‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 298 sur 582 · OTTON IL · texte numérisé non relu

OTTON IL

ia34. Otto» II , fils aîné du duc Otlon le Grand , et de Béatrix, hérita seul du duché de Méranie, du comté de Bourgogne et des autres biens de sa maison , situés en Allemagne. ' Des qu'il fut en possession de ces domaines , il fit citer ses vassaux, par son diplôme du mois de septembre ia34, pour venir lui rendre hommage. (Koeler, de dur. Meran., p. Sa.) Il ajouta, l'an la^T, a ses domaines la ville de Halle, en Tyrol, fameuse par ses salines , dont il se mit en possession après que l'empereur Frédéric II eut proscrit Conrad de Wasseibourg, qui en était seigneur. Otton reconnut mal celte faveur du prince, et se rangea du coté du pape Innocent IV , son ennemi déclaré. Frédéric, pour le punir, lui ôta, l'an 1147, les seigneuries de Schoerding et de Neubourg, dont il disposa en faveur du duc de Bav ière , par ses lettres datées du camp de Parme, au mois de janvier 1*48. (Koeler, ilid., pag. 53.) M. Cbasot (t. III , pag. tSG), par une distraction singulière, dit précisément le contraire, el fait faire au pape le personnage que nous attribuons a l'empereur. La mort d'Otlon avait précédé la donation que l'empereur fit des deux seigneuries donl on vient de parler, étant arrivée au commencement de l'an 1248, comme on le conclut d'une charte de Henri , évoque de Bamberg, datée du mois de février ia48, où il est fait mention de la mort de ce duc, comme récemment arrivée. (Koeler, pag. 78.) Cet événement fui tragique ; mais on ne convient ni du lieu de la scène ni de ses circonstances. Les uns disent qu'il fut assassiné à Plassenbourg, par un certain Hager, dont il avait violé U femme; d'autres prétendent , d'après la chronique de Dirsscn, qu'il fut empoisonné par ses gens dans le château de l.angktïeim; la chronique de Melk raconte qu'il fut poignardé dans le château de Niesten , et enterré à Langkhcim. Mais dans son testament, dressé le 17 juin 1248, indiction vi , il dit : Nos egri/udinis molesJid lecto dtcumientes (monum. Boira, tom. VIII, pag. i«4) ; ce qui annonce une mort naturelle. Il fut le dernier de sa maison , n'ayant point été marié, quoi qu'en dise Koeler, qui lui fait épouser Blanche, fille de Thibaut le Posthume , comte de Champagne. Il est vrai qu'elle fut accord ce avec Otton ; mais le mariage n'eut point lieu , puisque Blanche épousa , l'an ia36, Jean le Houx , duc de Bretagne.

La succession d'Otton fut partagée entre plusieurs cohéritiers. Mainard 11 , comte de Goritz, dans la haute I.usace, se mit en possession du duché de Méranie, du chef de Mathilde, sa mère , fille du duc Berthold III. Henri, évéque de Bamberg, s'allribua quelques châteaux et domaines qu il réunit à son église par la charte du mois de février ta4« , dont on a parlé plus haut. Beatrix, s<eur aînée d'Otlon, cl son mari Otlon u'Orlamundc, n'eurent pas une moindre part dans la succession de ce prince. Ils se saisirent, entr'autres domaines, dur Voigtland , du château de Plassenbourg, de la ville de Culrnbach , de Prutzendorff , de Goldernac , de Mengau et de Wertzberg. Alix , sœur puînée de Béatrix , et Hugues de Châlons, son époux, eurent, par une disposition particulière du duc Otton , le comté de Bourgogne. La ville de Baruth , en Saxe, et le château de Cadolbourg, furent le partage d'Elisabeth de Méranie et de son mari, Frédéric, burgrave de Nuremberg.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

DES SUISSES ET DE LEURS ALLIÉS

Uhe nation uns chef, composée de treize corps politiques différents entre eux par la forme du gouvernement, démocratique chez les uns , aristocratique chez lits autres , également divisés par le culte religieux , ici Catholiques , là Zuingliens ou Calvinistes i mais réunis par un amour égal de la liberté, telle est en précis la république des Suisses. Celtes , ou Gaulois d'origine , ils avaient souffert que des colonies de Cimbres et de Suèves vinssent s'établir parmi eut , et leur avaient abandonné la partie septentrionale del'Helvélie. C'est par la qu'on peut expliquer ce qui a donné naissance à la diversité de langage , qui subsiste encore entre cette partie et le reste de la Suisse. Le nom d'Hclvéliens fut commun a tous, jusqu'à la grande confédération qu'ils firent au quatorzième siècle , et depuis laquelle ils ne sont plus connus que sous le nom de Suisses. Lorsque Jules César entra dans les Gaules, ils étaient partagés en quatre cantons, dont la position et lYtcnduc ne sont pas faciles a déterminer. La population de ce pays était telle alors, qu'on y comptait douze villes et quatre cents villages ; mais le produit du sol faiblement cultivé, ne fournissait que difficilement a la subsistance de ses nombreux habitants (i). Orgetorix, le plus opulent et le plus accrédité d'entre eux , les voyant murmurer de leur sort, proposa une invasion dans les Gaules, pour se faire donner le commandement. Ses desseins ambitieux furent découverts. La mort qu'il se donna prévint la vengeance que ses compatriotes se proposaient d'exercer sur lui. Cependant, les esprits conservèrent l'impulsion qu'il leur avait donnée, et l'entreprise fut également résolue. Pour rendre irrévocable le parti qu'ils avaient pris, ils commencèrent a mettre le feu a leurs habitations ; après quoi , le 36 mars de l'an 695 de Rome, ils s'acheminèrent au nombre de quatre-vingt-douze mille hommes, sans compter les femmes, les enfants et les vieillards, vers le Rhône, où était marqué le rendez-vous général de la nation. César , alors proconsul des Gaules, apprenant leur émigration, vole à leur rencontre pour les empêcher de pénétrer sur les terres des Romains. Ils étaient près alors d'entrer dans les gorges qui séparent le lac Léman du Mont-Jura. Le général romain leur barre le chemin par un retranchement qu'il fait élever a l'ouverture de ce défilé, après avoir fait rompre le pont de Genève qui communiquait avec leur pays. Obligés par la de revenir sur leurs pas , les Hel-

(1) Voici quelles étaient alors l'étendue et les bornes de l'ilelvétic. César, dans se* commentaires, sépare les HcKéliens des Germains par le Rhin, des Séquanai* par le ModI-Jux», et des Allobrvges par le lac Léman et le Rhône, par où il parait que rcs peuples occupaient, outre re qu'on appelle aujourd'hui la Suisse allemande, tout le pays de Vaud , le Valait et le pays de Gex, le long du lac Léman et du Rhône d on coté , et du Mont-Jura de lantre.

véliens s'adressent aux Séquanais, qui leur accordent le passage sur leurs terres, d'où ils arrivent sur les bords de la Saône, dans le pays des Kduens. Les deux tiers de leur armée avaient drjà traversé la rivière sur des traîneaux et des outres , lorsque César atteignit leur arrière-garde , composée de Tigurins, qu'il défit. Ayant fait ensuite construire un pont sur la Saône , il livre aux Helvéliens divers petits combats, qui aboutirent à> une affaire générale, où il remporta une victoire complète près d'Autun, nommé alors Bi brade. Ceux qui échappèrent au carnage étant retournés dans leur patrie, s'occupèrent à réparer leurs foym.

L'Hilvét'te, depuis ce tems, demeura soumise aux Romains l'espace d'environ quatre siècles. Les Bourguignons l'ayant conquise l'an 407, elle resta sous leur domination jusqu à la destruction de leur royaume, opérée par les armes des enfants Je Clovis en 53a ou 534- Dans les divers partages que les successeurs de ces princes firent entre eux de la monarchie française, l'Helvélie tomba tantôt dans le lot des rois de Bourgogne, tantôt dans celui des rois d'Austrasie. Sur le déclin de la race carlovîngienne, Rodolfe , fils de Conrad et comte d'Auserre, ayant assemblé, l'an SS8, les évéques et les grands de la Bourgogne , dont il était gouverneur, les engagea à lui déférer le titre de roi. Son petit-fils, Rodolfe III , n ayant point d'enfants, transmit ses euts, par son testament, l'an io3a, a l'empereur Conrad USalU/ue. Ce fut alors que les prélats et les seigneurs du pays profitèrent de l'éloignemenl de ce nouveau maitre, pour s'approprier et ériger , en souverainetés , les terres dont ils avaient le commandement. Une partie de l'Hclvétie demeura néanmoins sous l'autorité immédiate de l'empereur; mais ce n« fut pas la plus heureuse. Des étrangers, envoyés pour la gouverner, la traitèrent en pays de conquête , et ne travaillèrent qu i s'enrichir de ses dépouilles. Le mal fut porté a son comble pendant l'espèce d'anarchie qui régna dans l'empire depuis la déposition de Frédéric 11, prononcée, en i»4^« au concile de Lyon, jusqu'à l'élection, faite en iî;3, de Rodolphe de Habsbourg, pour remplir le trône impérial. Dans cet intervalle de vingtliuil ans, la loi du plus fort fut presque la seule qu'on respectai dans l'empire. Les villes helvétiques, pour se mettre a l'abri de l'oppression , commencèrent a faire entre elles des confédérations; mais, voyant que cet expédient ne suffisait pas pour défendre leur liberté, elles se choisirent de^ protecteurs parmi les seigneurs voisins les plus puissants et les plus estimés- Celui qui remportait sur les autres par l'étendue de ses domaines *t par sa manière de les régir, était sans contredit Rodolphe de Habsbourg, dont on vient de parler. La plupart de ces Tilles, s'étant mises, l'an taSy, sous la sauve- garde de ce prince, consentirent a recevoir de sa main des capitaines, ou gouverneur», et lui assignèrent des rentes pour le prix de sa protection-

Fierpélurlle de* trois cantons; ce qui arriva l'an i33a- Mats au icu d'adopter le gouvernement démocratique, établi cbcE leurs confédérés, ils préférèrent l'aristocratie avec quelques modi Grattons. Ce furent les Lucernois qui , s'éunl emparés, l'an i3Sa, du château de Habsbourg, le détruisirent presque entièrement, et réunirent le comté auquel il donnait le nom à leur canton.

lui assura , par un acte exprès, le droit de n'être jamais ni aliénée, ni hypothéquée. Son conseil aristo-democratique était composé de quatre nobles et de huit principaux bourgeois, qui alternaient avec d'autres. • Kn i336, cette forme fut changée,

* et on y substitua celle qui existe encore aujourd'hui. 11 résulta

* de grands troubles de ce changement. En i35o, on découvrit » une conjuration, formée contre ce gouvernement , qui alluma » une guerre contre la maison d'Autriche et les comtes de Rap- » perse h weil , et engagea Zurich à entrer, en 1 3> i , dans la con-

* fédération helvétique. Les trois anciens cantons lut cédèrent » le premier rang ». (Tscharncr.) Le pays de Zurich est le paçus Tigurinus dont il est fait mention dans les historiens i

CHRONOLOGIE HISTORIQUE DES SUISSES ET DE LEURS ALLIÉS. Rodolphe répondit a leur confiance, et ne servit pas des ingrats. Ce furent elles qui contribuèrent le plus efficacement à lui l'aire obtenir la dignité impériale. La conduite d'Albert, fils et successeur de Rodolphe, a l'égard des Helvétiens, fut le contraste de celle de son père. Voulant convertir eu servitude l'obéissance libre qu'ils lui rendaient, il leur envoya des officiers qui s'appliquèrent à remplir ses vues par des vexations de tous les genres. Pour ne citer qu'un exemple de leur insolence et de leur barbarie, on se contentera de rapporter le trait suivant. Geisler, bailli d'Uri , s'avisa de placer, au bout d'une perche , son chai, dans le marché public d'Altorff, avec ordre à tous les ils de le saluer sous peine de la vie. Guillaume Tell , faarbalétrier, ayant méprisé cet ordre, fut oblige, pour r sa désobéissance, d'abattre d'assez loin, d'un coup de flèche, une pomme sur la létc de son (ils; à quoi il réussit sans blesser l'enfant. Ce trait , vainement contesté , quaul à la substance, par quelques modernes, est du ici novembre i3oy, et fut le signal d'une révolution préparée dans les trois cantons d'Uaj, de Schwitz et d Undervvalo, le 17 octobre précèdent, par trois hommes déterminés à tout oser pour le salut de la patrie, Wallher Furil , Wenicr de Stauftach , et Arnold de Melcthal. Les tyrans furent ignominieusement chassés; et l'empereur Albert, qui se disposait a les venger, péril le 1". mai 1008, par la main de son neveu. Léopold, troisième fils d'Albert, héritier du ressentiment de son père, s Y-tant mis en devoir oe réduire les rebelles, fut mis en déroute, le i5 novembre i3i5, avec une armée de neuf mille hommes , près de Morgarten, montagne de Schwitz, par un corps de treize cents hommes des trots cantons qu'on vient de nommer. Ce fut après cet événement eue les vainqueurs, qui ne s'étaient unis que pour dix las, rendirent leur confédération perpétuelle. « Elle était abso- » lument défensive contre ceux qui entreprendraient de dépouil- . 1er ces peuples de leurs privilèges, sans qu'il y soit fait mention

• du projet '!*« l'wipwnf Allwri 1 . iip réunir ces pays, as'ec

• une grande partie de l'Helvétie, aux fiefs et rlnmainoc A» «- » maison. Comme l'objet de leur confédération était de se main- » tenir dans la prérogative de relever directement de l'empire, » l'obéissance envers l'empire et son chef fut expressément

• réservée , et spécialement encore tous les droits que des sci-

> gneurs particuliers possédaient i titres légitimes dans l'en-

> ceinte des trois pays, sauf le cas où ces seigneurs se trouve-

> raient en guerre avec les communautés générales de ces pays.

• Pour prévenir leur désunion, ils se lièrent à n'entrer ni en ■ engagement par serment , ni môme en négociation avec ' d'autres que o'un consentement général, et à ne reconnaître » aucun maître, c'est-à-dire aucun chef de l'empire, que d'un

• accord unanime - Cette première ligue est appelée f alliance des trois Watdstett, ou cantons frontières. (Tscharner, Diction, de la Suisse , dise, prélim. , pag. 3-4- )

L'exemple et les premiers succès des confédérés éveilla parmi leurs voisins l'amour si naturel de l'indépendance. Ceux de Lccsn^E souffraient impatiemment le joug des Autrichiens «psi leur avait été imposé contre leur gré. Soumis auparavant , pour la juridiction et la haute police, à l'abbaye de Murbach *n Alsace , et relevant d'ailleurs nuement de l'empire , ils comptaient sur la foi d'un traité fait avec l'abbé, qu'il n'aliénerait jamais ses droits sur eux saus leur consentement. Mais le prélat avait ensuite eu la faiblesse de traiter, a leur insu, de ces mêmes droits avec l'empereur Rodolphe, qui cherchait à faire, a ses fils, un patrimoine digne du rang où il se voyait élevé. Après la mort de ce prince, las des hostilités auxquelles les exposait la rupture ouverte entre les pays ligués et le parti autrichien, ils conclurent avec les premiers une trêve, au grand déplaisir de leurs maîtres. Ceux-ci crurent devoir prévenir les suites de cette association. Mais les mesures qu'ils prirent sourdement pour y réussir ayant été découvertes, les Luccrnois, sprés s'être saisis des portes , congédièrent le gouverneur, obligèrent ses partisans à vider le pays, et entrèrent dans la ligue

ZUG (en latin Tugium), que M. Tscharner donne pour une des anciennes villes de Suisse , et dont la Marlinière dit néanmoins quV/fe ne se trouve marquée en aucun lieu avant cinq cents ans , est la capitale d'un canton d'environ quatre lieues en longueur sur autant en largeur , borné a l'est et au nord par celui de Zurich , au midi par celui de Schwitz , et a l'ouest par le canton de I.urernc et par les bailliages qu'on nomme libres. Après avoir fait partie, avec ses environs, du duché d'Aile— manie, elle tomba, dans le onzième siècle, sous la puissance des comtes de Lentzbourg, a l'extinction desquels elle passa aux comtes de Habsbourg , qui la transmirent à la maison .l'AoïrlcV»», dont elle réserva les droits, lorsqu'en t35a, subjuguée par les Suisses, elle entra, avec ses dépendances, dans leur grande confédération. Quoiqu'un peu moins ancienne dans le corps que Glaris , on lui a néanmoins adjugé le pas sur ce canton, en comptant celui de Zug pour le septième. Le gouvernement de Zug est démocratique et la religion catholique. Le lac près duquel Zug est bâtie , long de trois lieues sur une de large , abonde en poissons. Cette ville est et son territoire fertile et agréable.

proprement bâtie,

GLARIS , ou GT.ARUS (en latin Glamna) , après avoir été long-tems, avec son canton , du domaine de l'abbaye des filles de Seckingcn . était tombé sous la puissance de la maison d'Autriche, dont les ducs, nommés capitaines de ce pays par l'abbesse, avaient converti le titre, qu'ils avaient reçu d'elle en | fief héréditaire, et en exerçaient les droits avec la plus grande rigueur. Les Glaronais, voyant alors foulés aux pieds les privilèges qu'ils avaient obtenus sous la première domination , eurent recours-aux cantons suisses, déjà confédérés, pour se lirer de l'oppression. Celui de Schivitz se montra le plus empressé a les secourir. Etant entré a main armée dans leur pays, l'an i35i, il y rétablit l'ancienne forme de l'administration pulilique ainsi que les droits du peuple, et se fit de ses voisins affranchis des alliés reconnaissants et utiles. ■ Celte première u alliance des Glaronais avec les cantons renfermait Jes con-

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nt, qu'en 14^0, celle még » pour en effacer même la Irace, et pour donner à la préro- » gative naturelle une force rétroactive, le second traité fut » rois sous la date du premier. * ( Tscharner. )

BERNE, capitale d'un pays qui tient le second rang parmi tes treize cantons helvétiques , el qui en égale à-peu-pres le

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

tiers par son étendue et ses richesses , doit sa fondation , dont la date est de 1 191 , à Berthold V , duc de Zéringen et recteur de la Bourgogne Iransjurane. Ce fut dans une péninsule , formée par la rivière d'Aar, qu'il la bâtit presque au milieu du canton , à vingt lieues sud de Bàle, autant sud-ouest de Zurich «trente nord-est de Genève. Berthold V , après avoir donné a sa ville naissante des lois et de* libertés qu'il fit confirmer par l'empereur Henri VI , mourut, l'an 121H, sans postérité mâle , les (ils qu'il avait eus ayant été empoisonnes, si l'on en croit Josias Simler , par la noblesse du pays , dont il avait encouru la haine. Berne alors éïant rentré sous la dépendance immédiate de l'empire , Frédéric 11 y établit préfet Otton de Kavensberg , qu'il révoqua, quelques années après , pour laisser les Bernois en pleine jouissance de leur liberté. Le désir d'étendre leur territoire ne tarda pas à les compromettre avec leurs voisins. Hartman , comte de Kibourg , s'offensa d'un pont qu'ils avaient construit sur l'Aar, pour passer de la sur un terrain qu'ils avaient acquis près de Burgdorff, dont il était seigneur. Ayant fait une ligue avec la ville de Fribourg, il entreprit de détruire cet ouvrage. Les FribourgCois étaient d'autant plus blâmables de s être allies contre Berne, avec ce comte, nue Berthold, leur fondateur, avait recommandé à l'une et à 1 autre ville de vivre toujours eu bonne intelligence pour assurer leur tranquillité. Los Bernois trouvèrent un défenseur dans le comte de Savoie, dont ils se reconnurent vassaux. Sa protection ayant imposé à leurs ennemis, ils étendirent sans obstacle l'enceinte de leur ville qu'ils fortifièrent par de nouveaux murs. Dans la guerre qui s'éleva depuis entre la Bourgogne et la Savoie , le comte ayant besoin , a son tour, du secours des Bernois , leur promit tout ce qu'ils lui demanderaient , s'ils le servaient avec te zèle qu'il attendait de leur fidélité. L'ayant rendu victorieux, ils le prièrent de les rétablir dans leur première liberté ; ce qu'il accorda sans peine. Mais la jalousie ne permit pas à leurs voisins de les laisser en paix. Pour se maintenir dans l'indépendance , et s'assurer la possession des terres qu'ils acquéraient successivement, ils eurent presque continuellement les armes a la main. Godefroi de Habsbourg, les ayant attaques, l'an 124» » avec des forces supérieures , remporta sur eux une victoire qui fut suivie du siège de Berne , où il échoua jusqu'à deux fois. Albert , fils de Rodolphe et depuis empereur comme son père , étant venu sur les terres des Bernois , on ne dit pas en quelle année , leur fit essuyer un autre échec dans un combat

Îiu'il leur livra sous les murs de leur ville. Une ligue plus ormidable, composée des comtes de Savoie, de Neu bourg, de Gruyères , de l'évoque de Lausanne, du seigneur de Tarre et de la noblesse de plusieurs cantons, se forma , l'an iagi , contre Berne. Mais , s'étant munis de l'alliance des comtes de Kibourg et d'Arberg et de la ville de Soleure , les Bernois , sons la conduite d'illric , seigneur d'Erlac, battirent les confédérés, qui se retirèrent avec une perte considérable. Ce succès ayant relevé leur ardeur, ils entreprirent , dans les années suivantes , diverses conquêtes qui reculèrent a une longue distance les bornes de leur pays. Pour arrêter les progrès de leurs armes, plusieurs comtes, avec grand nombre de nobles, rassemblèrent une armée, qu'on fait monter, pour le moins, a aeize mille hommes de pied , et trois mille cinq cents cavaliers , avec laquelle ils vinrent assiéger la petite ville de I.aupcn , appartenante aux Bernois. Ceux-ci, renforcés par 1rs troupes que les cantons d'Uri , de Schwitz et d'Undervvald , leur fournirent , ayant mis à leur tête Rodolphe d'Erlac , engagèrent , devant la place, le 21 juin i33çi, une bataille où le plus grand nombre des ennemis perdirent la vie. Ou compte parmi ceuxci les comtes de Nidau, d'Arberg et de Wellensted , quatrevingts gentilshommes des meilleures maisons, quinze cents cavaliers et plus de trois mille hommes de pied. Les vainqueurs marchèrent de là contre les Fribourgeois, qui s'étaient rendus

(1) « La république de Berne, dit M. le comte d'Atbon, s de » grandes possessions, des revenus considérables , et un trésor dont tel ■ épargnes de chaque année augmentent le* fond». Klle a place en

• Angleterre et en Hollande plus de huit millions; et l'on assure que » ce n'est là tout au plus que la sixième partie de la somme totale » qu'elle tient en réserve. Tous les autres cantons , sans en excepter

• mime les Protestants, craignent celte république, ou la jalousent, » et croient de leur intérêt de la voir moins riche, moins puissant* > » se rapprocher de leur médiocrité, et perdre cette énorme dispro- » portion qui te trouve entr'elle et les autre» membres du corps btl- » vétique. »

(a) L'an i4i5, dans le tems que les huit anciens cantons s'empirèrent du comte de Bade, dont nous parlerons ci-après, sept de en mimes cantons se rendirent maîtres de la Turgovie, province d'm* asset grande étendue, des Frey-Ambler, ou Francs-Bailliages qui n'oet qu'un petit territoire, pays peu considérable, et de Bhinlhàl , «u< s'étend le long du Rhin, depuis le comté de Werdenber* jusqu'à» l« de Constance. Ces conquêtes furent toutes des démembremenU in états possédés par la maison d'Autriche. Sargans, comté d'un médiocre, fut acquis, peu de tems après, a prix d'argent par (t* même* canton*. La ville de Rapperschweil , sur la lac de Zurich, du duc d Autriche , et les ayant défaits près de Srho- priic „ p „ ,„ jïfjri, de SchvriU, d'Uoderwald et i*

nenberg , ils s approchèrent de Fribourg, dont ils brûlèrent les ^ G Iaxis.

faubourgs ; après quoi ils ravagèrent Signau, Lsgaaa, Arborg, Nidau , Burçdorff et d'autres lieux, dont une partie fut réunie à leur domaine. Les progrès de leurs armes furent arrêtes, l'an i343, par une trêve qu Agnès d'Autriche, veuve d'André 111, roi de Hongrie , avait eu l'adresse de- ménager. (Josias Simler, lie Hep. keleel., liv. I.) Mais l'antipathie des Bernois et de» partisans de la maison d'Autriche fit bientôt revivre les hostilités. Elles tournèrent presque toujours à l'avantage des premiers , qui . l'an s353 , prirent le parti d'accéder à la confédération helvétique , dont ils firent le huitième canton , qui est en même tems le second dans le rang d'honneur (1). • On » distingue encore de nos jours, dit M. de Walteville, lej » huit anciens cantons , comme on les appelle, des Suisses en » général, parce que, pendant cent vingt-cinq ans ( M. Tschar> » ner dit i3o) - ils composaient seuls le corps helvétique • (1), Dans cet intervalle de tems, il se passa bien des événements relatifs a la Suisse , dont il est important de loucher, au moins rapidement, les plus remarquables.

Albert , duc d Autriche, après avoir mis, le t5 juillet i35j, le siège devant Zurich, désespérant du succès de son entreprise, s'était prêté a un accommodement ménagé par le margrave Je Brandebourg. Le traité portait que le duc reconnaîtrait 1 alliance de Claris et de Zug avec les Suisses ; que cependant il serait maintenu dans la jouissance des rentes et des droitures qu'il y possédait ; et enfin que les Zuricois remettraient en liberté le comte de Habsbourg , qu'ils avaient fait prisonnier, la veille de saint Mathias iiSo ( v. st. ), dans une expédition nocturne, où il était sur le point d'escalader leur ville , à la tête de plusieurs autres comtes et d'autres nobles (Simler, Chronol. Helvet.) Mais on s'aperçut birnlùt nue cette paix n'était que simulée de la part des Autrichiens. Albert , ayant mis dans ses intérêts l'empereur Charles IV et plusieurs villes impériales, recommença les hostilités le 18 juillet i354, et dix jours après, il vint mettre de nouv eau le siège devant Zurich. L'empereur 1a joignit, le 10 août suivant , avec les troupes de plusieurs villes de l'empire. Mais fléchi par (es remontrances des Zuricois , et voyant d'ailleurs ceux qui l'avaient suivi prêts a se débander, il prit le parti de la retraite. Albert , peu de tems après , fit de même sur la nouvelle qu'il reçut d'un gros parti des confédérés , qui venait ad secours de la place. ( Suicer , Walteville, pag. i56\)

BIENNE (en latin BUnna , BUUim , Bipennû) , villesituéei l'extrémité d'un lac auquel elle donne son nom, s'était presque entièrement tirée de la dépendance de l'évêque de Bile, qui en avait tait l'acquisition, lorsqu'en i35a , elle fil une alliance

perpétuelle avec la ville Je Berne, donl elle est éloignée de sept lif urs nord-ouest. En 1^67, Jean III, evôt|iie de Baie, s'en elant rendu maître par surprise , fit main-basse sur une partie des habitants , et livra aux flammes les maisons. Les troupes de Berne et de Soleure , également alliées a Bienne , accoururent m« tût pour dégager les principaux bourgeois détenus dans le iliateau, qu'elles détruisirent à leur tour par le feu ; après quoi elles allèrent faire le ravage sur les terres de l'évéclié. Bienne , en 1498, fit alliance avec le corps helvétique, et, depuis ce tenu , elle envoie un député aux diètes de la nation. (Tscharner , Suicer.)

DES SUISSES ET DE LEURS ALLIES. u 9 Il nous reste encore à parler de l'une des possessions les plus importantes du canton de Berne, que nous aurions peut-iêlre dû nommer avant l'acquisition de Gruyères. C'est la ville de LAUSANNE, la plus grande du pays de VauJ, nommée dans l'itinéraire d'Antonin , Lousaiina. Quoique sujette en partie à son évêque , elle jouissait cependant de privilèges considérables que les empereurs lui avaient accordés. î>es lois furent rédigées en code, l'an ia68, sous le nom de Placitum générale. Elle conclut , en i3i5, une alliance avec Berne et Fribourg; et, l'an ir.36 , elle se soumit au canton de Berne , qui , non content de lui confirmer ses anciens privilèges , lui céda plusieurs biens

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L'ARGEU, OO L'A R GO VIE (ArgociccPatus), est une petite province, dont la république de Berne est redevable à l'excommunication prononcée par le concile de Constance contre Frédéric , duc d'Autriche, protecteur du pape Jean XXIII. « Ou « le partage en haut et bas Argeu , dont la petite ville d'Ar- » bourg fait à-peu-près le point de séparation. On y compte * dix bailliages et quatre villes principales , Zoffingen , Arau , » Lentzbourg et Brouc. » (Tscharner.) C'est un pays fertile en grains , en vins et en fourrages.

Le pavs de VAUD ( Vaudum) , qui s'étend depuis le lac de Genève jusqu'à ceux de Morat et d'Yverdun , sur un espace carré d'environ vingt lieues, est encore une possession de la république de Berne. On le croit le môme a-peu- près que le Pagus Lrligenus , dont parle César, et dont la ville d'Orbe ((.Via), a deux lieues du Mont-Jura, était la capitale. H faisait partie du royaume de Bourgogne, après l'extinction duquel il tomba sous la puissance des empereurs d'Allemagne , qui l'inféodèrent aux ducs de Zéringen. Cette maison ayant cessé d'exister en iai8, les comtes de Savoie profitèrent des troubles de l'empire pour s'en emparer; cl Amédée V, l'un de ces comtes, donna, l'an n85 , le pays de Vaud à Ix>uis, son frère puîné , dont la postérité la conservé jusqu'en i35ç), époque de son extinction. L'evequc de Lausanne était seigneur de sa capitale, ainsi que des paroisses de la Vaux, d'Avenche (l'ancien Awnlicum) et de Vevay. Les cantons de Berne et de Fribourg y possédaient en commun plusieurs bailliages; le reste appartenait au comte de Savoie. C'est à Moudon que s'assemblaient les états du pays. Ils contenaient quatorze villes , ou bourgs , dont les principaux étaient Moudon, Yverdun, Morges, Noyon, Payerne et Komont. Les Bernois n'ayant pu engager, par leurs remontrances, le duc de Savoie à laisser a la ville de Genève le libre exercice de la nouvelle religion qu'elle avait embrassée , entrèrent en armes , l'an 1 536 , dans le pays de Vaud , dont ils sont restés maîtres jusqu'à nos jours. CVst la contrée la plus fertile , la plus riante cl la plus riche de cette république.

GRUYÈRES, petite ville à six lieues ouest de Fribourg , était autrefois la capitale d'uo comté qui s'étendait des frontières du Valais et de la source de la Sane , jusqu'à deux lieues , ou en- %iron, de Fribourg. Michel, son dernier comte, se voyant accablé de dettes, abandonna tous ses biens, qui furent discutés par l'arbitrage des cantons d'Uri , de Schwiiz, de Glaris, de Soleure et de Schaffhouje. Les villes de Berne et de Fribourg s'emparèrent de ses terres en 1 554* seize ans avant sa mort , arrivée lan i5;o, et cela pour la somme de quatre-vingt-un mille rirhdales,àquoise montaient, tant leurs prétentions, que celles des villes de Bile et de Strasbourg , qu'elles avaient achetées . et d'autres paiements faits à divers créanciers. En conséquence, te» deux villes firent , en 1 555 , le partage du comté de Gruyères. Berne eut deux des quatre barrières, en quoi il était partagé, savoir, Gcssenay et Château-d'Oeux , ou la province au-dessus d« la Bocke, et Fribourg eut les deux autres, c'est-à-dire, Gruyères et Montsalveu , ou la province au-dessous de la Bocke. 0™ sait la réputation qu'ont en France les fromages de Gruyère», qui font la principale richesse du pays.

ecclésiastiques considérables qu'il avait confisqués après l'iutroduction de la prétendue réforme. L'évoque de Lausanne réside aujourd'hui à Fribourg. Son premier siège était Avcnchc , Aeenticum , l'une, à ce qu il parait , des douze villes que les Helvétiens ruinèrent lorsqu'ils entreprien» leur malheureuse expédition dans les Gaules. Ce fut de cette ville que l'évêque Marius transporta son siège , l'an 602 , à Lausanne.

Un nouveau péage que le duc Léopold d'Autriche établit, en i385 , à Rothenbourg, souleva les Luccrnois , auxquels il était fort onéreux. Le peuple en fureur, s'étant attroupé à l'insu du magistrat , marcha contre Rothcnbonrg, démolit le château et abbatit les murs de la ville , sans toucher ni aux biens ni à la vie des particuliers. (Walteville, pag- 180.) Ce fut le signal d'une nouvelle rupture avec la maison d'Autriche. Les Lucernois, s'étant présentés successivement devant les villes de Sempach et de Richenséc , les reçurent à composition avec le pays d'Entlebuch , qui , las de la domination tvranniqnc de Pierre de Thorberg , son seigneur , les prévint en se mettant sous leur protection. Les Autrichiens avant pris d'assaut, l'an i386, Richensée sur le lac de Baldrck, dont la garnison était trop faible pour leur résister , y exercèrent la plus cruelle vengeance, en égorgeant une partie des habitants, précipitant lesautres dans le lac, et détruisant jusqu'aux fondements tous les édifices de la place. Après avoir menacé plusieurs autres villes, ils arrivent, le 9 juillet i38o (Suicer) , devant Sempach , sur le lac de Sursée , où le duc Léopold d'Autriche vient se mettre à leur tête le même jour. Ce fut aussi celui de l'arrivée des troupes envoyées au secours de la place , par tous les confédérés , à l'exception des Bernois, qui s'excusèrent, sous différents prétextes, de prendra part à cette expédition. L'armée autrichienne était forte de quatre mille hommes, snivanl M. de Walteville, et celle des Suisses n'était que de treize cents. Dès qu'on fut en présence , le combat s'engagea. Le duc ayant été tué des premiers dans la mêlée, la déroute de son année devint générale. Deux mille autrichiens restèrent morts sur le champ de bataille. La perle que firent les Suisses n'alla guère au-delà de deux cents hommes. La ville qui était assiégée , fut sauvée par cette victoire et prise sous la protection de Lucerne, dont elle n'est éloignée que de trois lieues nord-ouest. l>a Suisses ont depuis consacre cel événement par la fondation d'une chapelle, où ils se rendent annuellement , le jour qu'il est arrivé , pour en rendre grâce à Dieu. C'est ainsi qu'ils ont érigé, dans la suite, d'autres monuments semblables, sur les champs de bataille de Morgwten , de Naelels, de Morat, d'Ornach, etc.

Les Autrichiens , après la bataille de Sempach , n'étaient pas d'humeur à rester sur leurs pertes. Léopold et Guillaume, Lis du duc qui venait d'être tué , et Albert , son frère , s'étant tenus en Suisse, firent de grands préparatifs pour continuer la guerre. Berne , alors croyant devoir se réunir aux sept autres cantons, leur fournit des troupes avec lesquelles ils réprimèrent les différentes courses des ennemis, et leur rendirent la pareille sur leurs terres. Naefels , bourg considérable du canton de Glaris , était gardé par quatre cents hommes sous les ordres de Matins de Bulilen. Les Autrichiens s'en étant approchés, le 9 avril i388, au nombre de quinze suivant M. Tscharner, j'en rendirent le»

i3o CHRONOLOGIE

ma tires aisément, par la retraile de la garnison; après quoi t ils y mirent le feu. Mais , étant tombes sur les Glaronois oui s'étaient rassemblés dans la vallée de Limitai, au nombre de sept cents, ils furent si vigoureusement reçus, qu'obliges de prendre la fuite apr-'s un combat de trou heurts , uue partie d'entre eux alla se précipiter dans la rivière de Limraal. On fait monter a deux mille cinq cents hommes la perte qu'ils firent a cette journée, et ou réduit a cinquante-cinq celle des Suisses.

Les garnisons de Nidau , bourg situé sur le lac de Bienne , et de Burcn sur l'Aar, désolaient le voisinage par leurs brigandages. Les villes de Berne et de Soleure , ayant réuni leurs forces, mirent le siège devant ces deux places, qu'elles emportèrent le la avril et le 7 mai de l'an i388. Berne, en son particulier, s'empara, dans le mois de juillet, d'Unterséen et du haut Simmcnthal, vallée fort étroite, mais longue de douze lieues dans toute son étendue. (Walteville ) m. Busclting met en la conquête d'Unterséen. Les autres can-

tons étaient alors occupes au siège de Uapperscliweil. Celte expédition ne fut point heureuse. Un assaut général, qu'ils livrèrent a la place le 1". nui , fut repousse avec une perte considérable pour les assiégeants , qui, le lendemain, prirent le parti de la retraite. Mais la maison d'Aulricbe , vers le m<?me tems , eut le désagrément de voir les comtes de Toggen bourg se détacher de son alliance, et faire la paix avec les Suisses. Plusieurs villes impériales s'entremirent, l'année suivante, pour taire cesser les hostilités entre cette nation et les ducs, ses ennemis naturels. Elles obtinrent enfin , malgré l'opposition de Berne, une trêve qui, deux fois renouvelée, fut prolongée jusqu'à soixante-quatorze ans , et fidèlement observée de part et d'autre. Les Suisses profitèrent du repos qu'elle leur procura pour perfectionner leur discipline militaire; et ils y réussirent de manière, qu'au jugement de Machiavel , ils ne furent surpassés en ce point que par les Romains.

On a parlé ci-devant de l'expédition qu'Enguérand VII , sire de Couci, fit, l'an 1375 , en Alsace et dans le Sundgaw, pub dans l'Argeu, a la tète de quarante mille anglais, pour revendiquer les domaines qu'il prétendait devoir lui revenir du chef de Catherine, sa mère, fille de Léopold , duc d'Autriche, et petite-fille, par son père, de l'empereur Albert I. Léopold 11 ou 111 , son cousin , contre lequel il faisait cette répétition, s'étant muni de l'alliance des Suisses, rassembla des forces pour les opposer a celles des ennemis. Les Lucernois, les Zuricois et les Bernois se mirent en campagne pour leur fermer le passage sur leurs terres, Mais , voyant que les Autrichiens ne faisaient pas même garder leurs frontières, ils se retirèrent pour la plupart dans leurs villes. On voit seulement que la nuit du a6 au 37 décembre 1375 , un corps de bernois ayant surpris les Anglais dans le couvent de ï'raubrunncn, entre Berne et Soleure, leur livra un combat, où il tua près de huit cents hommes , tandis qu'il n'en perdit que vingt-cinq , y compris ceux qui étaient restés en arrière pour piller. (Walteville.) M. Tscharner dit « qu'on érige» » une colonne à l'honneur de cette victoire avec des incrip- » lions , en latin et en allrmand , qui existent encore ». On a parlé de même, a l'article de Charles, dernier duc de Bourgogne , des victoires que les Suisses remportèrent i Granson et à Moral, en i47»>, sur ce prince. Mais on doit regarder comme supposé, l'humble discours que plusieurs écrivains mettent dans la bouche des députés de celte nation , avant la première de ces deux batailles, pour détourner le duc de leur faire la guerre. Nous ajouterons encore que les Suisses eurent beaucoup de part au gain de la bataille de Naoci , où Charles périt le 5 janvier 1 477-

Le corps helvétique ne fut pas borné pour toujours aux huit caillons dont on a parlé jusqu'ici. Cinq autres cantons y

ont été ajoutés dans les quinzième et seizième siècles , et voici l'ordre chronologique dans lequel on doit les placer.

BADE, ou BADF.N , ville a quatre lieues de Zurich, et douze de Bile, fameuse par ses bains qui lui donnent son nom , est la capitale d'un comté plu* étendu que la plupart de* petits cantons, et plus fertile, qui fui enlevé, l'an 141S, a la maison d'Aulricbe , par les cantons confédérés, en vertu du ban prononcé, par le concile de Constance et l'empereur, contre l'archiduc Frédéric, pour avoir favorisé l'évasion du pape Jean XXIII. L'empereur Sigismond l'hypothéqua, la même année , a la ville de Zurich , pour la somme de quatre mille cinq cents florins. Cette ville, en faveur de la république helvétique , permit aux cantons de Schwitz, de Lucerne, d l'nderwald , de Zug , et de Glacis, de prendre part à cette hypothèque : la ville de Berne y fut admise en ■ 4a6, et le pays d'Lri en i445. « Ces huit anciennes ville» » et cantons possédaient ce comté , et y établirent succesù- » vement des baillis tous les deux ans', jusqu'à l'année 171a; » mais les cantons souverains de la religion catholique , c'est-

• a-dire Lucernc , L'ri , Schwilz, Underwald , et Zug, apnt » occupé exclusivement la ville de Bade avec leurs troupes « dans la guerre de Toggenbourg , les villes de Zurich et de

• Berne s'en emparèrent , et les cinq cantons catholiques leur » cédèrent leurs prétentions sur ce comte a la paix d'Arau ; > mats Claris conserva ses droit* h. (Busching.)

FRIBOUBG, ville bâtie sur la Sane , dans l'UchtUnd, vers l'an 1177, par Berthod IV, duc de Zéringen , différente de Fribourg, en Brisgavv, fondée par Berthoul III, père da

S récédent , au lieu de retourner , à l'extinction de la maison e Zéringen , sous la domination immédiate de l'empire , tomba sous celle d'Ulric, comte de Kibourg, qui lui consent ses immunités. Rodolphe, comte de Habsbourg, qui devint empereur, premier du nom, ayant acquis Fribourg d'tberhaid, son cousin , mari d'Anne , héritière de la maison de Kiboure- Bcrlhou , cette ville se trouva liée au parti des priuces et de la noblesse , contre ces communautés naissantes qui combattaient pour la liberté. L'est ce qui l'engagea dans plusieun guerres avec elles, et surtout avec celle de Berne. Mais , ïjwè» de fréquentes hostilités réciproques, les Fribourgeois firent une paix solide avec les Bernois, en se réunissant à eux par un traité de combourgeoisie perpétuelle. Les premiers conservèrent néanmoins leur attachement pour leurs anciens maîtres ; mais l'exemple des succès des Suisses ligués pour la défense de la liberté, l'amour de l'indépendance encouragé par l'épuisement des forces et du crédit de la maison d'Autriche dans la Suisse, l'intérêt de la paix avec les voisins, tous ces motifs agirent puissamment *ur une partie des Fribourgeois dont ils ébranlèrent la fidélité. La conduite indiscrète de l'archidac Albert, surnommé le Prodigue, acheva d'indisposer les esprits. Informes qu'Albert songeait à vendre au duc de Savoie (es droits qu il leur avait cédés , ils résolurent de se mettre sous la sauvc-g-irde de ce dernier. Les Fribourgeois, par- là, recouvrèrent leur tranquillité intérieure. On les vil , depuis, entretenir des liaisons plus étroites avec les huit cantons confédérés, en leurfournusant des troupesauxiliaires dans leurs diverse* expéditions contre la maison d'Autriche. Les Fribourgeois partagèrent aussi avec eux les risques et la gloire des trois victoires remportées pir les alliés sur Charles le Témiraire , duc de Bourgogne , * Granson, a Moral et à Nanci , dans les années 1476 et La duchesse de Savoie, Yolande , sœur du roi Louis XI et tutrice du duc Philibert, son fils, avait favorisé secrètement les entreprises du duc dé Bourgogne. Se voyant meiuree u* la vengeance des Suisses, elle demanda un congrès à Fribmirjp où elle obtint , a prix d'argent , de cette ville et de celle « Berne , qu'elle avait le plus a craindre , la paix pour ses fil*. Philibert et Charles , la sûreté pour Genève et la rc*ulul.<m

DES SUISSES ET DE LEURS ALLIÉS

• Si

du pays de VauJ , dont les Suisses s'étaient saisis. Mais une lia comblions de l'accommodement fut que Fiiljourg serait déclarée absolument libre de toute obéissance cnvi'rs la Savoie.

Des désordres occasions par les suites de In deruière guerre Jim les communes de dix ers elats libres de la .Suisse, engagèrent, en i4?8, les magistrats de Fribourg à former avec ceux de Zurich , de lté rue , de Luceme et de Soleure , une rouh-dératiort particulière pour leur silreté commune ; mais les canluns démocratiques s'en étant plaints, comme d'une infraction faite a la ligue , celte diserde fut étouffée, l'an 1481 (1),

Kune nouvelle contravention faite à Stanz dans le canton ndcnvatd. Ce fut alors que Fribourg avec Soleure fut admis dans ta confeilératinn helvi'tique. Il occupait alors le neuvième rang; mais B.lle étant drpuis enLrée dans cette union, Fn bourg occupe la dixième plate dans l'ordre politique. (Busching.) Fribourg a l'avantage, ainsi que toute la province, d avoir conserve la religion catholique jusqu'à nos jours. Cette ville est, depuis l'an i536, la résidence de levéque de Lau-

SOLEURE (Sol:>durum) t ville ancienne sur l'Aar, au pied du Mont- Jura, munie, par Dioctétien , «l'une forteresse dont on voit encore les ruines , avant été détruite par les invasions des Allemands, des Huns, et d'autres barbares, dut son rétablissement, ou du moins son accroissement , à la fondation d'un monastère, faite vers l'an q3o , sous l'in-

vocation de Saint-Ours, par Berlue, femme Je Rodolphe II, tramjuraiie. Après l'extinction de ce mination

roi de la Bourgogne tramj

royaume , Soleure étant tombe sous ta domination des empereurs. Ixftliairc II y établit gouverneur du pays, Conrad, duc de Zéringen , nui le transmit a ses descendants. I.a maison de Zéringen ayant uni , Fan 1218 , le pays revint à la disposition des empereurs , dont la ville de Soleure obtint divers

Sriviléges, entr'autres celui d'élire un conseil pour l'exercice c la police municipale. L'avoyer, ou premier magistrat, y présidait a la justice criminelle au nom du chef de l'empire; mais, avant le milieu du quatorzième siècle , la ville de Soleure racheta , des comtes de Bucbeg, ou Bucbeck , le droit de glaive, que les empereurs leur avaient inféodé. Soleure avait dès lors acquis un territoire et plusieurs nouveaux droits , tels que celui de battre monnaie, celui de péage, et d'autres de juridiction et de police.

En i3i8, Fénp'ild, duc d'Autriche, trois ans après sa défaite à Morgartcn , pour réparer ce revers , vint faire le siège de Soleure. La rivière, étant alors grossie considérablement par les pluies , entraîna le pont qui la traversait avec les soldats dont le duc avait eu l'imprudence «le le charger. Les assiégés en sauvèrent un grand nombre par une générosité dont te duc leur tint compte en levant le siège. En i38s, la ville de Soleure , trahie par un chanoine , courut risque d'être surprise par les comtes de Kibourg. Le complot fut heureusement découvert au moment de l'exécution. Depuis ce tems , elle entretint de fréquentes correspondances avec les cantons ligués. l>s services qu'elle leur rendit dans les différentes guerres qu'ils eurent à soutenir , lui méritèrent ■ avantage de leur être associée, l'an 1481 , en même tenu que Fribourg, sous le litre d'onzième canton, quoique dans l'ordre chronologique elle ne forme que le dixième avec son district qu'elle a tort étendu par diverses acquisitions successives.

C'est a Soleure que réside l'ambassadeur de France auprès du corps helvétique. Le gouvernement de Soleure est démocratique , et les nouveautés en matière de religion en ont

de trois éveebés. La ville et deux bailliages sont du diocè« de Lausanne. Les faubourgs de Soleure et quelques districts sont de celui de Constance. La plus grande partie du canton est du diocèse de Baie.

toujours été bannies. Ce

pour le spirituel , relèv

(1) El non en f488, cou U toU de M. Ttcbanier.

porte, par une faute tjrp o graphique ,

BASLE ou R Y LE (en latin basiïea ou Basitià) , ville I du pays des Bauraques, située sur les deux bords du Rhin, prés des frontières de l'Allemagne et de la France, est la capitale d'un canton de la Suisse que l'on compte dans l'ordre politique pour le neuvième, et pour l'onzième dans l'ordre chronologique. Elle était peu considérable, malgré l'avantage de sa situation , avant que celle d'Augst (Augusta Rauracorum) , située à une lieue plus haut, eût été renversée par Attila, pour se venger de la défaite qu'il venait d'essuyer dans les champs catalauniques. Rite profita de la ruine de cette ville, en donnant retraite a ses habitants fugitifs. Augsl , depuis ce tems, n'est plus qu'un pclil village, dont quantité de médailles, et d'autres antiquités que l'on y découvre, attestent la grandeur primitive. Râle faisait partie du royaume d'Allemannic, conquis par les enfants de Ciovis. Valanus, evêque d'Augst , y transféra son siège vers Tan 748. M. de Walteville pense néanmoins que Chartemacne dut avoir transféré le temporel de la ville de Bile à l'évécné, avant l'an 81 3. Mais il avoue que les rois de Bourgogne, qui vinrent ensuite, le reprirent et se l'approprièrent. Bile devint une ville impériale lorsque l'empire fui transporté en Allemagne , et ses évéques s'érigèrent depuis en souverains, a la faveur des troubles qui agitèrent l'Allemagne au treizième siècle. Ims Râlois obtinrent de ces nouveaux seigneurs divers privilèges, qui firent de leur ville et de ses dépendances une espèce de république. Les empereurs, néanmoins, avaient conservé, sur l'église de Bile, te droit d'avouerie. Mais, en i34^, Charles IV en fit cession aux Râlois , qui par là devinrent , en quelque sorte , les protecteurs de t'évéque et ses maîtres. Leur pouvoir s'accrut , en i3^3 , par le droit de ltatlre monnaie , qu'ils obtinrent de Jean de Vienne, leur évêque. On voit qu'en i3->7 ils formèrent un tribunal composé de dix nobles et de dit bourgeois, pour veiller à la conservation de ta paix publique et de la liberté. Mais ils ne jouissaient point encore de la juridiction civile. Elle était possédée en fief par le prévôt du monastère de Saiut-Alban. Les Râlois en firent l'acquisition en i3*8. Enfin , en 1896, l'évêOue Humbert de Naumbourg leur vendit les bailliages de Liestal, de Wallenbourg et de ilomberg. Ce fut a Bâte que s'assembla, en i43i , le dix-septième concile général , dont nous avons déjà rendu compte. /£neas Sylvius, qui avait éle secrétaire de cette assemblée, étant devenu pape sous le nom de Pie II, fonda uneuniversitéàRaleeoi4ta.Zurichayantroulu s'emparer du Toggenbourg, en i436, après la mort de son dernier comte , les autres cantons, qui lui disputaient cette succession, vinrent l'assiéger en i438. Bâte se déclara pour eux, et leur fournit des troupes pour celte expédition. Elle eut aussi part, CD i444 ♦ aux exploits des Suisses contre le dauphin Louis , envoyé par le roi Charles VII au secours du duc d'Autriche, et pour disperser le concile qui continuait à se tenir dans cette ville contre le gré du pape Fugène IV. Dans la guerre des Suisses contre le dernier duc de Bourgogne, les troupes de Râle partagèrent avec eux la gloire des journées de Granson , de Morat et de Nanci , qui furent si fatales à ce prince. Unis toujours d'intérêts aux Suisses, il ne manquait aux Râlois que de leur être incorporés. C'est ce qu'ils obtinrent en idoi . La ville de Râle persévéra dans l'ancienne religion jusqu'en i5ag. Celle année, le i tr . avril, d'après les prédications de Jean Oecotampade, disciple de Zuingle, le sénat ou le grand-conseil abolit la messe, fit brûler les images, et interdit tout exercice de la religion catholique. Le chapitre de la cathédrale chassé, ainsi que tous tes autres prêtres et les religieux de l'un et de l'autre sexe , alla s'établir à Fribourg , en Brisgaw , dans le diocèse de Constance , où il continue de faire sa résidence. L'évêque faisait dès-tors la sienne à Porcntru , ville à neuf lieues de Râle. On ne doit pas coufbnJie

i3* CHRONOLOGIE

son évéchc, où il est comme souverain, avec Je canton de Bile, dont les terres sont entièrement indépendantes de lui, tant au temporel qu'au spirituel, la religion prétendue réformée y étant la dominante. I.e gouvernemeul de Râle est arislo-dcmocratique; mais la noblesse n'y a aucune part, à moins qu'elle ne soit agrégée a quelque corps de U ville. Du reste, elle y est en très - petit nombre depuis qu'elle en a été chassée poui s'être opposée a la prétendue reforme. L'autorité souveraine réside dans le grand et le petit conseil réunis, qui forment ensemble un nombre de deux cent quatre-vingts personnes.

Bile est la plus grande ville de toute la Suisse. Le Rhin la divise en grande et petite ville, qui sont jointes par un pont de six cents pieds de long.

SCHAFFHOUSE (en allemand Srhajhaustn) , ville située a une lieue au-dessus de la grande cataracte du llliin , sur la rive droite de ce fleuve, entra, le 10 août de la même année, nue Râle dans la confédération helvétique. La nécessité de débarquer, a l'endroit où celle ville existe , les marchandises qui descendaient le Rhin , et le transit de la Suisse en Allemagne, ont uns doute occasions, dit M. Tscharncr, 1rs premiers établissements dans ce lieu. Le bourg, nommé Srujhusitum dans un acte du règne de Charle magne , paraît être le même que Schaffhouse. Un monastère qu'Eberhard . comte de Nellenbourg , à qui ce terrain appartenait , y fonda l'an io5a , et où il finit ses jours après lui avoir cédé tous ses droits seigneuriaux, contribua beaucoup à l'agrandissement de SchaJîhouse, par le grand nombre d'artisans qu'il y attira. Schaffhouse , dans la suite , devint ville impériale, et son administration prit alors la forme d'une aristocratie bourgeoise. Mais l'empereur Louis de Bavière restreignit sa liberté naissante, en l'engageant aux ducs d'Autriche qui en restèrent maîtres jusqu'en 1415. Six mille florins, payés alors a l'empereur Sigismond , remirent de nouveau Schaffhouse dans son premier droit , de ne relever que de l'empire. Ce fut en vain que la maison d'Autriche employa la voie des négociations et celle des liosiillilés pour ramener Schaffhouse sous son joug. Les diverses alliances qu'elle contracta avec d'autre* villes impériales , la maintinrent dans son indépendance jusqu'en i5oi, époque, ainsi qu'on Ta dit, de sa réception dans la ligue helvétique, dont elle fait le douzième canton.

APPENZEL (Abbatis CeV/a), gros bourg de la Suisse, i quatre lieues sud - est de Saint-Gall, rapporte son origine a un domaine, dont le roi Pépin fit donation à l'abbaye de. ce nom. L établissement qu'elle y forma, s'étant accru par différentes acquisitions dans le cours de plusieurs siècles, devint le chef-lieu d'un pays de dit lieues en longueur sur sept de larcur. Huit, tant bourgs que villages, avec un grand nombre l'habitation» isolées répandues dans la plaine et sur les montagnes, composent ce pays distribué en vingt-trois rhodes ou compagnies , dont les chefs portent encore aujourd'hui le nom de capitaines. De ces rhodes, quatre forment les rhodes intérieurs, et les dix-neuf autres les rhodes extérieurs. Les Appcnzcilois, après avoir clé soumis, pendant plusieurs siècles, à la loi de la servitude féodale envers l'abbé de Saint-Gall, obtinrent de lui, en 1277, la permission de se donner un chef, ou magistrat, sous le nom de i andaminan. Ce premier pas vers l'indépendance, n'eut pas île suite jusqu'en i3tio. I.es Appenzellois, «'étant alors alliés, avec le consentement de l'abbé llerman de Bonslellen, aux cantons de Schwitz et de Glaris, commencèrent à vouloir s'émanciper a l'exemple de leurs voisins. Mais le défaut de concert entre eux, tint en suspens cette disposition l'espace de quarante ans. Les esprits s'étant à la fin réunis, la révolution éclata subitement l'an i4»o. Quatre paroisses chassèrent les officiers de l'abbé , Cl bientôt après tout le peuple s ingagea , par serment , à maintenir sa liberté aux dépens de

son sang. Les troupes envoyées par l'abbé pour les réduire, furent repou«ées ainsi que celles qu'il obtint des villes et de la noblesse, de Suabe.

Frédéric, duc d'Autriche, étant venu ensuite à son secours, n'eut pas un meilleur succès. Ayant mis le siège devant la ville de Saint-Gall, également soulevée-contre l'abbé, il fut obligé de se retirer avec perte. Pour se venger de ce prince, les San-Gafiois, faisant désormais cause commune avec les Appenzellois , marchèrent vers le Tyrol, saccageant et rasant sur leur roule tous les châteaux de leurs ennemis. Mais ils essuyèrent, dans le Tyrol, un revers considérable devant la ville d>r Rregentx, dont ils avaient imprudemment entrepris le siège au milieu de l'hiver avec des forces insuffisantes, (.ontrainls de revenir sur leurs pas dans un état délabré , ils subirent après cela d'autres échecs qui les menaçaient de plus grands malheurs, dont heureusement l'empereur Robert les préserva , en leur faisant souscrire une trêve l'an 1408. Tranquilles dès-lors pendant quelques années, mais toujours en garde et contre l'abbaye et contre la maison d'Autriche, ils se lièrent , en 1 4 1 1 , par un traité de combourgeoisie perpétuelle , avec les sept cantons les plus à portée de les secourir. L'entremise de ces alliés procura bientôt un traite définitif, par lequel il fut réglé que les Appenzellois seraient reconnus 00 peuple libre et indépendant, sauf néanmoins les censés et rentes de 1 abbé qui lui furent conservées avec les autres contributions qu'on eut soin de fixer, au lieu qu'elles étaient auparavant indéterminées , et sous la réserve pour ce peuple de se racheter de tous les impôts et redevances. Mais celte paix ayant déplu aux esprits les plus échauffés, leur mutinerie leur attira un interdit de l'évêque de Constance. C'était le second dont ce prélat les frappait. Le comte de Toggeubourg s'étant déclaré pour l'abbe, ses troupes furent défaites dans un combat. Mais il se releva de ce revers par une victoire qu il remporta sur eux à son tour, et dont l'effet fut tel , qu'obligés de demander la paix , ils se soumirent a une amende de deux mille florins envers l'abbé, pour obtenir la ratification du dernier traité. Ils demeurèrent tranquilles après cela, l'espace d'environ quatre-vingts ans, pendant lequel ils achetèrent des nobles de HagenwiT le bailliage de Rinlhal. Mais une violence exercée trente ans après envers labbe de Saint-Gall, leur fit perdre cette acquisition. Ce prélat ayant besoin d'une place pour étendre ses bâtiments, en fit ta demande a la ville de Saint-Gall. Sur le refus qu'il essuya , il voulut faire construire un second monastère à Rosbarh , pour s'y retirer ta cas de besoin. L'ouvrage étant déjà commencé , les San-Gallois craignirent que la concurrence de ce nouvel établissement ne préjudiciât à leur commerce. Dans cette appréhension, s'étant associés aux Appenzellois , ils en rasèrent les édifices. Ce fut l'occasion d'une nouvelle guerre. Les quatre cantons de Zurich, de Lucerne, de Schwitz et de Glaris, sous la protection desquels était l'abbaye, offrirent en vain leur médiation pour terminer les hostilités. Leurs bons offices ayant été rejelés , les cantons les forcèrent par les armes de se soumettre a leur jugement. Il fut sévère. Les coupables furent condamnés à des dédommagements considérables envers l'abbé et aux frais de la guerre. Mais, pour tenir lieu de ce dernier article , les cantons se saisirent du Rbinthal , à la corégence duquel ils voulurent bien néanmoins dans la suite admettre ceux qu'ils en avaimt dépouillés , et cela en récompense des secours que ceux - ci leur avaient prêtés dans la guerre contre la ligue tle Suabe.

Eu 14^3, les Appenzellois resserrèrent les nœuds qui les unissaient aux cinq cantons de Lucertic, de Schwitz, d'Underwald, de Zurich et de Glaris. Le traité de combourgeoisie qu'ils avaient auparavant fait avec eux, fut converti eu une alliance perpétuelle. C'était un acheminement pour entrer dans la grande confédération helvétique. Le pays d'Appenzel n'y fut cependant admis qu'en i5i3, sous le* nom oe treizième et dernier. Son gouvernement est purement démocratique. Tout homme,

au-dessus de seize ans, a droit de suffrage dans les assemblées du peuple, où l'on délibère sur les affaires de l'état. La religion

DES SUISSES ET DE LEURS ALLIÉS

est mixte dans ce canton ; les rhodes intérieurs sont catholiques, et les rbodes extérieurs professent le Calvinisme. )

Quoique l'esprit de la nation suisse ne soit point et n au jamais élé d'étendre ses possessions au - delà des bornes que la nature semble lui avoir prescrites, cependant le prix des services qu'elle a rendus aux ducs de Milan, dans le quinzième

siècle,' lui a valu sept bailliages Ju Milancz, situés au pied des Alpes. Ce sont ceux de Mendrisio, Lugano, Locarno, Valma dia, Bellinzone, Riviera et Val-Brenua. De ces bailliages, les quatre premiers, par donation de Maximilien Sforce , laite en iSia, et conGrmee, en i5i3, par le roi François 1, appartiennent aux douze aociens cantons , et les trois autres aux seuls canton d'Uri, de Schwiuet d'Underuald, qui les avaient achetés du duc de Milan au commencement du quinzième siècle.

La grande confédération des treize cantons ne les empecua pas, soit tous en général, soit chacun en particulier, de faire d'autres alliances, et des traités de combourgeoisie, avec les villes et les états de leur voisinage, pourvu que ces traités ne prèjudiciassent point à leurs premiers engagements. Klle ne les empêcha pas non plus de faire des conquêtes à leurs risques , et pour leur propre compte, sur les états qui les environnaient. De celte liberté résulta, pour ceux qui se croyaient en force, le désir, non-seulement Je s'agrandir, mais f émulation de se prétenir, en s'attribuant le droit de propriété sur les pays qui louchaient à leur territoire. Le canton de Zurich avait de» vues sur le comté de Toggenbourg, ou de Tockenbourg, dont le dernier propriétaire, Frédéric lll, avait permis a ses sujets de prendre successivement des liaisons avec les cantons de Zurich, de Schwilz et de Claris. Les ducs d'Autriche formaient les mêmes projets. Les Zuricois, plus avides, les devancèrent, et, sans attendre la mort du comte , ils prirent les armes pour envahir sa succession; mais les cantons neutres les arrêtèrent, en les obligeant de respecter les droits des deux autres cantons intéressés. Les esprits semblaient se calmer, lorsque deux hommes, d'un caractère allier et opiniûtre, l'un de Zurich, 1 autre de Schwilz, firent revivre les hostilités. Les Zuricois alors prirent le parti de se liguer avec l'empereur Frédéric 111 et les autres princes de la maison d'Autriche, dont ils reçurent garnison dans leurs murs. Bloqués, après un combat ou ils furent défaits, ils virent, pendant deux campagnes, saus oser tenter de sorties, leur territoire cruellement saccagé. Les ducs d Autriche , trop faibles pour proléger leurs sujets et leurs alliés , appellent à leur secours, en i4*4, le dauphin Louis , envoyé par le roi Charles VU, son père, a la sollicitation du pape Eugène IV, pour disperser le concile de Bile , qui avait dépose ce ponlife en i43q. Ce jeune prince, qui régna depuis sous le nom de Louis XI, arrive de l f Alsace, qu'il dévastait alors avec les grandes compagnies, et dirige sa route droite à Baie. Celte ville, étant sans garnison , fait avertir du danger qu'elle court I armée des Suisses , occupée à faire le siège du château de Farnsberg. Douze cents hommes, qui en sont détachés le ali août de la même année , viennent se présenter, a un quart de lieue de Bile, devant l'avant -garde du dauphin, composée de huit mille hommes , sous les ordres du comte de Dammartin , qu'ils repoussent jusqu'au gros de l'année, qu'on fait monter à trente mille hommes. Emportés par leur courage , ces douze cents soldais n'écoutent p lus la voix de leurs officiers , qui faisaient inutilement leurs efforts pour les arrêter ; ils se précipitent sur le pont Saint- Jacques, gardé par huit mille hommes. N'ayant pu forcer ce passage, ils vont prendre poste dans une île au-desdu pout, où, étant attaqués, ils périssent tous glorieuse-

lorcer suus ment

Leurs camarades, n'ayant pu "se faire jour à l'année ennemie, se jettent dans l'hôpital de Saint - Jacques. Cette maison avait dc-s jardins enfermés par de hautes murailles. C'est U que soutint , pendant dix heures , les assauts d'une armée entière, celle poignée de suisses dont il ne resta que douze hommes, qui furent notés d'infamie par leurs compatriotes. Oo fait eut de huit mille français qui périrent a cette journée.

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( YVattcville, Tscharner.) Cette victoire, si chèrement achetée,

apprit au dauphin a respecter une nation , dont il n'avait pas ..„.. : i„. r.. . i : . t„

jusqu'alors une idée fort avantageuse. Le roi , son père , entra dans les mêmes sentiments, et , l'an i453, il conclut, au mou de novembre, par ses ambassadeurs, avec les huit cantons et la ville de Soleure, un traité d'alliance, dont les conditions furent que ni lui, ni ses successeurs, ne prêteraient secours à leurs ennemis, qu'ils auraient l'entière liberté de passer sur les terres de France, de s'en retourner avec tous leurs biens, armes et bagages, et d'y faite le commerce, en observant les lois du royaume pour les marchandises prohibées. Louis XI renouvela le même traité a Abbevillc, le i- novembre 1 4'>3 .

Il ne restait plus a la maison d'Autriche , dans la Suisse, en 1460, que le bailliage de Thurgovie et Winterlhur. Le bailliage de Thurgovie , ou de Thourgau , traversé par la rivière dcThour, et le plus étendu de la Suisse, fut conquis, cette année , par les anciens cantons , celui de Berne non compris. Le gouvernement de ce pays est sous la souveraineté des huit anciens cantons, qui , tour a tour, y envoient pour deux ans uu bailli , dont la résidence est à Fraucnfeld , la principale ville de la Thurgovie. Wiuterlhur, ville municipale, ayant eié hypothéquée , en 1467, parle duc Sigisinond , au canton de Zurich , lui fut entièrement cédée par les traités qui ont suivi.

Sigismoud , duc d'Autriche , ayant engigé , dans le mois de mars 1469 , le comté de Ferrelle , le Sumlgaw, l'Alsace et les quatre villes forestières, à Charles, duc de Bourgogne, ce prince leur donna pour bailli Pierre de llagrnbach, ennemi déclaré des Suisses , leurs alliés. Ce gentilhomme ne tarda pas a faire éprouver les effets de sa haine à celte nation. Les Suisses, après avoir supporté, pendant environ quatre ans, ses procédés viulens, chargèrent la république de Berne de faire parvenir leurs plaintes à Chai les. L'ambassade qu'elle lui envoya ayant été mal accueillie , le roi Louis XI profita de leur mécontentement pour conclure avec eux un nouveau traité d'alliance, dont il fil dresser l'acte , le 11 juin 147+ » a Senlis. Ce traité , qu'on a nommé l'Union Mrtditaire , assurant aux Suisses la protection- de la France, les enhardit à déclarer la guerre au duc de Bourgogne , le çj octobre de la même année. On a parlé ci-devant des suites de celte guerre qui fut si fatale à ce prince.

Les Suisses avaient trop bien servi , contre le duc de Bourgogne, la haine de Louis XI , pour ne pas mériter une ré-

compense. Elle leur fut accordée , au mois de septembre 1481 , par des lettres - patentes qui renferment tout le fonde ment des privilèges dont les militaires suisses sont en droit de jouir dans le royaume. En voici la substance : « Tous les » Suisses qui sont ou seront au service de sa majesté , à ses » gages et à sa solde, mariés ou habitués dans le royaume, » pourront y acquérir tous biens meubles et immeubles , » les posséder et en disposer par testament, ainsi que leurs » femmes, enfants cl héritiers, lesquels pourront les posséder » et leur succéder comme s'ils étaient nés dans le royaume, » sans être obligés, à raison de celte faveur, de payer aucune » finance ou indemnité. Et afin que les gens de guerre de la » même nation qui demeurent ou viendront demeurer en » France et qui seront à ses gages et solde , puissent mieux - vivre et s'entretenir honnêtement sans être inquiétés eux et ■ leurs veuves, durant leur viduité, ils seront, leur vie du- » ranl , exempts de toutes tailles , impots, aides et subvention, » seront aussi exempts du guet et garde de porte en quelque » lieu du royaume qu'ils s'établissent ». ( VVallcville. ) La nation est demeurée en jouissance de ce privilège jusqu'à no, jours.

Les Suisses ne persévérèrent pas néanmoins invariablement dans leur fidélité envers la France. Séduits par le cardinal de Sion , Mathieu Scbiner, ils embrassèrent , l'an ii>io, par un traité d'alliance , le parti du pape Jules II, déterminé à chasser

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

d'Italie , les Français. S'étanl acheminés au nombre de douze mille, vers le Milanez, le maréclial de Chaumont les obligea de retourner sur leurs pas. Rappelés en Italie, l'an i5t2, par le pape et ses confédérés , ils font une irruption subite dans le Milanez, et rétablissent, dans ce duché, Maximilien Siorce , dont le père était mort prisonnier en France. L'année suivante, ils gagnent , le ti juin, sur les Français, la célèbre bataille de Navarre. Conduits ensuite par Jacques de Waltevillc, en Bour ne, ils mettent le siège, au mois de septembre, devant

iijon , ville presque sansdefeuse, qu'ils auraient infailliblemeii emportée sans l'argent que le commandant U Tremoille leur promit pour les engager a s'en retourner.

Jules II était mort alors. Son successeur, Léon X, renouvela l'alliance du saint siège avec les Suisses , sans néanmoins rompre ouvertement avec la France. François I, qui remplaça, le t janvier i5i5, Louis XII sur le trône de France, tenta vainement de regagner cette nation. Le refus qu'elle fit d'admettre les offres qu'il lui faisait , ne détourna pas ce prince du dessein où il était de reconquérir le Milane*. Les Suisses, avertis de sa marche , par Maximilien Sforce , font passer au secours de ce duc, un corps de douze mille hommes, qu'ils renforcèrent bientôt par de nouvelles troupes, fier de quelques avantages qu'il remporta d'abord , le roi de France engage U célèbre bataille de Mariguan, qui dura le 1 3 et le 1 4 septembre. Parlant de cet événement , le maréchal Trivulce, qui s'était trouvé à dix-huit batailles , disait que toutes les autres n'étaient que des jeux d'enfants , mais que celle-ci était un combat de géants. La victoire, après avoir si long— teins chancelé, se décida enfin

tour les Français , et les suites en furent des plus avantageuses, .es Suisses reprirent le chemin de leur pays, et le duché de Milan passa entièrement sous l'obéissance du roi. Cependant, le monarque victorieux ne perdait pas de vue sa paix avec les Suisses L'ayant fait proposer, il trouva les esprits fort partagés. Huit cantons , néanmoins, voulurent bien y acquiescera certaines conditions. Mais les cinq autres persistèrent dans leur cloigncment pour la France. Néanmoins , aucun des partis ne prit directement part à la guerre qui se renouvela , Tannée suivante , dans le Milanez. Le sacrifice que le roi fit a la nation de quelques bailliages du Milanez qu'elle avait obtenus de Maximilien Sforce, pour récompense de ses services , et l'assurance qu'il lui donna de la rembourser de quatre cent mille écus au soleil (i), pour les frais de la guerre de Dijon, avec trente mille (a) autres, pour les campagnes des Suisses en Italie , deux mille livres (3) de pension annuelle pour chacun des treize cantons , et la confirmation des franchises qu'ils avaient obtenues de Louis XI et de Charles VIII, firent revenir les esprits prévenus, et disposèrent tout le corps helvétique i signer unanimement , le a5 octobre i5i5, un traité de paix perpétuelle avec le roi ; traité qui a servi de base à toutes les alliances qui ont été faites depuis avec la France.

Outre la grande confédération des treize cantons qui forment proprement le corps helvétique, chacun d'eux en particulier,

(0 La première année du règise de Franco» l»r. , le» t'eus au lolcil étaient à a3 carats et un huitième Je lot , et de la taille de 70 au marc , par conséquent 4oo mille écus pesaient 5ti4 marri et deux septièmes, lesquels, à raUon de 796 livres 7 sous 9 deniers trois quart*, le marc , suivant la déclaration de 1785, produiraient de notre monnaie actuelle 4,56a,a3a livre» a sous 10 deniers deux septièmes.

(a) 342,167 livres 8 sous a deniers quatre septièmes, monnaie ayant cours en cette année 1 789.

(3) L'argent monnayé, en i5i5, s'appelait testons; il* étaient a 11 deniers 18 grain* de loi et de a5 et demi au marc, ayant coure pour 10 sous pièce. Ainsi , a 000 livres font 1 56 marcs 6 onces 7 gros 1 a en. ; et puisque, suivant la déclaration déjà citée, l'argent au litre susdit vaut 5a livres 6 sous to deniers ii le mare, il s'ensuit que la somme en question, pour cbaqne canton, vaudrait aujourd'hui 8a «o livres i 9 sous a. deniers iil , et pour les treise 106,74a liv. 9 s. 3 ±1 d.

ou tous en commun , ont contracté , comme on l'a déjà remarqué, différentes associations , selon qu'il convenait à leurj inlércMs, avec divers états voisins. Nous mettons à la tète de c< 1 associés l'abbé de Saint-G >LL. On sait que son monastère (1.1 fondé par le saint dont ii porte le nom , vers le commencement Ju septième siècle. Lu 120., l'abbé de Saint-Gall hit ëlcvéà la dignité de prince de l'empire Ses puissions étaient dès-lors t<irt étendues, et le mettaient eu elal de soutenir le rane auquel il était parvenu ; mais elles excitèrent la jalousie de plusieurs de ses voisins , contre lesquels il se mil eu garde, pour assurer sa tranquillité. Lu vertu d'une alliance défensive, qu'il fit , en loiii , avec les cantons de Zurich, de Lucenie , de Schwiuet de Glaris , il est regarde comme le premier associé de la république helvétique , aux diètes Je laquelle son député a voix et séance après ceux du canton d'Appenzcl. Les étals de l'abbé de Saint-Gall étaient autrefois beaucoup plus étendus qu'ils ne le sont aujourd liui , y compris le comté de Toggenbourg, qu'il acquit en i4*'J ; le nombre de ses sujets monte encore à quatrevingt-douze mille âmes. ( Busching. ) Les Toggenbourgeois ne furent pas les plus soumis de ses peuples. Les nouvelles opinions, au seizième siècle, s'étant introduites parmi eux, ils se mirent sous la sauve-garde des cantons de Berne et de Zurich, qui prirent leur défense contre les efforts que fit l'abbé pour les ramener à la foi de leurs pères , et faire valoir plusieurs droits qu'ils prétendaient être abolis. Les querelles qu'ils curent avec lui , se prolongèrent jusqu'en 171a. Ce fut alors qu'on vit, a leur occasion , éclater une guerre entre Zurich et Berne , d'une part , et les cantons de Zng , Uri, Schwitï et Underwald de l'autre. I. 'abbaye fut pillée par les premiers; mais, i la paix qui se fit dans la ville d'Arau , l'an 1719 , on convint que les effets enlevés seraient restitués , et surtout la bibliothèque qui est d'un grand prix pour les manuscrits , dont on fait monter encore h présent le nombre à mille trente-deux.

Une chose nui avait le plus contribué a l'agrandissement de l'abbaye de Saint-Gall, était que, dès les premiers siècles de sa fondation , elle s'était rendu célèbre par la science et l'habilité de plusieurs de ses membres. On y avait établi , vers la fin du huitième siècle , une académie qui produisit un grand nombre de savants hommes et de bons écrivains, pour le tems , tandis que le reste de la Suisse , dit la Marlinière, était plongé dans les ténèbres de la barbarie et d'une crasse ignorance. La noblesse du voisinage y mettait ses enfants pour 1rs faire instruire, et ceux-ci, par reconnaissance, ne manquèrent pas de faire du bien à leurs maîtres , quand ils en trouvèrent l'occasion. L'amour des lettres et le zèle pour l'éducation de la jeunesse, subsistent encore dans celle maison, où il)* deux écoles , l'une intérieure pour les jeunes religieux , l'autre extérieure pour la jeunesse du dehors. Plusieurs religieux sont employés à prêcher et a catéchiser dans l'église abbatiale. La régularité , d'ailleurs , est en vigueur dans le monastère. Nous ne parlons point des bâtiments, dont la beauté répond à s"Q opulence. On y peut remarquer trois parties considérables: legfise , nommée en allemand Munster, qui est riche et magnifiquement ornée ; le palais de l'abbé, qu'on appèle en allemand PJalcz, et le corps de logis où demeurent environ cent religieux.

Iji ville de Saint-Gall doit son existence à l'abbaye. Dans le dixième siècle , elle n'était encore qu'un bourg ; mais les Hongrois ayant pénétré, l'an o,54 , en Suisse, on commença a fermer Saint-Gall de murailles, pour la mettre i l'abri des ravages de ces barbares, et h la fortifier en y construisant des tours, et en bordant son enceinte de larges fossés; ce nui fut achevé en 980. ( Délices de la Suisse, tom. III.) Divers privilèges qu'elle obi int des abbés et des empereurs , servirent à en augmenter la population, parle grand nombre d'étrangers qu'ils y attirèrent. Cependant son terroir est très-ingrat. On n y voit ni laboureurs» ni pâtres , ni vignerons. C'est au commerce et à l'industrie que Saint-Gall doit «on opulence. La ville de Saint-Gall fit , «>

DES SUISSES ET DE LEURS ALLIÉS

arec tout le corps de la république hehetiquo. aJoplé,l'an i5a$, les nouvelles opinions , elle par-la, les cantons catholiques, qui, l'an t5S6, ton alliance. Le gouvernement de Mulhausen <

, arec celle de Nuremberg, on Iraité d'alliance, en vertu duquel elles sont respectivement exemptes du droit de péage. La première , à la faveur des différentes immunités qu'elle acquit successivement des abbés , est parvenue & se tirer entièrement de leur dépendance , et à devenir une république. Elle l'était dr'jà , lorsqu'en 1 4^4 * 'l' e fi' alliance avec les cantons de Zurich, de Borne, de Lucerne , de Schwitz , de Zug , et de Claris. {Délice* de la Suisse, ibid. ) Avant 171a, la communication était parfaitement libre entre la ville et l'abbaye ; mais , par l'accommodement d'Arau , il fut réglé qu'il y aurait entre l'une et l'autre, une double porte qui s'ouvrirait et te fermerait des deux côtés.

Muuuusen , ville agréable et bien peuplée du Sundgaw , située sur la rivière d'fll , devenue ville impériale après avoir fiit partie du domaine de l'éveque de Strasbourg , s'érigea en république a la faveur d'une alliance qu'elle contracta u abord avec les cantons de Berne , de Fribourg et de Soleurc , puis , rn 1464 , avec les sept plus anciens caotons, et enfin , l'an i5t4, arec tout le corps de la république helvétique. Mais , ayant

'le mécontenta , renoncèrent a

gouvernement de Mulhausen est démocratique, et les bourgeois qui le composent sont partages en six tribus, d'où l'on tire le grand-conseil, composé de vingtquatre conseillers, et le petit composé de dix-huit, présidés , 1 un et l'autre , par des bourgmestres.

Une alliance plus importante et plus utile des Suisses , fut celle qu'ils firent avec les Grisons , dont le pays, situé a l'Orient de PHelvétie , s'appela it , anciennement , la Rhétie. Il a pour bornes , au nord , le comté de Tyrol et le comté de Sargans, a l'occident , les cantons de Glariset d'Uri , au midi les bailliages communs que les cantons possèdent en Italie, le comté de Chiavenna et la Valleline , et à l'orient le Tyrol encore et le comté de Bormio. U se partage aujourd'hui en trois grandes parties qu'on nomme ligues , savoir , la ligue haute ou grise , a . la ligue caddée ou de la maison-dieu ( Casa-Dei ) , ainsi nommée, parce que c'est dans ce pays que se trouve l évéche de Coire , et la ligue des dix droitures ou des dix communautés. Le nom de Rhetie comprenait aussi une partie de la Suabe, et on distinguait b haute et ta basse Rhélie. A l'époque de la décadence de l'empire, les Allemands conquirent cellesci ; U haute fut le partage des Ostrogots qui la réunirent à leur royaume d'Italie. Les enfants de Clovis l'ayant conquise au sixième siècle , elle fut unie , par la suite, au royaume de la Bourgogne transjurane, d'où elle passa sous la domination des empereurs d'Allemagne. On vit alors des comtes , dans la haute Rhétie, qui étendirent insensiblement leur domination féodale. Les guerres fréquentes qu'ils eurent entre eux sont attestées par le grand nombre de masures qu'on aperçoit encore sur les pointes les plus basses des rochers qui bordent les vallons. Ce sont des restes des citadelles qu'ils avaient élevées les uns contre les autres et contre leurs vassaux, que l'oppression portait souvent a se révolter. A la fin , ceux-ci , a l'imitation des Suisses , reprirent le dessus, et secouèrent le joug de la tyrannie. S'étant rendus libres, les Grisons formèrent insensiblement, entre eux, les trois ligues dont on vi>'nt de parler. La ligne grise et la ligue caddée s'unirent par une alliance en 1 4 2 4- Celle des dix droitures ou juridictions , après avoir été soumise aux comtes de Toggcnbnurg jusqu'en i4iT), époque de leur extinction , s'étant mise en liberté à la faveur des querelles qui sVlcvèrent entre leurs héritiers, se forma en corps de république, et subsista, par elle-même , jusqu'en 1 47 > • f" 1 »' or * qu'elle fit alliance avec la ligue grise et avec la caddée. Celte confédération générale, fut renouvelée en 1 544- I' ar t i t é confirmé Pan i?i a. les trois ligues s'engagèrent réciproquement i ne faire aucune alliance, aucune guerre, ni traité de paix , que d'un commun accord ; elles convinrent de se secourir a

leurs propres frais les unes le* autres, et de posséder, en commun , les conquêtes qu'elles feraient sur l'ennemi. On y régla la manière de terminer leurs différents entre des communes particulières , ou entre les diverses ligues. Le gouvernement des est démocratique et la religion mixte.

trois ligues

COIRE, ville épiscopale dont on prétend qu'Antonin fait mention dans son Itinéraire, sous le nom de Curia, est la capitale des Grisons. Elle est divisée en deux parties inégales, dont la plus haute et la plus petite, entourée de murailles et de tours, ne renferme guère que le palais de l'éveque, les maisons des chanoines, qui sont au nombre de vingt-quatre , mais dont il n'y a que dix qui jouissent de quelques revenus , et un hospice de capucins. L autre partie, beaucoup plus étendue, a d'assez belles maisons , et fait un certain commerce. La religion prétendue réformée est la seule dont y exerce publiquement le culte. L'évéque de Coire est prince de l'empire , et , en cette qualité, il a un représentant à la diète de Kalisbnnne.

Le pays des Grisons comprend divers vallons , séparés par des gorges et des hauteurs, dont quel:jues-unrs sont fermées par des neiges pendant une grande partie de l'année. Plus on s'avance au midi , plus ces vallons s enfoncent dans les hautes Alpes, qui'se terminent enfin , comme dans plusieurs endroits de la Suisse, à des glaciers inaccessibles, ou a des rochers si élevés, que toute végétation y cesse absolument C'est dans ces glaciers que le Rhin, l'Ion et l'Adda, les principales rivières du pays, prennent leur source. La ligue caddée et la ligue grise sont alliées , dès l'an i497i * l >x *•* cantons suisses, de Zurich, Lucerne, Uri , Sdiwilz, Cnderwald et Claris. « Celle

• des dix droitures sollicita d'y pouvoir accéder en 1 5G7 ; h-s

• cantons se contentèrent de lui donner des assurances d'amitié » et de la comprendre dès-lors sous le litre général de bons » voisins et alliés, dans leurs adresses aux trois ligues. Ces » ligues réunies ont fait diverses alliances , dès le commeme-

• ment du seizième siècle, avec les papes, avec la France, » avec la république de Venise, et un capitulai ou traité, sou- » vent renouvelé, avec les ducs de Milan. Elles sont particule lièrement unies par des traités d'alliance perpétuelle avec la » république du Valais, depuis 1600, avec celle de Berne, » depuis 160a, et avec celle de Zurich, depuis 1707. Vers le ■ commencement de ce siècle , les trois ligues ont fait encore

• une démarche inutile auprès des cantons pour être incor- » porées a la confédération helvétique. Leur indépendance de » l'empire d'Allemagne est reconnue et garantie par le traité » de Westphalic de 1648. Elles sont toujours sous-entendues » sous la dénomination générale des alliés de Suisse , et en » jouissent , tant en vertu de ce titre , qu'en conséquence de » leur alliance particulière, par les privilèges accordés par la » France à toute la nation suisse. » (Tscharner. )

L'intérêt que les Grisons prirent aux querelles des différents princes qui se disputaient le duché de Milan, leur a procuré trois provinces situées an delà des Alpes, du côté de l'Italie: ce sont le comté de Bormio , U Valleline et le comté de Chia^ venna.

BORMIO, comté situé sur les confins do Tyrol et des Grisons, environné de tous cfllés des Alpes, qui ne lui laissent qu'une ouverture par laquelle l'Adda s'écoule, forme une contrée longue de dix lieues, mais droite, fertile en grains et en bétail. Les Grisons en firent la conquête en i.îia. I.a religion catholique s'y esl maintenue jusqu'à nos jours. Sa capitale, qui n'est qu'un gros bourg, renferme un chapitre composé d un archiprétre et de dix chanoines. .Ses bains chauds, qui en sont distants de demi-lieue, lui ont donné de la célébrité.

I.a VA LTE LINE ( Valiis Tel/iaa) , dont les habitants sont s, par d'anciens écrivains, t'oitureni, est une vallée

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

étroite, longue de seize lieues , traversée par l'Adda , qui la ( le a8 février i638. Son dépari fut suivi de celui de nos troupe*; divise èn deux parties. Ses confins sont les terres de la ligue ; que le comte de Guébiiant caddéc, le territoire de Venise, le duché de Milan et U comté)

de Chiavenna. Les empereurs la donnèrent aux évéques de Coire, a qui elle fut ensuite disputée tour-à-tour par l'éveque de Came et les ducs de Milan. Chacun des contendants en retint ce qu'il put s'approprier par la voie des armes, En 1487 , le duc de Milan , Jean Galeas Visconti , céda une partie de la > altehne aux Grisons, qui , de concert avec l'cvèque de Coire, en prirent possession l'an i5ia , ainsi que des comtés de Bormio et de Chiavenna ; mais, en i53o , les Grisons acquirent , a prix d'argent, la part de l'évoque. Les nouvelles opinions s'etant introduites au siècle suivant dans celle vallée , les Catholiques , sourdement excités par les émissaires de la maison d'Autriche, formèrent le complot , en tfîao, d'exterminer tous les sectaires en même tems. C'est ce qu'ils exécutèrent , en égorgeant ces malheureux, au nombre d environ cinq cenis; ceux nui échappèrent à leur fureur, prirent la fuite, ou changèrent de religion leur vie. Les Grisons se mirent en devoir de

faire de y travai

ils s'emparèrent. Rodolphe Planta, traître a sa pairie, vint, avec des troupes que l archiduc l.éopold lui avait fournies, dans la vallée «le Munster. Mais les (irisons ayant reçu du secours de la France, de Zurich , de Berne et du Valais, reprirent re que les Autrichiens leur avaient enlève. Ils ne restèrent pas néanmoins paisibles possesseurs de la \ altehne. Les Espagnols renouvelèrent leurs efforts pour y rentrer , dans la vue de s'en faire une voie de communication avec les Impénaux. D'un autre colé, le pape Urbain Mil obtint qu'on la séquestrât

pèrent

pour garantir ..

les rebelîes une punition exemplaire ; mais , tandis qu ils aillaient , les Espagnols se jetèrent sur la Vallelinc , dont

entre ses m.i

et ne d

également jalouse de ce

'nt tai Irirlii

tion autrichienne, de sa retraite , à

jpay Le duc Coire

it pas de la garder. l.a France, i, voulait l'affranchir de la dominado Rohan , arrivé de Venise , lieu au mois de décembre ifJ3t , pour

;a retraite, a ^oire, au mou uc ununuit , !•<>«■

passer de là dans la Valleline, fut occupé pendant long Unis à réconcilier entre eux divers cantons de la Suisse , et surtout Jes Bernois cl les Soleurois , différents de religion , dont les tins étaient pour les Autrichiens, et les autres pour la France. Etant venu à bout de les réunir, il entra dans la Valtcline, l'an i635, avec les troupes que la France lui avait fournies, et celles qu'il avait reçues des Grisons, l es Impériaux et les Espagnols se préparaient alors à venir de deux cotés fondre sur lui, ceux-ci par le fort de Fuentej, ceux-là par le Tyrol. Le duc de Rohan , auquel chacune de ces deux armées était supe rieurc en forces, « fit mine d'abandonner la Valtcline, passa „ dans le comté de Chiavenna , et par le Val Pregcli il pénétra m dans la haute Engadine. Il tint conseil de guerre, et réj» solut d'aller attaquer les ennemis, qui se tranquillisaient » dans le val Luvino ». (M. le baron de Zurlauben , lli.tt. milit. des Suisses, t. VI.) Ayant mis ses troupes en bataille, il étonna, par sa diligence, les Impériaux, que les Espagnols n'avaient pas encore rejoints, et les obligea de s'éloigner, l.e lendemain , 28 juin, il livra bataille aux Impériaux, qu'il mit en fuite. Une seconde bataille, où il les défit complètement, le S juillet, et une autre qu'il gagna, le art octobre suivant , sur les Espagnols, le rendit maître du pays (Ibid.) Mais la mésintelligence qui se mit ensuite entre lui et l'intendant de notre armée, la hauteur de ce dernier envers les Grisons , et les délais affectes que la France mit à rappeler ses troupes, joints au retardement des gommes considérables qu'elle devait à ces peuples, commença à les dégoûter de notre alliance, et à leur faire prêter l'oreille aux offres avantageuses que leur firent les Impériaux et les Espagnols. Sous la promesse que ces deux puissances leur firent de les mettre en possession de la Valtcline et de leur rembourser tout ce qui était dû à leurs troupes, ils se soulevèrent ouvertement contre le duc de Rohan. Le héros, mécontent du cardinal de Richelieu, fit un traité particulier, en 16^7, avec les Grisons; après quoi, il se relira à Genève , où il mourut

Le VALAIS (Vallesia), pays allié du corps helvétique, long de quarante lieues, mais beaucoup plus étroit , s'étend depuis la montagne de la Fourche , où le Rhône, qui le traverse, preud sa source sous un glacier, jusqu'au lac de Genève. Ses limites sont , au levant , la vallée de Livinen ; au midi , le Piémont et le Milanez; au couchant, la Savoie; au nord, le canton de Berne et le lac de Genève. Il n'y a point de contrée clans la Suisse plus remarquable par la diversité des sites , «les climats, ou de température locale et de productions naturelles que le Valais. « Il présente, aux regards d'un voyageur, une

■ succession aussi rapide que variée de tableaux et de points de « vues ; tantôt , les sommets glaces des hautes Alpes 1 étonnent

• par leur élévation , en se montrant derrière des rochers d'une » hauteur effrayante, et couronnés de pointes bicarrés ; tantôt » celte décoration magique disparaît derrière un bois tuutla » ou un coteau agréable; aux ombres d'une forêt humide,

• succède un tapis d'une verdure riche et agréable ; un petit

• contour de chemin découvre tout-à-coup une colonie isolre,

■ entourée de terres cultivées, ou les sombres horreurs d'un

■ désert sauvage; au-dessus d'un vignoble, on voit, à quelque » distance, s'élancer, comme du sein des nues, un tom-nt » indomptable , se briser sur les écueils qui s'opposent à sa

• chute, et reprendre, au pied des précipices, un cours tranlle au travers du vallon ; des pâturages , couverts <3>i

quille au travers du vallon ; des pâturages , » troupeaux, et éclairés par un beau soleil, s'ottreut à l'on-

« posile d'un glacier ombrage par des vapeurs froides La

» direction de cette vallée, de l'est à l'ouest, procure à un • des cotes la jouissance libre du soleil , lamlis que le c<5ie a opposé éprouve tous les désavantages d'un climat contraire. • (Tscharner. )

Les Xuntuales, les l'eragri et les Seduni, étaient les anciens habitants du Valais. Les premiers occupaient les bonis du bc Léman ou de Genève, du roté de l'orient. Ils étaient rnntigus aux l'eragri, qui habitaient le bas Valais, et ceux-ci avoisinaient les Seduni, qui occupaient la haute vallée, qui s'étendait jusqu'à la source du Rhône, Ce fut Sergius Galba, lieutenant de Jules-César, qui soumit ces peuples, non sans de grandes difficultés. Ils eurent ensuite la destinée de l'Hclvétic méridionale , en passant de la domination des Romains sous celle des Bourguignons et des Francs. Ces derniers eurent souvent la guerre avec les Lombards, pour la possession de ce pays» qui fut , depuis ce tems , nommé Valesia. Sion , dont le territoire est appelé Sionensis açrr , par Frédégaire, est la capitale des Seduni, et même de tout lo Valais. Quoique son évëque porte les titres de prince de l'empire , de comte et de préfet du Valais , que les actes s'y passent en son nom , et que la monnaie s'y batte à son coin , il n'est pas, cependant , seigneur absolu chez lui ; c'est l'assemblée générale du pays qui exerce l'autorité souveraine.

L'abbaye d'Agaune , bâtie au pied d'une montagne , sur le Rhrtne, dans l'endroit où l'on place le martyre de saint Maurice et de ses compagnons , est un lieu célèbre du Valais. Le voisinage de Tarnatc, ville ancienne , bien marquée dans l'Itinéraire d'Antonin , mais depuis long-tems détruite, lui a fait donner aussi le même nom , et la règle qu'on observait dans ce monastère est appelée, pour cela, Régula Tamatensis , dans U des Régies dressées par saint Benoit d'Aniaoe.

la Concorde

CONSTANCE (Constantin), ville de Suabe bâtie sur le lac auquel elle donne son nom, doit être aussi comptée parmi les villes de la Suisse. On la croit fondée, ou du moins fortifiée, par Constantin le Grand , pour servir de barrière contre les nations germaniques, ijt siège épiscopal de Windisch ( Vinr dunissa) y fut transféré lorsque l'héodebert, roi d'Auslrasie, eut détruit celle-ci , l'an 61 1 , par haine pour Thierri , son

DES ÊVÊQUES ET PRINCES DE GENÈVE

frère , roi de Bourgogne , dont elle faisait partie. M. Tschamer attribue sa ruine aux ravage* des Hun*. Mai» noua voyons encore: un G rama ti us, évoque de Fùidonùsa, gui souscrivit au cinquième concile d'Orléans , tenu l'an a+y , teins auquel les Huns avaient disparu des Gaules.

xi 7

vers 1 5 1

Bile, Zurich, Sainl-Gall pour être admise d.ins

Constance , après s'il re liée par des alliances, avec Stras-

etc. , Gt des démarches, corps helvétique. Mais la oposition imprudente qu'elle fit aux Suisses de lui céder la urgovie, souleva les cantons démocratiques, et lui attira refus. La prétendue réforme l'étant introduite a Constance, l'an iS*6, le corps municipal l'adopta; et, deux ans après, le clergé catholique , il abolit la

avant

sur le refus que Gt la ville de se soumettre, en t5£8, au fameux intérim , elle fut mise au ban de l'empire par Charles- Quint, et, dix ans après, l'empereur Ferdinand rayant prise, l'unit à son domaine, rappela les ecclésiastiques, et y rétablit l'ancien culte. Depuis ce tetns, elle est soumise à la maison d'Autriche. Affaiblie par U retraite d'un grand nombre de les habitants, et négligée par des maîtres éloignés, Constance, au milieu d'un pays fertile et agréable , et avec les plus grandes commodités pour le commerce , est tombée dans un presque entier anéantissement. On a parlé, ci-devant , du concile général qui s'y ouvrit, en 1 4 > 4- Son diocèse, le plus étendu de l'Allemagne , comprend une grande partie de la Suabe et de la Suisse. La résidence de son evéque est a Mersbourg.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

DES ÉYÊQUES ET PRINCES DE GENÈVE

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