‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 143 sur 296 · DES DT CS DE VALOIS · texte numérisé non relu

DES DT CS DE VALOIS

le dnc d’Orléans prenait plaisir de témoigner sa reconnaissance su duc de Bourgogne. Par ma Jojr , biduv frère et biaux cousin, lui disait-il souvent , je vous fiais aimer par-dessus tous autres princes , et ma belle cousine , votre femme ; car si vous et elle ne fissiez, je fusse demeuré à toujours au danger de mes adversaires et riay trouvé meilleur amy que vous. ( Monstrelet. )

Charles , de retour en France au mois de novembre, tourna ses pensées vers la conquête du duché' de Milan , qui lui appartenait du chef de sa mère. Mais l’entreprise ne misait pas, et il ne put avoir que le comté d’Asti. L’an 1442 » mécontent de n’avoir aucune part au gouvernement, il forma une ligue avec les princes qui s’assemblèrent à Nevers , et y publièrent nn manifeste pour demander la réformation de l’e'tat. Le roi , par «sagesse, éteignit promptement ce parti, en faisant espérer aq doc d’Orléans, et à ses partisans, toute la satisfaction qu’il» pouvaient légitimement désirer. II assista , l’an 1464 , à la première assemblée des états tenus à Tours. A cette occasion il ht des remontrances au roi Louis XI , qui les reçut avec indignation, le traitant de brouillon et d’ennemi de l’état. Charles, piqué de cet outrage , quitta la cour et se retira à Amboise , où il mourut le 4 janvier 146b (N. S.). Ce prince fut regretté, et méritait de l’être. 11 se regardait comme le père de ses vassaux , et les ménageait au point que , dans sa captivité, il n’osa les surcharger pour hâter sa délivrance. Les historiens du tems rapportent des traits édifiants de sa piété. Tous les vendredis , suivant Monstrelet , il servait douze pauvres à table, mangeait avec eux , et leur lavait les pieds après le repas. Ses aumônes étaient abondantes et secrètes. Ce prince était d’ailleurs homme de lettres , et cultiva la poésie française avec succès , comme le prouvent les chansons , rondeaux et autres petites pièces qu’on a de lui, et qu’on préfère à celles de Villon, qui vivait «ans le même tems. Il avait été marié trois fois : i°, le 29 juin 1406 , avec Isabf.lle , sa cousine germaine , hile du roi Charles VI , et veuve de Richard II, roi d’Angleterre, morte à Blois, le i3 septembre i4°9» et enterrée dans une chapelle de l’abbaye de Saint-Laumer , d’où elle fut transférée , en 1624, aux Célestins de Paris : de ce mariage sortit Jeanne, femme de Jean II , comte d’Alençon : 2* Charles se remaria, l’an 14 to,. à Bonne , hile de Bernard VII , comte d’Armagnac et connétable de France , morte, en 141 5 , sans enfants : 3® l’an 144° *. il épousa Mauie , fille d’Adolphe , duc de Clèves , dont il eut un fils , qui suit , et deux filles ; Marie, femme de Jean de Foix’, comte d’Etampes et vicomte de Narbonne; et Anne, abbesse dé Fontevraut. La mère de ces enfants se remaria à Jean , sire

3l4 chronologie historique

de Rabodanges, capitaine de Gravelines , et mourut à Chauni en Picardie, l’an 1487. Son corps fut porte' à Blois, pour y être inhume' , dans l’e'glise des Cordeliers, Celui de Charles , son premier e'poux, reposait aussi dans l’c'glise de Saint-Sauveur delà même ville. L’an i5o4 ( V. S. ) , le comte de Dunois, grandchambellan de France , les fit transporter l’un et l’autre, le 21 Fe'vrier, aux Célestins de Paris.

1466. Louis II d’Orléans-Valois , ne' à Blois le 27 juin 1462, succéda , sous la garde-noble de sa mère , au duc Charles , son père , dans les ducbe's de Valois et d’Orle'ans , ainsi que dans les autres domaines de sa maison. Sa jeunesse fut bouillante et orageuse. Indocile envers les maîtres qui voulaient lui former l’esprit et le coeur, il ne montra d’inclination et d’ardeur que pour les exercices du corps, convenables à sa naissance , et bientôt il y excella. La princesse Jeanne , fille du roi Louis XI, lui avait été destinée pour épouse presque en venant au monde. Lorsqu’elle fut nubile , le roi pressa le mariage qui n’e'tait nullement du goût du duc d’Orléans. Mais il fallut obéir à un monarque absolu auquel on ne résistait pas impunément. Les deux époux reçurent la bénédiction nuptiale, le b septembre 1476, des mains de l’évêque d’Orléans. L’éloignement du duc pourcette allianceétait si grand, qu’il ne put le dissimuler au moment de la cérémonie. Interrogé par le prélat s’il conséntait d’épouser Jeanne de France .- Hélas! répondit-il , monseigneur d'Orléans , mon ami , que ferai-je ‘ Je ne saurois résister : j’aimerois mieux être mort que de faillir à le faire ; car vous connaissez à qui j'ai affaire- 1m’est force , et il n'y a remède. Après la mort de Louis XI , le duc d’Orléans prétendit, comme premier prince du sang, manier les rênes de l’état pendant l’espèce de minorité du roi Charles VIII. Le duc de Bourbon formait la même prétention. Mais la dame de Beaujcu, sœur du jeune monarque, l’emporta. Pour consoler Louis de celte préférence , elle lui fit donner, le 9 octobre 1483, des lettres de gouverneur de Paris, de file de France, de Brie, de Champaguc, etc. , avec d’amples pouvoir». Mais Louis trouvait trop de disproportion entre ces gouvernements particuliers et celui de tout le royaume , pour se contenter d’un pareil dédommagement. -François II , duc de Bretagne, instruit de son mécontentement (1) , lui écrit pour l’engager avenir

(1) Wassebourg ( Ant. Bclg. fol. 63o ) donne nne anire cause de celle retraite précipitée du duc d’Orléans. « Davantage, dit-il , nous trouvons, et I a? » ouy réciter à mon père se disant présent, qti'envirou ce têtus uu jour le duc » d’Ôrléans estant il Paris jouait à la pautnic i> Ncsle ou entre les deux bdle*

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