DES COMTES PUIS DUCS DE VALOIS
nîstre avait lui-même érigées , réhabilita sa mémoire , et laissa par son testament dix mille livres à ses enfants, pour la grande infortune qui leur advint de la condemnation de leur père . L’an 1524 , charge' du commandement de farinée que le roi Charles le Bel envoyait en Guienne , le comte de Valois soumit, en moins d’une campagne, toutes les places de cette province , à k l'exception de Bordeaux, de Saint-Sevep-Cap , et de Bayonne , obligea les Anglais à demander une trêve, et revint triomphant à Paris, vers le commencement d’octobre. Ce fut sa dernière expédition : il tomba , l’anne'e suivante, dans une maladie de langueur qui le conduisit la même anne'e au tombeau, le 16 décembre, suivant le registre Noster du parlement. Dans les derniers moments de sa vie, le supplice d’Enguerand lui revint dans l’esprit, et fut le sien propre par les justes et cuisants remords qu’il lui causa. Pour les calmer , il chargea un de ses officiers d’aller par les rues, une bourse à la main, criant à chaque pauvre, en lui faisant l’aumône : Priez pour monsieur Enguerand et pour Charles de Valois. Ainsi mourut ce prince , fils de roi^, oncle de trois rois, gendre de roi, père de roi; élu roi d’Aragon , et tige d’une postérité de treize rois conse'cuXifs , qui ont gouverné la France pendant deux cent soixante ans. Son corps fut inhumé aux Jacobins de Paris , et son cœur aux Cordeliers. Il avait épouse' i°, comme on l’a dit, Marguerite d’Anjou* morte le 3i décembre 1299 , etenterre'e aux Jacobins de Paris; 2% l’an i5oi,
( V. S. ), Catherine , fille et héritière de Philippe de Courtenai, empereur titulaire de Constantinople, décédée le 2 janvier i3o8 (N. S.) ; 3°, dans le mois de juin suivant, Mahaut , fille de Gui de Châtillon , comte de Saint-Pol, morte le 3 octobre i358. Du premier lit il laissa Philippe, qui suit; Charles , comte d’Alençon; Isabelle, femme de Jean 111, duc de Bretagne; Jeanne, mariée a Guillaume le Bon , comte de Hainaut et de Hollande, après la mort duquel elle se fit religieuse à Foutenelles ; Marguerite , alliée à Gui de Châtillon 1er , comte de Blois. Du second lit vinrent Jean, comte de Chartres, mort jeune ; Catherine , mariée, le 3o juillet i3i3, à Philippe de Sicile , prince de Tarente , morte à Naples en octobre 1346 ; Jeanne, femme du fameux Robert d’Artois , comte de Beaumontle-Roger, morte le 9 juillet i363; Isabelle , abbesse de Fontevraut, décédée le 11 novembre 1349. troisième lit sortirent, entr’autres enfants, Isabelle, mariée le 25 janvier 1 357 (N. S.), à Pierre ICP, duc de Bourbon; et Blanche, femme de l’empereur Charles IV., y
i325. 'Philippe Ier, fils aîné de Charles de Valois , né, 1293, comte de Chartres , et non d’Alençon 9 succéda à son
ao8 chronologie historique
pcre dans le comtrf de Valois. Il prit pour armes l’e'cu semé de France à la bordure de gueules , tel que sou père le portait. Le roi Charles le Bel étant mort le premier feVrier i3^8, sans enfants mâles, mais laissant la reine Jeanne enceinte , Philippe, comme l’héritier présomptif de la couronne , fut déclaré régent du royaume jusqu’au tems où les couches de la reine auraieut fait connaître le sexe de l’enfant qu’elle portait dans son sein. Jeanne au bout de deux mois accoucha d’une fille : Philippe alors, par le suffrage de la nation, fut élevé sur le trône. En vain Edouard III, roi d’Angleterre , le revendiqua-t-il, comme neveu, par sa mère Isabelle, du roi défunt, dont Philippe n’était que le cousin ; en vain allégua-t-il que la loi qui exclut du trône les femmes en France , ne le regardait pas. Sa prétention fut rejetée , parce que la proximité dont il se prévalait ne lui venait que d’une femme, laquelle par son sexe n’avait aucun droit à la chose. Edouard dissimula le chagrin que ce refus lui causa, se réservant à le faire éclater dans une conjoncture plus favorable. II ne tarda pas beaucoup à la trouver. Et telle est l’origine des guerres tant civiles qu étrangères qui désolèrent la France pendant près de deux siècles. Philippe commença de régner le 2, avril, et fut couronné, le 29 mai suivant (jour de la Trinité) , à Reims, par l’archevêque Guillaume de Trie. Ce prince garda le Valois étant sur le trône, et s’en faisait rendre tous les ans un compte particulier. ( Voy. Philippe de Valois, - roi de France . )
i344- Philippe II, cinquième ( et non quatrième fils) du roi Philippe de Valois, né à Vincennes, le premier juillet i536, reçut en apanage , par lettres datées de Maubuisson , le 16 avril 1544, le cointé de Valois avec le duché d’Orléans, pourles tenir en pairies, et obtint dans la suite quantité d’autres domaines $ tant de la reine sa mère , dont il était spécialement chéri , quiî du roi son père. Ce monarque, l’an i35o, étant au lit de la mort, renouvela se3 dispositions. Le jeune Philippe combattit, en i556 , à la funeste journée de Poitiers , et fut, l’an i36o, un des otages donnés aux Anglais pour assurer la rançon du roi Jean. L’an i366, le roi Charles V, considérant que i’opuleuo!
. excessive du duc son oncle, tournait au détriment’ de l’état, s’occupa sérieusement 'des moyens de la réformer. Le duc, su;r •la première proposition qu’il lui fit, d’après l’avis de son conseil , de se démettre d’une partie de ses domaines, se montra fort éloigné d’y acquiescer; mais, vaincu ensuite par les repré« sentations de ses parents et de ses amis , il consentit à remettra • tous ses apanages et autres biens au roi son neveu, pour lui en faire telle part qu’il jugerait à pnqpos. Eu conséquence on fit, eu
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plein conseil à Paris , dans le mois de janvier i366 ( V. S. ) , un traile par lequel , après avoir reçu sa démission totale , le roi lui accorda , outre le duché' d’Orle'ans et le comte' de Valois, les châteaux et châtellenies de Lorris, Montargis, Bois-Commun, Yevre, avec les autres lieux et terres plus prochaines ,jusques à la perfection de six mille livrées de terra. ( Rec. de l’abbé de Camps , vol. 2, p. 383.) Le duc Philippe lit un nouveau sacrifice en autorisant, par acte du 27 janvier 1367 (V. S.), sa femme Blanche , fille posthume du roi Charles le Bel , qu’il avait e'pouse'e l’an i345(N. S. ) , à ce'dcr à la couronne les châteaux et châtellenies de Couloumiers , de Cre'ci et de Crevecœur , avec les droits et actions qu’elle pouvait avoir sur le Bigorre,' et géne'ralement tout ce qui pouvait lui appartenir , tant du côté et ligne du roy Charles , son père , comme par la mère d’icehty roy Charles ; ce qu’elle exécuta par acte du 3 juillet 1371. Ç Rec. de Fabbè de Camps , T. 111 , p. 137. ) Philippe mourut saus enfants légitimes , le premier septembre de l’an 1375. Sa femme conserva le Valois jusqu’à sa mort, arrivée le 8 février 1392 ( N. 5. ).
i3g2. Louis Ier d’Orléans - Vaujis, deuxième fils du roi Charles V, né à Paris le samedi i5 mars de l’an 1572 (N. S.), reçut en naissant le titre de comte de Valois ; mais il n’entra eu jouissance de ce comté qu’après la mort de Blanche de France. Le roi Charles VI, son frère, par lettres datées de Lille en Flandre , au mois de novembre i386 , lui donna en apanage le duché de Touraine, qu’il échangea avec lui, en i5g2, pour celui d’Orléans. Louis épousa , le 27 janvier i5go (N. S. ) , à Melun , Vale^tine , fille de Jean Galéas Visconti IL1 , duc de Milan, et d’Elisabeth de France. La princesse lui apporta en dot la ville d’Asti, avec cent mille florins d’or, suivant le Corio. Par le contrat de mariage , il fut stipulé qu’au défaut de la postérité mâle des Visconti , Valentiae et ses enfants succéderaient au duché de Milan. Ce contrat , dix ans après le mariage , fut confirmé par le pape, le siège impérial étant vacant. C’était eu effet à l’empereur qu’apparleuait cette confirmation; mais les papes prétendaient que l’autorité impériale leur était dévolue peudant la vacance de l’empire. On verra les guerres qu’occasionna la clause dont on vient deparler, sous les rois Charles VIII, Louis XII, et François Ier. Le comte-duc Louis acheta, de Gui deCliâtillon, le comté de Blois. L’an 1400, il acquit de Marie de Couci, par contrat du i5 novembre , la sireric de Couci avec ses dépendances. Quatre ans après, il acheta la part que celte dame avait au comté de Soissons. L’an 1406 , le roi Charles VI , par ses lettres du mois de juillet, éleva le comté do Valois à la
dignité de duclie'-pairie. L01113 par là se vit possesseur de deux duchés; mais le titre de duc d’Orléans est celui sous lequel il est le plus connu. Ce prince avait cependant en tête une maison qu’il eût e'te' de son inte'rèt de me'nager , et qu’il crut, pour son malheur, inconside'ré comme il était, pouvoir braver impunément. Nous voulons parler de celle de Bourgogne. Ce fut l’an 1401 > que commencèrent à éclater leurs funestes divisions. La jalousie les enfanta , le prétexte du bien public les entretint, la dissimulation les suspendit pour un tems , la fureur les porta enfin aux derniers excès, Le duc d’Orléans , pendant la maladie du roi, son frère, s’était fait donner, l’an 1402, l’administration des finances , et au moyen de cette partie , Bientôt il parvint au gouvernement absolu de l’état. Les impositions exorbitantes qu’il établit , la dureté avec laquelle on les leva , l’abus qu’en firent ses créatures, excitèrent un murmure universel. Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, prit le parti du peuple , et servit sa propre ambition en feignant de vouloir le tirer de l’oppression. Rival déclaré du duc d’Orléans, il réussit à le supplanter. Louis , furieux de se voir dépossédé de l’administration du royaume, s’en prend à tout ce qui regarde directement ou indirectement le duc de Bourgogne. Celui-ci est à son tour dépouillé par la reine Isabeau , qui , voyant la facilité qu’il y avait de régner, se fil remettre toute l’autorité , pour assurer, disait-elle , à son fils aîné la royauté, au cas que son époux vint à manquer.
Philippe le Hardi mourut l’an i4o4, laissant Jean , son fils, héritier de ses vastes états et de son ambition. Le duc d’Orléans gouvernait sous le nom de la reine, avec laquelle il vivait dans un commerce plus que suspect. Contraint de céder une part dans l’administration au nouveau duc de Bourgogne , devenu beau-père du dauphin, qui avait épousé sa fille, il augmenta leur rivalité , en lui cédant de son crédit. Jean-sans-Peur ( c’est ainsi qu’on nomma le Bourguignon ) se servit de son autorité pour se faire l’homme du peuple , en s’opposant aux nouvelles taxes que la guerre future avec les Anglais donnait occasion ou
firétexte de mettre sur le peuple. Cette apparence de zèle pour e bien public en imposa facilement au peuple : Jean devint son idole. Le duc d’Orléans , pour sc maintenir . resserra les noeuds qui l’attachaient à la reine. Voyant le duc de Bourgogne maitre dans Paris, ils se concertent pour faire enlever le dauphin et l’amener à Melun , où ils s’étaient retirés. Les mesures étaient mal prises. Le duc de Bourgogne joint l’héritier du trône à Juvisi, et le ramène dans la capitale. Tout se dispose à une guerre civile. Le duc d’Orléans, ayant ramassé des troupes, s’avance à leur tête vers Paris. Son rival l’attend , prêt a lui