‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 40 sur 161 · GUI V · texte numérisé non relu

GUI V

1 146 ou environ. Gui V, fils atné de ôui IV et son succès^ seur, était marié depuis Van 11 44» Suivant le Baud , avec Emmb, fiHe de Geoffroi Plantage net, comte d'Anjou, et de Mathilde, sa femme, selon le témoignage de Thomas Pactius, écrivain du tems, et non pas bâtarde du premier, comme le prétend le P. Anselme. (Voyez les Comtes à* Anjou* ) Dans les chartes émanées de lui et dans celles qu'il souscrivit , il se dit le cinquième seigneur de Laval de son nom, et non le septième, comme le marque Blondel , ni le quatrième , comme on le voit dans le P. Anselme : Ego Guido quintus, dominus de Lavalle. Les vexations qu'il exerça contre l'abbaye de Marmoutier , dans les domaines qu'elle possédait au district de Laval, ayant été déférées au pape Eugène 111 , ce pontife, sur le refus qu'il fit de réparer le mal qu'il avait fait , donna ordre à Guillaume Passavant , évêque du Mans, de l'excommunier et d'interdire sa terre; ce qui fut exécuté Tan 1 i5o. ( Chopin , de Doman. , liv. 4 9 tiU uliimo.) Gui, s'étant fait relever, Tan 11 5a, des censures, fonda la même année, de concert avec sa mère et sa femme, l'abbaye de Clairmont, à deux lieues et demie de Laval, pour des hommes de l'ordre de Cîteaux , et la dota de mille arpens en prés, en terres labourables, et en bois. Henri, son beaufrère , duc de Normandie et d'Aquitaine , et comte d'Anjou et du Maine , étant parvenu , l'an 1 154 , au trône d'Angleterre , le nomma régent et lieutenant-général des provinces d'Anjou et du Maine. H fonda , l'an 1 170, dans la chapelle de son château douze prébendes , et fit confirmer cet établissement par l'évêque Guillaume; ce qui fut ensuite ratifié, l'an 1 i85, par le pape Lu ci us ML Ce chapitre , en 1208 , fut transféré à Saint Thugal, et augmenté de six prébendes. Aucun monument ancien ne nous apprend l'année de la mort du comte Gui V. Sa femme, qui lui survécut, le fit père de Gui , qui suit ; de Geoffroi , évêque du Mans ; et d'Agnès , femme d'Emeric , vicomte de Thouars.

GUI VI, dit LE JEUNE.

Après l'an 1 170. Gui VI , dit lk Jeunç, fils aîné de Gui Vf' et son successeur dans la terre de Laval , épousa , vers l'an 1 iqo, H avoise , fille de Maurice H , sire de Craon , et d'Isabelle de Meulent. Ce fut un des braves de son tems. Il suivit le roi

DES SIRES DE LAVAL» ^ Xl3

chard, son suzerain, dans toutes les guerres qu'il eut en deçà (Je la mer ; mais on n'a pas de preuve positive qu'il Tait accompagné à la Terre-Sainte. Ce prince ayant déclaré la guerre, Tan iiy6, à Constance , veuve de Geoffroi , son frère, duc de Bretagne, et femme séparée de Ranulfe , comte de Chester, Marcadé, son lieutenant-général , se jeta sur la terre de Vitré, dont le seigneur André était un des plus zélés partisans de la duchesse. Les habitants de cette terre, se voyant exposés au pillage, se r/fugièrent sur celle de Laval. Mais ils ne trouvèrent point la lûfdté qu'ils y étaient venus chercher. Sur les plaintes qu ils porteront à leur seigneur des mauvais traitements qu'ils y avaient prouves, celui-ci en demanda raison , les armes à la main, au seigneur de Laval. Après quelques hostilit es réciproques, on fit, fan 1197, un accommodement , par lequel il fut dit que les vassaux de l'un et de l'autre seigneurs auraient sauf-couduit réciproquement sur leurs terres, et qu'ils se prêteraient un secours mutuel contre tous leurs ennemis. Gui amortit, la même année, dans toute sa terre le droit de main-morte établi par son père, qu'il nomme une mauvaise coutume, pravam consuetuduiem ; et» qu'il fit confirmer par Barthelemi , archevêque de Tours, et Hamelin, évéque du Mans, en présence de tous les noblesses vassaux, se soumettant à ^excommunication s'il entreprenait de rétablir ce droit. (An;h. de Laval.) Dans la charte de cette remise, il se nomme lui-même Gui VI. On conserve dans les archives de Vitré un traité d ailliance entre Guillaume de Foures et André de Vitré , envers et contre tous, excepté le seigneur de Laval , traité passé l'an que le seigneur Artus fut reçu par l'évéque de Rsnnes , anno quo dommus Artusius ah epis- >po Rhedonensi receptus est, c'est-à-dire l'an 1200. Gui VI était attaché à ce jeune prince , dont il défendit les droits contre son oncle le roi Jean. Après le. meurtre d'Artus , il se joignit avec les tarons d'Anjou et du Maine au roi Philippe Auguste, pour tirer vengeance de cet attentat. ï,e censier de Laval met la mort de Gui VI en 12:0. Il fut inhumé à l'abbaye de Clairmont. D'Havoise, sa femme, qui lui survécut, et se remaria avec Ives le Franc, son gentilhomme, il laissa un fils, qui suit, deux Emme , femme, i°. de Itobert III, comte d'Alençon ; 3e. de Mathieu de Montmorenci, connétable de France; 3U. de ^an, baron de Choisi et de Toci, seigneur de Puisaie; et Isa- Mie, femme de Bouchard VI, baron de Montmorenci.

[ . ; GUIONNET.

1210. Guionnet, dont le censier de Laval met la naissance *Q 1196, succéda dans la terre de Laval à Gui VI, son père, XUI. i5

ibus la garde d'Havoise , sa mère , et de ses oncles maternels Juhel de Mayenne , et de Maurice de Craon. Mais le roi Philippe Auguste, nouveau conquérant de l'Anjou et du Maine, donna le bail de la terre de Laval à Raoul , vicomte de Beau-» mont, parent , du côté paternel , de Guionnet. C'est ce que Ton fait' par une charte de Tan i2i3 de ce même Raoul , où, attestant et confirmant les dernières dispositions de Gui VI, il prend te tkre de Batlliste de Laval : Ego Raduffus tum: Bajulus terrœ Laïùllis. Guionnet mourut en bas âge, et ne passa pas vraisemblablement l'an i2i3.

EMME, ROBERT D'ALENÇON, MATHIEU DE MONT- MORENCI, et JEAN DE CHOISI.

f2i3 ôu environ. Emme , sœur de Guionnet, lui succéda dans fa terre de Laval. Le roi Philippe Auguste, dont cette succession importante attirait l'attention, voulut savoir quels étaient sur cette matière les usages de la province. Guillaume des Roches, sénéchal du Maine et de l'Anjou, que le monarque éhargea de s!en enquérir, lui répondit dans les termes suivants: Si cul per liïtetas l'est ras mihi mendastis, excellentiœ vestrœ signifie o Su /ht affarto de Lavalle , quod , quando contirigit in comilatu Anûègai>ensi, Cenomanensi\ Turonensi, quod terra ara dit Domiccltœ, ifuod vos (talcstis et debetis iilum marilare de consensu gentis , et itfe, qut âoVhicéllàm habuit, débet finire vobiscum derachaio. ( Manusc. d'Hérùuval.) Le monarque, en conséquence de cette réponse,

Èirmit, l'an 1214, a Emme d'épouser Robert III, comte d'Ançon , lequel, avant de prendre possession de la terre de Laval, fcïi paya le droit de rachat. Havoise, mère d'Emme , vivait toujours, et demandait qu'on lui assignât son douaire. Cet article rut réglé, Tan 121 5, à la cour de Philippe Auguste , comme on te voit par les lettres de Robert, auxquelles sont attachées celles du roi, qui les conlirment. (Archives de Laval.) Robert mourut, l'an i» 17 , à Morteville , près de Laval , laissant sa femme eneeihte d'un fils qui eut le même nom que lui. Ce fils, successeur ée son père au comté d'Alençon , étant mort sur la fin de l'an 1219, sa mere se remaria, l'an 1221 (et non 1218), à Mathieu 11 i>E Mohtmorenci , connétable de France, veuf de Gertrude, fille de Raoul 111 , comte de Soissons, rfrorte le 26 septembre 1220, après lui avoir donné trois fils, Bouchard, Mathieu et Jean. Emme, après la mort de ce second époux , arrivée le 24 novembre 1200, ne pouvant rester dans le veuvage sans exposer ses terres aux entreprises de ses voisins, convola, par le conseil du roi saiut Louis, Tan is3l , en troisièmes noce* avec le baron Jean de Choisi et de Toa , seigneur de

• SES SIREfS J)E LAVAI»» # ^^1^

Puisaie* allié aux maisons Je Bourbon, de Dampierre et de

Mello. On conserve aux archives de Laval son contrat de marjagcj dans lequel son nouvel époux lui assigne son douaire r et s engage à la faire jouir de celui que lui avait assigné Mathieu dp Montmorenci.

Jean de Choisi et de Toci fut, Tan ia35, du .nombre dea tarons qui souscrivirent avec les princes du sapg la plainte adressée par eux au pape Grégoire IX, contre les entreprises du clergé. ( Du Tillet , des rangs , pag. 33. ) Le roi saint Xoui/s (on ne sait par quel motif), voulut, en 126$, pour s'assurer de la ville et du château de Laval, y mettre garnison. Pour l'empçr cher, le baron de Toci promit de garder lui-même la place; e£ pour sûreté de sa parole , il engagea son château de Samt-Farr geau et ses terres ae Bourgogne. Vers le même tems , André dç Vitré , favori du monarque , employa Ives de Saint-Berthey ia pour procurer le mariage de sa seconde fille avec Gui ç(e Laval ^ s'obliçeant à donner autant de biens à celle-ci qu'à son aînée ^ promise alors au seigneur de la Guerchc. Mais , Tannée suir vante , le baron de Vitré , rejevç par le pane de ses engagement^ avec le seigneur de la Guerchc , conclut le mariage de P^Uipr pette, sa fille aînée, avec Gui de Laval. {Archi. deVUrè^ Emma, J'an 1256 , dans une charte datée du dimanche avant la fête de Saint-Thomas, apôtre ( 17 décembre) , promit à Coarle^ comte de Provence et d'Anjou , de lui livrer, à grande et peUte force, son château de Laval. L'acte est scellé d'un sceau de [orme ovale , portant la figure d'un léopard. Emme finit ses jours, suivant l'historien de Laval, l'an ia65 , et fut inhumée * l'abbaye de Clairmont. Elle eut de son premier mariage un fils posthume, nommé Robert, comte d'Alençon, mort l'an 121.^; du second , Gui , qui suit , et Havoise , femme de Jacques , seigneur de Château -Gonthier et de Nogent-le-Rotrou ; du troisième, Jeanne, mariée à Thibaut II, comte de Bar-le-I)uç» ( Voy. Mathieu II , sire de Montmorenci.) * \

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