X1IL
$0 CHRONOLOGIE HISÎORIQUË
ion cheval , et blessé. Mais Geoffroi Martel , son fils , et Her-J lx»rt Eveille-Chien , comte du Maine, étant revenus à la charge, défirent en entier le comte de Blois, lui ayant tué ou pris environ six mille hommes , et pillé tout son bagage. ( Bouquet , "tom. XI, pag. 63 1. ) C'est depuis ce tems que le cri de guerre des comtes d'Anjou fut le mot rallie, en mémoire du ralliement fait par Herbert. Jean de Marmoutier étt qu'Eudes fut fait prisonnier par le vainqueur, et cela sans marquer comment il se racheta. Mais s'il fut pris, il fut presque aussitôt relâché. Après cette victoire , Foulques se va rendre maître de Saumur, où commandait Gilduin pour le comte de Blois, qui ne tarda pas à y rentrer. L'année précédente , Foulques, potur serrer la ville rie Tours , avait fait construire , dans le voismage , un fort sur le Mont-Budel.
L'an 1028, Foulques, excité par l'exemple de Guillaume, 'comte d'Angoulême , qui était revenu l'année précédente de la Terre-Sainte, entreprend le même pèlerinage, accompagné des évêques de Poitiers, de Limoges, et de plusieurs seigneur! d'Aquitaine et d'Anjou. (Adémar.) (1) De retour l'année suivante, il attire à Saintes, que Guillaume, duc d'Aquitaine 4 lui avait vendu , ou cédé depuis quelque tems , ce même -Herbert, comte du Maine, qui lui avait rendu de si grands services à la guerre; et, l'ayant en son pouvoir, il le fait enfermer dans le capitole de cette ville , tandis que la comtesse d'Anjou entretient sa femme. Herbert demeura prisonnier 1 deux ans entiers, au bout desquels il fut relâché, on ne sait à quelles conditions. Un moderne dit faussement ( Antiq. de Saintes ) que Foulques le fit tuer contre le droit des gens. *
Foulques , après la mort du roi Robert , se rendit médiateur, l'an iooi , entre la reine Constance et le roi Henri son fils m - à qui elle faisait la guerre dans la vue de le détrôner et de lui substituer Robert son frère, (filaber.) Il échoua, l'an io32a au siège de Sens , où il avait accompagné ce monarque. ( Voy,'
(1) C'est vraisemblablement le même voyage de Foulques que la chronique de Tours rapporte à la vingt-troisième année du roi Robert (1020 de Jésus-Christ), etdont elle raconte les particularités suivantes. Pour obtenir des Sarrasins la permission d'entrer dans le Saint-Sépulcre , il fut contraint à promettre de souiller de son urine ce saint lieu. Mais, ayant eu soin de se munir d'une vessie remplie de bon vin blanc, il la mit entre ses cuisses et la répandit en guise de l'ordure qu'on voulait qu'illàchât. S'étant ensuite prosterné pour faire sa prière, il ' arracha avec ses dents, à l'insu des infidèles, une grosse pierre du Sépulcre, et l'emporta. ( Chr. Turon. Bouquet , tome X , page a83.) Le même trait se rencontre dans la chronique de Saint-Florent et dans le Gâta Cens. Andeg. , iM. , pp. 256-264.
les comtes de Sens» ) Il fait un second voyage, Tan io35, à la Terre-Sainte , et rencontre sur sa route , à Constant! nople , Robert , duc de Normandie, avec lequel il continua le voyage, si Ton en croit l'auteur du Gesta Cous. Ândeg. qui ne mérite pas beaucoup de créance. Il assiégea , Pan io3g , le château de Monlbason , dont il se rendit maître ; et peu de tems après il donna celui d' A m boise avec ses dépendances à Lisoie ton sénéchal, en le mariant à la nièce du trésorier Sulpice. ( Gesta ' domîn. Ambas. ) La même année , pour apaiser les remords de sa conscience, il reprend pour la seconde fois , suivant Foulques le Rechin , l'un de ses successeurs ( ou la troisième , comme d'autres le disent ) , la route de la Terre-Sainte. Ce fut alors qu'on vit ce comte d'Anjou , si terrible dans les combats, si superbe, si altier, se faire traîner sur une claie par les rues de Jérusalem , nu , la corde au cou , fouetté par deux de ses valets, et criant de toutes ses forces : Seigneur , ayez pine du traître et parjure Foulques. ( Willelm. Maltnesb. L. 3. ) Sans doute le ciel exauça ses vœux, en le mettant hors ctfétat de retomber dans ses anciennes fautes : car étant revenu à pied, il fut attaqué à Mets d'une maladie dont il mourut dans cette ville le 21 juin 1040, Ses entrailles y furent enterrées, et son corps fut transporté dans l'église de Beaulieu de Loches. {Gesta Cons. Andeg.) D'Adèle, ou Elisàbetit, fille de Bouchard le Vieux, comte de Vendôme t sa première femme, Foulques laissa une fille , nommée Adèle , mariée à Bodon , ou Eudes de Nevers; alliance dont sont sortis les anciens comtes de Vendôme, et Gerberge, femme d'un comte nommé Guillaume». Foulques eut d'HiLD£GARD£ , ou Hermengarde , sa seconde femme, morte le ier. avril 1046 à Jérusalem (Mabillon) , Geoffroi, qui suit, avec Hermengarde, femme de Geoffroi Ferréol, dit aussi Albéric , fils de Geoffroi Forole, et comte, ainsi que lui, de Château-Landon , ou de Gâtinais, qui devint la tige de la seconde race des comtes d'Anjou. « Ce Geoffroi de Châ- » t eau -Lan don , dit Ménage (//«/. de Sablé, p. n#), était
* fils de Geoffroi, comte de Gâtinais* et de Béatrix, filfe » d'Albéric II , comte de Mâcon , et d'Ermentrude > fille de
* Létal de , comte de Bourgogne, et de Richilde* » Il y a ici uoe méprise, en ce que Ménage fait Ermentrude fille tïc* Lélalde, au lieu qu'elle n'était que sa bru. (Voyez les nomtes de Mâcon. ) Revenons à Foulques. Ce comte était fort mauvais marL M fit brûler , suivant plusieurs écrivains, sa- première femme , Tan 1000 , sur un soupçon d'aduhère. (Quelques-uns^, néanmoins, disent qu'elle périt dans un incendie fortuit, qui consuma en partie la ville d'Angers; d'autres, qu'il la poignarda de sa main , après qu'elle se fut sauvée d'un précigice
5a CHRONOLOGIE HISTORIQUE
où son mari Pavait fait jeter. ) Foulques contraignit sa seconde femme, par ses mauvais traitements, à se retirer 4 la Terre- Sainte. Le comte bâtit , outre Mont richard , plusieurs autres châteaux, dont les principaux sont Monlbazon , Mirebeau t construits avant l'an 1000, et Château-Gonthier (i)> com-
(i) Le tcrreîn sur lequel fut édifié Château-Gonthier s'appelait Ba-~ sif/ca. Basoche. Cette terre fut érigée en marquisat, par lettres de juil^ let i656, en faveur de Nicolas de Kailleul, président à mortier an parlement de Paris « et chancelier de la reine, avec la mouvance de deux ha munies et de trente-six paroisses. Telle est , suivant Ménage ( Hist. de Sablé ) , combiné avec le P. Anselme ( lom III, pag. 3i7~3ao ) » la suite généalogique des seigneurs de Château-Gonthier :
IVES, ou IVON, 3«. fils d'Ives I , comte d'Alençon et de Bellème.
RENAUD I. seigneur de Château-Gontîer, tué Tan 1066 , le jeudi-saint ( i3 avril ) , par la populace d'Angers . armée pour la défense du comte Geoffroi le Barbu. Beat MX sa femme.
ALARD I, seigneur de Château-Gonthier, mari , RENAUD, seî-j-
i°. d'Eus AB£r 11 , fille, à ce qu'on prétend, du gneurde Château.7
seigneur de Mathefelon ; a°. de Mathilde , Renaud, fille de Robert le Bourguignon. Alard mourut à la Terre-Sainte en 1101.
RENAUD II , mort ELISABETH , femme HERSENDE, énonse
à la Terre-Sainte , de Geoffroi, seigneur d'Hubert de Cham-
en 1101 , comme de Durtal. pagne, son père.
ALARD 11 , seig'. de Château-Gonthier, vivait GEOFFROI vi-
en na3. Mahact de Craon sa femme. vait en 1006.
ALARD III , seigneur de Châtoau-Gon- LAURENCE , mariée \
tliier, vivait en xi 45 Eu lie, ouEulaTE, N ..Turpin, dont sortent
*a femme , dame de Briolé. les seigneurs de Crissé.
RENAUD III, seigneur de Château-Gonthier. On lui donne pour* femme BÉatrix , fille de Rotrou III , comte du Perche.
AT.VRD IV. seigneur de Château-Gonthier, épousa Emmk, fille d'André II , seigneur de Vitré. 11 fonda , suivant Ménage, en iao6, l'hôpital de Château-Gonthier.
JACQUES , seigneur de Château-Gonthier, fut un des seigneurs qui ^retendirent, après la mort de Guillaume, évêque de Châlons et
DES COMTES D^NJOU. 53
mencé en io37 (et non 1007) , qu'il appela ainsi du nom de son concierge, qui en fut le châtelain, et auquel succéda, du vivant du même Foulques , un nommé Ives ou Ivon. Foulques Ncrra est aussi fondateur de l'abbaye de Beaulieu , comme 011 l'a dit de celle de Saint-Nicolas d'Angers, en 1020 , et de celle de Roncerai dans la même ville, en 1028. (Voy. Alain 111 9 duc de Bretagne , et Herbert I , comte du Maine. )
GEOFFROI II , dît MARTEL.
io4o. Geoffroi II, surnommé Martel, comte de Vendôme, fils de Foulques Nerra, né le 14 octobre 1006 , succéda à son père dans le comté d'Anjou , qu'il avait administré pendant la dernière absence de ce prince. Eudes, comte de Poitiers, ayant alors tenté, à la faveur de l'éloignement de Foulques, une invasion dans l'Anjou, Geoffroi marcha contre lui, le poursuivit, et le tua, le 10 mars 10H9, devant le château de Mauzé, dans l'Aunis. L'an io43, Henri 1 , roi de France, fit présent à Geoffroi de la ville de Tours , dont il avait dépouillé Thibaut 111, comte de Blois, pour crime de félonie, Geoffroi s'étant mis en devoir de prendre possession de cette ville , fut qbligé, par la résistance des habitants, de l'assiéger, Thibaut accourut à leur secours; mais il fut battu près dé Saint-Martin le Beau ou de la Guerre ( de Bcfio) , sur le Cher, et fait prisonnier par Geoffroi, le 21 août de Tan 1044 » e* non 104a, comme quelques-uns le prétendent. Pour sa ^pnçon,
comte du Perche , arrivée en 1226 , avoir part au comté du Perche, Par le partage qui s'en fit en ia3o, le comte de Champagne lui céda Nogent-le-Rotrou , avec une part du bois Perchet , et les domaines de Longvillier et de Montigni. Jacques mourut avant ia63. 11 avait épouse, l'an ia3g, Havoise, fille de Mathieu II, sire de Montmorenci et connétable de France, dont il eut un fds mort en bas âge, ci deux filles, Emme , qui suit, et Philippclte, dame d'Uéiouville.
tMME , ou EMMETTE , fille aînée de Jacques de Château-Gonlhier, et sa principale héritière , épousa fort jeune, du vivant de son père , Geoffroi lit, seigneur de la Guerche, de Poance. de Marligné, etc. Ménage lui donne Dour second époux Girard Chabot. Elle mourut vers Tan 1270, laissant de son premier époux une fille unique, Jeanne de la Guerche, qui porta l 'héritage de ses père et mère en mariage à Jean de Brienne, vicomte de Beaumont t qui par là devint set** gneur de Château-Gonthier. Cette seigneurie sub >is!a dans cette maison, d'où elle entra, par une fille, dans celle de Chaniaillard-» d'Antenaise , et passa ensuite dans celle des comtes, depuis ducs., d'Alençon , et enfin dans la maUon de Bourbon,
il lui en coûta les villes de Tours , excepté l'abbaye de Mar» moutier, qu'il retint , de Langei et de Cninon , avec leurs dépendances , et la réserve de la mouvance envers le comte de Chartres , ou de Blois : circonstance que les historiens modernes n'ont pas connue, mais prouvée par un des articles du premier livre , fol. 58 , des vassaux de Champagne. Maître de presque toute la Touraine, Geofîroi porta ses vues sur le Maine. Gervais, évéque du Mans, l'amorça lui-même en lui faisant accorder, par le roi Henri I, le droit de recommander l'évêché de cette ville , c'est-à-dire d'y présenter. L'intention du prélat était d'engager par-là Geofîroi a prendre la défense du jeune comte Hugues 11 , contre Herbert Haccon, son oncle et j son oppresseur. Mais Gervais eut lieu de se repentir de lai | avoir obtenu cette faveur dont il se prévalut , et contre luimême en le persécutant à outrance ( Voy. les comtes du Maine)r et contre Hugues, en faisant tous ses efforts pour lui enlever son comté. A la fin , il vint à bout, l'an io5i, de se faire déclarer administrateur du Maine pendant la minorité du jeune comte Herbert II, fils et successeur de Hugues H. Avant que d'obtenir ce point, et tandis qu'il tenait l'évêque du Mans dans les liens, il se rendit à Goslar, en juin 1047, avec Agnès sa femme, auprès de l'empereur Henri 111, gendre de la comtesse, et du duc d'Aquitaine, son* premier mari, 'd'où il accompagna ce monarque dans son expédition d'Italie. Nous avons la preuve de ce voyage et de son époque dans une charte de Geofîroi et d'Agnès pour le monastère de Roncerai, dont la date'porte : Actum publiée in ecclesia S. Alliai, régnante n%e lïenrico , Archiepiscopo Turonis Arnulfo , et transactâ antè quadragesimâ dejuncto Huberto , Pontifice Andegavensi, cùm redissent cornes et comitissa de Apulia. (Mabil. Annal. L. 59, n. 17.)^ leur retour et dans la même année , le comte et la comtesse d'Anjou fondèrent l'abbaye de Notre-Dame à Saintes, pour des filles.
GeofFroi Martel n'était pas de caractère à souffrir que Ses vassaux manquassent impunément à la foi qu'ils lui devaient. Guérin, l'un d'entre eux, sire deCraon, s étant avisé, vers l'an io5i , de porter son hommage à Couan , comte ou duc, de Bretagne , le comte d'Anjou , irrité de cette félonie t confisqua dans une assemblée de ses barons , la terre de Craon. Guérin , assuré de la protection du duc de Bretagne , et du secours de Robert de Vitré , son gendre , reçut avec mépris la nouvelle de sa condamnation. Pour faire savoir à Geoffroi ses dispositions , il élargit deux prisonniers qu'il avait faits en Anjou , avec charge de dire au comte , que son jugement était faux , et qu'il était prêt à le soutenir, la lance à Ta main * au
Des comtes d'anjou; 5S
promoteur de ce jugement, Robert le Bourguignon, baron de Sablé, troisième fils de Renaud I, comte de Nevers. Voulant effectuer cette bravade , il entre à la tête de ses troupes sur les terres du comte , et s'avance jusqu'aux portes d'Angers. Mais apprenant que Geoffroi Martel accourt au secours de la place , Guérin se retire dans un poste avantageux ^ entre la Maine et la Sarte. Lè comte l'ayant atteint, le combat s'engage. Giiérin va droit la lance baiss^^ à Robert le Bourguignon qu'il avait remarqué. Sa lance W rompt dans les armes de Robert sans 1e blesser. Celle du bourguignon le perce.de part en part, et le renverse presque mort. Il expire tandis qu ou l'emporte à Craon. Arrivé dans cette ville, Geoffroi Martel en donne la seigneurie au vainqueur de Guérin, se réservant le nrieur4.de Saint-Clément de Craon. Mais Guérin laissait une fille unique, nommée Berthe , veuve de Robert de Vitré. Robert le Bourguignon venait aussi de perdre Havoise de Sablé , sa femme. Pour lui assurer la possession tranquille de la terre de Craon , Geoffroi Martel lui fit épouser 1a fille de Guérin , et par là le rendit l'un des seigneurs les plus puissants de l'Anjou. (Ménage, Hist. de Sablé , pp. 120- 1^3. Morice, Hist. de Brei.y tom. I, pp. 73-74.)
Continuons l'histoire de Geoffroi Martel. Quelqu'habiïe qu'il fût au métier de la guerre, la victoire ne couronna pas toujours ses expéditions. Ayant osé prendre les armes contre le roi Henri , son souverain, ce monarque le contraignit par ses victoires et ses conquêtes à lui demander la paix. Le comte d'Anjou voulut se venger de ses pertes sur Guillaume , duc de Normandie, qui avait servi le roi contre lui ; mais il n'y trouva pas son avantage. La prise de Domfront et d'Alençon , qui ne lui coûta que la peine de corrompre les principaux habitants de ces deux places, lui fit naître, à la vérité , l'espérance de faire de grandes conquêtes en ce pays. Mais ce fut une illusion dont le duc ne tarda pas à le faire revenir. Guillaume vint mettre le siège devant Alençon, et pressa si vivement la place, que les assiégés furent bientôt aux abois. Le comte d'Anjou ne manqua pas d'accourir à leur secours, et dans sa route il dépêcha au duc deux seigneurs de son parti, pour lui annoncer que, dans trois jours', il lui livrerait bataille, monté sur un cheval de tel poil , et avec telles armoiries : Simul eximiâ arrogantid colorent equi ski , et armorum uisigma quœ habiturus sit, insinuât. Il nous paraît que, sur l'article des armoiries , l'historien (c'est le continuateur de l'histoire de Bède) fait parler Geoffroi Martel suivant l'usage du tems où il écrivait : car il y a des preuves certaines que ce* marques de distinction n'étaient pas encore en usage du tems de ce prince, Guillaume rendit au comte rodomontade pour
rodomontade. Mais lorsque les deux armées furent en présence^ Geoftroi Martel tourna le dos et se retira. La ville cFAlençon ouvrit alors ses portes au duc; et Domfront (i), devant lequel il vint ensuite se présenter , imita cet exemple. Le duc , après cela, s'étant mis en devoir de fortifier Ambières , sur les confins de la Normandie et du Maine , Geoffroi surprit son armée dans un bois, où il lui avait tendu une embuscade. Guillaume perdit, en cette occasion, plusieurs chevaliers de marque, a dont » il fut si iré, dit une ancienne Chronique , qu'il courut sus de » si craut force audit Geoffroi, et le férit desonépée tellement, » qu il lui froissa le heaulme , et lui coupa la coiffe , et lut » trancha l'oreille , et de ce coup l'abattit par terre. Mais il » fut relevé et remonté , et le comte Helye ( lisez Herbert ) du » Mans fut prins. Lors les Angevins et Manseaux furent dé- » confis , et s'enfuy Geoffroi Martel ; puis revint ledit duc » devant Ambières et Néel , fit faire un châtel qu'il garny de » gens et de vivres pour contraindre Geoffroi Martel et ses '» gens. »
La paix entre le rot de France et le duc de Normandie ayant été rompue, en io54, Geoffroi se joignit au premier, et lui amena des troupes , avec lesquelles il entra sur les terres du duc. Mais une victoire remportée par celui-ci sur upe partie des troupes du roi , l'obligea de se retirer ainfi que ses alliés.
L'an 1087, guerre entre Geoffroi et Thibaut, comte de Blois: Elle fut longue et sanglante. C'est tout ce que nous apprend làdessus une charte de l'abbaye de Vendôme, dans l'extrait qu'en rapporte D. Bouquet, tom. XI, pag. Çdo. On a parlé sur Guillaume IV, Eudes et Guillaume V, comte de Poitiers, des démêlés crue Geoffroi Martel eut avec ces princes , et des avantages qu'il remporta sur eux. Voyant approcher le terme de ses jours, il se retira au monastère de Saint-Nicolas d'Angers, où il mourut le 14 novembre 1060 , sans laisser d'enfants de ses trois femmes, dont la première fut Agnès, veuve de Guillaume le Grand, comte de Poitiers, et fille d'Otte-Guillaume, comte de Bourgogne, avec laquelle il vivait encore l'an 104.7, époque de la fondation qu'ils firent ensemble de l'abbave de Notre-Dame de Saintes. Mais il la répudia depuis, pour épouser Gracia, veuve de Berlai I , seigneur de Montreuil , en Anjou , qu'elle avait fait père de Renaud, qui fut archevêque de Reims, et d'autres enfants, de l'un desquels sortit Berlai H de Montreuil,
(t) Domfront, ville du Passais, <?tait alors une frontière du Maine, dont elle fait partie encore aujourd'hui pour le spirituel , ainsi que tout le Passais (1785).
DfiS COMTES D*ANJOU. 5?
tuïvant le Cartulaire de Saint-Nicolas d'Angers (fol. 55.) Adélaïde, princesse étrangère, fut la troisièrhe femme de Gi offi oî» Gracia, qui mourut religieuse, en 1068, aimait la lecture. On rapporte que, pour avoir le recueil des Homélies d'Haimon d'Haloersladt, elle donna deux cents brebis ou moutons, cinq quartiers de froment* et autant de seigle et de millet ; tant les livres étaient rares alors. Dans la personne de Geoffroi Martel, finit la première branche des comtes d'Anjou. (Voy. Us comtes de Vendôme et Us comtes dé Poitiers. )
GfcOFFROI III, dit LE BARBU; FOULQUES IV, dit LE R£CHIN; et GEOFFKOI IV, dit MARTEL.
1060. Geoffroi III, dit U Barbu, et Foulques. IV, surnommé le Rechm, ou le Querelleur, lous deux fils de Geoffroi Ferréol , ou Férole, nommé par quelques-uns Albéric, comte de Château-Landon , ou de Gatinais , et d'Ermengarde , fille de Foulques Nerra, succédèrent, Tan 1060, à GeofTroi Afartel, leur oncle maternel , suivant le partage qu'il leur avait fait de «es états par son testament, c'est-à-dire que Geoffroi le Barbu, outre le Gatinais, qu'il tenait de son père, eut la Touraine, et Foulque», l'Anjou avec la Saintonge, dont son oncle, peu de teins avant sa mort , lui avait confié la défense , après l'avoir fait chevalier à Angers , le jour de la Pentecôle. Les deux frères vécurent d'abord en bonne intelligence: et, Fan 1061 , avant réuni leurs forces, ils gagnèrent à Chef-Bouton ne , le 20 mars, une grande bataille contre Guillaume VIII , duc d'Aquitaine, qui voulait leur enlever la ville de Saintes, faisant partie de la succession de leur oncle (1). Mais Geoffroi et Foulques s'étant brouillés ensuite, Guillaume profita de leur division pour se rendre maître de Saintes en 1006. Cette perte nç leur ouvrit pas les yeux sur la nécessité de se réconcilier pour être en état de faire face à l'ennemi commun. Leur animosité réciproque ne fit même que s'accroître, et enfin elle éclata par une guerre ouvertes Le 5 avril 1067, jour du jeudi-saint, Foulques prit son frère dans Angers, par la trahison de GeofTroi de Preuiili , le législateur des tournois, et de trois autres seigneurs, qui périrent tous quatre en cette occasion. ( L'auteur du G esta Consul. Andeg. , met la scène à Saumur, le a5 février, premier dimanche de carême ; ce qui se rapporte à la même année.) Foulques ayant
(t) La chronique de Maillezais met cette bataille un mardi, féte de aaint-BenoîU Mais la Saint-Benoît, en 1061 > tombait un mercredi 21