‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 6 sur 161 · RICHARD IV · texte numérisé non relu

RICHARD IV

ioflB ou 1027. Richard 111 , fils de Richard 11 et de Judith # succéda à son père dans le duché de Normandie. Il y eut d'abord de la mésintelligence entre lui et Robert, son frère; mais, oar l'entremise des seigneurs , ils se réconcilièrent^ La mort subite de Richard, qui suivit de près cette réconciliation , fit juger qu'elle 11'avait pas été sincère, parce «u'on crut (oeut-être faussement) que Robert l'avait fait empoisonner. Richard mourut, suivant D. Manillon 9 le 6 août d la première année de son règne, ou la seconde selon Qrdéric Vital, laissant un fils naturel, Nicolas, que son oncle Robert obligea de se faire moine à Fécamp , où son père fut enterré, et qui, en io4a, devint abbé de Saint-Ouen , étant encore fort jeune. Adèle ou Adélaïde, fille do roi Robert , que l'ancienne édition dit femme de .Richard, en leaÇ, paraît ne lui avoir été que fiancée, attendu qu'elle est dite encore enfant, par Hériman de Tournai, lorsqu'après la mort de Richard, elle épousa, l'an ioa#, Baudouin Vf comte de Flandre»

%È CHRONOLOGIE HISTOBIQUR

ROBERT I, dit LE MAGNIFIQUE et LE DIABLE,

1027 ou 1028. Robert, comte d'Hiémes, successeur de. Richard III, son frère, au duché de Normandie, et déjà fameux par ses exploits , mérita par sa libéralité le surnom de Magnifique , et celui de Diable , par sa manière de faire la guerre. Sa maxime était qu'il fallait la pousser à toute outrance pour la terminer promptement, ou ne point la déclarer. La "première qu'il eut fut contre Robert, son oncle, archevêque «le Rouen, qu'il obligea, l'an 102$ , de se retirer en France, après lui avoir enlevé la ville d'Evreux , dont il était comte. ( Voy. les comtes d'Eoreux. ) Cette guerre fut suivie d'une autre contre l'évèque de Baveux , soutenu des comtes du Perche et d'Alençon. Le duc força ces rebelles à venir lui demander pardon. L'an io3o, après les plus beaux exploits, il rétablit Baudouin IV, comte de Flandre, son beau-frère, que son •propre fils avait dépouillé de ses états. Il ne lut pas moins utile j Tannée suivante , au nouveau roi de France , Henri I , que la reine Constance , sa mère , voulait renverser du trône 011 il était à peine monté, pour y placer Robert , son second fils ^ comme plus docile à ses volontés. Elle disait , pour justifier cette injuste préférence, que tel avait été le vœu du monarque, son époux, en mourant. Le parti formé contre Henri était si violent , qu'il fut contraint de se sauver, lui douzième , en Normandie , et là , d'implorer le secours du duc Robert , son véritable ami. Le duc le reçut à Fécamp; et après l'avoir équipé d'armes et de chevaux, il l'envoya à son oncle Manger, comte •de Corbeil , qu'il chargea d'entrer à main armée sue les terres des ennemis du monarque , et d'y mettre tout à feu et à sang. H écrivit , en même tems aux commandants des plates de Normandie, voisines de la France, avec ordre de faire des courses jusqu'aux portes des villes révoltées , de ravager les campagnes , et défaire main-basse sur tout ce qu'ils rencontreraient. Henri, avec ces secours et ceux que lui amenèrent ses vassaux fidèles, fit des progrès si éclatants et si rapides, que la reine se vit réduite à lui demander la paix. Quod cernens Constantin, dit un auteur du tems, mox ab eu dextram expetiit, et deinceps quoad \ixit tempore sihifidelis exitHt. (Duchesne, tom. tV, pag. 148.) Henri , pour reconnaître les services que lui avait rendus le duc de Normandie » lui céda Chaumont , Pontoise, et tout le Vexin français : source de haine et de guerre pour la suite. (Bouquet, tom. X, pag. 276.) Robert, la même année ou la suivante , marche contre Alain , comte de Bretagne , qui refusait de lui rendre hommage. Le succès de ses armes réduisit

Page 1