé Pécolat, n'y était pas moins opposé. L'évêque, pour se venger , accuse Pécolat d'avoir voulu l'empoisonner. Celui-ci , mis en prison et appliqué plusieurs fois a la question , se coupe la langue pour n'être point forcé par les tourments de se déclarer coupable. Le clergé et le peuple prennent hautement sa défense , et forcent l'évêque de lui rendre sa liberté. Berthelier, antre Genevois f non moins a#é patriote que Pécolat, et plus feras encore, devint un nouvel objet de la haine de l'évêque et du duc. Arrêté comme séditieux par ordre de l'évêque , il fut décapité , par jugement du prévôt épiscopal , après avoir montré dans sa prison et de* vaut son juge , la plus grande magnanimité. Ce fut vers ce tems qu'il se forma , dans Genève , deux partis , dont l'un , favorable au duc, fut nommé les Mamelucs , et l'autre, défenseur de la liberté , s'appela les Eidgnos , d'où l'on fait dériver le nom de Huguenot , donné depuis à tous les Protestants de France. Après Ta faction des Mamelucs, il s'en éleva une autre hors des murs , qui fit bien du mal aux bourgeois : on la nomma la confrérie des gentilshommes de la Cuiller.
La mort, en 1S22 , délivra Genève^ de son évéque Jean- François de Savoie, que les débauches avaient presque entièrement consumé. Ce fut dans son abbaye de Pignerol qu'elle l'enleva. Pierre de la Baume , de la maison des comtes de Montrevel , qu'il avait nommé son coadjuteur l'année précédente , lui succéda. Il ne manquait au nouveau prélat que de la vigueur , pour réparer le mal que son prédécesseur avait fait ; car il était bien intentionné. Le duc ayant nommé, l'an i5a3 , un vidomne , nommé Rougemont, à la place de celui qui venait de mourir, le conseil épiscopal cita cet officier pour venir prêter le serment accoutumé entre les mains de l'évêque.
LES ÉVÊQUES ET PBINCES DE GENÈVfc. i5S
Le duc s'y opposa , disant que c'était à lui à le recevoir. Le prélat se défenaît avec peu de chaleur. Mais Lévrier s'éleva for* traient contre cette innovation , et releva le courage de l'évéque , en lui remontrant la honte qu'il y aurait pour lui de sacrifier les droits de son église , en pareille occasion. Le duc fut obligé de céder. Mais la mort de Lévrier fut dès lors résolue. Le 12 mars i5a4* 06 magistrat, en l'absence de l'évoque , est enlevé par ordre du duc et conduit au château de Bonne, clans le Faucigni , où , le lendemain , dimanche âe la Passion, le ^rand-prévôt de l'hôtel du duc lui fait trancher la tôle. It subit ce supplice avec une grandeur d'âme qui fera éternellement l'admiration de la postérité. Le duc, n'ayant plus un ad* versaire si redoutable à Genève, crut pouvoir y exercer désormais impunément sa tyrannie. Elle fut telle que plusieurs citoyens , ayant pris la fuite , se rendirent en Suisse , où, de l'aveu de leurs compatriotes , ils conclurent, le ao février i5a6 , un traité de combourgeoisie entre les villes de Berne , de Fri bourg et de Genève. Ce fut alors qu'à l'imitation des deux premières f on établit dans la dernière, deux nouveaux conseils, celui des soixante et celui des deux cents , en laissant subsister celui des vingt-cinq; et , par là, il y eut à Genève trois conseils, dont le dernier , supérieur en autorité comme en nombre , s'appela le grand-conseil.
L'évêque, voyant les troubles qui agitaient Genève, s'était retiré dans son abbaye de Satnt-Clâudé , en Franche-Comté , d'où il entretenait des correspondances secrètes avec le duc de Savoie. Pendant son absence , les nouvelles opinions s'introduisirent, sans obtacle, à Genève, et y firent de grands progrès. Le prélat y étant revenu le Ier. juillet i533, fut reçu avec les honneurs dus à son rang. Après une messe du Saint-Esprit et une procession solennelle , il assista à un conseil-général , ou il exhorta le peuple à la paix, à l'union , et à la persévérance dans la religion de ses pères , sans se laisser séduire par la doctrine des novateurs. Mais , au grand étonnement et au grand regret de ses ouailles, et malgré leurs représentations , on le vit partir , le 1 4 du même mois, pour ne plus revenir. Dèslors le parti des prétendus réformateurs ayant le champ lihre, prit un ascendant si considérable , qu'il entraîna tous ceux qui composaient le grand-conseil. Ce tribunal , par un jugement du 27 août i535 , procrivit la religion catholique dans la ville, avec ordre à tous les citoyens , de professer la nouvelle religion,
3u'on appela réformée ou protestante. Le chapitre de la cathérale se retira alors à Anneci , où il réside encore actuellement. A l'égard de Pierre de la Baume, après, avoir été nommé
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cardinal en i539 , il fut élevé , l'an §54* , sur le siège de Beiançon, après la mort de l'archevêque Antoine de Vergi, dont il était coadjuteur depuis 1529. Le s^ge episcopal de Genève n'a point été supprimé, mais seulement transféré à Anneci , où il subsiste jusqu a nos jours.
qu il est douteux s'il lut évéquc «Tn a supprimé plusieurs autres mentionnés dans les anciens catalogues , par la raison que ces catalogues n'ont point paru munis d'une assez grande authenticité