PREMIER DUC DE SAVOIE
1391. AmÉdér VIII , né, le 4 septembre i383 , à thambéri, devint, à l'âge de huit ans, le successeur d' Amédée VU , son père, sous la régence de Bonne de Bourbon , son aïeule , qui, pour cet emploi , fut préférée , après quelques contestations , à Bonne de Berri , mère du jeune prince ; mais on lui nomma un conseil qui gêna beaucoup son autorité.
Amédée n'avait encore que quatorze ans, lorsqu'en 1397 il s'éleva une grande querelle entre deux gentilshommes du pays de Vaud, Girard, baron d'Estavayé(i), etOtton, seigneur deGran-
(1) La maison d'Estavayé, remontant jusqu'au dixième siècle , ne subsiste plus que dans la personne du baron Jean-Louis d'Eatavayc , de
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ton, dont on a déjà parlé. Le premier accusait le second d'avoir violé sa femme, et renouvelait en même tems l'accusation formée contre lui, d'avoir trempé dans la mort du comte Amédée Vil. Les parents et les ami* de ces deux seigneurs prirent couleur respectivement dans cette querelle. Ceux du parti d'Estavayé pour se distinguer, portaient la figure d'un râteau , et les partisans de Granson une aiguillette à leurs souliers. Cette affaire ayant été portée devant Louis de JoinviUe , bailli de Vaud , le conseil du comte , pour en arrêter les suites , voulut en prendre connaissance. Les parties s'étant représentées devant le comte à Bou rg-en- Bresse , Gérard d'Estavayé soutint que Granson était coupable de la mort d' Amédée VI i. Granson nia le crime, et dit qu'il s'en était déjà justifié. Son adversaire lui ayant offert le duel , le comte , de l'avis de son conseil , permit ce combat par son ordonnance du iS novembre 1^97 * et en assigna le jour au i5 janvier de Tannée suivante. Le jour marqué, les deux champions se présentèrent à Bourg , dans le champ clos , armés de toutes pièces , à cheval , à la vue de la cour et de la principale noblesse Le combat fut cruel ; ils combattirent à la lance ; et Granson , qui jusqu'alors avait toujours été vainqueur en pareille occasion , reçut de son adversaire une si grande blessure, qu'il expira sur-le-champ à ses pieds. ( Guichenon , Jiist. général, de Savoie , tom. 1 , pag. 447- ) Amédée ayant été déclaré majeur la même année , son aïeule lui remit les rênes du gouvernement qu'elle avait maniées avec beaucoup de prudence et de sagesse. ( e pendant , lorsqu'elle voulut se mettre en possession du douaire que son époux lui avait assigné , le conseil du comte lui fit des difficultés sur ce que les objets de ce douaire étaient des fonds inaliénables. Mais le duc de Bourbon, son frère, s'étant mis en marche avec une armée pour lui faire rendre justice, le comte n'attendit pas son arrivée pour s'exécuter. 11 remii à son aïeule ce qu'elle avait droit de répéter. Mais il laissa dans le cœur de la princesse une plaie qu'il ne put fermer. Ce fut ce qui engagea Bonne à quitter la Savoie pour se retirer à Mâcon , où elle mourait , le 19 janvier 1402, dans de grands sentiments de piété. ( Hist. de ta maison de Bourbon. )
la branche des seigneurs de Beauville et de Molinons , établie, au seizième siècle, en Picardie et en 1 hampagne, et transplantée, en 1702, dans la Guienne , où Louis d'E tavayë, seigneur de Molinons, lieutenant des gardes du corps, brigadier des armées cl chevalier de Saint- Louis , fut rele'gué par ordre du roi. C'est l'aïeul de Jean-Louis, qu'on vient de nommer.