CONON
1178. Conon ou Conan , seigneur de Pierre-Pont, fils de Raoul de Nesle, deuxième du nom, châtelain de Bruges, et de Gertrude , fille de Lambert, comte en Liégeois , suivant Hérimanne de Tournai ( n° 54 ), succe'da dans le comte' de Soissons et dans les seigneuries de Nesle et de Falvi , à Ives, son oncle paternel , * qui l’avait institue' son he'ritier , par son testament, fait dès l’an 1167, et ratifie' par le roi Louis le Jeune, comme suzerain immédiat du Soisonnais. Sa mère n’était rien moins qu’un modèle de vertu. Une ancienne généalogie des comtes de Hainaut , inse're'e dans le septième tome du Spicile'ge, porte qu’Evrard Raduel , petit-fils par sa mère de Baudouin II, comte de Hainaut, admit dans son lit, du vivant de sa femme , la mère de Conan , de Jean et de Raoul , comtes de Soissons, et qu’il en eut un fils, nommé Baudouin, qui devint seigneur de Mortagne et châtelain de Tournai. L’an r 180, de concert avec sa femme, Conon fit un accord avec l’abbaye de Saint-Médard , portant que leurs hommes respectifs ne pourraient, sans permission de leur seigneur, passer de la terre de l’un dans celle de l’autre. Cela était du droit commun , ces hommes étant, à ce qu’il paraît , des serfs attachés à la glèbe. ( CartuL de S. Mèdard , fol. 5o , r°. ) Conan mourut la même année , avant Pâques, selon Gilbert de Mons; car c’est ainsi qu’il faut entendre , l’an 1179, que ce chroniqueur donne pour l’époque de sa mort. D’Agathe de Pierre-Fons , son épouse , qui lui survécut , il ne laissa point d’enfants. Elle était fille de
Dreux. II, seigneur de Pierrc-Fons, et héritière de Nevelon , son frère, mort sans lignée.
RAOUL
1180. Raoul de Nesle, troisième du nom, dit le Bon, succéda dans le comté de Soissons.et dans les autres biens de sa maison , à Conon , son frère , excepté en la terre de Nesle et en la châtellenie de Bruges , qui furent le partage de Jean , son frère. Etant parti, Pan 1190 , pour la Terre-Sainte, avec le roi Philippe Auguste, il se distingua au siège d’Acre. Ce monarque , à son retour , remploya dans les affaires les plus importantes du royaume. La valeur et la science politique ne furent pas les seules qualités qui distinguèrent Raoul. Il était outre cela, Pun des meilleurs poètes français de son tems , avec Thibaut, comte de Champagne. Raoul, en cultivant les lettres, ne négligeait pas les droits de son comté. Il eut avec Jacques de Basoches , évêque de Soissons, touchant les limites de leur juridiction respective , des contestations assez longues , qui furent enfin terminées, Pan I2a5, par jugement arbitral de l’évêque de Laon. ( Très . des Ch . , coffre 216, lias* , 9. ) H assista, Pan 1227 , à la dédicace de Péglise abbatiale de Long- Pont , qui se fit en présence du roi saint Louis , et eut l’honneur de servir ce prince au festin qui suivit la cérémonie. Ce comte mourut le 4 janvier de Pan 1237 (N. S. ) , et fut enterré dans le chapitre de l’abbaye de Long-Pont , dont il était bienfaiteur. Plusieurs . églises du Soissonnais reçurent des marques de sa libéralité. Il avait épousé , i° avant Pan 1184, Alix, fille de Robert de France , comte de Dreux , déjà veuve de trois xparis , et morte avant Pan 1210, après lui avoir donné Gertrude, femme , i° de Jean , comte de Beaumont-sur-Oise , 2* de Mathieu II de Montmorenci , connétable de France; Aliénor, mariée à Etienne de Sancerre, seigneur de Châtillon-sur-Loing, grand-boutillier de France, dont elle fut la première femme; et une autre fille. Raoul épousa en secondes noces, l’an 1210 au plus tard, Yolande, fille de Geoffroi JY, sire de Joinville, morte en 1225 , sans enfants. Ade , sa troisième femme, fille de Henri IV , comte de Grand-Pré (morte le 4 décembre i25q), lui donna Jean qui suit ; et Raoul , sire ou vicomte de Cœin vres , qui accompagna le roi saint Louis dans son premier voyage d’outre-mer, On donne au comte Raoul pour quatrième femme , N. , comtesse d’Hangest , qui le fit père d’Yolande, femme de Bernard Y, sire de Moreuil, dont est issue ^a maison de Soissons-Morcuil. La comtesse Alix fut inhumée ' auprès de son époux dans le chapitre de Long-Pont, où l’on
voit son épitaphe rapportée par dora Martenne ( Voy. Ht* p. 11 ) en ces termes :
A. Comi tissa pia de Soissons qnæ jaces hîe,
Kegno felici tecum sit virgo Maria , v
Mater egenorum , multorum plena bonorum;
Hcq! iaus horum cibus est vurmiculorum.
JEAN II
1237. Jean II de Nesle, dit le Bon et le Begue, chevalier , fils aîné' de Raoul , lui succe'da au comte' de Soissons , qu’il gouvernait depuis plusieurs anne'es avec lui. Il avait assiste' , l’an i25o, au jugement des pairs, rendu contre Pierre Mauclerc , son cousin , duc de Bretagne ; et quatre ans après , celui-ci ayant fait sa paix dans la ville d’Angers avec le roi saint Louis, le duc de Bourgogne, Hugues IV, et Jean de Soissons, se portèrent pour garants de sa fidélité'. L’an 123i, Jean de Soissons ayant établi des garennes dans la terre de Buci-le-Long , et en d’autres appartenantes à la cathédrale de Soissons , s’attira de la part du chapitre une excommunication pour n’avoir pas voulu renoncer à cette entreprise. Comme il ne tenait compte de l’anathème lancé contre lui , cette compagnie le fit confirmer, au mois de septembre 1232, par trois commissaires apostoliques , savoir , Guimond* doyen de Meaux, Geoffroi , archidiacre de Brie, et Simon de Luzanci , chanoine aussi de Meaux. Ce re'aggravat ne servit qu’à irriter le coupable. Ne gardant plus aucune mesure , il fit main basse sur tout ce qui appartenait à l’église de Soissons , hommes , chevaux, et autres effets ; il porta même la main sur un des chanoines , qu’il mit en prison. Le roi saint Louis , informé de ces violences , donna ordre à ses baillis de les réprimer. Jean de Soissons voyant l’orage prêt à fondre sur lui , commença de rentrer en lui-même , et proposa à ses parties de s'en remettre au jugement du métropolitain ( Henri de Dreux , archevêque de Reims ) ; ce qui fut accepté. Par son jugement , rendu au mois de juin 1233 , le prélat condamna Jean de Soissons à se désister de ses prétentions sur les terres du chapitre, restituer ce qu’il lui avait enlevé , relâcher ses hommes qu’il tenait en prison ÿ et pour avoir eu la témérité d’y mettre un chanoine, il fut dit qu’au jour qu’on lui indiquerait , il viendrait à la cathédrale nu-pieds,, en chemise et en braies, tenant ua paquet de verges entre ses bras , et qu’en cet état il marcherait à la suite de la procession , au retour de laquelle il présenterait ses verges au doyen pour recevoir de lui la discipline. La même pénitence fut enjointe à ceux qui l’avaient aidé à
263 Chronologie historiqce
prendre le chanoine. ( Archiv . de P église de Sois, layette rp, lias. 4. J Ce châtiment lui fut salutaire , et le rendit plus circonspect dans ses démarchés.
L’an 1240, le comte Jean fut présent dans Saumur, le 25 juin , à l’assemblée des barons, où saint Louis donna le comte' de Poitiers à son frère Alphonse , après l’avoir fait chevalier. Ou remarque qu'au festin qui se donna dans cette occasion , le comte de Soissons eut l’honneur de servir le roi , comme Raoul , son père , avait fait à la dédicace de l’église de Long-I’ont. 11 suivit ce monarque, l’an 1342 , dans la guerre qu’il fit au comte la Marche. L’an 1248 , il fut du voyage d’outre-mcr j et fut accompagné, dans cette expédition , de Raoul , sire de Cœuvres , son frère, et de plusieurs de ses vassaux. Ayant débarqué en Egypte avec le roi saint Louis l’année suivante , il se distingua clans toutes les occasions contre les Infidèles. Le sire de Joinville , qui était mari de sa cousine , raconte plusieurs faits d’armes , par lesquels ils se distingua dans cette expédition ; et dans ce récit on voit qu’ils joignaient, l’un et l’autre, l’enjouement et la valeur» A l’affaire de la Massoure , comme ils gardaient ensemble un pont sur un bras du IN il , ils se virent tout-à-coup assaillis par un gros de Turcs. Après les avoir repoussés, le comte dit à Joinville: Sénéchal , laissons crier et braire celte quenaille. El par la quoi/Je-Dieu , ainsi qu'il juroit , encore parlerons-nous , vous et moy , de cette journée en chambre devant des dames. Mais à la fin il fut fait prisonnier par les Musulmans avec le saint roi et toute l’armée chrétienuc. L’an i25o , après sa délivrance, il s’excusa d’accompagner le roi eu Palestine. Le monarque admit ses excuses, et lui permit départir. Il s’embarqua donc le 27 mai avec les comtes de Flandre et de Bretagne pour retourner en France. Rendu n son royaume, saint Louis employa le comte de Soissons en plusieurs affaires importantes. Ce fut un des seigneurs que le monarque chargea du soin de tenir les plaids de la porte, c’est-à-dire, d’entendre les plaintes de ses sujets etde recevoir leurs requêtes. Car de coutume , dit le sire de Joinville , après ce que les sires de Neelles et le bon seigneur de Soissons, moy et aultrei de ses prouches avyons esté à la messe , il falloit que nous aliieions oir les pletz de la porte , que maintenant on appelle les requestes du palais à Paris. Et quant li bon rojr estait au malin venu du Moustier , il nous envoyait quérir , et nous demandoit comment tout se portoit , et s'il y en avoit nul qu'on ne peust despescher sans luy. Et quant il en y avoit aucuns , nouz le hi disions. Et alors les envoyait quérir , et leur demandoit à quoi il tenoit qu'ilz navoient agréable l’offre de ses gents , et tantos 1 les contenloit , et mettoit en raison et en droicture. Charles d’Anjou , frère de saint Louis, ayant entrepris la conquête de
DES COMTES DE SOISSONS. a63
royaume de Sicile , 1» comte de Soissous fut des premiers à se joindre avec un corps de ses troupes à l’armée que la comtesse Beairis, femme de Charles, lui amena , l’an ia65 , devant Home. Il eut part sans doute à la grande victoire que ce prince remporta , ie 26 février de l’anne’e suivante , sur Mainfroi , son rival , tpi pc'rit dans la mêle'e. ( Nouv. Hist. de Prov. . T. III , p. 17.) 1/3111269, se disposant à partir avec le saint roi pour l'expédition d’Afrique, le comte Jean fit son testament le 2 avril. Il mourut arant la fin de l’annéc suivante. Mais 011 11e peut dire positivement s’il accompagna le roi jusqu’à Tunis, ou s’il mourut en chemin. Quoi qu’il eu soit, il laissa de Marie, sa première femme, fille et héritière de Roger , seigneur de Cliimai ( morte avant mo), Jean, qui suit ; Raoul, mort sans ligne'e ; Eléonore, fennne de Renaud deThouars, seigneur de Tifauges , avec deux autres filles. Mahaut , sa seconde femme, fille de Sulpice III, seigneur d’Amboise , de Montrichard, etc., ne lui donna point d'enfants, et mourut avaat lui.
JEAN III
1270. Jean III de Nesle , seigneur de Chimai , successeur de Iran 11 , sou pere , au comté de Soissons , mourut en 1284, et ht enterré à l’abbaye de Long-Pont. Du vivant de son père , il irait accompagné Charles d’Anjou à la conquête du royaume de 'iaples. L’an 1 272 ( N. S. ), par sa charte du mois de février , il atifia ,avec quelques modifications , les lettres de franchise accordées aux habitants de Buci , Tront , Margival, Croi , Cufliers, Gommiers, Villeneuve, Aile et dépendances. ( Ordonn., T. XI, P4u. ) II avait épousé avant 1268 Marguerite, fille d’Asaiiri VI, comte de Montfort ( morte après l’an 1288 ) , dont il lot Jean, qui suit; Raoul, vicomte d’Hostel ; Jean , dit Antherre, •révàt de l’e'glise de Reims ; et Marie femme d’Eustache de Zo i) flans.
JEAN IV
1284. Jean IV de Nesle , seigneur de Chimai du rivant de ran III, son père , lui succéda au comté de Soissons. Sa mort friva vers la tin de 1289. Il avait épousé avant 1281, Margueite, fille puînée de Hugues, seigneur de Rumigni , l’un des lus puissants seigneurs de son teins , et dont la fille aine'e , lisabeth , avait épousé Thibaut II, duc de Lorraine. Jean laissai ? son mariage deux fils , Jean et Hugues qui suiveut.
JEAN V
1289 ou environ. Jean V, ne' l’an 1281 , succéda , sous la tutelle de Raoul, vicomte d’Hostel, son oncle, à Jean IV, son père, dans le comte' deSoissons et la seigneurie de Chimai. Il motbrut vers la fin de 1297 sans alliance , n’étant encore que damé» «eau.
HUGUES
1297 ou environ. Hugues de Nesle , frère de Jean V, lui succéda au comte' de Soissons , et dans la seigneurie de Chimai , l’an j 298 au plus tard. L’an i3o2, il servit en i’ost de Flandre avec deux chevaliers et vingt-cinq écuyers. Il mourut l’an i3o6, laissant de Jeanne, sone'pouse , fille aîne'e de Renaud , seigneur d’Argies en Picardie , une fille unique , qui suit. La comtesse Jeanne se remaria à Jean de Clermont, baron de Cliarolais, petit- > fils de saint Louis , puis à Hugues de Cliâtillon , seigneur de Leuze , et mourut l’an i354» dix-huit ans après son second époux, déce'de' l’an i3i6, comme il se disposait à partir pour la Terre* Saiute. ( Nie. Triveth. )
MARGUERITE et JEAN DE HAINAUT.
ï3o6. Marguerite , fille posthume et unique de Hugues de Nesle , lui succéda au comté de Soissons et dans la seigneurie de Cliimai. Elle épousa , l’an i3i6, Jean de Hainaui, seigneur de Beaumont, de Valenciennes, etc., frère de Guillaume le Bou , comte de Hainaut et de Hollande. Dormai place ce nu* triage vers l’an i525. Cette année , les bourgeois de Soissons, accablés par les amendes auxquelles ils avaient été condamnés pr le parlement au sujet des procès qu’ils avaient avec les chanoines de la cathédrale , pour raison des droits respectifs de la commune et du chapitre , prirent le parti de renoncer à leur privilège et de demander au roi , Charles le Bel , un prévôt royal au lieu du f maire qui était à la tête de la commune. Charles leur accorda ce qu’ils désiraient, par ses lettres données à Saint-Christophe eu Hallate le 4 novembre i525 ; lettres par lesquelles il est dit que la prévôté de Soissons ressortira , non à celle de Laon , maistf bailliage de Vermandois.
Le comte Jean conduisit , l’an 1 327 , en Angleterre 9 Philippi «a nièce , pour épouser le roi Edouard III. C’était le troisième voyage qu’il faisait en ce royaume. L’an i328, il fit merveille pour la France à la bataille de Cassel# où le comte son frère
fié tué ou fait prisonnier sans les efîorls héroïques qu’il fit pour le sauver. Mais , l’an i337, il se déclara pour l’Angleterre dans rassemblée de Hall , où plusieurs seigneurs de l’empire s’étaient rendus à l’invitation d’Edouard III. S’étaut rendu , l’année suivante, le ief de septembre, avec ces mêmes confédérés à Malines, il signa avec eux le cartel de défi qu*i!s‘ envoyèrent au roi de France. Son dévouement pour le parti qu’il avait pris étouffa dans son cœur jusqu’aux sentiments de la nature. Jeanne, sa fille, avait épousé Louis de Châtillon , fils de Gui , comte de Blois , qui demeura fidèle au roi de France. Le comte de Soissons, au lieu d épargner la ville de Guise, qui appartenait à son gendre et où salille était renfermée , déchargea toute sa fureur sur celte place et ses dépendances , brûla la ville , fit abattre les moulins qui l’avoisinaient , et ravagea tous les environs. La trêve que la comtesse douairière de Haiuaut ménagea , l’an i34o , entre les deux couronnes , ayant suspendu les hostilités , le comte de Blois profita de cet armistice pour travailler à ramener le comte de Soissons, son beau-frère , dans le parti de son légitime souverain. 11 y réussit, et depuis ce tems , le comte Jean servit le roi Philippe de Valois avec autant d’ardeur qu’il en avait montré pour les intérêts d’Edouard III. On le vit à la funeste journée de Créci , en i54b, arracher de la mêlée le roi son maître , lorsque tout était désespéré, l’accompagner, lui cinquième, jusqu’au château de Broyés,, et de là, avec un peu plus de compagnie* jusqu’à la ville d’Amiens :
« Service, dit judicieusement Dormai, qui, eu tirant le roi du daii- * ger de la mort ou de la prison, empêcha la perte du royaume » • Jean de Iiainaut n’avait point servi l’année précédente avec le môme bonheur le comte Guillaume , son neveu dans son expédition contre les Frisons révoltés. La flotte qu’il commandait avec lui ayant été séparée par les vents , il aborda le premier, et n’écoutant que son courage, il attaqua les rebelles avant que son neveu l’eût joint avec le reste de la flotte. Guillaume élan' arrivé comme son oncle les poursuivait , imita son imprudence ; et , sans attendre que toutes ses troupes eussent débarqué , il courut la campagne , le fer et le feu à la main, n’étant soutenu que de cinq cents hommes. Sa témérité eut le sort qu’elle méritait $ il tomba dans une embuscade où il périt. Son armée fut ensuite battue avec perte de trois mille sept cents hommes ; et Jean de Haiüautne regagnaqu’àgrande peine ses vaisseauxavecceuxqui avaient échappé au carnage. Celui-ci n’était plus alors comte de Soissons. De concert avec sa femme, il avait cédé ce comté , l’an i344 * * v sa fille et à son gendre. Marguerite , sa femme , termina ses jours en i55o. Il lui survécut près de sept ans , étant mort le 1 1 mars 1357. (N. S. ). Son corps fut enterré aux Cordeliers de Valenciennes.
JEANNE et LOUIS DE CHATILLON.
i544- Jeanne , fille unique de Jean de Hainaut et de Marguerite de Nesle , leur succéda dans le comté de Soissons et la seigneurie de Chimai , par la cession qu’ils lui en firent en i344* Elle était mariée pour lors depuis plusieurs années à Louis de Chatjllon , qui devint comte de Blois en 1342. Jeanne communiqua le titre de comte de Soissons à son époux, qui n’en jouit pas longtems , ayant été tué, le 26 août i34o» à la bataille de Créci. De son mariage il laissa trois fils , Louis, Jean et Gui. Jeanne , sa veuve, eut la tutelle de ces trois entants avec Guillaume le Riche, comte de Namur, à qui elle se remaria. Cette princesse étant morte l’an i55o , la garde-noble de ses trois enfants passa au duc de Bretagne , Charles de Blois , leur oncle maternel.
GUI
L’an i56t , Gui t par le partage qu’il fit au mois de juin avec «es frères, devint comte de Soissons, seigneur de Chimai, d’Argies , de Clari et de Catheii. Louis , son aîné , ayant été choisi pour être l’un des otages que le roi Jean donna au roi d’Angleterre pour obtenir sa liberté , Gui consentit à prendre sa place , et . d’aller eu Angleterre au lieu de lui, à condition qu’il payerait sa dépense tant que l’otage durerait. Il parait qu’en partant, Gui remit le comté de Soissons à Louis. Du moins il est certain que Louis ajouta à ses qualités celle de comte dcSoissons, et qu’il rendit même hommage de ce comté au roi. Mais, l’an i566, par acte du 1 3 juillet, Louis se dessaisit du comté de Soissons en faveur de Gui, qui était encore alors retenu en Angleterre. L’année suivante, ennuyé de sa longue captivité , Gui , pour obtenir sa liberté, vendit sou comté de Soissons àEngtierand de Couci , que la même disgrâce avait conduit en Angleterre , mais qui , plus fortuné que lui , ayant eu le bonheur de plaire à la fille du roi Edouard , fut enfin choisi pour être le gendre de celui auquel il avait été donué en otage. L’acte de vente fut passé le 5 juillet 1367. Gui dans la suite devint comte de Blois et héritier de plusieurs autres terres, qui le rendirent un des plus puissants seigueurs de France. (Voy. Uî comtes de B Loi s. )
ENGUERAND DE COUCI.
1 367. Enguerand, sire de Couci , VIIe du nom , devint comte de Soissons par la vente que lui lit de ce comté Gui deChâtillon,* etpar la libéralité d’Edouard, roi d’Angleterre, qui en paya le prix.
DES COMTES DE SOISSONS. lC7
Ce comté fut la dot d’ïsABULLE , fille de ce prince, qu’Enguerand épousa, et tint lieu d’une rente de quatre mille livres.qu’Edouardlui avait promise par son contrat de mariage. Ençuerand fit fortifier et agrandir le château de Soissons , de maniéré qu’il tenait en bride les bourgeois, et présentait un aspect redoutable aux étrangers. Nous avons donné ailleurs le détail des exploits par le-quels il signala sa valeur et son habileté daus le métier des armes. Il mourut , le 18 février i5<)7 , à Burseen Bithynie , après la bataille de Nicopoli , où il avait été fait prisonnier. De son mariage avec Isabelle d’ Angleterre , il laissa deux filles, Marie, qui suit; et Philippe, femme du duc d’Irlaudc. D'Isabelle de Lorraine , sa seconde femme, il eut une autre fille, nommée comme sa mère. {Voy. Enguerand VU , sire de Couci ).