‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 4)Chapitre 96 sur 161 · L, ';,H'l; 'il · texte numérisé non relu

L, ';,H'l; 'il

TH1ERM D'ALSACE.

112S. Thierri , seigneur de BStche, fils de Thierri II , due de Lorraine, et de Gertrude, fille de Robert le Frison , né ven l'an 1100, suivant Lambert Waterlos , écrivain flamand , fut inauguré, sans opposition , comte de Flandre, dansjes princi* pales villes de ce pays , après la mort de Guillaume Cliton. Dès qu'il se vit en paisible possession, il alla trouver successivement le roi de France et le roi d'Angleterre pour leur faire hommage desfiefs Ai'il tenait d'eux. ( Galberty n°. 191.) Lan un terrible désastre désola la Flandre et l'Angleterre. C'est ainsi qu'il est décrit par ftené Macé, religieux de Vendôme au XVIe. siècle :

i. . Au teros piteux dans lequel décéda

s Louis le Gros, la mer tant excéda 4 En ses bords, qu'au pas d'Angleterre Elje engloutit graht part de ferme terre f Et maints gros bourgs en Flandre ruina.

* Ipérius met cette inondation en Vannée que mou fut Henri I \ rid* Angleterre , c'est ^a-dire en n35. Thierri , l'an n4o* se v*t Claqué par le roi Etienne , successeur de Heur* * Baudouin 9 comte de Bainau*, et Hugues , comte de Saint-Pol , confédérés, pour le déposséder et mettre eu «a place jGutlUume d'Jpres , XIII. 39

g^g CHRONOLOGIE HISTORIQtJE

qui , après la mort de Cliton, s'était rendu maître de VEcWc thiem fil ««te à cette ligue , ravala les terres de Hainant de Saint - Pol , et coatraignit Guillaume d'Ipres de v.der U Flandre (.)• Le roi Etienne ouvrit à celui-ci utvas.lcen Angleterre , où il serv it avantageusement ce monarque dans ses guerres 2nT« l'impératrice Mathilde et son fils. Th.ern fit qua re , fou le voyage de la Terre-Sainte; savoir, en 11 V

W. Le second voyage de Thiçrn, en Palestine fut pW funeste ou'utile aux affaires de la cro.sade. Etant au siège de Sas', cime il voyait la place sur le Pflg«£g£ dVsaut, il pria le roi de Jérusalem de vouloir bien lu. en accorder ù souveraineté. Cette demande souleva les chret.ensde Svrie Ils engagèrent les croisés à changer leur plan tl attaque^ et oar-là ils firent manquer l'entreprise. Prêt a retourner port- , r •! r„:„ s, i, T« ro-Saintp . Thierri associa au gouve

me Le

?econna'itrelle comte dcTl'and'rc 'pour son suzerain H attaqua la tour l'Inchi, appartenante à ce rebelle , et s'en rendit maure, le 2o août , après neuf jours de siège. L'année suivante , an mois de mai , Philippe va mettre le siège devant le château d On.. Mais s'élant posté dans un tcrrei.t marécageux, les pluies .dort son camp fut inondé, l'obligèrent à seret.rer. { Lambert ffaUrlos, Chrin.) L'an . .63 , Thierri , avant son quatrième voyage d outre-mer, renouvela, par acte du ,9 mars passe a Douvres, le ira té par lequel le comté Robert le Jérosolym.tain, s'élut reconnu , l'an . .o. , vassal du roi d'Angleterre moyennant une pension de 400 marcs d'argent. ( Rytner. ) Ihiern , de retour

(,l Guillaume étant passé, comme on Va dit, en Angleterre, s'attacha au roi Etienne qu'il servit avec autant de succès que de nk» Ce Prince ayant été pris, Tan . ,4, , à la baUulle de l'Etendard . 6 jj- UIL se mit à la tète de ^ l C^'.

don ter d'E

cet important service par le don qu n nia "u,.,,^ uu Kent Mais quelques nnnées après ce dernter perdit la v«ie -, affl.ct^ oui lui devint salutaire parles retours qu'elle lui fit faire sur lui-mèn* Amllaume n'en fut pas quitte pour cette épreuve. Apres la mort ÏMe^/^ Hc™ U ayant chassé d Angleterre lou,

les flamands, Guillaume lut obligé de retourner en Flandre. Il y pas* dix année* dans les bonnes œuvres, et mourut, an 1164, en soo cbâteau de Loo ou Los, entre Furnes et Dncmude. (Bouquet, t. Xmt

pp. 89, 122, 4i3, 40b, 470, 471, 5u.) i( „ ,

DES COMTES 1>E FLANDRE. 3oj

Pan 1169, après avoir rendu le roi de Jérusalem maître de Césaréc, et signale sa valeur en ce pays par d'autres exploits ; yreml un nouveau sceau sur lequel il paraissait la tête couronnée oc lauriers, et au revers était un arbrisseau chargé de dates. Mais, au bout de quelques mois, dégoûté du monde, il se retira , dit-on , dans l'abbaye de Waten, au diocèse de Saint- Oiner, laissant les rênes du gouvernement à Philippe son fds , sans néanmoins abdiquer. Celui-ci, s'étant rendu aux fêtes de Noël ji(î5, auprès de l'empereur Frédéric à Ai x-la Chapelle, reçut de lui l'investiture de îa ville de Cambrai. (Meier )

Philippe s'étant brouillé avec Florent 111, comte de Hollande, porte la guerre, en ii,65, chez ce prince, et le fait prisonnier. Dans cette guerre, où Philippe fut secouru par le duc de Hrabant et le con^te de Boulogne, Florent perdit la partie de la Zélande, comprise entre l'Escaut et Héedensée, qu il tenait en fief de la Flandre. ( M. Kluit , tom. I , part. 2. , pag. 20'S. ) Philippe, l'an 1167, se rendit médiateur entre l'archevêque de Reims, Henri de France, et les citoyens de celle ville oui se plaignaient des entreprises de ce prélat sur leurs privilèges. {Lambert. J4raUrbs,) L'an 1168 (n. st. ), le comte ThierVi , devenu aveugle depuis quelque tems, meurt vers l'Epiphanie à Gravelines , suivant le garant qu'on vient de citer, écrivain flamand et contemporain % dans la soixante-neuvième année de son âge. Ipérius place deux ans plus tard cet événement. Le corps de Thierri fut rapporté à Waten pour y être inhumé. Il avaiteu pour première femme Swvnechllde, queles modernes confondent mal-à-propos , suivant Ducange , avec Marguerite , veuve de Charles le Bon, mais dont on ignore l'extraction. De ce mariage sortit une fille nommée Laurence ou Laurel te , alfiée, 1». à lvain , comte d'Alost; 20. à Raoul le Vaillant, comte de Vermandois ; 3°-. à Henri II l , comte de Limbourg ; 4U- à Henri, comte de Namur. Thierri épousa en secondes noces, lJan n.34 ou l'année suivante (et non pas ii3cj), Sibylle, nommée aussi Mabirjf. dans la chronique de Normandie, fille de Foulcjues V, comte d'Anjou , puis roi de Jérusalem, la même <]w Gniliaume Cliton , après l'avoir fiancée , comme on l'a dit ci-devant, fut obligé d'abandonner. Thierri laissa d'elle Philippe, son successeur; Mathieu, comte de Boulogne ; Pierre , d abord clerc, élu , l'an 1167 , évêque de Cambrai, puis époux* de Mahaut , comtesse de Nevers , mort , suivant Robert du Mont, en 1 177 : et quatre filles; Gertrude, mariée, i°. à ïhimhert III , comte de Savoie ; 20. après avoir été séparée de cet époux , à Hugues IV, sire d'Oisi , dont ayant été pareillement séparée, elle se fit religieuse à Messines ; Marguerite, fcnme de Raoul, comte de Yermandois, dit le Lépreux, puis

3o8 I cnnoNorociE «nougin

de Baudouin V, comte de Hainaut; N. , religieuse de Fottfeyrault ; et Elisabeth , abbesse de Messines, suivant Meier, en A ces enfants légitimes, Duchêne ajoute (maison dcBtthune, pr, pag. 4°) i un bâtard nommé Conon , et Meier y joint hu autre fils naturel nommé Gérardv prévôt de Saint-Do nalien à Bruges, <*t chancelier de Flandre , mort le a3 janvier 1106. Thierri d'Alsace fut un prince recommandable par sa valeur, sa sagesse et sa bonté. Avant d'entreprendre son quatrième voyage de la Terre-Sainte , il fit enfermer de murs le bourçde Saint-Wiliebrord , et creuser un canal pour lui servir de port, d'où lui est venu le nom de Nieuport. Le port de GravelinesVentrepris , ou plutôt réparé et agrandi par ses ordres dam le même tèms. Sibylle, seconde femme de Thierri, l'ayant accota*

f>agné dans son troisième voyage de la Terre-Sainte , obtint de ui, non sans peine, la permission de s'y consacrer au service des pauvres dans l'hôpital de Saint-Jean, desservi par des religieuses de Tordre de Saint-Lazare, dont elle devint abbesse. ( ipérius. ) Lambert Waterlos met sa mort en n63 , et VÂuttari um Ayuicinct. en uHy. C'était une femme courageuse. U trait- suivant en fournit la preuve. L'an 11 48, après le départi son mari pour la Terre-Sainte, tandis qu'elle est en couches, le comte de Hainaut , au mépris de la paix qu'il avait faite W Thierri , se jette tout-à-coup sur la Flandre, où il répand la désolation. Indignée de cette perfidie, la comtesse-Sibylle, aussitôt qu'elle est relevée , se met à la tète de ses troupes , chasse de la Flandre le comte de Hainaut, le poursuit dans sonnas, et lui rend an double le mal qu'il lui avait fait; après quoi elle revient triomphante d'un ennemi qu'elle avait couvert de collusion. (Waterlos.)

/ PHILIPPE b'ALSACE.

1 1 68, Philippe , fils dé Thierri d'Alsace et de Sibylle d'Anjou , né vers 1 1 4^ , associé, comme on Fa dit , au gouverna ment de Flandre, des l'an 1107, comte d'Amiens et de Vermandoîs, en vertu de son mariage contracté, l'an 1 155 (suivant Meier) , à Beauvais , avec Isabelle, sèeur et héritière du coi Raoul le Lépreux, succéda à son pare l'èta 1 16& La même an le mardi après le dimanche reminisceie^ z*j février il termina, un traité de paix conclu à Bruges , la longue guerre que concurrence du commerce des Flamands et des Hollai avait fait naître entre lui et Florent , comte de Hollande, médiateurs de cette paix furent Mathieu , comte de Boulogne» frère de Philippe, le comte de Gueldre et le comte de Clèf* Florent reconnaît dans l'acte , que c'est par sa foute que cette

DES COMTES D£ FLAN PRE. Sot)

guerre s'est élevée , ex culpa Florentu comilis Hollandiœ or ta est discordia , et il se soumet en conséquence à plusieurs conditions dures, que le eomte de Flandre lui impose pour faire lever la confiscation que Philippe avait faite de la Zélande occidentale, comme suzerain , par le jugement de ses barons. Philippe était ami de saint Thomas de Cantorberi. 11 lui donna , l'an 1170, une dernière preuve de son attachement, suivant Ipétins , en raccompagnant à son retour en Angleterre.

L'an 117a, le comte de Flandre fait un voyage à Saint- Jacques, et à son retour, il s'entremet avec succès pour faire la paix entre le roi de France et Henri , roi d'Angleterre. (Bouq. t XIII, p* 21a. ) Philippe, cependant, se déclara, lan 1173, pour le jeune Henri, révolté contre son père. Mathieu, comte de Boulogne et frère de Philippe, étant entré dans le même parti , ils vont ensemble avec leurs troupes assiéger le château d'Àumale, qu'ils prennent avec le seigneur du lieu, qui s'entendait avec eux ; puis> ayant joint le fils rebelle, ils l'accompagnent au siège de Driencourt dont ils se rendent maîtres par trahison. Mathieu, peu de jours après, périt drun coup de ilèr.he qui lui fut tiré sur la route d'Arqués. L'an t 174 » le comte Philippe étant à Paris, jure sur les saintes reliques, en présence (la roi de France et de sa cour , que dans la quinzaine après la Saint-Jean prochaine, il ira faire une descente en Angleterre, et soumettre ce royaume au jeune Henri. Ce prince, comptant 5ar cette promesse , s'avance, Je 4 ju,ni jusqu'au port de Witsand, d'où il dépêche en Angleterre, Raoul de la Haye, avec des troupes. De son côté, le comte de Flandre fait embarquer trois cent dix-huit chevaliers d'élite, sous la conduite de Huçues du Puiset, comte de Bar-sur-Seine , lesquels, ayant débarqué le 14 juin au port d'Airewell, prennent et pillent Norwich le 18 du même mois. Mais le vieux Henri, ayant repassé promptoment la mer, les contraint de s'en retourner après un rude échec qu'ils reçurent à Saint-Edmond. Le monarque victorieux revient en Normandie pour secourir la ville de Rouen, dont le roi de France, le jeune Henri et le comte de Flandre, avaient commencé le siège le 22 juillet. Son arrivée releva le courage des assiégés. Les sorties heureuses qu'il fit sur les assiégeants , et la disette qu'il mit dans leur camp par l'enlè- Y^ent de leurs convois, procurèrent* le 14 août, la délivrance de la place. (Radulfus de Dicelq, ) Philippe, comme on l'a déjà du, avait un frère nommé Pierre, qui, dès son enfance destiné à la cléricature, fut élu» Pan 1167, évéqye de Cambrai. Mais Philippe , se voyant sans enfants, engagea son Irère à Quitter le clergé , et l'arma lui-même chevalier en 1174* Ro- 1 chartrain de naissance , prévôt de la collégiale d'Aire et

3lO CHRONOLOGIE HISTORIQUE

chancelier de Philippe, dont il était le bras droit, suivant Fe*-* pression de Raoul de Direto , homme d'ailleurs ambitieux et simoniaque, parvint, par ses intrigues, à se faire substituer à Pierre, par le clergé de. Cambrai. H était pourvu de l'évèché d'Arras depuis 1173, sans qu'il se- fût mis en peine de prendre possession de son église, vivant dans le luxe et la dissipation; ce qui lui attira, de la part du fameux Pierre de Blois, une lettre de reproches sur sa conduite et ce délai. (C'est la qua^ rante-deuxième des lettres de cet auteur.) De plus, il vivait alors dans une inimitié mortelle avec Jacques d'Avênes, Tim des plus puissants seigneurs de Hainaut. Ayant obtenu dii comte de Hainaut un sauf-conduit pour traverser son pay$, iï se hasirda de partir pour se rendre à une terre de son évçchf située en Brabant, sous la conduite de Louis de France, Mais Jacques d'Avéncs, son ennemi, lui ayant dressé une embuscade sur la roule, le fit tuer par ses gens, le 4 octobre de la même année, sur le pont de (,ondé. Les comtes de Flandre et de Hainaut / également irrités de ce meurtre , se mirent ea devoir d'en tirer vengeance. Le premier se jeta à main armée sur Guise et sur tout ce qui appartenait à «Jacques d'Avènes. dans le Vermandois ; le second lui enleva Condé. Mais il trouva^ moyen de faire la paix av;-c eux, et vint à bout aussi d'obtenijr! son absolut ion de 1 archevêque de Reims, en se purgeant tel^ ïement quellement, dit Meier, du crime dont il était accusé.

Le comte de Flandre ayant assisté , Tan 1 174 , à la confeV renec, où le jeune Henri fit la paix avec son père, en présence, du roi de France et d'un grand nombre de seigneurs et de prélats, eut la générosité de renoncer aux conquêtes qu'il, avait faites pendant la guerre. L'année suivante , après avoir pris la croix le vendredi-saint, étant revenu trouver les rois d'Angleterre père et fds, à Caen t le mardi post Pascha dausum (22 avril), il remet au jeune prince le traité qu'ils avaient fait ensemble , le déclarant libre des engagements qu'il avait pris avec lui, et se rend leur vassal moyennant une pension de mille marcs d'argent. (Jean Bromtoru) De retour en Flandre, il surprend a Saint limer, Gauthier des Fontaines, gentilhomme flamand, dans l'appartement de la comtesse sa femme, et l'accuse d'avoir eu commerce avec elle. Gauthier le nie, et s'offre de prouver son innocence de telle manière qu'on voudra. Le comte, sans l'écouter, le fait saisir par ses gens, et après une rude fustigation qu'il lui fit essuyer, il le fit pendre par les pieds dans un cloaque infect , où il expira le 1 1 août. Cest ainsi que Benoît de Peierborough et Roger de Hoveden, racontent le supplice de Gauthier. Raoul de Diceto dit qu'il fut assommé à coup de massue, et ensuite, pendu par les pied*

DES COMTES DE FLANDRE, 3ll

aux fourches patibulaires. Les fils, les parents et les amis de ce malheureux, ayant pris les armes pour venger sa mort f obligèrent le comte à leur faire satisfaction , en réhabilitant sa, mémoire. Philippe, l'an 1176, se dispose à partir pour la Terre Sainte, dans l'espérance, dit Benoît de Pcterborough , de succéder à Baudouin IV, roi de Jérusr.lem, dont les infirmités semblaient annoncer une mort prochaine. Mais, avant d'entreprendre ce voyage , il se rend, vers là mi-janvier 1177, au tombeau de saint Thomas de Cantorbcri, où le roi d'Angleterre Pétant venu trouver, lui donna cinq cents marcs d'argent pour les frais de son expédition , sous la promesse que ie comte lui fit de ne point marier ses Jeux nièces , filles Je Mathieu, comte de Boulogne, sans son consentement: pfornesse qu'il ne tint pas, comme la suite le fit voir. (Voyez les comtes de Boulogne. ) S'étant rembarqué pour la Flandre , il y attendit la fin de la quinzaine de Pâques, après quoi il se mu en route pour la Palestine, avec un nombreux cortège, dont Guillaume de Mandcvillc, depuis comte d'Au maie, faisait partie. Il aborda, suivant Çuilîaume de Tyr (1. zi t

proposition qui lui en fut faite, répondit qu'il n'était pas venu ala Terre- Sainte pour y exercer aucun commandement, mais pour s'y livrer au service de la religion ; que loin île vouloir accepter une administration qui le fixerait en Palestine, son intention était de pouvoir librement s'en retourner lorsque ses affaires le rappelleraient en Flandre; et qu'ainsi, le roi pourrit disposer de la régence en faveur de tel autre que bon lui semblerait. 'Baudouin le fit prier ensuite d'arcepter au moins le commandement île l'armée qu'il était prêt à taire marcher en Egypte. Philippe s'en excusa de morne. On Je Ht enfin consentir à passer dans la principauté d'Àntioche, on sYtant joint au prince Boémond et au comte de Tripoli, il forma le* siège de Harenc, à la demande de ce dernier. Mais, au lieu de presser rigoureusement l'exécution de cette entreprise, les princes et les autres chefs de l'armée passaient leur tems à se divertir, frisant de fréquents voyages à Àntioche par l'attrait du plaisir, Jl arriva de là qu'au bout de six mois on fut obligé de lever Honteusement le siège. Le comte de Flandre s'étant rendu ensuite à Jérusalem, y. célébra la f(Hede Pâques, après quoi il alla joindre les vaisseaux qu'il avait fait équiper au port de LaoJicéQ

3ia awmwflp* Bi$rroait5tJï

pour sqn ret our , ne laissant nullement sa mémoire en bénédiction dans le pays, dit Guillaume de Tyr : In nulla re reiùir qpens post se in bénédiction?, memoriam. De retour eho;?; luv au mois d'octobre; i » 7^ r il châtia rudement \ Jqs ..villefi.de Saint- (Quentin et de Péronne, qui s' étaient révoltées pendant .sou absence. Il ùia le droit de commune a la ville d lle&dwi était dans le même cas,, et le transporta à celle dJ/V^re.^Qta Andr. ) L'an 1179, après avoir accompagné le roi Louis le Jeune au tombeau de saint Thomas de Cantorbçnij U fts&iftâ, le ier. novembre, au sacre du jeuuç roji^BkvUippe ^gu$*fy#tfL filleul (i>, où. il eut l'honneur , >dit Raqul d*I)i<*U> ,t 4^flW< l'épce royale deyan* s* majesté par le.idiml ^ tJP^iÀlW* pre, et de servir les mets au festin ro^al pajvjft ,4fOit^e

lui avait apporté sa femme : PMlippus>Uwv* r& toitef&nftim sua, tam in g/adio prœjerendo , qwmin i^m ^apibus^p^u^ Philippum FLmdriœ Comiitm pwteffiatvm ^uif jpv^ftipfcjf*, utentem duplicipre^ /^r/w

il devint régent du royaume ^epi du ^fstaiinenli.^^oi

Louis le Jeune, La reinertmère , appuyée de? principe

pagne, lui dispçta çf, Ml|^^s..|e:iCiml^4'mp^^lI^Ji| crédit de la jeune reine sa. nièce, et la mère du- roi se retjfa. de la cour.. Ce triomphe du comte ne fut pas néanmoins de longue durée. Le roi JlAnglejene ; ayaïrt eu* *e< 247 avrjl ;i ifti.,. une entrevue avec le monarque français , au gué de Saiullu'ini , près de Noujuconrt , il y fufc arrête que la rcinc-raère retournerait a la ; cour ayeq titre de tutrice de son fils, et que le comte garderait ceUi i de argent. Ce dernier commença dès*

lors à décheoir dans l'esprit du roi , pai les insinuât ions du

cumte de Clermont et du, sire de, Coud ^ qui vinrent bientôt

*Ti ! '» .!!• M* r-i , . . : , .. /:

-■(1) C'est Guillaume- le Breton, auteur cbntcmpoteilft * /pUffêttque Je comte de Flandre fut le parrain de Philippe Auguste, et lai donna son nomv ( Pkilippid*^ La- } > î m?A«to:t , 9 ;oii09b

... rlanufcnMs bornes* . . . . . j» ,. />.

* .. J » m •» vîiîn il * '-*», * ur»M 4î'^i •*» iiis(k ;i««..t hic

Qui Regem pucruifi sâcro de foiite 'lèva^àt^ J - Unde suutn uomen, s tout mos exûgit, iUi^fti i *>h In utonfiih

î • : . IndidèwAvi. VÀ*v#vv»"r\ ^o-oo»/ b fwsddb i /i»ft> *vr>a

Cependant le continuateur d'Âiraom ne aotwe pour jfofraHif i PIïh lrppe Auguste que trois abh<?s , savoir : Eudés de Saîn^Germam -des- Pre's, HeTvé de Saint- \ if tor, et Eudes de &aWte*^fci*evièv8V qui eurent pour commercé r -dît-ii , Constance, soeur de Louis le Jeune, comtesse de Toulouse, et deux veuves. Mais c'est une omis&iou Jan* cet écrivain de n'-avoir ras m> m me ici Philippe d'Alsace. ? . ,

a lîout de le faire* éloigner de la cour. L'an itrja (n. st.), fl perd sa femme Isabelle , morte sans enfans, le a6 mars , et pré* tend conserver les1 comtés d'Amiens et de Vermandois, en vertù. d'iÉttc donation qu'elle loi avait faite. Philippe Auguste, excité de nouveau tiàr sa mère^ ainïi que par le comte de Cférmdrtt et lë éirc dé Coùci r dont le comte Philippe avait ravagé les ferres, ré^pète ces deux congés à titre de Suzerain, comrfte fief vacants par défait d'hôirs en ligne directe, et comme cession na ire d'Isabelle. Lë comte de Flandre allègae de son côté qu'il en avait joui sàrfs opposition du vivant du feu roi. Ne pouvant s'éccoVder, èn en vint aux anrtes. Les Flamands prennent chaadémèrit ta défense de leur comte, et lui fournissent une

entre Senlis et Gômnîègh'é, dotit il fait le siège. Le roi vient à sa poursuite, et l'oblige à' rébfottsser chemin. Daris le dessein de conquérir l'Ami endis j Philippe 'Aoguste assiège lé château, de Boves, place forté à une Hèue èt demie d'Amiens. Le sei— ïrieàrdé BëVés , s'y étant renfermé , se défend avec valeur, et donné le tems au comte de Flandre de venir à son sècoirrs. Mtilippe d'Alsace n'y manqua pas. Déjà' les assiégeants étaient au pied du donjon lorsqu'il parut. Il envoie aussitôt défier le rôt « la bataille. Le cardinal de Champagne empêche le mortarqfue àt répondra sur-le-champ à ce défi. 11 ménage une trêve pendant laquelle il négocie , et obtient que le comte viendra faire ses soumissions au roi, et lui remettra le Vermandois avec l'Amiénois et lé pays de Santerre, à l'exception de Péronne et de Saint-Quentin , qui lui seront laissés pour sa rie. La paix est faite à ces conditions, et confirmée, le 10 mars nttb, entre Senlis et Crépi. C'est ainsi que Guillaume le Breton et uft anonyme, racontent cette expédition. Les autres historiens ne s'accordent pas avec eux sur l'année où se fit la paix. ( Voyez, tléonore , comtesse de Valois. ) Nous ne devons point omettre <jue dans cette guerre , le comte de Flandre eut pour alliés le <W de Bourgogne et les comte* de Champagne et de BHois. test ce qu*on apprend d'une note qui se lit à la fin d'un Manuscrit de l'histoire scholastique dePierre Comestor, conservé dans Pabbaye d'Arouaise : Annwerbi incarnaù' Mcxxxxm 9 porte— t— elle , scriptus est Ul/er iste a Johanne Monoculo , quo rex tniHcorum, Philip pus Jilius Ludovici régis passas est horriSUem ferrant a comité Flandrensi Ph, èt comité Theobaldd et comitissa Y^patèiensi et duce Burgundiœ et Stephano comité Blesensi, (Marianne, 2«. Voy. litl. , p. 61. ) L'an 1184, le comte de Flandre envoie demander en ma-

riage Thérèse ( nommée depuis Matiiilde ) , fille d'Àlfouse; roi de Portugal , qui lui est accordée sans difficulté. (Gilbert de .M uns. ) La princesse sétant embarquée pour venir en Flandre , est surprise dans le trajet par des pirates normand» qui lui enlèvent tous ses joyaux. Philippe, a cette nouvelle, suivant un moderne, envoie contre ces brigands une flotte, qui les prend et les emmène en Flandre. Le comte les fait pendre au nombre de quatre-vingts. (ALr. Cfir. de l llhl. àe ilund. ) Au mois d'août de la même année, il célèbre ses noces à Bruges avec une magnificence royale. ( Meier. ) Lcnoît de Peterborough met ce mariage en u83, et dit qu'il fut célèbre à Poix, en Picardie : deux points sur lesquels il est contredit par les historiens flamands.

C'était, sans la participation du roi des Romains , Henri, fils de l'empereur Frédéric , que le comte de Flandre avait fait la paix avec le roi de France. Henri , lorsqu'elle conclut , était sur le point d'amener un secours considérable au comte. Celui-ci , Tétant venu trouver en Allemagne, lui lit ses excuses, et lui fournit en même teins une nouvelle matière d'exercer sa haine contre Philippe Auguste, en lui faisant part d'un nouveau sujet de plainte qu'il avait contre ce monarque. Ce qui l'occasionait , c'était le chaleau de Belcasne que le comte venait d'élever sur les (tontieres de Picardie. Philippe Auguste vint lui-même en Flandre pour l'engager à lui remettre cette place, disant qu'elle appartenait, par sa situation , au comté d'Amiens. Le pi étendait au contraire qu'elle était dans le pays d^Artois. Comme on ne pouvait s'accorder , le roi donna jour au i omte pour une conférence , d'abord à Compiègne , et ensuite à Paris. Le comte fit défaut dans l attente du secoim que le roi des \ ou nains lui avait, promis. Henri , presse le comte de Flandre , par le duc de Louvain et par farchevèque de Cologne, arriva dans l'automne à Liège, le comte de Uainaut vint aussi le trouver. Mais Henri nTayai pu déterminer ce dernier à déclarer la guerre au roi de Frano ni même à permettre aux troupes impériales le passage libre sur ses terres pour entrer en France, le comte de Flandre, se voyant frustré de ses espérances, prit le parti de conelur une trêve avec le roi de France sans consulter le roi des Romains. (Gilbert de Mous, pag. i53, 1 54. )

L'an ntfS, au mois de janvier , Philippe , présent à conférence tenue entre les rois de France et d'Angleterre près de Gisors , pour faire la paix et aviser aux" n\ow de secourir la Terre-Sainte , y prend la croix avec les seigneu ile sa suite. En conséquence de cet engagement , il part <k

DES COMTES DE FLANDHE. Sl5

nouveau, Pan 1190 , pour la Palestine. Ce fut sa dernière expédition. H mourut de la peste au siège d'Acre Je 1". juin de Pan 119t. Roger de Hoveden dit que le roi de Francef s'empara de tous ses trésors , dont , ajoute-t-il , le roi Richard lui demanda en vain la moitié. Son corps , ' rapporté en France, fut inhumé à l'abbaye de Clairvaux. Tous les h i stdneirs s'accordent à dire que Philippe d'Alsace n'eut point d'enfants de ses deux mariages. Mathilde, seconde femme du comte Philippe , lui survécut jusqu'au 6 mars 1219. ( f'oy. Eudes IH, duc de Bourgogne.) Ducange , d'après Vîllchardôuin, lui donne un fils naturel nommé TWierri , qui se distingua , dit-il , à la prise de Constantinoplc.

MARGUERITE D'ALSACE et BAUDOUIN VIII.

1191. MahgC£RITE, fille de Thierri d'Alsace et femme de Baudouin V , comte de Hainaut , qu'elle avait épousé Y Tan 1169, ayant appris la mort du comte Philippe, son frère, se met en possession du comté de Flandre , dont il lui avait M\ faire hommage éventuel par ses vassaux , ainsi qu'à son époux, suivant Gilbert de Mons ( p. cj3 ) , dans une grande assemblée tenue à Lille l'an 1177 , en partant pour la croisade. « Mathilde , veuve de Philippe , réclame son douaire; la France ^ète FArtois les armes à la main comme la dot d'Isabelle \

femme de Philippe Auguste ; et Henri , duc de Brabant , la Flandre entière au nom de Mathilde son épouse, fille de Mathieu d'Alsace , comte tic BoUrogne. Mais > Baudouin , an moyen d'une somme d'argènt, écarta bientôt ce dernier*. £an 1191 , au mois d'octobre, traité ou jugement arbitrât

Gand, lprcs, Courtrai , Bruges et Oudenarde, à Marguerite Mie, Orchîes , Douai, Furnes, Nteuport , etc. à Mathilde four sa vie. (Gilbert de Mons. ) Le roi Philippe Auguste £ant revenu de la Terre-Sainte au mois de janvier 1192 , Baudouin va le trouver à Paris pour lui rendre hommage Gagné par les promessês et les présents de Mathilde , douai- "ère de Philippe d'Alsace , le monarijue refuse d'admettre ^hommage, et veut que toute la Flandre soit laissée en.

«"udire à Cette princesse , qui prenait le titre de comjeisscfeine , parce qu'elle était fille de roi. Le comte demande* jue sa cause soit jugée; mais le roi , loin de lui rendre justice r ïorme le dessein de le faire arrêter. Baudouin , averti par se$ *mis, p^nd la fuite accumpagiré d\m chevalier et de «L;ux

3lS • CHRONOLOGIE HISTORIQUE

domestiques,. Philippe Auguste , irrilé de cette retraite , menace le comte de lui faire la guerre. Les Flamands lt rassurent en lui promettant de l'aider de toutes leurs foi X»e roi change Je résolution , et fait savoir au cuinte au' peut venir en toute liberté le trouver. Leur entrevue se fit a Péronne , où BauJouin s'engagea de payer en deux termes pour lcdroitde relief la somme 4e cinq mille marcs au poids deTrayp: Cumjuris sit, porte le texte de GilbcrLile Mous (p. 2.33) , sed non omans in t ranci a , ut (juilihet homo pro relevio feodi sui liçii tiinluin fiel domino suo quantum ipsum jeodum intra anoum va- Init. L hommage de Baudouin ne soutint plus alors de difficulté , et fut rendu au roi dans |a ville d'Àrras par ce comte, et Marguerite, sa femme, le dimanche Reminiseère (ier,,mars

Baudouin, l'an inp, alla joindre, avec ses troupes t le roi de France au siéçe do Rouen. Ce fut là que , par le conseil du monarque, il conclut un double mariage d'Yolande sa GbV avec Pierre de Courtenai , comte de Nevers, et de Philippe son fds avec Mahaul , fille du ninm: comte , âgée pour lors de cinq ans. ( Idem , p. 2.+$.) Le premier de ces deux mariages s'accomplit la même année ; mais hi dernier n'eut point lieu. (Voy. ies comtes d'sîiuerre.) L'an 1 1,1)4 1 Baudouin, tandis qu'il se croit assuré d'une paix solide et durable , se voit attaqué par Thierri de Bevern, châtelain de DixmutJe, qui lui redemande la terre d'Alost , qu'il prétendait lui appartenir, on ne dit pas sur quel fondement. Le comte lui ayant en vain offert de lui renuVe une pleine justice en établissant son droit, la guerre est ouverte entre eux. Elle dura pendant le carênv de la même année , et fut suspendue pendant la quinzaine de Pâques par une trêve qu'on prolongea jusqu'à l'Assomption Ce f ui l'empereur qui , étant venu à Saint-Tron , obtint cet armistice. Mais avant que le terme expirât , Thierri , ap[>u\ du duc de Limbourg, du comte de Luxembourg et il "autre-» princes , recommence les hostilités. Baudouin marche contr eux, et, leur ayant livré bataille le a août à Neuville, il |a met en déroute. (Idem , pag. z^d , a5i.) Cette action fut suivie d'une entrevue que Baudouin eut pendant trois jours à Hall avec le duc de Brabant , partisan de Thierri, au secours duquel il était près dp venir. La paix y fut conclue entre 1princes belligérants ; mais Thierri en fut exclus. Il se retira dans les îles de Zéclande , d'où il infesta le pays de W, ^lais Baudouin le mit hors de mesures en lui enlevant le château de Bevern. (Idem, p. ^53,) La comtesse Marguerite mourut le i5 novembre suivant, laissant de son époux quatre (ils et trois filles. Son corps fut inhumé à Saiut-Dunatieu de

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-PIS COMTES DE FtÀ'tfME. 3 1 7

Bruges. Le comte Baudouin la suivit l'année d'après au tombeau. ( Voy. Baudouin V , comte de Hainaut ) * >- >' <

" BAUDOUIN IX ; dit DE CONSTANTWOPLB. -

1 1 1 94. Baudouin IX ? fils de Baudouin V , comte rie Hainaut, et de Marguerite d'Alsace , né a» mois de juillet 1171, succède à sa mère dans le comté de Flandre , et pan- !* , dit ta chronique d'André , le comté de Flandre , possédé Su justement depuis cent vingt-quatre ans par Robert le Frison et ses successeurs , revint au légitime héritier* A cette succession Baudouin , Tannée suivante , ajouta le Hainaut qui lui fut dévolu par la mort de Son père; Mais la portion qui avait été adjugée, comme on Ta vu , Tan nqi, au fils aîné du roi Philippe Auguste , manquait à l'arrondissement de ses états. Déterminai* fairé tdus ses efforts pour la recouvrer , Baudouin se ligue- avec1 Richard ytoi d'Angleterre, contre fa France1, et, lan 1196 ',' ilsPem pare des villes d'Aire et de Saint-Omer. Il ne réussit pas de même au siège d'Arras , qu'il fot obligé de lever. Il avait aussi des vues sur Tournai qui s'était donné volontairement à la France ; mais , désespérant de pouvoir réduire' cette ville sous ses lois , il'fit , Fan 1197» avec elle un traité de neutralité: (Marten. Thés. Anecd.,\om. I , col. 667. ) Cependant il étak occupé à multiplier ses alliances t ét, l\nv 1198, il les grossit de toutes celles du rôi d'Angleterre, composées des comtes de Toulouse , de Blois , du Peft^he, de Boulogne, de Gui nés , et du marquis de Nainur» <|ûl , en se déclarant pour ce monarque contre la France, embrassèrent en même-tems le parti du comte de Flandre. Ce grand orage néanmoins s'évanouit presque aussitôt quM fut formé? car, avant la fin de Tannée, Baudouin ménagea éhtrè la France et l'Angleterre une trêve dans laquelle il eut soin de se faire comprendre. Elle ne fut pas de longue durée. Richard étant mort âu mois d'avril de Tannée suivante % Jean , son successeur , résolu de recommencer la guerre avec la France , fit à la Rt>chc-d'Andeli , le 18 août , une ligue avec Baudouin et grand "nombre de seigneurs flamand* et normands contré le roi Philippe Auguste. ( Martenne , Tftes. Anccd., tom. I, col. 771.) Les premiers actes d'hoslilité n'ayant pas été heureux pour les confédérés, Baudouin se détâcha de la ligue et vint trouver le roi de France pour Traiter d'accommodement. Philippe Auguste le reçut favorablement , et , pour gage de ses dispositions pacifiques , il lui remit tous les prisonniers qu*il avait faits sur lui. On convint d'une conférence à Péronne pour le mois de février ( et non

ft

Si 8 CHRONOLOGIE mSTOMQÛK

pas les ièies de Noël) de l'an 1200. Le 0011116" y amena sa femme, et l'on y régla lès limites de la Flandre qui faisaient le sujet de la querelle. Les fiefs de Guines et d'Ardres avec les villes d'Aire et de Saint-Omcr furent cédés au comte , et le resté de l'Artois avec le Boulonnais demeura dans la main -du roi. Ce traité , suivant le style du tems, est daté de l'an 11999 mense Jnnuario , et non pas 1099 , comme on le voit dans le Codex Diplom. de Leibnitz. La même année , Baudouin ayant assemblé les états de Flandre et de Hainaut à Mons, y publia , le 28 juillet , deux ordonnances, fa'fremière contre les meurtres, la seconde touchant les successions et autres matières civiles. (Martcnne, fout. col. 766, 772.) .Vers le même tems il voulut revenir contre le traité fait par *On père, l'an 1192, avec Mathilde, veuve du comte Philippe d'Alsace. Mathilde s'étant pourvue devant le pape innocent III , ce pontife commit les abbés deCUirvaùx, d%iberive et de Mores , par son bref du 8 décembre de la troisième année de son pontificat (1 201 de J. C. ) pour contraindre Baudouin par les voies de droit ii tenir lés conventions contre lesquelles il réclamait. {Innùc. III Regesl. /A>. 3 , jfo. 38, ined. )

La même année 1201 , au commencement .du carême, le jour mÊme des cendres, suivant Villehardouin , le comte Baudouin prend la croix dans l'église de Saint- Donatien de Bruges avec la comtesse, sa femme , et un grand nombre de seigneurs flamands. Quelque tems après , il indique un grand tournoi ,

fondant lequel il exhorte les braves qui s'y étaient rendis et es engage à le suivre à la croisade. ( Ipénus. ) Cependant il'feisait équiper dans les ports de Flandre une grande flotte pour son expédition. Lorsqu'elle fut en état , il en confia le commandement à Jean de Néle, châtelain de Bruges, et lui donna ses meilleurs soldats avec un nombre de chevaliers distingués. Mais, s'étant mise en route pour entrer dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar, elle fut entièrement dissipée par les tempêtes , et nul de ses vaisseaux ne parvint à Venise , où elle devait se rendre. Prêt a partir , l'an 1202 , Baudouin nomme , pour gouverner ses états en son absence , Guillaume, son oncle, Philippe, son frère, et Bouchard d'Avônes. Il confie le soin de sa fille à Mathilde, comtesse-douairière de Flandre, et permet à sa femme de venir le joindre en Syrie après ses couches, il part enfin avec Henri et Kustache , ses frères , dans le mou d'avril, pour se rendre à Venise , où l'armée des Croises l'avait devancé. Après avoir fait avec elle le siège de Zara, en Daîmatie , il est d'avis , comme les autres chefs, d'aller au secours du jeune Alexis Comnène pour le mettre en possession de l'em-

DES COMTES DE flandhe. 3rg

pire grec, usurpé par le tyran Murzuphle. L'an 1204, le 1601:11, Baudouin est couronné lui-mçme empereur de Constanti.npple, Attaqué, Tau i.2o5 , le 1 S avril, devant Andrinoplc , dont il faisait le siège , par Tannée de Joanniee, roi des Bulgares, il est fait prisonnier, et meurt l'année suivante dans les fers. ( Voy. Baudouin , empereur de Constantinoplc. ) Baudouin avait épouse, Tau i i85 , Marie , lille de Henri le libéral , comte de Champagne, laquelle s'élant rendue à la Tei re-Saintc dans l'espérance il y trouver son époux, apprit, en débarquant à Saint-Jean-* J'Acre , qu'il était empereur de Constantinople, et mourut , le -o, août 1204 , comme elle se disposait à se rembarquer pour aller le rejoindre. Marie laissa de ce prince Jeanne et Marguerite, qui lui succédèrent au comté de Flandre. ( Voyez Baudouin VI , comte de Hainaut y et Baudouin 1, comte de Namur.)

^A^E avec F£RRAjSD , puis avec THOMAS , .

«• tu « Il (S ul S£S EPOUX, ( ;f t-. ... , ...

. . il «

1206. Jeanne et Marguerite , filles de Baudouin IX, étaient sous la tutelle de Philippe, comte de Namur, lorsqu'on débita en France la nouvelle de la mort de leur père. 11 était dès-lors établi qu'un vassal ne laissant en mourant que des filles , elles (levaient passer sous la garde-noble du suzerain, que la loi féodale chargeait de les élever et de leur procurer ucs époux. En conséquence de cet usage, le roi Philippe Auguste fait amener à Paris les. deux princesses , déclare l'aînée comtesse de Flandre et de Hainaut, à l'exclusion de la cadette (parce que les grandes seigneuries , dit M. d'Àeuesseau , sont impartables de leur nature ), et , l'an 121 1 , Ta marie à Ferrand ou Ferdinand , (ils de Sanche 1, roi de. Portugal et neveu de Mathilde, veuve du comte Philippe d'Alsace. Mais, pour prix de cette alliance, le monarque oolige Ferrand à céder, par traité du jour de Saint-' Malhias (24 février}, Aire et Saint-Omer au prince Louis, «ou (ils, comme faisant partie de la dot de sa mère. (Du Mont, tom. I , part. L, pag. 1*2. ) Les noces se célébrèrent à Pari*aux dépens de la Flandre et du Hainaut. A leur départ pour la Flandre, le prince Louis accompagna les deux époux jusqu'à, Péronne , où il les laissa sous bonne garde pour aller prendre possession des deux villes que Ferrand devait lui livrer. Les. Flamands accusent Philippe Auguste d'avoir vendu la comtesse, en la mariant à Ferrand. On refuse à ce dernier l'entrée de la ville de Gand. Jeanne et Mathilde s'y rendent. On écoute leurs propositions , et la paix est conclue.

L'an 1212 , Philippe Auguste convoque une grande assemblée i Soissons , pour avoir des forces capables de résister au roi

d'Anslelerre. Ferrand s'y trouve , et refuse hautement les Sfr* cour» qu'on lui demande (i) , a moins qu'oir; ne lai rende les villes d'Aire et de Saint-Omer. Le roi lui offre e* vaift an dédommagement- 11 se retire et va s'allier avec les ennemis de l'état. Philippe Auguste, l'an it.3, tourne contre U Flandre les préparants qu'il avait faits contrfe l'Angleterre. ^Plusieurs Villes se rendent* on s*wt importées de force. L'em|)éreur ôtton IV vient y l'année suivante , au secours de Ferrand , avec une armée de plus de cent mille hommes. Bataille de BoUvrnes, près de Tournai i gagnée le 37 juillet par le roi Sur l'empereur et le comte de Flandre, Ce dernier, pris , avec le comté de Boulogne , par Hugues et Jeande Mareuil , eài emmené en triomphe à Paris et rénfermé dans la tour du Louvre. AW te porroit dire ne devise r ta grant joyé que ceuto de Péris firent au roi Ptielippe , leur seigneur, après celle victoire , lequel emmenoit terrant avecque luy en unè litière qui portaient dèus cher** pommelée. Si crioU le peuple quand ferrant passoit , pur manie* de gober et marquer, que deus ferrans ( chevaw* arabes)>rtoienl Ferrant , mais Ferrant estait enférteX. ( Chtùn: tnahufm. ) La comtesse Jeanne obtint la permission de retourner dattes états et de les gouverner elle-même , soûs la seule tondit** de consentir à la démolition des fortlfrcatrons d'IpresV «e Cassel , de Valenciennes et d'Oudenardev 1

C'était une des lois féodales que , lorsque le seigneur suzerain refusait de faire juger en sa cour un procès qoi était entre lui et son vassal , ou entre deux de ses vassaux , dans les quarante jours qui en était requis , ce qui s'appelait faire defàuk de droit , celui qui se croyait lésé pouvait en appeler au suzerain de son suzerain. Jean , sire de Nêle , prétendant être dans ce cas vis-a-vis la comtesse de Flandre , dans tm différent ûu'll avait avec elle, se pourvitt, par appel , Pan ta 24, à la cour du roi. Là-dessus la comtesse rut Citée à la Cour dù foi par deux chevaliers. Jeanne comparut ; mâis «lie1 protesta de

(1) Voici une petite anecdote «juSin ancien auteur rapporté sitr l'une des cause* de ta rupture de Ferrand avec te roi Philippe Auguste Erat% dit-il, quidam Cornes in Flandria, Ferramdas nomme; qui ' uxvrttu 4uam quœ Régis Francis consokrina erat% quam pro ludé scateorom t}*> eum ipsa uxor sœpe maiaverat. ipsam eerberavera/ ei imhones/e iractw*r*t> Ouûf nui a htre régi Franc r injUavity qui Comiti Ferrando duri ter corn* mina/us es/, improperans ei qubd non ideo Comitatum Flandrensem ut cognatani dédisse/ u/ eam sic dehoncs/arc/. Cornes pero minas Régis e f ferens assump/o sibi comité Boloniensi cum al Us pluribus, abni ai Othonem ïmpera/orem. {Ex Chronico Senoniensi Richtrii apud Lûbkuv, Mélanges curieux, tome IL, page 638. )

nullité contre cet ajournement , qui, suivant elle , aurait dâ lui être signifié par ses pairs , et non par de simples chevaliers. La. cour décida, au contraire , qu'elle avait < été légalement ajournée , attendu qu'il ne s'agissait pas de la (aire déchoir de sa pairie , ruai* 4e juger un procès qui était entre die et son vassaJL Passant ensuite ;à l'appel de Jean. de! Nêle , Jeanne pmt«pidit,jqu'il é4aj* mal fondé , et revendiqua >k couse. Mais il ♦firt encore, décidé que le sire de Nêle n'était point tenu de rçtoiwner à la cour de la comtesse , M qu'il devait "être jugé à a-lle du roi. < Brussel^ pag.^.^ , 3£o. ) • • • . chJm i#a5, l'un des plus singulier» événements jette le trouble dans la Flandre. Un imposteur*, oornmé Bertrand de Bains, se donne pour Baudouin IX; père de la comtesse ^fUnire. il s&itf . un, grand parti dans la noblesse et parmi kp«Mple, Sow imnosture, l'an 1326, est découverte à Péronne, e» présence du roi Louis VUL il prend la fuite et se sauve en Bourgogne , où il est arrêté à Châtcnai , dans le7 diocèse de Besançon , par Archambaud de Cbappes ; ramené en Flandre , promené, par tout le pays, .et pendu ensuite à Lille, par jugement des pairs de Flandre. Tel, est? le récit des auteurs Ha* mands et d'Àlbéçic deTrois-Fontaines, sur ce personnage , que Mathieu Paris n'hésite pas à donner ^pour le véritable . Baudouin. Mais il est certain, par le témoignage de ce même roi des Bulgares , uni avait fait prisonnier Baudouin , qu'il mourut dans sa prison , connue il le manda au pape Innocent III , qui lui avait écrit pour lui demander son élargissement. (Gestu Innoccntii III \ pag, 117.) La comtesse Jeanne assista, pendant la captivité de son époux ( le 29 novembre 1226 ) , au sacre du roi saint Louis, où elle disputa à la comtesse de- Champagne * dont le mari était aussi absent, l'honneur de porter l'épée.i <ejte cérémonie devant le roi. Pour accorder les deux comtesses, on \t$ fit consentir que le comte de Boulogne, oncle du roi , fit cette fonctiou sans préjudice de leurs droits, ou plutôt de celui de leurs maris qu'elles représentaient. La même année , peu de jours avant Noèl , suivant la Chronique de Tours, le jour même de Noël , selon Baudouin de Ninove, ou le 6 janvier de l'année suivante., selon Meier , Ferra nd est élargi par la reine Blanche , après une captivité de douze ans cinq mois et quelques jours. Son épousé, qui ne l'aimait pas, avait toujotiis différé , dit-on , de payer sa rançon , taxée à quarante mille livres parisis. Cependant nous voyons les lettres obligatoires de cette princesse, datées de l'an 1221 , par lesquelles elle déclare avoir emprunté , à vingt pour cent, d'un juif, qui est dénomme , la somme de vingt-neuf mille livres, pour être employée à la rançon de son mari. (Mar tenue, Thcs.Anecd. X11L 4l

322 c.moNOLocrs historique

tbme I , col. 886.) La reine, pour s'a i tacher Ferrand , lui remit la moitié de ta somme à laquelle sa délivrance avait été taxée, et pour sûreté du paiement elle reçut f» citaiMIe oV Douai. Sensible à cette grâce, le comte ne se départir jamais depuis de la fidélité qu'il devait au roi de Frâroce. Un déni de justice le compromit, Tan ïa3o, avec ime de ses princ^' plaies villes. Le feu ayant pris aux halles de ifruges , en côflsuma les archives. Pour réparer la perte de leurs privilèges 'r les habitants prièrent Ferrand de les renouveler! Il éluda cette* demande , et sur son refus, ils se révoltèrent. Pour les apais^ il fallut leur accorder ce qu'ils désiraient et ce que ta justice exigeait. Ferrand, dans ses dernières années, fat tourment de la pierre, dont les douleurs remportèrent le 27 juillet #aM. (Mcier. ) De Noyon , où il mourut sans laisser d'enfants , son corps fut porté à l'abbaye de la Marquette, près de Lille, '^«e sa femme avait fondée. Cette comtesse se remari* , l'an avec Thomas de Savoie, oncle de iMarguerite , femme de saint Louis, et mourut . le a décembre 12^4, à la Marquette, où elle fut inhumée auprès de son premier époux. Après sa mort , Thomas de Savoie, qui n'avait point d'en fauts iFelle1', qtntïit' la Flandre et retourna dans son pays, où ti épousa* en d«H*%ièmes noces, Béat ri x de Fiesque , dont il eut des enfants. (' VoyeM Us comtes de Httînaut. ) - . • t». ui j t. /. I;

MARGUERITE II, dit* DE CQNSTANT1NOPLE 4

et LA NOIKK. ' 1 4 ' -

1244. Marguerite H , fiUe puînée de Baudouin IX, née Tan 1202 , succéda, dans les comtés de Flandre et «le Maniant , ib Jeanne , sa sœur. L'un de ses premiers soins fut- de se rendre à Paris pour faire hommage de la Flandre ati roi saint Louis. Mais ce monarque refusa de recevoir cét acte, à moins qu'èlfe n'y comprît Hupelmonde et re j>avs de Watt». Marguerite, n'ayant pas voulu y Consentir , alla tronver , Patmée survanfc 1245, Empereur Frédéric II , qui lui donna Tinvestiture d$

Pays contentieux , ainsi que des «rotres fiefs qu'elfe tenait dé! empire. (Huit ; HisL crit HolL, tome 1 , part. 2*, p. 2 12. f Cette comtesse avait d'abord cpousré , l'an i2ï3, Bouchard1 d'Avéncs , archidiacre de Laon et chanoine ife Saint-Pfemr de Lille , qui lui avait été donné pour tuteur. Ce mariage ayant été dissous , après avoir produit deux enfants mûlrs , Jean et Baudouin d'Avaries , Marguerite avait donné sa main,' l'an ia 18 , après le mois d'avril , à Guillaume de Dampierre, deuxième fils de Gui H de Darnpi(Tre et de Mathildc, héritière de Bourbon, dont elle eut trois bis et deux filles. fille* était veuve de ce second époux depuis trois ans, lorsqu'elle

f>ES COSITES DE FLANDRE* 3a3

«Jeviqt ,x;omJ£sse. La naissance de m'.s enfants du premier lit était encore équivoque. Le pape Grégoire IX les avait dtclarés ilbgilimes , par 5011 rescrit adressé, l'a» 12.36 , aux évéques uV (Jambrai et de Tournai. (JW des Ch. de Humant , fol. t&uu. ) Mais J'*>mj¥îreur Frédéric 11 , par ses loi 1res du mois de mars 124a (et non 124'i, comme porte l'imprimé, iiuîîçtion xv ) , les avait réhabilités , à leur demande , eu ce qu'il pouvait y avoir Je défectueux dans leur naissance: Dudum petilwtie Jvhantiù et Buidyui..^.. ut si quis esset in eis defectus uuîaUum > légitimai 'wnfs ùe/iej/icio dignaremvr prosequi et supplere. (Martcu., Thes. Ane<;&9 tome 1, col. 1021.) Ces enfants étant eutrés en querelle, , Tan 1246, avec ceux du deuxième ht , fouctant la part qui devait leur revenir dans la succession de leurraèro, après sa mort, on fit là-dessus un compromis entre les mains du roi saint Louis et du légal Odon. La décision de ces arbitres , donnçe.au mois de juillet 1246 , portait qu'après la mort de Marguerite, le Hainaut appartiendrait à Jean d'Avênes, sous l'obligation d'en donner une. part à liaudouin , sou frère, et que la 1 lan«rre reviendrait à Guillaume de Damt*e , à la charge d'apaudger ses deux autres frères. ( ILid. , roi. 10$%. ) Les deu;* parties approuvèrent cet accord et prohibent de l'observer. Peu de icras après , Jean d'Avênes obtint la main d'Adélaïde , fille du comte de Hollande. Encouragés >ar cette alliance , les d'Avênes réclament les îles de Zéelande , a terre d'Alost , le..p^ve fie Waès , et les quatre ofliees. ou mciiers, sous prétexte que ces districts étant dans la mouvance $le l'empire , le roi de France ni le légat n'avaient pas été en <b;oit d'en disposer. Jean d< Avinés va trouvei l evêque d« Liège, ^ au mois d'octobre 1247 , reçoit de lui» comme suzerain du Hainaut, l'investiture de ce, comté , avec des lettres i|ui ordonnent a ses vassaux de le reconnaître pour leur maître. {Uid. col *o3o.j Ce fut alors que la querelle str la légitimé des d'Avoués se rvnouveb ; ce qui les engagea , l'a a 1 a4<S , à demander au Pape Innocent IV, qui était à Lyon, des com-

Sissaires pour informer à ce sujet. L'évéque de Çbâlons-surarue et labbé de biessies, ebargés de cette commission, ren~ direct leur sentence favorable auxdWvênes, l'an 1249, 6e. férié après l'oclave de Saint-Martin d'hiver ( 19 novembre), ce que k pape confirma le 1.7 avril 1 30 1 . {Mir&i. Op. Diplom. , tom. J , iag. 200.) Guillaume de Dampierre était de retour alors de a croisade , où il avait accompagné saint Louis, et reçu des blessures daiigereuscs.au combat de la Massourc. Mais un malbfur plus grand l'attendait en Flandre. Il périt, le G juin iapi , à Trascgnies ,. dans une course de chevaux , sans laisser 4>ufauls de 3a leayne I3e*trix , fille de Henri Jl , duc de

32+ CBROWLOSIE HISTORIQUE

Brabant «Tandis qu'il était outre-mer, Marguerite, sa mère; avait désarmé les d'Avênes en leur offrant soixante mille écus d'or ; au moyen de quoi ils déclarèrent , par acte du mois rie janvier 124$ (v. st*) , qu'ils abandonnaient à leurs frères Guillaume , Gui et Jean de Dampierre , les terres de Walcheren, de Subeveland , de Nordbeveland, de Bersèle, et toutes les îles de Zéeïande , avec le district des quatre métiers , le pays de. Waës , la terre d'Àlosl , et généralement tout ce que les comtes de Flandre tenaient en mouvance de l'empire. ( Marten. , Thts. Anecd. , tora. I , col. 1094» )

Le comté de Hollande renfermait des fiefs mouvants du Hainaut , et la comtesse Marguerite se croyait en droit par-là d'exiger l'hommage de Guillaume, roi des Romains, en sa qualité de comte de Hollande. Mais Guillaume prétendait que son titre de roi des Romains le dispensait de cet acte de soumission ; et, en vertu de ce même titre , il demandait à Marguerite l'hommage des terres qu'elle possédait dans la mouvance de l'empire. Ne pouvant l'y faire acquiescer après différentes sommations, il assembla la diète de Ratisbonne, dans laquelle, après avoir pris, les avis de ceux qui la* composaient, il adjugea la Zéelandc, la terre d'Alost et celle de Waës, avec le district des quatre métiers, à Jean d'Avénes , son beaufrère. L'acte de ce jugement est daté du 11 juillet de l'an 1262. (Mieris, Cod. Dipîom., part, J, col. 268.) Marguerite, pour mettre eu défaut le roi des Romains et son protégé , se transporte à Paris, et fait donation du Hainaut à Charles d'Anjou pour l'engager dans ses intérêts. Mais Charles ne peut alors marcher à son secours* Le roi des Romains travaillait cepen* dant à faire exécuter son jugement par la voie des armes.

L'an 1253, le 4 juillet, Gui et Jean de Dampierre sont faits prisonniers à la bataille de Walchercn ou de Vestkapel, par Florent, frère du roi des Romains. Leur captivité fut de trois ans. Marguerite, pendant l'absence de saint Louis, renouvelle à Charles d'Anjou, Fan 1264, la donation du Hainaut. Ce prince, résolu d'en profiter, envoie dans ce comté un corps de troupes qui s'empare de Valencienues. A la nouvelle de cette conquête, il se met en marche lui-même à la tête de cinquante mille hommes, accompagné des ducs de Bourgogne et de Lorraine, des comtes de Savoie , dejMois , de Vendôme , de Saint- Pol , d'IÙampes, et du sire de Couci. Tout plie devant cette armée formidable , à l'exception de Rouchain, où la femme de Jean d'Avene.s étoiteri couches, et d'Enghien, qui fut vaillamment défendu par Siger er Gauthier* seigneurs de la ville. Le roi des Romains vient au secours de Ja .place. 11 offre la bataille à Charles qui l'accepte sans- hésiter. ftlais<les princes

DES COMMS DE FLANDRE. 3a5

de Farmêe française, craignant i'événèment , s'y opposent. On convient d'une trêve, après quoi Charles s'en revient en France. Enfin la nécessite fait ce que devait faire la nature. Les d'Àvênes s'eii remettent de nouveau , Tan t256 , au jugement de saint Louis ; Charles, son frère, y condescend. On ratifie, parla? sentence arbitrale dit 24 septembre, rendue à Péronne , le jugement porté pat le roi saint Louis et le légat , en 1246; le Hainaut est assuré à Jean d'Avênes après la mort de sa mère , et les Dampierre recouvrent leur liberté. (Nangis.) La même année ia56, le samedi après la Saint-Luc (21 octobre),1 par la médiation du même monarque , du duc de Brabant , du comte de Gueldre , et d'autres grands personnages , Gui: de Dampierre termine, à Bruxelles, l'ancienne querelle que? sa mère avait avec le comte de Hollande, touchant la mouvance de la Zéelande. Par le traité, cette province est cédée au comte Florent V, alors régnant, en considération du mariage qu'il doit contracter, lorsqu'il aura l'âge compétent, avre Béatrix , fille de Gui. (Marlenne, Anecd. , tome IY col. 1074. )

L'an 1 279 , le 1 1 septembre , Marguerite fait prêter serment de fidélité à Gui, son fils, par toutes les villes et la noblesse de Flandre. Elle meurt le 10 février de Tan 1280 ( 11. st.), et son corps est inhumé à- l'abbaye de Fîmes , près de Douai. Ses enfants du second lit étaient Guillaume , mort, comme on l'a dit , l'an 1281 ; Gui , successeur de sa mère au comté de Flandre; Jean de Dampierre, tige d'une branche des seigneurs de ce nom: les filles, Jeanne, mariée, en 1245, à> Thibaut II, comte de Bat; et Marie , abbesse de Flincs. « La » comtesse Marguerite, dit Ipérius, était douée de quatre émi-

* nenies qualités: car, i° elle surpassait en noblesse toutes » les dames les plus nobles de France ; 20 elle était extrême-

* ment riche non-seulement en domaines, mais en meubles \ » en joyaux et en argent; '6Q ce qui n'est pas ordinaire aux » lemmes, elle était très-libérale et très-somptueuse, tant dans » ses largesses que dans ses repas et toute sa manière de vivre , » de sorte qu elle t» nait l'état plutôt d'une reine que d'une » comtesse >». L'auteur ne nomme point la quatrième qualité de Marguerite. Bouchard , son premier mari , était mort en «243 , deux ans après le second. ( Voyez les comtes de Hat- Haut. )

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