‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 139 sur 296 · COMTES DE VALOIS · texte numérisé non relu

COMTES DE VALOIS

L’an 1240, le roi saint Louis accorda le Valois à la reine Blanche , sa mère, pour en jouir sa vie durant. Cette seigneurie comprenait alors les domaines de Crépi, de la Ferté-Milon , de Villiers-Cotterets avec sa forêt, de Viviers et de Pierrefonds avec ses dépendances. La charte de concession , qui est conservée aux archives de Valois, porte , cnlr’autres choses , que Blanche aura la liberté d'aliéner en œuvres pies ou autrement, la somme de huit cents livres parisis , afin de la dédommager de la portion de son douaire , qui avait élé donnée en apanage; au prince

Robert , comie d’Artois. Blancbc posséda le Valois l’espace de treize ans , jusqu’à sa mort, arrive'c le premier décembre i 252. Ce fut l’époque d’une nouvelle réunion du Valois à la couronne.

L’an 1268 ( V. S. ) Jean Tristan, comte de Nevers, quatrième fils de saint Louis, fut investi du comte' de Valois, par lettres date'es du mois de mars, pour en jouir comme avait fait la reine Blanche , mais à charge de re'version à la couronne, faute d’hoirs mâles issus de lui. Le cas af^iva quinze mois après, Tristan étant mort sans enfants, le 3 août 1270 , devant Tunis. ( Troj. Yolande, comtesse de Nevers. )

L’an 1285 (N. S. ) , le roi Philippe le Hardi rassembla les quatre châtellenies de Cre'pi , de la Ferte'-Milon , de Pierrefonds, de Be'tisi-Verberie , avec leurs domaines, en un corps sous le titre de comté de Valois, dont il fit l’apanage de Charles, son deuxième fils, par lettres datées du mercredi avant la raicarême ( 28 février ) de l’an 1284. (V. S.) La condition du retour de ces fiefs à la couronne , les mâles descendant de lui venant à manquer , n’est pas oubliée dans ces lettres. Lejeune prince avait alors quatorze ans, étant né à la mi-carêine (12 mars ) de l’an 1270 ( V. S. ). Le pape Martin IV, irrité contre Pierre d’Aragon, avait donné , l’an 12.83, les états de ce prince au roi de France , pour en investir celui qu’il voudrait de ses fils. Le choix du mouarque tombe sur Charles , qui est déclare’ solennellement roi d’Aragon et de Valence, et comte de Barcelone, au commencement de l’an 1284. L’année suivante, il accompagna le roi , son père , dans son expédition de Roussillon. Le mauvais succès qu’elle eut, et l’impuissance où l’on se trouva en France d’en tenter une nouvelle , déterminèrent enfin Charles à transporter ses droits sur l’Aragon à Charles le Boiteux , roi de Sicile. Nangis met ce transport en 1200 ; mais Charles prend encore le litre de roi d’Aragon et de Valence , dans un acte de 1292 , par lequel il nomme Eustachc de Couflans, gouverneur de Navarre , pour recevoir en son nom les hommages des grands et des villes d’Aragon , de Valence et du comté de Barcelone , et leur garantir la conservation de leurs privilèges. ( Invent, des chartes , T. XIV , p. 322. ) On trouve d’autres lettres de 1293 , où ce même Charles prend encore le titre de , roi d’Aragon. ( Ibid. p. 3s3. ) Mais rien ne décide mieux cette difficulté que l’acte par lequel les ambassadeurs du roi Philippe Je Bel et ceux du Comte de Valois , au nom de leurs maîtres, renoncent purement et simplement, entre les mains du pape, aux droits que ces deux princes pouvaient avoir sur les royaumes d’Aragon- et de Valence , ainsi que sur le comté de Barcelone, pourvu que le roi d’Aragon exécute fidèlement le traité de paùt

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