‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 66 sur 161 · CHARLES IV · texte numérisé non relu

CHARLES IV

En 1492, Charles IV, né le a septembre 1 489, succéda à René,, son père, dans le duché d'Alençon, n'étant âgé que de trois ans» Ce ne fut pas la seule succession qui lui échut. 11 hérita, l'an i497« de Charles d'Armagnac , les comtés d'Armagnac et de Rouergue. Dès qu'il fut en état de porter lès armes, il suivit ce parti*. Il accompagna, l'an. 1607, le roi Louis XII dans son expédition contre les Génois , et combattit , l'an iSot) , à la journée. d'A— gnadei , en Milanez. 11 avait été fiancé, lorsqu'il fut parvenu à lige de puberté , avec Suzanne, fille unique et héritière de Pierre II, duc de Bourbon. Mais la duchesse Anne de France* mère de la princesse, rompit cette alliance , pour faire épouser a sa fille Charles II L, comte de MonJpensier , plus connu sous le nom de connétable de Bourbon. Il lui en coûta cent mille livres pour raison du dédit , qu'elle paya volontiers au duc d'Alençon. C'était un dédommagement bien peu proportionné à la perte que ce prince faisait de la main de la plus riche héritière de l'Europe, après les têtes couronnées. Mais il devint complet ensuite, ce dédommagement, par le mariage qu'il contracta, le 3 octobre 1609, avec Mabouerite de Valois, princesse accomplie, qu'on décora du titre de dixième- muse. François I , frère de Marguerite , étant monté sur le trône en iSi5, débuta par reconnaître le duc d'Alençon , son beau-frère, pour le premier prince du sang. Une autre faveur, ou pour mieux dire une justice qu'il lui accorda la même année, ce fut la délivrance des biens de la maison d'Armagnac , qui avaient été légués au duc René, son père, en i-f#4* par Charles, dernier comte d'Armagnac. (Inverti- de GalandH fol. 3o2. ) 11 s'en Allait beaucoup que la figure et les talents du duç Charles répondissent au mérite de son épouse: aussi n'eut-elle jamais pour lui que du mépris. 11 se comporta , néanmoins, avec beaucoup <k valeur à la bataille de Mangnan, Le roi , deux ans après, par

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reur* campé sous Valenciennes. Le connétable de Bourbon* qui était dans l'armée et a qui ce commandement appartenait en vertu de sa charge , souffrit impatiemment ce passe-droit* Mais la retraite précipitée de l'empereur prévint la bataille qui n'eut point lieu.

Le duc Charles, ayant passé les monts, Tan i5a5, avec le roi , pour la quatrième mis , eut encore la conduite de l'avant* garde, le 24 février, a la funeste journée de Pavie, où il commanda l'aile gauche de notre armée. Il n'y fit pas preuve dé valeur. Voyant la défaite de l'aile droité , le désordre du corps de bataille, et le roi prisonnier, la tête lui tourna , il ne songea plus qu'à mettre sa personne en sûreté; et, sans écouter la noche-du- Maine, son lieutenant, qui voulait le retenir , il courut, a bride abattue, jusqu'en France. Mais lorsqu'il y fut rentré , sentant toutes les conséquences de la faute qu'il avait commise, il en mourut de regret , à Lyon, le mardi-saint f 1 1 d'avril , sans laisser de postérité. MM. de Sainte-Marthe ( Hist. çéaéal <U la M. de France , tom. I, p. 977) disent qu'il fut enterré avec pompe dans l'église de Saint-Just de Lyon. Mais il est certain que son corps fut transporté à Alençon , et inhumé dans le caveau des ducs , la veille de l'Ascension de la même année. La duchesse Marguerite, qui lui survécut vingtquatre ans (morte le 21 décembre i549), *ut employée, la même année, pour aller traiter en Espagne de la délivrance du roi , son frère. Elle ne réussit pas à la vérité dans sa négociation ; mais sa présence fut un grand sujet de consolation pour le roi , malade , alors , de l'ennui que lui causait la durée de sa captivité. Ce monarque, en la quittant, lui remit un acte signé de sa main, par lequel il permettait au dauphin de pren* dre la couronne. Que cela fût sérieux au non, Charles-Quint en fut si ébranlé, qu'il renoua la négociation après le départ de la duchesse. A son retour, Marguerite se remaria , dans le mois de janvier i5a6 (v. st.) avec Henri 11, roi de Navarre. Cependant, après la mort de Charles, les officiers du roi François I, saisirent le duché d' Alençon , le comté du Perche , et les autres terres de sa succession , prétendant que le tout était réuni de droit a» la couronne, par défaut d'hoirs mâles. Charles de Bourbon , duc de Vendôme , et le marquis de Montferrat , beauxfrères de Charles, formèrent leur complainte et leur opposition a cette saisie, soutenant de leur chef, que les duché d'Alençon et comté du Perche n'avaient point été tenus en apanage , mais

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selon 1rs Formes ordinaires , fut enfin terminée par notre rot fipnri 11, an moyen de la cession qu'il fit d'autres terres aux héritier*. Mais pendant cette discussion, Marguerite et le roi de Navarre , son époux , jouirent , malgré la saisie , du comté du Perche , et ce ne fut qu'après leur mort , que le tout se trouva réuni de droit et de fait à la couronne. (Voy. Charles H, romte d" Armagnac. )

U roi Charles IX céda les duché d'Alençon et comté du Perche à la reine Catherine de Médicis, sa mère, soit par awignat de dot et de douaire, soit par bienfait. Elle jouit de m domaines jusqu'en i5B6, qu'elle les remit au roi.

L'an 1 566, le roi Charles IX donna le duché d'Alençon à Fr\nçois, son frère, par lettres du 8 février. François était né le hS mars 1 554 , et avait reçu au baptême le nom d'Hercule, v'ii changea depuis à la confirmation en celui de François. Il eut la petite vérole fort jeune et en demeura entièrement gâté. Dès son enfance, il montra pour Henri, duc d'Anjou , ton autre frère, une grande antipathie que l'âge n affaiblit point. Ces deux princes furent envoyés, Tan 1673, au siège de la Rochelle, L'année suivante , le duc d'Alençon , par légéT reté d'esprit et dans la vue de monter sur le trône après la mort du roi Charles, se déclara le chef du parti qu'on nommait des Mécontents et des Politiques. La reine-mère le fit arrêter avec le roi de Navarre; mais Henri III les remiç en liberté à son avènement à la couronne. Cet acte de généT rosité ne réconcilia pas le duc. avec son fçère. Peu de teins après, on découvrit une conjuration, où il ptait entré, contre la personne de ce monarque, Henri voulut bien admettre ses excuses , et ne le rendit pas plus reconnaissant. Le refus qu'on lui fit de la lieutennnce-générale du royaume le jeta de nouveau dans le parti des mécontents. Le i5 septembre de la même année, il s'échappa de la cour, et se rendit en Bourbonnais » pour se mettre à la tête des Reîtres , que le palatin Jean Casimir avait amenés en France. Il y fut joint, le 1 1 mars suivant , par le roi de. Navarre , avoc lequel il concerta les opérations de la campagne. L'armée de ces deux princes était forte de trente mille nommes f bien aguerris , dont le roi de Navarre céda le m mm andementau dued' Alençon. Toutefois avec de si grandes forces il ne f"t rien entrepris de grand : car les merveilleuses adresses dç

reine, que les Huguenots appelaient des enchantements, les desseins bizarres et changeants du duc d'Alençon , et les bourasques wdùmires des Reîtres , les arrêtaient à chaque pas. (Mézerai.) Enfin la reine ayant été trouver, l'année suivante ( 1676), à l'abbaye de Beaulieu , près de Loches , le duc d'Alerççon, elle à bout de le ramener , en lui assurant , par un traité X1IL

tjD CHRONOLOGIE HISTORIQUE

signé le iô mai , les duchés d'Anjou et de Berri , pour supplé* ment d'apanage. Depuis ce teins, il ne fut plus appelé que le duc d'Anjou. Dans la même année , François obtint la lieutenance-générale des armées du roi. Il commanda en cette qualité, l'an 1677 , au siège de la Charité-sur-Loire et à celui «Tlssoire en Auvergne : ces deux places étaient défendues par les Calvinistes. L'an iSjd, appelé par les confédérés des Pays- Bas , il les prit sous sa protection^ et promit de leur porter du secours. Mais le roi , son frère, jaloux de son avancement, et craignant de se compromettre avec l'Espagne , le fit arrêter dans le Louvre comme il se disposait à partir, Le duc d'Anjou trouva moyen de tromper ses gardes. Aidé par son favori, Bussi-d' Amboise , il descend par la fenêtre de sa chambre avec une corde de soie, se sauve à Angers, et de là passe à Mons, en Hainaut, où il conclut son traité avec les confédérés. Sa. première expédition dans les Pays-Bas, fut le siège de Binche, dont il se rendit maître le 6 septembre. Mauoeuge lui ouvrit ses portes ; mais l'insolence de ses gens lui fit fermer celles de Landrecies et du Quesnoi. Piqué de cet affront , il reprend la route de France , et se retire en Anjou. Ayant fait sa paix, l'an 1679, avec le roi, son frère, il reparaît a la cour au mois de mai. 11 en part au mois de juillet suivant pour se rendre à la cour de Londres , dans l'espérance d'épouser la reine Elisabeth. Cette princesse feint de répondre à ses vœux, et lui fait tout l'accueil qu'il pouvait désirer. Le mariage est remis à un autre tems. Le duc , de retour en France , renoue tes liaisons avec les confédérés des Pays-Bas. S'étant rendu, Tan i58t , sur les lieux, à la tête de quatre mille chevaux et de dix mille hommes de pied , il délivre Cambrai assiégé par le duc de Parme , et y fait son entrée le 18 août ; il chasse ensuite les ennemis de l'Ecluse et d'Arleux , et oblige Caleau- Cambresis de se rendre à discrétion. Le a3 novembre suivant, il met à la voile pour l'Angleterre ; la reine vient au-devant de lui jusqu'à Cantorberi , et, le 29 du même mois, ils font leur entrée à Londres dans un même carrosse. Mais après deux mois de *séjour, voyant qu'Elisabeth le jouait, et ne voulait point conclure son mariage, il se retire de Londres, le 3 février i58a, et retourne dans les Pays-Bas, où il est couronné duc de Brabant à Anvers, le 19 février, et comte de Flandre à Gand, le 1 5 juillet. S'étant brouillé, l'année suivante , i5#3, avec le prince d'Orange , il veut surprendre Angers, où ce prince avait plus d'autorité que lui. Cette entreprise eut une issue funeste pour le duc et pour ceux qui raccompagnaient. Les habitants d'Anvers prirent les armes ; il en coûta la vie à plus de deux cent cinquante gentikhommes français r et à plus

ras comtes d'àlenço».4 * tjt

<fè douze cents soldats. Le duc fat obligé de se sauver a Deridermonde , d'où , après quelque séjour , il revint en France.' U y prenait de nouvelles mesures pour rentrer dans les Pays*- $as , lorsqu'une fâcheuse maladie arrêta ses desseins. Après avoir langui près de deux mois à Château-Thierri , il y mourut de phtnisie, le 10 juin 1 584, âgé de vingt-neuf ans deux mois

vingt-deux jours. Son corps fut porté à Saint-Denis, et son cœur aux Célestins de Paris. Le duc François, mal fait de corps et d'esprit , ruina ses affaires et troubla celles du royaume par son inconstance , son inquiétude et son indiscrétion. Il ne manquait pas au reste de valeur, et cette vertu , avec de la prudence r aurait servi, utilement son ambition. Ce prince n'ayant point laissé de lignage, le duché d'Àlençon tut de nouveau réuni au domaine. Il tut depuis compris dans l'apanage de Gaston, duc d'Orléans, deuxième fils de Henri IV. Il passsa, l'an 1660, à Isabelle, sa seconde fille, mariée, le t5 mai 1667, à Joseph de Lorraine,, duc de Guise, mort sans lignée le 3o juillet 167 1. La ville d'Alençon n'oubliera jamais les exemples de vertu que cette princesse lui donna % ni les abondantes aumônes que sa charité lui fit verser dans le sein des indigents. Elle mourut à Versailles* pleine de bonne», œuvres , lé 17 mars 1696 , et fut inhumée aux Carmélites du faubourg Saint-Jacques, à Paris. Le duché d'Alençon, après la mort de cette princesse , fut donné à Charles de France fils de Louis , dauphin , et de Marie*Christine-Victoire de Bavière, né le 3i août 1686, et mort le 4 mai 1714* U fait partie aujourd'hui de l'apanage de monsieur, frère du roi louis XVI. (1785.)

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