DES COMTES PUIS DÜCS DE VALOIS
Êiû avec eux et le roi de Sicile. Cet acte , de même que le traite dont il fait mention, est de l’an 1295. ( 'Trésor des chart. , Aragon , lavette /, n° 19. ) Le comte de Valois ne fut point alors re'duit à son apanage. Marguerite , fille de Charles le Boiteux, en lqi donnant sa main, le 1 6 août 1 290 , lui avait apporte les comtés d’Anjou et du Maine , qui furent érigés en pairie, l’an 1297 , par le roi Philippe le Bel. L’an 1296, étant aile' commander en Guienne contre les Anglais , qui étaient rentrés dans cette province , ot en avaient reconquis une grande partie, il commença par faim pendre , sur un simple soupçon d’infidélité , cinquante Gascons à la vue de la Re'ole. Ce spectacle répandit la terreur dans la ville : on s’y défendit faiblement Elle fut reprise avec quelques autres places , et le comte de Valois se sut gré de sa sévérité. Mais à peine eut-il quitté la province , que toutes ces places rappelèrent les Anglais. Charles passe, l’an 1297, eu Italie , à la prière du pape , qui, l’ayant fait général de ses troupes , l’envoie en Toscane pour dissiper les factions qui mettaient ce pays eu combustion. Les progrès qu’il y fit ne furent que médiocres. Rappelé par le pape , il passa en Sicile , où d’abord il répandit la terreur. Mais Frédéric d’Aragon ayant trouvé moyen de ruiner l’armée française sans combattre , obligea Charles à s’en retourner après avoirfait avec lui uq traité, qui laissait au premier la jouissance de la Sicile sa vie durant.
L’an 1299, le roi Philippe le Bel ayant recommencé la guerre contre la Flandre, Charles, sou oncle, entra dans ce pays à la tête de l’armée française. Le succès de ses armes fut tel , (ju’en d(mx campagnes il obligea le comte de Flandre , Gui de Dampierre , à se remettre lui et ses étals à la discrétion du roi de France. Charles amena le comte avec ses deux fils en triomphe à Paris , et les fit présenter au roi par le comte de Savoie. Mais il eut le désagrément de voir le traité d’accommodement qu’il avait fait avec Gui de Dampierre, désavoué par le monarque , qui , loin d’y avoir égard , envoya le comte de Flandre en prison.
L’an 1 5o2 , au mois de juin, Charles part avec Catherine Courtenai , sa deuxième épouse , accompagné de cinq cents chevaliers , pour aller au secours du pape Boniface et de Charles II, roi de Sicile. Il est reçu par le premier dans la ville d’Anagni avec les honneurs dûs à sa naissance , reconnu pour empereur d’Orient , avec la concession d’une décime extraordinaire sur tous les biens ecclésiastiques de France , d’Angleterre , d’italifc , de Sicile , de Sardaigne , de Corse , de la principauté d’Achaïe , du duché d’Athènes et des îles voisines ; créé . défenseur de l’église et pacificateur de la Toscane. Eu vertu do
ce dernier titre, il se rend au mois d’octobre à Florence, pour mettre la paix entre les citoyens de cette ville , divises en deux factions , sous les noms de Blancs et de Noirs. Après y avoir séjourné avec peu de succès jusqu’à la fin de février de l’année suivante, il va joindre à Rome le roi Charles , qui l’y attendait pour l’emmener à Naples , afin de commencer la guerre contre Ferdinand d’Aragon. Ce dernier abandonne les conquêtes qu’il avait faites en Fouille et en Calabre , au seul bruit de l’arrive'e du comte , qui le poursuit çn Sicile avec une armée navale de deux cents vaisseaux. Ayant mis ses troupes à terre, il emporte quelques places de cette ile, et demeure maître de la campagne. Mais les maladies et la famine s’élant mises dans son armée , il est obligé d’accepter la paixqni lui est offerte par Ferdinand, quoique désavantageuse à sa gloire et à la réputation de ses armes. 11 était de retour à Sens le 24 mars i5o4(N. S.), comme le prouve un tfaité de mariage qu’il y conclut ce jourlà avec Robert II, duc de Bourgogne, entre Philippe, fils aîné de ce dernier, et Jeanne , fille du comte : traité qui n’eut point lieu par la mort de la jeune princesse. S’étant rendu , l’an i3o5 , à Lyon , il assista, le 14 novembre, au couronnement du pape Clément V. Dans la cavalcade qui se fit à cette cérémonie, il fut un des princes qui servirent d’écuyers au pape. On sait l’accident funeste qui convertit cette fête en un jour de deuil. Le même mur qui en tombant écrasa le duc de Bretagne , le frère du pape, avec plusieurs gentilshommes , blessa dangereusement le comte de Valois. ( Voy. Clément V. ) Charles apaisa , par sa prudence, l’an i5i5, le soulèvement d’une partie de la noblesse contre le nouveau roi Louis Hutin, son neveu; ce fut en la rétablissant, au nom du monarque , dans les mêmes prérogatives dont elle jouissait sous le règne de saint Louis, qu’il parvint à la faire rentrer dans le devoir. Enguerand , sire de Marigni , surintendant des finances, que l’on regardait comme l’auteur des exactions et de l’altération des monnaies , qui s’étaient faites sous le règne précédent , fut la victime de cet accommodement. Charles se porta d’autant plus volontiers à sacrifier ce ministre au ressentiment du public , qu’il était irrité personnellement contre lui , pour une parole insolente qu’Enguerand lui avait dite , en plein conseil , dans un emportement de colère. Enguerand fut arrêté, on lui fit son procès, et saus vouloir l’entendre dans sa défense, saus même lui avoir communiqué les chefs d’accusation allégués contre lui , on le condamna , malgré sa qualité de gentilhomme et de chevalier , à être pendu. Le roi , que Charles , sou oncle, avait forcé d’acquiescer à ce jugement irrégulier , ne tarda pas à s’en repentir. Il fit détacher le corps d’Enguerand des fourches de Montfaucon , que ce mi-