DES DUCS DE VALOIS
h trouver. Louis se rend à Nantes où était le duc , accompagué de René, duc d’Alençon , et du comte de Dunois. La régenté , à qui le séjour de Louis en Bretagne faisait ombrage , le fait sommer de se rendre aux états assemblés à Tours au mois de janvier
1484 ( N. S. ). Le 3o mai suivant, ce prince assista au sacre de Charles VIII , où il représenta le duc de Bourgogne. Après la ceremonie il revint a Paris avec la cour. Mais le roi étant parti sur la fin de septembre pour Montargis , Louis reste dans la capitale , dont il s’e'tudie à mettre les habitants dans ses inte'rêts , tandis que le comte de Dunois négocie pour lui avec le duc de Bretagne. Cependant la dame deBeaujeu, qui éclairait ses démarches, prenait des mesures pour le faire arrêter. Elle ramène le roi le 5 février
1485 , à Paris. Le duc d’Orléans instruit du dessein formé contre lui, prend la fuite et se retire à Verneuil, dans le Perche, auprès de René, duc d’Alençon. Peu de teins après il y reçoit un secours de deux cent cinquante lances, et de quelques archers, qui lui est envoyé par le duc de Bretagne , conformément au traité conclu, le novembre 1484» avec le comte de Dunois. Mais , trop faible avec ce renfort pour résister aux forces du roi, il prend le parti de se reudre à Evreux, où la cour était pour lors, et de se réconcilier avec elle. De là il accompagne le monarque à Rouen , où il assiste au lit de justice , que Charles tint en son échiquier, le 27 avril 1485. Pendant ce séjour , Louis s’abouche avec le duc de Bourbon ; ils s’unissent d’intérêt , et forment ensemble un plan de conspiration contre le gouvernement. La cour ayant repris ensuite la route de Paris , Louis s’échappe et se retire à Blois. Dans la crainte qu’il ne se rende maître d’Orléans , chef-lieu de son apanage , la dame de Beaujeu y vient elle-même pour maintenir les habitants dans la fidélité qu’ils doivent au roi. Louis éclate alors , et s’empare de Beaugenci. Mais les troupes du roi étant venues presque aussitôt l’y assiéger, il fait son accommodement avec la côur. Tranquille et soumis en apparence pendant l’espace d’environ dix-huit mois.
» ( car je réay retenu le lieu ) , en la présence de plusieurs Seigneurs et Dames, » où esioit Madame de Beaujeu , el lut question d’nn coup de paulme qui fut » demandé aux ussistans , duquel Madame de Beaujeu jugea contre le duc d’Or- » lc.ms,dont il se despita, eè, en cholere , dit qu’elle avait menty , avec » quelque parole mal sonnante, dont la Dame fort courroucée , s’écria ù Mon- » sieur de Lorraine estant présent et jouant : Hh , cousin, me laissez-vous ainsy » injurier? El alors ledict duc de Lorraine bailla un grand soulflet audict duc » d’Orléans; sur quoi les Princes assisians se levèrent et les séparèrent. Et dès- >» lors ledict duc d’Orléans prit grosse haine contre (edict duc de Lorraine , et » ladicte Dame contre ledict duc d’Orléans. . . . Or dès-lors Madame de Beau- » jeu avoit ordonné qu’il lut prias au corps , de quoi adverti se relira eu di« » iigence eu Bretagne ».
il fut de presque tous les voyages du roi. Mais sur la fin de i486» le monarque s’e'tant rendu à Tours, Louis se retire à Blois , et de là part , le 1 1 janvier 1487 , pour la Bretagne , où il arrive le 19 au soir. On lie répétera pas ici ce qui a été dit ici sur le roi Charles VII f , de la guerre qui fut la suite de cette retraite, et de l’emprisonnement du duc d’Orléans, par où la guerre se termina. Remis en liberté, Louis fut envoyé , l’an i4p4* pour commander la flotte française qui croisait dans la mer de Geues. Il remporta sur Frédéric, frère du roi de Naples , divers avantages qui l’obligèrent à s’en retourner. Mais attaqué ensuite de la fièvre quarte, Louis fut contraint d’abandonner la flotte, et revint joindre le roi dans Asti , où ce monarque lui- même était malade. Celte ville était du domaine de Louis. La santé du roi s’étant rétablie , il part d’Asti , le 6 octobre , pour traverser l’Italie, laissaut au duc d’Orléans, dont la fièvre continuait, le soin de défendre la place. Louis , s’imaginant que le teins était venu de faire revivre ses droits sur le duché de Milan , en prend alors le titre. L’an i495, ayant reçu de nouvelles troupes que le duc de Bourbon envoyait en Italie, il s’en sert pour faire le siège de Novare , dont il se rend maître en peu de teins. Mais Ludovic Sforce, étant venu l’y assiéger, réduit en peu de tems la place aux abois , faute de vivres. Le roi Charles VIII était cependant en roule pour retourner en France. Vainqueur à la journée de Foruoue , et recevant de nouvelles troupes de Suisse, il était en état de marchera la délivrance de Novare, et de livrer un nouveau combat. Mais au lieu de prendre ce parti , voulant se rendre en France , il aima mieux signer , le 1$ juillet, un mauvais traité de paix avec les Vénitiens et le duc de Milan; au moyen de quoi la garnison de Novare eut 1* liberté de se retirer. Le roi Charles étant mort le 7 avril 1498» le duc d’Orléans lui succède sous le nom de Louis XII , d réunit le Valois , ainsi que scs autres domaines , à la couronne.
Après avoir gardé l’espace de dix mois le duché de Valois, Louis le cède eu apanage à François , comte d’Angoulème, son plus proche parent , par lettres données au château du Verger, dans le mois de février 1499 (N. S. }, et enregistrées au parlement le 26 avril suivant. Elles portent que le prince apanage tiendra le duché de Valois à foi et hommage du roi et de I* couronne de France , pour en jouir lui et ses hoirs mâles , avec pouvoir de conférer les offices et bénéfices qui en dépendent. François alors quitte le titre de comte d’Augoulême , pour prendre celui de duc de Valois , qu’il conserva jusqu’au tems ou il monta sur le trône. On ne changea rien aux armes du jeune prince : il continua de porter l’écu d’Angoulême, qui est celui id’Orléans ou Yalois moderne , au lambel de trois pièces, cliar-