GUI DE DAMPIERRE
îaflo. .Gur, fifede Guillaume de Dampierre et de Marguerite de Flandre, comte de Namur depuis Fan 1263, associé par sa n*cre au gouvernement de la Flandre , dès l'an? ià5i , lui suo
cède , l'an ia8o , après sa mort. L'une de ses premières opéralions fut de créer des chevaliers. Mais ayant admis à cet honneur des hommes nouveau*, il fol déféré au parlement, qui , par son arrêt de Tan 1280 , prononça qu'il ne pouvoit ni neis devait faire chevalier un oillain » c'est-à-dire f un roturier sans l'autorité du roL (Daniel, Mil» franc. , tom. i, pag. 98. ) L'an 1288, excité par la noblesse de Zeelaude , ennemie de Florent V , son souverain, Gui entreprend de faire valoir ses anciennes prétentions sur quelques îles à l'ouest de l'Escaut, et fait une descente dans celle de Walcheren, dont il assiège la capitale. Florent5 acertt/rt au secours de la place. Le duc de Brabant se rend médiateur; et obtient une conférence entre les deux comtes. Gui a la lâcheté d'y faire arrêter prisonuier le comte de Hollande.--, qui était son gendre. Le duc ne put obtenir la liberté de -Florent , qu'eu se mettant en sa place; et le comte de Flan tire insensible à cette générosité , ne relâche le duc qu'après avoir lire de lui une somme exorbitante. L'an 1394 , Gui traite du mariage de Philippe, sa fdlc, avec le prince Fdooard, fils aîné du roi d'Angleterre. Cette alliance déplaît à Philippe le Bel, rot de France, Il attire à sa cour le comte et sa femmev rànnér* soi vante, tes fait arrêter, et les envoie prisonniers a la tour du Louvre. Gtri 9e peut obtenir sa liberté, qu'en' donnant sa fille en ot âge. De retour en ses états, il redemande s& fille, et interpose l'autorité du pape Boni face Vlll , pour la ravoir. Philippe le Bel, malgré les menaces du pontife* s'obstine a la retenir dans la crainte u 'elle n'épouse le fils du roi d'Angleterre. Le comte de Flan* re , ne voyant plus alors d'autre voie que celle des armes pour se (aire justice , déclare la guerre à la France. Philippe le Bel passe en Flandre, l'an 1297,3 la tête de soixante mille hommes* Son arrivée répand l'effroi dans le pays. Ses troupes , commandées par tiobert, comte d'Artois , gagnent une bataille sur les Flamands, le i-3 août, à Furnes. Philippe, après s vire *cndu maître d'oo grand nombre de villes, accorde aox Flamands une trêve de deux ans , qui fut ensuite prolongée jusqu'à l'Epiphanie de Tan t:ioo (n. st.). Philippe, après l'expiration de lu trêve, fait partir une armée sous la conduite du comte de Valois , pour la Flandre. - Le comte Gui charge Bohert , son fils de faiie tête a l'ennemi. Mais la valeur du j\ irne prince ne
Î>ut arrêter les progrès des armes françaises. Gui enfermé daw a ville de Garni , dont les- bourgeois étaient disposés à se rendre au comte de Valois, prend le parti d'aller trouver ce prince a, Rodcn, en Brabant, au coinmencemetit de mai. Le comte! la générosité duquel il se remet, lui déclare qu'il n'a pas d'autre moyen d'obtenir sa grâce, que d'aller à Paris, avec ses deux, fils, Robert et Guillaume, la demander au roi ; promettant que
tWÊS COMTÉS DE FLANDRE. 3*f
s^ilne peut foire la paix dans l'espace d'un an, il dura la liberté de revenir en Flandre. Gui consent à fout ; et s'étant laissé conduire au roi, il lui demande, prosterné à ses pieds, pardon de tout le passé. Le roi ne veut point tenir l'accord fait par $Ofl lr« re. Il relient Gui prisonnier, avec ses deux fils et qua— raejc seig-ueurs, f|ui l'avaient accompagné , fait conduire te comte à Comniègne, envoie Robert, l'aîné de ses deux fils, à i^hinon , et l'autre , dans une citadelle d'Auvergne , confisque eupiï U Flandre, qu'il réunit à la couronne, et en donne lé gouvernement à Kaoul de NeUe , auquel fut substitué ensuite Jacques de Châtillon , onele de la reine. ( Meier, fol. 88, r°.) La FlanJre étant pacifiée, le monarque s'y rend avec la reine, son épouse, l'an i3oi. ( UM. > Toutes les villes qui se rencontrent sur leur passage, se disputent la gloire de leur foire la meilleure réception. Celle de Bruges l'emporte sur les autres. La reine voit avec une surprise mêlée de chagrin, les brugeoises, marchandes pour la plupart , étaler a ses yen* des habits et des ajus^tements, dont les siens égalaient a peine l'éclat et la beauté. Ce n'était qu'étoffes d'or et pierreries. «-On1 n'aperçoit, dit-elh% •» que des reines à Bruges. Je croyais qu'il n'y avait que moi » qui diH représenter cet état Philippe le Bel entra dans le dépit de la reiwe , avec d'autant plus d'inclination , qu'en punissant de leur faste les ïirugeéis , il se procurait un moyeti «le satisfaire son avaricte. £e monarque fit sur eux des exactions, qui leur apprirent à ne pbis faire ostentation de leurs richesses aux, veux d'un ^prince capable* de li?s leur enlever.;
L an i3«2 , les» Flamands se soulèvent à l'occasion des impôts onéitnwc, que le* gouverneur , Jacqw^-s de ChâriHon , levait sur eux, et de la manière barbare dont il les traitait. l)n tisserand^ nommé Pierre le Roi, à peine échappé au supplice que cet homme fcroce lui destinait, fut l'auteur de la révolution. Les opprimés se vengent des cruautés qu'on avait exercées contre eux par des cruautés encore pi us grandes1, surtout à Bruges, on I on reuowela les vêpres siciliennes. Les Flamands appeh rit à leurs secours, Jean i comte de Namur. Bataille de Courtrai t donnée le 1 1 juillet de celte année* Les Français , au nombre de cinquante mille hommes bien aguerris, y combattent avec autant de perte que; de déshonneur contre vingt-cinq mille artisans rassemblés à la hâte , mal armés et mal disciplinés. Le mépris du général Robert, comte d'Artois, envers les Flamands, qu'il traitait de canaille, contribua à sa défaite. Par une aveugle présomption, dédaignant la prévoyance, il marcha contre eux au galop, sans les taire reconnaître , ^'imaginant que lu fuite w plus, prompte les déroberait à son épée. Cette arrogance fut punie. La? puutfièn» épaisse qu'élevait la eavalerie, l-empOcha
3a8 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
de voir un canal marécageux qui était >ous ses yeux. La plupart tombèrent dans ce gouffre. Les escadrons qui suivaient ne puavant plus ralentir leur course, se trouvaient presses par *i au lits escadrons ; le désordre fut épouvantable : Le canal, dans m instant , fut comble de morts. Les Flamands passer» , pont d'hommes et de chevaux entassé^, chargèrent l iiiù. et en tuèrent près de la moitié. Vingt mille Frai dans cette journée, Le comte d'Artois et le comte de Saint y perdirent la vie. Quatre mille paires d éperons il « vaincus furent suspendues aux votf tes des temples 0 La prise de Garni, de Lille ^ de Court rai , eUda^e^ Flandre, fut la suite de cette victoire. Çhilippe le Bflmajf^ en Flandre à la tête de quatre-vingt mille homme s .j^* .venger cet affront, et revient sans avoir rien fait. De i il relâche le comte de Flandre , l année suivante.,, à jgonjj^jjjn qu'il amènera les Flamands à un aççommQuV> nient. ^ n'ayant pu y réussir, retourne à l'âge de soixante et di*-uuu.«rç, comme un autre llégulus , au. raqis,d^yj;il, ,en sa prison Jf Compiègne, et Philippe le Bel .en Flandre, tL\m iSq^^f flotte française, commandée par Hainier Griuiakli, génois, défait celle des Flamands. Le. 18 août de la même année t,m- ■ Jippe le Bel gagne sur ^ux la bataille 4e Mpns-^en-Puelie, w de leur part îl demeura six mille hommes sur la place (1). b Flamands, loin d'être abat tus,, pax, ,çe,s pert,çs , reviennent w nombre de soixante mille hommes pour traiter ou pour c battre. Philippe était alors occupa au siège de Lille , qui «H1 demandait à capituler,, Surpris qu'après le sanglant échec (] venaient d'essuyer y iU aient pu rassembler une armée si nombreuse : Nf aurons-nous jamais fait? s.'écria-t7il ; je crois (ju pteut des Flamands. Mais sa surprise augmenta lorsque le; liérauts vinrent se présenter à lui, pour demander la bai ou une paix honorable. }l choisit ce dernier parti. Ou couvic d'abord d'upe trêve* et Tannée suivante, au mois de juin articles de la paix sont, réglés, .Dans, ces entrai tes, le n. st.), le
in t inhumé près sa mère. On y voit encore leurs t ointe et Ton montre dans le trésor son bouclier .et les heu: Marguerite (^780). Gui avait eu deux femmes, Matujld^i
:.bfgç T'jj no i Ttfr^
:•>> • - Ht! v.<»k?'ç/ «ih ini'i* (t) On a dit ri-dessus , en parlant de la Iwrtaille de Monsnen-P"^ qu'après l'avoir perdue, les Flamands furent réduits à ^eiaaxu?? " paix. Corrigez cela par ce qui est dit ici des suites de coHjnDataïuV
igiuzea uy
mS COMTES DE FLANDRE. 32ÇJ
fille Je Rooert, soigneur de Béthune et de Tenremonde , morte le 6" novembre ial>4» eL enterrée à l'abbaye de Flines. et I sa b f l le , fille de Henri 11, comte de Luxembourg, fondatHce du couvent de Sainte-Claire de Peteghem, où elle fut inhumée l'an 1298. Les enfants du premiér fit, sont : Robert,
- qui suit; Guillaume, qui fait la branche des seigneurs deTenrémonde, vicomtes de Châteàudun; Baudouin; Jean, évéque de Metz, puis de Liège; Philippe, mort sans lignée ; Béatrix,-
j femme, comme on l'a dit, de Florent V, comte de Hollande;
* Marguerite, femme de Jean I , duc de Brabant; Marie i dite Jeanne, mariée, i*. à Guillaume, fils aîné de Guillaume IV , comte de Joliers, qui en eut deux fils de son nom; 20. à Simon de Château-Villain. Lés enfants du second lit , sont : Jean, comté de Namur; Gui de Kichebourg , comte de
* ïédande jusqu'en i3io , qu'il céda ce comté à Guillaume III ,* comte de Hollande (Kluit, partie 2, pages 3S6-38i); Henri, comte de Lods ou Loddës ; Marguerite, mariée,1 J°. à Alexandre, prince d'Ecosse ; 20. a Renaud I, comte de Oueldre ; Jeanne , religieuse ; Béatrix , femme de Hugues de Châtillon, comte de Blo'is et de Sairit-Pol ; Philippe, prctraise au prince de Galles ; én 1 294 , morte en i3o4 , ou 1 3o6 , selon Meier; Isabelle, mariée, en 1^07, à Jeân de Fiennes. Le comte Oui, avec un fonds de bonté qu'on eût admiré dans un parti-
i. "fculier, ne put jamais parvenir à se faire aimer des Flamands.' Tous les maux dont la Flandre fut accablée de son tems, il» les imputaient à son imprudence, et non sans raison. Àccou-* tumés d ailleurs à la magnificence de la comtesse Marguerite," a .ils ne pouvaient voir sans mépris l'air bourgeois et mesquin $ uqui régnait à la cour de son fils. En effet Gui aimait l'argent , y et montrait en toutes les occasions une. extrême envie d'en 1! Ramasser. Jamais prince n'accorda à ses sujets plus de privilèges , i ttne les leur fit mieux payer. Les villes de Flandre, avides de \t tes sortes de grâces , qu'elles firent bien valoir dans la suite,; fournissaient des sommes immenses pour les obtenir. Ce pro-
i<tarichit sa nombreuse famille , et attira à son service beaucoup de seigneurs étrangers , en leur faisant des pensions connues alors sous le nom de fiefs de bourse. Ces pensions soumettaient ceux à qui on les payait à l'hommage simple, et en faisaient autant de vassaux obligés à servir durant la guerre avec plus ou moins de gens armés , à proportion de la somme qu'ils tece?aient.
Din
33a CHRONOLOGIE HISTORIQIÎK
ROBERT III , dit DE BÉTHUNE.
i3o5. Robert III , dit de BÉthune, du surnom de Mathil.le de Béthune, sa mère., né en .*39, était prisonnier à Paru lorsque Gui, son père , mourut. 11 Kit élargi, au mois de juin ,3o5, par le traite d'A.rchies (Arclùacum) , que les Flamand» ne voulurent point d'abord ratifier. ( Meier ) Robert Un ,3oo re rend à Paris avec les députés de Handre. Le traite d'Archies y est confirmé , dans le mois de mai , au moyen de quelques modifications que la France y appose. {Idem.) L amitié uni régnait entre Henri VU, roi de Germanie, et le comte Robert , porta celui-ci à fournir à l'autre un corps de troupes sous la conduite de trois de ses frères et de Robert, son fils, pour son expédition d'Italie, qui commença 1 an laio. (Meier, Id. an. i3ii, fol. « .4, v».) Le jeune Rooert ( et non pas son père , comme le marque Muratori ) assista , le 29 juin iSts , au couronnement impérial de Henri , qu, se fit à Rome. Cependant le comte Robert, l'an i3.io, porte la guerre dans le Ilainaut, contre Guillaume, comte de ce pays et de Hollande. La paix se fit, avant qu'on en vînt aux mains, entre ces deux princes , à l'avantage du premier. Guillaume reconnut a suzeraineté du comte de Flandre sur la Zéelande occidentale.
L'an i3n , Robert se laisse persuader de céder a la rrance Lille Orcbies et Douai pour le reste de sa rançon. La cession se fit par traité fait à Pontoise le .1 juin de l'année suivante. Bientôt le comte s'en repent. L'an i3.3, Philippe le Be ! il citer à venir lui rendre hommage , à Pans , pour la r landre, l'exception de Douai, de Lille et d'Orchies. Sur son refos,
a 1 exception uu uuuui , • — —
il lait confisquer le comté de Flandre. L'archevêque de Remis ,'etant rendu à Saint-Omer , met tout le pays en interdit. Le roi passe en Flandre et rassemble , aux environs d Orchtts, son armée, qu'il divise ensuite en trois corps. Le cardinal J«cerand , légat , obtient une trêve d un an , qui fut signée, le aA juillet , à Courtrai. ,Jl La guerre recommença , l'an i3:5 , sons Louis Hut.n, tante du ressentiment de Philippe le Bel contre la Flandre. Elle continua sous Philippe le Long , successeur de Hut.n , et finit l'an i3*o, par un traité conclu à Paris le 5 mai. Le comte y perdit la Flandre française. Le u. juin suivant , il donne Lasse! 'et d'autres terres en apanage à Robert , son second fils , pour l'eneagcr à renoncer à ses prétentions sur le comte de Handre, en cas de mort de Louis , son aîné. Ce même jour, fut signe le contrat de mariage de Louis , son petit-fils , avec Marguf*
guérite , fille du roi Philippe le Long. L'an 1^22, le 17 septembre , un vendredi , le comte Robert meurt à Ipres à l'âge d'environ quatre-vingt-deux ans. Sa sépulture est à la cathédrale de cette ville, il avait épousé en premières noces Cathe- BINE ou Blanche , fille de Charles I d'Anjou \ roi de Sicile t dont il eut un fils nomme Charles r mort à l'âge de onze ans.
Cette princesse , dont la sépulture est à Flines , étant morte eo 127 1 , il eut pour seconde femme Yolaninî de Bourgogne , comtesse de JNevers , veuve de Jean Tristan , fils de saint louis. Les enfants qu'elle lui donna sont Louis , comte de Revers et de Réthel , mort à Paris le 22 juillet i322 ; Robert, dit de Cassel, mort en i33i ; Jeanne, mariée à Enguerand deCouci ; Yolande, femme de Gauthier d'Enghien; Mathride, femme de Mathieu de Lorraine, sire deFlorines. Yolande, mère de ces princes et princesses , fut étranglée , suivant le bruit public , par son mari , le 2 juin de l'an 1280, avec une bride de cheval, pour avoir empoisonué Charles, enfant du premier lit. ( Vay. Louis 1 , comte de I\Wr5. )
LOUIS I , dit DE NEVERS et DE CRECL
fr;;j ■ n;*rf
i322. Louis I , petit-fils de Rohert de Béthune , et fils de- Louis 1 v comte de Nevcrs et de Réthel , et de Jeanne , fille unique et héritière de Hugues, comte de Réthel , se met en devoir , à l'âge d'environ dix-huit ans , de recueillir la succession du premier en vertu de son contrat de mariage avec Marguerite de France, dont une des clauses portait qu'il succéderait aux comtés de Flandre, de Nevers et de Réthel, <\uand même son père mourrait avant son aïeul. Mais Robert ue Cassel , son oncle , quoiqu'il eût consenti à cette clause r etMathilde, sa tante, femme de Mathieu de Lorraine, lui contestèrent, chacun de son côté, cet héritage, alléguant eu commun que la représentation n'avait point lieu en Flandre. Mathilde prétendait exclure Robert aussi-bien que Louis, parce qu'il avait ratifié la substitution faite en faveur de ce dernier, et par-là renoncé à son droit. Robert se défendît tn disant que cette ratification ne pouvait tirer à conséquence , n étant que l'effet d'une déférence aveugle et forcée aux volontés de son père. Bientôt on en vint aux arme»; et Robert hélant mis Le premier en campagne, s'empara de plusieurs forteresses, M. Velli dit qu'il était secomlé par le comte de Namur. C'est, tout le contraire. Jean I , comte ou marquis de kamur, prit hautement le» intérêts de Louis, et lui amen*
le roi CharUr
secours. (De, Marne.) Sur ces entrefaites, le
eue tiui
33a CHROHOIjOOIE historique
le Bel évoqua l'affaire à sa cour y avec défense . aux ^ de se porter pour comtes de Flandre *usqn à {AS q^elle d prononcé. Mais les communes de Flandre , p TinstigaùoQ.du marquis de. Namur, se déclarèrent pour Louis , -£t menacfcra^ dans une députation qu'elles firent au souvenu^* de se torn^r èh république »si on leur donnait m* autre c^zjte., Le jejjflp
Î rince, enivré de cette faveur du. peuple, ,^e ^WferP^?* u'il ne l'emportât sur ses rivaux; et f s^ns sentement du roi, il -reçut les hommages de ses souvea» sujets. Charles le Bel, irrité de cette audace * mande Loujaf Paris, où U est enfermé dans labour du ^ûvr,e ; ipa^, par jugement des pairs, rendu le ao, janvier^ 4* ,est wajg-
tenu ' 1 J ~
après termina
renouvelé, dès l'a--
et ceux de Flandre touchant la propt*efcé ^ terres d'Alost ^ dfe Waêa, et des quame? m^Uer^ meut de: ce monarque , auquel acp^iescèrSttt i Louis J, comte de Flandre i& WW^fàfart le marque un habite moderne klf^gAcL comte de Hollande, la pronneté de laZéelan.de B la tenir , comme «auparavant « r fie£ ffe laY* Guillaume lui abandonna les ancres terres <mj Ce traité, passé à. la W-car^me 102^ (v. st. )? fat ^^fej et mit fin pouf toujours aux querelles qui en étaisa* Ï?9P$«
Oleier, Kluit. ) l :c \i 4g t to!icr<tf >tf iirWl
Louis * par reconnaissance pour les services que ;le. marquis de Namur ltii avait rendus , avaU cédé. , ranfi3#»,, ^.yt prince , non W- propriété dé la ville, de r£c)us^s( nommée alors Lamminsvliet ) , qu'il possédait oVja.iMtre a?ue^$, mais le port . de cette place , ou 1er Domuam comme s'exprime l'ancien généalogiste des .comtes, de- Flandre. Les Brugeois , craignant que ce^te donatiqn r nât la ruine de leur commerce , prennent les,; détruire l'JKcluse , : et forcent le comte de Flan* accouru pour calmer leur courroux , de les accompagner dans cette expédition. Le marquis de Namur étant. t*etfu à leur reneontre,, leur, livre un combat où U a da^rd Tavantage; mais, battu ensuite et poursuivi jusques dans h ville , il y 'est pris et renfermé dans une étroite, prise*. ( iMeier , foi. i»5 ,• r°. ) Le comte Louis , craignant la fureur du peuple, se*er)d £ Paris pour se plaindre au roi diir^ijïùvement des Brugeois. Le marqui* de Maamr de $ua coift
Dfl&'WlffËS Ï)Ë FLANDRE. 333
qu'ils toi ont fait. €3«9t Meier qui témoigne avoir vu cés'lettrès. EHés ne firewt aucune imprw srôîi sur les rebelles. Déterminés à la ruine de l'Ecluse , ils la fi vrënï aux flatahiès ,• vers la SaintiJe»n-Bapti«té-ick)3* {Ikiê^ 1^ tnârqxife de Natmm était toujours, prisonnier, à Brogesy îâricfe crùe'i «ànlé-rOmei-
««fè^Jean àé^rÈpihe. Cette nouvelle rendit les Brugeois plus Hlsflbséi a Ta paix. Eeors députés viennent trouver à <iand le •comte Louis nui revenait de Franco , et obtiennent le pardon ^Jwss^^iriôyéifnaht soixante mille écus qu'ils lui paient. Cette ' SWmme1 fut itèn tôt dissipée par ce prince , libéral jusqu'à U p^di^lité. 'Lbtiis | se disposant à* partir pou/ son comté de rfevers , demande au* Flamands tin subside voloutaire , qui 'ftfr'èst àbdbrBê 'par' forhie dé port gratuit. Il part. ; mais, pendant ' Son àbsénee , des collecteurs , nommes pour lever en yiâtfdre * des sommes co n s i dérabl e s quî étaient aues au roi de, ;FHrac#x$âr d'an çiett 'traités y soulèvent le -peuple paf leur» ~£oncttsj!ons> , et. mettent dans leurs intérêts les nobles en les niénàgeahjt.1 Dé retour1 «i4l Flandre , Vers la Purification i3a4^ \& comte parvient à i'étbtiffer Témeute. S'étant rénm en route $6i*r Nevers sur la'frVrdé jota suivant , il est rappelé bientôt eVfMandffe pàrïà sédition qui s'y renouvela avec la plus grand* foreur. De Courtrai, où il s'arrête, il fait des menaces qui ilë,sfervéHt utiVrendrë les rebelles plus audacieux Obligé de leut faire la èiierre , il èunit par divers supplices tous ceux qôl^on^erft* entre ses rhaîris. Le feu de la révolte , attisé par NitélaVZànequin dé Bruges et deux autres chefe, n'en devient gaë'^luiFWdfeHt: Une victoire, remportée par le comte et Jes* Gantais sur ceux de Bruges , amène une espèce de convention qui se fit vers le dimanche de la Passion de Tan 1^2 5 ; après quoi chacun sé retire. Mais , le 1 1 juin suivant , nouvelle émeute. Sfx députés des Brugeois étant venus à Courtrai bour attirer cette ville danis leur parti 4e comte les y fai t arrêter. Cinq mille hommes sont envoyés pour les délivrer* Jjç cotrite sé prépare à' soutenir*un siège , et commence à mettre le fëûf à un des fatrxboùrgs pour énipécher les ennemis de s'y loger. Mais les flammes srétant portées au-delà des murs et âè Aà Lys1 V font dans la ville un ravage qui met les bourgeois ~én fuTëuf? fromrrïês et femmes , armés de bâtons et de maillets, se jettent sur la noblesse quHfc croîm favorable au comte*
et en massacrent une grande partie. Louis veut s'échapper \ tt est pris avec six nobles qui l'accompagnaient et qu'on met à mort le lendemain en sa présence malgré les instantes prière» qu'il fait pour leur sauver la vie. Pour lui , on le met en prison jusqu'au lendemain rte juin , qu'il est livré aux Brugeois. Ceux-ci , maîtres de sa personne, l'emmènent lié ei.garoué »ur un petit cheval dans leur ville , où il reste prisonnier jus* qu'aux quatre tems de Noël suivant Les Gantais , s'étant armés pour la défense de- leur comte, battent les Brugeois et les obligent à s'humilier aux pieds de Louis après l'avoir relâché. Congrès d'Arqués près de Saint-Omer. La tpaix y «s*
4 l/an lôao, nouveau soulèvement u*s onigcu». * de Valois, roi de France, vient au secoure du comte avec mie florissante armée; Celle des rebelles , commandée p» Zanequin y s'était retranchée sur une hauteur près tfe CasseL Fiers de leur position , ih avaient placé à la tête de leur* retranchements une figure de coq avec ces mots : Quand ce coq chanté aura y le roi Cassel conquêtera*. Zanequin vient en plein jour à ta tête seize raille hommes pour surprendre fe camp des Franck, ou la veille il avait remarque de la négligence. Les Français , malgré la surprise se «défendent avec valeur: et Philippe , après un long et opiniâtre contât*
ci louie ia rianare se sournu a »u« w»-rvi«»« -r- — ; .
d'un grand nombre de rebelles» Le roi de France en se retirant dit au Comte : Soyez plus prudent et plus humain^ et vous âurez moins de rebellés. Mais Loufc , au Heu de suivre ce conseil t fie pensa qu'à Se venger des outrages que ses sujets lui avaient feits. Robert de Casse! meurt le 26 mai i33i. Il détail depuis teng^tems réconcilié avec le comte son neveu , contre lequel* avait aunaravantprotégé les rebelles. -I* *« « *W
■ L'an \ m , Louis acquiert de IVvéque de Liège b*eignetme de Marines et du comte de Gueldre l'avouerie de la même Seigneurie ; mais il s'engage par-la dans une guerre avec le duc de Brabant, qui avait des prétentions sur ce domaine. Le plus grand nombre des princes et seigneurs des Pays-Bas se rangent du côté de Louis ; et , ayant réuni leurs forces , ils entrent ;» mois de janvier i33/f , dans le Brabant, où ils trouvent le due si bien préparé à les recevoir , qu'ils n'osent lui présenter la bataille. La même année , les parties étant convenues d.uae %rève , choisissent le ror Philippe de Valois pour arbitre de Uws
différents. La vente de Malin os n'en était pas le seul objet, ils avaient chacun divers intérêts à démêler avec le duc de BrabanK Le monarque régla tout par son jugement rendu le 17 août dans la ville d'Amiens , excepté l'article de la vente de Mali nés qu'il retint sous sa garde jusqu'à un plus ample examen. Mais las d'attendre la décision de ce prince , le duc de Brabant et le comte de Flandre s'accordèrent , par traité du 3i mars i336 (v. st. ) , à posséder en commun la seigneurie de Mal mes , tomme en avaient joui les évêques de Liège. L'an f les Éfrugeois obligent leur comte à quitter la Flandre pour avoir fait trancher la tête a Siger de Courtrai * convaincu dm tel 1 i gence avec Edonard 111 , roi d'Angleterre , contre les intérêt 3e la France. Mais il y avait à Gand un homme plus dangereux
S<non moins ennemi que Siger de la France , qui, dès l'an 35 y s'était engagé à faire passer la Flandre sous la domination de l'Angleterre.' 'C'était Jacques Artevelle, doyen des brasseurs de bière. Irrité du supplice de Siger, il ne garde plus de mesures; et , après avoir disposé les Gantais à se révolter, il traite en leur nom avec le roi d'Angleterre. Le comte , de retour au mois d avril i338 , fait de. vains efforts pour détacher, ses sujets de cette alliance. L'avantage qu'ils s'en promettaient était tro$
de prendre les intérêts du comte fugitif , accorde aux Flamands divers privilèges relatifs à leur commerce. Il met, quelque tems après , le comble à ses faveurs en faisant passer en Flandre une grande quantité de laines d'Angleterre. Ce monarque avait ses vues d'intérêts dans ses libéralités. 11 faisait , dans le même tems , solliciter les villes de Flandre de s'allier avec lui contre la France. Mais un scrupule arrêtait les Flamands. C'élait la bromesse qn'ils avaient fcite par les derniers traités de reste* fidèles à la France. Pour lever cet obstacle, Artevelle suggéra au roi d'Angleterre de joindre au titre de roi de France » qu'il
Cnait dès Tan i3'6y (1), comme on l'a dit à son article, armoiries de cette puissance. Edouard , au commencement de l'an i34o, suit ce conseil, qui produisit l'effet
• • : . ^Jijïiû -i
(1) Nous avons dit ci-devant, d'après les modernes, qu'Edouard arbora les armés de France , accolées à celles d'Angleterre , en i33j. Mais Hocsem, chanoine de Liège et auteur, contemporain , atte>u, i a, c. &5 , que ce fut au wmm«owniWt il . % ,H
«ptfl désirait Les Flamands, réunis aux Anglais, pillent Aty mentières , et sont battus près de la Marquette. Siéee de Tournai formé par Edouard après avoir battu, le a3 juin, la flotte française qui l'attendait à l'Ecluse, Une trêve, ménagée par Jeanne de Valois , belle-mère d'Edouard et sœur du roi de France t suspend les hostilités entre les deux monarques (cette princesse était alors abbesse de Fontenelle près de.Yalenciennes. ) Lan i34a, le comte Louis est reçu en Flandre ; mais bientôt les tisserands l'obligent a se retirer. Artevelle étant venu trouver f l'an i345, Edouard à F Ecluse, ce prince lui propose d'engager les Flamands à déshériter le fils de leur comte et à reconnaître à sa place le prince de Galles pour l'héritier de la Flandre. Artevelle , à son retour à Gand , veut faire valoir la demande du roi d'Angleterre. Le peuple entre en fureur à cette proposition. On assiège ce scélérat dans sa maison que Ton force , et où il est mis à mort un dimanche , 17 juillet. ( Meier. ) Le roi d'Angleterre s'étant mis en colère à ce sujet , les Flamands l'apaisent en promettant de ne recevoir leur comte qu'à condition de reconnaître Edouard pour roi de France. ^ L'an i346, le comte Louis vend au duc de Brabant la seigneurie de Malines pour quatre-vingt-six mille cinq cents reaux d'or. (Butkens, pag. 434. ) H est tué , la même année , le août, à la fameuse bataille de Créci , en;Ppnthieu. Il avait célébré, l'an i3ao , le 32 juillet, son mariage avec Marguerite,fille du roi Philippe le Long, depuis comtesse d'Artois et de Bourgogne, princesse vertueuse , dont il eut le fils qui lui succéda. Marguerite mourut, le o, mai i3#2, et fut enterrée à Saint-Denis. ( Voyez Marguerite, comtesse de Bourgogne.) Le comte Louis I laissa neufs bâtards , tant mâles que femelles. |
LOUIS II , dit DE MALE.
i346. Louis II, dit de Male ou de Marle, lieu de si naissance , près de Bruges, né le 2S novembre i33o ( GénéaL Comit. Flandr. apud Marten. , tom. III , Anecd. pag. 435 ) , succéda, l'an i346, au comte Louis 1 , son père , à côté duquel il avait combattu à la journée de Créci. Etant revenu blesse en Flandre, il prit possession de ce comté au commencement de novembre , et reçut l'hommage de ses sujets le 7 novembre
1346. ( Ibid. ) 11 n'était pas encore marié. L'an 1347 , au mois de janvier, les Gantais le retiennent comme prisonnier, et le forcent de célébrer ses fiançailles avec Isabelle , fille du roi d'Angleterre , dans l'abbaye de Berg Saint-Vinoc , le 4 mars
1347. (ZMfc) H s'échappe le 28 du même mois, et passe en
France. Francis tuVnftltte' à Gond et dans lés àiftros villes de FfiHftf ^ japirèi^ stfn Wparf. ï 1 épotase ^ le t*c; juillet suivant y JVTÀ'it^iti'ttfi fïrfé "de Jean MI , duc de Brabant. ( Iôlâ. pag. 43^)^*1 ii3^*V comfe reptfsse en Flandre àf la prière 3é s«s stijWs: CongHs !dte Dufikerque , où;la paisse conclut entrer le^ojmtë "tet1 le Tbi^jd'AVi^leteCfë. L'acte en fét signé par ce irfoWr^ué dà^s la tour ile Londres, le- w décembre t'dfô. (I>tT Mont^Toth: ï, part, i' , pà£. ±fy:yTJàn i356 -j Louis entre en goe'rVé ^vèè Jeatirfe , (MCnesse* de Bt'abâ'nf, sa belle-stétir. le sdjrfde leur tttrWile était la seigneurie de Malmes que Louis I
; a^c^isé deréVe^iie rie Lrége, en 1333 , et qu'il avait en— st^té ce Jeé V ctimme 6n Ta1 'dit, â Jean' UI , dire de Bràbant.
i rfâisxonrme1 iFraifît réserve la faculté de rachat , son fils pré-< tenait l'exercer , et 1 avait ret>Hs Mttiines à la mort du duc Jean Mil Cette gdèrVë , <dorft les'sWcès lurent variés , finit par ^ jugement V/bitrjil dti comté de Hriinatit , prononcé le 3 juin
■i iSS^ff jugement <iûi a^rittlaMa1 dernière vente et adjugea Mnli nerf ai/ itbmtè de Flandre. (Vùp- Jeanne , duchèsse 4e BrabanL) Le juillet *!é la tn^mel érttiee, l^ouîs donne'Margiierirey sa fille uWfchte i'îig'ée Ùè fké'} <™ mariagefr Philippe de Hoâ-
; vrei'duc de Bourgogne. ^ 'Devenue veuvé y etr 1 36 1 , il la remaria „ Paitf ^369 ; à PMHpp>, le' Hardi , <kic de Bourgogne, fils dé Jean II , roi de : France. Edouard ili , roi d'Angleterre , avàît demandé la princesse pbtir le comte de Cambridge , sort fils. Mais, commé il fallait Une dispense a causé dé la parenté; le pape Urbain V',r tiar, les intrigues du roide France, urefus#
■t constamment, et fit par-là '^manquer V affaire. Les noces de
,< Philippe et de Marguerite se célébrèrent è Gand le 10, juin. Le
; roi Cnarles V , en considération de cette alliance», et pour acquitter des dettes et rentes contractées par la France envers les comtes de Flandre t c&le< Lille, Douai, Bé thune , Kesdin , Orchies et d'autres villes , au comte Louis avec deux cent mille écus d'or qu'il ltii fait compter , et comble de' présents la no-
j Hèsse de Flandre. ( Meier , fol. 1 63, vV) Charles , en achetant si^efcer la main dé Marguerite* -pour son frère, comptait par-lâ rendre la paix à la Flandre et l'attacher aux intérêt* de la France.
, L'événement tellétah&pÉV" ^ - u . ^
J*L'airr i3^7 , le 16 novembre, rupture des digues et grandé inondation qui submerge line partie de la ville de Bervliet et (tf^tept villages des envions. Ce désastre ne modère pas la {Mission de Louis pour les fêtes , les festins et les jeux. Pour suffire aux dépenses que ces vains amusements entraînaient , H s'avise de mettre des rmpAts extraordinaires sur ses sujets; le magistrat <Je Garni' s'y oppose, et un gantais ose lui dire en pLcin, XIII, 4^
marché que ses compatriotes sont résolus <fe ne plus contrjbiierà ses plaisirs. Un canal que Louis permet aux Brugeois de faire , achève de mettre en fureur les Gantais, Le soulèvement commença Tan 1H79. Ce fut la plus obstinée et la plus funeste de toutes les séditions des Flamands. On vit une seule ville soutenir pendant sept ans toutes les forces de la Flandre réunie* contre elle, liions ou Heinsius, chef des nau Cormiers, dcV pouilléde son emploi par le comte, se met à la téte des rebelles» qui prirent pour uniforme des chaperons blancs. Il meurt (il* poison , si 1 i s a nt le bruit public ) , la même année. Jean Pruoel , ouvrier en draps , lui succède , avec trois autres que les Gaulais lui joignirent. Vers la mi -octobre, siège d'Oudenarde formé
Sar les rebelles, et levé , le 3 décembre , par un accord que U uc dé Bourgogne ménagea entre eux et le comte. Prunel, irrité des mauvais traitements faits à .quelques nautonniers dans Oudenarde, par des nobles , pour venger le meurtre d'un de leurs .parents , rassemble cinq raille rebelles en chaperons blancs, et à leur tête, sans être, autorisé, par le magistrat, il va surprendre Oudenarde, au mois de février i38o. Douze jours après, Oudenarde est rendue, au com^e par le magistrat, et Prun/d , banni , expie bientôt après , par. ordre du comte, ion crime sur la roue : rotœ iuser4u$ dit Meier. D'autres factieux sont décapités à lpres. Ces exécutions occasionent un nouveau soulèvement, à la persuasion de Pierre du Bois et de cinq autres. Les nobles ayant à leur j^éte Louis Hasé , bâtard du comte s'arment contre les Gantais. Le comte apprenant que Bruges est disposée à se joindre aux Gantais , se rend en cotte ville , au mois d'avril, et y fait trancher la tête à .cinq cents séditieux. Cet acte de sévérité contie ut les Brugeois. Le 19 juin de la même année, la paix est faite ; mais elle est rompue le «S août suivant.Les hostilités recommencent avec une nouvel le fureur. Le comte remporte, le 27 du même mois, une grande victoire sur les rebelles , prèsdeDixmude. Après des succès variés, on fait ^ le 1 1 novembre, un nouveau traité de paix qui ne fut pas-mieux observé que le précédent. Tout était en combustion de nouveau, vers la (in de février i38i , par la faute des Brugeois, qui* secondés par les officiers du comte, avaient employé les voies de fait pour recouvrer les effets que les Gantais leur avaient enlevés quelque teins auparavant et vendus à l'encan. Le i3 mai, bataille de Nivelle , dont à peine échappèrent trois cents rebelles. Les comtes de Hainaut et de Hollande proposent un accommodement ; mais on ne peut s'accorder sur les conditions. Pierre du Bois , voyant les Gantais mécontents de leurs chefs , les engage à mettre à leur tetc , le 24 jauv.ier i3ô2 , Philippe Arie-*
COMTES DE FLATTORE. 33^
Telle. Ce nouveau tribun se dislingue en plusieurs* combats ou
rencontres. '
Cependant la famine avait réduit la ville de Gand à l'extrémité. Congrès dé Tournai , ménagé par la duchesse de Brabant , l'ëvêquc de Liège et le comte de Hainaut. 11 ^e tient le i3 avril. I>e' député du comte Louis exige cpie les Gantais se rendent à discrétion. Artevelle, qui n'espérait point de pardon pour lui , détermine les Gantais à mourir plutôt les armes à la main. Kalaitte de Beverhôlt , près de Bruges , livrée par le comte à 1* demande des Brugebis. Battu et mis en déroute, il se sauve dans la cabane d'une pauvre femme , où , caché dans le tit descs enfants , il a le bonheur d'échapper aux recherches de ceux qui le poursuivent. Son palais et la ville sont brûlés, tous les Brugcois qui refusent de se ranger sous les drapeaux (les vainqueurs, passés au fil de Pépée. Artevelle prend alors te titre de régent de Flandre. Pressé néanmoins par ses amis , il fait supplier le roi Chafrles VI , de se rendre médiateur pour la paix. Loin d'admettre sa demande , le roi se met en route , à la téte de sa principale noblesse , pour aller au secours du
; comte, de Flandre. Bataille de Rosbecque , entre Lille et Douai ,
* donnée le 27 novembre. Les Français la gagnent , et Artevelle est trouvé parmi lès morts , dont le nombre allait au-delà de vihçt mille. Tout l'honneur de cette journée fut pour le roi, et l avantage pour le duc de Bourgogne' qui l'accompagnait. Les partisans d'Artevelle lui donnent pour successeur François Agrirola , nommé en flamand Ackerman. ( Meier. }
L'an 136*3 , les Anglais , appelés par les Gantais , arrivent en corps d'armée en Flandre, vers le mois d'avril , sous la conduite
, de l'évêque de Nortwick , établi chef de la croisade , publiée par Urbain contre les partisans de Clément VIL Fiers de ce renfort, lés Gantais se proposent d'aller brûler la tlotte que le roi de France équipait pour tenter une descente en Angleterre.
. Le complo t étant découvert, le duc de Bourgogne s autorise de cette perfidie, pour achever la ruine des rebelles. L'évêque de Nortwick, harcelé avec son armée fanatique , se trouve tort heureux d'obtenir une trêve d'un an. Le comte Louis n'en vit p» îa fin. L'an i384, le 6 janvier, Jean, duc de Berri , et comte de Boulogne , par sa femme , ayant pris querelle avec lui, a Saint -Orner, pour l'hommage de Boulogne que ce dernier exigeait, en qualité de comte d'Artois, lui porte à la poitrine tin coup de poignard , dont il meurt trois jours après. C'est ainsi que Meier raconte la mort du comte Louis , d!après quelques chroniques du xv4. Mais Froissart , auteur contemporain , nous donne cet événement comme reffet d'une
34o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
maladie naturelle. Il est certain d'ailleurs, que Jean, due de Berri , n'épousa qu'en i<3ttt) Jeanne, fille et héritière de Jean 11, comte d'Auvergne et de Boulogne (1). Le comte Louis fut inhumé à Saint-Pierre de Lille , auprès de son épouse » morte en i/tôtt. Lc,du<: Philippe le Bon , son arrière-petit fils, lui fit ériger, en i455, le mausolée qn'on voit aujourd'hui à Lille , dans la chapt* lie de N. D. de la Treille. Ce prince ne bissa qu'une fille légitime , qui suit , mariée , comme on l'adit * iQ% à Philippe de .Rouvre, duc de Bourgogne, mort en i36iç?°ià Philippe le Hardi. Mais Louis eut beaucoup d'enfants naturels, dont les principaux. sont Louis , dit leHazé , lequel , après avoir servi le roi de France dans les guerres de Flandre , accompagna le comte de Nevers en Hopgrie, fut fait prisonnier avec lui , à la bataille de NicopoUt et donna pour sa rançon , suivant Locrios , au sultan Mahomet r une pièce de tapisserie de haute - lisse île la manufacture d'Arras; d antres disent qu'ils fut tué à cette bataille ; un autre Louis, tige des seigneurs de Praet ; Jean, dit Sans-terre, tige des seigneurs de Drinckan ; • et Victor d'Ursell^ .chevalier très -'renommé» L'indolence , la prodigalité, les débauches et l'imprudence de Louis <ie Maie y furent les causes de ses malheurs. Comte de Flandre , de devers, de Béthel, d'Artois et de Bourgogne , il lut Tuât des plus puissants princes de l'Europe ; et faute de savoir gou veiner ces vastes domaines, il fut l'un des plus faibles et des plus méprisés* line manquait pas néanmoins de sens , ni. même d'un certain amour pour le lion ordre. 11 fut l'instituteur de X Audience de Flandre , créée pour informer des malversations commises par les officiers des juridictions inférieures. La neutralité qu'il eut soin de garder entre la France et l'Angleterre , malgré les mauvais procédés de cette dernière puissance à son égard, fat la source de l'opulence ès flamands. Ce fut sous sous son règne que furent frappées les premières monnaies d'or en Flandre.
MARGUEBITE et PHILIPPE LE HARDI.
i384. Marguerite , fille du comte Louis de Male et femme /de Philippe le Hardi , duc de Bourgogne, née en avril
(1) D'autres disent , avec aussi peu de vraisemblance , que « ^ Jean II, comte d'Auvergne et de Boulogne, beau-père du <h»c& Berri, qui, ayant pris querelle avec le comte de Flandre au sujet « V hommage de Boulogne, le poussa contre la muraille avec tant « violence, qu'il lui froissa le corps , ce qui fut cause de sa mort.
succède à son père dans les états de Flandre. Elle est inaugurée a Bruges avec 6on époux, le 26 avril. Les Gantais persévèrent dans leur revoit e , toujours soutenus par l'Angleterre. Le 2$ mai delà m£me année, un mercredi , fête de Saint-Urbain , Arnoul, sieur Descornais , reprend sur les Gantais , après un rude combat , la ville de Oudenarde , que François Ackerman , leur capitaine , avait prise de nuit et d'emblée, le 17 septembre de l'année précédente. Furieux de cette perte , le peuple de Gand ne garde plus de mesures. Au mois de juillet , il met en pièces le seigneur d'Uerselle , accusé par Ackerman d'avoir travaillé à faire chasser les tisserands de la ville. 11 crée, dans le mois de juillet , un nouveau capitaine dans la personne de Baudouin f dît le Riche (en flamand de RLscke), grand ennemi de la no*blesse, Baudouin Lui-même choisit de nouveaux magistrats , et traîne en prison les anciens , qu'il oblige à racheter leur liberté par de fortes rançons. Mais ayant manqué une expédition sur Oudenarde , il est cassé de son office et Ackerman rétabli avant le i| octobre. Vers , le commencement de janvier 1 385 , on vit arriver d'Angleterre en Flandre un chevalier expérimenté f nommé par le Roi ftichàrd II pour commander les Gantais et leurs confédérés , de concert avec Ackerman* Le duc Philippe, voulant affamer Gand , prend différentes mesures pour lui couper les vivres; Les habitants des villes voisines font des courses jusqu'à, ses portes , au mépris de la trêve , et la noblesse se signale dans ces actes d'hostilité. Mais les Gantais, appuyés des Anglais , ne laissèrent pas de remporter divers avantages, dont le plus remarquable, qui est du 17 juillet, fut la prise de Damme, où l'on fit un butin considérable. ï.e roi Charles VI , apprenant les progrès de là rébellion des Gantais, et les secours qu'ils recevaient des Anglais, fait une nouvelle descente en Flandre, à la t<éte de quatre.- vingt Bulle hommes , ou de cent mille , suivant Meier. Après avoir repris Damme , le 3o août , au bout d'un siège de six semaines , il se porte dans le pays des quatre offices ou métiers , qu'il ravage. S'étant approché de Gand , il menace d'en fcirc le siège ; mais il ne le fit pas, et Meicr l'assure positivement. Sachant , dit-il , que la ville était approvisionnée pour six mois , et voyant la mauvaise saison approcher, le monarque ramena son armée en France.
1-e duc Philippe , touché de compassion pour la malheureuse ville de Gand, cherche à la ramener au parti de la soumission pr les voies de douceur» 11 emploie à cet effet le chevalier Jean Hcila, personnage également agréable au peuple et à la noblesse. Gagnés par ses insinuations , les Gantais commencent à prendre
Digmz
des sentiments plus modérés. Enfin, le 1 8 décembre de larrrêm* année i385 , leurs députés signèrent à Tournai un traité dé Mr avec Marguerite, son éooux et le roi de France, la Flandre, par la sage conduite de Philippe, demeura tranquille jusqn^isi mort, arrivée à Hall le 27 avril 1404. (D. Plancher; Meier Wt le 26 avril. ) Marguerite le suivit ail tombeau le 16 mars dë4W i4o5 , à l'âge de cinquante-cinq ans. EHe mourut subitement ï Arras, et fut enterrée à Saint-Pierre de Lille: Philippe est \t seul comte de Flandre qui ait pris lé titre de pair âeFranâè^ qu'on lit sot son sceau dans un diplôme de i3#7. Ce titre ap-2 partenait à Philippe, èt en qualité dé comte de Flandre, etSétf qualité de duc de Bourgogne. Ce prince avait établi , le 5 février i385, à Lille, une chambre des comptes sur le modèle de celle de France. Pour mettre plus d'ordre dans ce tribunal , il ^ fit entrer des hommes experts et versés dans la pratique, qu'il avait tirés des chambres des comptes de Paris et de Dijon. ( roy. Pfet* lippe le Hardi , duc de Bourgogne. )
On a ci - devant attribué , d'après' Fopimori unanime des modernes, l'invention de la peinture à l'huile à Jean Van-Eyk, connu sous le nom de Jean de Bruges y parcé qu'il étah deeeUe ville. Ce peintre, qui vivait au commencement du XYC. siècle, présenta, dit-* on , le premier tableau peint de cette fa#m I Alfonse, roi de Naples. Antonello de Messine ayant appris 1er secret de Jean de Bruges, le communiqua' aux Italiens. Mats 5c£ secret merveilleux, auquel nous sommes redevables de la conservation de tant de chefs-d'œuvres , était connu des Allemands long-tems auparavant ç car on a trouvé y il y a quelques années^ plusieurs tableaux plus anciens «que Van-Eyk , peints à ll«huile sur bois, dans un monastère de Bohême. Ils font partie de la superbe collection que sa majesté impériale a rassemblée au palais de Belvédère à Vienne , et l'on en distingue un particulièrement qui porte cette inscription iGemait in otl oder a* Thomas von Mutina' oder von Muttersdorff in Boehmen, c'est-à-dire , peint à l'huile par Thomas de Mutina ou de Mvtti*** dorff en Bohême, 1297/. ( Cette note est tirée du torn. Hl» pag. 63, 65 de Y Essai sur l'histoire de Vordre Teulomque, p& un chevalier de l'ordre. ) (M. le baron de Wal,)"i | < «••' î"-"'
JEAN , dit SANS PEUR.
i4o5. Jean, duc de Bourgogne, fds arrié re Philippe Hardi et de Marguerite, reconnu comte de Flandre après leur mort , fut inauguré à Gand, le 21 avril 1406. Les Anetais, sam lui avoir déclaré la guerre-, font une descente en Flandre, la
mai , assiègent l'Ecluse, et cinq jours après regagnent avec précipitation leurs vaisseaux. L'an 1408, le duc marche au secours de Jean de Bavière , évéque de Liège, à qui les Liégeois refusaient d'obéir, parce qu'il ne voulait point, disaient-ils, se taire ordonner. Il remporte sur eux une victoire signalée, ie »S septembre.. L'an i4*9» il est massacré , le 10 septembre, a Montereau. Ce prince* avait épousé, comme. on Ta dit à son article parmi les ducs de Bourgogne, Marguerite, fille d'Albert de Bavière, comte de Hollande et de Hainaut, le 9 avril i385, et le même jour Guillaume, fils du* même Albert, avait épousé iVI arguer i te 9 fille de Philippe le Hardi : double mariage qui fut célébré à .Cambrai par l'évéque de cette ville, en présence du roi Charles VI. On vit en cette, occasion , chose rare, dit Meier, deux épouses du nom de Marguerite, accompagnées, de deux autres Marguerites, leurs mères* {Voy. Jean-sans-Peur , duc de Bourgogne*) >tl ^ . .t
PHILIPPE III , wt LE BON, souverain des Pays-Bas.
1419. Philippe UI* dit le Bon, comte? de CharoUis , succède au comté de «Flandre- f ainsi qu'aux autres états de Juan ,. son père. Il était à Gand lorsqu'il apprit le meurtre de ce' prince. Aussitôt il prit la résolution d en tirer vengeance ; et se tournant du côté ,des seigneurs qui étaient en assez grand nombre auprès de lui , me» amis r leuc dit-ril, il faut m 'aider à pqnir le meurtrier dé mon père. Puis, étant passé dans l'apparie^ ment de sa femme, il lui dit : Madame Michcllt, votre frère, Cie Dauphin) a tué mon père. Mais la haine qu'il éonçut pour, hs frère ne passa pas jusqu'à la sœur; car ils vécurent dans une tendre union jusqu'à la mort de cette princesse , qui arriva le b* juillet i4^a. Philippe fit célébrer les obsèques du. duc Jean dans l'église de Saint-Waast d'Arras, où assistèrent cinq évêques et vingt quatre abbés. Le P. Fleur, dominicain , chargé de faire l'oraison funèbre, ayant pris pour texte ces paroles de l'écriture , JLaisse-moi ta vengeance et je te rendrai Justice, usa de toute la liberté que lui donnait son ministère, pour engager Philippe à faire le sacrifice de son ressentiment. Mais la plaie était trop récente et trop profonde pour se fermer si promplement. Les courtisans qui environnaient ce prince, et qui avaient d'autres maximes que l'orateur , fortifièrent sa première, résolution. Ce qui l'y affermit encore davantage , ce furent les dispositions qu'il trouva du côté de la cour et du royaume de France pour l'exécuter. Le roi , par faiblesse d'espnt, la reine par ressentiment personnel , se déclarèrent hau-