‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 3)Chapitre 92 sur 277 · CHARLES II · texte numérisé non relu

CHARLES II

1489. Cbarles-Jeas-Amédée > né le 34 iuin suc-?

DES DUCS DE S A VOIê; ir)t

cède au duc Charles 1 , son père , sous la régence de Blanche ; sa mère, à qui cet emploi fui vivement disputé par les comtes de Genevois et de Bresse. Le marquis de Saluées , qui s'était retiré en France , profita de cette minorité pour rentrer dan» ses états. Le roi Charles Vill , avant formé le plan de la conquête du royaume de Naples , ht demander à la duchesse de Savoie le passage libre de 1 armée française sur ses terres. Blan-* che ne se contenta point de l'accorder ; elle donna ordre à tous les gouverneurs de ses places de recevoir ce monarque avec tous les honneurs dus à la sublimité de son rang. Mlle fit plus; Iorsu'il fut arrivé à Turin , elle lui mena le jeune duc, à peine âgé esix ans ; et , pour lui prouver combien elle était dans ses in<* térêts, elle lui prêta des sommes considérables avec tous se9 joyaux , et lui fit présent d'un cheval que Commines appelle le meilleur du monde , sur lequel il combattit avec tant d'avantage «t de valeur à la célèbre bal aille de Fornoue. Charles, à son retour de Naples, fut encore reçu, en Piémont, par la régente, Qui alla , suivie des principaux seigneurs de sa cour , au-devant <Je lui à quelques lieues de Turin. Blanche, après le départ de ce prince, continua de rester à Turin, où elle passa l'hiver. Au pruitems suivant» s'étant transportée à Moncalier avec son fils, elle eut le malheur de le perdre par un accident funeste; l'en-» fent tomba de son lit , et mourut sur la place, le 16 avril 1496* dans la huitième année de son âge.

PHILIPPE II , dit SANS TERRE.

i4q6. Philippe II , comte de Bresse, cinquième fils de Louis T duc de Savoie, et d'Anne de Chypre, né a Chambéri, le 5 février i438, succéda, comme plus proche héritier, au duc Charles II , son petit-neveu. Ce fut lui-même qui se donna le wrnom de Sans Terre , parce qu'il fut plusieurs années sans avoir d'apanage ; et lorsqu'il eut obtenu le comté de Bresse , il conserva le même surnom , après que les Suisses lui eurent enlevé ce comté. 11 avait donné , sous les règnes précédents , comme on l'a vu , des preuves de son caractère inquiet et violent. L'âge «t l'expérience l'ayant réformé , il devint un nouvel homme, et mit dans sa conduite autant de modération et de saçesse qu'il ayait fait paraître auparavant de fougue et d'impétuosité. Il servit utilement le roi Charles VIII dans ses guerres d'Italie. Ce prince l'honora des charges de grand-chambelfan et de grandmaître de sa maison. Philippe ne jouit que dix-huit mois de son, duché, étant mort le 7 novembre 1497. H avait épousé, iQ. lè 6 janvier 147a (n. st.), Marguerite, fille de Charles de Bourt bon , duc d'Auvergne , morte en 148$ > après avoir donné a. $oj*

ïga CHRONOLOGIE HISTORIQUE

époux, Philibert, qui suit; et Louise, femme de Chartes de "Valois, comte d'Augouléme , père du roi François I; 20. l'an 1 4*5, Claudine de Bttassi-: de Bretagne (morte le i3 octobre i5i3), dont il eut six enfants. Los principaux sont : Charles, depuis duc de Savoie; Philippe, évêque de Genève, puis duc de Nemours , chef de la branche de Sivoie-Nemours ; et Philibert , femme de Julien de Yiédicis, frère du pape Léon X. Il eut aussi un fils naturel, Hené, comte de Vtllars, qui fut légii timé, et mourut, en 15*5, des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Pavie, en défendant la liberté et la vie de François I.

PHILIBERT H, dit LE BEAU.

1497. Philibert II, né au Pont d'Ain, le 10 avril 1480 , succéda au duc Philippe, son' père 11 avait été élevé à la cour de France, et avait accompagné, de même que le duc, son

Î>ère, Charles VIII , à la conquête de IN a pies. 11 fut employé y 'an 1497, par l'empereur Maximilien, son beau-père, dans la guerre contre les Florentins, ou il acquit la réputation d'un excellent capitaine. L'année suivante , il reçut a Turin des lettres du roi Louis XII, qui, dans le dessein de recouvrer le duché de Milan , lui demanda son secours et le passage sur ses terres. Philibert, attaché sincèrement à la France, acquiesça facilement à la demande du monarque, sous la promesse qu'il lui fit de payer les vivres qu'il fournirait à l'armée française. C'est ce qui fut traité^entre le comte de la Chambre, agissant au nom do duc, et le cardinal d'Amboise, ministre de France. Il fut de plus convenu que Louis ferait, à Philibert, une pension de vingt-deux mille livres, et une.de dix mille à René, son frère naturel ; que si le roi passait en personne les Alpes, le duc accorderait retraite aux Français dans ses places , avec permission , à ses sujets , de le suivre dans cette expédition ; que, dans le cas où Philibert accompagnerait le monarque, il recevrait de lui trente mille écus par mois , à la charge de fournir six cents combattants à cheval ; que le duché de Milan conquis , le roi y donnerait à Philibert des terres, à la concurrence de vingt mille ducats de revenu , et au bâtard René de Savoie d'antres terres , produisant quatre mille ducats de rente. Ces conditions acceptées et ratifiées, Louis se mit en marche à la téte d'une formidable armée. A son arrivée à Turin, il y fut splendidement reçu par le duc, qui l'accompagna dans son expédition,' où la compagnie, commandée par Philibert, se signala par des actions de valeur, qui étonnèrent même les ennemis. Maître du Milanez, Louis assigna, sur ce duché, à Philibert, une pension de vingt mille écus, à laquelle il ne manquait, pouc

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